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  • il y a 4 heures

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00:00Sous-titrage MFP.
00:30...
01:12Il n'y a pas de sonnette.
01:20C'est bien campagne, on entre comme chez soi.
01:25Personne ?
01:27Charmant.
01:34Il y a quelqu'un, s'il vous plaît ?
01:44Bonjour, madame. C'est bien ici la maison de M. Maurice Perrier ?
01:47Non, monsieur.
01:49Pardon, madame, je croyais.
01:50C'est la mienne.
01:51On m'a dit dans le village que c'était la maison de M. Maurice Perrier.
01:54Elle sera peut-être à Maurice quand je serai morte.
01:56Mais pour le moment, elle est à moi.
01:59Elle est à vous. Bien, madame.
02:00Et moi, je suis la grand-mère de Maurice.
02:02Oh, madame, je voulais dire, c'est bien ici, chez sa grand-mère, que demeure M. Maurice Perrier.
02:08Il meurt pendant ses vacances.
02:11Il n'est pas prêt d'avoir un domicile à lui.
02:13Moi, je suis Georges Régal.
02:15Qu'est-il ?
02:16L'ami de Maurice.
02:18Quel ami ?
02:20Celui que vous attendez.
02:22Nous n'attendons personne.
02:24Auriez-vous point reçu ma lettre ?
02:26Votre lettre ?
02:27Celle que je vous ai écrite hier de Paris.
02:29Vous m'avez écrit une lettre à moi ?
02:31Mais non, madame, à Maurice.
02:33Oh, je ne m'occupe pas des lettres de Maurice.
02:36Oh, c'est possible qu'il a reçu quelque chose.
02:38Je vais demander.
02:42Quel type remarquable de vieilles paysannes.
02:47Naturelles, point du tout gâtées par les usages du monde.
02:51Je croyais qu'on était prévenus, mais tant mieux.
02:53J'arrive à l'improviste, je ne dérange personne.
02:56C'est plus gai.
03:02Ça sent l'herbe à plein nez.
03:09Oh, la coquette maison.
03:12Il manque un peu de lierre ou de mousse.
03:23Mon rêve pour mes vieux jours.
03:36Voilà ma bruit.
03:40Madame, je suis enchanté de faire votre connaissance.
03:43C'est bien à la mère de Maurice Périer que j'ai l'honneur.
03:46Oui, monsieur.
03:47Je vous le dis.
03:48Vous avez reçu, en effet, monsieur, cette lettre pour Maurice.
03:51C'est la mienne.
03:52Je reconnais mon écriture, l'enveloppe, le timbre.
03:57Dans cette lettre, j'annonçais mon arrivée.
04:00Maurice est sorti ce matin avant le passage du facteur.
04:03Il a donc point lu votre lettre.
04:04Et je ne l'ai pas dégâcheté, je l'avais mise à ma poche.
04:08Tenez, monsieur.
04:08Vous pouvez la lire, madame.
04:10C'est inutile, monsieur, puisque vous voilà...
04:13Elle ne renferme aucun secret.
04:18J'écrivais à Maurice.
04:23Cher ami, mon congé m'est accordé.
04:28Il y a si longtemps que tu me retiens et que je te promets ces huit jours...
04:32Huit jours.
04:34Huit jours.
04:37J'ai mis huit jours pour mettre un chiffre.
04:39Mais je resterai autant que je voudrais.
04:42Autant que Maurice voudra.
04:44Autant que vous voudrez, mesdames.
04:50J'arriverai demain matin, jeudi, par le premier train.
04:53C'est aujourd'hui, vous voyez si je suis exact.
04:56Je me fais une joie de bavarder avec toi...
04:59Et de connaître enfin, madame ta mère et mademoiselle ta soeur.
05:04Et la grand-mère, on n'en parle pas.
05:05Oh, madame.
05:06Elle ne compte plus.
05:07Pouvez-vous dire, madame.
05:09Je parie que Maurice m'a déjà donné hâte.
05:11Non, madame.
05:12Ça ne m'étonnerait pas de lui.
05:15Ça ne vait peut-être pas seulement que j'existe.
05:17Oh, madame, je sais.
05:19Je sais de quelle affection Maurice vous aime.
05:22Je ne vous oublie pas les tours de riz.
05:24Excusez-moi.
05:25D'ailleurs, à quoi ça sert d'écrire des longues lettres
05:28qui n'en finissent plus quand on va se voir ?
05:29N'est-ce pas, madame ?
05:31Vous avez bien raison.
05:36Je reprends donc ma lettre.
05:42Vous laissez tomber quelque chose.
05:44Merci, madame.
05:52Ce n'est qu'une vieille dépêche bonne à déchirer.
06:02Comme je suis ennuyée que Maurice soit sortie.
06:06Ça ne fait rien, monsieur.
06:07Donnez-vous la peine.
06:10Rentrera-t-il bientôt, madame ?
06:13Oui, sans doute.
06:14Avec lui, est-ce qu'on sait ?
06:16J'espère qu'il ne tardera pas.
06:18C'est un fait exprès.
06:20Maurice ne sort jamais le matin.
06:21Et pour une fois que vous venez, il s'en va.
06:24Il doit courir les champs.
06:28Voulez-vous qu'on le cherche ?
06:30J'attendrai un peu en votre compagnie, mesdames.
06:35Si il tarde trop, j'irai au-devant de lui.
06:38Ça me promènera.
06:40Je verrai votre pays.
06:42Qui m'a apparu très joli, mesdames.
06:44Sans flatterie.
06:46Il est joli comme tous les pays.
06:47Mais j'y songe.
06:50Personne ne vous attendait à la gare.
06:52Oui, il y avait le chef de gare.
06:56Et puis c'est si proche.
06:58D'ailleurs, quoi de plus agréable que ce voyage ?
07:01On s'endort à Paris.
07:02On se réveille dans un pays inconnu à une heure matinale.
07:05On est seul, libre.
07:08On a laissé la balle les soucis quotidiens.
07:11On se croit une vie nouvelle.
07:12On se sent fier de s'être levé avec le soleil.
07:16Je ne vous ai même pas entendu ouvrir la grille.
07:18En effet, madame, c'est bien naturel.
07:19Il n'y a pas de sonnette à votre grillé.
07:21Si fait, il y en a une.
07:23Elle est chez le serrurier.
07:25Et il ne finit plus de la réparer.
07:27Sans moi, le monsieur prenait racine dehors.
07:30J'étais dans le jardin.
07:31Je désherbais les carottes.
07:33J'entends appeler.
07:34Je lève la tête.
07:35Et qu'est-ce que je vois ?
07:37Je vois le monsieur planté là, avec son colis.
07:40Ah, j'ai dû vous surprendre.
07:43Oui.
07:44C'est bien plus drôle.
08:00Et c'est Maurice qui ne revient pas.
08:04Entrez-nous pour reposer, monsieur.
08:06Vous asseoir.
08:07Oh, merci, madame.
08:09Je ne suis pas fatigué.
08:10Monsieur s'est assis tout son comptant dans le train.
08:13Il a peut-être besoin de se passer de l'eau sur la figure.
08:15Pour volontiers, madame.
08:17Quoique, à la campagne.
08:20Alors, monsieur déjeune ?
08:22Naturellement.
08:23Croyez-vous donc qu'il aurait fait cinquante lieux pour nous dire bonjour
08:25et repartir sans prendre quelque chose ?
08:28Madame, vous êtes mille fois trop obligeante.
08:30Surtout quand je ne vous dérange pas.
08:32Et quand vous nous gêneriez ?
08:34Sommes-nous des sauvages ?
08:35Mais vous savez, il y aura ce qu'il y aura.
08:38Que faut-il de plus, madame ?
08:40Je me régalerai de falacoque et de fromage à la crème.
08:43Si vous comptez là-dessus, mon pauvre monsieur.
08:46Vous pouvez vous brosser le ventre.
08:48Il ne suffit pas de dire amène pour qu'une poule ponde
08:50et que le lait se mette à cailler.
08:52J'ai bon appétit.
08:53Je mangerai de la viande.
08:54Elle doit être de première qualité dans cette région.
08:56J'ai vu dans vos prairies des troupeaux de bœufs magnifiques.
08:59Oui.
09:00Mais on ne les tient pas.
09:02Et les bœufs magnifiques, comme vous dites,
09:04on les envoie à Paris.
09:06Votre boucher ne garde que les vieilles vaches.
09:08Et encore, il ne tue que le samedi.
09:11Nous aurons de la veine s'il lui reste un morceau présentable.
09:14Ne vous tourmentez pas, je vous prie.
09:20Ah, la fortune du pot.
09:23D'ailleurs, Maurice m'a tant parlé de vous
09:25que je m'imagine déjà être de la famille.
09:27Hein ?
09:28T'es sérieux, il ne nous parle jamais de vous.
09:29Oh, si, maman.
09:31Non.
09:31Si, quelquefois.
09:32Non.
09:34Monsieur étudie sa médecine.
09:36Comme Maurice.
09:38C'est-à-dire, moi, je suis plutôt clair de notaire.
09:41Mais ça se vaut.
09:43Nous avons suivi les mêmes classes.
09:45J'ai connu Maurice au lycée Charlemagne.
09:47Je l'ai perdu de vue.
09:49Et puis, je l'ai retrouvé un soir d'automne à la musique du Luxembourg.
09:53Oh, nous nous voyons fréquemment, nous nous aimons beaucoup.
09:55Oui, oui, je me souviens.
09:56Moi, je ne me souviens pas.
09:58Vous vous rappelez, maman, que Maurice nous disait...
10:00Non, non, non, non, non.
10:01Je ne me rappelle rien du tout.
10:03D'ailleurs, Maurice ne nous parle ni de ce monsieur, ni d'un autre.
10:06Il ne dessert pas les dents.
10:07Il est de sa nature peu bavard.
10:10Et il n'a guère de distraction dans ce pays.
10:13Mais ses études nous coûtent si cher qu'il nous est impossible de le faire voyager pendant ses vacances.
10:17Je vous assure, madame, que Maurice ne s'ennuie pas auprès de vous.
10:19Il ne manquerait plus que ça.
10:20Il me disait encore en m'invitant.
10:22Tu verras comment on s'amuse chez moi.
10:24Chez vous, madame.
10:26D'abord, nous parcourons nos propriétés.
10:30Ses propriétés ?
10:31Les vôtres, bien entendu, madame.
10:32Mais quelles propriétés ?
10:35Cette bicotte ?
10:37Avec un ou deux mouchoirs de terre autour ?
10:41J'ai 67 ans, monsieur.
10:42Vous ne l'éparaissez pas, madame.
10:43Oh, mon ange ne me fait pas honte.
10:45Je ne deviens pas vieille qui veut.
10:47J'ai 67 ans sonnés, monsieur.
10:49Et j'ai toujours vécu de mon travail.
10:51Et je travaille encore pour n'être à la charge de personne.
10:54Et pour reculer le plus possible, l'époque où les gaspillages de Maurice me mettront sur la paille.
11:00Si monsieur se croit chez des gens riches, il s'abuse.
11:04Je me croit chez de braves gens, madame.
11:06Ça me suffit.
11:07Maurice est un vantard et un orgueilleux.
11:10La mort de son père a été un grand malheur.
11:14Ses propriétés, il en a de l'aplomb.
11:17Il ne l'a fait qu'exagérer un peu.
11:19C'est bien naturel.
11:21Nous sommes tous fiers de notre village.
11:24Ainsi, moi qui suis né à Paris, je m'en vente.
11:30Calmez-vous, madame.
11:31Il ne me faut pas tant de terrain à parcourir.
11:34D'ailleurs, je déteste la marche.
11:36J'ai horreur de la chasse.
11:38Ah, ça se trouve bien.
11:38Toutes les chasses du pays sont gardées.
11:40Je me contenterai d'aller m'asseoir avec une ligne au bord de la rivière.
11:44C'est une belle promenade.
11:46Oui, et une trotte.
11:48Elle est loin, la rivière ?
11:49Oh, tout près.
11:50Tout près ?
11:51À neuf kilomètres.
11:53Eh bien, mesdames, j'en n'aurai que plus de plaisir à m'asseoir.
11:59Voici ma fille, monsieur, qui revient de chez l'institutrice.
12:03Mademoiselle.
12:07Mademoiselle.
12:10Mademoiselle, le mari, n'est-ce pas ?
12:12Qu'est-ce que tu attends ?
12:14Monsieur t'interroge, réponds, au lieu de te cacher derrière mes jupes.
12:17Oui, grand-mère.
12:18Oui, monsieur.
12:20Oui, quoi ?
12:21Monsieur te demande si tu t'appelles Marie.
12:23T'appelles-tu Marie ou Jacotte ?
12:25Marie.
12:25Je le savais, mademoiselle.
12:26Je vous connaissais par votre petit nom.
12:28Mon ami Maurice ne fait que me parler de vous.
12:30Tu ne l'as pas aperçu, ton frère ?
12:31Non, maman.
12:33C'est bien que tu l'as.
12:34Je ne sais rien, je rentre trop loin de l'école.
12:37Vous terminerez prochainement vos études, mademoiselle.
12:39Ça manque de charme, hein ?
12:40J'aime mieux aller chez mademoiselle Moreau que pour rester à la maison du matin au soir.
12:43Je vous comprends, mademoiselle.
12:45Elle dit ça parce qu'à la maison, elle aide au ménage.
12:48Et mademoiselle trouve que c'est dur.
12:49Madame, on me fait laver les assiettes.
12:51Et ça gâte tes mains fines.
12:53Faut-il pas que tu travailles comme tout le monde ?
12:56Te figures-tu, toi aussi, comme le monsieur, que nous sommes riches et qu'on te donnera une date ?
13:00J'en ai pas besoin.
13:01Oui, non.
13:02On t'épousera pour tes beaux yeux.
13:03D'abord, moi, je ne me marierai jamais.
13:06Oh, mademoiselle, ce serait un crime.
13:08Tu feras comme les autres, petite prétentieuse.
13:10Je marierai si tu peux.
13:11Et si on te demande ?
13:13Je te conseille de te mettre en tête des idées saugrenues.
13:16Fais-moi plutôt le plaisir d'aller dans ta chambre et de commencer tes douleurs.
13:19Madame, je réclame pour elle un jour de congé, en mon honneur.
13:22Oh, ça n'en vaut pas la peine, allez.
13:24Si je vous prenais au mot, vous seriez vite embarrassé, elle.
13:27Je proteste, madame, je proteste.
13:29N'en croyez rien, mademoiselle.
13:30Écoute, petite, va faire cette voie.
13:32Et si tu es sage, je te donnerai l'après-midi de congé.
13:35Allons, va.
13:37Moi, je m'occuperai du déjeuner.
13:40Entrez-vous, monsieur.
13:45Merci, madame.
13:46Non, réflexion faite, je préfère attendre Maurice dehors.
13:50Respirez l'air pur.
13:51Monsieur n'est pas venu pour y toucher dans les maisons.
13:53Je ferai le tour du jardin.
13:55Ah, ben, ça sera vite fait.
13:56Et ensuite, j'irai en me promenant à la recherche de Maurice.
14:00Vous le rencontrerez sans doute par là.
14:02Par là ?
14:03Oui, à droite, du côté du château.
14:05Ou par là.
14:07Par là ?
14:07À gauche, du côté du moulin.
14:09Ah, bon.
14:10Merci, madame.
14:11Non, vous le trouverez.
14:12Il n'est pas perdu.
14:16Ah, tout à l'heure, monsieur.
14:18Vous permettez ?
14:19Faites, mesdames.
14:32Faites donc, mesdames.
14:33Vous êtes chez vous.
14:36Et je ne peux pas en dire autant.
14:39Quelle cordialité.
14:42On dirait presque que je les gêne.
14:45Ce sera fallâtre, huit jours dans votre société.
14:50Oh, oh, oh.
14:51Huit jours ici.
14:53La vénérable grand-mère a raison.
14:55C'est un farceur, mon ami Maurice.
14:58Depuis quatre ou cinq ans, il me tanne pour que j'aille le voir à sa campagne.
15:01Viens, viens donc, me dit-il.
15:03C'est à deux pas.
15:04Oh, deux pas.
15:05Sans qu'il a mètre chacun.
15:07Je te présenterai ma chère famille, qui te recevra comme un frère.
15:10À ma bonne vieille grand-mère.
15:12À ma mère, qui est la meilleure des femmes.
15:14Et à ma gentille petite sœur.
15:17Cinq années de chirurgiquement.
15:19J'invente des prétextes stupides, qui d'ailleurs, j'aurais dû le remarquer, prennent tous.
15:24À la fin, presquement, par caprice, comme...
15:27Je me décide, je m'annonce.
15:53Pauvre petite.
15:55Au fond, elle est peut-être gentille.
15:58Seulement ça, il faudrait du temps pour le savoir.
16:01Et le temps, je crois bien que je ne l'aurais pas.
16:11Mademoiselle.
16:13Monsieur, c'est ma grand-mère qui m'envoie vous demander lequel vous aimez le mieux.
16:16Le pain frais ou le pain assis ?
16:19Mademoiselle, votre grand-mère est d'une prévenance.
16:23Je n'ai pas peur du pain frais.
16:25Mais il n'y a que du pain assis à la maison.
16:26Justement, je le préfère.
16:27Le boulanger est au bout de la rue.
16:29Voulez-vous que j'y aille, mademoiselle ?
16:31Monsieur.
16:33Je plaisante, mademoiselle.
16:35On va le compagnie, j'aime tous les pains.
16:39Je mangerai du pain de chênevis.
16:43Je suis si content de voir des arbres, des champs.
16:48De voir mon ami Maurice.
16:52Et de vous voir, mademoiselle.
16:57Maurice a une soeur charmante, mademoiselle.
17:00Je me permets de dire que j'ai pour elle depuis longtemps une vive sympathie.
17:14C'est singulier, mademoiselle.
17:16Je trouve que vous avez quelque chose de votre grand-mère.
17:19Moi ?
17:20Oui, oui.
17:21Euh, là.
17:22Au bas du visage.
17:24Je ne suis pas aussi vieille.
17:27Serge, je m'en doutais.
17:30Vous devez avoir une dizaine d'années de moins que Maurice.
17:32Vous avez 16 ou 17 ans.
17:34Plutôt 16.
17:35Je les aura à la Saint-Martin.
17:37Ah, à la Saint-Martin.
17:38C'est parfait.
17:41Vous voyez que Maurice me tient au courant.
17:43Je sais même que vous entendez fort bien avec lui.
17:45Des fois.
17:47Il me taquille.
17:49Oh, le vilain.
17:52Vous avez bon caractère.
17:54Je ne sais pas.
17:55Moi, je le sais.
17:56Maurice maladie.
17:56Il n'en sait rien.
17:57Il ne me voit presque jamais.
17:59Serge, mademoiselle, cependant, il ne connaît pas sa soeur que de réputation.
18:03Il passe ses congés avec vous.
18:05Et il fait de vous sa camarade.
18:07Quand il s'occupe de photographie, par exemple, vous l'aidez.
18:10Il n'y a pas de danger qu'il me laisse toucher à ses affaires.
18:12Il est bien trop regardant.
18:15Vous vous promenez ensemble.
18:17Vous faites de la bicyclette ?
18:19Non, monsieur.
18:20Je vous assure que de nos jours, je me suis le mieux élevé.
18:23Je me suis du meilleur monde.
18:24Roule sur tous les chemins, la bicyclette.
18:27Il faut d'abord en avoir une.
18:31Ça, c'est vrai.
18:35Demandez-en une à votre grand-mère.
18:37Malmore, ce vrai bien.
18:39Et Maurice, il a peut-être des économies.
18:40Voulez-vous que j'en parle à Maurice ?
18:41Monsieur.
18:42Oui ou non ?
18:42Monsieur.
18:43Je lui en parlerai.
18:44Qu'est-ce que je risque ?
18:45Je me répète.
18:46Il a une vraie tendresse pour sa sœur.
18:49D'ailleurs, ne vous comble-t-il pas de cadeau le jour de votre fête ou de votre anniversaire ?
18:55Tenez, voulez-vous que je vous dise ce qu'il vous a envoyé la dernière fois ?
18:59Le beau Danube bleu.
19:00Je le savais.
19:01Il me dit tout.
19:03Vous êtes une musicienne très distinguée au piano, vous...
19:08Une guerre, monsieur.
19:10Alors allons, je suis sûr que vous devez jouer le beau Danube bleu à ravir.
19:14Je ne l'ai pas encore déchiffré.
19:15Je ne vous le rapproche pas, mademoiselle.
19:17Non, je disais ça pour vous montrer que Maurice ne me cache rien de ce qui vous concerne.
19:21Il m'intéresse à votre vie.
19:23Et même, vous savez que c'est un faiseur de projet, Maurice.
19:27Je me les communique tous, c'est si doux de ses penchers.
19:30Et il m'encaresse à un, entre autres, qui vous étonnerait peut-être.
19:35Un projet très vague, mais réalisable.
19:40Et pour ma part, à première vue, je souhaite qu'il se réalise.
19:47Non, mais je n'ai pas encore le droit de vous le confier.
19:49Vous êtes trop jeunes.
19:52Nous sommes trop jeunes.
19:54Plus tard, plus tard.
19:55C'est un secret entre Maurice et moi.
19:57Ne cherchez pas, mademoiselle, vous ne devineriez pas.
19:59Mais t'égales.
20:03Bon, il y a moins d'eau.
20:06Mais c'est effrayant, mademoiselle.
20:09Plus on vous regarde, plus vous ressemblez à votre grand-mère.
20:13Alors, je peux lui dire que vous aimez le paracis ?
20:15Mademoiselle, je vous en serais très obligée.
20:32Décidément, ça ne finira pas par un mariage.
20:38Je n'ai plus rien à faire ici.
20:42Allons, il faut être philosophe, quand on ne peut pas faire autrement.
20:54Qui demandez-vous ?
20:56Georges Régal !
20:59C'est moi, mon brave homme.
21:01Ah, une dépêche !
21:02Oui, oui, oui, Georges Régal, chez Maurice Perrier.
21:05C'est ça, c'est ça.
21:06Donnez vite.
21:07Merci, merci.
21:10Merci.
21:11Une dépêche qu'on apporte à l'instant.
21:12Pour nous ?
21:13Oh, mon Dieu !
21:14Non, madame, pour moi, Georges Régal.
21:16Oh, j'ai peur.
21:20Oh, matin de matin, quel ennui.
21:23Croyez-vous que j'ai de la déveine ?
21:24On me rappelle à Paris.
21:25Rentrez tout de suite sans faute, signer Tabuto.
21:27Je serai le patron de mon étude.
21:29Que dites-vous là ?
21:29Lisez, madame.
21:31Rentrez tout de suite sans faute, affaire urgente.
21:35Eh bien ?
21:35Eh bien, je ne l'ai plus qu'à filer.
21:38Quoi, vous allez partir ?
21:39Il le faut, madame.
21:40Mais demain ?
21:41Aujourd'hui, l'ordre est formel et Maître Tabuto ne badine pas.
21:45Aujourd'hui ? Ce soir ?
21:47Tout de suite, hélas.
21:48Tout de suite, s'il y a un train.
21:50Il y en a qu'un, celui de 11h.
21:52Je le prends.
21:53Quoi, vous partirez dans une demi-heure ?
21:56C'est fou.
21:56Madame, on voit bien que vous ne connaissez pas Maître Tabuto.
21:58Il est terrible.
21:59Par exemple, voilà un tour, maman.
22:01Eh, eh, maman.
22:05Qu'est-ce qu'il y a ?
22:07C'est monsieur qui veut partir à présent.
22:11Ouais ?
22:11Il vient de recevoir une dépêche.
22:14Lisez, madame.
22:15Je m'en rapporte.
22:17On me rappelle à l'étude immédiatement.
22:18Pour une affaire urgente, dit-il, hein ? Croyez-vous, maman, comme c'est fâcheux.
22:22Que voulez-vous, ma fille ? Les affaires sont les affaires.
22:25Et ce monsieur connaît les siennes mieux que vous.
22:27Sans doute, et je serais désolé s'il se gênait à cause de nous, mais partir si vite.
22:32Vous voyez, monsieur, réfléchissez encore.
22:35Télégraphiez à votre patron.
22:36Impossible, madame, ou je me fourrais dans de beaux draps.
22:39Nous n'assistons plus.
22:41À la bonne heure, voilà un garçon sérieux.
22:43Ah, si Maurice était comme lui.
22:45Je n'ai aucun mérite, madame.
22:48Mettez-vous à ma place.
22:50J'approuve votre conduite, monsieur, et votre modestie.
22:53Et je souhaite que Maurice vous ressemble.
22:55Oh, madame, une fête rougie.
22:58Moi, je n'en reviens pas.
23:00Ça, je n'en revenais pas non plus quand l'homme m'a porté la dépêche.
23:03L'homme ? Quel homme ?
23:05D'habitude, c'est une femme qui les porte.
23:08La vieille honorine ?
23:09La vieille honorine est malade.
23:12Ah, au moins, prenez un autre train que celui de 11 heures.
23:14C'est plus rapide.
23:15Il passe en trois quarts d'heure.
23:16Où déjeunerez-vous ?
23:17Je n'ai plus le temps de préparer à déjeuner.
23:19Je déjeunerai en route à quelques buffets.
23:21À la roche.
23:22Il n'y est pas à la roche.
23:24Qu'il emporte tout de quoi manger.
23:25Un morceau de pain avec quelque chose.
23:27Il y a toujours dans le placard de la cuisine des oeufs et du fromage.
23:30Marie, va voir, tu feras un petit paquet.
23:35De mon côté, je me sens à cette force dans mes vieilles jambes pour grimper à l'échelle
23:39et vous attraper deux ou trois cerises.
23:40Oh, des cerises.
23:42Ne faites pas ça, madame.
23:43C'est pour la soif.
23:45Elles vous ôteront le goût de la poussière et vous feront bonne bouche.
23:48Madame, je vous en prie, ne grimpez pas sur une échelle.
23:51À votre âge.
23:52Je ne souffrirai point que vous vous exposiez.
23:54Je me reprocherai toute ma vie un accident.
23:56N'ayez pas peur, mon cher petit monsieur.
23:59L'échelle est solide.
24:01Et l'arbre n'est pas bien haut.
24:04Nous sommes navrés, monsieur.
24:06Et que diront vos parents ?
24:07Rien du tout, madame.
24:08Vous ne leur donneriez une mauvaise opinion de nous.
24:10Ils croiront que vous aviez hâte de nous quitter.
24:13Ne vous inquiétez pas, je répondais.
24:15Vous êtes indulgent.
24:17Non, je suis orphelin.
24:19Oh, monsieur.
24:21Moi qui espérais vous garder longtemps.
24:24J'arrangeais votre chambre.
24:25J'avais cueilli des fleurs.
24:27Marie.
24:29Oui, maman.
24:30Tu sais les fleurs qui trempent dans un pot sur la cheminée ?
24:32Sur la cheminée de ta chambre ?
24:34Oui, maman.
24:35Je les destine à monsieur Georges.
24:37Ficelle les dons et descends-les.
24:40Oh, quelle touchante attention.
24:42Mais j'ai horreur de me charger.
24:44Ce n'est pas lourd.
24:45Les Parisiens me tend à revenir de la campagne avec des bouquets.
24:48Je suis confus.
24:49Je mets toute votre maison au centre-dessus-dessous.
24:53Mais monsieur, voilà une poignée de belles cerises.
24:58Au moins, je ne serais pas venu pour des prunes.
25:03Elles sont mures et juteuses.
25:04Bien qu'on les appelle des cerises, aigre.
25:06Merci, madame.
25:07Les suissants, je penserai à vous.
25:11Mais leur approche, mesdames, souffrez que je me retire.
25:13Déjà, mon Dieu.
25:15Non, non, non, ne vous pressez pas.
25:16Vous avez tout votre temps.
25:18Lors du départ, une fois fixé, nous ne plaisantons plus avec nos invités.
25:21Et nous n'avons jamais fait manquer le train à personne.
25:23D'ailleurs, j'ai mon billet.
25:24J'avais pris un aller-retour.
25:26C'est commode pour s'en retourner.
25:28Oui, il est valable huit jours, mais qui vaut le plus, vaut le moins.
25:32Voilà, monsieur, le petit paquet.
25:34Merci, mademoiselle.
25:37Les fleurs.
25:39Merci, mademoiselle.
25:41C'est bien tout, mesdames.
25:41Non, non, votre valise, là.
25:43Et votre chapeau.
25:46Merci, madame.
25:53Oh, le petit paquet, sans bon comme les fleurs.
25:56C'est peut-être le fromage, monsieur.
25:57Ah, ça, vous me gagnez que c'est autre chose que je refuserai de vous croire.
26:00Mais c'est très agréable, après un bon repas.
26:08Mademoiselle, voulez-vous me permettre, au nom de ma vieille amitié pour votre frère, de vous embrasser ?
26:12C'est parti, si elle permet.
26:13Comme vous voudrez, monsieur.
26:15Je tiens beaucoup, mademoiselle.
26:22Bon.
26:23Eh bien, mesdames, après cette bonne causerie, il ne me reste plus qu'à vous remercier chaleureusement de votre inoubliable
26:28accueil.
26:29De rien, de rien.
26:30Non, on fait ce qu'on peut.
26:30Non, mais si, mais si, de beaucoup.
26:32Je suis profondément touché.
26:34Transmettez, je vous prie, mes amitiés et mes félicitations à Maurice.
26:37Dites-lui, de ma part, qu'il possède une famille moderne.
26:39Oui, mais nous n'y manquerons pas.
26:40Qu'elle m'a tout à fait conquis.
26:42Que va-t-il dire ? Il sera furieux.
26:45Il n'avait qu'à être là.
26:46Ça lui apprendra.
26:48Et à moi aussi, d'ailleurs.
26:50Vous êtes capable de le rencontrer d'ici la gare ?
26:52Je n'ai plus d'espoir.
26:53Vous avez le chemin ?
26:54Oui, je n'ai pas encore eu le temps de l'oublier.
26:57Adieu, mesdames.
26:57Vous n'avez qu'à suivre tout droit à l'allée des Acacias.
27:00Oui, oui, je sais, je sais.
27:01Il y a des fils télégraphiques pour ceux qui plaient.
27:03Au revoir.
27:04Vous nous reviendrez, j'espère.
27:06Peut-être plus tôt que vous ne pensez.
27:07Mais que cette fois, cela vaille la peine.
27:09Oh, ça, pas seulement pour huit jours.
27:11Je resterai ici jusqu'à ce que vous me flanquiez à la porte.
27:13C'est ça, c'est ça.
27:15Au revoir.
27:17Au revoir.
27:18Au revoir.
27:19Au revoir.
27:22Au revoir.
27:24Au revoir.
27:29Au revoir.
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