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00:00C'est par vous dire qui je suis et d'où je parle.
00:03Moi, j'ai deux activités aujourd'hui.
00:05Je travaille comme consultante indépendante sur les politiques agricoles.
00:09Je suis spécialiste des politiques agricoles.
00:11Donc, dans le cadre de cette activité-là, mon métier consiste à organiser des conférences,
00:15à produire des rapports.
00:17Je travaille notamment pour des think tanks comme l'Institut Veblen
00:19ou avec des budgets de fondation comme la Fondation Européenne pour le Climat.
00:23Et je suis depuis peu aussi salariée d'une association que j'ai fondée
00:26avec plusieurs agriculteurs qui s'appellent Les Voies Agricoles.
00:29Je ne vais pas vous en parler beaucoup.
00:30Peut-être qu'on pourra y revenir après.
00:31C'est une association qui se donne pour mission d'amener dans le débat public
00:34sur l'agriculture qui est souvent très polarisé, plus de témoignages individuels
00:38d'agricultrices et d'agriculteurs qui s'engagent dans la transition écologique
00:41à l'échelle de leur ferme ou qui ont envie de s'y engager et qu'on aide
00:44à prendre la parole dans les médias ou dans les autres lieux de débat
00:46sur l'agriculture, tout simplement pour expliquer ce qu'ils font
00:49pour s'adapter aux changements climatiques, aux autres enjeux de notre époque,
00:52ce qui marche bien, ce qui ne marche pas et où sont leurs besoins
00:54très concrets d'accompagnement.
00:56Mais avant de faire ça, je vais vous dire aussi un mot sur ce que je faisais avant,
00:59parce que c'est un lien avec le livre que j'ai écrit.
01:01Avant de faire ça, cette activité, je la mène depuis deux ans.
01:04Et avant, j'étais en fait la lobbyiste attitrée d'une filière agricole,
01:07c'était la lobbyiste d'Interbev pendant plus de dix ans, à peu près de quinze ans même.
01:12Et donc, j'ai opéré au début de l'année 2024 un changement de carrière assez radical.
01:17Et donc, c'est à ce moment-là, à ce moment où j'ai essayé de changer de regard
01:21sur les sujets sur lesquels je travaillais depuis dix années en tant que lobbyiste,
01:24pour la regarder plus tôt avec mes yeux de citoyenne,
01:27que j'ai eu envie d'écrire un livre que je vais vous présenter,
01:31qui s'appelle « Notre assiette mondialisée ».
01:33Et j'ai écrit ce livre justement pour essayer d'intéresser des citoyens
01:37qui sont aujourd'hui éloignés du débat agricole,
01:40sur cette problématique du libre-échange agricole.
01:43Je vous verrai, je raconte des histoires que je vais essayer de vous raconter
01:46en version très accélérée aujourd'hui,
01:48qui sont des histoires récentes ou passées,
01:50qui partent de notre vie de consommateur ou qui reviennent sur des affaires
01:54dont on a pu entendre parler dans les médias,
01:55mais sans faire forcément le lien avec la question agricole.
02:00Donc, voilà, le petit défi que je me suis lancé là,
02:02c'est de vous raconter quelques-unes de ces histoires.
02:05Je ne fais pas tous les plats.
02:07J'ai construit le livre comme un menu, donc je déroule les plats.
02:11Donc, je ne vous fais pas tous les plats ici
02:13et je vais vous les faire en version très rapide.
02:16Par contre, on a juste un petit peu des soucis logistiques,
02:18c'est que je me rends compte que je n'ai que le menu là pour l'instant.
02:22Pour moi, ce n'est pas grave que je n'ai que les titres.
02:24Je te laisse et puis je vais récupérer pendant la présentation.
02:28Donc, je commence par la mise en bouche.
02:29Donc, voilà, avec votre sujet du jour sur l'accord
02:32entre l'Union européenne et les Mercosur.
02:33Déjà, je vais vous repréciser que moi, je ne suis pas du tout économiste.
02:36Mon prisme, c'est les politiques publiques.
02:39Donc, le même objet d'analyse, l'accord avec les Mercosur,
02:42il fait l'objet de regards très différents
02:44et des fois d'analystes qui se confrontent
02:46selon qu'on regarde cet accord comme un algorithme
02:50avec des plus, c'est-à-dire les nouveaux quotas
02:51obtenus à l'exportation pour des secteurs offensifs
02:54et des moins, c'est-à-dire des concessions,
02:56des préférences commerciales concédées
02:57dans des secteurs défensifs.
03:00Voilà, moi, je ne le regarde pas comme ça, cet accord.
03:02Je ne regarde pas les volumes concédés,
03:03les abaissements de droits de douane.
03:05Je regarde tout ce qu'on appelle la partie non tarifaire.
03:07Et mon champ d'analyse, c'est d'essayer de regarder
03:12si les choix faits dans le cadre de ces négociations
03:14sont compatibles avec les objectifs de durabilité
03:17dont on se fixe dans nos autres politiques
03:19et notamment dans nos politiques agricoles.
03:22Et j'essaye de montrer justement
03:23qu'un accord de libre-échange
03:25comme celui avec le Mercosur
03:27ou les autres accords de libre-échange
03:28ne sont pas juste des questions économiques,
03:30ne sont pas juste des questions de volume exporté
03:33ou de volume importé,
03:33et que ce sont vraiment des décisions politiques majeures
03:36qui sont prises à chaque fois,
03:37qui posent vraiment la question de la cohérence
03:39de nos orientations politiques en tant qu'Européens.
03:44Et donc, pour démontrer ça,
03:45j'essaye dans mon livre de regarder notamment
03:47qui sont vraiment les acteurs
03:49qui sont dans le camp des gagnants
03:50qui vont bénéficier des préférences commerciales
03:53qu'on accorde à travers nos choix politiques commerciales.
03:56Et à travers eux, j'essaie de regarder
03:58si les gagnants que nous faisons
04:02sont de nature à nous faire renoncer
04:04en fait à nos préférences collectives
04:05et sont de nature à créer de la contradiction
04:07avec nos objectifs de durabilité.
04:10Donc, je cite notamment deux exemples
04:12dans cette mise en bouche dans mon livre.
04:15Je regarde déjà donc effectivement
04:17qui se trouve du côté des gagnants
04:19au niveau du Mercosur.
04:21Donc là, je viens de l'a montrer
04:23et c'est le sujet qui revient à beaucoup.
04:26Du côté des gagnants,
04:27il y a notamment le secteur de la viande au Mercosur.
04:29Et en fait, moi, je regarde
04:31qui sont les vrais gagnants
04:32qui vont empocher l'argent.
04:34Et donc, il y a vraiment
04:34les géants industriels de la viande
04:36qui se frottent les mains de cet accord.
04:39Et parmi ces géants,
04:40il y a une entreprise qui est assez célèbre,
04:41l'entreprise JBS,
04:43qui est en fait le leader
04:44de l'exportation de viande dans le monde
04:47et qui est déjà le leader
04:47de l'exportation vers l'Union européenne
04:51de viande bovine.
04:52Cette entreprise, elle est célèbre déjà
04:53parce que c'est l'histoire vraiment
04:54de la fabrication d'un emplière.
04:55En fait, c'est une petite boucherie
04:57qui avait été ouverte par deux frères au Brésil
04:59et qui est devenue en quelques années
05:00donc le numéro un mondial
05:01de la viande bovine.
05:02Je vous donne quelques chiffres.
05:03C'est une entreprise qui réalise
05:0455 milliards de dollars
05:05de chiffre d'affaires,
05:06qui abat chaque jour
05:07plus de 75 000 bovins,
05:09qui emploie 250 000 personnes
05:10pour exporter ses viandes
05:11vers 180 pays.
05:13Et en fait, à elle seule,
05:14JBS, elle pèse près d'un quart
05:15du bœuf qui se mange
05:16chaque jour dans le monde.
05:17Mais JBS, c'est aussi…
05:19Moi, je n'ai rien contre
05:20les grosses entreprises
05:20qui réussissent,
05:21mais JBS, c'est aussi
05:22une entreprise
05:23qui est très célèbre
05:24par tous les scandales
05:25dans lesquels elle est empêtrée,
05:28scandale de corruption,
05:29scandale de déforestation illégale.
05:31Et même en mars 2017,
05:32je ne sais pas si vous vous en souvenez,
05:34un scandale de commerce
05:34de viande avariée,
05:35c'était l'affaire Carnet-Fracas
05:37au point de laquelle
05:38on avait constaté,
05:40vous consommateurs
05:41un peu médusés,
05:42que grâce à la corruption
05:44d'agents de services sanitaires
05:46au Brésil,
05:47l'entreprise avait pu exporter
05:48vers plusieurs pays du monde,
05:49dont des pays de l'Union européenne,
05:50des viandes dont les dates
05:51de péremption avaient été
05:52largement dépassées
05:53et même des morceaux
05:54en état de moisissure
05:55dans lesquels
05:56de l'acide ascorbique
05:57avaient été injectés
05:58pour redonner une couleur rouge
05:59à la viande.
05:59Donc ça, vraiment,
06:00je ne vous raconte pas ça
06:01pour faire du sensationnalisme,
06:03c'est vraiment,
06:04ça a été avéré,
06:05l'entreprise a été condamnée.
06:07Et donc,
06:08ce que j'essaie de montrer
06:09dans mon livre,
06:09c'est que c'est à ce type d'acteur
06:11qu'on vient vraiment
06:13accorder des préférences commerciales,
06:15certes,
06:15en contrepartie de gains
06:17pour d'autres secteurs européens,
06:18mais en tout cas,
06:19c'est ce type d'entreprise
06:20qui va directement bénéficier
06:21de l'accord.
06:23Et ce que j'essaie de montrer aussi,
06:24parce que ce n'est pas juste
06:25une histoire de gentille
06:26Union européenne
06:27contre méchants
06:28maires fauteaux,
06:29c'est qu'on a aussi
06:29donc des gagnants
06:31du côté de l'Union européenne,
06:32à l'intérieur même
06:33du secteur agricole
06:35et agroalimentaire,
06:36parce qu'on a
06:37des industriels
06:37en France,
06:38oui, en France
06:39et en Europe,
06:39qui vont pouvoir bénéficier
06:41à plein d'abaissements
06:41de droits de douane
06:42grâce à cet accord,
06:45notamment les industriels
06:46qui produisent
06:47des produits phytosanitaires
06:48et qui ont encore le droit,
06:49la réglementation française
06:51et européenne
06:51leur permet
06:53de produire
06:54et d'exporter
06:54des produits phytosanitaires
06:56qu'on a interdits
06:57dans nos fermes
06:57pour des raisons
06:58environnementales
06:59ou de santé publique,
07:00mais qui sont encore
07:00autorisés dans des pays
07:02comme le Brésil
07:03qui les utilise
07:03pour faire marcher
07:04cette grosse machine
07:05agro-industrielle
07:05qui veut nourrir le monde
07:07et donc sur ces exportations
07:08de pesticides interdits,
07:10des abaissements
07:11de droits de douane
07:11vont être pratiqués.
07:14Donc voilà,
07:15moi c'est ce genre
07:16de paradoxe
07:19que j'essaie de dénoncer
07:20dans le livre
07:20parce qu'on se rend compte
07:21qu'à travers nos choix
07:22politiques commerciales,
07:23on va venir non seulement
07:26autoriser
07:26mais même encourager
07:27l'utilisation
07:28de ces pesticides interdits
07:30pour mieux importer
07:31en retour.
07:31C'est là où c'est assez cynique
07:33des aliments
07:33traités avec ces pesticides
07:36interdits.
07:37Donc voilà
07:38pour la mise en bouche.
07:39Ce que je vous propose
07:41dans le déroulé,
07:42je ne l'ai pas dit au début
07:43mais donc on apporte
07:44les menus,
07:45les plats les uns
07:45après les autres.
07:46S'il y a des questions,
07:47moi je garde un œil
07:49sur les commentaires.
07:51S'il y a des questions,
07:53on peut les poser au fur et à mesure
07:54et si vous voulez souhaiter
07:55avoir une intervention,
07:56je pense que vous pouvez
07:57lever la main,
07:58je ne suis pas sûr
07:58de le voir,
07:59normalement je dois pouvoir
08:00le voir,
08:01ou manifestez-vous
08:02sur le micro,
08:03je pense à chaque passage
08:06de plat,
08:06on peut faire une petite
08:07interruption
08:08si vous avez des questions
08:09à poser
08:09et on verra
08:10si on arrive au bout
08:11du menu.
08:11Oui,
08:12on pourra sauter des places
08:14si besoin.
08:14Mais voilà,
08:15l'idée c'est d'avoir
08:16un échange,
08:18j'espère que ce que dit Marine
08:23suscite éventuellement
08:23des questions à votre niveau
08:24et qu'on puisse,
08:25que ce soit un support
08:26d'échange entre nous.
08:28Et je vois la remarque
08:30de Cécile Adam,
08:31je pense que c'est une,
08:32voilà,
08:33je te laisse libre
08:35de ta remarque,
08:36effectivement,
08:37on ne voit pas
08:38la rentréante
08:39juger
08:40de l'état
08:41de déforestation
08:41selon les différents
08:42gouvernements brésiliens.
08:44Est-ce qu'il y a
08:45des questions
08:45du coup
08:46à ce stade
08:47sur ce plat-là
08:49ou sur la mise en bouche
08:50et sinon on passe
08:51au plat suivant ?
08:58On enchaîne du coup,
08:59oui.
09:00Donc après,
09:01je crois qu'on passe
09:02aux légumes secs.
09:05En fait,
09:05ce que j'essaie de montrer
09:06aussi dans mon livre,
09:07c'est que cet accord
09:08de libre-échange
09:08entre l'Union européenne
09:09et le Mercosur
09:10qui prouve beaucoup
09:11de débats,
09:12notamment à l'échelle française,
09:13il n'est pas très différent
09:15des autres.
09:16En fait,
09:16hormis le partenaire
09:17qu'on a en face de nous
09:18à la table des négociations
09:20et qui fait forcément
09:21très peur aux agriculteurs
09:22français,
09:22quand il s'agit du Brésil,
09:24cet accord,
09:24il faut comprendre
09:25qu'il a été construit
09:26et qu'il a été négocié
09:27dans un cadre
09:28et un logiciel
09:29parfaitement identiques
09:30à ceux qui ont été
09:32négociés et conclus
09:33avant lui
09:33et à ceux qui sont arrivés
09:35juste après lui.
09:36À chaque fois,
09:37il s'agit pour les négociateurs
09:38de la Commission européenne
09:39et du partenaire commercial
09:40d'essayer de trouver
09:41des équilibres
09:41entre des intérêts offensifs
09:42et des intérêts défensifs
09:44et pour faire ça,
09:45d'accepter de mettre
09:46en concurrence
09:47les systèmes de production
09:48entre eux
09:48sans poser véritablement
09:50de conditions d'accès
09:51contraignantes
09:53aux marchés
09:53qui seraient liés
09:55au respect
09:55de certains standards
09:56de production agricole
09:57ou de certains critères
09:58de durabilité.
09:59C'est ce qu'on appelle
09:59les barrières non tarifaires
10:00et c'est vraiment
10:01ces conditions
10:03d'accès au marché
10:04à des tarifs réduits
10:06que moi,
10:07je regarde.
10:08Et parfois,
10:08ça va même un peu plus loin.
10:09Non seulement,
10:10on ne pose pas
10:10de nouvelles conditions,
10:11donc de nouvelles barrières
10:12non tarifaires
10:13dans le cadre des accords,
10:14mais pour trouver
10:15un équilibre,
10:15pour trouver un deal,
10:17parfois,
10:17les négociateurs
10:18acceptent d'assoupir
10:19le niveau des barrières
10:20non tarifaires
10:20en vigueur.
10:22Et c'est ce qui s'est passé
10:23justement dans le cadre
10:24de la négociation
10:24du CETA,
10:25l'accord avec le Canada
10:26qui a été signé en 2017
10:28et qui a appliqué
10:28provisoirement depuis.
10:29Et donc,
10:30c'est une histoire
10:30que je raconte
10:33à l'étape des légumes
10:35parce que c'est une histoire
10:36qui concerne
10:36les lentilles canadiennes
10:38qu'on importe,
10:39alors qu'on importait déjà
10:40avant le CETA,
10:40mais qu'on importe
10:41encore plus aujourd'hui.
10:42Cette histoire,
10:42elle s'est passée
10:43en 2011
10:44et donc,
10:45les négociateurs
10:46canadiens et européens
10:47essayaient de conclure
10:47un accord,
10:48mais il y avait
10:48un grain de sable
10:48dans l'engrenage
10:50parce que les exportateurs
10:51canadiens de lentilles,
10:52alors je ne sais pas
10:52si c'est clair pour tout le monde,
10:53mais le Canada,
10:54c'est le premier producteur
10:55exportateur mondial
10:56de lentilles,
10:56et donc les exportateurs
10:57canadiens n'arrivaient pas
10:58à ce moment-là,
10:59en 2011,
11:00à exporter leur production
11:01vers le marché européen,
11:03pourtant porteur,
11:03à cause de notre réglementation
11:05concernant la présence
11:07tolérée de résidus
11:08de pesticides
11:08sur les grains de lentilles,
11:10notamment concernant
11:10les résidus de glyphosate
11:12sur les grains de lentilles.
11:13Notre norme européenne,
11:14elle était trop stricte
11:15pour que les producteurs
11:17de lentilles canadiens
11:18qui ont le droit,
11:19contrairement aux producteurs
11:21européens,
11:21d'asperger de glyphosate
11:23juste avant la récolte
11:24leur culture
11:24pour les assécher,
11:26puissent passer
11:26les contrôles européens
11:27puisque les grains de lentilles
11:28arrivaient avec
11:29des quantités
11:30trop importantes
11:31de résidus.
11:32Et donc,
11:32ce qu'ont fait
11:33les producteurs
11:33de lentilles canadiens
11:35pour essayer
11:36de débloquer
11:36cette situation,
11:37c'est qu'ils sont allés
11:38chercher
11:38Bayard Monsanto,
11:40pour faire ensemble
11:42une demande
11:42auprès des législateurs
11:43européens
11:44d'assouplissement
11:45de la norme européenne.
11:47Une demande a été faite
11:48formellement auprès
11:49de l'EFSA,
11:49l'Agence de sécurité
11:50sanitaire européenne,
11:52pour multiplier
11:52par 100
11:53la limite
11:54de résidus de glyphosate
11:55tolérée
11:55par kilogramme
11:56de lentilles.
11:57Donc,
11:57elle était avant 2011
11:580,1 milligramme
11:59par kilogramme
12:00de lentilles.
12:01Elle passait donc
12:01à 10 milligrammes
12:03par kilogramme.
12:04Ainsi modifiée,
12:04la norme européenne,
12:05elle devenait
12:06non seulement
12:07beaucoup plus souple,
12:07donc ça permettait
12:08aux producteurs canadiens
12:09d'exporter vers le marché
12:10européen,
12:11mais ce qui était
12:11assez dingue
12:11pour nous qui regardions
12:12ça à l'époque,
12:13c'est que la norme
12:14elle devenait même
12:14plus souple au Canada
12:16et elle devenait même
12:17plus souple
12:17que la norme internationale
12:19négociée au niveau
12:20des instances mondiales.
12:22Donc,
12:22cette demande
12:23paraissait un peu dingue
12:24et pour autant,
12:25l'EFSA,
12:25puis les législateurs
12:26européens,
12:27ont dit
12:27ok,
12:28allons-y,
12:28la norme a été changée
12:29parce qu'il faut bien
12:30comprendre que c'était
12:31cette histoire de lentilles
12:32qui bloquait la capacité
12:33à aller vers un deal
12:34beaucoup plus global.
12:36Donc,
12:36en fait,
12:37le règlement
12:37trop contentieux
12:38a permis
12:40aux négociateurs
12:40d'aboutir à un accord
12:43et vous le savez,
12:43le CETA a été ensuite signé,
12:45ce qui a déclenché
12:46son application provisoire
12:47dans l'attente
12:48du processus de ratification
12:50dans les différents
12:51États membres.
12:51En France,
12:52d'ailleurs,
12:52le processus de ratification
12:53n'est pas terminé.
12:56Et donc,
12:56voilà,
12:56je vais passer vite
12:57parce que j'allais revenir
12:58sur cet épisode
12:59pour vous dire
12:59que justement,
13:00cette question des LMR,
13:01des limites maximales
13:02de résidus,
13:03elle est de nouveau
13:04en débat aujourd'hui
13:05mais on en a parlé
13:06juste avant,
13:06c'est vraiment un sujet
13:07très important
13:09parce qu'on continue
13:10d'importer
13:11beaucoup de produits
13:13qui non seulement
13:15sont traités
13:15avec des pesticides
13:16interdits
13:16mais en plus
13:17pour lesquels
13:18notre droit européen
13:19tolère encore
13:20la présence de résidus.
13:21C'est le cas notamment
13:22pour 88 pesticides
13:23qui sont interdits
13:23au sein de l'Union européenne
13:24et pour lesquels
13:26on a encore
13:26des LMR autorisés.
13:28Une question de Marie
13:29sur le...
13:30Est-ce qu'on n'a pas
13:31le même sujet
13:32sur les graines de moutarde
13:33d'importer du Canada ?
13:36Alors,
13:36je ne suis pas sûr
13:38que ce soit
13:39ce problème-là.
13:41Le problème,
13:42il est apparu
13:42plutôt comme une pénurie
13:43qu'on avait
13:44juste après le COVID
13:46où il manquait de...
13:47Vous vous rappelez peut-être
13:48qu'il manquait
13:49de moutarde sur nos rayons
13:50et on s'est rendu compte
13:50à ce moment-là
13:51qu'on avait une grande partie
13:52de moutarde
13:52qui était importée
13:53du Canada.
13:54Mais je ne suis pas sûr
13:55que ce soit...
13:58qu'il y avait des problèmes
13:59de LMR
13:59dans ces produits-là.
14:01Je n'ai pas regardé
14:01le cas spécifique
14:03de la graine de moutarde.
14:05J'ai vu
14:05qu'il était en ligne
14:06tout à l'heure.
14:07Tu as peut-être
14:08des éléments là-dessus.
14:11Tu pourras les mettre
14:12dans le chat
14:13éventuellement.
14:16Est-ce qu'il y a
14:16d'autres questions ?
14:23Réactions ?
14:24On vous assonne
14:25de trop d'informations.
14:27Ça va ?
14:28Ce n'est pas trop indigeste ?
14:29On continue ?
14:30Je parle très vite
14:31donc j'espère que tout est...
14:39On s'intoxique là, Cécile.
14:40Oui, avec les lentilles.
14:44Ok.
14:45Bon, on continue quand même.
14:46C'est vrai que c'est pas...
14:47C'est un menu
14:48qui peut être alléchant
14:49intellectuellement,
14:50mais...
14:51En fait, c'est vraiment
14:52un sujet.
14:53C'est vrai que quand on commence
14:54à ouvrir les tiroirs
14:56sur cette question
14:57et qu'on s'intéresse
14:57vraiment à la question
14:58du lien entre
14:59nos choix de politique
15:00commerciale
15:01et les renoncements
15:01qu'on fait en termes de normes,
15:02il y a vraiment
15:03beaucoup d'exemples
15:04et c'est vrai que c'est
15:05assez inquiétant.
15:08Bon, on passe aux viandes.
15:09On passe aux viandes.
15:11C'est un peu moins
15:12peut-être inquiétant,
15:13on va revenir
15:13sur des questions
15:14plus macro.
15:15Cette histoire,
15:16à l'étape des viandes,
15:17on raconte une petite histoire
15:18un peu...
15:19qui date d'il y a
15:20un peu plus longtemps
15:22et c'est vraiment...
15:23Cette histoire,
15:24je la raconte dans mon livre
15:24justement pour interpeller
15:26des gens qui ne s'intéressent
15:27pas vraiment très près
15:28aux questions agricoles
15:29et qui n'ont plus entendu
15:29parler de cette affaire.
15:31Ce scandale du Rainbow Warrior,
15:32alors il ne faut pas être
15:33trop jeune pour s'en souvenir.
15:35Moi, pour ma part,
15:36cette histoire,
15:37elle me disait vaguement
15:38quelque chose
15:39jusqu'à ce que
15:39dans mon ancienne vie
15:41de lobbyiste d'Interdev,
15:43j'ai eu envie,
15:44j'ai envie de la causer
15:45parce que j'entendais
15:45sans arrêt
15:46une éleveuse de puit d'hommes
15:47que vous connaissez peut-être
15:48à une éleveuse de puit d'hommes
15:49bien connue de moutons
15:50qui s'appelle Michel,
15:52avec qui j'ai beaucoup
15:53organisé des rendez-vous
15:54notamment en salon de l'agriculture.
15:55Je l'entendais
15:57interpeller tous les politiques
15:58qu'elle croisait
15:58au salon de l'agriculture
15:59avec cette phrase
16:00« Mais combien de temps
16:01les éleveurs de moutons français
16:05et donc au bout d'un moment,
16:06j'ai quand même voulu creuser
16:06pour comprendre
16:07quel rapport
16:08il pouvait bien y avoir
16:08entre l'élevage de moutons,
16:10le prix du gigot
16:11et un scandale diplomatique
16:13qui date de 1985
16:15et qui porte donc
16:16le nom d'un navire.
16:17Donc, je ne sais pas
16:17si cette histoire,
16:19elle est encore très fraîche
16:20dans l'esprit de tout le monde
16:21donc je vais peut-être
16:21vous proposer en trois minutes
16:22de vous refaire
16:25de vous raconter cette histoire.
16:26Donc, on est le 10 juillet 1985,
16:28on est dans le port d'Auckland
16:29en Nouvelle-Zélande
16:30et un navire,
16:32le Rainbow Warrior
16:32qui appartient à l'ONG Greenpeace
16:35avec à son bord
16:35une partie de l'équipage
16:36et qui se prépare
16:38à faire campagne
16:38contre des essais nucléaires
16:39que la France prévoit
16:42en Polynésie française
16:43écoulée.
16:44Une mine explose à son bord
16:46et donc le bateau est coulé
16:47et en fait,
16:47dans l'opération,
16:48un homme est tué,
16:49un photographe
16:50travaillé pour Greenpeace.
16:52Et donc là,
16:53forcément,
16:53la police néo-nélandaise
16:54ouvre une enquête
16:55et découvre assez vite
16:57que derrière
16:58cette opération meurtrière
16:59se trouvent
16:59les services secrets français,
17:01c'est eux qui ont commandité
17:02cette opération.
17:03Et donc là,
17:04il y a vraiment
17:04un scandale diplomatique
17:05qui explose
17:06entre la Nouvelle-Zélande
17:07et la France,
17:08d'autant plus que la Nouvelle-Zélande
17:09est très hostile
17:10à ces essais nucléaires
17:10que la France vient faire
17:12au large de ses côtes
17:13et donc le scandale
17:13a des répercussions
17:14très fortes,
17:15notamment en France.
17:16Le ministre de la Défense
17:17est obligé de démissionner
17:18et le premier ministre
17:19de l'époque,
17:20c'est Laurent Fabius,
17:21ordonne la mise en œuvre
17:22d'une commission d'enquête
17:24qui va mettre en lumière
17:25toute une série
17:25de bévues
17:26dans la chaîne de décision
17:27qui a abouti
17:28à cette opération meurtrière.
17:30Donc très vite,
17:30la question des excuses
17:32à formuler
17:33et des compensations
17:34à proposer par la France
17:35se posent.
17:36Et c'est là
17:36que le gigot entre en jeu
17:38parce que dans le même temps,
17:39au milieu des années 80,
17:42il y a un autre conflit
17:43qui se joue
17:43au niveau
17:44de la communauté économique européenne.
17:46Paris se bat
17:46contre le Royaume-Uni notamment
17:48pour limiter
17:49les importations en Europe
17:50de beurre
17:50et de gigot néo-zélandais.
17:52En fait,
17:52le Royaume-Uni
17:52arrivait avec ses volumes
17:54de beurre
17:54et de gigot néo-zélandais
17:55au nom de son partenariat économique
17:57avec la Nouvelle-Zélande
17:58dans le cadre du Commonwealth.
18:00Et donc forcément,
18:01le 7 juillet 1986,
18:02quand le nouveau Premier ministre
18:03Jacques Chirac
18:04rend public
18:05l'accord conclu
18:07entre la France
18:07et la Nouvelle-Zélande
18:08pour régler
18:09ce scandale diplomatique,
18:10les importations
18:11de beurre
18:11et de gigot néo-zélandais
18:13font partie de l'équation.
18:14La France s'engage
18:15à ne plus prendre
18:16de mesures
18:16qui porteraient
18:17atteintes aux exportations
18:19gigot néo-zélandais
18:20vers le marché européen
18:21et en plus,
18:21elle se met
18:22à en importer
18:23massivement
18:24et le résultat
18:25de l'opération.
18:26Alors là,
18:26je fais un lien
18:26de quoi vous avez fait
18:27très rapide,
18:28c'est un peu caricatural,
18:29mais le résultat,
18:30en tout cas,
18:30c'est qu'on est aujourd'hui
18:31en 2026
18:31et que l'élevage,
18:33notre propre production
18:34en vines
18:35ne permet aujourd'hui
18:36de ne satisfaire
18:37qu'un peu moins
18:38de la moitié
18:39de la consommation
18:40de viande au vines
18:41de nos consommateurs français.
18:43Donc on a quand même
18:44et en tout cas,
18:45les éleveurs racontent
18:46souvent cet épisode
18:48comme un choc
18:49lié à une ouverture
18:50très brutale
18:50à la mondialisation
18:51qui a vraiment provoqué
18:52une forme d'effondrement
18:53dans leur secteur.
18:58Donc on est remonté
18:58un peu plus loin,
18:59là on n'est pas sur
19:00les résidus,
19:02donc manger de l'agneau
19:03en tout cas
19:04et manger de l'agneau
19:04français,
19:05c'est...
19:07Mais c'est un exemple
19:08qui montre bien
19:09que souvent,
19:10les ouvertures brutales
19:11à la mondialisation
19:12qui peuvent avoir
19:12des effets
19:13et peuvent provoquer
19:13des chocs
19:14sont des conséquences
19:16indirectes
19:16d'autres épisodes
19:18et c'est vrai
19:18que les agriculteurs
19:19se plaignent souvent
19:20d'être des victimes
19:22collatérales
19:22du libre-échange
19:23et c'est un exemple
19:24qui montre
19:24qu'ils n'ont pas
19:25toujours fort
19:25quand ils avancent
19:26ce type d'argument.
19:28Ou dit autrement,
19:29les produits agricoles
19:30sont une sorte
19:30de variable d'ajustement
19:31d'autres choix,
19:33d'autres éléments politiques
19:35qui n'ont rien à voir
19:35avec l'agriculture.
19:37Et dans le contexte actuel
19:38de changements climatiques,
19:40de tous les chocs
19:41auxquels sont déjà confrontés
19:43l'agriculture,
19:44de subir ces éléments-là
19:46de manière supplémentaire,
19:47c'est complexe.
19:50Je n'ai pas trop de réactions
19:53si les personnes
19:57souhaitent lever la main.
19:58Je ne vois pas
19:58qu'il y a des mains levées.
20:00Je n'ai pas l'impression.
20:01Laurence,
20:01est-ce que tu en vois
20:02toi de ton côté ?
20:07Je ne voulais pas
20:07vous empêcher
20:09de réagir.
20:11Bon.
20:12Tout le monde est endormi.
20:14Non, mais c'est-à-dire
20:16que tu réalises
20:16qu'en fait,
20:18tu es un petit citoyen
20:19qui est en dessous
20:20de l'iceberg
20:21par moment.
20:22Mais bon,
20:23bref.
20:24Parce que là,
20:24je préfère le menu
20:26parce qu'en fait,
20:26il y a beaucoup de choses
20:27que tu nous apprends
20:27en fait,
20:30ces plats différents
20:31que tu nous fasses.
20:32Allez,
20:33le suivant.
20:34Alors là,
20:34je prends le coup.
20:36Mais ça,
20:37il y a des bonnes nouvelles
20:37à la fin
20:38de ce chapitre-là
20:39qui sont toutes récentes.
20:41Et on verra
20:41à la conclusion.
20:44Mais là,
20:44il y a des vraies avancées
20:45sur la question
20:46des antibiotiques
20:46qui devraient s'appliquer.
20:48Et puis,
20:48je vais vraiment le faire
20:49en version très courte
20:50de ce chapitre.
20:51En fait,
20:51moi,
20:51dans ce chapitre
20:52sur le menu en france,
20:53j'essaie surtout
20:53de questionner
20:54une solution facile
20:55qu'on entend souvent
20:58dans des débats
20:59quand on amène
20:59cette question
21:00d'aliments
21:01qu'on importe
21:02souvent en plus
21:02à droite,
21:03douane nul ou réduit
21:04et qui sont traités
21:05avec des produits
21:06qu'on interdit
21:06chez nous.
21:07Moi,
21:07souvent,
21:08et qui sont issus
21:09de culture
21:10déforestante
21:10ou qui sont traités
21:11avec des antibiotiques
21:11utilisés comme
21:12applicateurs de croissance.
21:13Moi,
21:13la réponse que j'entends
21:14à chaque fois,
21:15c'est qu'en fait,
21:15il y a une solution
21:16toute simple,
21:17c'est de dire
21:17aux consommateurs
21:18de manger français
21:18et il n'y a plus
21:19de problème.
21:20Et donc,
21:21dans mon livre,
21:21j'essaie aussi
21:22de montrer
21:22à quel point
21:23ce raisonnement,
21:23il est incomplet
21:26et imparfait
21:27et de montrer
21:28qu'en fait,
21:28on est loin
21:29d'être les consommateurs
21:30parfaitement libres,
21:31avertis,
21:31informés
21:33que certains
21:33voudraient décrire.
21:34Et donc,
21:35pour montrer ça,
21:36je reviens
21:36sur l'exemple
21:37du poulet
21:38et sur la question
21:39de l'étiquetage
21:40de l'origine
21:41des viandes.
21:42J'essaie de montrer
21:43que même
21:44sur cette question
21:44sur laquelle
21:45on a l'impression
21:46d'être assez performant
21:47en termes de réglementation,
21:48nos règles sont encore
21:49assez imparfaites
21:51puisque dès lors
21:52que les viandes
21:52ou le lait
21:53sont utilisées
21:54par des industriels
21:55comme ingrédients
21:55dans les produits
21:56élaborés
21:57comme des nuggets
21:57ou le cordon bleu,
21:59en fait,
21:59en tant que consommateur,
22:00on n'a plus accès
22:01à l'information
22:02sur l'origine
22:04des produits.
22:05Ce n'est pas obligatoire
22:06et en fait,
22:07précisément,
22:08ce n'est plus obligatoire
22:09et c'est presque ça
22:09qui est le plus énervant
22:11parce que la France
22:12avait adopté,
22:12avait légiféré
22:13sur ce sujet
22:13et avait adopté
22:14en 2016
22:15une mesure franco-française
22:16en dérogation
22:17à la règle européenne
22:17pour renforcer
22:18la traçabilité
22:19des viandes
22:19et donc pour amener
22:20jusqu'au consommateur
22:21cette information
22:22sur l'origine des viandes
22:23y compris lorsqu'elles sont
22:24utilisées comme ingrédients.
22:26Cette mesure,
22:26je ne sais pas
22:27si vous vous souvenez,
22:27elle avait d'ailleurs
22:28été prise au lendemain
22:29d'un autre scandale alimentaire
22:30directement lié
22:31à la mondialisation
22:32des échanges
22:32qui était l'affaire
22:33des lasagnes
22:33à la viande de cheval,
22:35l'affaire du Horsgate.
22:37En fait,
22:37on s'était rendu compte
22:38que des lasagnes industrielles
22:40vendues notamment
22:40par Findus
22:42contenaient de la viande
22:43chevaline roumaine
22:44qui était estampillée
22:45viande bovine
22:46et que ces lasagnes
22:48avaient été commercialisées
22:49un peu partout en Europe.
22:51Donc,
22:51à la suite de ce scandale,
22:53des mesures avaient été prises
22:54en plus en liant
22:55entre les filières viandes.
22:56Moi, à l'époque,
22:56je travaillais pour Internet
22:57donc j'en souviens bien,
22:58en lien entre les filières viandes
22:59et le gouvernement
23:00parce que cette mesure
23:00de transparence,
23:01elle était vraiment
23:01plébiscitée par tous,
23:03par les filières,
23:03par les consommateurs,
23:04par le politique.
23:05Mais malheureusement,
23:06cette obligation,
23:07elle n'existe plus
23:08parce que c'est une entreprise
23:09bien française,
23:11Lactalis,
23:12une de nos champions,
23:13enfin une championne
23:15des fleurons
23:15de la gloire alimentaire français
23:16qui a décidé
23:17que cette mesure,
23:18elle contrevenait
23:20au principe
23:21de libre concurrence
23:22sur les marchés
23:22et donc Lactalis
23:23a saisi la Cour de justice
23:25de l'Union européenne
23:25pour faire tomber
23:27cette mesure
23:27l'accord de justice
23:28de l'Union européenne
23:29lui a donné raison
23:30et donc en 2022,
23:32le Conseil d'État
23:32a fait tomber
23:36le décret français
23:37et donc nous avons tous
23:38perdu cette transparence
23:39sur l'origine
23:41des viandes utilisées
23:42comme ingrédients.
23:43Et donc là,
23:43mon objectif
23:45à travers ce chapitre-là,
23:46c'est d'essayer
23:46de montrer que
23:48ce raisonnement
23:49qui consiste
23:49à faire peser
23:50sur le consommateur
23:51la responsabilité individuelle
23:53de pallier
23:53les dysfonctionnements
23:55généré par nos choix
23:55de poulet
23:56commercial,
23:56il est vraiment
23:57très imparfait,
23:57il y a vraiment
23:57une urgence
23:58à en sortir.
23:59Mais ce que je voulais
24:00quand même vous dire
24:01en plus sur cette question
24:02des antibiotiques,
24:03que là,
24:03on est sur un sujet
24:04qui est quand même
24:05très préoccupant
24:05parce que ces viandes
24:06qui sont beaucoup utilisées
24:08par les industriels,
24:09beaucoup dans ces produits
24:10transformés,
24:10les nuggets,
24:11les cordons bleus
24:12qui sont beaucoup
24:12consommés par les jeunes,
24:14il y a toutes les chances
24:15effectivement aujourd'hui
24:16qu'elles soient issues
24:17d'élevages exportateurs
24:19des pays tiers
24:20qui utilisent encore
24:21les antibiotiques
24:21comme des activateurs
24:22de croissance.
24:23Ça,
24:24c'est une pratique
24:24d'élevage
24:25qui est proscrite
24:26en Europe depuis 2006
24:27parce qu'en fait,
24:27il a été très largement
24:28démontré qu'il y a
24:29un lien direct
24:29entre la pratique
24:30d'élevage en elle-même
24:31et le déploiement
24:32de l'antibiorésistance.
24:34Ce n'est pas une question
24:34de résidus d'antibiotiques
24:35dans les viandes,
24:36la pratique en elle-même
24:37génère ce problème
24:38de santé publique.
24:39Donc,
24:40pendant très longtemps
24:40et encore aujourd'hui,
24:41on n'a pas posé
24:42comme condition d'accès
24:43à notre marché
24:44l'interdiction de cette pratique
24:45mais ça,
24:45ça va changer
24:47parce que depuis 2018,
24:49il y a une règle
24:49qui a pourtant été mise
24:50dans la loi européenne,
24:51un règlement
24:51sur les médicaments
24:52vétérminaires
24:53a posé le principe
24:53de cette interdiction
24:55comme on l'avait fait
24:55sur le goeuf aux hormones
24:56sauf que depuis,
24:57ça a beaucoup procrastiné
24:58au niveau européen
24:59alors que la France
25:00a énormément poussé
25:01pour qu'elle soit appliquée
25:02et donc là,
25:03la bonne nouvelle,
25:03c'est que cette interdiction,
25:04elle devrait s'appliquer
25:05au 3 septembre 2026
25:07et je ne sais pas
25:08si vous avez entendu
25:08dans les médias
25:09mais il y a eu un petit peu
25:10de remous
25:11la semaine dernière
25:12parce que justement,
25:12le Brésil a fait savoir
25:13à la Commission européenne
25:14qu'ils n'étaient pas contents
25:15parce qu'eux,
25:16ils ne seraient pas du tout prêts
25:16à mettre en place
25:18les obligations
25:19de traçabilité nécessaires
25:20pour assurer à l'Union européenne
25:22des viandes issues d'animaux
25:24garanties
25:24sans antibiotiques activateurs
25:25de croissance
25:26et donc là,
25:27on sent qu'il y a le début
25:27d'un conflit
25:28qui va s'ouvrir
25:29avec peut-être
25:31une menace
25:32de sanction à l'OMC,
25:34d'attaque à l'OMC
25:35de la part du Mercosur
25:37ou pire encore
25:38parce que dans l'accord
25:38avec le Mercosur,
25:39dans sa nouvelle version,
25:40dans les chapitres
25:41qui ont été rajoutés
25:42fin 2024,
25:43le Mercosur a réussi
25:45à nous vendre
25:46un nouveau mécanisme
25:47qui s'appelle
25:47un mécanisme de rééquilibrage
25:49et qui justement
25:50les autorise
25:50à attaquer
25:51l'Union européenne
25:52dans le cas
25:53où on légiférerait
25:54ou on adopterait
25:55des mesures
25:55qui seraient de la nature
25:56à les bloquer
25:58dans leur capacité
25:58à exporter
26:00et à bénéficier pleinement
26:01des préférences
26:02commerciales accordées
26:03donc on sent
26:03et là,
26:04il y a un article hier
26:04dans lequel
26:05un porte-parole
26:07brésilien
26:08ouvrait cette porte-là
26:09on sent que potentiellement
26:10on va vers un conflit
26:11et ils vont pouvoir
26:12utiliser des outils
26:13qu'on leur a accordés
26:14notamment dans le cadre
26:15de cet accord
26:16pour nous empêcher
26:17d'appliquer pleinement
26:19cette nouvelle mesure
26:21donc c'est une bonne nouvelle
26:23tempérée quand même
26:24je crois que c'est bien
26:25une bonne nouvelle
26:26et puis pof
26:27on s'en compte
26:28que c'est hyper complexe
26:29en fait
26:29au niveau
26:30et puis surtout
26:30c'est arrivé à avoir
26:32des accords
26:32que tout soit validé
26:34par les différents pays
26:35on peut avoir une initiative
26:36intéressante
26:37qui soit prise
26:37donc Christine
26:38tu précises
26:39que vu le scandale
26:40fin du
26:40ça a abandonné
26:40la production
26:41de la dagne
26:41donc c'est une des conséquences
26:43mais on voit
26:44que les
26:45c'était une possibilité
26:48de réaction
26:49beaucoup plus large
26:50et qui était bien partie
26:51et là on se heurte
26:54de nouveau
26:54à des aspects
26:55vraiment
26:56sur la connaissance
26:59la bonne information
27:00du consommateur
27:01qui se heurte
27:02à des aspects
27:03enfin voilà
27:03quand on est sur l'histoire
27:04de libre concurrence
27:05au niveau européen
27:07c'est toutes les bases
27:08en fait
27:09du libre-échange
27:11et de l'accès
27:12au marché
27:13etc
27:13du droit
27:13du commerce
27:14en fait
27:14mais qui se heurte
27:15à des questions
27:16de santé publique
27:17en fait
27:18derrière
27:19et voilà
27:20et la force
27:22des uns
27:23et des autres
27:23en fait
27:25c'est JBS
27:26qui les prouve
27:26non
27:28super
27:30est-ce que
27:31alors on arrive
27:32juste à la fin
27:32normalement
27:33on prévoit toujours
27:33une heure
27:34sous ton contrôle
27:35Laurence
27:35on a une heure
27:36mais on peut
27:37on peut dépasser
27:38le problème matinal
27:39si en fonction
27:40du sujet
27:40de
27:42j'en sais des bases
27:43je vous propose
27:44pour ceux qui souhaitent
27:45en plus
27:45continuer
27:46le déroulé
27:47des menus
27:48parce que je pense
27:49que c'est quand même
27:49intéressant
27:50les gens
27:52ils s'en vont
27:52au fur et à mesure
27:53si jamais
27:53ils ont une contrainte
27:55ou après
27:55en tout cas
27:56comme en théorie
27:57c'est enregistré
27:58ça ne leur empêchera
27:59pas de revenir
27:59voir la fin
28:00s'ils doivent partir
28:01rapidement
28:02c'est tout
28:03ok
28:04donc sentez-vous libre
28:04de quitter
28:05il n'y a pas de soucis
28:06et puis
28:06on passe au menu
28:09on arrive au dessert
28:11on est pas mal
28:13et en plus
28:14pour le dessert
28:15je ne raconte pas
28:15une nouvelle histoire
28:16déprimante
28:17sur le livre
28:17Échange agricole
28:19du coup
28:19je vais vous le faire
28:20vraiment en version
28:21très rapide
28:21parce que
28:22je crois que vous n'êtes pas
28:23tout à fait
28:23le public type
28:24du dessert
28:24encore une fois
28:25moi ce livre
28:26il s'adresse plutôt
28:27à des citoyens
28:28qui sont éloignés
28:29des questions agricoles
28:30mais nous sommes citoyens
28:31aussi
28:31oui
28:32mais pour le dessert
28:33dans mon livre
28:34je ne raconte pas
28:34une nouvelle histoire
28:35sur le livre-échange
28:37mais je fais une sorte
28:38d'ode au dialogue
28:39et à l'empathie
28:40entre les agriculteurs
28:41et les citoyens
28:42et en fait
28:43j'essaye de montrer
28:44que s'il y a sans doute
28:45en tout cas là
28:46c'est vraiment
28:46une condition personnelle
28:47mais s'il y a
28:48une nouvelle recette
28:49à inventer
28:50pour nos politiques agricoles
28:51pour faire en sorte
28:51en fait de sortir
28:52de ce vieux logiciel
28:53qu'on a arrêté
28:54les années 1990
28:55qui consiste à encourager
28:56en permanence
28:58les agriculteurs
28:58à s'aligner
28:59sur les coûts de production
29:00les plus bas
29:01pour rester dans ce match
29:02de la libre concurrence
29:04de la libre compétition
29:05sur les marchés
29:06et bien
29:07cela nécessite
29:08cette nouvelle recette
29:09nécessite de mobiliser
29:10un ingrédient
29:11qui nous fait vraiment défaut
29:12aujourd'hui
29:12dans le monde agricole
29:13qui est l'ingrédient
29:14du dialogue
29:15et donc j'essaye de montrer
29:17dans ce dernier chapitre
29:19de mon livre
29:19que ce n'est pas
29:20dans le clash permanent
29:21qu'est devenu
29:22le débat public agricole
29:23ou dans cette bataille
29:24de récits
29:25à laquelle on assiste
29:26aujourd'hui
29:27qui sont un peu
29:27déconnectés du réel
29:28en fait
29:29le récit
29:29de la compétitivité
29:31débridée sur les marchés
29:33contre un récit
29:33qui serait celui
29:34de la décroissance
29:35et on nous sert vraiment ça
29:35cette bataille de récits
29:37qui ne s'entrent pas
29:37vraiment dans du réel
29:38et ce n'est pas
29:39en continuant à faire ça
29:40qu'on va réussir
29:40à inventer cette nouvelle recette
29:41qui pourrait convenir
29:42à la fois aux agriculteurs
29:43et aux citoyens consommateurs
29:46donc voilà
29:46moi je n'ai pas prévu
29:47de vous développer
29:48de vous refaire le discours ici
29:49parce que je me suis dit
29:49que vous n'étiez franchement
29:50pas de ceux
29:50qui alimentaient ce clash
29:52et cette bataille des récits
29:54mais par contre
29:55je ressens le besoin
29:56de le faire
29:56quand je présente mon livre
29:57par exemple
29:58dans des organisations agricoles
29:59où je ressens le besoin
30:00de le faire
30:00quand je vais parfois
30:01intervenir auprès
30:02de certaines organisations
30:03plutôt de la sphère écolo
30:04avec lesquelles je travaille
30:05le plus aujourd'hui
30:06mais ce que je voulais vous dire
30:07peut-être pour terminer
30:09cette présentation
30:09avant d'échanger
30:11c'est que je crois
30:12par contre que
30:14bizarrement
30:14c'est peut-être
30:15un peu paradoxal
30:15mais ce sujet
30:16du Mercosur
30:17ou ce sujet
30:18du libre-échange
30:18qui enflamme en fait
30:19les débats
30:20et qui est souvent
30:21à l'origine de manifestations
30:22et bien il pourrait être vu
30:23comme un objet
30:24de réconciliation
30:25et moi c'est vraiment
30:26la raison pour laquelle
30:27j'ai choisi d'écrire
30:28sur ce sujet
30:28en particulier
30:30parce que je suis convaincue
30:31que l'analyse critique
30:32du libre-échange agricole
30:33tel qu'on le pratique
30:34aujourd'hui
30:34c'est un bon point de départ
30:35pour mettre autour de la table
30:37des agriculteurs
30:38des citoyens
30:39des associations
30:41et voilà
30:42c'est un bon point de départ
30:43et moi j'espère un peu ça
30:44pour tout dire
30:45des conférences de souveraineté
30:47parce que c'est
30:48voilà
30:48c'est l'occasion
30:49de se rendre compte
30:49enfin de partager
30:50en tout cas une recette
30:51qu'on n'a plus envie
30:53de nous voir servi
30:54et c'est quand même ça
30:55le point de départ
30:56ce constat là
30:57qu'il faut faire
30:57avant de se projeter
30:58vers une recette
31:00qui nous conviendrait mieux
31:03voilà
31:05merci beaucoup
31:08ce qu'on voulait justement
31:09c'est faire
31:10une approfondation
31:10quand même assez rapide
31:11des différents plats
31:12mais qui vous donne
31:14qui suscite un peu
31:15vos interrogations
31:16et surtout avoir
31:17un peu de temps après
31:18pour ceux qui sont intéressés
31:21et qui ont le temps
31:22d'avoir un échange là-dessus
31:26et c'est surtout
31:26sur cette conclusion
31:28en fait
31:28c'est un point de départ
31:29éventuellement d'échange
31:30entre nous
31:31mais qui peuvent être prolongés
31:32aussi au-delà de
31:35au-delà de la matinale
31:36les mêmes
31:36se poser les questions
31:39en voie de toute la complexité
31:40de ces accords internationaux
31:43des répercussions que ça
31:45et puis vraiment
31:45la confrontation
31:47entre la réalité
31:49de nos exploitations agricoles
31:51et de nos actions
31:53en tant que co-consommateurs
31:54et
31:56l'impact de ces accords
31:59et plus globalement
32:00en fait
32:01des règles
32:02de concurrence
32:04sur
32:04des règles commerciales
32:06en fait
32:06qui régissent nos échanges
32:09voilà
32:09donc juste
32:10le point
32:11est lancé
32:11si
32:12je ne vais pas regarder
32:13il y avait une question
32:14dans le chat
32:15sur la position
32:16de nos grosses entreprises
32:18qui se fait un peu d'expérience là-dessus
32:22Marine
32:23et puis
32:26après les autres questions
32:28c'est plus
32:30non il n'y a pas de questions
32:32spécifiques sur la présentation
32:34donc si vous en avez n'hésitez pas
32:37officiellement
32:40les filières
32:40s'opposent aux accords
32:43de libre-échange
32:44dans la filière viande il y a des positions d'Interbev
32:47qui reviennent sans arrêt
32:48donc officiellement les grosses entreprises
32:51de la viande comme Bigard
32:53ils sont opposés
32:54et ces entreprises là elles n'ont pas trop
32:57intérêt pour l'instant et ont effectivement
32:59elles ont plus un intérêt à maintenir
33:01de la production, la grande question c'est surtout
33:03la position des acteurs de la grande distribution
33:05donc là aussi officiellement elles sont dans les interprofessions
33:07donc officiellement
33:08elles sont plutôt en opposition à ce type d'accord
33:11et c'est vrai que pour l'instant en plus
33:13les acteurs de la grande distribution jouent plutôt le jeu de l'origine France
33:16encore une fois je ne suis pas économiste
33:17donc là ce que je vais vous dire c'est une opinion
33:19plus qu'une expertise mais j'ai l'impression
33:21que le point de bascule pour le secteur
33:23de la viande bovine il pourrait se faire
33:25au moment où le décalage entre la baisse
33:27de production et ces augmentations
33:30d'opportunités commerciales
33:33et l'ampleur de ces opportunités commerciales
33:35accordées aux pays tiers
33:38sera telle que
33:39les acteurs de la grande distribution n'auront plus intérêt
33:42en fait à aller chercher de la viande
33:43bovine française dont le prix
33:45ne va faire qu'augmenter par cet effet de rareté
33:47et donc il y a vraiment un moment où
33:49en fait le premier qui va décider
33:51que finalement ce n'est pas si mal comme en disant de ville
33:53d'aller chercher un peu d'import pour remplir les rayons
33:56et proposer du prix un peu moins élevé
33:57va faire que tous les autres vont suivre la dynamique
34:01donc moi j'ai l'impression que c'est ça qui tient
34:04que c'est sous la pression
34:05je ne sais pas si c'est des consommateurs, des agriculteurs, des politiques
34:07mais voilà ça ça tient
34:09parce que les acteurs de la distribution
34:11jouent le jeu
34:12mais peut-être que ça ne durera pas très longtemps
34:15parce que vraiment ça je pense que vous l'avez en tête
34:17mais on est sur un secteur là
34:18la jambovine qui connaît des fortes baisses de production
34:21et il y a vraiment
34:22c'est un des secteurs où les enjeux démographiques
34:24sont les plus importants
34:26donc quand on va avoir vraiment moins d'éleveurs
34:28et moins de production
34:31forcément les acteurs économiques vont se poser la question
34:33parce qu'en plus
34:34le niveau de consommation de jambovine
34:36il baisse très peu
34:36donc ça c'est un autre sujet
34:39mais finalement il y aurait sûrement un intérêt
34:41à accompagner une baisse de la conso
34:42y compris pour protéger les éleveurs
34:44face à ce risque là
34:46la question est prolongée aussi
34:48sur le maintien des abattoirs
34:50derrière c'est toute la filière qui concernait
34:52c'est pas seulement les entreprises
34:53de production de viande
34:55mais c'est aussi en amont
34:57tout le maillage territorial des abattoirs
34:59qui est un grand sujet effectivement
35:03François, tu as levé la main
35:05mais alors du coup je ne vois pas
35:06mais j'ai vu un message que tu as levé la main
35:07oui, non, juste une remarque
35:10personnellement je n'y crois pas du tout
35:12au retour en arrière dans la grande distribution
35:14si l'Interpro a gagné quelque chose
35:17c'est quand même
35:18la vente de viande bovine française
35:23en distribution commerciale
35:26je n'y crois pas du tout
35:27c'est acquis ça
35:30je pense que c'est acquis
35:31je me trompe peut-être
35:34je te souviens un petit peu
35:36François
35:36moi j'ai l'impression
35:38peut-être que tu me trompes
35:39mais j'ai l'impression que le sujet
35:40il est surtout sur la restauration
35:45la RHD
35:46la restauration hors domicile
35:48et les produits transformés
35:52à partir de viande
35:54là c'est clair
35:55mais en distribution je pense que
35:59on est tranquille
36:00sur l'équitage viande française
36:01on a quand même pas mal gagné
36:03il me semble
36:03oui mais pour moi
36:06à court terme
36:07c'est tout à fait vrai
36:09il y a des acteurs
36:10qui se sentent
36:11beaucoup moins regardés
36:11et beaucoup plus autorisés
36:13à mettre de l'importation
36:14aujourd'hui
36:14ce sont les acteurs
36:15de la restauration commerciale
36:16notamment
36:16mais mon point
36:18c'est vraiment de se dire
36:19on est déjà aujourd'hui
36:20à près de 30%
36:20d'importation
36:21en viande bovine
36:22dans le secteur de la viande bovine
36:23et on sait qu'il va y avoir
36:25de nouvelles baisses de production
36:26ne serait-ce que
36:27parce qu'on va perdre
36:28énormément d'éleveurs
36:29dans les 10 ans qui viennent
36:30alors sauf miracle
36:31parce qu'on arrive vraiment
36:34à faire en sorte
36:35que la loi de rentation
36:35en faisant
36:36produise pleinement CVP
36:37mais on va plutôt
36:38vers une courbe à la baisse
36:39et comme on a une courbe
36:40de consommation qui se tient
36:41ça laisse vraiment
36:41de plus en plus de place
36:42pour la viande d'importation
36:44et donc là moi
36:45je ne ferai pas le pari
36:47en fait
36:47que dans les 10 ans
36:48les acteurs de la grande distribution
36:50tiennent encore
36:51de manière si ferme
36:52leur ligne
36:52et en fait
36:53ils l'ont fait
36:53sur bien d'autres produits
36:54l'exemple de la viande bovine
36:56le montre bien
36:56nous consommateurs
36:57on s'y habitue finalement
36:58on s'habitue
37:00à manger
37:01des fruits et légumes
37:02importés toute l'année
37:02on s'habitue à manger
37:03du gigot néo-zélandais
37:05à chaque fête de Pâques
37:06et du coup
37:07je ne vois pas pourquoi
37:08sur la viande bovine
37:10on serait complètement protégé
37:12sur le long terme
37:12face à cette menace
37:14donc je ne saurais pas
37:15c'est pas un point de vue
37:17c'est pas une analyse d'économiste
37:19mais moi je ne fais pas
37:20ce pari là
37:20en tant que connaisseuse
37:23de ce secteur
37:24parce que j'ai
37:25pour avoir travaillé
37:26pendant longtemps
37:27dans cette filière
37:28et avoir entendu aussi
37:28avoir participé à des réunions
37:30à Interbev
37:31et avoir entendu
37:32l'éliteur de la grande distribution
37:33lors de ces réunions
37:34ça fait longtemps
37:35côté conjoncture
37:36qu'on ne tient plus de paris
37:37parce qu'on se rend
37:37tous les paris qu'on lance
37:38on les passe
37:39moi je serais presque prêt
37:40à le faire
37:41le pari
37:41mais bon
37:46pendant la prochaine conjoncture
37:49après la question
37:49c'est les revenus
37:50dans 10 ans
37:52oui
37:52tout à fait
37:53après la question
37:54c'est les revenus
37:56suivant le revenu
37:57que vous avez
37:58vous êtes prêt
37:59à mettre plus cher
37:59ou voilà
38:00il y a quand même
38:01une partie de la population
38:02qui ne roule pas sur l'or
38:04et quand vous voyez
38:04le prix de la viande
38:06voilà
38:07il s'explique aussi
38:08potentiellement
38:08la flambée
38:09de la consommation
38:10des oeufs
38:10parce que ça fait
38:11des protéines pas chères
38:13c'est un critère
38:14oui
38:14là c'est le point
38:15qui a été évoqué par Marine
38:16aussi sur l'évolution
38:17de la consommation
38:18on a bien une tendance
38:20quand même
38:20à la baisse
38:21de la consommation
38:22de viande rouge
38:23et d'augmentation
38:25par contre
38:25de la viande blanche
38:27et d'augmentation
38:27de la consommation
38:28des oeufs
38:28donc ça c'est bien
38:29des changements
38:30au niveau alimentaire
38:32qui sont observés
38:33sur le long terme
38:34pour l'instant
38:35la baisse de la consommation
38:37correspond à peu près
38:38à la décapitalisation
38:38qui a lieu
38:39de facto
38:40dans le secteur
38:42en France
38:43donc ça
38:45il n'y a pas
38:46d'impact majeur
38:47la question c'est
38:48de quoi va être fait
38:49l'avenir
38:49comment va évoluer
38:52la consommation
38:53il y a des éléments
38:56de conscience
38:56au niveau alimentaire
38:57de choix alimentaire
38:59mais il y a aussi
38:59un élément majeur
39:01qui est le coût
39:02d'alimentation
39:03et derrière
39:04le revenu
39:05des agriculteurs
39:06est-ce qu'ils vont arriver
39:07à se maintenir
39:07il y a cette grosse question
39:09de maintien
39:12des exploitations
39:13d'éleveurs
39:14en particulier
39:15mais c'est sûr
39:16que quand on voit ça
39:17on met ça en regard
39:18de ces accords
39:19internationaux
39:19et de l'impact
39:20majeur
39:20qu'ils peuvent avoir
39:21et derrière
39:23c'est les acteurs
39:23c'est ça
39:24ce qui est intéressant
39:25je trouve dans le livre
39:26que je vous encourage
39:27à lire
39:27d'ailleurs
39:28ce livre de Marine
39:29à acheter éventuellement
39:30et à lire
39:31il y en a un exemplaire
39:32à Londres
39:33et à Lyon
39:34on a acheté côté
39:34Crescette
39:35on a un exemplaire
39:36sur Londres
39:36et sur l'eau
39:36pour ceux qui sont intéressés
39:37mais du coup
39:38ce qui est intéressant
39:39c'est de voir
39:40le jeu des acteurs
39:41qu'il y a derrière
39:42ces accords
39:44et des acteurs majeurs
39:47on avait encore
39:48une présentation
39:48ce matin
39:49il y a eu
39:50un rapport
39:50du Sénat
39:51sur la grande distribution
39:52qui montrait le rapport
39:54de force
39:54totalement disproportionné
39:55sur la grande distribution
39:57il y a trois centrales
39:58d'achat européennes
40:00qui interviennent
40:01face à 400 000
40:02exploitations agricoles
40:03et je ne sais pas
40:04combien de
40:04même ce qu'il y a
40:05agroalimentaire
40:06mais voilà
40:07c'est un rapport
40:07de force
40:07totalement disproportionné
40:08quand on voit ce JBS
40:10c'est juste
40:11hallucinant
40:12l'ampleur
40:13et c'est une entreprise
40:13familiale
40:14JBS
40:14qui était créée
40:15dans les années
40:1550-60
40:16et voir
40:18que c'est devenu
40:20vraiment une pieuvre
40:21au niveau international
40:22le poids
40:25de ces acteurs
40:29les questions
40:29dans le
40:30c'est qui
40:31JBS
40:33c'était
40:33ce que tu as abordé
40:34tout à l'heure
40:35Marine
40:35peut-être
40:36Samine
40:37qui est peut-être
40:37arrivée un peu plus tard
40:38mais
40:39c'est pas Bigard
40:40c'est Bigard
40:41tu sens 1000
40:42c'est une entreprise
40:44c'est le leader mondial
40:45de la viande bovine
40:45c'est une entreprise
40:46qui est
40:46qui a son siège
40:47au Brésil
40:48c'est vraiment
40:49c'est le champion du monde
40:51de l'exportation
40:52de la viande bovine
40:54que faire alors
40:55et bien je crois
40:56que ce serait peut-être
40:57le mot de la fin
40:58un petit peu
40:58de se dire
41:00oui
41:01alors moi
41:03c'est une réponse
41:05parmi tant d'autres
41:05mais moi
41:05le combat
41:07de même
41:07depuis des années
41:08c'est le combat
41:09de la réciprocité
41:11des normes
41:11dans le commerce
41:11international
41:12parce qu'en fait
41:12on a des outils juridiques
41:14parce qu'on a fait
41:14sur les hormones
41:15par exemple
41:16et qu'on va faire
41:17a priori demain
41:17sur les antibiotiques
41:20sauf contre-ordre
41:20de nos amis
41:21du Mercosur
41:22on est capable
41:23de le faire
41:24on a les outils juridiques
41:25on sait contrôler
41:27y compris dans les pays
41:28d'ailleurs
41:28sur les hormones
41:28on va contrôler
41:29les filières
41:30au sein
41:31des pays exportateurs
41:32et donc il faudrait
41:32qu'on le fasse
41:33sur d'autres types
41:34de normes
41:35d'autres types
41:35de substances
41:36c'est tout le chantier
41:36des mesures miroirs
41:37donc moi ça
41:38j'y crois beaucoup
41:39à ce chantier là
41:40le problème
41:41c'est que la France
41:42pousse beaucoup
41:43sur ce thème
41:44mais qu'en fait
41:44on ne parle pas
41:45tout à fait le même langage
41:45au niveau européen
41:46quand on a en face de nous
41:47des pays qui sont
41:49de culture très libérale
41:51mais en tout cas
41:52c'est le principal outil
41:53juridique qu'on a
41:54à notre disposition
41:55aujourd'hui
41:55c'est celui-là
41:56c'est celui de la mesure
41:57miroir
41:57donc ce qu'on fait
41:58sur les hormones
41:58faisons-le sur les antibiotiques
42:00sur les pesticides
42:00qu'on considère
42:01comme les plus dangereux
42:03pour la santé
42:04et pour l'environnement
42:07Oui d'accord
42:08Carole
42:08effectivement
42:08je rajouterais
42:10manger peu de viande
42:11mais française
42:11et de qualité
42:12je rajouterais peut-être ça
42:13on peut prendre du plaisir
42:15à manger de la viande
42:16peut-être manger un peu
42:18un peu moins
42:19mais manger
42:21mais le slogan
42:22d'Interbev
42:23c'est
42:24la viande
42:25mangez-en moins
42:25mangez-en mieux
42:26C'est pas avant ça
42:27c'est qu'ils ont changé
42:28maintenant c'est pour
42:28manger tout
42:29Bon leur slogan d'avant
42:30moi je l'aimais bien
42:31manger sans mieux
42:32manger dans mieux
42:32ça m'allait bien
42:36Qui négocie pour l'agriculture
42:37dans les autres pays européens
42:39alors que
42:39pardon
42:40qui
42:41oui c'est qui
42:41innover aussi
42:42ça c'est
42:42peut-être
42:43ça peut
42:43renvoyer à ton expérience
42:44un peu de lobby
42:45comment ça se passe
42:46les lobbies
42:46au niveau
42:47dans le cas des accords
42:48de libre-échange
42:48vous voulez dire
42:49je pense que la question
42:51était un peu plus
42:51général
42:52mais oui je pense
42:54que c'était dans les accords
42:54de libre-échange
42:56qui négocie
42:56sur les questions
42:57agricoles
42:57ce sont à la fois
42:58les ministres
42:59qui se retrouvent au conseil
43:00le parlement
43:00et donc la commission européenne
43:03qui pose les propositions
43:05sur la table
43:05mais par contre
43:06sur les accords
43:06de libre-échange
43:07ça aussi ça pose
43:08quelques questions
43:09démocratiques
43:09mais en fait
43:10les états membres
43:11donnent un mandat
43:12à la commission européenne
43:13pour négocier
43:14un accord de libre-échange
43:15avec un partenaire défini
43:17pour le Mercosur
43:18peut-être que vous l'avez
43:18en tête
43:19ce mandat de négociation
43:20il date de 1999
43:21et en fait
43:22dès lors que les états
43:23ont autorisé
43:23la commission européenne
43:25à négocier
43:25la commission négocie seule
43:27jusqu'à ce que l'accord
43:29soit conclu
43:29donc elle rend compte
43:31régulièrement
43:32mais sans dévoiler
43:32les informations confidentielles
43:34mais elle rend compte
43:35quand même
43:35de l'état des négociations
43:37aux ministres européens
43:39et au parlement européen
43:40mais en tout cas
43:40elle a vraiment
43:40la compétence
43:42pour négocier
43:43seuls les accords
43:44et souvent
43:44enfin toujours
43:45en fait
43:45on se rend compte
43:46du contenu de l'accord
43:47au moment où
43:48le deal a déjà été trouvé
43:49donc au moment où
43:50l'accord est conclu
43:52je ne sais pas si ça répond
43:53à la question
43:53en tout cas
43:54ce sont les équipes
43:55de négociateurs
43:56de la commission européenne
43:57qui négocient
43:58les questions agricoles
43:59dans les accords
44:00de libre-échange
44:02oui
44:03du coup je remonte
44:04là j'ai vu Sabine
44:05qui est intervenue
44:05sur le sujet
44:07de la capacité d'adaptation
44:09des consommateurs
44:09face à ce changement
44:10et bien sûr
44:11à celle des producteurs
44:12de viande
44:13face à ces changements
44:15comment on s'adapte
44:16comment est-ce qu'on
44:17trouve sa place
44:18en fait
44:18dans ce
44:19mais en sachant
44:21moi je m'assois vraiment
44:22en faux sur cette question
44:23de la responsabilité
44:24des consommateurs
44:25parce que c'est compliqué
44:26de demander à des consommateurs
44:27d'agir en contradiction totale
44:30avec ce que le système
44:31leur apporte
44:31moi je donne souvent
44:32l'exemple des tomates cerises
44:33on entend chaque année
44:35des producteurs français
44:36de tomates cerises
44:36hurler
44:37parce qu'on importe massivement
44:39des tomates cerises marocaines
44:40qui arrivent en barquette
44:41azurade
44:42à 99 centimes
44:43et en fait
44:44on voudrait demander
44:45à des consommateurs
44:45de ne pas acheter
44:46ces tomates cerises
44:47mais qui sont mises toute l'année
44:48en tête de rayon
44:49dans nos supermarchés
44:50à un prix défiant
44:51de concurrence
44:52parce que notamment
44:53importés à droit de douane nul
44:55pendant une partie de l'année
44:56parce qu'on a un accord
44:57de libre-échange
44:57avec le Maroc
44:58et donc tout le système
44:59est pensé pour amener
45:00aux consommateurs
45:00ces tomates-là
45:01leur mettre sous le nez
45:03et moi je trouve ça
45:03assez cynique
45:04en fait
45:04de pointer du doigt
45:07le mauvais consommateur
45:08qui ne ferait pas le choix
45:09de se priver de tomates
45:10pendant l'hiver
45:10ou d'aller acheter
45:11la tomate 4 fois plus chère
45:12le reste de l'année
45:13donc moi vraiment
45:15j'essaye de travailler
45:16sur les changements
45:17plus systémiques
45:18qui doivent être faits
45:19et de sortir de cette logique
45:20de la responsabilité
45:21individuelle du consommateur
45:27Bon sinon le reste
45:29des commentaires
45:32c'est plutôt
45:33bon appétit
45:34Oui
45:35Oui
45:38Souhaitons-nous bon appétit
45:39pas tout de suite
45:40mais tout à l'heure
45:41et il y avait une question aussi
45:43est-ce qu'on aurait un cocktail
45:44avec un mélange
45:45d'hormones
45:46de pesticides
45:47donc c'est pas prévu
45:49à la fin de nuit
45:52mais je pense
45:53qu'on va peut-être
45:54conclure
45:56Laurence
45:56je te laisse
45:57la main peut-être
45:58mais je crois
45:59qu'on est au bout
45:59du
46:00de la
46:01de
46:02le processus
46:03le livre
46:05il est disponible
46:06au CERISET
46:07à Lyon
46:08tu peux le
46:10tu peux le lire
46:11sans difficulté
46:12oui
46:13Laurence
46:14je te laisse
46:14je suis en train
46:16de dire
46:16ce que Lauren
46:17a écrit
46:18est-ce qu'on peut
46:19se dire
46:20bon appétit
46:21plutôt bonne chance
46:21peut-être bien
46:24désolé
46:24pour être mise
46:25dans notre défi
46:25de bon matin
46:28bon écoutez
46:29en tout cas
46:29merci beaucoup
46:30ça a été passionnant
46:32j'espère que
46:34l'enregistrement
46:35a fonctionné
46:36apparemment
46:36je vois défiler
46:37le temps en haut
46:37donc ça doit être bon
46:38donc je fais en sorte
46:39dès que ça aura chargé
46:41de le mettre
46:41sur l'intranet
46:42avec vos présentations
46:44je remercie tout le monde
46:45et vous
46:45il y a eu une belle audience
46:46puisqu'on est monté
46:48jusqu'à 55
46:51personnes présentes
46:51plus
46:52ceux qui visionneront
46:53par la suite
46:54parce que j'ai déjà
46:54eu des demandes
46:55qui enregistrent
46:56oui oui
46:57je ferai ce que je peux
46:57donc voilà
46:58un bel auditoire
46:59merci
47:00passionnant
47:01très sincèrement
47:02on apprend des choses
47:03qui fait
47:04voilà
47:04même si on pense
47:05que quelque part
47:06vu le métier
47:08ou le ministère
47:09auquel on est rattaché
47:10on prenait des choses
47:11mais je pense
47:12qu'il y a largement
47:14plein de choses
47:15à découvrir
47:17merci beaucoup
47:18merci Marine
47:19de nous avoir fait
47:20l'honneur
47:21d'être présentes
47:22ce matin
47:22c'est un regard extérieur
47:24passionnant
47:25et puis à très bientôt
47:27la prochaine matinale
47:29de mémoire
47:30la date
47:31c'est le 12 juin
47:32et ça sera
47:34sur tout ce qui est
47:36défense
47:36sécurité
47:37incendie
47:38voilà
47:40un tout autre sujet
47:41c'est le 12 juin
47:42c'est le 12 juin
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