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  • il y a 2 jours
présenté par Gilles Strecker

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Transcription
00:00:01Merci Laurence et puis surtout merci à toutes et à tous d'être présents pour consacrer un petit peu de
00:00:08temps à ce sujet.
00:00:11Pourquoi je présente un chef de mission Défense Sécurité, je présente un sujet sur la géopolitique du blé, c'est
00:00:18un petit peu pour deux raisons.
00:00:19La première c'est que dans le cadre de notre activité Défense Sécurité, on surveille ce qui se passe en
00:00:27termes de mouvements de capitaux concernant l'agriculture, acquisition, fusion, avoir connaissance des zones à enjeu pour voir comment les
00:00:40acteurs français se positionnent là-dedans, soit en défensif, soit en offensif, économiquement je ne parle pas de guerre.
00:00:49Et puis l'autre point c'est également que j'ai fait une formation à l'Institut des Hautes Études
00:00:55de Défense Nationale, une formation sur l'intelligence économique et donc ensuite on a des associations régionales d'auditeurs qui
00:01:07continuent à travailler des sujets de Défense Sécurité dans un cadre associatif.
00:01:12Je suis membre de l'association lyonnaise et mes co-auditeurs se sont notamment intéressés aux questions de l'agriculture,
00:01:24aux enjeux Défense Sécurité sur l'agriculture.
00:01:26Et j'ai beaucoup travaillé avec eux sur un plan national, européen et international de la sécurité alimentaire, de la
00:01:35souveraineté alimentaire, de l'arme alimentaire.
00:01:38Voilà, donc à titre aussi bien perso que pro, j'ai quelques modestes connaissances sur le sujet et je me
00:01:48suis dit que je pouvais en proposer une synthèse concernant la géopolitique du blé.
00:01:56Moi je conçois cette intervention avec la possibilité pour vous de poser des questions à tout moment, mais alors Laurent
00:02:06ce qu'on va peut-être dire c'est plutôt par le chat, pour que ça permet d'avoir toujours,
00:02:14que chacun veille avoir son micro coupé et puis j'essaierai d'être attentif pour les questions.
00:02:21Est-ce que tu le vois le chat ou pas ?
00:02:23Oui, oui, je le vois là, j'ai Christine Gerbeau qui nous dit qu'elle n'entend personne, Sean qui
00:02:28nous dit bonjour, de même que François.
00:02:31Voilà, je l'ai en visu, mais Laurence aide-moi si jamais je zappe une question, n'hésite pas à
00:02:40m'aider.
00:02:41Voilà, on essaye de se donner une petite heure, une heure.
00:02:47Voilà.
00:02:50Alors, pourquoi on fait de la géopolitique du blé ?
00:02:56Effectivement, mon intervention, elle va consister en deux temps principaux, la géopolitique du blé, pourquoi de la géopolitique du blé
00:03:04?
00:03:05Pourquoi je n'ai pas pris un autre sujet ?
00:03:08Et d'autre part, comment on fait de la géopolitique ?
00:03:12Alors, je prendrai des exemples qui utilisent le blé, mais ce sont des modes opératoires qu'on peut extrapoler à
00:03:23l'alimentation d'une manière générale.
00:03:25Et puis après, on verra pourquoi au cours de la présentation, mais il me semble tout à fait pertinent qu
00:03:33'on termine par se poser la question de l'Union européenne et de sa production de blé.
00:03:39Parce que, comme on le verra, ce n'est pas le dernier des acteurs en la matière sur la planète.
00:03:45Alors, pourquoi le blé ?
00:03:47Alors, l'AFAO, c'est l'Organisation des Nations Unies pour l'agriculture et l'alimentation, qui publie très régulièrement,
00:03:58au moins deux fois par an, dans des fascicules,
00:04:01des données sur la production, la consommation, les échanges, les prix, et qui essayent de suivre un peu l'alimentation,
00:04:09qui essayent de suivre l'alimentation de la planète.
00:04:15Donc, c'est sur ces sources que je m'appuie.
00:04:19Et quand on regarde avec quoi on nourrit principalement les humains, les 8 milliards d'humains au jour d'aujourd
00:04:25'hui,
00:04:26800 millions de tonnes de blé, 500 millions de tonnes de riz, beaucoup de maïs et de léoprothéagineux.
00:04:32Mais ce qu'il faut voir avec ces productions, c'est qu'une grande partie vient surtout dans l'alimentation
00:04:38animale.
00:04:38Et donc, dans l'alimentation animale, à peu près 350 millions de tonnes de viande, de volaille, porcine et bovine
00:04:45que l'on voit ensuite.
00:04:47Des produits laitiers aussi, les humains en consomment beaucoup.
00:04:50Et puis, un petit peu de pêche et aquaculture.
00:04:54Voilà.
00:04:54Donc, pourquoi on parle du blé ?
00:04:56Déjà, c'est parce que c'est la céréale la plus produite sur la planète.
00:05:03Qui consomme du blé ?
00:05:05Donc, ici, cette carte avec des intensités de couleurs, c'est-à-dire plus on est rouge, orange, jaune, ce
00:05:14sont les pays qui consomment beaucoup.
00:05:17Et en vert, ceux qui en consomment moins, la moyenne nationale, elle est en vert, 98 kg par habitant.
00:05:24Et puis, on voit qu'on va avoir des gros consommateurs dans l'hémisphère nord, la Chine un petit peu.
00:05:31Alors, ici, énormément, le Moyen-Orient.
00:05:33Je ne sais pas si vous voyez le curseur là, mais comment dire, l'Asie centrale, le Moyen-Orient, l
00:05:40'Afrique du Nord, grosse, grosse.
00:05:52On va faire un petit peu sur des quantités moindres qui le consomment.
00:05:57Alors, en moyenne, ce que je n'ai pas dit, c'est que moi, je m'appuie principalement sur l
00:06:08'ouvrage « La géopolitique du blé » de Sébastien Haby.
00:06:12qui, d'un avis assez partagé, est vraiment l'ouvrage de référence en la matière.
00:06:19Et donc, ceux que le sujet intéresse pourront le lire.
00:06:24Ça se lit bien, ce n'est pas techno.
00:06:28Voilà, ils donnent évidemment beaucoup plus de détails sur le sujet.
00:06:33On considère que…
00:06:34Je vois le commentaire de Pierre.
00:06:36Pardon.
00:06:38Oui.
00:06:39Et en fait, il te dit qu'il y a une partie qui part d'un agro.
00:06:43Oui, oui, oui, oui.
00:06:45Oui, une partie du blé part sur les agrocarburants, on y viendra après.
00:06:49Oui, tout à fait.
00:06:53C'est juste pour dire, voilà, on sait qu'aujourd'hui, en moyenne,
00:06:58un terrain sur deux consomme du blé.
00:07:00Voilà, plus ou moins.
00:07:03Ce blé, qui le produit ?
00:07:07Qui le consomme ?
00:07:08Ben, qui le produit ?
00:07:10La Chine, le premier producteur mondial, 130 millions de tonnes.
00:07:14L'Union européenne.
00:07:16Voilà, comme je disais tout à l'heure,
00:07:17il serait légitime qu'on se pose la question.
00:07:19Ben oui, l'Union européenne, c'est le deuxième producteur mondial de blé sur la planète.
00:07:24Et la France, 36 millions sur ces 127.
00:07:28La France, premier producteur au sein de l'Union européenne.
00:07:31Donc, voilà, même pour nous, il y a un sujet.
00:07:34Ensuite, l'Inde, la Russie, les États-Unis, le Canada, le Pakistan, l'Ukraine, l'Australie, la Turquie.
00:07:42Dix pays produisent quasiment 80% de ce blé consommé pratiquement sur toute la planète.
00:07:49Donc, déjà…
00:07:52Je vois toujours la carte de consommation, moi, pas de production.
00:07:56Il y a une carte de production, tu affiches ?
00:07:58Ce n'est pas une carte de production, c'est un cercle.
00:08:02Ah ok, je ne vois pas, partagé, je ne sais pas si…
00:08:05Ah, le voilà, ok.
00:08:09Donc voilà, grande concentration de la production de blé
00:08:13à l'opposé d'une consommation plutôt largement étendue.
00:08:20Et donc, si on regarde la carte qui va apparaître maintenant,
00:08:23qui est la carte du ratio de dépendance aux importations de blé,
00:08:29finalement, voilà, on s'aperçoit que certains pays de l'hémisphère nord,
00:08:35de même que l'Australie, voilà, vont plutôt être les pays exportateurs.
00:08:41Et des pays qui ont consommé beaucoup,
00:08:44comme vous voyez tout à l'heure,
00:08:45tout ce qui est l'Asie centrale, le Moyen-Orient, l'Afrique,
00:08:50sont extrêmement dépendants de leur consommation de blé.
00:08:54Alors, autant en Afrique, la consommation n'était pas…
00:08:56En Afrique sahélienne et sud-sahélienne, elle n'était pas énorme,
00:09:00autant, comment dire, au Maghreb et au Moyen-Orient,
00:09:05la consommation de blé par habitant était très importante.
00:09:13Et donc, effectivement, si on reprend notre petit tableau des productions
00:09:18qu'on a vues tout à l'heure, mais qu'on rajoute la colonne
00:09:21de la proportion de cette production qui est échangée,
00:09:25on a, effectivement, le blé, c'est aussi une des denrées
00:09:29les plus échangées sur la planète, un quart de ce qui est du blé
00:09:34produit sur la planète, et en réalité, échangée.
00:09:37Échangée, ça veut dire commercialisée d'un pays à l'autre.
00:09:42En comparaison, le riz, qui nourrit aussi un grand nombre d'habitants,
00:09:46est beaucoup moins échangé.
00:09:47Et les produits laitiers qu'on a vus tout à l'heure,
00:09:49qui sont produits en grande quantité, le sont très, très peu.
00:09:53Donc, sur les produits laitiers, on va se dire,
00:09:55on va être majoritairement sur de la consommation nationale.
00:10:00On aurait pu aussi faire de la géopolitique des oléoprothéagineux,
00:10:05le soja pour l'alimentation animale.
00:10:09Bon, aujourd'hui, la géopolitique du blé.
00:10:17On a vu qu'on en produisait beaucoup,
00:10:19on a vu que beaucoup de monde en consommait,
00:10:22on a vu qu'il était beaucoup échangé,
00:10:23mais du coup, qui va l'exporter, ce riz ?
00:10:28Et du coup, je mets le diagramme de l'exportation,
00:10:30enfin, le listogramme plutôt de l'exportation,
00:10:33en rapport avec le diagramme qu'on a vu sur les productions.
00:10:37Premier exportateur mondial de blé, la Russie,
00:10:4130 millions de tonnes.
00:10:43Deuxième exportateur mondial de blé,
00:10:45l'Union européenne, 30 millions de tonnes.
00:10:49Troisième exportateur mondial, les USA, le Canada,
00:10:52et ensuite l'Ukraine, l'Australie, l'Argentine, le Kazakhstan.
00:10:56Donc déjà, quand on se dit géopolitique,
00:10:59oui, il y a un petit peu des sujets.
00:11:02Ce qu'on observe, c'est que des pays, par exemple,
00:11:06comme la Chine, qui est le plus gros producteur mondial,
00:11:08n'exporte pas.
00:11:10On verra tout à l'heure qu'elle est même un peu importatrice.
00:11:13L'Inde, d'eux-mêmes.
00:11:15Donc, en fait, on a des pays qui sont gros producteurs,
00:11:19mais aussi gros exportateurs,
00:11:20l'Union européenne, la Russie, les États-Unis,
00:11:26et d'autres qui sont producteurs,
00:11:28mais en réalité complètement absents de la scène des exportations.
00:11:36Et si on termine ce panorama des échanges du blé
00:11:43en présentant une carte des dix principaux importateurs
00:11:48et des dix principaux exportateurs,
00:11:52déjà ce qui est…
00:11:53Donc, on va retrouver la Russie, qui est le premier exportateur.
00:11:56On avait dit que l'Union européenne était deuxième.
00:11:59Effectivement, 19 plus 9 plus 5.
00:12:01On va dépasser les 26 millions de tonnes exportées,
00:12:04d'une part par le Canada et aussi par les États-Unis.
00:12:08Mais on s'aperçoit que finalement,
00:12:10on a dit tout à l'heure l'Union européenne,
00:12:11deuxième exportateur.
00:12:13Mais la France, si on compte par pays,
00:12:15la France est le quatrième exportateur mondial de blé.
00:12:19Donc, ce n'est pas rien.
00:12:21Et quand on regarde les pays importateurs,
00:12:23tiens, la Chine, c'était un des plus gros producteurs,
00:12:25mais finalement, elle n'arrive pas à satisfaire ses besoins.
00:12:30Après, l'Asie du Sud, les Philippines, l'Indonésie,
00:12:35le Bangladesh, ils ne doivent pas être loin
00:12:37des 200 millions d'habitants au jour d'aujourd'hui,
00:12:39la Turquie, au cœur du Moyen-Orient, l'Égypte,
00:12:43le Canada de Suez, l'Algérie, Nigeria, le Brasil.
00:12:46Voilà.
00:12:50Je ne sais pas quelle est un peu votre impression
00:12:51quand on voit ça, mais moi, je me dis,
00:12:54effectivement, il y a matière à faire de la géopolitique
00:12:59avec ces enjeux.
00:13:02Comment se situe l'Europe ?
00:13:05Donc, quoi ?
00:13:06L'Europe est le deuxième exportateur mondial
00:13:09de l'Union européenne.
00:13:12Et la Chine, oui, oui, bien sûr,
00:13:14la Chine constitue des stocks.
00:13:17Elle n'est pas la seule non plus.
00:13:24Et elle constitue des stocks,
00:13:25notamment parce qu'elle sait qu'elle n'arrive pas tout à fait
00:13:28à son auto-approvisionnement.
00:13:39Voilà.
00:13:40Donc, ça, c'est un peu les aspects, on va dire, blé, commerce,
00:13:46production, commerce, consommation de blé.
00:13:50Maintenant, on va quand même voir un peu la situation sur la planète.
00:13:53Est-ce qu'au-delà du blé, est-ce qu'on arrive à alimenter
00:13:56à peu près correctement notre planète ?
00:13:59Avec les 8 milliards d'humains aujourd'hui,
00:14:01toujours selon l'Organisation des Nations Unies
00:14:04pour l'alimentation et l'agriculture,
00:14:07difficilement.
00:14:08Il y a quand même, selon cette organisation,
00:14:11on a 2 milliards de personnes qui sont en situation
00:14:13d'insécurité alimentaire,
00:14:14c'est-à-dire qu'ils ont du mal à accéder à la nourriture,
00:14:18soit pour des questions de coût de la nourriture
00:14:20par rapport à leur revenu,
00:14:21soit pour des raisons de logistique,
00:14:25de déplacement de la nourriture,
00:14:27de capacité de la conservation,
00:14:30soit en raison de conflits, de guerres
00:14:34et de productions insuffisantes.
00:14:38Les deux petits focus ensuite par continent
00:14:43pour l'Asie et l'Amérique latine,
00:14:46on est à peu près sur des moyennes mondiales.
00:14:48L'Amérique du Nord et l'Europe,
00:14:52la situation d'insécurité alimentaire
00:14:54est beaucoup plus modérée.
00:14:57Par contre, le continent où l'insécurité alimentaire
00:15:00est élevé, selon l'AFAO,
00:15:02c'est l'Afrique, puisque quand on totalise les chiffres,
00:15:05on est à peu près sur 1,1 million de personnes
00:15:09sur 1,4.
00:15:16Pardon, on est sur 1,1 milliard de personnes
00:15:21sur 1,4 qui sont en situation d'insécurité alimentaire.
00:15:28Là, jusqu'à présent, on a parlé du présent.
00:15:32Vous aurez remarqué que je ne vous ai pas parlé
00:15:33de l'histoire, parce que pour la politique du blé,
00:15:37on peut remonter au nil avec l'Égypte ancienne,
00:15:39puis plutôt vous parler de l'avenir.
00:15:43Pourquoi les géopolitiques du blé ?
00:15:45Dans l'avenir, au niveau de l'alimentation,
00:15:47on a quand même un sujet.
00:15:49Et que selon les projections de l'ONU,
00:15:53qui ne sont pas contestées,
00:15:56hormis peut-être à la marge,
00:15:58mais voilà, on attend un pic de population
00:16:02aux alentours de 2080 avec 10,5 milliards d'êtres humains.
00:16:08Et donc, Sébastien Abyss, dans son ouvrage
00:16:10« La géopolitique du blé »,
00:16:11parle d'un éverest alimentaire.
00:16:15Effectivement, il va falloir faire en sorte
00:16:19que les humains arrivent à le franchir
00:16:22compte tenu de l'ensemble des contraintes
00:16:26autres qui pèsent sur les productions agricoles.
00:16:32« Les données datent de 2020,
00:16:34est-ce que ça a changé depuis la guerre en Ukraine ? »
00:16:37Oui, ça change un peu,
00:16:38mais ça ne modifie pas les grandes tendances.
00:16:41C'est pour ça que sur les années,
00:16:45je n'ai pas forcément été très rigoureux sur les années,
00:16:50parce que ce que je vous donne,
00:16:52c'est les grandes lignes,
00:16:53mais qui sont assez stables dans le temps.
00:16:57Éventuellement, une année,
00:16:58on va avoir le cinquième qui va prendre la place du quatrième
00:17:02ou des choses comme ça,
00:17:03mais on est quand même sur des données assez stables
00:17:08en termes d'ordre de grandeur, de volume
00:17:11et en termes de classement des pays.
00:17:15Donc là, pour l'avenir,
00:17:17un enjeu sur l'alimentation de l'humanité,
00:17:20et cet enjeu, il va se situer où ?
00:17:22Quand on regarde les perspectives de croissance par continent,
00:17:27une croissance démographique
00:17:30qui va se produire notamment en Afrique du Nord
00:17:34et au Moyen-Orient.
00:17:36On a vu tout à l'heure que c'était une zone
00:17:38très consommatrice et très dépendante de blé.
00:17:42En Asie centrale et du Sud,
00:17:45c'est la courbe bleu clair,
00:17:47on a vu des pays comme l'Indonésie,
00:17:48qui était le Bangladesh,
00:17:50qui était dépendant en blé.
00:17:53Et puis surtout,
00:17:54en Afrique subsaharienne,
00:17:57qui ne concerne pas beaucoup de blé par habitant,
00:18:00mais qui est quasi totalement dépendant,
00:18:03puisque la population va passer
00:18:05de 1 à 2 milliards d'habitants.
00:18:08Donc là, on est même sur un horizon 2050.
00:18:11Donc en gros,
00:18:13ce que je suis en train de vous dire,
00:18:15je ne sais pas si vous comprenez comme ça,
00:18:18mais c'est un peu le sens du message,
00:18:19c'est que la situation,
00:18:21elle est déjà déséquilibrée au jour d'aujourd'hui.
00:18:26Elle peut donner lieu à des tensions
00:18:29ou à des jeux de pression
00:18:32sur l'alimentation en blé.
00:18:34et les sources de tensions,
00:18:39c'est-à-dire le nombre d'humains sur Terre,
00:18:43les sources de tensions vont aller en augmentant.
00:18:47Notamment puisque l'augmentation de la population
00:18:49va se faire principalement
00:18:51dans des zones qui sont dépendantes
00:18:54de la production de blé.
00:18:58Une graphique,
00:18:59l'Everest alimentaire,
00:19:01n'est-il pas derrière nous ?
00:19:03Pourquoi derrière nous ?
00:19:04Ça, je ne comprends pas la question, Sean.
00:19:07C'est en 2080,
00:19:09le graphique précédent là ?
00:19:122080 ?
00:19:14On voit que la très forte croissance,
00:19:17elle est entre 1950 et 2030
00:19:21et qu'après,
00:19:23ça a tendance à se stabiliser,
00:19:25tu vois,
00:19:25sur les projections.
00:19:27Oui, mais juste,
00:19:28oui, mais tout à fait.
00:19:29Oui, tout à fait,
00:19:34mais on n'est pas au pic déjà.
00:19:37Et d'autre part,
00:19:39ce qui apparaît aujourd'hui,
00:19:44je veux dire,
00:19:45parce que là,
00:19:46je parle en fait
00:19:47de la pression à la hausse
00:19:48sur le besoin d'alimentation,
00:19:50mais nous sommes bien entendu
00:19:51tous conscients
00:19:52qu'en réalité,
00:19:54on a les problématiques
00:19:55des ressources
00:19:57et du réchauffement climatique
00:19:59qui exercent des pressions,
00:20:01pour la plupart des critères,
00:20:03des pressions à la baisse
00:20:04sur la demande agricole.
00:20:06Et c'est pour ça que
00:20:08cette Everest,
00:20:10en tout cas,
00:20:11de population
00:20:11va être un vrai challenge
00:20:13pour la production agricole,
00:20:16puisque bien entendu,
00:20:17on ne pourra plus produire
00:20:19avec les mêmes façons de faire
00:20:23qu'on a fait jusqu'à présent
00:20:25et pour attaquer
00:20:27les pentes de l'Everest.
00:20:35Ok.
00:20:38Alors,
00:20:40là,
00:20:41moi,
00:20:41sur cette séquence-là,
00:20:42pourquoi le blé
00:20:45est-il un sujet
00:20:46de géopolitique ?
00:20:48J'ai terminé cette partie-là
00:20:49et je vais attaquer la partie
00:20:50sur de la géopolitique,
00:20:52comment on fait ?
00:20:54Est-ce qu'il y a
00:20:54d'autres questions ?
00:20:56Les Russes ont déjà eu l'arme alimentaire ?
00:20:58Oui,
00:20:59oui,
00:20:59tout à fait,
00:21:00on va voir le mécanisme
00:21:02tout à l'heure.
00:21:05Ok.
00:21:06Pas de questions ?
00:21:07On continue.
00:21:08Alors,
00:21:10comment on fait
00:21:11de la géopolitique ?
00:21:14Là,
00:21:15cette carte-là
00:21:16est extraite,
00:21:18si vous avez envie de lire,
00:21:20le premier que je vous conseille,
00:21:21c'est vraiment
00:21:22la géopolitique du blé.
00:21:23L'autre,
00:21:23un peu plus général,
00:21:24il est dans la biographie,
00:21:26c'est la classe
00:21:28des politiques agricoles
00:21:29et agroalimentaires
00:21:30de Philippe Ducroquet
00:21:31et Jean-Paul Charvet.
00:21:34C'est une vue globale
00:21:36sur les problématiques mondiales
00:21:37de l'alimentation,
00:21:39incluant effectivement
00:21:40les problématiques
00:21:41de ressources en eau,
00:21:42de réchauffement climatique
00:21:43et autres.
00:21:44Et surtout,
00:21:45c'est des monographies
00:21:45pays par pays
00:21:46et c'est extrêmement intéressant
00:21:48de voir
00:21:49comment certains pays
00:21:51arrivent à s'en sortir
00:21:52par des politiques
00:21:53publiques agricoles
00:21:54judicieuses.
00:21:57Et comment d'autres
00:21:59ont du mal
00:22:00à s'en sortir.
00:22:01Cette carte,
00:22:02elle est extraite de ça.
00:22:04On a vu tout à l'heure
00:22:05que les États-Unis
00:22:06étaient le troisième
00:22:07exportateur mondial
00:22:08de blé.
00:22:09Mais là,
00:22:10on est sur des périodes
00:22:13des années 50
00:22:14aux années 90.
00:22:17Et l'auteur lui-même,
00:22:20ce n'est pas moi
00:22:21qui le dis,
00:22:22c'est l'auteur lui-même
00:22:23qui l'aissait de cas
00:22:25pour dire
00:22:25que la géographie
00:22:26de l'aide alimentaire
00:22:27des États-Unis
00:22:29a été redéployée
00:22:30en fonction
00:22:34de la géostratégie
00:22:35diplomatique
00:22:36du pays.
00:22:37Et alors,
00:22:38quand on regarde un peu,
00:22:39on comprend,
00:22:40le Japon,
00:22:41si on commence
00:22:42par la droite,
00:22:42le Japon,
00:22:43la Corée du Sud,
00:22:44Taïwan,
00:22:45qu'est-ce qu'il y a
00:22:45à Taïwan ?
00:22:49À part le fait
00:22:49que ce soit
00:22:50une petite île
00:22:51que les Chinois
00:22:52revendiquent
00:22:52et que tout le monde
00:22:53s'interroge
00:22:53pourquoi ils n'y sont
00:22:54pas déjà allés
00:22:55comme les Russes
00:22:56ont fait en Ukraine.
00:22:57TMSC,
00:22:58oui.
00:22:58Des puces ?
00:23:00Des puces,
00:23:01oui.
00:23:02À Taïwan,
00:23:02il y a des puces.
00:23:03La plus grande usine
00:23:05de fabrication
00:23:06de microprocesseurs
00:23:07du monde
00:23:07est à Taïwan.
00:23:09Oui,
00:23:09c'est plus de 90%
00:23:10du marché mondial.
00:23:12Des puces.
00:23:13Je pense que
00:23:14si les États-Unis
00:23:16s'intéressent à Taïwan,
00:23:17ça ne doit pas être
00:23:18que pour la beauté
00:23:19des paysages.
00:23:22Taïwan est effectivement
00:23:24en termes
00:23:24de géostratégie
00:23:26un lieu
00:23:27d'une importance
00:23:30cruciale.
00:23:31On ne va pas
00:23:32tout passer en revue,
00:23:33simplement
00:23:34les trois points
00:23:35que je voulais
00:23:36vous faire remarquer.
00:23:37Vous posez une question
00:23:39où on voit
00:23:39que l'aide alimentaire
00:23:40a augmenté,
00:23:42l'aide alimentaire
00:23:43des États-Unis
00:23:44a augmenté
00:23:44au fil du temps.
00:23:46Le clair,
00:23:47c'était les années
00:23:4750-60
00:23:48et ensuite,
00:23:49c'est les années
00:23:51plus de 90.
00:23:52C'est l'Indonésie,
00:23:53l'Égypte
00:23:54et le Maroc.
00:23:56Quel est le point commun
00:23:59entre ces trois pays
00:24:02et ces trois endroits ?
00:24:10Égypte-Maroc,
00:24:11on en sait.
00:24:12En Europe,
00:24:13on en a entendu parler.
00:24:14Indonésie,
00:24:16si on ne fait pas
00:24:16de géopolitique,
00:24:18si on ne voyage pas
00:24:19spécialement,
00:24:20on n'en entend jamais parler.
00:24:21Pas de réponse.
00:24:26Maroc,
00:24:27Détroit-Gibraltar,
00:24:31Égypte,
00:24:32voilà,
00:24:34canal de Suez,
00:24:35on est d'accord,
00:24:36et Indonésie,
00:24:38Détroit-de-Malacca.
00:24:40En Europe,
00:24:41on connaît très peu
00:24:42le Détroit-de-Malacca,
00:24:44pourtant,
00:24:45c'est la voie maritime
00:24:49par laquelle transite
00:24:54tout le fret maritime
00:24:56entre l'océan Indien,
00:24:58qui va passer ici
00:24:59entre la Malaisie
00:25:01et l'Indonésie,
00:25:03l'Indonésie ici
00:25:04au sud-ouest
00:25:06et la Malaisie.
00:25:08Au bout de la Malaisie,
00:25:10il y a la ville-État
00:25:10de Singapour
00:25:11et qui ensuite
00:25:12va remonter
00:25:14dans l'océan Pacifique
00:25:15pour approvisionner
00:25:17notamment la Chine
00:25:18et le Japon.
00:25:20Le Détroit-de-Malacca,
00:25:21c'est 25%
00:25:22du trafic maritime mondial,
00:25:25c'est 100 000 bateaux par an
00:25:26et c'est 15 millions
00:25:29de barils de pétrole
00:25:30par jour.
00:25:3215 millions,
00:25:33en France,
00:25:34on consomme 1,5 million
00:25:35de barils de pétrole par jour,
00:25:37donc c'est 10 fois
00:25:38la consommation journalière française
00:25:40qui passe par ce Détroit
00:25:41et après le Détroit-Dormuz,
00:25:43c'est le deuxième Détroit-du-Monde
00:25:45par lequel passe
00:25:46le plus de pétrole.
00:25:48Et donc,
00:25:49comme dit,
00:25:49les deux pays
00:25:50qui le bordent,
00:25:51c'est l'Indonésie
00:25:53au sud-ouest
00:25:56et Singapour
00:25:56et la Malaisie
00:25:59à l'ouest.
00:26:01Et tout à l'heure,
00:26:03on avait vu que l'Indonésie
00:26:04était un des pays
00:26:08dépendants
00:26:08et importateurs,
00:26:09un des plus gros importateurs
00:26:10de farine de blé.
00:26:12Donc voilà,
00:26:13pour ce qui est
00:26:13de l'aide alimentaire,
00:26:15un usage,
00:26:16un exemple d'usage
00:26:18qui se faisait.
00:26:20Je reviendrai après
00:26:21à comment les choses
00:26:23ont évolué.
00:26:24Un autre,
00:26:25c'est la Turquie
00:26:26qui est...
00:26:27C'est pareil,
00:26:28je vous donne des exemples,
00:26:29je ne fais pas de théorie,
00:26:30de grande stratégie,
00:26:31je vais juste dérouler
00:26:32des exemples.
00:26:35La Turquie
00:26:36qui est le premier
00:26:37exportateur mondial
00:26:38de farine de blé,
00:26:39alors tout à l'heure,
00:26:40on a vu que c'était
00:26:40un importateur de blé.
00:26:43Du coup,
00:26:44c'est peut-être
00:26:45pour être premier
00:26:45exportateur mondial
00:26:46de farine.
00:26:47Et du coup,
00:26:49cette farine,
00:26:50elle la produit
00:26:50en important son blé
00:26:52de Russie
00:26:52et elle va l'exporter
00:26:54sur les pays
00:26:56en conflit
00:26:58aux alentours,
00:26:59la Syrie,
00:26:59l'Irak,
00:27:00la Libye
00:27:02et autres.
00:27:02Voilà.
00:27:03Et c'est de l'aide alimentaire.
00:27:07Là,
00:27:08ça fait sur deux diapositives
00:27:09que vous remarquez
00:27:10le terme zone d'intérêt.
00:27:13Zone d'intérêt,
00:27:14quand c'est un chef
00:27:15de mission de défense
00:27:16sécurité qui parle,
00:27:17ça veut dire
00:27:17zone d'intérêt stratégique,
00:27:21économique,
00:27:22politique,
00:27:23militaire,
00:27:25diplomatique,
00:27:26voilà,
00:27:26ça ne veut pas dire
00:27:28zone d'intérêt
00:27:29touristique
00:27:30ou je ne sais pas quoi d'autre.
00:27:32quoi.
00:27:32Mais c'est un terme
00:27:34consacré
00:27:38en défense
00:27:40sécurité
00:27:41internationale.
00:27:43Donc,
00:27:44de l'aide alimentaire.
00:27:51de l'aide alimentaire,
00:27:54des clauses contractuelles
00:27:56dans ces marchés,
00:27:57les pays importateurs de blé,
00:27:59on a vu que l'Algérie,
00:28:00par exemple,
00:28:00était un des plus gros
00:28:02importateurs de blé.
00:28:03donc souvent,
00:28:04les pays créent des sociétés,
00:28:08des sociétés d'État
00:28:10pour assurer ces importations
00:28:12du blé,
00:28:13puisqu'effectivement,
00:28:14en plus,
00:28:14en Algérie,
00:28:15on a vu que la consommation
00:28:16était importante,
00:28:17c'est tellement crucial
00:28:18pour l'alimentation
00:28:19des populations
00:28:20que les autorités
00:28:22veulent diriger
00:28:23ce qui se passe.
00:28:24Et du coup,
00:28:25pour acheter leur blé,
00:28:27ils établissent
00:28:27un cahier des charges.
00:28:29Et donc,
00:28:30jusqu'à il y a à peu près
00:28:31un an,
00:28:32ou un an et demi,
00:28:33je n'ai plus la date exacte,
00:28:35le cahier des charges
00:28:39pour les importations
00:28:40de blé en Algérie
00:28:42stipulait que le blé
00:28:43devait avoir
00:28:43des qualités
00:28:45de panification
00:28:46relativement élevées
00:28:47et disposer,
00:28:50enfin,
00:28:50avoir un taux
00:28:50de parasitisme
00:28:51assez faible.
00:28:53Et donc,
00:28:54de ce fait,
00:28:55certains blés
00:28:56pas chers,
00:28:57mais qui ne répondaient
00:28:58pas à ces critères
00:28:59de qualité,
00:29:00ne se positionnaient pas
00:29:04sur ce cahier des charges
00:29:06et donc ne pouvaient
00:29:07pas être importés.
00:29:09Et donc,
00:29:10le blé français
00:29:12y répondait
00:29:13et donc pouvait
00:29:15être importé
00:29:15en Algérie.
00:29:17Il ne nous a pas échappé
00:29:18que depuis quelques mois
00:29:22ou un, deux, trois ans,
00:29:25la situation diplomatique
00:29:27politique entre la France
00:29:29et l'Algérie
00:29:29s'est tendue.
00:29:32D'autre part,
00:29:34comme quelqu'un
00:29:35a dit tout à l'heure,
00:29:36l'utilisation du russe
00:29:37avec le blé,
00:29:38mais plus généralement,
00:29:41le développement
00:29:45des intérêts russes
00:29:46en Afrique,
00:29:48enfin,
00:29:48ce développement continu.
00:29:51et du coup,
00:29:52l'Algérie
00:29:52a modifié
00:29:53les critères
00:29:54de son cahier des charges
00:29:56en acceptant
00:29:57un taux de parasitisme
00:29:58un petit peu plus élevé,
00:29:59plus élevé,
00:30:00on va dire,
00:30:01en étant moins exigeant
00:30:03sur les critères
00:30:03de panification
00:30:04et du coup,
00:30:05des blés moins chers
00:30:06ont pu répondre
00:30:07aux critères
00:30:08du cahier des charges
00:30:09et il se trouve
00:30:10que ce sont des blés russes.
00:30:17Je pense qu'il n'y a pas besoin
00:30:18d'être grand clair
00:30:19pour considérer
00:30:20que ce n'est pas
00:30:22nécessairement
00:30:22l'industrie
00:30:23de la manoeuvie algérienne
00:30:24qui est derrière
00:30:26l'évolution
00:30:27de ces critères.
00:30:30Intérêt financier
00:30:30et sécurité intérieure.
00:30:32Acheter du blé
00:30:33à la Russie,
00:30:33pas cher
00:30:34et vendre de la farine
00:30:35sur le marché mondial.
00:30:36Oui, tout à fait.
00:30:37Oui, oui.
00:30:37Donc, là,
00:30:38il y a un commentaire
00:30:38de Sabine
00:30:39qui nous dit
00:30:40d'acheter du blé
00:30:41pas cher
00:30:41et vendre de la farine
00:30:42sur le marché mondial.
00:30:43Donc, là,
00:30:44on revient au cas
00:30:44de la Turquie.
00:30:45Tout à fait.
00:30:46C'est...
00:30:47Comment dire ?
00:30:50Moi, je vous donne des faits.
00:30:52Après,
00:30:54on se doute bien
00:30:55que toute cette chaîne...
00:30:57Donc, là,
00:30:57je suis sur le commentaire
00:30:58de Sabine
00:30:59par rapport
00:31:00à la transformation
00:31:01en farine.
00:31:02On se doute bien
00:31:03que tout ça,
00:31:05c'est de la géopolitique.
00:31:07Voilà.
00:31:08Mais j'ai...
00:31:09Comment dire ?
00:31:10Pour éviter d'être
00:31:11trop manichéen,
00:31:13j'ai voulu montrer aussi
00:31:15que les États-Unis
00:31:18en ont fait aussi.
00:31:20Voilà.
00:31:21il ne s'agit pas
00:31:22d'être manichéen
00:31:22en disant
00:31:23les uns sont grandis,
00:31:24les autres sont méchants,
00:31:25quoi que ce soit,
00:31:26ou les uns font du droit humanitaire
00:31:28et les autres font
00:31:29que de la géostratégie.
00:31:30Voilà.
00:31:31Moi, je donne des faits
00:31:33et cette utilisation géostratégique,
00:31:35on la trouve un peu partout
00:31:36et chez tout le monde.
00:31:40le cahier des charges.
00:31:43Une autre manière
00:31:47de faire de la géopolitique
00:31:49quand on a les moyens,
00:31:49mais ce n'est pas compliqué,
00:31:50c'est d'acheter,
00:31:51d'acheter les négociants
00:31:54en céréales et oléagineux.
00:31:58Sur la gauche de la diapositive,
00:32:00vous voyez
00:32:01les sept entreprises mondiales,
00:32:06les sept entreprises mondiales,
00:32:08enfin,
00:32:08les sept entreprises internationales
00:32:10qui réalisent 50% du commerce
00:32:12des céréales et des oléagineux,
00:32:15chez Daniel Midlands,
00:32:16américain,
00:32:17Binge,
00:32:17Cargill,
00:32:18américain,
00:32:19Dreyfus,
00:32:20on va dire hollandais,
00:32:22Kofko chinois,
00:32:23Vitera,
00:32:24je ne sais pas trop,
00:32:25canadien,
00:32:26sud-africain,
00:32:27c'est composé de plein de...
00:32:30n'ont pas arrêté de racheter
00:32:31les négociants intermédiaires
00:32:33et holland,
00:32:34singapourien.
00:32:38Et donc,
00:32:40en tout cas,
00:32:41il y en a
00:32:43deux qui sont
00:32:44identifiés comme tels.
00:32:46Les pays,
00:32:48on a vu tout à l'heure,
00:32:49Moyen-Orient,
00:32:50très consommateurs de blé
00:32:51et au contraire,
00:32:52très dépendants.
00:32:54Donc,
00:32:57c'est...
00:32:59ces pays du Golfe
00:33:00qui disposent
00:33:01de fonds souverains,
00:33:02grâce à la rente pétrolière,
00:33:04créent des sociétés
00:33:06nationales d'investissement.
00:33:07Donc,
00:33:08il est clairement dit,
00:33:09de manière ouverte,
00:33:10ce n'est pas...
00:33:11ce n'est pas de l'espionnage
00:33:13ou du secret ou quoi,
00:33:14ce sont des sociétés
00:33:15qui sont là
00:33:17pour répondre
00:33:18à leur stratégie nationale
00:33:19de sécurité alimentaire.
00:33:20Et en fait,
00:33:21grâce aux fonds souverains,
00:33:22ils vont acheter,
00:33:24tout simplement,
00:33:26des grosses entreprises
00:33:29de commerce
00:33:31alimentaire.
00:33:33L'Arabie Saoudite,
00:33:34les initiales
00:33:35que je vous ai mis,
00:33:35c'est l'acronyme
00:33:38de la société,
00:33:39mais peu importe,
00:33:40l'Arabie Saoudite
00:33:41a acheté complètement
00:33:42la branche agriculture
00:33:44et agroalimentaire
00:33:45d'Olam,
00:33:46parce qu'Olam
00:33:47fait aussi
00:33:48des ressources minières.
00:33:53et les Émirats
00:33:54d'Abu Dhabi
00:33:55ont acheté
00:33:56à 45%
00:33:59la société
00:34:00Dreyfus,
00:34:01c'est pour ça
00:34:02que j'ai mis en pointillé,
00:34:03ils n'ont pas acheté
00:34:04en totalité
00:34:05à 45%.
00:34:06Et donc,
00:34:07juste pour info,
00:34:08depuis quelques mois,
00:34:09on a appris
00:34:10que la même société
00:34:12d'Émirats
00:34:13d'Abu Dhabi
00:34:14est montée
00:34:14au capital
00:34:15de l'Imagrin,
00:34:17notre semencier
00:34:20que l'on croit
00:34:21régional,
00:34:22mais qui est quand même
00:34:23le quatrième producteur
00:34:25de semences
00:34:25dans la planète.
00:34:27Voilà,
00:34:28donc ça y est,
00:34:29ils sont à côté
00:34:29de Clermont-Ferrand.
00:34:37L'acquisition
00:34:38d'acteurs clés
00:34:39et après,
00:34:40on va se pencher
00:34:41effectivement
00:34:41sur ce que
00:34:43Cécile nous disait
00:34:44tout à l'heure,
00:34:45l'histoire
00:34:45de l'arme alimentaire
00:34:46et tu as raison,
00:34:47Cécile,
00:34:48d'utiliser
00:34:48le terme
00:34:48d'arme alimentaire
00:34:49parce que
00:34:55autant l'Europe
00:34:57produit naturellement
00:34:58du blé,
00:34:59enfin l'Union Européenne
00:35:00produit naturellement
00:35:01du blé,
00:35:02voilà,
00:35:02autant pour le cas
00:35:03de la Russie,
00:35:04c'est vraiment
00:35:05quelque chose
00:35:06qui a été construit.
00:35:09En fait,
00:35:10du temps
00:35:10de l'URSS,
00:35:11les greniers à blé
00:35:12de l'URSS,
00:35:13c'était l'Ukraine
00:35:14et le Kazakhstan.
00:35:15On les a vus
00:35:15aujourd'hui,
00:35:16ils sont toujours
00:35:17dans le top 10
00:35:18des exportateurs
00:35:19mondiaux
00:35:19de blé.
00:35:21Et avec
00:35:21l'éclatement
00:35:22de l'URSS,
00:35:24en fait,
00:35:24la Russie
00:35:25elle-même
00:35:26ne produisait
00:35:28même pas suffisamment
00:35:29de blé
00:35:30pour sa consommation.
00:35:33d'autre part,
00:35:35ça c'est quelque chose
00:35:36qui est assez
00:35:38remarquable.
00:35:40Le réchauffement
00:35:41climatique,
00:35:42on le voit toujours
00:35:43comme une contrainte
00:35:44à la baisse
00:35:47sur la production
00:35:49agricole,
00:35:50ce qui est vrai.
00:35:52Pour autant,
00:35:53quand on dit
00:35:54que les températures
00:35:55vont augmenter
00:35:56et remonter
00:35:57petit à petit
00:35:58vers le nord,
00:35:59là,
00:35:59dans l'hémisphère nord,
00:36:00on s'aperçoit
00:36:01que dans l'hémisphère nord,
00:36:03on a quand même
00:36:03encore beaucoup
00:36:04de terres froides
00:36:05qui, jusqu'à présent,
00:36:07n'étaient pas propices
00:36:07à la culture du blé.
00:36:10Et donc,
00:36:10les scientifiques
00:36:11ont calculé,
00:36:12c'est un chiffre
00:36:13qui figure
00:36:13dans la géopolitique
00:36:14du blé
00:36:14de Sébastien Abyss,
00:36:16ont calculé
00:36:17que les surfaces
00:36:19propices
00:36:20à la culture du blé
00:36:21augmenteraient
00:36:22de 17%
00:36:23sous l'effet
00:36:24du réchauffement
00:36:25climatique.
00:36:26Et quand on regarde
00:36:28les pays
00:36:28de l'hémisphère nord
00:36:31qui ont des surfaces
00:36:32froides
00:36:32qui vont se réchauffer,
00:36:34un des pays
00:36:35qui est principalement
00:36:36concerné,
00:36:37eh bien,
00:36:37c'est la Russie.
00:36:39Ce qu'il faut quand même
00:36:40avoir en perspective,
00:36:41c'est que
00:36:43d'autres effets
00:36:45du réchauffement climatique,
00:36:46là,
00:36:46on parle des surfaces,
00:36:48mais d'autres effets
00:36:49du réchauffement climatique,
00:36:50et on commence
00:36:50à les voir aujourd'hui
00:36:51dans les premiers chiffres,
00:36:52ont des effets négatifs
00:36:54sur les rendements.
00:36:55Donc,
00:36:55ça ne veut pas dire
00:36:56parce qu'on augmente
00:36:56de 17% des surfaces,
00:36:58on va augmenter
00:36:58de 17% la production,
00:37:00parce que,
00:37:01notamment,
00:37:01la problématique
00:37:02de la ressource en eau,
00:37:04elle va peut-être jouer
00:37:05pour faire en sorte
00:37:06que les rendements
00:37:06sur ces surfaces
00:37:07soient beaucoup plus faibles
00:37:08que ce qu'on a connu
00:37:09jusqu'à présent.
00:37:10Toujours est-il
00:37:11que la Russie
00:37:13s'est construite
00:37:16une capacité
00:37:19initialement
00:37:19d'autosuffisance
00:37:21en blé,
00:37:22mais même,
00:37:23finalement,
00:37:23d'exportation.
00:37:25Et quand on regarde
00:37:26l'évolution
00:37:27des exportations
00:37:29de blé
00:37:31de la Russie
00:37:32depuis 2000,
00:37:35finalement,
00:37:35ces exportations
00:37:36sont régulièrement
00:37:37en augmentation
00:37:39jusqu'à occuper
00:37:41au jour d'aujourd'hui
00:37:42la place
00:37:43de premiers exportateurs
00:37:45mondiaux.
00:37:45mondiaux.
00:37:46Alors,
00:37:48comment dire,
00:37:52on peut penser
00:37:53ce qu'on veut,
00:37:54enfin,
00:37:54comment dire,
00:37:55les motifs
00:37:56pour lesquels
00:37:57cette production
00:37:58a été développée
00:37:59à ce point
00:37:59ne sont pas écrits.
00:38:02Simplement,
00:38:02quand on connaît
00:38:03l'histoire,
00:38:05quand on a vu
00:38:05les éléments
00:38:06de géopolitique
00:38:07avant,
00:38:08on peut penser
00:38:09que c'est pas forcément
00:38:11pour des raisons
00:38:11humanitaires
00:38:12que ces capacités
00:38:15d'exportation
00:38:16ont été développées.
00:38:21Donc ça,
00:38:22c'est quelque chose
00:38:23dont on a beaucoup
00:38:23entendu parler
00:38:24ces dernières années,
00:38:25c'est la carte
00:38:26des pays en bleu
00:38:27qui sont dépendants
00:38:28des exportations
00:38:29russes et ukrainiennes.
00:38:30Pourquoi souvent
00:38:30on cumule les deux ?
00:38:31C'est parce qu'en réalité,
00:38:33les deux sortent
00:38:33par la mer noire.
00:38:34Donc avec le conflit
00:38:35russo-ukrainien,
00:38:38ce sont d'une part
00:38:40une partie
00:38:41des capacités
00:38:42ukrainiennes
00:38:43qui ont été
00:38:44détruites,
00:38:45mais surtout
00:38:46la quasi-totalité
00:38:48des capacités
00:38:49d'exportation
00:38:50de l'Ukraine
00:38:50qui ont été
00:38:55fermées.
00:38:57Le basculement
00:38:58de surface
00:38:58de blé
00:38:59de printemps
00:38:59plus productif
00:39:00vers du blé
00:39:00d'hiver.
00:39:01D'accord.
00:39:03Philippe nous dit
00:39:04qu'effectivement,
00:39:06ils produisent
00:39:07du blé
00:39:09d'hiver
00:39:09plus productif.
00:39:10Et justement,
00:39:11est-ce que c'est
00:39:11parce que sous
00:39:12l'effet du réchauffement
00:39:13climatique,
00:39:14ils peuvent maintenant
00:39:15se permettre
00:39:15de cultiver
00:39:17du blé d'hiver
00:39:17et du coup
00:39:18d'être en plus
00:39:19plus productif ?
00:39:20Je ne suis pas
00:39:22agronome.
00:39:23En tout cas,
00:39:24merci pour
00:39:25l'information.
00:39:28Donc effectivement,
00:39:31dépendant
00:39:32des pays,
00:39:32on va retrouver
00:39:33tous nos pays
00:39:36du Moyen-Orient,
00:39:37du Golfe,
00:39:39d'Afrique,
00:39:40voilà.
00:39:41Et puis,
00:39:42je rappelle,
00:39:43le début
00:39:44de la guerre
00:39:45en Ukraine,
00:39:45c'était
00:39:46mars 2022.
00:39:47Et là,
00:39:48on est
00:39:49le 3 juin
00:39:502022,
00:39:52quelques mois
00:39:52après.
00:39:55Je ne sais pas
00:39:56si vous avez
00:39:57noté cette information
00:39:59quand elle est
00:39:59période à l'époque,
00:40:01Macky Sall,
00:40:03président du Sénégal,
00:40:05dépendant
00:40:05à 65%
00:40:07des blés
00:40:09russes
00:40:09et ukrainiens,
00:40:10mais président
00:40:11de l'Union
00:40:12africaine,
00:40:12surtout,
00:40:13c'est à ce titre-là
00:40:14qu'il s'est rendu
00:40:15à Sochi,
00:40:15ville banère
00:40:16de la mer Noire,
00:40:17pour rencontrer
00:40:18Vladimir Poutine
00:40:20qu'il a chaleureusement
00:40:21accueilli,
00:40:21selon certaines
00:40:23presses africaines,
00:40:26de la presse russe.
00:40:29Et l'objet
00:40:31de Macky Sall
00:40:32était de demander
00:40:33la levée
00:40:34des sanctions
00:40:36occidentales
00:40:38contre la Russie.
00:40:40Voilà.
00:40:41Donc là,
00:40:42j'ai
00:40:45utilisé
00:40:46dans mes titres
00:40:47précédents
00:40:48le terme
00:40:48« instaurer une dépendance »
00:40:50parce que
00:40:52de toute évidence,
00:40:54c'est une dépendance
00:40:55qui a été
00:40:55construite
00:40:56et qui ensuite
00:40:58est utilisée
00:40:59dans le cadre
00:41:01d'objectifs
00:41:03stratégiques
00:41:06qui n'ont pas
00:41:07forcément
00:41:07à voir
00:41:07uniquement
00:41:08avec le blé.
00:41:10Donc voilà
00:41:11cette histoire
00:41:15russe
00:41:15de la dépendance.
00:41:17Alors,
00:41:17jusqu'à présent,
00:41:20j'ai été
00:41:21un peu,
00:41:22comment dire,
00:41:23j'ai présenté
00:41:24une version
00:41:24pas forcément
00:41:26très
00:41:26très
00:41:28positive
00:41:28ou désintéressée
00:41:29de faire
00:41:30de la géopolitique
00:41:31du blé.
00:41:34Alors,
00:41:35ok,
00:41:36c'est manichéen
00:41:36ce que je fais.
00:41:38Quand on parle
00:41:39des autres,
00:41:39ils font des choses
00:41:40pas très gentilles.
00:41:41Nous,
00:41:41on est des gentils.
00:41:43Si quelqu'un
00:41:44croit que je suis naïf,
00:41:46tant mieux,
00:41:46c'est que je suis
00:41:47un bon honteur
00:41:49et j'arrive bien
00:41:50à faire croire
00:41:50des choses.
00:41:53Donc,
00:41:53malgré le côté
00:41:54un peu manichéen
00:41:55de se dérouler,
00:41:59on peut aussi
00:42:00utiliser
00:42:01l'alimentation.
00:42:02Alors,
00:42:02là,
00:42:02je parle plus
00:42:03généralement
00:42:04de l'alimentation
00:42:04du pack du blé
00:42:06pour installer
00:42:06la paix
00:42:07et la stabilité
00:42:08au sein
00:42:08d'un ensemble
00:42:09régional.
00:42:10Si on prend
00:42:10l'exemple
00:42:11de la construction
00:42:12européenne,
00:42:13la construction
00:42:13européenne
00:42:14qui s'est faite,
00:42:16alors,
00:42:16je parle de la partie
00:42:17qui s'est faite
00:42:17après la Deuxième
00:42:18Guerre mondiale.
00:42:21En réalité,
00:42:21la construction
00:42:22a commencé bien
00:42:22avant la partie
00:42:25qui s'est faite
00:42:26après la Deuxième
00:42:27Guerre mondiale.
00:42:27Qu'est-ce qu'on fait ?
00:42:29On met en commun
00:42:32les moyens
00:42:32de la guerre.
00:42:33En 1954,
00:42:35la communauté
00:42:35économique
00:42:36du charbon
00:42:36et de l'acier.
00:42:37Comme ça,
00:42:38on se dit
00:42:38qu'au moins
00:42:40on ne sera plus
00:42:41la guerre
00:42:41entre nous.
00:42:43En 1957,
00:42:44le traité
00:42:44de Rome,
00:42:46on annule
00:42:47les barrières
00:42:47douanières,
00:42:48ces fameuses
00:42:49tarifs douaniers
00:42:50dont on voit
00:42:51que ça peut être
00:42:52des sujets
00:42:53de guerre
00:42:54commerciale
00:42:55puissants
00:42:56et irritants.
00:42:57Et ensuite,
00:42:58une fois qu'on a fait ça,
00:42:59on a dit
00:43:00qu'on n'a plus
00:43:01trop les moyens
00:43:02de se faire la guerre,
00:43:03qu'est-ce qu'on fait
00:43:03maintenant ?
00:43:06Deuxième priorité,
00:43:07après,
00:43:08s'assurer
00:43:09de faire la paix,
00:43:09c'est nourrir
00:43:10la population
00:43:10et en 1962,
00:43:12on instaure
00:43:13la politique
00:43:13agricole
00:43:14commune.
00:43:15Et effectivement,
00:43:16dès le traité
00:43:17de Rome,
00:43:18j'ai repris
00:43:18la petite phrase
00:43:19que la politique
00:43:21agricole commune
00:43:23a pour but,
00:43:23elle en a plusieurs,
00:43:24mais de garantir
00:43:26la sécurité
00:43:26des approvisionnements,
00:43:28ça,
00:43:28on le trouve
00:43:32dès le traité
00:43:33de Rome,
00:43:34dès les objectifs
00:43:34de la paix de 1962
00:43:36et on va la retrouver
00:43:37inchangée
00:43:38dans les différents
00:43:40traités
00:43:41qui ont constitué
00:43:42petit à petit
00:43:43l'évolution
00:43:44de la CEE
00:43:45vers l'Union européenne.
00:43:46On y a ajouté,
00:43:47bien entendu,
00:43:48ces dernières années,
00:43:50des objectifs
00:43:51de préservation
00:43:52des ressources
00:43:53et de l'environnement.
00:43:55Donc voilà,
00:43:56une autre manière
00:43:57aussi de faire
00:43:58de la géopolitique,
00:44:00là,
00:44:01plutôt de l'alimentation.
00:44:04Cécile,
00:44:04nouvelle stratégie
00:44:05de la Chine,
00:44:07achat de...
00:44:07Oui, oui,
00:44:08alors,
00:44:09achat de terre
00:44:09en Afrique,
00:44:10très bien,
00:44:11merci.
00:44:11Cécile,
00:44:12nous fait un commentaire
00:44:13en disant,
00:44:14nouvelle stratégie
00:44:15de la Chine,
00:44:15achat de terre
00:44:16en Afrique.
00:44:16Voilà,
00:44:17là,
00:44:18je vous ai parlé
00:44:18de géopolitique
00:44:20du blé,
00:44:21pourquoi le blé
00:44:22est intéressant
00:44:23et utilisé,
00:44:23comment on peut
00:44:24faire la géopolitique,
00:44:25mais à la géopolitique
00:44:28du blé
00:44:29va être liée
00:44:30également
00:44:30la géopolitique
00:44:32de tout ce
00:44:32qu'on utilise
00:44:33et de tout
00:44:34ce dont on a besoin
00:44:36pour produire du blé.
00:44:38Et donc,
00:44:39on va aussi faire
00:44:40la géopolitique du blé
00:44:41en intervenant
00:44:42sur les moyens
00:44:43de la production,
00:44:43l'eau,
00:44:45les terres agricoles,
00:44:47Cécile,
00:44:47tu viens de nous le dire,
00:44:48l'acquisition
00:44:49de terres agricoles
00:44:50par la Chine
00:44:51en Afrique,
00:44:52les semences,
00:44:53je vous l'ai dit
00:44:54tout à l'heure,
00:44:54Abu Dhabi
00:44:55est entré
00:44:56au capital
00:44:56de l'Immagra,
00:44:59sur les semences,
00:45:00la Chine a racheté
00:45:01le troisième
00:45:02semenci mondial,
00:45:03ils étaient
00:45:03en suffisant
00:45:04en semences,
00:45:05ils avaient de l'argent,
00:45:05paf,
00:45:06j'achète
00:45:06le troisième
00:45:07semenci mondial
00:45:07qui était suisse
00:45:08et ils avaient proposé
00:45:10au départ
00:45:10380 francs-suisses
00:45:12l'action
00:45:12mais ce n'était pas
00:45:13suffisant
00:45:14pour les actionnaires
00:45:15alors ils ont eu
00:45:151,420
00:45:16et puis les actionnaires
00:45:16ont été d'accord
00:45:17au rang
00:45:17et boum
00:45:18la société suisse
00:45:19s'est passée
00:45:19en Chine.
00:45:20On peut le faire
00:45:21sur les produits
00:45:22phytosanitaires,
00:45:23le machinisme agricole,
00:45:24les systèmes
00:45:25d'information agricole
00:45:26et notamment
00:45:27la soie
00:45:28de la cyberattaque,
00:45:30la cybersécurité
00:45:31mais aussi
00:45:32la donnée agricole.
00:45:34Aujourd'hui,
00:45:35les entreprises
00:45:36qui fournissent
00:45:38des systèmes
00:45:38d'information
00:45:39aux agriculteurs
00:45:40pour suivre
00:45:42leur culture
00:45:43disposent
00:45:44de données
00:45:44quasiment plus précises
00:45:46et plus complètes
00:45:47que les États
00:45:48sur l'état
00:45:50de l'agriculture
00:45:53aux endroits
00:45:54où sont installés
00:45:55leurs clients.
00:45:56La main-d'œuvre,
00:45:57comment on peut jouer
00:45:58en termes de géopolitique
00:45:59sur la main-d'œuvre
00:46:00agricole ?
00:46:02Et là,
00:46:03c'est Laurence
00:46:04que j'attends,
00:46:05Richie Mour,
00:46:06notre communicatrice
00:46:09que j'attends
00:46:10pour une éventuelle réponse
00:46:12en intervenant
00:46:13sur la réseau social
00:46:14par exemple
00:46:15pour dénigrer
00:46:17l'agriculture,
00:46:19dire tout ce que
00:46:20l'agriculture
00:46:21fait de mal
00:46:22et de pas bien
00:46:22et pour faire en sorte
00:46:24que les nouvelles générations
00:46:25n'aient pas du tout
00:46:26en guérir.
00:46:27Ils ne sont plus pas dedans.
00:46:29Et puis comme ça,
00:46:31les pays
00:46:32qui ont fragilisé
00:46:34ceux qui sont acteurs
00:46:35de cette influence,
00:46:38on arrive bien
00:46:39à influencer
00:46:40les élections,
00:46:41alors pourquoi
00:46:42on n'arriverait pas
00:46:43à influencer
00:46:44l'humain d'œuvre ?
00:46:46Surtout au prix des jeunes,
00:46:47comme c'est facile.
00:46:48Voilà,
00:46:49tout à fait.
00:46:50Donc,
00:46:51on va bien avoir besoin
00:46:53de notre appareil
00:46:54d'enseignement agricole
00:46:55pour contrecarrer
00:46:56un petit peu tout ça
00:46:57et arriver
00:46:58à renouveler
00:46:59les générations.
00:47:02Géopolitique des engrais,
00:47:03j'en avais parlé
00:47:04un petit peu
00:47:04dans mon intervention
00:47:08sur la souveraineté alimentaire.
00:47:12le Maroc
00:47:13est le premier
00:47:14exportateur mondial
00:47:15d'engrais phosphatés
00:47:16et ils sont assis
00:47:17sur la plus grande
00:47:18réserve mondiale
00:47:19de phosphate.
00:47:20L'année dernière,
00:47:21il me semble que
00:47:22c'était l'année dernière,
00:47:23ils étaient invités
00:47:23d'honneur
00:47:24au salon de l'agriculture.
00:47:27Voilà.
00:47:28Certes,
00:47:28nos producteurs
00:47:28ne sont pas très contents
00:47:31parce qu'il faut
00:47:34emporter des tomates
00:47:35marocaines,
00:47:37mais bon,
00:47:40l'Union européenne
00:47:41et la France
00:47:41sont indépendantes
00:47:42à peu près
00:47:42à 50%
00:47:45des engrais
00:47:46qu'elles utilisent.
00:47:51Et également,
00:47:52intervenir
00:47:52sur les modalités
00:47:53d'échange,
00:47:54les transports routiers,
00:47:55ferrés,
00:47:56les voies maritimes,
00:47:56je parlais tout à l'heure
00:47:57des détroits,
00:47:58les taxes douanières,
00:47:59ça,
00:47:59on n'arrête pas
00:48:00d'en entendre parler
00:48:01en ce moment.
00:48:02L'impact
00:48:03sur du conflit
00:48:05actuel
00:48:07en Iran
00:48:09avec la quasi-fermeture
00:48:12du détroit
00:48:13d'Hormuz,
00:48:14on a
00:48:1533%
00:48:16des engrais
00:48:17qui passent
00:48:18par le détroit
00:48:19d'Hormuz
00:48:23parce qu'il y a
00:48:25des pays
00:48:26du Golfe
00:48:26qui ont
00:48:27des ressources
00:48:28minières
00:48:29un petit peu
00:48:29en phosphate
00:48:30et en potasse,
00:48:31mais c'est surtout
00:48:31parce que les engrais
00:48:32azotés sont produits
00:48:33à partir de gaz
00:48:34naturel.
00:48:38et donc
00:48:39les deux premiers
00:48:46exportateurs
00:48:47d'engrais
00:48:48azotés,
00:48:49c'est la Russie
00:48:51et la Chine,
00:48:53les troisième
00:48:54et le quatrième,
00:48:56c'est le Qatar
00:48:57et l'Arabie saoudite,
00:48:59bon,
00:48:59ce sont des pays
00:49:00qui ont du gaz,
00:49:02et le cinquième
00:49:05qui finalement
00:49:06n'est pas affecté
00:49:07par la fermeture
00:49:08du détroit d'Hormuz,
00:49:09la Chine ne l'est pas
00:49:10non plus,
00:49:10mais c'est la Chine,
00:49:12le cinquième,
00:49:12c'est les États-Unis.
00:49:15Voilà,
00:49:15donc
00:49:16quand on lit
00:49:17l'actualité internationale
00:49:19à l'aune
00:49:20des impacts
00:49:21sur l'agriculture,
00:49:23les États-Unis
00:49:24utilisent le levier
00:49:25des OGM
00:49:26et deviennent
00:49:27dépendants
00:49:28des...
00:49:28Oui,
00:49:28tout à fait,
00:49:29oui,
00:49:29oui,
00:49:31Cécile nous dit
00:49:31que les États-Unis
00:49:32utilisent
00:49:34les OGM
00:49:35pour augmenter
00:49:36les productions
00:49:37et deviennent
00:49:38totalement dépendants
00:49:38de ça.
00:49:39Oui,
00:49:40oui,
00:49:40je n'ai plus
00:49:40le taux de pourcentage,
00:49:42mais je crois
00:49:42que c'est plus
00:49:43de 90%
00:49:43de ce qui est cultivé
00:49:45aux États-Unis
00:49:46effectivement
00:49:46et OGM.
00:49:49Et d'ailleurs,
00:49:50au jour d'aujourd'hui,
00:49:51quand on regarde
00:49:51les grands semenciers mondiaux,
00:49:54Monsanto
00:49:54a été rejetés
00:49:56par Bayer,
00:49:57il ne reste plus
00:49:58que Corteva
00:50:00qui est l'alliance
00:50:01de Dupont
00:50:02et je ne sais plus qui.
00:50:04Et sinon,
00:50:04les grands semenciers mondiaux
00:50:06ne sont plus
00:50:07aux États-Unis.
00:50:07Ils sont principalement
00:50:09en Europe
00:50:09et puis celui
00:50:11qui était en Suisse
00:50:12est maintenant
00:50:13chinois,
00:50:14mais le savoir-faire
00:50:15est européen.
00:50:18Donc voilà
00:50:18sur ces aspects
00:50:20blé,
00:50:22géopolitiques
00:50:22du blé
00:50:24défend
00:50:25péniblement
00:50:25la gauche
00:50:25et l'Institut
00:50:27de recherche.
00:50:28Oui,
00:50:28tout à fait,
00:50:28défend
00:50:29péniblement
00:50:29le moyen
00:50:30de son dérisant.
00:50:31Évidemment,
00:50:31bien sûr,
00:50:33c'est un peu
00:50:36le combat
00:50:36de David
00:50:37contre Goliath
00:50:38où si tout le monde
00:50:40ne joue pas
00:50:41le jeu
00:50:41de la préservation
00:50:42des ressources
00:50:45et de la lutte
00:50:46contre le réchauffement
00:50:46climatique,
00:50:48ceux qui ne jouent
00:50:48pas le jeu
00:50:49prennent des longueurs
00:50:50d'avance
00:50:50à très court terme.
00:50:51évidemment.
00:50:53Donc du coup,
00:50:55ce que je vous proposais
00:50:57maintenant,
00:50:57c'est effectivement
00:50:58de se poser la question
00:51:00de l'avenir
00:51:01de la production
00:51:02de blé
00:51:02de l'Union européenne.
00:51:03On a vu
00:51:04l'Union européenne,
00:51:05deuxième exportateur
00:51:07mondial de blé,
00:51:08France,
00:51:09quatrième pays.
00:51:15Un déséquilibre
00:51:16extrêmement important
00:51:17entre les pays
00:51:18consommateurs
00:51:18et les pays producteurs
00:51:19et un déséquilibre
00:51:21qui va aller croissant
00:51:22avec l'évolution
00:51:25démographique
00:51:26attendue
00:51:27dans les décennies
00:51:29à venir
00:51:29et la pression
00:51:32à la baisse
00:51:33sur les capacités
00:51:35de production
00:51:36agricole
00:51:36du fait
00:51:37de la limitation
00:51:37des ressources
00:51:38et du réchauffement
00:51:39climatique
00:51:39hormis la question
00:51:41des surfaces en blé.
00:51:43Donc effectivement,
00:51:44c'est les questions
00:51:45qui sont aujourd'hui
00:51:47sur la table,
00:51:47sur la production
00:51:49de blé.
00:51:50Est-ce qu'on priorise
00:51:52l'auto-approvisionnement
00:51:54de l'Union européenne
00:51:54pour limiter l'impact
00:51:55sur les ressources ?
00:51:57Le diagramme que j'ai mis,
00:51:58c'est le diagramme
00:51:59qu'on appelle
00:51:59les ressources planétaires,
00:52:01ça se trouve
00:52:01sur Wikipédia.
00:52:03Voilà,
00:52:04avec en rouge
00:52:04toutes les ressources
00:52:05qui sont dépassées
00:52:06et ce qu'on entend
00:52:08maintenant
00:52:10dans les informations
00:52:11généralistes,
00:52:12chaque année,
00:52:13malheureusement,
00:52:13de plus en plus tôt,
00:52:15maintenant,
00:52:15ça doit être
00:52:16au mois de juillet,
00:52:17eh bien,
00:52:17ça y est,
00:52:18la planète,
00:52:19c'est le jour
00:52:21du dépassement,
00:52:22c'est-à-dire
00:52:22où on a consommé
00:52:23plus que la planète
00:52:24ne peut renouveler.
00:52:26Voilà,
00:52:27donc du coup,
00:52:27est-ce qu'on dit
00:52:28qu'on arrête
00:52:28d'exporter ?
00:52:30En tout cas,
00:52:31on produit moins
00:52:32et du coup,
00:52:33comme on produit moins,
00:52:34on va déjà
00:52:35s'alimenter nous-mêmes.
00:52:37Mais on a vu
00:52:38qu'il y a quand même
00:52:39un enjeu
00:52:41d'alimentation
00:52:44de la planète,
00:52:45ne serait-ce que
00:52:47quantitativement.
00:52:48Est-ce qu'on essaie
00:52:49quand même
00:52:49de maintenir
00:52:50une capacité exportatrice
00:52:51pour contribuer
00:52:52à nourrir la planète ?
00:52:55Environnementalement parlant,
00:52:56il va falloir trouver
00:52:58les modalités.
00:53:03et où compte tenu
00:53:06de ce qu'on appelle
00:53:09aujourd'hui
00:53:10la russification
00:53:12de l'Afrique
00:53:12et la cinisation
00:53:13de l'Afrique,
00:53:18mais on peut regarder aussi
00:53:19l'extension des BRICS,
00:53:21Brésil, Russie, Inde,
00:53:23Chine,
00:53:23South Africa,
00:53:25qui s'est étendue
00:53:26à l'Iran,
00:53:28alors de tête,
00:53:29je ne les ai plus,
00:53:31l'Ethiopie,
00:53:34voilà,
00:53:34qui s'est étendue
00:53:35à quelques pays
00:53:38qui ne véhiculent
00:53:40pas spécialement
00:53:41de valeur
00:53:41sur le plan
00:53:42de la démocratie
00:53:44des droits
00:53:45de l'homme
00:53:46et de l'État de droit.
00:53:48Ce n'est pas
00:53:48l'objet des BRICS,
00:53:50cette tendance
00:53:51s'étend.
00:53:52Est-ce qu'on essaye
00:53:55de déployer
00:53:56ce que j'appelle
00:53:57une classe de bois,
00:53:59il y en a d'autres
00:53:59qui l'utilisent,
00:54:00mais une diplomatie
00:54:02du blé
00:54:03pour,
00:54:05un peu comme
00:54:06on parlait tout à l'heure
00:54:07de l'aide alimentaire,
00:54:09mais en même temps,
00:54:11essayer de le faire
00:54:12pour promouvoir
00:54:13nos valeurs,
00:54:14pour que les pays
00:54:15ne se ferment pas
00:54:16complètement
00:54:18à l'Union européenne
00:54:19et ne restent pas
00:54:21ouverts
00:54:22qu'à des dictatures.
00:54:25On a aussi
00:54:27cette problématique-là
00:54:28qu'on peut voir
00:54:29en toile de fond
00:54:31de la question
00:54:32qu'est l'avenir
00:54:33pour la production
00:54:34de blé
00:54:35de l'Union européenne.
00:54:38En tout cas,
00:54:40je considère un peu
00:54:42que c'est les questions
00:54:42qui se posent.
00:54:43En France,
00:54:44on a une réponse.
00:54:46En France,
00:54:47on a la réponse.
00:54:49En mars 2025,
00:54:51les élus de la nation,
00:54:53Sénat,
00:54:54députés,
00:54:55ont voté
00:54:56la loi d'orientation
00:54:57pour la souveraineté alimentaire
00:54:59et le renouvellement
00:54:59des générations
00:55:00en agriculture.
00:55:01Et pour la première fois
00:55:03dans une loi française,
00:55:04ils définissent
00:55:05la souveraineté alimentaire.
00:55:07Évidemment,
00:55:09c'est le fait
00:55:10que l'ensemble
00:55:12de la population
00:55:12ait accès
00:55:13à une alimentation saine,
00:55:15mais aussi
00:55:16le soutien
00:55:17des capacités exportatrices
00:55:18contribuant
00:55:19à la sécurité alimentaire mondiale.
00:55:21Alors,
00:55:22on peut être d'accord,
00:55:23on peut ne pas être d'accord.
00:55:24Enfin, je veux dire,
00:55:27mon objet,
00:55:28ce n'est pas de faire du jugement,
00:55:29c'est juste
00:55:29de donner des faits.
00:55:31En tout cas,
00:55:32sur ce sujet-là,
00:55:33la France s'est positionnée.
00:55:34La France,
00:55:35quatrième exportateur mondial
00:55:36de blé,
00:55:37a dit,
00:55:37moi,
00:55:38je veux continuer
00:55:40à aider
00:55:41à nourrir la planète.
00:55:44Donc voilà,
00:55:46là,
00:55:46j'ai terminé
00:55:46sur cet aspect
00:55:47Union européenne
00:55:48et je vais conclure.
00:55:50Alors,
00:55:51l'aide alimentaire
00:55:52en nature
00:55:53est une pratique délétère
00:55:55pour la plupart
00:55:55des pays
00:55:56en développement
00:55:57et que la France
00:55:58a arrêtée.
00:55:59Remarque très,
00:56:00très intéressante,
00:56:01Cécile.
00:56:03Effectivement,
00:56:04la problématique
00:56:05de l'aide alimentaire
00:56:09telle qu'elle est pratiquée
00:56:11de certaines manières
00:56:17de l'aide alimentaire
00:56:19et des exportations alimentaires
00:56:21d'une manière générale
00:56:22par des pays puissants
00:56:24et qui ont la capacité
00:56:25de soutenir leur agriculture,
00:56:28c'est quelque chose
00:56:29qui est ouvert.
00:56:32Chaque année,
00:56:32la FAO publie un rapport
00:56:34sur l'état
00:56:35d'alimentation
00:56:36dans le monde
00:56:36et la FAO dit
00:56:38que ces pratiques-là
00:56:39sont effectivement
00:56:40nuisibles
00:56:40au développement
00:56:42des agricultures locales.
00:56:44Mais c'est un peu
00:56:45comme nous,
00:56:46on va importer
00:56:47du poulet polonais
00:56:48parce qu'il est moins cher
00:56:49en Pologne,
00:56:51mais du coup,
00:56:52au détriment
00:56:53de la production
00:56:54de volailles
00:56:55chez nous.
00:56:56Finalement,
00:56:56dans des pays
00:56:57encore plus fragiles
00:56:59ça se produit
00:57:00mais à une échelle
00:57:01vraiment plus cruciale
00:57:04on va dire
00:57:04pour les capacités
00:57:07d'alimentation
00:57:07du pays
00:57:08et en réalité
00:57:10l'aide alimentaire
00:57:11est vraiment
00:57:12quelque chose
00:57:12qui ne doit durer
00:57:14selon la FAO
00:57:15toujours.
00:57:17Quand je dis
00:57:18selon la FAO,
00:57:18ça ne veut pas dire
00:57:19que j'y crois
00:57:19ou que je n'y crois pas,
00:57:20ce n'est pas mon opinion
00:57:21que je fais passer,
00:57:22je vous donne
00:57:23des informations
00:57:24officielles
00:57:27avec lesquelles
00:57:28vous pouvez être
00:57:28d'accord ou pas
00:57:29mais voilà.
00:57:32En tout cas,
00:57:34selon la FAO,
00:57:35effectivement,
00:57:35l'aide alimentaire
00:57:36doit être quelque chose
00:57:37qui doit être
00:57:39ponctuelle
00:57:41et en même temps,
00:57:43l'objet,
00:57:44c'est d'aider
00:57:45les populations
00:57:46concernées
00:57:46à développer
00:57:47leur propre agriculture
00:57:49pour déjà
00:57:50s'auto-alimenter
00:57:52et l'Afrique,
00:57:53par exemple,
00:57:54on en a beaucoup parlé
00:57:56et quand je reprends
00:57:58la classe
00:57:59des politiques
00:58:00agricoles
00:58:01et agroalimentaires
00:58:02du croquet
00:58:03et charvés,
00:58:04c'est extrêmement intéressant
00:58:06parce qu'on y apprend,
00:58:08en tout cas,
00:58:08moi j'ai appris
00:58:09qu'une grande partie
00:58:11des pays d'Afrique
00:58:12sont très propices
00:58:13à la production agricole
00:58:15et pourraient même avoir
00:58:16des capacités exportatrices
00:58:17d'enraies alimentaires.
00:58:19On dépasse un peu
00:58:19la géopolitique du blé
00:58:20en fait de la géopolitique
00:58:21de l'alimentation.
00:58:23Mais justement,
00:58:24mais simplement
00:58:24du fait des conflits,
00:58:26du fait de l'installation
00:58:28de grandes sociétés
00:58:30internationales
00:58:31pour faire
00:58:31de la monoculture,
00:58:32du coton,
00:58:33du cacao,
00:58:34du café,
00:58:35les terres agricoles
00:58:36sont prises
00:58:37par ces productions-là.
00:58:40Alors,
00:58:40ok,
00:58:41ça fait rentrer
00:58:41des devises,
00:58:42mais en même temps,
00:58:43les pays restent dépendants
00:58:45d'un point de vue
00:58:46de leur alimentation
00:58:49et d'autre part,
00:58:50du fait des conflits,
00:58:51des guerres,
00:58:52des conflits
00:58:53interethniques,
00:58:54des déplacements
00:58:55de population.
00:58:58Le potentiel agricole
00:59:00de ces territoires
00:59:00ne peut pas être utilisé,
00:59:04ne peut pas être utilisé
00:59:05correctement
00:59:06et une grande partie
00:59:07de la sous-nutrition
00:59:10ou de la malnutrition,
00:59:12en réalité,
00:59:14la problématique,
00:59:14c'est les guerres
00:59:15et les conflits.
00:59:17Et effectivement,
00:59:18l'Afrique a-t-elle
00:59:19vraiment de blé ?
00:59:20Bien entendu,
00:59:21tout à fait,
00:59:21il y a...
00:59:22Voilà.
00:59:28Pierre,
00:59:28effectivement,
00:59:29nous met un commentaire
00:59:30sur,
00:59:31voilà,
00:59:31l'Afrique a vraiment
00:59:32besoin de blé.
00:59:33C'est pour ça
00:59:34que tout à l'heure,
00:59:34j'ai parlé
00:59:34d'instaurer
00:59:36une dépendance.
00:59:39Cette dépendance,
00:59:40en réalité,
00:59:41elle a été construite.
00:59:44et tous les rapports
00:59:46de l'AFAO
00:59:46disent qu'il faut
00:59:48précisément
00:59:48faire le contraire.
00:59:53Voilà,
00:59:53ils ont des céréales
00:59:54bien plus adaptées,
00:59:55effectivement,
00:59:56et dans le bouquin
00:59:58de Ducroquet et Charvet,
01:00:00on voit certains exemples
01:00:01de pays
01:00:01qui en ont réussi
01:00:03à résister,
01:00:03je crois que c'est
01:00:04le Malawi notamment,
01:00:05un petit pays
01:00:07dans l'Afrique australe,
01:00:08qui ont réussi
01:00:09à résister
01:00:09à toutes ces pressions
01:00:10un peu extérieures
01:00:11et qui ont développé
01:00:12des systèmes
01:00:14d'agriculture
01:00:15locaux,
01:00:17voilà,
01:00:19et qui arrivent
01:00:20à avoir
01:00:21une certaine
01:00:22autosuffisance alimentaire.
01:00:24Donc,
01:00:24c'est tout à fait possible.
01:00:26Il faut savoir
01:00:27que la France
01:00:29et le ministère
01:00:30des Affaires étrangères
01:00:32ont installé
01:00:33un institut
01:00:37franco-sud-africain
01:00:38pour l'agriculture
01:00:39qui a vocation
01:00:41à aider
01:00:48les populations
01:00:49d'Afrique du Sud
01:00:50à mettre en place
01:00:50à développer
01:00:51leur agriculture
01:00:52pour la commercialisation
01:00:56locale,
01:00:57donc les produits,
01:00:58mais aussi
01:00:58les moyens de transport,
01:01:00les infrastructures
01:01:02locales.
01:01:02et l'objet
01:01:05de cet institut,
01:01:06c'est maintenant
01:01:07d'essayer
01:01:07d'étendre
01:01:08ses connaissances
01:01:13au pays
01:01:14limitrophe
01:01:15de l'Afrique du Sud,
01:01:17la Namibie,
01:01:18le Bosnana.
01:01:19On a
01:01:20la Drafo-Vendronal,
01:01:22qu'on a travaillé
01:01:23avec cet institut
01:01:24à l'occasion
01:01:25du CIRA
01:01:26il y a
01:01:26un ou deux ans,
01:01:27quand on a accueilli
01:01:28une haute autorité,
01:01:30alors je ne me rappelle
01:01:31plus de sa fonction,
01:01:33s'il a été ministre,
01:01:34secrétaire d'État
01:01:34ou directeur
01:01:35d'administration centrale,
01:01:37il y a eu une autre
01:01:38autorité du ministère
01:01:39de l'Agriculture
01:01:40sud-africain,
01:01:41et effectivement
01:01:42on a travaillé
01:01:43avec cet institut
01:01:45et le SRFD
01:01:47d'Overgne-en-Alpes
01:01:48pour organiser
01:01:50la visite
01:01:50de cette autorité.
01:01:56Moi j'ai terminé
01:01:57ma présentation,
01:01:59je vais conclure.
01:02:01j'espère que ça
01:02:02vous a intéressé
01:02:03et que vous avez
01:02:04appris des choses.
01:02:07Ma conclusion
01:02:08c'est
01:02:09j'ai choisi
01:02:10cette photo,
01:02:11j'ai cherché
01:02:12quand même.
01:02:14Donc on a parlé
01:02:15d'Everest alimentaire
01:02:16et ma conclusion
01:02:17c'est un peu
01:02:17la ligne de crête.
01:02:19C'est-à-dire
01:02:20qu'entre le réchauffement
01:02:21climatique,
01:02:22entre les tensions
01:02:23géopolitiques,
01:02:25entre l'évolution
01:02:26démographique,
01:02:30au jour d'aujourd'hui
01:02:31je n'ai vu
01:02:32aucun auteur,
01:02:34enfin vu,
01:02:34je n'ai pas lu
01:02:35tous les bouquins
01:02:35mais entre les bouquins
01:02:37et les rapports
01:02:38j'en ai quand même
01:02:38lu pas mal
01:02:39mais je n'ai vu
01:02:40personne dire
01:02:41on n'y arrivera pas.
01:02:43et au contraire
01:02:45les messages
01:02:47sont plutôt
01:02:48de dire
01:02:48si on s'y prend
01:02:50correctement
01:02:51on y arrivera
01:02:52à franchir
01:02:53cette Everest alimentaire.
01:02:55Et par contre
01:02:56il y a un petit bonhomme
01:02:57là qui marche
01:02:59si j'avais pu
01:03:01utiliser
01:03:03l'intelligence artificielle
01:03:05peut-être
01:03:05que je serais arrivé
01:03:06à lui faire porter
01:03:07un drapeau blanc
01:03:08parce que
01:03:09comme le dit
01:03:11l'AFAO
01:03:15le moyen principal
01:03:16d'arriver à franchir
01:03:18l'Everest alimentaire
01:03:19avec toutes les contraintes
01:03:21qui vont s'imposer
01:03:22c'est d'abord
01:03:23d'instaurer la paix
01:03:25la stabilité
01:03:26pour que déjà
01:03:27ce que la Terre
01:03:28peut produire
01:03:29qu'elle puisse
01:03:30effectivement
01:03:30nous le donner
01:03:32sans qu'on ne l'exploite
01:03:34outre mesure
01:03:35et qu'on l'altère
01:03:37pour les générations
01:03:40futures.
01:03:42Pierre
01:03:43François
01:03:44qui aime bien
01:03:46aux antipodes
01:03:48totalement protectionnistes
01:03:50les accords
01:03:52de libre-échange
01:03:54l'Inde
01:03:55qui est neutre
01:03:56en matière
01:03:57d'agriculture
01:03:57Mercosur
01:04:01d'accord
01:04:02ok
01:04:03voilà
01:04:04un petit peu d'humour
01:04:05oui
01:04:05non mais tu as raison
01:04:06François
01:04:07tu poses la question
01:04:07du Mercosur
01:04:10c'est un peu lourd
01:04:11mais on a deux visions
01:04:13complètement décalées
01:04:15non mais sur la question
01:04:17du Mercosur
01:04:18enfin je veux dire
01:04:18on lit dans la presse
01:04:20moi je
01:04:20encore une fois
01:04:21je
01:04:23voilà
01:04:23mais dans la presse
01:04:25ça se lit
01:04:26et ça se dit
01:04:27mais
01:04:27ils ne le disent pas fort
01:04:28mais
01:04:29qu'effectivement
01:04:29on a certaines filières
01:04:31comme la filière laitière
01:04:32ou la filière
01:04:32d'un espiritueux
01:04:33qui vont être plutôt gagnants
01:04:35dans l'accord
01:04:35du Mercosur
01:04:36d'ailleurs
01:04:36Sean
01:04:36vous avez fait
01:04:37un diaporama
01:04:38là-dessus
01:04:39et puis
01:04:41alors
01:04:42encore une fois
01:04:43on peut être contre
01:04:44enfin je veux dire
01:04:46dans l'Union Européenne
01:04:47et en France
01:04:48on est
01:04:49j'ai dit
01:04:50très très dépendant
01:04:51des engrais
01:04:51à peu près à 50%
01:04:52mais
01:04:53à peu près à la même hauteur
01:04:54on est dépendant
01:04:55pour le soja
01:04:56pour l'alimentation animale
01:04:57ben
01:04:59une grande zone
01:05:00de production de soja
01:05:02c'est
01:05:03l'Amérique du Sud
01:05:04l'autre grande zone
01:05:05c'est les Etats-Unis
01:05:07bon
01:05:08alors
01:05:08quelque part
01:05:10est-ce que le Mercosur
01:05:11il ne peut pas permettre aussi
01:05:13de sécuriser
01:05:14notre approvisionnement
01:05:16en soja
01:05:16pour l'alimentation animale
01:05:17mais
01:05:18je n'oublie pas
01:05:19qu'une partie
01:05:20de la population
01:05:22en France
01:05:23et en Europe
01:05:25ne souhaite pas
01:05:26que l'on utilise
01:05:26des aliments
01:05:27pour la consommation
01:05:28donc
01:05:29voilà
01:05:29on peut dire
01:05:30le Mercosur
01:05:31ne sert à rien
01:05:32si c'est pour l'alimentation animale
01:05:33voilà
01:05:34je présente des points de vue
01:05:36en les respectant tous
01:05:37enfin
01:05:38voilà
01:05:40mais en tout cas
01:05:41ma conclusion
01:05:43là c'est vraiment
01:05:44ma conclusion
01:05:46c'est
01:05:48la ligne de crête
01:05:49pour franchir
01:05:50les vresses alimentaires
01:05:51et en commençant
01:05:53par faire la paix
01:05:54et en discutant
01:05:55plutôt qu'en se tapant dessus
01:05:57et à ce moment là
01:05:58on a peut-être des chances
01:06:00que nos enfants
01:06:01et nos petits-enfants
01:06:03passent ça
01:06:04de manière
01:06:06de manière
01:06:07pas trop
01:06:07pas trop
01:06:09tombue
01:06:09j'ai terminé
01:06:11je remercie
01:06:12pour votre attention
01:06:13si vous avez encore
01:06:15des questions
01:06:15n'hésitez pas
01:06:18la qualité
01:06:19la qualité
01:06:19est pas chère
01:06:20le poulet polonais
01:06:21les productions animales
01:06:24tout ce qui est
01:06:25laitier
01:06:26de conservation
01:06:27qui font
01:06:28qui ne peuvent
01:06:28s'appréhender
01:06:30oui le lait
01:06:31oui oui
01:06:33le lait
01:06:33ne peut pas
01:06:34s'appréhender
01:06:34de la même manière
01:06:35voilà
01:06:36écoutez
01:06:37merci pour votre attention
01:06:38merci pour votre attention
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