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  • il y a 6 minutes
Chaque week-end, l’émission pilotée par Pauline Revenaz avec à ses côtés Dominique Rizet, consultant police/justice BFMTV, traite d’un événement majeur de la semaine, ainsi que d’autres affaires qui sont revenues sur le devant de la scène.

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Transcription
00:00Nous allons maintenant plonger dans les secrets du casse du Louvre, main basse sur le Louvre.
00:03C'est le titre de votre livre, messieurs, et je vous accueille avec plaisir Jean-Michel De Cugis,
00:07grand reporter aux Parisiens, Nicolas Charles Tourant, rédacteur en chef à Paris Match,
00:11et on va citer votre troisième auteur qui n'est pas là, qu'on appelle l'homme invisible, Jérémy Famely.
00:163 minutes 52, c'est le temps pour réaliser ce casse spectaculaire dans la galerie d'Apollon.
00:22Pitchez nous d'abord la scène.
00:26Ils arrivent à 4, il y en a 2 qui montent dans un monte-charge, et puis 2 qui restent
00:37sur les scooters.
00:39Les 2 qui montent, il y en a un qui a un gilet jaune, et puis l'autre qui est
00:43casqué, avec une casquette intégrale gris.
00:47Ils ont des disqueuses en main, ils vont briser cette vitre qui n'est pas plus épaisse qu'une vitre
00:53de...
00:54De maisons de campagne, oui, c'est ce qu'on a...
00:56Et ils vont entrer à 9h34 et 10 secondes, l'alarme va sonner, on ne va pas l'entendre.
01:07On les voit à les photos, elle est là la nacelle, vous voyez ?
01:09Et ils vont se diriger directement, chacun sait très bien où il va, chacun va aller sur sa vitrine.
01:16Et là, ils vont faire la même chose à leur disqueuse, ils vont faire deux traits verticals, un trait horizontal,
01:25comme pour faire une trappe dans laquelle ils vont pouvoir glisser leurs mains au bout de 2 minutes.
01:32Deux minutes pour l'un, deux minutes dix pour l'autre, qui est plus maladroit.
01:35Et ils vont récupérer les bijoux, qu'ils vont mettre l'un dans sa poche, l'autre dans un sac
01:40noir.
01:41C'est après que c'est un petit peu plus bricolé.
01:44C'est la suite qui est un peu bricolée.
01:45Après, ils vont...
01:47Ils se disent que la police doit arriver, et là c'est la panique générale, ils font tomber des bijoux.
01:52Ils en perdent quelques-uns.
01:54Ce qui est formidable, c'est le dernier qui part et qui va faire une bascule,
01:58et c'est là où il va basculer sur le balcon, et c'est là où il va perdre la
02:02fameuse couronne.
02:03Alors Jean-Michel, Nicolas, cette affaire, tout le monde la connaît maintenant.
02:06Tout le monde la connaît, sauf que quand on lit votre livre, on ne la connaissait pas.
02:10C'est-à-dire que je ne sais pas où vous êtes allés chercher vos trucs,
02:12donc je suis l'inspection générale de la police nationale,
02:15et je vous dis, mais où êtes-vous allés chercher ces trucs-là ?
02:19Qu'est-ce qui vous a parlé ?
02:20On ne révèle pas nos secrets de fabrication d'abord.
02:22Bien sûr que non.
02:22Vous ne voulez pas me répondre ?
02:24Non.
02:26On est allés chercher là où il faut,
02:28parce qu'on fait notre métier,
02:30et on enquête, et ça prend du temps.
02:33Et c'est des années d'expériences croisées, exactement.
02:39Et de contacts, et de sources, comme on dit dans notre métier.
02:45Donc effectivement, on est parti.
02:47Tout le monde connaît l'affaire, tout le monde connaît la scène qu'on vient de raconter.
02:50Et c'est tout ce qu'il y a eu avant cette scène et après cette scène qu'on ne
02:53connaissait pas.
02:54Et quand on a démarré, quand on a commencé à travailler, tous les trois,
02:57on est parti avec les mêmes préjugés, les mêmes idées préconçues que tous les Français.
03:02Et en fait, les unes après les autres, elles sont tombées.
03:04Alors comme vous racontez, le SDF qui vit sous sa toile de tente en face,
03:09la petite dame qui part travailler, qui va s'installer sur sa chaise dans la galerie Apollon,
03:15la chaise est trop lourde, elle ne la déplace pas, et de là, elle n'aura pas l'angle de
03:18vision.
03:19Le type qui va faire son footing à Vincennes.
03:21Oui, c'est tous ces petits regards téléphériques.
03:23Et vous savez où étaient les gens au moment où, et donc vous les réinstallez au début de l'histoire,
03:27c'est ça ?
03:28Mais en fait, la scène, d'abord, il y a énormément de témoins.
03:31Il y avait beaucoup, beaucoup de monde à ce moment-là.
03:33On ne voit pas beaucoup sur les images de vidéosurveillance.
03:35On a l'impression qu'ils sont seuls dans Paris et qu'ils y vont comme ça.
03:38Ça dépend quelle vidéo vous regardez.
03:39En fait, il y a l'extérieur.
03:40C'est un dimanche matin, départ de vacances scolaires,
03:43le premier week-end des vacances de la Toussaint.
03:45Donc il n'y a personne dans Paris.
03:47En revanche, à l'intérieur du musée, il y a vraiment beaucoup de monde.
03:50Et ça, ça se voit sur les vidéos.
03:52Les agents d'entretien, pardon, les agents d'accueil,
03:56dans le protocole, leur première mission quand il y a une attaque,
03:59quelle qu'elle soit, terroriste ou voleur, c'est de protéger le public.
04:03C'est ce qu'on voit dans les vidéos.
04:04C'est-à-dire que les deux braqueurs entrent dans la galerie,
04:09les agents s'en rendent compte, se précipitent vers le public
04:13pour les éloigner au maximum.
04:15Et tous ces gens-là ont vu ce qui se passait.
04:18Il y a ce jeu fabuleux entre un des surveillants qui va,
04:24qui recule, une espèce de danse comme ça.
04:26Et il dira après, il a eu peur.
04:29Il a eu peur, c'est pas le seul.
04:31Bien sûr.
04:32C'est pas le seul, ils ont eu peur que les deux...
04:34Parce qu'en fait, c'est un braquage.
04:37En fait, le mot braquage n'est pas le bon, parce qu'il n'y a pas d'armes.
04:39Ça, c'est Rachida Dessy.
04:40Oui, c'est pas un braquage, il n'y a pas d'armes.
04:42Ils arrivent avec deux disques.
04:43Alors, une disqueuse, ça peut faire mal, mais enfin, c'est pas encore une arme.
04:47Et donc, je pense qu'on aurait tous réagi de la même manière.
04:50Vous voyez deux personnes qui rentrent cagoulées dans la galerie d'Apollon
04:53avec un truc qui fait beaucoup de bruit dans les mains.
04:56Vous prenez peur et vous imaginez qu'il y a une arme.
04:58Ce qui est dingue, c'est que les voleurs, ils ne sont absolument pas dérangés, ils ne soucient pas les
05:03surveillants.
05:04Ils sont là, ils continuent à faire leur boulot.
05:06Et il y a les types qui sont derrière, ils s'en occupent absolument pas.
05:09C'est le jogger qui appelle la police, c'est ça ?
05:11C'est le cycliste.
05:11Alors, le cycliste, c'est lui qui donne l'alerte le premier.
05:14Il appelle, il voit les gars monter, ils ne sont pas encore dedans.
05:17Parce qu'il se rend compte qu'il y a un truc qui ne va pas.
05:19Parce que le type, il a un casque intégral, il se dit, ça ne va pas.
05:23Et donc, il fait d'abord une photo.
05:26Oui.
05:27Et ensuite, il s'écarte.
05:29Entre le moment où il fait la photo et la fin du braquage, c'est quoi ?
05:32Deux minutes ?
05:33Deux minutes trente ?
05:35Trois minutes ?
05:36À peu près ?
05:37Alors, on est quand même juste en face de l'APP.
05:39On va dire pour ceux qui ne connaissent pas Paris.
05:41La préfecture de police.
05:42La préfecture de police, merci.
05:44Le musée du Louvre, la Seine, le pont de l'autre côté, c'est la police.
05:47Mais ça va très vite.
05:48Et c'est le nid de guêpe, quoi.
05:50C'est vraiment le cœur du dispositif policier.
05:54Et il n'y a pas une bagnole qui vient faire un tour.
05:55Alors si.
05:55En fait, d'abord, pendant longtemps, on a dit que c'était le cycliste jogger.
06:00Il était à vélo pour rejoindre une copine.
06:02Dans le sportif, quoi.
06:03Merci.
06:06Tout le monde a dit que c'était le premier à avoir appelé la police.
06:08Pas tout à fait exact.
06:09C'est même faux.
06:10Puisqu'il y a eu des alarmes dans le Louvre qui sont parties avant son appel.
06:15Mais son appel à lui est tombé au commissariat le plus proche.
06:19Et donc, ils ont envoyé une patrouille.
06:21La patrouille a remonté le quai François Mitterrand en sens inverse, en sens interdit.
06:29Ne sachant pas exactement où avait lieu le casse, n'avait pas d'indication de lieu.
06:33Ils sont passés devant le casse, devant le camion.
06:36C'est moche.
06:37Pendant qu'eux descendaient.
06:38Ils ont été mal renseignés.
06:39Et le temps de faire demi-tour, puisqu'il y a des agents d'accueil qui étaient déjà en train
06:44d'arriver sur le lieu en courant.
06:46On fait des grands gestes pour leur dire, vous venez de les rater, faites demi-tour.
06:50Et là, à ce moment-là, les quatre braqueurs montaient sur les scooters pour partir vers Bercy.
06:55D'accord.
06:56Alors après, c'est un jeu de pistes à ciel ouvert.
06:59Je voulais vous montrer, nous, BFM TV, ligne rouge, on a planché sur une grande enquête sur la fragilité des
07:04musées.
07:04Au Louvre, comment expliquer que les cambrioleurs aient pu s'introduire aussi facilement ?
07:08Pourquoi les mesures préconisées dans un précédent rapport, vous en parlez dans votre livre, n'avaient pas été appliquées ?
07:13Et est-ce qu'il existerait des failles de sécurité dans le plus grand musée du monde ?
07:18Regardez cet extrait.
07:20Je suis complètement convaincu que le Louvre, aujourd'hui encore, pourrait être cambriolé.
07:24Il reste des failles.
07:26La Joconde, pour moi, ce n'est pas impossible de voler la Joconde.
07:33Je vais mettre des lunettes avec des petites caméras incorporées.
07:36Et vous allez pouvoir voir avec moi, à travers les yeux d'un voleur.
07:48En fait, ils sécurisent le bas, tout bas pour rentrer et pénétrer.
07:52Mais ils ne se rendent pas compte les failles qu'il y a dans les hauteurs.
07:56Tu rentres par là-bas, tu fais tout le tour la nuit, comme ça, la nuit, tu te bats sur
08:00tous les toits.
08:01Tu as plein d'issues, plein de petits trous, plein de petites failles, des balcons de partout.
08:06Ils escaladent de fenêtre en fenêtre, de balkons plein.
08:08On appelle ça des montes en l'air.
08:10Les montes en l'air, c'est des spécialistes de l'escalade.
08:13Et là, tu arrives là.
08:15Boum, tu as la Joconde qui est ici.
08:18OK, il y a une plaque de verre, mais qui n'est pas inviolable.
08:21Avec une bonne disqueuse, tu l'éclates.
08:24Bon, ça me paraît, le scénario me paraît vraiment très optimiste, très, très optimiste.
08:31En théorie, on peut échafauder, effectivement, le vol de la Joconde, mais en théorie seulement.
08:36Bon, déjà, il y a des choses dont il n'a pas connaissance, mais c'est bien normal.
08:40Donc, je pourrais vous dire un certain nombre de choses qui sont plus difficiles qu'il ne le dit, mais
08:44voilà.
08:45Les secrets du Louvre, un ligno rouge signé Jérémy Normand, Nicolas Bagioni, Lou Bourgoin, à découvrir très prochainement sur BFM
08:51TV.
08:51Alors, maintenant, il faut qu'on parle de l'équipe, l'équipe des malfaiteurs.
08:55Moi, ce qui m'a bluffé dans votre bouquin, c'est le récit de toutes ces auditions.
08:58Devant les enquêteurs, ils vont, au départ, à peu près rien lâcher.
09:02Rien.
09:03Oui, ils chiquent, comme on dit dans le jargon policier.
09:06Ils mentent.
09:07Et puis, à la quatrième audition, il y a Doudou, Croce Bittume, qui va dire qu'il veut parler.
09:13Et là, on va faire descendre le patron de la BRB en personne, la chef de groupe, pour l'entendre.
09:20Et là, bon, il va chiquer.
09:22Il va raconter une histoire un peu rocambolesque, comme quoi il a, deux jours avant le cas, se rencontré dans
09:27un parc,
09:28quand il allait acheter du chic, du cannabis, et bien, deux slaves, enfin, deux personnes du pays de l'Est
09:34qui ont un action slave,
09:35et qui l'ont proposé de marcher, mais il ne savait pas qu'il allait braquer le Louvre.
09:40On l'a un peu forcé, quoi.
09:41Alors, et puis ensuite, dans la foulée, le deuxième, Guélamin, va lui dire un peu la même chose.
09:48Lui, il a rencontré dans la cité un certain laser.
09:53Oui, alors là, il n'est plus des pays de l'Est, il n'a plus l'accent slave, il
09:57est arabe.
09:57Il a changé de continent.
09:58Il n'est justement pas le même.
10:00Non, c'est n'importe quoi.
10:01Il raconte n'importe quoi.
10:02Donc, au bout d'un moment, même les policiers qui les auditionnent disent, vous vous rendez compte que ce que
10:07vous dites est complètement absurde.
10:09Mais c'est quoi leur point commun, ces quatre suspects ?
10:11Ils se connaissent tous depuis 25 ans.
10:13C'est vraiment des potes de cité.
10:15Ils ont grandi à Boervilliers.
10:16Ils ont presque fréquenté le même bac à sable.
10:18Ils ont arrêté à l'école à peu près, pareil, cinquième, quatrième, troisième.
10:22Et puis, ils se sont forgés leur identité dans la délinquance, dans la...
10:26Et puis, le banditine.
10:27Parce que Doudou, le fameux Doudou, qui est célèbre sur les réseaux sociaux.
10:32C'est un pionnier du rodeo urbain sur les réseaux sociaux.
10:35Lui, il a la main sur le cœur.
10:37C'est un type qui l'aide.
10:38Il porte les sacs des bras.
10:39Mais aussi, il a les mains dans les vitrines des bijouteries.
10:42L'un n'est plus pas l'autre.
10:43Il a deux facettes, c'est ça qui est marrant.
10:45Avec lui, dans les quatre, c'est quand même le plus romanesque des quatre.
10:49Parce qu'il a cette facette où tout le monde l'aime bien à Aubervilliers.
10:52Mais vraiment, c'est assez bluffant.
10:55Les rappeurs parlent de lui dans les chansons.
10:59Effectivement, il porte les sacs de coureur.
11:00Gros capital sympathie.
11:02Gros capital sympathie.
11:03Et puis quand même, grosse délinquance.
11:04Parce qu'il se fait choper sur un braquage de distributeurs de billets.
11:09On prend son ADN.
11:10On se rend compte que ça matche avec le braquage d'une bijouterie quelques mois auparavant.
11:14Un braquage assez costaud.
11:17Et alors, plus on avance dans l'enquête,
11:19et plus on se rend compte que c'est un délinquant chevronné.
11:23Le braquage de bijouterie, on voit que c'est un braquage à main armée.
11:26Et puis, plus on enquête, plus on se rend compte que ce n'est pas très clair.
11:29C'est armé.
11:31Mais en fait, les armes, c'était des fusils en plastique.
11:34En fait, on se rend compte que c'est un type rigolo qui fait un peu n'importe quoi.
11:39Il laisse son ADN partout.
11:40Nicolas, qu'on disait tout à l'heure, à la police, ils ne disent rien.
11:44Est-ce qu'ils ne disent rien pour se protéger tous les quatre ?
11:47Est-ce qu'ils ne disent rien de ceux qui sont au-dessus ?
11:49Est-ce que vous pensez qu'il y a des gens au-dessus, vous ?
11:50Alors, dans longtemps, les enquêteurs ont pensé qu'il y avait un commanditaire.
11:54C'était la piste privilégiée.
11:56Et puis, au bout de sept mois d'enquête, avec des investigations très approfondies,
12:02voiture sonorisée, écoute, surveillance physique,
12:07il n'y a absolument aucune trace d'un donneur d'ordre, etc.
12:12Et aujourd'hui, tous les fils renvoient à Aubervilliers, à cette bande de potes
12:17qui a sans doute préparé ce casse entre eux.
12:24Ce casse culotté, quoi.
12:25À l'heure où on se parle, il n'y a pas le début d'un indice de preuve
12:29de quoi que ce soit d'un commanditaire quelconque.
12:32Vraiment.
12:33Qu'est-ce qu'ils ont fait des bijoux ? Qu'est-ce qu'ils peuvent en avoir fait ?
12:34Et qu'est-ce que ça vaut, ces bijoux, quand on habite à Aubervilliers ou ailleurs,
12:38et qu'on n'a pas quelqu'un qui va... Qu'est-ce qu'on peut faire de ça ?
12:40Il y a deux hypothèses.
12:42Toi, les bijoux sont toujours en France cachés.
12:45Ce qui est possible, c'est parce qu'ils sont arrêtés très vite, au bout de six jours.
12:50Ils étaient sur surveillance même avant.
12:52Donc, difficile de se débarrasser des bijoux.
12:56Mais la piste aujourd'hui qui semble la plus privilégiée,
12:59c'est quand même qu'ils ont réussi à faire partir les bijoux quelque part.
13:03La piste du rosseleur, il y a une interception de Rachid, le quatrième,
13:07qui a été interpellé et qui parle avec sa soeur et qui dit
13:10les trucs, on parle des bijoux, les trucs, chacun aura sa part.
13:15Et même si on arrondit à 20, il y a un gros mot derrière, on ne dira pas.
13:19Donc ça, évidemment, ça intrigue et ça laisse penser qu'il y a une piste de rosseleur.
13:25Par ailleurs, en fait, il y en a un dans les quatre suspects,
13:29Slimane, qui a un parcours de délinquant un peu plus charpenté que les autres,
13:33et dans lequel il est tout à fait probable qu'il y ait une structure criminelle avec des rosseleurs.
13:41Une filière, quoi ?
13:41Oui, c'est probable parce qu'on trouve dans un local auquel il a accès,
13:45on trouve des pierres de touche.
13:46Donc, il y a un objet qui sert à tester la pureté de l'or avec des produits chimiques.
13:53Donc, on n'a pas ça par hasard.
13:55Même si vous faites de la mécanique sur votre scooter,
13:58vous n'avez pas des pierres de touche dans votre garage.
14:00Ok.
14:01Alors, la justice, en la personne de Laure Béciot,
14:03qui était venue d'ailleurs sur notre antenne, la procureure de Paris,
14:05elle avait expliqué en substance que si des informations étaient données sur les bijoux,
14:09on pourrait en tenir compte à l'audience.
14:11Que ça pourrait atténuer, comprenons, le sort judiciaire.
14:14C'est quoi la carte ?
14:15C'est une carte, celle-là, justement.
14:18Maintenant, en plus, vous savez qu'il y a un statut de repenti.
14:19On peut imaginer qu'effectivement, à un moment ou à un autre, il parle.
14:24C'est jouable ?
14:25Oui, c'est jouable, je pense.
14:26C'est jouable parce qu'aujourd'hui, en bande organisée, ils en courent 15 ans,
14:30alors qu'un vol simple, c'est 5, un vol patrimonial, c'est 7.
14:35Bref, pour faire simple, ils passent de 7 à 15, ils ont des enfants en bas âge.
14:41Est-ce qu'ils avaient prévu ça dans leur scénario ?
14:46Peut-être pas.
14:47Et donc, est-ce qu'ils vont se négocier pour faire baisser,
14:50pour faire sauter la bande organisée, comme on dit ?
14:52Après, ce qui va jouer, sans doute, c'est aussi l'état des bijoux.
14:56Est-ce qu'on les retrouve ?
14:57Ou on en retrouve une partie ?
14:59Est-ce qu'on les retrouve grâce à eux ou sans eux ?
15:01On sait que souvent, dans d'autres casques comme ça,
15:03on a retrouvé bien après les bijoux.
15:04C'est vrai, plusieurs mois, plusieurs années.
15:06Parfois, très d'étalement.
15:07Parfois, l'idée, c'est de savoir, voilà, qu'est-ce qu'ils ont fait de ces bijoux ?
15:10Si ils les ont dessertis et ça a été fondu, si les montures ont été fondues,
15:17bon, évidemment, toute la valeur aura disparu, patrimoniale.
15:23La valeur patrimoniale.
15:24En fait, ce qui nous fait mal à tous, c'est ça.
15:26Parce qu'on raconte un braquage rocambolaise,
15:28ça va faire des films, des séries, des documentaires.
15:31Et on va en parler dans les livres d'histoire.
15:33La vérité, c'est que c'est un bout du roman national
15:35qui nous a été dérobé à ce moment-là.
15:37Et ça, quand on y pense, on est tous affectés.
15:40Nous, on est affectés, mais les anglo-saxons, ils rigolent beaucoup.
15:43Ça les fait beaucoup rire.
15:44Oui, mais nous, ça ne nous fait pas rire.
15:45Et si ces quatre-là ne collaborent pas, disent pas où sont les bijoux,
15:49qu'est-ce qu'ils risquent ? C'est quoi les peines ?
15:5015 ans. 15 ans, bande organisée.
15:53C'est bande organisée, donc c'est 15 ans maximum.
15:55Leurs avocats, c'est des costauds, des bons avocats ?
15:59Il y a un peu de tout.
16:01Et surtout, il y a des auditions très prochainement.
16:04C'est ça qu'on va suivre la semaine prochaine.
16:06Absolument.
16:06Des avocats de voyous, des avocats de voyous, des avocats ?
16:09Il y a une avocate de voyous, il y a des avocats qui font la conférence de stage,
16:14qui sont réputés, qui ont beaucoup d'éloquence, des jeunes.
16:18Il y a eu des changements d'avocats au cours de la procédure.
16:20Il y a beaucoup changé d'avocats aussi.
16:23Donc ça va batailler au procès ?
16:26On va voir. D'ici le procès, l'enquête n'est pas finie.
16:29Et puis entre-temps, on espère quand même toujours pouvoir retrouver ses bijoux,
16:32même si on a compris que ce n'est pas l'option la plus probable
16:35et que vous dites qu'il y a probablement une filière de russeleurs.
16:37En tout cas, il y a deux hypothèses solides sur la table.
16:39C'est sûr qu'il y a une filière de russeleurs.
16:41Après, est-ce qu'ils ont été écoulés ?
16:45C'est une autre question.
16:47Dans quel état sont-ils ? Est-ce qu'on les retrouverait un jour, Dominique ?
16:49Vous pensez ?
16:49Écoutez, moi j'aimerais bien qu'on les retrouve.
16:51Je suis comme tout le monde.
16:52Je n'ai jamais vu ses bijoux, je ne suis jamais allé au Louvre.
16:54Et je pense que s'il les restituait au Louvre,
16:58j'irais voir à quoi ressemblent ses bijoux.
17:00C'est ça qui est troublant dans l'histoire.
17:01C'est d'une grande tristesse.
17:02C'est qu'en fait, vous demandez aux gens dans la rue,
17:05le Louvre, en fait, on ne s'attend pas à ce qu'il y ait des bijoux au Louvre.
17:08Les gens qui savent qu'il y a des bijoux au Louvre,
17:10c'est soit des gens qui connaissent très bien le Louvre,
17:12soit des gens qui ont envie de les voler.
17:15Et donc, comment ils ont eu envie de voler ces bijoux ?
17:17Est-ce qu'ils ont eu un tuyau ou des commanditaires ?
17:19C'est toute la question.
17:20Passionnant.
17:20Merci de nous avoir suivis.
17:22Merci, messieurs.
17:22Merci pour cette enquête.
17:23Merci de nous avoir suivis.
17:24Merci de votre fidélité.
17:25Merci, Dominique, de m'avoir accompagnée.
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