- il y a 4 heures
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00:04Musique
00:22Des gants, mon chapeau et mon mouchoir.
00:31Musique
00:31Va-t'en donc, puisqu'il le faut.
00:33Ah, tu sais, tu peux être bien sûre, si ce n'était pas absolument nécessaire.
00:36Oh, j'en suis tout à fait sûre. Mais cela ne fait rien.
00:39C'est-tu bien que tu n'as pas, depuis huit jours, passé une seule soirée ici ?
00:42Oh, pas une.
00:43Oh, pas une. Tu ne me conduis plus nulle part.
00:46Moi qui meurs d'envie d'aller voir cette pièce à la télé.
00:49Oui, mais nous irons la semaine prochaine.
00:51Ah, qu'est-ce que tu veux ? C'est l'emprunt, la situation financière.
00:55Je suis perpétuellement obligé d'être sur la brèche.
00:57C'est au passage de l'opérate, tu vas ?
01:00Oui, devant le passage.
01:02Écoutez un peu ce qu'on dit à la petite bourse afin d'en profiter,
01:04de gagner beaucoup, beaucoup de l'argent pour en donner à ma chère petite femme.
01:09Je vais te demander, ne te coûtera pas beaucoup d'argent.
01:11Tu entreras chez le fleuriste et tu me rapporteras un bouquet.
01:15Un gros bouquet de lilas blanc.
01:17Tu y penseras ?
01:20Je crois bien que j'y penserai.
01:22À tout à l'heure.
01:24Tu rentreras tard ?
01:25Oh non, tu t'es bien.
01:2610h30, 11h, quoi, comme les autres soirs.
01:29À tout à l'heure, petite jeune.
01:30Au revoir, gros chéri.
01:32Pense à mon bouquet.
01:33Oui, oui, un bouquet.
01:34Un gros bouquet de lilas blanc.
01:42C'est bien la peine d'avoir une petite femme comme moi pour la laisser pendant 8 grands jours toute
01:50seule.
01:51Il est vrai que c'est pour aller gagner de l'argent, afin de m'en donner beaucoup, comme il
01:55dit.
01:56Beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup.
01:59La vérité est qu'il m'en donne pas mal, mais je préférerais qu'il m'en donne à autant,
02:05mais qu'il reste avec moi.
02:09Il s'agit de passer la soirée jusqu'à 11h. Ce sera long.
02:14Ah, Pénélope, Pénélope.
02:18Qu'est-ce qu'elle pouvait bien lire, Pénélope, quand elle en avait assez de travailler ?
02:23Ah, où en étais-je, moi ?
02:26Ah, M. Lecoq était désespéré, le jeune policier s'arrachait les cheveux.
02:34Tiens, j'attends personne pourtant.
02:37Oh, c'est Paul sans doute. Il aura oublié quelque chose.
02:40Madame, eh bien, c'est un jeune homme, madame.
02:42Un jeune homme ?
02:43S'il vous plaît.
02:44Monsieur.
02:44Ne dites pas un jeune homme, dites un homme jeune encore, ce sera plus exact.
02:48Mais monsieur !
02:49Oh, mille pardon, madame. Je ne me suis montré que pour rectifier.
02:53Je sais très bien que jusqu'à ce que madame ait dit « faites-en entrer, monsieur », je dois
02:57rester là, dans l'antichambre.
02:59J'y retourne, madame, j'y retourne.
03:01Mais le nom de ce monsieur ne l'a pas dit son nom ?
03:03Son nom ?
03:04La carte.
03:06C'est vrai.
03:07Encore ?
03:07Oh, mille pardon, madame. Elle oublie que je lui ai donné ma carte. Je ne me suis montré que pour
03:11le lui rappeler.
03:12J'y retourne, madame, j'y retourne.
03:14Voilà la carte, madame.
03:16Jules Picoquet. Je ne connais pas du tout, moi.
03:20Dites ce que je vous ai dit.
03:21Mais une minute, voyons, j'allais le dire.
03:24Qu'est-ce que...
03:24Ce monsieur dit qu'il s'agit d'une affaire grave qui intéresse tout particulièrement madame.
03:28Et qui ne souffre pas une minute d'entrée.
03:30Mais qu'est-ce que ça signifie ? Il faut en finir, voyons. Faites-en entrer ce monsieur.
03:33Allez, madame.
03:37Ah, maintenant.
03:40Madame.
03:41Monsieur.
03:42Ah, restez, Pauline.
03:43Ah, madame, je vous en supplie. Cinq minutes seulement, mais cinq minutes.
03:48Cependant, monsieur...
03:49Vous ne vous en repentirez pas.
03:51De quoi ai-je peur ? Après tout, il est drôle. Il n'a pas l'air dangereux.
03:54Allez, allez, Pauline.
03:56Viens, madame.
03:58Telle que vous me voyez, madame, j'ai au moins une des qualités qui distingue les hommes supérieurs.
04:05Oui, je n'en ai qu'une, peut-être, mais j'en ai une.
04:09Laquelle ?
04:13Je suis stupide avec les femmes.
04:14Oh, monsieur.
04:17Vous ne voulez pas me croire. Merci.
04:19Mais quand je vous aurais tout dit, vous serez bien forcés.
04:22Mon nom est doux à prononcer Jules Bicoquet.
04:26Mon âge, 34 ans.
04:27Quant à ma fortune, elle est suffisante.
04:29Il y a quinze ans, elle eut passé pour rondelette, mais aujourd'hui dans le Paris moderne...
04:35Je vous demande pardon, monsieur, mais...
04:37Madame.
04:37Il s'agit, m'avez-vous dit, d'une affaire qui m'intéresse particulièrement.
04:41Oui, madame.
04:42Alors, je ne serais pas fâchée de savoir.
04:46Comme ça, tout de suite ?
04:48Oui, tout de suite.
04:49Oui.
04:50Madame, je ne vous cacherai pas que mon intention était de réserver cela pour le mot de la fin.
04:54Cependant, puisque vous semblez désirée...
04:58Votre mari vous trompe, madame.
05:01Pardon ?
05:02Vous êtes la plus intéressante et la plus malheureuse des petites femmes bien gentilles, mais votre mari vous trompe.
05:07Ah.
05:07Ah oui. En ce moment même, il est là-haut.
05:10Il est là-haut ?
05:11Là-haut. Oui, c'est l'actrice du second, Antonia Brunet.
05:15Il est en train de jouer au Bézig, au Bézig chinois.
05:18Non. Et il perd. Ça, je ne vois pas les cartes, mais ça ne fait rien, je parierai qu'il
05:21perd.
05:22Oh, des preuves, monsieur, des preuves !
05:24Vous demandez des preuves.
05:27Très bien, madame. Regardez. Ayez la bonté de regarder.
05:35Et alors ?
05:36Eh bien, madame, vous ne voyez pas.
05:38Mais, qu'est-ce que cela prouve ?
05:39Ben, mon Dieu, madame, ça prouve que ce n'est pas mon chapeau.
05:43P.G., madame.
05:45P.G. Paul Gaillardin.
05:47Oh, mais c'est vrai ?
05:49Il y a dix minutes, madame, c'est moi qui étais là-haut.
05:51Quel souvenir !
05:52Quand j'ai été obligé de dégarpir pour faire place à votre mari, au lieu de prendre mon chapeau, j
05:57'ai pris le sien, que j'ai trouvé dans l'antichambre, et je vous la...
05:59Êtes-vous convaincu, maintenant ? Et cette preuve vous suffit-elle ?
06:02Oh, mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu !
06:04Oh, tous les soirs, vers les neuf heures, je venais m'asseoir près d'elle.
06:09Oh, je vous en prie, monsieur.
06:10Alors, écoutez, madame, maintenant que je vous ai prouvé que j'avais quelque chose d'intéressant à vous dire, j
06:13'espère que vous aurez la bonté de ne pas m'interrompre.
06:16Bon. Alors, chaque soir, vers les neuf heures, je venais m'asseoir près d'elle.
06:21Bonsoir, Toto, lui disais-je.
06:22Eh ?
06:24Toto, diminutif d'Antonien.
06:25Ah, oui.
06:26Bonsoir, Coco, répondait-elle.
06:29Coco, c'est... c'est le diminutif de Bicoquet.
06:33Ah.
06:34Comment ça va, Toto ?
06:36Ça va pas mal, Coco ?
06:37Donne les cartes.
06:38Et je date.
06:39Et la partie commençait.
06:4040 d'atouts, 100 d'as, 250, 500, et allez-donc.
06:45Un bonheur si complet, si intense ne pouvait pas durer.
06:50Il y a huit jours, j'arrive, je sonne, le premier valet de chambre m'arrête et me dit
06:54« Y'a pas mèche, on n'entre pas, madame est avec sa marraine d'Argenteuil. »
06:59Je m'en allais, sans répondre, mais j'étais frappé.
07:03Le lendemain, je reviens, la marraine y était encore.
07:06Le surlendemain, la marraine y était toujours.
07:10J'eus un soupçon.
07:12Je pris des renseignements, j'ai pied et je finis par découvrir que cette marraine,
07:18qui depuis huit jours avait pris ma place et m'avait dépossédé de toutes mes chères
07:22habitudes, eh ben c'était...
07:25Mon mari, mon mari, j'ai cette femme !
07:29Si nous l'y laissions, hmm ?
07:31Vous dites ?
07:32Ah ben, je ne vois quant à moi que deux solutions.
07:34Que monsieur, votre mari, garde ma place qu'il a prise, et qu'alors, moi, je prenne la sienne.
07:42Chaque soir, vers les 9h, je viendrai m'asseoir.
07:46Oh, monsieur !
07:48Mais je ne m'en plaindrai pas, au contraire !
07:52Oui, d'abord, je gagnerai un étage.
07:55Et puis alors, vous êtes vraiment plus jolie que...
07:58Oh !
07:58Avez-vous des cartes ?
08:00Pardon, et...
08:01Oh, monsieur, encore une fois...
08:02Ah non, ça ne vous va pas, défilement ?
08:04Non, non, non.
08:05Ah bon, bon, bon, la seconde solution, alors, faisons descendre votre mari.
08:09Ah, j'aime mieux ça !
08:10Oui, ah ben, quand il sera descendu, moi, je remonterai.
08:12C'est très simple, et les choses ainsi rentreront dans l'ordre.
08:15Ici, gaillardin, là-haut, bicoquet.
08:16Faisons descendre votre mari.
08:17Je veux bien, mais comment faire ?
08:19Ah ben, ça, comme vous voudrez.
08:21Ben, donnez-moi une idée.
08:23Ah non, mais pourquoi est-ce moi qui fournirai l'idée ?
08:25Il me semble que vous êtes intéressé au moins autant que moi.
08:27Mais comment voulez-vous dans l'état de surexcitation, je suis...
08:30Écoutez-moi, madame, est-ce que vous vous imaginez que je ne le suis pas surexcité ?
08:33Je le suis à ce point que je hurlerai !
08:37N'était que cela me paraîtrait un peu trop familier pour une première visite.
08:43Oh là là...
08:45Ah, c'est là, je le reconnais.
08:49C'est celui qu'elle ne manque jamais d'entonner.
08:51Quand dans son jeu, les deux dames de pique sont venues rejoindre les deux valets de carreaux.
08:56500 ! Oh là là ! Non, je vous jure, madame, si cette musique continue, je vais hurler, moi.
09:00Il suffit de ne rien faire, monsieur.
09:02Comment, madame, vous me chassez ?
09:04Non, non, c'est l'idée qui m'est venue.
09:05Pour le faire descendre ?
09:07Madame ?
09:08Montez à l'étage au-dessus. Chez mademoiselle, quel nom m'avez-vous dit ?
09:12Antonia Brunet.
09:13Antonia Brunet. Dites-lui que je suis souffrante, que madame Gaillardin est souffrante et que cette musique me fait mal.
09:20Madame est souffrante ?
09:21Oui, non, enfin, que vous apporte, allez, le nom, n'oubliez pas le nom.
09:25Madame Gaillardin, dites-le très haut, criez-le, qu'on vous entend. Viens, madame.
09:30Je vous comprends. Vous comptez sur son cœur.
09:34Je n'ai pas tort, car il est bon. Et dès qu'il me saura, enfin, dès qu'il me
09:39croira souffrante, il redescendra.
09:42Oui, oui, oui, oui. Oh, c'est possible, après tout.
09:47Le piano se tait, la commission est faite.
09:50Alors, partez, monsieur, partez vite.
09:51Ah non, non, mais nous avons encore cinq bonnes minutes.
09:54Il n'a qu'un étage à descendre.
09:55Ah, vous ne connaissez pas votre mari, madame. Vous ne le connaissez pas. C'est un maître.
09:59Non. Vous imaginez-vous qu'il est là, prudence, d'aller directement de là-haut, ici et d'ici là
10:04-haut, au risque de se faire pincer.
10:06Oh, que nenni. Cette maison a deux portes. L'une, rue Le Pelletier et l'autre, rue Lafayette.
10:14Alors, vous voyez d'ici la manœuvre ?
10:16Non.
10:17Eh bien, elle est très simple.
10:18Votre mari descend allègrement l'escalier du plaisir et il sort par la porte de la rue Le Pelletier.
10:24Bon, alors, il fait le tour de la maison. Il rentre par la porte de la rue Lafayette et il
10:29remonte gravement l'escalier du devoir.
10:32Voilà. Voilà. Oui, oui, oui. Tout ça lui prend à peu près cinq minutes.
10:35Alors, mettons, mettons qu'aujourd'hui, l'inquiétude le fasse aller un peu plus vite.
10:39Eh bien, pardon, il devrait être maintenant...
10:42Non, mais, tenez, madame, qu'est-ce que je vous disais ? Le voilà.
10:45Oh, prenez garde, il va vous voir.
10:46Non, non, non, n'ayez pas un peu. Ah, il a mon chapeau à la main.
10:49Oui, mais alors, de l'autre main, il tient un bouquet.
10:52Un bouquet de lilas blanc ?
10:53Oui.
10:53Je lui ai dit de m'en acheter un.
10:55Vous lui avez dit...
10:55Oui.
10:57Oh, indécidément, c'est un maître. C'est un maître.
11:00Ce bouquet, je l'ai reconnu.
11:01Vous l'avez reconnu ?
11:02Ah, parfaitement.
11:03Au moment même où je sortais de là-haut, un grand diable de domestique l'apportait
11:07de la part du jeune Hector de la Roche-Trompette.
11:09Alors, votre mari se le sera fait céder, à prix d'or, par le valet de chambre préposé
11:14au bouquet.
11:15Oh !
11:15Ah, c'en est un.
11:17C'en est un.
11:18Et je m'inclinerai volontiers devant lui.
11:22Mais le temps me presse.
11:23Adieu, madame.
11:24Adieu, monsieur.
11:25Ah !
11:26Je vous laisse le chapeau de votre mari.
11:27C'est le mien.
11:28Alors, vous aurez la bonté de me le renvoyer.
11:30Oui, c'est ça.
11:30Où ça, monsieur, où ça ?
11:32Comment où ça ?
11:33Eh bien, là-haut, madame.
11:34Non, mais où croyez-vous donc que je vais aller ?
11:36Je remonte là-haut.
11:37Eh bien, je vous le ferai porter, alors.
11:38Ah !
11:39Je vous en prie.
11:40Recommandez bien qu'on remette toute une immense chapeau à la personne qui ouvrira
11:43la porte.
11:43Oui.
11:44Ça suffira.
11:45Oui.
11:46Non, mais inutile de me déranger.
11:48Non.
11:49Non, non, non, monsieur.
11:50Passer par là, Pauline vous montrera le chemin.
11:53Adieu, monsieur.
11:55Peut-être ne nous reverrons-nous jamais.
11:57Je l'espère bien.
11:58Soyez heureuse.
11:59Quant à moi, je vais essayer.
12:03Adieu, madame.
12:03Adieu, monsieur.
12:04Adieu, avant tout, cachons chapeau.
12:17Et maintenant, voyons-le venir.
12:20Soyons d'abord douces, patientes, hypocrites.
12:22Cela n'engage à rien.
12:23Et nous verrons après.
12:26Voilà, voilà, voilà, voilà, voilà.
12:28Souffrant, qu'est-ce qu'elle peut avoir ?
12:30Ah, petite jeune.
12:31Ah, c'est toi, mon amie.
12:34Oui, mais je croyais que tu devais revenir
12:35qu'à 10h30, 11h comme les autres soins.
12:37Oui, mais quand je suis loin de toi, tu sais le problème.
12:39J'en suis pas.
12:40Ah, mais tu sais, la bourse, l'emprunt,
12:42la situation financière, tu aurais peur de négliger.
12:45Ah, je vais te dire, c'est quand même que j'ai eu le bonheur.
12:48Il y a des jours, vraiment, on a de la chance.
12:50J'ai eu le bonheur de rencontrer ma jumelle.
12:54Il va bien ?
12:55Il va pas mal.
12:57Oui, alors, comme il m'a donné tous les renseignements
12:58qu'il irait avoir, je suis revenu vite, vite.
13:00Vite, vite, vite.
13:01Aussi vite que j'ai pu, c'est pourquoi je...
13:03Et tu as pris le temps d'acheter mon bouquet, ce pendant ?
13:06Ah oui, oui, sans doute.
13:08C'est ce que tu me l'avais demandé.
13:09Oh, donne, donne.
13:10Il est joli, hein ?
13:11Il est superbe.
13:12Il a dû te coûter cher, hein ?
13:13Il m'a coûté 10 louis.
13:1410 louis ?
13:15Deux louis, je veux dire.
13:16Deux louis.
13:17Mais dis donc ce bouquet.
13:19Tu ne l'as pas acheté Passage de l'Opéra ?
13:21Ah non, non, non, non.
13:22Je l'ai acheté rue Lafitte.
13:25Ah ?
13:25Et oui, parce que ma jumelle, tout en causant,
13:27m'a amené jusqu'à la rue Lafitte.
13:28Alors, comme je me trouvais là,
13:29j'ai bien fait de regarder l'adresse du fleuriste.
13:31Il a raison, Coco, c'est un maître.
13:33Et puis, je vais te dire,
13:34tu sais, si je suis revenu si vite,
13:35c'est parce que, je vais te dire franchement...
13:37Ah, franchement ?
13:37Oui, oui, franchement.
13:39Oui, si je suis revenu très vite,
13:40c'est parce que tout à l'heure,
13:41quand je t'ai quitté,
13:41il m'a semblé que...
13:42Oui, j'ai cru m'apercevoir
13:44que tu n'avais pas ta mine ordinaire.
13:47Donc, j'étais vilaine.
13:48Ah, non !
13:50Comment peux-tu dire ça ?
13:50Au contraire, c'était joli.
13:51C'était joli comme tout.
13:52Mais enfin, tu avais le visage un peu...
13:56T'as pas été souffrante ?
13:57Dis.
13:57T'as pas été souffrante
13:58vu que je t'ai quitté ?
13:59Si.
14:00Ah, tu vois bien, Jean.
14:00Tu vois bien, qu'est-ce que tu as ?
14:01Oh, je ne saurais pas te le dire.
14:02Non, mais où souffres-tu ?
14:03Oh, tu sais, un peu nulle part,
14:04un peu partout.
14:06Non, pauvre petite femme.
14:06Ah, non, laisse-moi, laisse-moi.
14:08Je crois bien que c'est nerveux.
14:10Oui, c'est vrai.
14:11Oui, il y a un quart d'heure,
14:12vois-tu, j'étais dans un état,
14:14dans un état.
14:15J'ai même fait quelque chose
14:16d'un peu risqué, peut-être,
14:17grandé.
14:18Ah, non, non, non, je ne comprends pas.
14:19Non, non, non.
14:21La personne qui demeure au-dessus de nous.
14:22Tu sais, toi, quelle est cette personne ?
14:26Qui demeure au-dessus de nous ?
14:28Oui.
14:29Oui, un comptier d'assurance, je crois.
14:31C'est un comptier d'assurance maritime.
14:32Non, non, c'est une dame.
14:34Ah, oui, oui, une dame âgée.
14:37Non, non, jeune encore.
14:39Elle s'est mise à son piano tout à l'heure
14:41et elle chantait.
14:42Je ne sais pas trop ce qu'elle chantait,
14:43mais j'étais si nerveuse,
14:45si agacée, si exaspérée
14:47que je n'ai pas pu y tenir,
14:49j'ai envoyé Pauline
14:50et j'ai prié cette dame
14:51de vouloir bien interrompre sa chanson.
14:54J'ai eu tort, n'est-ce pas ?
14:55Non, non, tu as bien fait, tu as bien fait.
14:57Oh, merci, tu es bon.
14:59Oui, je suis.
14:59Oh, tu es vraiment très bon.
15:01Où as-tu ?
15:01Pourter ce bouquet dans ma chambre.
15:04Tiens, mais quel rôle de chapeau tu as là ?
15:07Mais il n'est pas d'être un chapeau.
15:09Comment ?
15:09Comment, comment il n'est pas ?
15:12Tiens, non, il n'est pas à moi.
15:13Mais fais voir un peu.
15:14Mais, mais, mais, mais, fais voir.
15:15Ah, mais il n'est pas à ma jumelle non plus.
15:17Oh, tu crois.
15:19Ben, JB, mon ami, JB,
15:20il ne peut pas être à ma jumelle.
15:21Non, non, non, il n'est pas à ma jumelle.
15:23Non, mais non, non, il n'est pas à ma jumelle.
15:25Oui, il n'est pas...
15:26Mais d'abord, qu'est-ce qui te fait dire
15:27que ce chapeau fait à ma jumelle ?
15:28Je ne t'ai jamais dit que ce chapeau
15:29fait à ma jumelle.
15:30Tu ne m'as pas dit,
15:31mais ce que je te prerai de me dire,
15:32c'est comment ce chapeau se trouve ici.
15:33Comment ce chapeau...
15:33Ça, comment...
15:35Ah, mais si, mais...
15:39L'explication est simple.
15:40Tu vas voir, on ne peut plus simple
15:42et en même temps, elle est comique.
15:46Ah, on va rire, alors.
15:48Je ne te dis pas qu'on va se tordre.
15:50C'est du comique, mais du comique distingué.
15:53Oui, alors, c'est moins drôle.
15:56Non, mais tu vas voir.
15:58Je revenais ici.
15:59Je t'ai dit, j'étais pressé.
16:00Enfin, je courais.
16:01Alors, en courant, je rencontre un monsieur
16:04qui courait aussi,
16:04mais dans le sens opposé.
16:06Tu me souviens ?
16:06Oh, jusque-là, ça m'a...
16:07Bon, attends, attends,
16:08je vais te mettre un peu ça en scène
16:09pour que tu te rendes mieux compte.
16:09Voilà, alors...
16:11Nous nous heurtons.
16:12Non, voilà les deux chapeaux par terre.
16:14L'un par-ci, l'autre par-là.
16:16Alors, je me bâche dans ma sein,
16:18mais au hasard, ça regardait,
16:20je te l'ai dit, j'étais pressé,
16:21c'était l'inquiétude, je courais.
16:22Enfin, je reprends ma course.
16:23Et alors, j'arrive ici
16:26avec un chapeau.
16:30Oui, un chapeau qui n'est pas à moi.
16:32Tu vois, tu vois, c'est très simple.
16:35Oh, oui, c'est très simple.
16:38Décidément, c'est un maître.
16:39Mais ça ne fait rien,
16:39je le forcerai bien à avouer.
16:41C'est fâcheux, c'est fâcheux,
16:42c'est fâcheux qu'il ne m'aille pas.
16:43Il est beaucoup plus naif que le mien.
16:44J'en viens tout à l'heure,
16:45je vais porter ce bouquet.
16:46Tu ne profiteras pas de ça
16:47pour repartir, au moins.
16:48Que moi ?
16:48Ah, tout à l'heure !
16:50Comment veux-tu croire, mon chéri ?
16:52Oh, non, non, non, non, non, non, non,
16:56je ne repartirai pas.
16:57Oh, non, non, non.
16:58Si jamais quelqu'un regrettait
16:59d'être obligé de faire Charlemagne,
17:00c'est bien moi tout à l'heure.
17:01Oh, mais j'aime un de ces jeux dans la main.
17:04Hum, bah, non, non, non, non.
17:07Qu'on ne fasse pas dire
17:08que j'aime cette petite plus que ma femme.
17:11Non, non.
17:12Mais, c'est pas la même chose.
17:16Et puis, même si on me demandait
17:17comment cette bête de fantaisie m'a pris,
17:19je serais bien embarrassé.
17:21parce que ça m'a pris
17:22l'entendant qui a fait ses chevaux,
17:25en regardant son cocher,
17:27en la voyant s'étaler
17:30dans son vire-sort
17:31avec des toilettes,
17:33mais étourdissant, quand même.
17:35Ah, non, non, non, non,
17:35mais on a à brudure,
17:37les grandes jupes,
17:38le fracas, le luxe.
17:40Jean-Jacques Rousseau,
17:40t'es comme ça ?
17:41Oui, lui aussi,
17:41il adora les accessoires, Jean-Jacques.
17:43Jean-Jacques Rousseau.
17:45Non, puis moi, ce qui me plaît
17:45chez Antonia Brunet,
17:46c'est qu'elle est distinguée.
17:48Une lettre, monsieur.
17:49Une lettre ?
17:50C'est la dame du dessus.
17:51Ah, je ne connais pas.
17:52Ah, possible ?
17:53Mais c'est elle
17:54qui vous envoie cette lettre.
17:56La tord,
17:56la tord de mes cœurs comme ça.
17:58Même qu'elle avait dit
17:59qu'il fallait vouloir mettre
18:00l'heure même
18:00que vous seriez avec madame.
18:02Elle avait dit ça ?
18:03Ben, il paraît, monsieur.
18:04C'est la jalousie.
18:05Ça fait rien, la tord.
18:06La tord, la tord, oui.
18:08Et ce procédé m'étonne
18:09de la part d'une personne
18:10aussi distinguée.
18:12Espèce de sale cochon.
18:18Sale cochon.
18:19Je sais que mes domestiques
18:20lisent toutes mes lettres
18:21ou si ne mettrai-je rien
18:22dans celles-ci
18:22qu'ils puissent les empêcher
18:23de t'estimer encore.
18:24Espèce de sale cochon.
18:26Tout de même,
18:28je suppose que tu me comprends.
18:32Si dans cinq minutes
18:33tu n'es pas chez moi,
18:33je saurais ce que j'ai à faire.
18:35Je t'embrasse comme je t'aime,
18:36Antonia.
18:37Si dans cinq minutes
18:37tu n'es pas chez moi,
18:38je saurais ce qu'il me reste à faire.
18:39C'est une farce.
18:43Ah bon ?
18:44Oui, c'est une farce.
18:45Elle est bête comme tout.
18:46Eh bien, monsieur.
18:47Ben quoi ?
18:47Ben la réponse, on attend.
18:48Il n'y a pas de réponse.
18:49Ah bien, monsieur.
18:51Début ça poliment.
18:52Oui, monsieur.
18:53Mais ajoutez même
18:54que j'ai beaucoup ri.
18:56C'est vrai, ça lui fera plaisir.
18:57Je ne veux pas la désobliger,
18:58mais en fait,
18:58c'est une bête de farce.
19:00D'ailleurs,
19:01je ne comprends vraiment pas.
19:02Quand on n'a pas de disposition,
19:04on fout de l'esprit
19:05dans une farce.
19:07Dis-moi,
19:07vous vous approchez d'un monsieur
19:09que vous ne connaissez pas
19:10et que vous le priez
19:10de tenir l'un des bouts
19:11d'une longue ficelle.
19:13Bon.
19:13Ensuite,
19:14vous approchez d'un autre monsieur
19:14que vous ne connaissez pas
19:15et que vous le priez
19:16de tenir l'autre bout.
19:17Et puis après,
19:18vous en allez bien tranquillement.
19:20Non, mais
19:20c'est évident que c'est une bonne farce.
19:23Surtout,
19:23surtout si vous avez le soin
19:24de choisir dans le gouvernement
19:25des gens qui font une position
19:26mais considérable.
19:28Non, mais
19:28pourquoi est-ce une bonne farce ?
19:30Eh bien,
19:30c'est parce qu'il y a de l'esprit.
19:31Tandis que là-dedans,
19:32je vous...
19:32Monsieur, monsieur !
19:34Oui ?
19:34Cette dame !
19:35Eh bien...
19:35Elle dit que vous n'avez plus
19:36que trois minutes et pas,
19:36elle va descendre.
19:37Eh bien, dites-lui que je ne montrerai pas
19:38et que je l'engage sérieusement.
19:39Mais non, mais
19:39alors que là,
19:40très, très sérieusement,
19:41à se tenir tranquille.
19:43Voilà.
19:43Bien, monsieur.
19:44Pas pour un imbécile,
19:44mais elle se trompe.
19:45Dites-lui ça poliment.
19:47Oui, monsieur.
19:52Je parle, je parle, je parle.
19:53Je fais comme ça le brave
19:54et puis dans le fond,
19:54j'ai une vénette de tous les diables.
19:58Est-ce qu'elle serait capable de...
19:59Non, mais non, mais...
20:00Non, mais où allons-nous ?
20:02Où allons-nous ?
20:03Qu'est-ce que la société va devenir ?
20:04C'est un mari qui ne peut plus
20:05se tromper d'État
20:06sans être exposé à...
20:07Monsieur, monsieur !
20:08Madame !
20:10Elle dit que vous n'avez plus
20:10que deux minutes.
20:11Elle est en train de mettre ses gants.
20:12Oui, très bien.
20:12Oh, mais moi, je ne sais pas
20:13ce qui se passe
20:13ni de quoi elle vous accuse,
20:14mais elle parle aussi
20:15d'envoyer chercher la police.
20:18La police.
20:18Oui, monsieur, la police.
20:19Mais qu'est-ce que ça veut dire ?
20:20Moi, je ne sais pas, monsieur.
20:21Je ne suis qu'une pauvre fille,
20:22mais si j'ai un conseil
20:22à donner à monsieur,
20:23c'est d'aller parler
20:23à cette dame tout de suite.
20:24Oui, Necton, monsieur, Necton.
20:26Oui, oui, j'y vais.
20:29Et puis ça, poliment.
20:30Oui, monsieur.
20:36Oh, mais peut-être que c'est que ça encore ?
20:38Est-ce que je vais te condamner
20:39à tremper les chapeaux
20:39toute ma vie ?
20:41Non, mon ami.
20:42J'espère que tu voudras bien
20:43m'expliquer comment ce chapeau
20:44qui est à toi.
20:45À la bonne heure, merci.
20:46Tu t'en vas ?
20:46Oui, oui, tout à l'heure,
20:47je t'explique.
20:47Oh, non, enfin, mais...
20:50Oh, ça, par exemple.
20:52Moi qui arrivais avec son chapeau
20:53pour le confondre.
20:55Moi qui avais préparé
20:56un joli discours.
20:57Et au bout de ce discours,
20:59un pardon plus joli encore.
21:03Oh, mais maintenant...
21:08On m'a chassé, madame.
21:09Vous ?
21:10Cette fois-ci, on m'a chassé.
21:11Encore vous ?
21:12Mais ne deviez-vous pas
21:12vous y attendre
21:13puisque vous l'avez laissé remonter.
21:15C'est votre faute aussi.
21:16Pourquoi l'avez-vous laissé ?
21:17Mon mari, il est...
21:18Eh bien, il est là-haut, oui.
21:19Alors, moi, forcément...
21:20Oh, des preuves, monsieur, des preuves !
21:22Oui, eh bien, ça, je m'y attendais.
21:23Voilà le chapeau.
21:24Le sien ?
21:25Ah, toujours.
21:27Oh, c'est trop fort !
21:28Et comme cette fois-ci,
21:29le mien n'est plus là-haut,
21:30puisque vous les avez tous les deux,
21:32eh bien, votre mari sera obligé
21:33de redescendre nue-tête
21:35quand il redescendra.
21:36Oh, oui, il n'y avait pas cinq minutes
21:37s'il était revenu.
21:38Il n'y avait pas cinq minutes !
21:39Eh bien, oui, que voulez-vous, madame ?
21:41C'est un homme qui est pris.
21:42Voilà.
21:43Et nous savons tous
21:43parce qu'une fois que la passion s'en mêle,
21:46eh bien, il n'y a pas moyen de résister.
21:47Ah, si, tenez-moi, madame, moi !
21:49Oui.
21:49Moi, j'ai eu un de mes amis qui était pris.
21:52Oui.
21:52Alors, un jour, voulant à toute force
21:53échapper au griffe qui le tenait,
21:55il jura qu'il n'irait point
21:56chez sa maîtresse.
21:57Et pour être sûr de tenir son serment,
22:00il se fit solidement
22:02attaché à son fauteuil.
22:04Un sensé qui croyait
22:06que l'on peut lutter contre l'amour.
22:08À minuit moins cinq,
22:10ça commençait à le prendre.
22:11Oh.
22:11Alors, n'y pouvant plus tenir,
22:14il se traîna tant bien que mal,
22:18toujours attaché à son fauteuil.
22:20Il sortit de son appartement,
22:22descendit l'escalier,
22:24arriva jusqu'à la porte de l'immeuble.
22:26Eh bien, là, madame,
22:27jamais, non jamais,
22:29le portier ne voulut laisser sortir le fauteuil.
22:33Oui, parce que mon ami devait trois termes.
22:35Ah.
22:37Il est là-haut.
22:38Mon mari est là-haut.
22:39Ah, oui, oui, madame, il est là-haut.
22:41Au-dessus même de nos têtes.
22:42Ils sont là tous les deux.
22:44Et le plancher qui les supporte ne s'effondrera pas.
22:47Nous verrions pas si les jambes, n'est-ce pas ?
22:51Oh, monsieur.
22:52Il faut faire redescendre, mon ami.
22:54Ah, mais je ne vous dis pas autre chose, madame,
22:56depuis que j'ai eu le plaisir de faire votre connaissance.
22:58Mais, mais, mais comment ?
22:59Comment, comment ?
23:01Quand on chantait là-haut tout à l'heure, nous entendions.
23:04Il est donc probable que si l'on chantait ici, l'on entendrait là-haut ?
23:07C'est probable, madame.
23:09La voix ayant cela de commun avec monsieur votre mari,
23:12que, comme lui, elle le montre.
23:13Eh bien, monsieur, chantons.
23:15Chantons, monsieur.
23:16Moi ?
23:16Mais sans doute, il faut que mon mari ait entendu une voix d'homme.
23:18Alors, la jalousie...
23:19Ah, oui.
23:20Ah, ben là, je comprends.
23:21Alors, venez, venez.
23:22Ah oui, non, mais qu'est-ce que nous allons chanter, madame ?
23:24Je ne sais pas, moi.
23:25Tenez la favorise, hein.
23:26Ah, oui.
23:26Je commence, hein.
23:30Mon arrêt descend du ciel, venez tous d'une verre et de...
23:40Ah, on somme, monsieur, on somme.
23:41Oui, madame, oui.
23:42De bouquets, par et l'autel, tu le tombes aussi s'apprête.
23:52Et jeter ta voile noire sur la triste fiancée, le tu maudite et repousser sera morte avant ce soir.
24:17Oui, oui, oui, oui, oui, mais c'était pas une farce du tout.
24:20Mais non, elle était sur le point d'envoyer chercher la police, oui.
24:2210 000 francs.
24:2310 000 francs, il y avait dans le bouquet.
24:24Oui, 10 000 francs envoyés par le jeune Hector de la Roche-Trompette.
24:28Alors, naturellement, on m'accuse de les avoir.
24:31Mon ami, je te présente, monsieur Jules Picocquet.
24:33Bon, bon, bon, tout à l'heure, tout à l'heure.
24:36Qu'est-ce que t'as fait du bouquet que je t'ai offert ?
24:38Le bouquet, vous osez parler.
24:40Il est dans ta chambre ?
24:41Non, monsieur, il n'est pas dans ma chambre.
24:42Je l'ai jeté par la fenêtre.
24:44Je l'ai jeté avec indignation, parce que je savais de chez qui il venait.
24:47Vous entendez, monsieur ?
24:48Je sais tout et j'éclate à la fin.
24:50Tu l'as jeté ?
24:51Oui !
24:51Non, vous avez remarqué, madame, il est impossible que vous n'ayez pas remarqué.
24:58Il avait un chapeau.
24:59Je m'occupe bien, moi.
25:01Ah, mais oui, mais moi, madame, je m'occupe.
25:03S'il y a un chapeau, c'est qu'il y a...
25:06Ah, ça, mais combien étions-nous donc, là-haut ?
25:09Rien, rien, rien, rien, rien, mais Pauline, Pauline !
25:11Allez, je vais là quand on l'appelle.
25:12Ah, Pauline, Pauline, dites-moi, vite, vite, descendez, demandez au concierge, il n'aurait pas ramassé un bouquet.
25:17Un bouquet ?
25:17Oui, un bouquet, oui, un bouquet que madame m'aurait jeté par la fenêtre.
25:21Ah, oui, monsieur.
25:22Oui, si je remontais, moi...
25:24Restez, monsieur !
25:25Dans un quart d'heure, écoutez bien ce que je vous dis, monsieur.
25:28Dans un quart d'heure, je partirai d'ici pour me réfugier chez ma tante, et jamais vous ne me
25:31reverrez.
25:32N'essayez pas de vous dévendre, ça serait inutile.
25:35Envoyez-moi, Pauline, dès qu'elle sera revenue.
25:37Eh bien, oui, monsieur !
25:39Eh bien, le plage n'a pas vu de bouquet, monsieur !
25:41Eh bien, si, attendez, elle est rentrée chez madame, elle a besoin de vous.
25:43Allez !
25:44Monsieur, vous m'avez volé mon bonheur en prenant ma plage chez la femme que j'aimais, alors moi j
25:48'ai voulu...
25:49Bon, bon, bon, bon, tout à l'heure, tout à l'heure.
25:52Bicoquet, je crois.
25:53Jules Bicoquet, oui.
25:55Ah, Bicoquet de là-haut !
25:56Oui, mais je vous serai obligé de dire Jules Bicoquet, c'est un enfantillage, peut-être, mais je tiens au
26:01prénom.
26:01Bon, bon, ça m'est égal, ça m'est...
26:02Comprenez, avant tout, il faut me dépêcher de rendre.
26:05Oui, bon, bon.
26:07Alors, dans mon tiroir.
26:09Dans mon tiroir.
26:12Alors, 204, 4000, 7000, 950.
26:15Dans mes poches.
26:17Dans mes poches, 627 francs.
26:23Qu'est-ce que ça ? Des sous ?
26:24Bon, 627 francs, 30.
26:26Alors, ça nous fait 7,7,7,7,7,5,5,5,5,577,7 francs, 30.
26:32Qui de 10 000 paie 5,577 francs, 30.
26:36Ouais, c'est, c'est, c'est, c'est, c'est, c'est, c'est, c'est, c'est 4,
26:37c'est, 48,000, 4,4,4,4,4,4,4.
26:38Reste.
26:39Reste.
26:39Reste, avez-vous 4,422 francs, 70 sur vous.
26:444,422 francs ?
26:46Et 70, si vous les avez, donnez-les-moi.
26:49Ah, bah, par exemple, et pourquoi voulez-vous que je vous les donne ?
26:51Pourquoi ?
26:52Oui.
26:53Mais parce que...
26:54Oui.
26:55Parce qu'il y a des situations où un homme de plaisir rencontre un autre homme de plaisir,
26:59on doit toujours compter qu'il trouvera 4 000 francs.
27:01Moi, je suis dans la situation, et il y avait 10 000 francs dans le bouquet.
27:03Oui, alors vous comprenez bien que je ne peux pas raconter que ce bouquet a été jeté par la fenêtre.
27:07Vous comprenez bien qu'il faut que je rende l'argent, non pas demain, non pas tout à l'heure,
27:10mais tout de suite.
27:11Eh bien, je crois bien que je comprends.
27:13Alors, donnez.
27:14Qu'est-ce que vous avez dit, 4 000 ?
27:15Ah, 4 000, 4 422 francs 70.
27:204 000, bon, 60...
27:21Ah oui, non, mais c'est que je ne les ai pas.
27:24Ah, il fallait dire ça tout de suite.
27:27Qu'est-ce que vous avez ? Vous pouvez évoquer quelque chose, au moins ?
27:29Eh bien, j'ai 43 francs 25.
27:33Eh bien, donnez. Voilà, voilà.
27:36Eh bien, qu'est-ce que ça nous fait, ça ?
27:37Ça nous fait...
27:39Eh, c'est tout ce que ça nous fait.
27:435 620 francs 11 sous.
27:46Vous n'avez plus rien, cherchez.
27:47Cherchez.
27:49J'ai bien encore un billet de 1 000 et un autre de 500, mais...
27:52Bon, donnez, donnez, donnez donc.
27:53Vous avez peur, non ?
27:54Écoutez, monsieur, je suis connu, je suis connu, j'ai un nom à la bourse, j'ai un nom à
27:57la bourse, j'ai toujours payé, moi, toujours, toujours.
27:59Mais enfin, jusqu'à présent, bon.
28:01Oui, écoutez-moi, je vous aide.
28:04Oui, bon, et moi, et moi, est-ce que vous imaginez qu'après vous avoir trouvé roucoulant des doigts d
28:08'amour,
28:08comme ça, à cette heure-ci, avec ma femme, je ne compte pas vous demander des explications ?
28:11Non, mais ça, ça, c'est...
28:13Plus tard.
28:15Plus tard.
28:16C'est réservé.
28:18Réservé.
28:18Bon, alors, où est la somme de cette addition ?
28:21Eh ben, est-ce que c'est, moi ?
28:23Eh, 7000, 120 francs, 55 centimes.
28:28Voilà.
28:30Ça qui m'a dressé, maintenant ?
28:32Ma femme.
28:33Non, non, non, non.
28:34Elle en profiterait pour m'avouer qu'elle a des dettes.
28:40La femme de chambre.
28:41Pauline.
28:42Pauline.
28:43Pauline.
28:44Pauline.
28:45Pauline.
28:46Ah, allez.
28:46Comment faites-vous qu'on n'est jamais là quand on vous appelle ?
28:48Ben, monsieur, j'étais avec madame.
28:49Madame.
28:50Madame, madame.
28:50Madame, je ne savais pas qu'elle remette pour se réfugier chez sa tante.
28:52Chez sa tante.
28:52Oui, chez sa tante, monsieur, ne sait pas.
28:54Oui, bon, bon, tout à l'heure, tout à l'heure.
28:55Prenez, Pauline.
28:55Euh, ma Pauline.
29:00Vous devez avoir des économies.
29:03Ah, ben, j'ai 500 francs, monsieur.
29:05Allez, me les chercher.
29:06Ah, bien, monsieur.
29:07Ah, et la cuisinière, elle doit l'avoir.
29:09Vous, c'est les économies.
29:09Elle en demandez-les, lui, de ma part.
29:10Oui, monsieur.
29:11Mais puis, demandez-lui qu'elle vous confie tout l'argent qu'il lui reste du moins.
29:13Puis, avant d'en pousser, vous n'avez qu'à lui demander tout l'argent qu'elle a.
29:15Tout l'argent, voilà.
29:22Vous n'avez plus rien, vous.
29:24Je n'ai plus rien du tout, moi.
29:26Voilà, voilà, voilà, voilà.
29:28Dire que ça ne me serait pas arrivé s'il y avait de par la ville des gens assez cornichons
29:32pour envoyer comme ça 10 000 francs aux femmes.
29:33Le jeune Hector de la Roche-Trompe.
29:35C'est ça, c'est ça, c'est ça qu'on appelle un gentilhomme.
29:37Au lieu d'employer sa fortune noblement, hein, oui, ou bien, enfin, au lieu de garder
29:42ses 10 000 francs, quoi.
29:44Vous n'avez plus rien, vous.
29:44Mais quand je vous dis, on...
29:46Il m'en a mis 500 francs, monsieur.
29:50C'est là.
29:51Oui, attendez, 500.
29:52Oui, et puis voilà l'argent pour la maison, 259 francs.
29:55259 francs.
29:5690 centimes.
29:5790 centimes.
29:58Et puis voilà les économies de la cuisinière.
30:0010 950 francs.
30:0210 950.
30:05C'est 950 francs d'économie, elle est ici depuis 4 mois.
30:09Quand elle est entre chez moi, elle n'avait pas un sou.
30:12Bon, bon, ça.
30:13Très bien, très bien.
30:14C'est réservé, Pauline.
30:16Réservé.
30:18Bon, eh bien, posez tout ça là, Pauline.
30:20Oui, monsieur.
30:21Les sous aussi ?
30:22Les sous, tous, tous.
30:24Voilà, monsieur.
30:27Bah, qu'est-ce que ça nous fait, ça ?
30:29Ça nous fait...
30:31J'ai 350, 900...
30:379 823 francs, 45 centimes.
30:41Qu'est-ce que vous voulez ?
30:42Vous m'avez dû porter ça, hein ?
30:43Vous n'avez plus rien, vous.
30:44Vous n'avez plus rien.
30:45Écoutez-moi.
30:47Je vous hais.
30:48Oui, moi, et moi.
30:49Vous me l'avez déjà dit.
30:50Mais ça, c'est réservé.
30:51C'est réservé, oui, avec les économies de la cuisinière.
30:54Je vous hais.
30:56Mais il ne sera pas dit que j'aurais vu un galant homme dans l'embarras
30:58sans faire tout mon possible pour l'en tirer.
31:00Je savais bien qu'il avait encore quelque chose.
31:02Tenez.
31:02Oui, t'es sûr.
31:05C'est que ça.
31:0720 sous.
31:08Une pièce trouée, monsieur.
31:09Un fétiche.
31:10Et je vous l'abandonne.
31:11Bon.
31:12Eh bien, ça nous fera 9824 francs, 55 centimes.
31:17Bah, je m'en vais lui porter ça, puisqu'il n'est pas content.
31:19Vous n'avez plus rien, vous ?
31:20Non, il n'est plus rien.
31:21Bon, ben, si elle n'est pas contente, tiens, j'offrirai votre montre.
31:27Oh !
31:31Il n'est pas là ?
31:32Venez, madame, venez, n'ayez pas peur.
31:34Nous n'avons plus besoin de nous gêner, je lui ai prêté de l'argent.
31:36Où est-il donc ?
31:37Comment ? Vous le demandez ?
31:39Encore ?
31:39Eh oui, madame, oui. Il a pris une grosse somme d'argent, de l'or, des billets, des pièces, ma
31:44montre aussi. Et puis alors il est remonté.
31:47Chez ma tante, tout de suite chez ma tante. Et vous m'y conduirez, monsieur.
31:50Si je vous y conduirai, où demeure-t-elle, madame ?
31:53À Rambouillet !
31:54À Rambouillet !
31:56Oh, mon Dieu, mon Dieu !
31:57Qu'est-ce qui vous arrive ?
31:58Oh, ben voilà, c'est bien ma chance. Pour une fois dans ma vie que j'ai l'occasion d
32:01'enlever une femme mariée, il faut que j'ai prêté tout mon argent au mari.
32:05Vous dites ?
32:05Oui, non, mais ça ne fait rien. Nous irons à pied, madame. Et si nous sommes fatigués, nous nous porterons
32:10l'un l'autre. Oui, comme ça, il y en aura toujours un des deux qui s'en reposera.
32:13Mais elle a prisé la montre. Elle est distinguée au fond.
32:17Oh, vous permettez que je le mette avec les autres ?
32:21Qu'est-ce que c'est ?
32:21Quand vous êtes sorti, le préposé au chapeau vous aura donné ça.
32:25Encore un ?
32:26Oui, oui, mais ça m'est égal. J'ai juré de ne plus aimer.
32:32Et nous en allions-nous comme ça, petite Jeanne ? Ou nous en allions-nous ?
32:36Chez ma tante. Monsieur m'accompagnait.
32:38Monsieur ?
32:38Oui, monsieur.
32:39Mais monsieur ne peut pas accompagner, puisqu'on l'attend là-haut.
32:42Comment on m'attend ?
32:43Oui, oui, ça, je vous gère bien que cette fois-ci, je n'irai pas vous déranger.
32:46Minuit 20 ? On m'attend ? Adieu, monsieur.
32:49Oh, j'allais encore prendre votre chapeau.
32:51L'habitude. Encore une fois, adieu.
32:53Pensez à moi. Je penserai à vous.
32:57Oui, ben, bonsoir, monsieur.
32:59Bonsoir. Bonsoir.
33:04Ben, ma petite Jeanne.
33:05Ben, quoi ?
33:06Tu as entendu ce que disait ce monsieur ?
33:07Si, ce monsieur disait qu'il était minuit 20.
33:09Par exemple, vous n'espérez pas, non ?
33:11Comment, comment, comment ?
33:12Je veux bien ne pas faire de scène, parce que ça m'ennuie de crier,
33:14mais quand t'as pardonné, jamais.
33:16Jamais, jamais, jamais.
33:17C'est bien long.
33:19Eh bien, là, je vais être bonne.
33:21Et je pardonnerai.
33:23Quand ça ?
33:24Quand vous m'aurez rapporté ce bouquet.
33:26Ce fameux bouquet qui vous coûte.
33:28Eh, dix mille francs.
33:29Dix mille deux cents francs, mon ami.
33:30Ah, ben, c'était moi, j'avais oublié les mille, oui, moi.
33:32J'espère.
33:33Qu'est-ce que, qu'est-ce que c'est ?
33:34Le bouquet.
33:35Le bouquet ?
33:36Voilà le bouquet.
33:36Le bouquet.
33:37Le bouquet.
33:38Ah, le bouquet.
33:39Mais oui, le bouquet.
33:41Ah, très dense.
33:41Non, écoutez, on lirait cette histoire dans n'importe quel journal.
33:45Personne ne voudrait y croire.
33:46Et cependant, c'est la vérité.
33:48Un cocher passé devant la porte.
33:49Un cocher ?
33:50Oui.
33:50Oui, regardez ce que c'est que les hommes.
33:52Une fois que j'ai su qu'on m'attendait là-haut, j'ai plus envie du tout.
33:55J'ai pensé que ce que j'avais de mieux à faire était de prendre une voiture et d'aller
33:59me coucher.
33:59Oui, oui, oui.
33:59Ben écoutez, permettez que je vois d'abord la lettre.
34:01Ah, allez, vous pouvez aller maintenant.
34:04Alors, j'arrête donc ce cocher et je lui demande de me conduire chez moi.
34:07Ça vous serait-y pas égal, me répondez...
34:08Ça vous serait-y pas égal, me répondez...
34:10Ça vous serait-y pas égal, au lieu de vous conduire chez vous, que nous nous promenions de long en
34:13large devant cette maison.
34:15Cette phrase me paraît suspecte.
34:16D'autant qu'en la disant, le cocher serrait contre son cœur et couvrait un gros bouquet de lilas blancs
34:20qu'il me semblait bien reconnaître.
34:22D'où viennent ces fleurs, lui dis-je avec autorité, une dame tout à l'heure me les a jetées
34:27par la fenêtre.
34:27Il n'avait pas achevé que déjà, je m'emparais du bouquet et je sonnais à votre porte.
34:33Eh ben, prenez maintenant.
34:36Ah ben, c'est vrai, mon Dieu.
34:37La lettre, elle vient attachée avec une épingle.
34:41Eh ben, s'il vous plaît, le petit large trompette, il envoie de la jambe aux femmes, mais il a
34:45de l'or.
34:45La lit, mon ami, lit.
34:47Antonia Brunet.
34:48Oui, c'est bien ça.
34:49C'est ça.
34:50Oh, mais qu'est-ce que j'ai fait, mais excusez-moi, c'est le premier mouvement.
34:53C'est le bon, car il est probable que si ces dix mille francs avaient d'abord passé par les
34:57mains de...
34:59Ah ben, lit, mon ami, lit.
35:00Ah, oui, c'est vrai.
35:01Bon, mon bon bébé, comme tu es gentil d'avoir pensé à moi pour ces dix mille francs.
35:08Malheureusement, je ne peux pas te les envoyer.
35:10Pour le moment, je le regrette.
35:11Il y a ça.
35:12Il y a ça, il y a ça, c'est ça qu'on appelle un gentilhomme.
35:16Voilà, une femme lui demande dix mille francs et ne les lui envoie pas.
35:18Oh !
35:18Mais qu'est-ce que c'est, mais qu'est-ce que c'est d'abord que ce La Roche
35:21-Trompette-là ?
35:22D'abord, est-ce que c'est un vrai ? Non, ça ne doit pas être un vrai.
35:24Bon, lit, mon ami, lit.
35:25Je le regrette.
35:26Oui, ben, et moi, donc.
35:29Mais comme je tiens à ce que tu ne m'en veuilles pas, je t'envoie...
35:32Ah, tu vois, il envoie quelque chose.
35:33Oui, ah ben, c'est un demi, La Roche-Trompette.
35:35Je t'envoie une avant-scène pour ce soir au théâtre de la télé.
35:39Tiens, moi, tu voulais y aller.
35:41Oui, j'ai...
35:42Là, on envoie de l'argent aux femmes, mais il n'a pas d'or, bon.
35:45Oh, malheureusement, c'est pour ce soir, il est minuit et nuit.
35:47Oui, à des mille francs.
35:48Oui.
35:49Je ne profiterai pas de l'occasion pour vous accabler, monsieur.
35:53Vous me devez 1543 francs 25.
35:57Alors, si vous le voulez, vous me rendrez ça à raison de 20 sous par jour, n'est-ce pas
36:01?
36:01Pendant 1543 jours un quart, je ferai une visite à madame, et après chaque visite, madame me remettra un franc.
36:10Mais non, mais non, mais non, mais non, mais non, mais non, mais vous me moquez-vous de moi, non
36:13?
36:13Mais vous aurez votre argent demain.
36:15Encore des dépenses ?
36:16Mais pendant que je vous tiens, là, promettez-moi quelque chose.
36:18Quoi, donc ?
36:19Promettez-moi de ne plus revenir ce soir.
36:23Je vous le promets.
36:24Ah, à mon tour, il y a quelque chose encore.
36:26Il y a là, à votre porte, deux messieurs.
36:27Deux messieurs ?
36:28Deux messieurs que l'on a renvoyés de là-haut, à cause de l'heure tardive,
36:31mais qui ne peuvent pas rentrer chez eux, attendu que leurs chapeaux sont ici.
36:35Alors, je suis entré seul, mais si vous désirez que je leur rentre aussi...
36:38Ah non, non.
36:39Ah non ?
36:39Non, des fois que vous vouliez donner une petite soirée...
36:42Ah non, ah non, non !
37:03Première Lachaise, tentez-moi de ne plus Governor Albert Jетров.
37:24Sous-titrage Société Radio-Canada
37:25...
37:55...
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38:29...
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38:32...
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38:33...
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