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  • il y a 2 jours
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Télématin reçoit Louis Hausalter, journaliste politique au Figaro.

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Transcription
00:00Retour en France, Maya.
00:01Oui, et l'ambiance est plus chaude chez les politiques cette semaine.
00:03Le temps file et les téléphones chauffent.
00:06Dans moins de 12 heures, les listes des candidats pour le second tour des municipales
00:11seront définitivement déposées.
00:12Bonjour Louis Walshalter.
00:13Bonjour.
00:14Vous êtes journaliste politique au Figaro.
00:15Merci d'être avec nous ce matin.
00:17Racontez-nous, on a envie d'avoir quelques infos sur les coulisses.
00:20Comment ça se passe ces négociations ?
00:21Déjà, est-ce que ça se passe à Paris ou dans les villes ?
00:25Ça se passe dans les villes.
00:27C'est quand même des élections qui sont avant tout locales.
00:30Les états-majors nationaux, ils ont déjà peu de prix sur les électeurs.
00:33D'ailleurs, vous avez vu, ils se risquent maintenant assez peu à donner des consignes de vote.
00:36Pourquoi ? Parce qu'en fait, ce sont les maires qui ont la main.
00:39Et on le voit par exemple, parce que le cas qui nous intéresse le plus, c'est la gauche,
00:43parce que c'est là que les téléphones chauffent le plus dans tous les sens
00:46pour tenter de conserver les villes détenues par le Parti Socialiste ou les écologistes.
00:51Ce sont les maires sortants qui, individuellement, choisissent ou pas de discuter
00:55avec les listes qui pourraient leur apporter un réserveur de bois.
00:58Pourquoi ? On rappelle les règles.
01:00Aux élections municipales, ceux qui ont fait au moins 10% des suffrages dimanche
01:05peuvent se maintenir pour le second tour.
01:08Et ceux qui ont fait entre 5 et 10% ont le droit de fusionner leur liste avec une autre
01:12liste qualifiée.
01:13Et il faut déposer tout ça en préfecture avant ce soir, 18h.
01:16Donc, le temps prêt, c'est pour ça qu'il y a moins de 48h pour aboutir dans ces tractations.
01:22Et ce soir, nous connaîtrons l'offre du second tour partout en France,
01:26en tout cas dans les villes concernées par la France.
01:27On va essayer de comprendre avec vous quand même, parce que le premier secrétaire du PS,
01:29Olivier Faure, a dit pas d'alliance nationale entre la gauche et LFI,
01:34sauf qu'il a dit hier soir sur notre chaîne qu'il comprenait parfaitement
01:37le choix des candidats socialistes qui s'allient avec LFI.
01:39Alors oui, à première vue, il y a une dissonance cognitive assez importante.
01:43Mais le mot important, c'est national. Il n'a pas dit ça au hasard.
01:46Il a dit, vous avez entendu, il a dit, vous avez cité le bon mot.
01:48Il a dit pas d'alliance nationale.
01:51Donc, le sous-entendu est de dire, dans les cas où vraiment vous voulez faire une alliance locale,
01:56eh bien faites-le si vous avez besoin des réservoirs de voix, des électeurs et LFI.
01:59Mais c'est vrai qu'il y a une contradiction manifeste déjà dans ce que dit Olivier Faure.
02:03Et puis au niveau local, dans ce qu'ont dit certains candidats.
02:06Le candidat socialiste à Toulouse, François Briançon,
02:08il a été devancé par le candidat insoumis François Picmal.
02:11Les deux, ensemble, ont la capacité de déloger Jean-Luc Mounin,
02:15qui est le maire de Toulouse, pour ramener la ville dans le giron de la gauche.
02:19Sauf que, quelques jours avant le premier tour,
02:21le candidat socialiste disait à propos de Mélenchon
02:24qu'il réveillait les pires imaginaires antisémites.
02:26Donc, on a l'impression que Mélenchon n'a plus de rapport avec la France insoumise,
02:30que les socialistes expliquent que s'allier avec un insoumis,
02:32ça n'est pas s'allier avec Mélenchon.
02:34En fait, le risque qu'ils prennent, c'est de rebuter une partie de leur électorat,
02:38l'électorat de centre-couche, qui va dire
02:39« Attendez, j'ai vanté pour une liste socialiste au premier tour,
02:42ça n'est pas pour voter pour des insoumis au second tour. »
02:44Ça, on aura la réponse dimanche soir.
02:46On voit sur les sondages, les sympathisants et les filles sont plutôt favorables à des fusions,
02:50à l'inverse des sympathisants gauche.
02:53Tout à fait, et même les sympathisants écologistes ne sont pas très à l'aise.
02:56Je rappelle qu'il y a des maires écologistes qui sont en danger à Lyon,
02:59avec Grégory Doucet, à Besançon, avec Anne Vigneault,
03:01qui ont conclu des alliances aussi avec la France insoumise.
03:04C'est pareil, leur électorat sera peut-être déboussolé par ce choix,
03:08parce qu'il y a plusieurs gauches et plusieurs électorats de gauche partant,
03:11et pourraient ne pas être ravis de se retrouver avec des élus insoumis
03:14au conseil municipal, alors qu'ils n'avaient pas voté pour ça au premier tour.
03:17Est-ce qu'il y a autant de tractations à droite ?
03:20Est-ce que le cordon sanitaire existe encore aujourd'hui ?
03:25Au municipal, oui, mais pour une raison assez simple,
03:27c'est que la droite a très peu de grandes villes, en fait, désormais.
03:30C'est pour ça que le focus est beaucoup sur la gauche dans cette rentrée de tour,
03:33parce que le vote de droite est plus fort dans les villes moyennes,
03:37il est beaucoup moins fort dans les métropoles.
03:39Et c'est pour ça que les insoumis ont acquis une position
03:41qui est assez déterminante dans un certain nombre de grandes villes,
03:44c'est parce qu'il y a eu une réelle poussée du vote mélenchoniste dans les grandes villes.
03:48À droite, ça ne se pose pas tellement, et dans les cas où ça aurait pu se poser,
03:52je pense à Marseille, où la candidate droite Martine Vassal a fait un score
03:56qui n'a plus rien à voir avec les années Gaudin.
03:59Oui, voilà, 12%.
04:00Elle a fait 12%.
04:00Franck Alizio du Rassemblement national est largement devant.
04:04Elle a décidé de se maintenir, mais il n'y aura pas d'alliance.
04:09Donc ça s'est cantonné à quelques cas, notamment dans le sud-est de la France.
04:13Mais non, et d'ailleurs Bruno Retailleau dans sa prise de parole dimanche
04:16a expliqué qu'il fallait voter pour les candidats capables de battre la gauche d'un côté,
04:20le Rassemblement national de l'autre.
04:22Parce que le risque du RN pour la droite, c'est le même de celui d'LFI pour la gauche.
04:25C'est de les bouffer quelque part, de les remplacer,
04:28de reprendre leur électorat pour pouvoir ensuite conquérir des fiefs
04:32et gagner des vies à l'occasion de ces municipaux.
04:35Il a aussi dit Bruno Retailleau, le seul parti contre lequel on fait barrage, c'est LFI.
04:39Tout à fait, lui il théorise un cordon sanitaire quand même contre LFI,
04:43sauf qu'il n'a pas à faire de choix entre le RN et LFI,
04:45parce que ça ne se pose pas dans aucune ville.
04:47Dans les villes, soit il y a un fort vote LFI
04:49et donc les candidats socialistes ou écologistes
04:52essayent de l'utiliser comme réservoir de voix,
04:54soit il y a un fort vote RN, comme à Marseille,
04:56et à ce moment-là, ça se transforme en duel
04:58entre le maire sortant socialiste de Nopaylan
05:00et le candidat RN, Franck Aligio, qui était au coude à coude.
05:03Un mot de Paris, fusion des listes d'Atti et Bournazel,
05:05sans Bournazel, il ne sera pas sur la liste.
05:07Tout à fait, alors à Paris, hier, c'était une journée épique,
05:10en coulisses, alors assez vite quand même,
05:12en fait dimanche soir,
05:14Rachid Haddati reçoit un coup de téléphone d'Emmanuel Macron
05:17et Pierre-Yves Bournazel, qui appartient à Horizon,
05:19le parti d'Edouard Philippe, reçoit un coup de téléphone d'Edouard Philippe,
05:21sachant que Philippe et Macron s'étaient parlé avant,
05:23en disant qu'il ne faut faire qu'une seule liste,
05:25l'électorat ne nous pardonnerait pas d'arriver divisé au second tour,
05:29sachant que le score d'Emmanuel Grégoire,
05:31donc le successeur d'Anne Hidalgo, quelque part,
05:33est très élevé à Paris, il a réussi à faire un score très élevé au premier tour.
05:36Donc, assez rapidement, le principe d'une alliance s'est imposé,
05:38mais hier, ça a été compliqué,
05:39parce que Bournazel et Dati, en fait, ils se détestent,
05:42ça fait longtemps qu'ils se détestent,
05:43ils l'ont dit, ils l'ont écrit, ils ne s'aiment pas,
05:46d'ailleurs, ils n'ont pas retenu leur coup l'un envers l'autre
05:49pendant cette campagne du premier tour,
05:52donc c'était un petit peu compliqué,
05:53mais il y a deux choses qui jouent,
05:55évidemment, il y a le poids de la gauche à Paris,
05:57qui fait que si vraiment ils veulent promettre l'alternance à leurs électeurs,
05:59ils n'ont pas le choix, et puis il y a la montre,
06:01la course contre la montre,
06:02il faut déposer la liste avant ce soir, 18h.
06:06Pourquoi c'est compliqué ?
06:07Parce que quand vous fusionnez les listes,
06:08forcément, il y a des gens que vous allez devoir sacrifier.
06:10Rachida Dati, elle va devoir intégrer des gens des listes Bournazel
06:14sur sa propre liste,
06:15et donc dire à certains de ses codiciers du premier tour,
06:17désolé, au revoir, il faut faire de la place aux nouveaux alliés
06:19pour pouvoir se présenter au second tour.
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