- il y a 4 mois
Ce 47ème webinaire du groupe de travail régional AuRA "Forêt et changements climatiques", animé par la DRAAF, a porté sur le sujet suivant : "Renouvellement forestier et hausse des températures : Stratégies écologiques et évolutives des chênes et des sapins de la germination à la plantule".
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00:02Bonjour à tous, je suis ravie de vous accueillir pour ce nouveau webinaire mensuel
00:06Forêt et changement climatique qui est proposé par la DRAF Auvergne-Grenalpe
00:10dans le cadre du groupe de travail régional du même nom.
00:14Je suis Abel Ménard, chef du pôle territoire et multifonctionnalité de la forêt à la DRAF
00:18et animatrice de ces webinaires.
00:20Ce soir, j'ai le plaisir d'accueillir Marion Carme, qui est doctorante à Inray,
00:25qui va nous présenter les résultats de sa thèse.
00:27Dans celle-ci, elle analyse l'effet de la hausse des températures
00:31sur les tout premiers stades de vie des arbres, la germination et les plantules,
00:38chez trois espèces de chênes et chez le sapin pectiné.
00:42L'objectif est d'apporter des éléments de réponse à des questions cruciales
00:47pour les forêts et les forestiers, comme les peuplements de chênes
00:51et de sapins pectinés qui se régénèrent naturellement, pourront-ils continuer à le faire ?
00:57Dans le cas de plantation, comment choisir les bonnes sources de graines ?
01:01Je vous invite à poser toutes vos questions dans le chat tout au long du webinaire.
01:06Marion Carme vous répondra en fin de présentation.
01:09Le webinaire durera une heure.
01:11Il est comme d'habitude enregistré et sera mis en ligne sur notre site Internet.
01:15Je passe maintenant la parole à notre intervenante Marion Carme.
01:19Très bon webinaire à tous !
01:26Alors, je partage.
01:28Bonjour à tous !
01:35C'est bon ?
01:39Super !
01:41Hop !
01:45Donc, je vais effectivement vous parler de mes travaux de thèse
01:48et plus généralement des travaux sur les jeunes stades des arbres
01:50qu'on réalise à l'INRAE de Bordeaux.
01:54Alors, lorsqu'on parle de changement climatique et de forêt,
01:58c'est vrai qu'on a souvent tendance à imaginer les impacts sur les arbres adultes.
02:02On a souvent tendance à imaginer des peuplements adultes dépérissants.
02:06Or, ce qui se passe près du sol, chez les très jeunes arbres,
02:10est largement aussi important,
02:12puisque sans régénération de forêt, pas de forêt.
02:15Et l'avenir d'un peuplement peut être compromis par une mauvaise
02:19ou une absence de régénération qui serait masquée pendant des décennies
02:23par des individus adultes apparemment en bonne forme.
02:27Et donc, nos travaux s'inscrivent dans ce cadre.
02:31Je vais commencer par donner quelques éléments de contexte très généraux
02:34pour ensuite aller plus en détail.
02:36Donc, on sait que la Terre a connu beaucoup de changements climatiques,
02:39notamment après le Dévonien où les arbres sont apparus,
02:42ici on voit un petit arbre,
02:44et même les chênes, ici, qui sont apparues au Paléocène,
02:47ont notamment connu les glaciations du Quaternaire
02:49pendant lesquelles ils s'étaient réfugiés dans des refuges au sud de l'Europe.
02:53Et le changement climatique en cours diffère de tous ces changements passés
02:57par sa grande rapidité.
02:59Les arbres qui ont un cycle de reproduction long
03:02pourraient mettre beaucoup plus de temps à s'adapter,
03:05ce qui est inquiétant.
03:06Et l'avenir des chênes et des sapins est d'autant plus inquiétant
03:10que ce sont des espèces majeures en Europe
03:12qui couvrent une énorme surface
03:14et ils sont également importants d'un point de vue écologique et économique.
03:17Et donc, il est urgent de comprendre et prédire leurs réponses
03:21aux changements climatiques.
03:23Alors, comment on décrit les écosystèmes forestiers ?
03:26Puisque pour les étudier, il faut pouvoir les décrire.
03:29On le fait à plusieurs échelles spatiales, de la cellule au biome,
03:33en passant par l'individu, le peuplement, le paysage.
03:37Et également des échelles temporelles, de la graine à l'arbre adulte,
03:41puis à l'arbre sénescent.
03:43Et à chaque échelle, on peut mesurer des caractéristiques ou des traits.
03:47Dans cette présentation, j'ai beaucoup utilisé le terme « traits ».
03:50Par exemple, la hauteur, le taux de croissance, la survie,
03:53le temps de débourrement, etc.
03:56Et ces traits sont liés entre eux
03:58et forment ce qu'on appelle le phénotype intégré de l'arbre.
04:02Les traits les plus spécifiques,
04:04comme la résistance à la sécheresse ou la phénologie,
04:06vont influencer des traits plus généraux,
04:08comme la croissance et la survie,
04:10qui s'intègrent eux-mêmes dans des stratégies écologiques plus larges
04:14pour déterminer, par exemple,
04:15si un peuplement se maintient ou pas,
04:18voire même comment on catégorise les espèces.
04:23Et ces traits sont en grande partie déterminés par des gènes
04:26qui se transmettent de génération en génération
04:28et sont contenus dans le génome,
04:30qui est un peu le livre d'instruction de l'arbre.
04:32C'est pour ça que j'ai mis plein de petits livres pour faire la métaphore.
04:36Quand un gène diffère d'un individu à l'autre,
04:38c'est un peu comme si on le surlignait dans le livre.
04:40Et l'ensemble de ces surlignages différencent,
04:43c'est le génotype ou la diversité génétique.
04:45Cette diversité est fondamentale
04:48pour que la sélection naturelle puisse se faire
04:51et que les populations s'adaptent.
04:53Dans le livre de l'arbre,
04:56on peut dire qu'il y a aussi des annotations
04:58qui ne sont pas héréditaires,
04:59et ça, c'est l'épigénome,
05:00et ces variations, l'épigénotype,
05:02c'est ça qui décide notamment de quels gènes sont actifs.
05:06Une fois qu'on sait décrire les arbres,
05:09qu'est-ce qui les impacte ?
05:11Qu'est-ce qui les façonne ?
05:12Et qu'elles en sont les conséquences ?
05:14On le sait, c'est l'environnement.
05:17D'abord, les changements climatiques passés,
05:19qui laissent des traces, notamment dans le génome.
05:22Il y a aussi la fragmentation du paysage
05:24et l'impact des humains qui jouent aussi.
05:27Par exemple, si je ne me trompe pas,
05:29l'ère de répartition du chêne pubescent
05:31s'explique beaucoup par sa gestion.
05:34On a aussi les facteurs biotiques,
05:35la compétition, le gibier,
05:37les maladies et pathogènes,
05:38les relations mutualistes.
05:40Ensuite, les facteurs abiotiques,
05:41le sol, la topographie, le climat.
05:44D'ailleurs, parmi les facteurs abiotiques,
05:46la température est particulièrement importante.
05:48C'est elle qui régule le métabolisme,
05:51la photosynthèse, la respiration,
05:53et qui déclenche des ajustements physiologiques
05:55en cas de stress.
05:58Et face à leur environnement,
06:00les arbres ont plusieurs stratégies de réponse.
06:03À court terme, on a la plasticité phénotypique.
06:06C'est l'arbre qui va modifier son phénotype
06:08sans changer ses gènes.
06:09Par exemple, un arbre qui pousse à l'ombre
06:11et qui va pousser plus en hauteur
06:13pour chercher la lumière.
06:15Et la plasticité peut jouer au sein d'une génération
06:18ou être transgénération.
06:20C'est quand les conditions environnementales
06:21des parents influent sur les jeunes,
06:23mais notamment par le biais de l'épigénétique.
06:26Et à long terme,
06:28génération après génération,
06:30on a les processus génétiques
06:31qui peuvent être neutres.
06:34C'est notamment quand il y a des migrations,
06:38quand il y a des mutations, de l'hybridation,
06:40et qui peuvent être non neutres.
06:42Ça, c'est la sélection naturelle
06:44qui mène en modifiant le génotype
06:46à l'adaptation au climat local.
06:48Par exemple, une population d'arbres
06:50qui vit depuis des années en milieu sec,
06:53tous ces individus auront possiblement
06:55à développer des racines plus profondes
06:57s'ils sont adaptés pour aller chercher l'eau.
06:59À savoir que l'adaptation n'est pas systématique.
07:02Elle dépend de certaines conditions,
07:04notamment une diversité génétique suffisante.
07:06Et à noter aussi qu'il peut y avoir
07:08adaptation de la plasticité
07:10avec certaines populations
07:11qui sont plus plastiques que d'autres.
07:14Le dernier processus,
07:16enfin la dernière réponse des arbres,
07:17c'est la migration,
07:18dont je ne vais pas trop parler ici
07:19puisque dans ma thèse,
07:20on n'a pas vraiment étudié la migration.
07:24Ce qu'il faut retenir,
07:25c'est que dans un environnement donné,
07:27il existe un phénotype idéal
07:29qui maximise les chances de survie
07:31et de reproduction.
07:33La survie et la reproduction,
07:34c'est ce qu'on appelle,
07:35pour faire plus court,
07:35la fitness.
07:37Et avec le changement climatique,
07:39cet optimum se déplace en permanence.
07:41Et les arbres se retrouvent
07:42avec un décalage d'adaptation
07:44plus ou moins croissant
07:45par rapport à leur phénotype idéal.
07:47Et c'est ça,
07:48toute la difficulté,
07:49en fait,
07:49ils ciblent une cible qui bouge.
07:53Sachant qu'en plus,
07:54les réponses des arbres
07:55n'ont pas systématiquement
07:56un impact adaptatif positif.
07:59Ce n'est pas une amélioration continue.
08:01C'est seulement
08:02lorsqu'elles augmentent la fitness.
08:04Par exemple,
08:05une population
08:05qui a une phénologie très plastique
08:07qui va débourrer plus tôt
08:09lorsqu'il y a un réchauffement,
08:10si ensuite elle est confrontée
08:12à des gelées tardives
08:13qui endommagent les bourgeons,
08:14ce n'est pas positif,
08:15ce n'est pas adaptatif.
08:18Et donc,
08:18on anticipe l'avenir des peuplements
08:20en étudiant ces stratégies
08:21et leurs conséquences.
08:22À quel point le peuplement
08:23est plastique,
08:24à quel point il est adapté localement
08:26ou avec déjà un décalage,
08:28c'est-à-dire mal adapté.
08:29Quel est son potentiel
08:32adaptatif et de migration ?
08:33Et c'est comme ça
08:34qu'on peut anticiper
08:35les populations
08:36qui risquent de s'éteindre
08:37ou qui vont plutôt
08:38migrer ou s'adapter.
08:42Voilà,
08:42donc tout ça,
08:43c'est le cadre général.
08:44Maintenant,
08:45quid des jeunes stades ?
08:48Les jeunes stades
08:49ont leurs propres spécificités
08:50et en fait,
08:51toutes ces stratégies
08:52ont été bien moins étudiées
08:54chez eux.
08:56Donc déjà,
08:57qu'est-ce que les jeunes stades ?
08:58On a la fructification,
08:59quand la graine est encore
09:01en train de maturer
09:02sur l'arbre.
09:03Ensuite,
09:03la graine tombe au sol,
09:05puis il y a la germination,
09:06puis la plantule
09:07qui est encore dépendante
09:08des réserves de la graine,
09:10le plant
09:11et le jeune arbre.
09:15La graine,
09:16elle contient tout le nécessaire
09:17pour que le futur arbre
09:18puisse grandir
09:19et survivre.
09:20Alors ici,
09:21je vous ai mis l'exemple
09:21d'un gland de chêne.
09:23Donc on a
09:23les cotylédons
09:24qui sont les futures feuilles
09:25et qui contiennent
09:26les réserves de nutriments.
09:28On a l'épicotyle
09:29qui est le futur tronc
09:31et le radicule
09:32qui est la future racine.
09:34Et tout ça,
09:34c'est protégé
09:35par une enveloppe
09:36par une enveloppe
09:37protectrice.
09:38Et ensuite,
09:39ça se passe
09:39de deux façons différentes
09:40selon les espèces.
09:41Dans la germination
09:42hypogéale
09:43qui concerne les chênes,
09:45les cotylédons
09:46restent plus ou moins
09:47sous terre
09:47et la plantule émerge.
09:49C'est une stratégie
09:51en fait
09:51chez les espèces
09:52qui puissent beaucoup
09:52dans leur réserve de graines
09:54pour leur croissance initiale.
09:56Et dans la germination
09:57épigéale
09:58qui concerne les sapins,
09:59bon,
09:59ici je n'ai pas
10:00dessiné un sapin
10:01mais vous avez idée,
10:03les cotylédons
10:04émergent du sol
10:05ils sont portés
10:06en fait
10:07par l'émergence
10:07de la plantule.
10:09Et ça,
10:09c'est une stratégie
10:09chez les espèces
10:10qui vont compter
10:12on va dire davantage
10:13sur la photosynthèse
10:14pour leur croissance initiale.
10:18Alors,
10:19quelles sont
10:20les différentes caractéristiques,
10:22les différents traits
10:22des jeunes stades ?
10:24À quoi ils servent
10:24et comment ils varient ?
10:26Bon,
10:26on a évidemment
10:27d'abord
10:27les deux grandes catégories.
10:29On a les espèces
10:29à fleurs
10:30comme les chênes
10:31et les espèces
10:32à cônes
10:32comme les sapins.
10:34Ensuite,
10:34les graines
10:35peuvent varier
10:36en taille
10:36et en masse
10:37selon la quantité
10:38de ressources
10:39qu'elles ont,
10:40en humidité
10:41selon leur tolérance
10:42à la dessication,
10:43au dessèchement
10:44et en qualité
10:46et en viabilité.
10:49Ensuite,
10:49on a le pourcentage
10:50de germination,
10:52on a les temps
10:53de germination
10:54et d'émergence
10:55des premières feuilles
10:56qui sont des traits
10:56phénologiques.
10:58On a la synchronie
10:59de la germination,
11:00c'est-à-dire
11:01à quel point
11:01elle est étendue
11:02dans le temps.
11:04Ensuite,
11:05quand on a
11:05la plantule,
11:06on a la survie
11:07et la biomasse
11:07totale de la plantule
11:08qui sont des traits
11:09directement reliés
11:11à ce qu'on appelle
11:12la fitness.
11:13On a la croissance
11:14qui informe aussi
11:16sur la stratégie
11:16d'utilisation
11:17des ressources,
11:18c'est-à-dire
11:19est-ce qu'on a
11:19plutôt une stratégie
11:20acquisitive
11:21avec une captation
11:23rapide des ressources
11:24ou conservative
11:25notamment
11:26pour pouvoir investir
11:27plutôt dans la résistance
11:28au stress
11:29plutôt que de grandir.
11:32On a la proportion
11:34de racines
11:34qui est liée
11:35à l'adaptation
11:35à la sécheresse
11:36et on a
11:37la hauteur,
11:38le diamètre
11:38et la surface foliaire
11:40qui informent aussi
11:41sur la stratégie
11:42d'utilisation
11:42des ressources.
11:44Et enfin,
11:45on a les pigments
11:46foliaires
11:46avec la chlorophylle
11:48qui va informer
11:49sur la photosynthèse
11:50et la réponse
11:51au stress
11:51et puis des pigments
11:53photoprotecteurs
11:54comme les flavonoïdes
11:55et les anthocyanines.
11:59Une autre caractéristique
12:01très importante,
12:02c'est la dormance
12:02des graines
12:03et de l'épicotyle,
12:05notamment la dormance
12:06physiologique.
12:07En fait,
12:07c'est le fait
12:07d'avoir besoin
12:08d'une période
12:08de stratification froide
12:10dont la nature
12:11c'est l'hiver
12:11pour pouvoir germer.
12:14Les espèces
12:14peuvent avoir
12:15une dormance
12:16du radicule
12:17quand le radicule
12:18émerge au printemps
12:19après l'hiver
12:20et ou
12:21de l'épicotyle
12:23quand le radicule
12:25émerge en automne
12:26et qu'ensuite
12:27l'épicotyle
12:27dort pendant l'hiver
12:28et puis émerge
12:30au printemps.
12:33Et enfin,
12:33on a deux autres
12:34grands types
12:35de stratégies
12:36de graines.
12:37On a les graines
12:38récalcitrantes
12:39qui représentent
12:4010% des graines
12:41dans le monde
12:41et ce sont surtout
12:42des espèces tropicales
12:43mais pas que
12:44comme on va le voir
12:45juste après.
12:47Elles,
12:47elles se caractérisent
12:48par une haute
12:49teneur en eau
12:49et elles sont très sensibles
12:50à la dessication,
12:52au dessèchement
12:52et donc difficiles
12:54à stocker.
12:54C'est-à-dire qu'elles
12:55doivent germer
12:55le plus tôt possible
12:56sinon elles perdent
12:57en viabilité
12:58et elles meurent
12:59très vite.
13:00Elles ont tendance
13:01à être plus grosses
13:02pour retenir l'eau
13:03plus longtemps
13:04et sont généralement
13:05peu dormantes.
13:07Et ensuite,
13:08on a les graines
13:09orthodoxes
13:09qui représentent
13:10la majorité
13:11des graines
13:12sur Terre.
13:13Elles ont un faible
13:14contenu en eau
13:14et sont tolérantes
13:15à la dessication
13:16et elles peuvent être
13:17stockées pendant
13:18des années
13:18et elles peuvent
13:20être dormantes aussi.
13:21A l'origine,
13:22il est possible
13:23que toutes les graines
13:23aient été orthodoxes
13:25et que certaines
13:25soient devenues
13:26récalcitrantes
13:27en perdant
13:27cette tolérance
13:28au dessèchement
13:29parce qu'elles n'en avaient
13:30plus besoin
13:30et que c'était coûteux.
13:32C'est une hypothèse
13:32qu'il y a dans la littérature
13:33scientifique.
13:36Alors,
13:37pourquoi les premiers
13:38stades sont cruciaux
13:39pour le maintien
13:39des forêts ?
13:41Pour résumer,
13:43ils ont des impacts
13:44en cascade
13:45sur la survie
13:45et la reproduction,
13:46sur la fitness,
13:47tout au long
13:48de la vie de l'arbre.
13:49Ils sont également
13:50clés pour l'adaptation
13:51aux nouvelles conditions
13:53qui arrivent
13:54et ils ont également
13:56une sensibilité
13:57climatique propre.
14:00Notamment,
14:00il y a une très forte
14:01sélection naturelle
14:02qui décide
14:03de qui passe
14:03au stade suivant,
14:04c'est la survie
14:05et la germination.
14:07Également,
14:07il y a des avantages
14:08à long terme
14:08en termes de taille.
14:10Une graine plus grosse
14:11avec davantage
14:12de réserve
14:13va produire
14:14une plantule plus grosse
14:15qui elle-même
14:16va produire un arbre
14:17qui va arriver
14:17à maturité plus vite,
14:18etc.
14:20La phénologie aussi
14:21des premiers stades
14:22est cruciale
14:22parce qu'elle détermine
14:24les conditions
14:24environnementales
14:25bonnes ou mauvaises
14:26dans lesquelles
14:27la plantule émerge.
14:30La synchronisation
14:31de la phénologie
14:32aussi,
14:34elle,
14:35elle permet
14:35ou non
14:36de répartir
14:36le risque
14:37que toute la cohorte
14:38de plantules
14:39émerge
14:39dans de mauvaises
14:40conditions.
14:44Et enfin,
14:45le fait
14:46que les jeunes
14:47stades des arbres
14:48soient proches
14:48du sol,
14:49ça les expose
14:50à un microclimat
14:51très variable.
14:52Ils ont également
14:53une sensibilité spécifique
14:54à la sécheresse
14:55et au gel
14:55par rapport aux adultes.
14:58Donc,
14:59ils sont cruciaux,
15:00mais ils restent
15:01sous-étudiés,
15:02particulièrement
15:03les tout premiers
15:03stades des arbres
15:04avant un an,
15:06comme on voit
15:06sur ce graphique.
15:08Il y a notamment
15:09un manque d'études
15:09sur les espèces
15:10à graines récalcitrantes
15:11à cause des contraintes
15:12de stockage.
15:14Également,
15:14les effets du climat
15:15sur les premiers
15:16stades de développement
15:16sont rarement évalués
15:18sur plusieurs années
15:19et dans différents
15:19environnements.
15:21Et on ne comprend pas
15:22encore très bien
15:22les relations
15:23entre certains traits
15:24et la fitness.
15:26Et pareil pour
15:27les différences
15:27entre les niches
15:28des jeunes stades
15:29et celles des stades
15:30ultérieurs,
15:31notamment des stades adultes,
15:32puisque les niches écologiques
15:33ne sont pas les mêmes.
15:36Et donc,
15:37c'est un problème
15:37puisque la régénération
15:39naturelle en Europe,
15:41c'est 60% des forêts.
15:43Et même concernant
15:45la régénération artificielle,
15:47elle dépend aussi
15:48des sources de graines
15:49et les jeunes plants
15:50restent assez fragiles
15:51après plantation.
15:53Et également,
15:54certaines des principales
15:55espèces européennes
15:56ont des graines
15:57récalcitrantes.
15:58Les chênes,
15:59le hêtre,
15:59certains érables,
16:00le châtaignier.
16:02Et donc,
16:02c'est important
16:03de comprendre
16:03quelles provenances,
16:04quelles populations,
16:06j'utilise beaucoup
16:07populations,
16:07mais en fait,
16:08c'est pareil que provenances.
16:10Donc,
16:10quelles provenances,
16:10populations sont capables
16:11de se régénérer
16:12pour identifier
16:13les sources de semences
16:14résilientes
16:15au changement climatique
16:16et les populations
16:17vulnérables
16:18et ainsi,
16:19à long terme,
16:20orienter les stratégies
16:21de régénération
16:21et les interventions
16:23de conservation.
16:25Bon,
16:25dans tout ça,
16:26où est-ce que
16:27se situent
16:28nos travaux ?
16:29Eh bien,
16:30en termes d'échelle
16:30temporelle et biologique,
16:31on étudie
16:32les tout premiers
16:33stades,
16:34graines,
16:35germination,
16:36plantules
16:36et un peu plants,
16:38et on mesure
16:39leurs phénotypes,
16:40on ne fait pas
16:41d'analyse génétique.
16:42En termes
16:43de facteurs
16:44environnementaux
16:44et de stratégies
16:45étudiées,
16:46on étudie
16:47l'effet
16:47de la hausse
16:48des températures,
16:49c'est-à-dire
16:49la plasticité
16:50intragénérationnelle,
16:51et l'effet
16:52du climat
16:53de la population,
16:55c'est-à-dire
16:55la différenciation
16:56génétique
16:57et l'adaptation
16:58locale.
16:59Je vais vous expliquer
17:00un peu
17:01comment on a fait.
17:04Donc,
17:04on a étudié
17:05quatre espèces,
17:06trois chênes
17:07qui couvrent
17:08les gradients
17:08tempérés
17:09sub-méditerranéens
17:10et méditerranéens,
17:11le chêne-cécile,
17:12le chêne-pubescent
17:13et le chêne-liège,
17:14qui ont des graines
17:15récalcitrantes
17:16avec un radicule
17:17non-dormant
17:18et un épicotyle
17:20dormant uniquement
17:21pour le chêne-cécile
17:21et le chêne-liège.
17:23Et on a étudié
17:24le sapin pectiné
17:25qui est tempéré
17:26et qui a des graines
17:28orthodoxes
17:29et un radicule
17:30dormant.
17:32Alors,
17:32comment on a fait
17:33ensuite ?
17:35En fait,
17:35c'est dans le cadre
17:36du projet européen
17:37Hop Forest
17:38et d'un projet régional
17:39qui s'appelle
17:40SUBER
17:40qu'on a collecté
17:41des graines
17:42sur l'ensemble
17:42des aires de répartition
17:43pour avoir
17:44des populations
17:45représentatives
17:46des climats
17:47rencontrés
17:48par les espèces.
17:49Dans chaque population,
17:51on a échantillonné
17:52sur 6 à 20 arbres
17:54pour prendre en compte
17:55la variation génétique
17:57intra-population.
18:00Au total,
18:01on a expérimenté
18:02sur 9000 graines
18:03et 29 populations.
18:06Et donc,
18:06on a pris
18:07à peu près 15 glands
18:08par arbre-mer
18:09pour le chêne
18:09et 60 pour le sapin
18:12parce que le sapin
18:13a un taux de germination
18:13plus bas
18:14et qu'il nous fallait
18:15suffisamment
18:15de graines germées
18:16pour pouvoir faire
18:16des analyses dessus.
18:19Concernant
18:19les données climatiques,
18:20on a extrait
18:21le climat
18:22entre 1900
18:22et 1960
18:23pour chaque population
18:24en supposant
18:26qu'elle s'y serait
18:27adaptée.
18:28On a également
18:29extrait
18:30des rasteurs climatiques
18:31pour pouvoir faire
18:31des prédictions
18:31sur toute l'aire
18:32de répartition
18:33des espèces.
18:34Ici,
18:35par exemple,
18:35le rasteur
18:36de la température
18:36de printemps
18:37entre 1900
18:38et 1960.
18:39Pour ça,
18:39on s'est servi
18:40du site
18:40ClimateDity.
18:42Ensuite,
18:43on a réalisé
18:44des expérimentations
18:44en conditions contrôlées
18:46à partir de ces graines,
18:47plus particulièrement
18:48ce qu'on appelle
18:49des jardins communs
18:50de transplantation
18:51réciproque,
18:52c'est-à-dire
18:53qu'on a transféré
18:54des graines
18:54de plusieurs populations
18:55dans plusieurs environnements.
18:57C'est un design
18:58qui permet
18:59d'étudier la plasticité
19:00mais aussi
19:01l'adaptation.
19:03La différenciation génétique
19:04liée au climat
19:05qu'on observe
19:06entre populations,
19:07elle peut certes
19:09être due
19:09à des processus
19:10génétiques neutres
19:11et pas à l'adaptation,
19:12mais c'est d'autant
19:13moins probable
19:14qu'on multiplie
19:15le nombre de populations
19:16et d'environnements
19:16testées.
19:17C'est ce qu'on a essayé
19:18de faire.
19:20Pour tester
19:21ce qui se passerait
19:22sans un hiver
19:24suffisamment froid,
19:25on a mis
19:26la moitié
19:26des graines
19:27de sapin
19:27qui sont dormantes
19:28à germer directement
19:29sans savoir
19:30si elles allaient germer
19:31et l'autre moitié
19:32au frigo
19:32à 4 degrés
19:33pendant 3 semaines
19:34pour les stratifier
19:35et pour qu'elles soient
19:37dormantes
19:37et ensuite lever
19:38leur dormance.
19:40Pour toutes les espèces,
19:42des graines
19:42de chaque population
19:43et de chaque arbre-mer
19:45ont été mis
19:45à germer
19:46dans 3 chambres
19:47climatiques,
19:48l'une à 15 degrés,
19:49l'une à 20 degrés
19:50et l'une à 25 degrés
19:51avec un cycle
19:53jour-nuit,
19:53une température
19:54inférieure la nuit.
19:55Les graines de sapin
19:56stratifiées
19:57ont aussi été mises
19:58dans les chambres
19:58après 3 semaines.
20:01Toutes les autres conditions
20:02ont été gardées
20:03constantes et optimales
20:04pour isoler
20:05l'effet de la température.
20:06Pour le sol,
20:07on a utilisé
20:08du terreau
20:08et de la perlite
20:09et pour l'eau,
20:10on a arrosé
20:11manuellement
20:113 fois par semaine.
20:13Je vous ai mis
20:14des images.
20:15En image,
20:15on a la stratification
20:16des graines de sapin,
20:17les 3 chambres climatiques
20:19et à l'intérieur
20:19d'une chambre climatique,
20:21à quoi ça ressemble.
20:23On a mesuré
20:24le phénotype
20:25tout au long
20:25de l'expérimentation.
20:26D'abord,
20:27avant de semer,
20:28on a mesuré
20:28la masse
20:29et la teneur
20:29en eau des graines.
20:31Ensuite,
20:31pendant la germination
20:323 fois par semaine,
20:33les temps de germination
20:34et les pourcentages.
20:36Dans le même temps,
20:373 fois par semaine,
20:38les temps d'émergence
20:39des premières feuilles
20:39et la hauteur
20:40à la première feuille.
20:43Et enfin,
20:44un mois après
20:45l'émergence
20:46de la première feuille,
20:472 mois pour les sapins
20:48parce qu'ils ont
20:48une croissance plus lente,
20:50on a mesuré
20:51la hauteur finale
20:52pour avoir
20:53la croissance,
20:54le diamètre,
20:55la biomasse
20:56des racines
20:57et puis des pousses,
20:59la surface foliaire
21:00spécifique
21:01et les pigments
21:01des feuilles.
21:05Si je reprends
21:06juste rapidement
21:06cette diapo,
21:08un mois après
21:08l'émergence
21:09de la première feuille,
21:10on a mesuré
21:11la hauteur finale
21:12pour avoir
21:12la croissance,
21:13on a mesuré
21:14aussi le diamètre,
21:15la biomasse
21:16des racines
21:16et des pousses,
21:17la surface foliaire
21:18et les pigments.
21:19Et ensuite,
21:20pour parler
21:21un tout petit peu
21:21de l'analyse statistique,
21:25on a utilisé
21:26des modèles
21:26de distribution
21:27d'espèces
21:27qui sont implantés
21:28comme des modèles
21:29linéaires
21:29généralisés
21:30à effet mixte
21:31dans R.
21:32Ce qu'il faut savoir,
21:33c'est que les modèles
21:33de distribution
21:38d'espèces traditionnelles
21:39ne prennent pas en compte
21:40la différenciation génétique,
21:42la variation
21:43à trace spécifique.
21:44Ils sont purement
21:45corrélatifs,
21:45c'est-à-dire basés
21:46sur des corrélations
21:47avec des données
21:47empiriques
21:48comme la présence-absence
21:49au lieu de modéliser
21:50les processus
21:51type photosynthèse
21:52comme le font
21:52les modèles mécanistes.
21:54Et comme dans
21:55les autres types de modèles,
21:56ils tentent de plus en plus
21:56à intégrer
21:57différentes approches
21:58et à devenir hybrides
21:59et plus seulement
21:59corrélatifs.
22:00Et en l'occurrence,
22:01nous, ceux qu'on a utilisés
22:02prennent en compte
22:02la variation
22:03à trace spécifique.
22:04Donc voici à quoi
22:05il ressemble,
22:06c'est une formule
22:07d'un modèle type.
22:09En variable réponse,
22:10on a le trait d'intérêt
22:11qui peut être
22:11le diamètre,
22:12la croissance,
22:13la surface foliaire,
22:14le temps de germination,
22:15etc.
22:17En fonction,
22:17en orange,
22:18de la distance
22:19de transfert climatique
22:20qui est en fait
22:21combien de degrés
22:22en plus ou en moins
22:22par rapport à la température
22:24de la population,
22:25ça nous informe
22:26sur la plasticité.
22:27En bleu,
22:28en fonction du climat
22:29de la population
22:29qui nous informe
22:31sur la différenciation
22:31et l'adaptation génétique.
22:33En orange,
22:34de leur interaction
22:35qui nous informe
22:36sur est-ce que la plasticité
22:37à la température
22:38diffère selon la population.
22:40Et en gris,
22:41éventuellement,
22:42d'autres traits
22:42qui dépendent
22:43du trait d'intérêt
22:44et qui permettent
22:45de mieux le prédire.
22:47Alors,
22:47à quel résultat
22:48tout ça a mené ?
22:49On va commencer
22:50par les chaînes.
22:53Donc ça,
22:54c'est toutes les études
22:55qu'on a menées
22:55sur les chaînes.
22:57Ce qu'on observe
22:58de façon assez cohérente
22:59sur l'ensemble des chaînes,
23:00c'est qu'avec le réchauffement,
23:01les plantules adoptent
23:02une stratégie
23:03plus conservative.
23:04La surface foliaire
23:05spécifique diminue,
23:06la croissance
23:07et la hauteur aussi
23:08et le diamètre
23:09et les pigments
23:10photoprotecteurs
23:10augmentent.
23:11Concrètement,
23:12ça veut dire
23:12que les plantules
23:13réorientent leurs ressources
23:14vers des tissus
23:15plus robustes
23:15et résistants au stress
23:16plutôt que vers
23:19une captation rapide
23:20de lumière
23:20et de nutriments
23:21pour grandir.
23:22C'est une réponse
23:22cohérente
23:23à un stress thermique.
23:24L'effet du réchauffement
23:26sur la fitness,
23:27donc sur le taux
23:28de germination,
23:29le taux de survie
23:29et la biomasse totale
23:31ne devient réellement négatif
23:32qu'à partir
23:33d'un réchauffement
23:33très important
23:34de l'ordre
23:35de plus 10
23:35à plus 15 degrés
23:37par rapport
23:37à la température
23:38de la population,
23:39ce qui est assez attendu
23:40puisqu'avec de l'eau
23:41et des nutriments
23:41en quantité suffisante,
23:43un réchauffement modéré
23:44a plutôt
23:45des effets positifs
23:46jusqu'à un certain seuil.
23:48Après,
23:49et c'est important,
23:50ça dépend énormément
23:51de la population.
23:53Chez le chêne pubescent
23:55et le chêne liège,
23:56les populations
23:57issues de milieux
23:58plus chauds,
23:59plus arides
24:00ou moins saisonnales
24:01adoptent
24:02une stratégie
24:03plus acquisitive
24:04par rapport
24:04aux autres populations.
24:05Leur croissance
24:06et leur hauteur
24:07augmentent,
24:07notamment.
24:09Par contre,
24:10leur fitness
24:10est moins bonne
24:11avec une survie,
24:13une biomasse totale
24:14et un taux de germination
24:15qui sont moindres
24:16par rapport
24:16aux autres populations.
24:18Également,
24:18leur proportion
24:19de racines
24:19diminue,
24:20ce qui suggère
24:21une réduction
24:21de leur résistance
24:22à la sécheresse.
24:24L'hypothèse
24:24qu'on a formulée,
24:25c'est que ces populations
24:28sont adaptées
24:29sans doute
24:29à des périodes
24:30humides,
24:30courtes et ponctuelles,
24:31et donc elles sont
24:32entre guillemets
24:33programmées
24:33pour exploiter rapidement
24:34les ressources disponibles.
24:36Et en fait,
24:37cette stratégie
24:37deviendrait désavantageuse
24:39quand les conditions
24:39sont continuellement humides
24:40comme dans notre expérimentation.
24:43chez le chêne Cécile,
24:45on n'a pas le même pattern.
24:46Les populations
24:47les plus froides
24:48et continentales
24:49performent mieux
24:50à basse température,
24:51mais ensuite s'effondrent
24:52sous réchauffement.
24:55Leur stratégie
24:55devient aussi
24:56plus conservative
24:57avec le réchauffement.
24:59Et notre interprétation,
25:00c'est que ces populations
25:02sont en fait spécialisées
25:04dans l'adaptation au froid.
25:05Et donc,
25:06en conditions chaudes,
25:07en fait,
25:08cette adaptation a un coût
25:09et ce coût se révèle.
25:13Un autre résultat intéressant,
25:15c'est que les populations
25:16continentales
25:16de chêne pubescent
25:17et de chêne Cécile
25:18semblent réagir
25:18de façon opposée,
25:20puisque chez le chêne Cécile,
25:21elles souffrent du réchauffement,
25:23tandis que chez le chêne pubescent,
25:25elles en tirent plutôt avantage.
25:26Et ça peut s'expliquer
25:28par des pressions sélectives
25:29différentes.
25:30Les populations continentales
25:31du chêne Cécile
25:32sont plutôt bien adaptées
25:34au froid.
25:35Et celles du pubescent,
25:36même au nord
25:37de son aire de répartition,
25:40sont probablement,
25:40il est possible
25:41que leur menace principale,
25:42ce soit plus la sécheresse estivale
25:44plutôt que le froid.
25:45Et donc,
25:46en conditions chaudes et humides,
25:47elles n'auraient donc pas
25:48leur contrainte habituelle
25:49de sécheresse
25:50et elles n'auraient pas non plus
25:51de froid,
25:51de nouvelles menaces
25:52et donc,
25:52elles s'en sortiraient bien.
25:56Un dernier point
25:56sur les chênes,
25:57ce qu'on voit aussi,
25:58c'est que le réchauffement
25:59accélère l'apparition
26:00des premières feuilles
26:01pour toutes les espèces de chênes
26:02et que cet effet
26:03est particulièrement marqué
26:04dans les populations
26:05froides et continentales.
26:07Et ça,
26:07ça s'explique par le fait
26:08que la chaleur
26:09accélère
26:10l'activité enzymatique
26:11et avance
26:12les seuils de développement
26:13qui déclenchent
26:14l'émergence des feuilles.
26:16Et les populations
26:17continentales
26:17et froides,
26:18elles ont probablement
26:19évolué
26:20pour réagir vite
26:21aux signaux de réchauffement
26:22puisqu'elles ont une saison
26:23de croissance plus courte,
26:24qu'elles ont intérêt
26:25entre guillemets
26:25à un part ratée.
26:27C'est pour ça
26:28qu'elles sont plus plastiques.
26:31On va voir
26:31les résultats
26:33du sapin pectiné ensuite.
26:35Donc,
26:35chez le sapin pectiné,
26:37l'effet du réchauffement
26:38va dans le sens
26:39opposé aux chênes.
26:40Les plantules
26:40deviennent plus acquisitives
26:42avec une surface foliaire
26:44et une hauteur
26:44qui augmentent,
26:45un diamètre qui diminue.
26:47Et notre hypothèse,
26:48c'est que le sapin pectiné
26:49est encore davantage
26:50adapté au froid.
26:52Et donc,
26:53la chaleur,
26:54en fait,
26:54libère la contrainte du froid
26:56et permet d'investir
26:57davantage dans la croissance
26:58plutôt que dans la résistance
26:59au froid.
27:01On observe aussi
27:02que les populations froides
27:04performent mieux.
27:06Alors ça,
27:07c'est le résultat
27:07qu'on a le plus de mal
27:08à expliquer.
27:09C'est peut-être en partie
27:10lié à l'histoire démographique
27:11de l'espèce.
27:14Mais le résultat
27:15le plus marquant
27:16chez le sapin
27:17concerne la dormance
27:18et la stratification froide.
27:20Quand on simule
27:21une absence d'hiver
27:22suffisamment froid
27:23en mettant des graines
27:24à germer directement
27:25sans passage au froid,
27:27les graines germent quand même.
27:28On n'était pas sûr
27:28qu'elles germent.
27:29Elles germent quand même,
27:30mais avec du retard
27:31et les plantules
27:32sont nettement moins performantes
27:34ensuite.
27:35Et ça,
27:36c'est un résultat fort
27:36parce que ça veut dire
27:37que si les hivers
27:38se réchauffent
27:38au point de ne plus
27:40assurer cette stratification
27:41naturelle,
27:42ça pourrait d'une certaine
27:44manière compromettre
27:45la régénération du sapin
27:46indépendamment
27:47de tout autre facteur.
27:50Enfin,
27:50comme pour les chaînes,
27:51l'effet négatif
27:52du réchauffement
27:53sur la fitness
27:55n'intervient en fait
27:56qu'à des niveaux
27:57aussi extrêmes.
27:57C'est-à-dire ici,
27:58c'était de plus 4
27:59à plus 7 degrés
28:00par rapport à la température
28:01de la population.
28:02Et on observe aussi
28:03une accélération
28:04de la phénologie
28:04qui intervient énormément.
28:06C'est un résultat
28:07très commun dans la littérature.
28:08Quand on a un réchauffement,
28:09on a une accélération
28:10de la phénologie.
28:13Voilà.
28:14Je vais citer
28:15quelques limites
28:16et perspectives
28:16à ce travail maintenant.
28:18Il y en a évidemment beaucoup.
28:20D'abord,
28:21sur le plan expérimental,
28:22idéalement,
28:22c'est vrai qu'il faudrait
28:23collecter des graines
28:23sur plusieurs années
28:24parce que les premiers stades
28:26varient beaucoup
28:26d'une année à l'autre.
28:27Et une seule récolte
28:29sur une année
28:30ne capture pas
28:30toute la variabilité.
28:33Dans le même esprit,
28:34des expérimentations
28:34plus longues
28:35permettraient de mieux
28:36mesurer la fitness réelle
28:37des plantules dans le temps.
28:39Ensuite,
28:40des analyses génétiques
28:41permettraient
28:41de mieux distinguer
28:42ce qui relève
28:43de l'adaptation locale
28:45des processus génétiques neutres
28:47et d'estimer
28:48le potentiel évolutif
28:49des populations,
28:50c'est-à-dire leur capacité
28:51à s'adapter
28:51dans les générations à venir.
28:53Alors évidemment,
28:54il y a aussi tout un pan
28:54d'autres facteurs environnementaux
28:56qu'on n'a pas testés ici.
28:57Le stress hydrique,
28:58bien sûr,
28:59le gel,
28:59les pathogènes,
29:00la compétition.
29:01Dans nos expérimentations,
29:03c'est vrai qu'on a isolé
29:03la température
29:04dans des conditions optimales.
29:05C'était nécessaire
29:06pour interpréter les résultats,
29:07mais ça reste loin
29:08de la réalité du terrain
29:09où il y a beaucoup
29:10de facteurs qui interagissent.
29:12Également,
29:12ce serait très intéressant
29:13de comparer
29:14nos niches de germination
29:15et de plantules
29:16avec les niches
29:17notamment des adultes.
29:18de tester la dormance
29:19de l'épicotyle également.
29:20On n'a pas testé
29:21la dormance de l'épicotyle.
29:23Également,
29:24nous,
29:25on s'est intéressés
29:25uniquement à la régénération
29:26par graines,
29:27mais il y a aussi
29:27la régénération par rejet
29:28qui serait importante
29:30à investiguer.
29:32Également,
29:32idéalement,
29:33une plus grande plage
29:34de température
29:34et un système
29:35d'arrosage automatique
29:36qui serait plus rigoureux.
29:38Et donc,
29:39pour conclure,
29:41si je devais retenir
29:42un seul message
29:43de tout ce travail,
29:44ce serait que
29:44la population compte,
29:46la population est importante
29:47peut-être au même titre
29:48que l'espèce.
29:49Les chênes et les sapins,
29:51on a vu qu'ils ne réagissaient
29:52pas de façon uniforme
29:53au réchauffement.
29:54Selon leur origine climatique,
29:55certaines populations
29:56sont bien positionnées
29:57pour faire face.
29:58Certaines sont même
29:59préadaptées
30:00à des climats plus chauds.
30:02D'autres sont déjà
30:03complètement en décalage.
30:05Voilà.
30:06Et ensuite,
30:06deux autres messages
30:07assez simples,
30:11c'est que l'accélération
30:12de la phénologie
30:13avec le réchauffement
30:13risque d'exposer
30:15les plantules
30:16aux gelés tardifs
30:17dans certaines régions.
30:19Et également,
30:19pour les jeunes sapins pectinés
30:21qui ont des graines dormantes,
30:22ils risquent d'être
30:23négativement affectés
30:24par l'adoucissement
30:25de l'hiver.
30:28Voilà.
30:29Bon,
30:29je suis désolée
30:30pour le cafouillage.
30:31Je vous remercie
30:31pour votre attention.
30:35Merci beaucoup Marion.
30:36Alors,
30:36on a quand même
30:37pas mal de personnes
30:38qui sont connectées.
30:39N'hésitez pas
30:40à poser vos questions.
30:41On a une première question.
30:45qu'elle serait,
30:47alors je ne sais pas
30:47si vous aurez
30:48les informations ou pas,
30:50donc quelqu'un
30:51qui souhaitera avoir
30:51les dernières informations
30:52disponibles
30:53sur l'étude
30:54qui suit la mémoire
30:56épigénétique
30:56de la température
30:57lors de la maturation
30:59des graines de pain maritime
31:00et puis les passerelles
31:02avec le sujet
31:03que vous venez de présenter.
31:05Merci.
31:18Alors moi,
31:18je ne travaille pas du tout
31:19sur le pain maritime
31:23et je ne travaille pas
31:24non plus.
31:24Alors,
31:25j'ai vu une étude
31:26sur la mémoire
31:28épigénétique
31:28mais ce n'était pas
31:29celle-là,
31:29je pense.
31:31Et c'est vrai
31:32que ça,
31:32c'est des sujets
31:33que je ne travaille
31:34pas dessus
31:35pour le coup.
31:41Pas de souci.
31:47Du coup,
31:48peut-être
31:48une question toute simple
31:50par rapport à tout
31:51ce que vous venez
31:52de présenter.
31:53Si vous aviez
31:53des conseils
31:55à donner aux forestiers
31:56pour la plantation,
31:58à retenir,
32:00qu'est-ce que ça pourrait être ?
32:06Eh bien,
32:07c'est l'importance
32:07de la population.
32:10Alors,
32:11on en a discuté
32:12un tout petit peu
32:12avant de commencer
32:13le webinaire.
32:16Depuis ma thèse,
32:17moi,
32:17je ne suis plus
32:17dans la filière forêt bois
32:18donc je ne sais pas
32:19à quel point
32:20il y a des tests
32:21avec différentes provenances
32:23d'une même espèce
32:23ou si c'est plus souvent
32:24des tests d'espèces.
32:26Et quand on fait
32:27des tests d'espèces,
32:28comment choisir
32:29la provenance
32:29qu'on teste ?
32:31Mais effectivement,
32:32s'il y a une chose
32:34que je pourrais retenir,
32:36c'est vraiment
32:37l'importance de la provenance
32:38c'est de faire des tests
32:39avec plusieurs provenances
32:40d'une même espèce.
32:42Je connais notamment
32:43une étude
32:43qui a comparé,
32:46il me semble,
32:47les chaînes
32:48pédonculées,
32:48cécile et pubescent.
32:50Et dans cette étude,
32:50la provenance,
32:51alors du coup,
32:51ils ont testé
32:52la sécheresse.
32:54Dans cette étude,
32:54la provenance
32:55la plus sensible
32:56à la sécheresse,
32:57c'était une provenance
32:59de chaînes pubescent.
33:00Ce n'était pas
33:00une provenance
33:01de chaînes cécile
33:03ou pédonculée.
33:04Et donc,
33:05en fait,
33:05la provenance,
33:05c'est hyper important.
33:06C'est-à-dire que même
33:07le chêne pubescent,
33:08on se dit,
33:08c'est le plus résistant
33:09à la sécheresse des trois.
33:10C'est vrai,
33:11à l'échelle de l'espèce,
33:12mais il peut y avoir
33:13des provenances
33:14qui sont plus sensibles
33:15que les chaînes cécile,
33:17enfin,
33:17des provenances
33:18de chaînes cécile
33:18et pédonculées.
33:19donc,
33:20je dirais que c'est très important
33:22et c'est surtout
33:23ce que je mettrai en avant
33:25parce que c'est vrai
33:25que ma thèse,
33:26ça reste quand même
33:27beaucoup de la recherche fondamentale
33:28et donc,
33:28il y a plein de résultats
33:29qu'on a
33:30où on manque encore
33:31de recul dessus
33:32parce qu'on est vraiment
33:33sur les fronts
33:35de la science,
33:35entre guillemets,
33:36donc on explore des trucs,
33:37on a besoin
33:38de plus de recul.
33:39Par contre,
33:39ça,
33:40cette idée
33:41de l'importance
33:42de la provenance,
33:43on n'est pas les seuls
33:44à le dire,
33:45donc je pense
33:45qu'on est assez confiants.
33:47C'est pour ça
33:48que je mets ça en avant.
33:52Oui,
33:52effectivement,
33:53c'est très important
33:54et puis,
33:54on n'a pas toujours
33:55la possibilité non plus
33:56d'avoir exactement
33:57la provenance
33:57qu'on souhaite
33:58en fonction
33:59de la disponibilité
34:00des graines
34:01et de la reproduction
34:06en fonction des années
34:07des provenances
34:08qu'on souhaite.
34:11Alors,
34:12il y a une question
34:12pour diversifier
34:13les provenances,
34:13serait-il possible
34:14d'assouplir
34:15la réglementation
34:16sur les MFR ?
34:19Alors,
34:19la réglementation
34:20sur les MFR,
34:21je vais répondre
34:21au titre de l'État,
34:22elle se base
34:23sur les recommandations
34:25qui sont proposées
34:26par INRAE
34:27en fonction
34:28de la connaissance
34:29des différentes provenances.
34:32Donc,
34:32l'objectif,
34:33alors déjà,
34:33la réglementation MFR,
34:34elle s'applique
34:35uniquement
34:37aux aides publiques
34:39et l'objectif,
34:40c'est qu'on maximise
34:42les aides
34:43qui sont apportées
34:44et que sur des provenances
34:47pour lesquelles
34:47on a un certain nombre
34:48d'informations,
34:49toutefois,
34:49il est possible
34:50de tester
34:51d'autres provenances
34:52mais dans un cadre
34:54scientifique
34:54avec un suivi.
34:56Donc,
34:57la porte n'est pas fermée
34:58mais par contre,
34:59il faut qu'il y ait
35:00un suivi
35:01pour qu'on puisse
35:03analyser les résultats.
35:05Et il y a
35:06une autre question,
35:07avez-vous travaillé
35:08sur l'introgression
35:10adaptative
35:11des chaînes
35:11notamment ?
35:17Non,
35:18non,
35:18on n'a pas travaillé
35:19là-dessus.
35:21Là,
35:22j'ai vraiment
35:24résumé
35:24tout ce qu'on a fait
35:25donc il n'y a pas
35:25d'autres études
35:27sur d'autres sujets.
35:33Ok.
35:35Est-ce qu'il y a
35:36d'autres questions
35:37avant qu'on clôture
35:38le webinaire ?
35:50Eh bien,
35:51s'il n'y a pas
35:51d'autres questions,
35:53à ce moment-là,
35:54je vous propose
35:56de s'arrêter là.
36:00Donc,
36:01un grand merci
36:02à Marion Carme
36:03pour la présentation.
36:05Éventuellement,
36:06s'il y a
36:06des retours
36:07de personnes
36:07qui ont été
36:07déconnectées
36:08en cours de route,
36:09qui ont des questions,
36:11n'hésitez pas
36:12à m'écrire,
36:13on verra
36:13comment on s'organise.
36:16Merci à tous
36:17pour votre participation.
36:19Donc,
36:20vous retrouverez
36:20ce webinaire,
36:21là,
36:21je vais enlever
36:21la partie
36:24avec le petit blanc
36:25au milieu,
36:26donc dans les jours
36:27à venir
36:27sur le site internet
36:29de la DRAF
36:30avec le document
36:31qui a été présenté.
36:33Donc,
36:34vous retrouverez
36:34tout ça
36:34à la rubrique
36:35Forêt,
36:36Bois,
36:36Énergie.
36:39Il n'y aura pas
36:40de webinaire
36:40au mois de mai,
36:41donc je vous donne
36:42rendez-vous
36:42pour le prochain
36:43webinaire
36:43le mardi 2 juin
36:44comme d'habitude
36:45de 17h à 18h.
36:47L'ONF
36:48et le SNPF
36:49vous présenteront
36:50les données
36:50sur l'évolution
36:51des peuplements
36:52forestiers
36:53dans l'Ain
36:54suite au troisième
36:55recontage
36:55des placettes
36:56de l'Observatoire
36:57de l'Ain
36:57et donc ça vous permettra
36:59notamment de voir
37:00avec des données
37:01chiffrées précises
37:02quel est l'impact
37:03du changement climatique
37:04sur ces peuplements.
37:07Voilà,
37:07et bien écoutez,
37:08très bonne soirée
37:08à tous
37:09et à bientôt.