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Thierry Breton, ancien commissaire européen au Marché Intérieur était l’invité de #LaGrandeInterview de Pierre de Vilno dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.
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00:00Et l'invité de la grande interview sur CNews et sur Europe 1, c'est Thierry Breton.
00:03Bonjour.
00:04Bonjour.
00:04Ancien commissaire européen et ancien ministre des Finances, Elon Musk a ouvertement apporté son soutien à Marine Le Pen,
00:09hier en affirmant qu'elle était le dernier espoir pour la France.
00:14Vous avez qualifié cela d'ingérence. Pourquoi ?
00:17Non, j'ai dit, attention, la période des ingérences démarre.
00:23Mais j'ai rajouté, Elon Musk est parfaitement dans son droit.
00:26Au fond, c'est qui Elon Musk ?
00:28C'est un chef d'entreprise, bien entendu, mais c'est une personne privée.
00:31Et en tant que personne privée, il a parfaitement le droit d'apporter son soutien à qui il veut, même
00:37s'il n'est pas français.
00:38Maintenant, je fais deux observations.
00:40La première, si vous le voulez, c'est sur le fond.
00:43Est-ce que finalement Marine Le Pen est très contente ?
00:45J'en suis pas sûr.
00:46Quand je regarde les sondages, monsieur de Villeneuve, il y a eu des sondages qui ont été faits au Dexin,
00:51l'année dernière, certes.
00:5371% des Français estiment qu'il est dangereux.
00:56Qui ? Elon Musk ?
00:57Oui, mais c'est partout en Europe.
00:59Le pire, c'est l'Italie.
01:01Vous vous souvenez de l'Italie, madame Mélanie, qui était totalement, j'allais dire, au début, comment dire, de façon
01:08très pudique.
01:09Elle avait l'air d'être tout à fait séduite par monsieur Musk et par ce qu'il pouvait apporter
01:13en tant que chef d'entreprise.
01:15Aujourd'hui, 80% des Italiens estiment qu'il est dangereux.
01:19Vous avez vu qu'elle a fait un virage sur l'aile.
01:21Donc je ne suis pas du tout sûr qu'aujourd'hui...
01:23Vous pensez que c'est contre-productif pour Marine Le Pen ?
01:26En tout cas, si j'écoute ce sondage, il est partout en Europe, unanime.
01:31Au fond, nos concitoyens européens, et en particulier nos compatriotes français, estiment qu'Elon Musk, vous savez, avec sa tronçonneuse,
01:38etc., il a fait beaucoup de dégâts.
01:40C'est Millet, la tronçonneuse.
01:41Oui, mais lui aussi, il avait une tronçonneuse pour démontrer ce qu'il a fait avec Doge.
01:43Vous vous souvenez de Doge ?
01:44Je parle de l'original, pas de la copie.
01:46Eh bien, il l'a copié, visiblement, certains, mais encore une fois, je ne me mets pas à la place
01:50de nos compatriotes.
01:51Moi, je sais ce que je vais en penser, je le connais bien.
01:54Mais nos compatriotes estiment que finalement, il est dangereux.
01:57Maintenant, sur le fond, parce que c'est important, sur le fond, il utilise, encore une fois, il a le
02:01droit de faire ce qu'il veut, dans n'importe quel support immédiat.
02:04Il utilise un réseau.
02:05Le réseau, c'est le réseau X.
02:07Et ce réseau, il est réglementé en Europe, parce qu'on offre la possibilité, évidemment, à tout le monde de
02:12venir vendre ses services.
02:14À nos compatriotes et à nos concitoyens européens.
02:17Mais il y a un certain nombre de règles, parce qu'évidemment, c'est un réseau systémique.
02:21Et là, il faut faire attention, parce que ce réseau, il est, encore une fois, organisé.
02:26Et dans le DSA, vous savez, le DSA, qui me vaut aujourd'hui d'être interdit de séjour aux Etats
02:31-Unis,
02:31qui a été, encore une fois, fait, ce n'est pas le programme de tirer le mouton.
02:33Parce que vous avez réglementé les septembre mondiaux en Europe.
02:35Non, ce n'est pas moi qui ai réglementé, j'ai fait uniquement ce que m'ont demandé nos co
02:38-législateurs.
02:38C'est un rapport là-dessus.
02:39Oui, non, pas un rapport.
02:39Or, encore une fois, on a proposé un texte qui a été voté par le Parlement européen à 90%.
02:45Ce que je dis, vous êtes à l'origine des propositions.
02:48Oui, c'était mon travail.
02:49C'était votre travail en tant que commissaire européen.
02:51Mais ceux qui l'ont voté, ce sont les parlementaires européens.
02:5490%, c'est-à-dire tous partis confondus, il faut dire les choses comme elles sont.
02:56Et 100% des Etats membres.
02:58Et ce DSA dit tout simplement qu'on ne peut pas utiliser une plateforme qui est réglementée, parce qu'encore
03:04une fois, elle est systémique, pour, par exemple, intervenir dans des élections en modifiant l'algorithme.
03:10Donc, la seule chose que je dis, attention, dans cette période électorale, les algorithmes ne peuvent pas être modifiés pour
03:17pouvoir éventuellement...
03:19Il apporte juste son soutien.
03:20Ce n'est pas parce qu'il apporte son soutien que la communauté de X va tout d'un coup
03:24trafiquer les élections présidentielles futures.
03:28Et je ne fais que rappeler dans mon tweet que dans cette période dans laquelle nous entrons, il va falloir
03:32que tous ceux qui utilisent des réseaux fassent attention, que les algorithmes n'aient pas été modifiés.
03:36Et le dernier point, pour en finir, si vous le permettez, Elon Musk, il a 240 millions de followers, comme
03:41on dit dans notre jargon.
03:42C'est-à-dire de personnes qui sont abonnées.
03:43240 millions.
03:45On ne sait pas du reste comment ils sont arrivés.
03:46Ils sont obligés du monde, il n'y a rien de...
03:47Ça n'a rien à voir.
03:48On ne sait pas comment, parce que moi, je l'ai connu quand il n'avait pratiquement pas de followers
03:51sur X.
03:52D'un seul coup, il a eu 240 millions.
03:53Il y a des questions qui peuvent se poser, de savoir si jamais c'est naturel, si c'est tombé
03:57du sel.
03:57Vous pensez qu'il a acheté ses followers ?
03:58Non, les questions méritent d'être posées.
03:59Mais je ne dis rien d'autre.
04:00Maintenant, ce que je veux dire, c'est qu'à partir du moment où on a 240 millions de followers,
04:04et qu'on soutient, où on pousse un message,
04:08et bien évidemment, par exemple, ce message dont vous parlez, il a été vu 7 millions de fois.
04:11Et il n'en reste pas moins.
04:12Barack Obama a apporté son soutien à Emmanuel Macron.
04:15Il avait sans doute, comme vous dites, un certain nombre de followers, puisque c'était le président des Etats-Unis.
04:19Je ne vous ai pas entendu parler d'ingérence.
04:20Alors, M. Villeneuve, moi ce que j'aime bien sur votre chaîne, c'est qu'on est toujours précis, et
04:24on laisse le temps aux invités d'être précis.
04:26Barack Obama, il a effectivement apporté son soutien à Emmanuel Macron le 4 mai 2017.
04:31Et le 4 mai 2017, M. Villeneuve, il n'était plus président des Etats-Unis.
04:35Non, mais il était ancien président.
04:36Ah oui, c'était une personne privée.
04:37Donc il a eu le droit de le faire, comme M. Villeneuve a le droit de le faire.
04:40C'est pour ça que je veux dire qu'on oppose ça.
04:42Maintenant, est-ce que Barack Obama a eu raison ? J'en suis pas sûr.
04:45Mais ça, ça lui appartient.
04:46Très bien, c'est bien de vous l'entendre dire aujourd'hui.
04:49Mais si ce n'est pas de l'ingérence, c'est une personne privée.
04:51Mieux vautard que jamais.
04:52Je te dis enfin qu'aujourd'hui, vous pouvez acheter sur X le fait de pousser un message.
04:59Ça coûte aujourd'hui 600 euros pour 100 000 vues.
05:03Vous voyez le message qui poussait Mme Le Pen.
05:06Encore une fois, je ne suis pas sûr qu'elle soit très heureuse.
05:09Il a été vu 7 millions de fois.
05:10Ça veut dire que ça fait 45 000 euros.
05:12Donc il va falloir regarder tout ça attentivement.
05:15Thierry Breton, je sais qu'on a le temps de répondre, mais l'interview dure quand même un certain temps.
05:19Et malheureusement, j'ai beaucoup de questions à vous poser.
05:21Est-ce que, dans la même veine que trois sénateurs qui proposent un rapport sur les zones grises de la
05:27désinformation,
05:27vous êtes pour la création d'un ministère de la vérité ?
05:30Mais non, pas du tout.
05:31Enfin, tout ça, ça n'a aucun sens.
05:32Encore une fois, on a...
05:33Donc ce rapport est inutile ?
05:34Pour moi, ça n'a aucun sens.
05:35On a mis des règles.
05:36Il faut revenir à des principes de base.
05:39La liberté d'expression, c'est quelque chose qui est extrêmement important chez nous, en Europe.
05:43Et ici, à CNews en particulier, c'est notre slogan.
05:45Chez nous, en Europe, pour tout le monde, c'est très important, en particulier en France.
05:48Alors maintenant, elle est encadrée par un certain nombre d'éléments qui sont liés à notre histoire.
05:52Par exemple, on n'a pas le droit de proférer des propos antisémites.
05:55On n'a pas le droit de faire l'apologie du terrorisme.
05:58Parce que c'est lié à notre histoire.
05:59Aux Etats-Unis, il y a le premier amendement.
06:01On a pratiquement le droit de tout dire.
06:02Mais ça, c'est leur histoire.
06:03Donc voilà, nous, encore une fois, c'est très important qu'on soit attaché à la liberté d'expression.
06:09Mais enfin, de grâce, on ne va pas revenir au temps du ministère de l'Information.
06:13Deux perspectives s'offrent aux Français, Thierry Breton, dans un avenir proche ou immédiat.
06:18La présidentielle avec une inflexion très marquée vers l'ERN,
06:22donné gagnant au premier et au second tour.
06:24Et dans l'immédiat, pour le gouvernement, on s'accordait sur un budget.
06:26Le déficit public est estimé à 5% pour 2026.
06:28Il pourrait atteindre jusqu'à 6,8% en 2030.
06:31David Amiel, le ministre des Comptes publics, appelle à un budget de sauvegarde républicaine.
06:36L'an passé, des scénarios comme l'année blanche, comme le scénario des 12e provisoires avait été évoqué.
06:42Est-ce qu'on repart là-dessus pour 2027 ?
06:44Je vais vous dire mon sentiment. On est vraiment, on rentre dans une période qui était existentielle, je dirais,
06:50par rapport à la position, à la posture de la France, de notre pays.
06:53On n'est plus capable de faire un budget en dessous de 5% de déficit.
06:58C'est absolument inacceptable, inadmissible.
07:00Pour donner les chiffres...
07:02On a une configuration du Parlement qui est particulière et inédite.
07:05Absolument, vous avez raison.
07:06C'est cette fragmentation, donc il faut gérer cette fragmentation.
07:08Elle n'est pas uniquement liée à une spécificité française.
07:11Elle est au...
07:12Tiens, on parlait des réseaux tout à l'heure.
07:14C'est aussi sans doute lié au fait que maintenant, par les réseaux,
07:16on peut s'exprimer, on peut faire vivre des communautés,
07:18et précisément s'exprimer.
07:20Donc cette fragmentation est une partie,
07:22maintenant c'est une donnée inhérente à notre classe politique,
07:24me semble-t-il.
07:25Donc il faut trouver un modus vivendi pour vivre ensemble.
07:28C'est quoi ?
07:28Eh bien c'est la règle d'or.
07:30C'est ce que j'ai proposé.
07:31Déjà là maintenant pour le budget qui arrive ?
07:32Bien entendu, il faut...
07:32En septembre, une règle d'or ?
07:33Alors pas la mettre en place.
07:34On ne peut pas la mettre en place.
07:35Mais encore une fois, moi c'est ce que je fais.
07:36Pour attendre la présidentielle.
07:37Moi ce que je fais, c'est que je vais voir tous les chefs de parti,
07:39de là où je suis évidemment.
07:40Qu'est-ce qu'ils vous disent sur la règle d'or ?
07:41Eh bien ils m'écoutent tous.
07:42Il limite à 1% le déficit.
07:43Ils m'écoutent tous.
07:44C'est une proposition, encore une fois,
07:45c'est une proposition que j'ai posée sur la table
07:48pour que les partis des principaux partis politiques,
07:51les présidents de partis des principaux partis politiques français
07:54s'accordent pour mettre de la discipline
07:55comme les Allemands l'ont fait,
07:57tous partis confondus,
07:59comme beaucoup de pays l'ont fait.
08:00Quand on est à cette fragmentation,
08:01on se dit, il faut une trajectoire.
08:03Vous êtes allé voir les différents.
08:04Eh bien ils m'écoutent positivement.
08:06Et puis je ne suis pas leur petit messager,
08:08donc vous les interrogerez.
08:09Mais je peux vous dire que tous ceux que j'ai vus,
08:11et j'en ai vus beaucoup,
08:12je les ai pratiquement tous vus,
08:13sauf le parti de M. Mélenchon,
08:15qui ne m'a pas demandé de venir le voir.
08:17Sans ça, je le verrai évidemment.
08:19Et l'idée, c'est de se mettre de la discipline
08:20pour que, effectivement,
08:22d'un point de vue constitutionnel,
08:23alors ce n'est pas la rigueur.
08:25Vous voyez par exemple, là,
08:26on va avoir, moi j'ai fait le cheminement.
08:29Donc le cheminement aujourd'hui,
08:30c'est d'arriver à 1% de déficit en 2032,
08:33dans 5 ans.
08:34Ça veut dire des efforts qui sont des efforts
08:36tout à fait acceptables.
08:37Ce n'est pas la rigueur,
08:38mais c'est de la discipline.
08:40Et c'est une discipline qu'on va mettre de façon constitutionnelle.
08:42Pour ce budget qui arrive,
08:43qui est avant la présidentielle,
08:45qu'est-ce qu'on fait ?
08:46Une année blanche ?
08:47Non, certainement pas.
08:47Ma recommandation,
08:48c'est de commencer tout de suite.
08:49Donc là, moi j'estime
08:50qu'on sera à plus de 5% de déficit.
08:51Vous voyez, je suis parti.
08:54Donc la proposition que j'ai faite,
08:55je l'ai travaillée,
08:56c'est 4,8%.
08:57Il faut travailler sur un budget.
08:584,8% en 2027,
09:00ça veut dire en gros une trentaine de milliards.
09:01Ça veut dire qu'on engrange,
09:02pardon,
09:03on engrange quand même 1 500,
09:04on va engranger cette année,
09:051 530 milliards.
09:07Ça veut dire faire 30 milliards d'économies
09:08sur 1 530 milliards.
09:10Voilà, c'est beaucoup,
09:11mais c'est quand même faisable.
09:1230 milliards sur 1 500 milliards.
09:14Voilà ce que je propose.
09:1530 milliards,
09:16on donne déjà 17 milliards à l'Ukraine.
09:18Est-ce que c'est une bonne dépense ?
09:20Est-ce que c'est un bon signal
09:21pour les Français
09:22qui n'ont jamais été autant ponctionnés
09:24par les impôts
09:25de s'entendre dire
09:26qu'on va donner 17 milliards à l'Ukraine ?
09:27Alors, M. Levinelot,
09:29on ne donne pas 17 milliards à l'Ukraine,
09:30et je le redis,
09:31et c'est bien encore une fois,
09:32là, c'est bien parce qu'on peut être précis.
09:3390 milliards d'aide européenne,
09:3517 milliards, c'est la part française.
09:36C'est 90 milliards de prêts.
09:38Oui.
09:38Attention, c'est l'Union européenne.
09:40Non, mais c'est très important.
09:42C'est un prêt.
09:43L'Union européenne va faire 45 milliards par an.
09:47On ne va pas demander aux Ukrainiens
09:47de rembourser immédiatement.
09:48Non, non, ce n'est pas les Ukrainiens
09:50ni qui vont rembourser.
09:51C'est gagé sur l'argent
09:54que les Russes ont aujourd'hui en Europe.
09:5717 milliards, donc c'est gagé sur cet argent.
10:00Il va y avoir des dommages de guerre,
10:01parce qu'évidemment,
10:02c'est dans cette guerre d'agression,
10:03c'est évidemment la Russie.
10:04Vous voulez dire que ça n'est pas la même caisse ?
10:05Non, ce n'est pas que ce n'est pas la même caisse,
10:06c'est qu'encore une fois,
10:07c'est un prêt gagé sur ces avoirs russes
10:10qui sont en Europe et qui seront remboursés.
10:12Donc, les 17 milliards,
10:13c'est qu'il y a uniquement un engagement
10:14de dire si, in fine,
10:16dans 10 ans, dans 15 ans,
10:17il n'y avait pas de remboursement,
10:18il y a un appel au recours.
10:20Donc, ce n'est ni dans une ligne budgétaire,
10:27que chaque pays, et on prend un tas de la France,
10:29donc, a garanti au cas où,
10:32là, les avoirs russes ne suffiraient pas.
10:34Il y en a pour 213 milliards, ils suffiront.
10:35En attendant une fin de la guerre,
10:37effectivement, cette probabilité
10:39ou cette possibilité de se voir retourner cet argent,
10:42vous dites ponctionner sur les russes,
10:43en attendant, la guerre n'est pas finie.
10:44Elle n'est pas finie,
10:45et je suis le premier à le regretter, du reste.
10:48Je me souviens que Donald Trump avait dit
10:49qu'il la finirait en 24 heures.
10:51Vous comptiez sur lui ?
10:53Bien sûr qu'on l'espérait tous.
10:54Vous comptiez sur lui ?
10:55Je n'ai pas à compter, il n'y a pas à compter.
10:57Je l'espérais, je l'espérais,
10:59et je constate qu'il n'en est rien,
11:02et qu'au contraire, alors en revanche,
11:04vous vous souvenez de ce qu'il disait
11:05de Volodymyr Zelensky il y a un an ?
11:06« You don't have the cards »,
11:07c'est à la Maison Blanche,
11:08vous n'avez pas les cartes, taisez-vous.
11:10Et là, maintenant, il dit,
11:10finalement, Zelensky, c'est un type formidable,
11:13c'est l'un des meilleurs chefs d'État que nous ayons.
11:16Comme quoi, il peut changer.
11:17Une usine de missiles patriotes en Ukraine ?
11:19En plus, comme quoi, il peut changer, voyez-vous,
11:21mais enfin, on a toujours la guerre.
11:22En tout cas, vous n'êtes pas le seul
11:24à alerter sur les finances.
11:25Bruno Le Maire, l'ancien ministre des Finances,
11:27estime que nous devons tourner la page
11:29de l'État-providence.
11:30Bruno Le Maire, qui par ailleurs,
11:31insiste très fortement sur la nécessité
11:32de retrouver un couple franco-allemand.
11:34Aujourd'hui, se tient un conseil des ministres
11:36franco-allemand à Augustusbourg,
11:38c'est près de Cologne.
11:39Nos confrères des Échos vont même jusqu'à dire
11:41que Macron et Mertz sont sur les pas
11:43de De Gaulle et d'Adenauer.
11:45Le couple franco-allemand,
11:46ce n'est pas une idée du passé ?
11:48C'est une idée où c'était, encore une fois,
11:51c'était le moteur de la réconciliation.
11:53C'était, vous parliez, voilà, parfait.
11:54C'était parce que moi, oui, c'était,
11:55parce que je suis, et je l'ai vraiment vu moi-même
11:57et j'en suis le premier à le déplorer,
11:59mais il faut en prendre acte.
12:01Aujourd'hui, ce couple, il ne marche pas.
12:02C'était le moteur de la reconstruction européenne.
12:05Au fond, on a bâti aussi notre projet européen
12:07sur le thème « Plus jamais ça ».
12:09Il ne marche pas parce que les Allemands
12:10n'ont pas besoin des Français,
12:12même si les Français pourraient avoir besoin des Allemands.
12:13On en revient à ce qu'on disait tout à l'heure.
12:15La France ne tient plus ses engagements budgétaires
12:17depuis maintenant 15 ans.
12:18Elle dit qu'elle va faire quelque chose,
12:20elle ne le fait pas.
12:20La France a perdu,
12:21et je suis le premier à le regretter
12:23et à me battre pour qu'on retrouve cette capacité.
12:26Parce que notre pays est un pays qui est important,
12:28dont la voix est importante,
12:29et aujourd'hui, sa voix n'est plus à la hauteur
12:31de ce qu'elle devrait être.
12:32Pourquoi ?
12:32Parce que la France ne tient plus ses engagements.
12:34Et c'est effectivement ce que l'Allemagne nous reproche,
12:36mais ils ne sont pas les seuls.
12:37Donc oui, je suis de ceux qui disent
12:38qu'il faut absolument qu'on retrouve
12:40la maîtrise de nos finances publiques.
12:41D'abord, parce qu'on ne peut plus faire payer nos enfants comme ça,
12:44et puis ensuite, parce que d'un point de vue diplomatique,
12:47d'un point de vue de la posture de la France,
12:49c'est absolument nécessaire.
12:50Maintenant, sur le couple franco-allemand,
12:51eh bien oui, je suis le premier à le dire.
12:53Il va falloir vraiment qu'on dépense beaucoup d'énergie
12:56pour pouvoir rebâtir quelque chose qui fonctionne,
12:58parce que dans tous les domaines aujourd'hui,
13:00on est quasiment orthogonal, il faut le dire.
13:02Et je suis le premier à le regretter.
13:04Regardez ce qui s'est passé sur la défense,
13:05regardez ce qui s'est passé sur le SCAF,
13:07regardez ce qui s'est passé sur le Mercosur,
13:09et donc, ça veut dire qu'on manque de leadership.
13:12Il faut du leadership.
13:14Pourquoi limiter l'Europe à juste l'Allemagne ?
13:16Il y a d'autres partenaires européens.
13:17Mais vous avez parfaitement raison, on est 27.
13:19La Pologne, par exemple, va bientôt dépasser
13:21la richesse de la France.
13:23L'Italie a déjà dépassé la France en richesse ?
13:25Alors non, la richesse, non.
13:26Le PIB, on est très très loin.
13:28Non, pardon.
13:28La richesse, c'est le PIB.
13:30Le PIB, la Pologne ne veut pas dépasser
13:31le PIB de la France et l'Italie non plus.
13:34En revanche, la Pologne est effectivement un grand pays
13:39l'Italie souffre beaucoup plus qu'on le dit
13:41d'un point de vue économique,
13:42mais voilà, non, on est quand même toujours
13:44la deuxième économie de la zone euro
13:45et on le restera.
13:46En revanche, je le redis,
13:48puisque vous m'interrogez là-dessus,
13:49et il est urgent aujourd'hui,
13:51de reprendre son bâton de pèlerin
13:52pour bâtir une relation équilibrée.
13:55Encore une fois, on ne peut pas réduire l'Europe
13:57à la relation franco-allemande,
13:59mais en revanche, une relation franco-allemande
14:02qui est orthogonale sur tant de sujets,
14:04c'est un véritable problème pour nous en Europe.
14:07C'est un sujet qu'il faudra évidemment régler
14:08lors de la prochaine présidence.
14:09En parlant d'Allemagne, que dire de l'ONG ?
14:11Sea-Watch qui sciemment transborde des migrants
14:14en pleine mer depuis un bateau de passeurs,
14:16c'est une façon de régler le problème migratoire en Europe.
14:19Jordan Bardella s'insurge,
14:20il reprend cet article du Figaro
14:21et appelle les autorités à confisquer les navires,
14:24dénonce une mafia des passeurs.
14:26Qu'est-ce qui se passe sur ce problème-là ?
14:28Mais non, mais encore une fois,
14:29on sait que certaines ONG,
14:30je ne veux pas porter de jugement sur les uns sur les autres,
14:31je ne connais pas assez le sujet, celui-ci en particulier,
14:34donc il faut le regarder en détail.
14:35En revanche, ce qui est clair,
14:36c'est qu'il faut veiller à ce que certains
14:39qui veulent faire de la communication là-dessus ne le fassent pas.
14:41Je ne pense pas que ce soit le cas.
14:43On ne peut pas, encore une fois,
14:45instrumentaliser cette misère
14:46pour pouvoir faire passer des messages ici ou là.
14:49Je crois qu'il faut, là encore,
14:50on a mis en place maintenant un pacte migratoire.
14:53On va essayer de voir, c'est un progrès.
14:55Ce n'est pas encore parfait.
14:56Et c'est au niveau européen.
14:57C'est un progrès.
14:58Il faut le voir.
14:59Et du reste, beaucoup s'en sont félicités
15:00parce que c'est un sujet qu'on ne peut pas négliger.
15:04Maintenant, les opérations de communication,
15:06quelles qu'elles soient, je m'en méfie.
15:08Toujours sur les relations entre les pays,
15:11la France et l'Algérie,
15:13l'ambassadeur français est de retour à Alger.
15:16250 000 visas annoncés aux Algériens.
15:19L'ambassadeur rematé va rentrer dans une relation apaisée.
15:23100 visas consulaires en échange
15:26pour les rapatrier des ressortissants algériens.
15:30Christophe Glez, qui est toujours incarcéré.
15:32Est-ce que c'est une relation équilibrée ?
15:33Non, mais c'est une relation qui est historique,
15:35encore une fois, par rapport à notre passé.
15:36On connaît les accords déviants.
15:38On sait ce qu'il disait aussi.
15:39Bien sûr qu'il faut en venir de tout ça, sur tout ça.
15:41Mais comment ?
15:42Eh bien, encore une fois,
15:43vous voyez, on est dans une période
15:45où il va falloir remettre ces sujets.
15:47Mais est-ce qu'on a raison d'y aller de façon apaisée ?
15:50J'ai entendu l'ambassadeur rematé
15:52qui critiquait à demi-mot l'action
15:54notamment de Bruno Rotaillot
15:55quand il était ministre de l'Intérieur.
15:57Est-ce qu'il faut une relation avec des muscles
16:00ou est-ce qu'il faut une relation, en effet, apaisée
16:02en attendant que ça se passe ?
16:04Il faut une relation apaisée
16:05pour rééquilibrer les relations
16:08qui datent, encore une fois, je le dis,
16:09de notre passé,
16:10y compris des accords déviants,
16:12parce que c'est ça, évidemment,
16:14dont on parle.
16:15Il faut se poser la question.
16:18Si, après tant d'années,
16:19il faut les revoir de façon un peu plus équilibrée.
16:22Mais pour ça, il faut quoi ?
16:23Il faut du temps.
16:24Il faut donc, je crois, 5 ans.
16:25On ne va pas pouvoir faire ça en 10 mois.
16:27Mais c'est un sujet qu'il faudra poser sur la table.
16:28On va laisser Christophe Gleies dans les jaunes avériennes
16:30pendant 5 ans ?
16:31Certainement pas.
16:31Je n'ai pas dit ce pendant 5 ans.
16:32J'ai dit, encore une fois,
16:33qu'il faut effectivement poser ces problèmes
16:35de façon sérieuse
16:36et pas, je dirais,
16:39à l'emporte-pièce
16:40juste avant des élections présidentielles.
16:42Ça fait partie des sujets, effectivement,
16:44qu'il faudra traiter au cours du prochain mandat
16:46de façon apaisée
16:48parce que la relation avec l'Algérie
16:50mérite d'être apaisée
16:51et elle ne l'est pas aujourd'hui.
16:53Je le constate comme vous.
16:53On parlait de Donald Trump tout à l'heure.
16:57Donald Trump qui a tenu un discours
17:00sur, justement, l'état des États-Unis.
17:03Il a lancé cette nuit le Save American Act
17:05qui propose de changer les règles électorales.
17:07Par ailleurs, il tact la Chine
17:08comme étant le principal faux soyeur
17:10de données personnelles dans le monde.
17:12Quelle est sa stratégie ?
17:13Alors, évidemment, il parle d'ingérence.
17:15Il parle d'ingérence,
17:15il parle d'ingérence électorale.
17:16Tiens, nous y revoilà.
17:18Alors, on constate notamment
17:19que les États-Unis font de l'ingérence en particulier.
17:21Je vous avais apporté le document
17:22de sécurité nationale, là.
17:25De novembre 2025.
17:25De novembre 2025,
17:26dans lequel c'est la politique américaine
17:28dans laquelle on dit qu'on va s'appuyer
17:29sur les partis patriotiques,
17:31c'est-à-dire d'extrême droite en Europe,
17:32pour pouvoir faire passer la politique américaine.
17:35Ça, c'est écrit dedans.
17:36Bon, si ce n'est pas de l'ingérence,
17:37je ne sais pas ce que c'est.
17:38Mais maintenant, il critique l'ingérence
17:40en ce qui le concerne.
17:41En tout cas, il met en garde,
17:43soi-disant parce que les Chinois,
17:44je ne sais pas si c'est vrai ou pas,
17:46auraient pu éventuellement avoir accès
17:48ou peut-être même voler.
17:50Il cite un chiffre gigantesque
17:52de plusieurs millions,
17:52donc, d'électeurs,
17:55de cartes d'électeurs,
17:56enfin, que sais-je.
17:57Qu'est-ce qu'il nous dit, effectivement ?
17:58On est à quelques mois des élections
18:00de mi-mandat,
18:01dont on sait qu'elles risquent d'être difficiles.
18:02Il commence à alerter
18:04sur les risques d'ingérence.
18:05On va voir ce que ça veut dire.
18:06Donc, c'est tout frais,
18:08c'est tout chaud,
18:09c'est arrivé il y a quelques heures.
18:10Est-ce que c'est une guerre de données
18:11entre les États-Unis et la Chine ?
18:12Il faut être très vigilant.
18:13Une guerre de communication ?
18:15Il faut être extrêmement vigilant.
18:16Je nous invite tous
18:18à l'extrême vigilance là-dessus.
18:20J'espère que ce n'est pas
18:22un signe précurseur
18:23du fait qu'il voudrait,
18:24je ne sais pas,
18:25lancer je ne sais quel état d'urgence
18:28à quelques semaines des élections.
18:32Mais là, je fais une uchronie.
18:33Donc, vous voyez,
18:34je suis très prudent.
18:34Mais je suis comme vous.
18:36Je dois dire que ce discours
18:37m'a interpellé.
18:39Et quand ça m'interpelle,
18:40généralement, je creuse
18:41et je suis prêt
18:42à revenir en parler
18:43lorsqu'on va creuser.
18:43C'est sorti il y a quelques heures seulement.
18:44Et sur le détroit d'Hormuz,
18:46qui est bloqué à la fois
18:47par les Iraniens
18:48et les Américains,
18:48avec une conséquence,
18:50bien sûr,
18:50pour nous autres Européens
18:52et le prix de l'essence
18:53qui commence doucement
18:54à augmenter.
18:55Quel est votre avis ?
18:56À mon avis,
18:56c'est que les États-Unis
18:57avaient une vraie connaissance
18:58de l'Iran
18:58et notamment au sein
19:00de l'administration américaine.
19:01Mais on en revient
19:01à ce qu'on a dit.
19:02Doge, Doge,
19:03c'est le fameux Doge
19:04d'Elon Musk.
19:05Ils ont renvoyé
19:06tous les spécialistes
19:07et on se retrouve aujourd'hui
19:09devant des Iraniens
19:10qui, eux, sont hélas.
19:11Et je suis le premier
19:12à le regretter
19:12parce que depuis 47 ans,
19:14on voit ce qu'ils font vivre
19:14à leur pays.
19:15Et aussi, par parenthèse,
19:16à leurs voisins.
19:16Vous dire que pendant 47 ans,
19:17ils ont préparé...
19:18Je peux vous dire
19:18qu'ils ont préparé
19:19et ils sont professionnels.
19:20En face,
19:21il n'y a plus de professionnels
19:22aux États-Unis,
19:22alors que c'est peut-être
19:23des personnes très méritantes.
19:25Il n'y a plus de professionnels
19:31d'amateurs ?
19:32Mais en tout cas,
19:32vous avez vu...
19:33C'est très grave ce que vous dites.
19:33Non, ce n'est pas grave.
19:34Je regarde ce document.
19:35Ce n'est pas moi qui le dit,
19:36c'est le Wall Street Journal
19:37ou le New York Times.
19:38Donc, ce document...
19:39Vous prenez les dires
19:40de nos conflits ?
19:41Oui, bien sûr.
19:41Et donc, je l'ai redit
19:43à votre antenne ce matin.
19:44Ce qu'ils disent, en tout cas,
19:45c'est que cet accord,
19:45ce fameux accord
19:46qui a été signé à Versailles,
19:48eh bien,
19:48il était peut-être,
19:49comme disent certains,
19:50il n'était peut-être
19:51pas aussi stabilisé
19:52qu'on veut le dire.
19:53En tout cas,
19:53la preuve en est
19:54qu'effectivement,
19:57la conflictualité
19:57dans le détroit de Ramouse
19:58est toujours là.
19:59Je ne suis pas de ceux
20:00qui disent que
20:00ça veut dire que la guerre
20:02va redémarrer,
20:02mais je pense qu'on est rentrés
20:03dans cette période d'instabilité
20:04encore pour un certain temps.
20:06Et là encore,
20:08patatras,
20:08eh bien,
20:09les paix signées par M. Trump
20:10en 24 heures,
20:11ça n'a pas l'air de marcher.
20:11On aura l'occasion d'en reparler.
20:13Merci beaucoup.
20:13Thierry Voton, bonne journée.
20:14Merci.
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