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Le député PS de l’Essonne et candidat à la présidentielle Jérôme Guedj était l’invité de #LaGrandeInterview de Laurence Ferrari dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.
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00:00Et notre invité ce matin dans la grande interview CNews Europe 1, c'est Jérôme Gage.
00:04Bonjour à vous, député socialiste de l'Essonne.
00:06Merci d'être là parce que c'est une journée pas simple pour vous.
00:09Est-ce que vous n'avez pas la nausée ce matin, Jérôme Gage ?
00:12Est-ce que vous ne vous sentez pas mal ?
00:14À Toulouse, une alliance entre LFLPS, Avignon, Idem, Limoges, Nantes, Clermont-Ferrand, Strasbourg,
00:21Tours, Besançon, je vais aller jusqu'au bout, c'est long, Brest, Lyon.
00:24Est-ce que vous n'avez pas mal à la gauche ?
00:26Jérôme Gage.
00:27D'abord Laurence Ferrari, je sais en venant sur votre plateau ce matin que ce n'est pas un exercice
00:31simple.
00:31Je m'aurais pu rester à la maison et dans l'entre-deux-tours me carapater en disant
00:36écoutez, il y a des accords locaux, on va regarder ailleurs et puis les gens auront oublié.
00:41Moi j'aime trop la politique pour ce qu'elle est, c'est-à-dire la conciliation de convictions, de
00:47valeurs,
00:47parce que pour moi la politique commence toujours par les valeurs et par des principes qui matricent notre engagement
00:52et puis qui se confrontent au réel dans le moment des campagnes électorales.
00:55Et ces élections municipales ne sont pas un objet politique hors sol de la période politique dans laquelle nous vivons.
01:01Mais vous avez mal à la gauche ou pas ?
01:02J'ai mal à la gauche républicaine que j'essaye de porter, que j'incarne avec d'autres,
01:08qui motive ma candidature à l'élection présidentielle et qui fait un grand écart qui m'est insupportable.
01:16Ça fait mal aux adducteurs et ça fait mal à la cohérence politique.
01:20Le Parti Socialiste, il y a 15 jours à peine, a pris une position que j'appelais de mes voeux
01:25avec d'autres,
01:26de longue date, qui était la condamnation forte des dérives complotistes et des propos antisémites insupportables.
01:32Vous avez même dit que M. Mélenchon était un salopard antisémite.
01:35Je l'avais dit à la tribune du Congrès du Parti Socialiste en juin 2025.
01:40Pour vous, rien n'a changé.
01:41Il est toujours un salopard antisémite ou pas ?
01:44J'ai retiré, c'est un pléonasme que d'utiliser le terme injurieux, antisémite suffisait.
01:49Et moi, j'avais rompu en 2024 et refusé tout accord électoral avec la France insoumise.
01:56Et aux élections législatives qui ont suivi la dissolution de 2024, je me suis présenté en refusant cet accord
02:03et en ayant même une candidature soutenue par la France insoumise face à moi.
02:06Ce que je veux dire, c'est que j'incarne cette combativité et cette cohérence des convictions.
02:12Et au nom de tout ça, quand je constate qu'il y a un hiatus, qu'il y a un
02:16grand écart, je le dis, je ne me tais pas.
02:18C'est plus qu'un hiatus ?
02:19Oui, après la déclaration du Parti Socialiste, je ne peux que regretter qu'au moment où nous avons pris cette
02:25position très nette,
02:27me semblait-il, de condamner ces dérives complotistes et ces propos antisémites insupportables,
02:33quelques jours après, au nom d'un combat politique local, on passe ça par-dessus bord.
02:39Alors, je ne suis pas là pour agonir d'injure ceux des camarades qui ont fait ça.
02:43Ils sont dans l'après-té du combat immédiat, ils sont soit pour maintenir la vie de la gauche, soit
02:49pour la conquérir.
02:50Mais je dis à un moment donné que l'intérêt général de la gauche et des socialistes,
02:55ce n'est pas la somme des intérêts particuliers des élus socialistes sur leur territoire.
02:59C'est dur à comprendre, c'est dur à entendre pour certains d'entre eux, mais il faut se transcender,
03:04se sublimer, voire plus haut.
03:05Ce qui se noue à cet instant, c'est la crédibilité de la gauche républicaine.
03:11Vous savez, c'est un beau principe, c'est une éthique de comportement, c'est une éthique de responsabilité.
03:15Et moi, j'essaye, encore une fois, de dépasser cette contradiction et de le dire avec cette fermeté.
03:23Et dans ce moment-là, il y avait un autre chemin qui a été pratiquable.
03:27Donc vous condamnez ces accords et les filles PS.
03:30Mais oui, pour une raison, oui, bien sûr, je les condamne, je ne les approuve pas parce que...
03:35Non, mais vous les condamnez, c'est mieux en le disant.
03:38Oui, non, mais je... ça allait toi, mais d'abord, pourquoi ?
03:44Il y a plein d'endroits où ça ne se passe pas.
03:46Vous allez me lister probablement les villes dans lesquelles ça se passe,
03:50mais il y a d'abord des dizaines et des centaines de villes dans lesquelles ces accords n'ont pas
03:54eu lieu.
03:55Et parfois dans des très grandes villes.
03:57Les deux premières villes de France, je veux saluer Emmanuel Grégoire à Paris, Benoît Payan...
04:02Là, on peut qu'il cache la forêt.
04:03Non, c'est deux villes importantes.
04:05Et vous savez, moi, je suis convaincu...
04:07C'est monsieur de la fausse.
04:08Non, mais je cite Benoît Payan à Marseille.
04:11Oui, je peux citer Nathalie Apéret à Rennes.
04:14Vous avez mentionné Mickaël de la fausse à Montpellier, Mathieu Klein à Nancy.
04:19Et puis, dans plein de villes qui sont sous les radars, des villes de taille moyenne, etc.
04:22Et je ne voudrais pas que cela soit mis en difficulté par le fait qu'il y a eu ces
04:27accords à ces différents endroits.
04:29Et je vais vous dire, les bons scores qui ont été faits par ces candidats s'expliquent parce qu'ils
04:38ont été très clairs sur les valeurs et sur les principes.
04:40Et Emmanuel Grégoire et Benoît Payan, dès le début de leur campagne électorale, ils ont dit qu'il n'y
04:45aura pas d'accord avec Sophia Chikirou à Paris
04:48ou avec Sébastien Delogu à Marseille.
04:51Et je suis convaincu que les bons scores qu'ils ont faits s'expliquent par cette clairvoyance, cette clarté, cette
04:57rectitude.
04:58Que d'autres n'ont pas.
04:59Écoutons Jean-Luc Mélenchon, monsieur Guedj.
05:01C'était le 4 mars à Bondy.
05:03Vous allez me dire s'il avait tout compris à ce qu'est le Parti socialiste.
05:06Ils disent, au deuxième tour, non plus, il n'y aura pas d'accord.
05:09Alors tout le monde entend, il rompt l'accord.
05:12Penses-tu ?
05:13Vous savez ce que c'est, c'est des gros combinards.
05:16Ils ne vont pas nous coûter trop cher, je pense, à acheter pour le deuxième tour, là où on les
05:20achètera.
05:22Mais quand même, quand ils disent qu'il n'y aura pas d'accord national, ça veut dire, faites votre
05:27tambouille.
05:28Faites votre tambouille localement.
05:29Et ils sont tous là à se dire, il ne faut qu'on y arrive avec la droite sans les
05:33insoumis.
05:354 mars, Jean-Luc Mélenchon, les socialistes sont de gros combinards.
05:39Ils ne seront pas trop chers à acheter, Jérôme Guedj.
05:41Qu'est-ce que vous lui répondez ?
05:43Le problème principal de Jean-Luc Mélenchon…
05:45Qu'est-ce que vous lui dites ?
05:46Est-ce que vous êtes facile à acheter, vous ?
05:48Moi, non.
05:48Et moi, je pense qu'il ne s'agit pas d'acheter ou pas acheter, il s'agit d'être
05:53cohérent avec les principes opposés.
05:55Je vous l'ai dit, les valeurs, pour moi, c'est la porte d'entrée de l'engagement politique.
05:58C'est la crédibilité des propositions.
06:00Moi, j'essaie d'incarner avec d'autres la gauche du réel, la gauche des solutions,
06:04pas celle, justement, qui est dans l'incantation, souvent stérile, qui nationalise des débats municipaux.
06:10Voilà.
06:10Mais le problème qu'on a avec Jean-Luc Mélenchon, c'est qu'il a décidé d'éradiquer le Parti
06:16socialiste.
06:17Il a décidé de punir.
06:20Voilà, c'est le terme qu'il a utilisé.
06:21Il a dit, à l'occasion de ses élections municipales,
06:24il a présenté des candidats singulièrement dans des villes où il y avait des maires socialistes sortants.
06:30Mickaël Delafosse, vous l'avez mentionné, a subi pendant des jours et des jours et des semaines et des semaines.
06:35Et il ne retire pas ses candidats, Jean-Luc Mélenchon.
06:37Là, il y a le RN qui peut être.
06:39On va y venir.
06:40Et moi, ce que je dénonce, pardon de le dire, mais c'est une forme de masochisme des socialistes.
06:45Ceux qui veulent vous faire la peau, vous êtes là à tendre la joue après qu'il vous ait maltraité
06:51à ce point.
06:52Et moi, je trouve que c'est une faute politique et c'est une erreur politique.
06:55Parce qu'en permettant à ce qu'il y ait des mairies qui puissent être gagnées par la France insoumise,
07:00quand les socialistes se sont effacés ou ont fait des accords à Limoges ou à Toulouse,
07:05c'est valider la stratégie de Jean-Luc Mélenchon, celle de la conflictualisation et de la brutalisation au niveau national
07:11pour apparaître propre sur eux dans ces mairies.
07:15Et c'est introduire dans des conseils municipaux, dans tout un tas de villes, des conseillers municipaux et des maires
07:21adjoints
07:22qui demain vont voter aux élections sénatoriales et dont les sénateurs feront la campagne de Jean-Luc Mélenchon
07:27où iront tailler des croupières et rivaliser avec des socialistes.
07:32Donc moi, cette espèce de masochisme, cette espèce d'emprise, cette espèce...
07:38Vous savez, Léon Blum avait cette...
07:40C'est la fin du PS.
07:40En 1948, au Congrès de la Mutualité, à l'époque, le parti très fort, c'était le Parti communiste,
07:45il avait dit « soyons socialistes nous-mêmes et n'ayons pas peur du candidaton communiste ».
07:50Voilà, de savoir que vont dire les communistes sur nous, c'était à l'époque.
07:53Moi, je dis, comme d'autres, comme Raphaël Glucksmann qui a repris cette image,
07:56« n'ayons pas peur du candidaton mélenchoniste ».
07:59Soyons nous-mêmes, c'est en étant nous-mêmes, cette gauche républicaine, universaliste, laïque, écologiste sociale,
08:05capable de construire des compromis dans les conseils municipaux.
08:08Il faut construire des compromis.
08:09Enfin, je pose une question un peu provocatrice.
08:12Ce qui a été une fracture en 2023 avec Jean-Luc Mélenchon, avant même le 7 octobre,
08:16c'était déjà, rappelez-vous, au moment des émeutes qui ont suivi la mort du jeune Naël.
08:21Cette phrase terrible qui avait été prononcée,
08:23« Nous n'appelons pas au calme, nous appelons à la justice ».
08:27Bon, un maire dans une ville, quand il y a des émeutes,
08:31il appelle au calme, il appelle à protéger les bâtiments de la police municipale,
08:36du centre social, de la caisse d'allocation familiale, de la bibliothèque, etc.
08:40Et donc, est-ce que demain, si on a des maires insoumis ou des élus insoumis,
08:44ils vont dire « quand il y a des émeutes de cette nature, on n'appelle pas au calme ».
08:48Moi, je suis attaché à l'ordre républicain parce que c'est celui qui protège les plus fragiles.
08:52Et donc, quand vous voyez que vous avez des gens qui jouent sur les tensions,
08:56la conflictualisation, qui veulent à travers les pseudo-accords techniques,
09:00concept fumeux qui a été inventé par Jean-Luc Mélenchon,
09:02ça sert à quoi, les accords techniques ?
09:04Ça sert à introduire dans les conseils municipaux l'ingouvernabilité,
09:09et pour ne pas dire la bordélisation, qui existe à l'Assemblée nationale.
09:12Parce que ça veut dire qu'on est dans le conseil municipal,
09:14mais on n'est pas lié par un accord programmatique.
09:15Alors, je parle beaucoup de la France insoumise
09:18parce que c'est elle qui nous met dans cette situation.
09:20Mais, encore une fois, ne tombons pas dans ce piège, cette centralité.
09:23Ils n'ont pas gagné les élections municipales.
09:26Ils n'ont présenté que dans quelques villes.
09:28Leurs scores ne sont pas flamboyants.
09:30Vous vous rendez compte, il n'y a que cinq villes en France
09:31où ils sont arrivés en tête, des villes de plus de 30 000 habitants.
09:35Et on a l'impression qu'il y a un raz-de-marée de la France insoumise.
09:38Leur score aux élections est plus faible
09:40qu'aux élections européennes ou qu'aux élections présidentielles.
09:44Donc, ne cédons pas à la petite musique qui a été mise en place
09:47en disant que c'est un triomphe pour la France insoumise.
09:50Soyons nous-mêmes, nous, la gauche républicaine.
09:52Thérôme Gage, on est sur CNews et sur Orphan.
09:54J'aimerais juste attirer votre attention sur Toulouse
09:56où je vous rappelle la petite Myriam Monsonigo.
09:58Les enfants sont de l'heure et leur papa sont morts dans l'école juive
10:01aux Aratoras sous les balles de Mohamed Merah.
10:03Le candidat socialiste qui s'appelle M. Brionçon
10:06dénonçait l'antisémitisme de Jean-Luc Mélenchon.
10:08C'est un poison, je le combattrai toujours.
10:10C'est le même qui se rallie à M. Picmal
10:12qui lui brandissait un drapeau palestinien,
10:14faisait partie de la flottille pour Gaza.
10:16Il se partage la ville et la métropole.
10:18Comment voulez-vous que les électeurs socialistes
10:21vous croient, vous accordent une once de crédibilité
10:24après de tels renoncements ?
10:26Toulouse.
10:28Ça vous parle, Toulouse ?
10:29Il y a des élus qui étaient engagés sur cette liste
10:32et qui, au nom de cette contradiction,
10:34ont préféré...
10:35Et ont salué M. Stultzmann.
10:36Exactement.
10:37Marc qui a préféré se retirer, comme d'autres, de la liste.
10:41Et il l'a fait avec une expression très forte
10:44justement sur ces questions-là.
10:48Je ne vais pas charger la mule encore.
10:50Pour moi, c'est une contradiction.
10:52Elle m'est insupportable.
10:53Et je pense qu'il y avait d'autres chemins pratiquables.
10:57À un moment donné, c'est une phrase qui est terrible à prononcer.
11:02C'est Michel Noir qui l'avait utilisée à l'époque
11:04où la droite était confrontée à la tentation,
11:07ou en tous les cas, au rapport avec le Front National.
11:10Parfois, mieux vaut perdre une élection que perdre son âme.
11:12Moi, j'ai pris le risque, je vous l'ai rappelé tout à l'heure,
11:16de me présenter à une élection en refusant une étiquette
11:18et il y avait un risque de perdre l'élection.
11:20Mais à un moment donné, la politique,
11:22il faut être en harmonie avec soi-même
11:23parce que c'est comme ça qu'on est convaincant.
11:24Et que ce qui se noue là, c'est la préparation de l'élection présidentielle.
11:28Et que si une gauche républicaine n'est pas capable de s'affirmer
11:30quand elle pose un principe
11:32et qu'elle doit le décliner de manière opérationnelle,
11:36alors c'est toute la crédibilité de la parole.
11:37Encore une fois, ce moment-là est important.
11:40C'est pour ça que je le dis.
11:42Je le dis sans vouloir accabler les uns et les autres,
11:44mais avec la solennité et la gravité
11:46qui fait que moi, j'ai besoin de pouvoir être en harmonie
11:50avec mes convictions dans mon combat politique.
11:51À Toulouse, vous ne votez pas pour M. Picmal,
11:53comme l'a dit Olivier Faure hier soir.
11:55Je ne suis pas habitant à Toulouse.
11:58Il l'a dit, M. Faure.
11:59Il a dit, je voterai M. Picmal.
12:00Vous, vous dites quoi ?
12:01Je dis que...
12:02Soyez cohérent.
12:03Je ne suis pas habitant à Toulouse,
12:05donc je ne vais pas dire...
12:06Vous refusez de me répondre ?
12:07Mais parce que...
12:08Est-ce que vous voteriez pour la France insoumise à Toulouse ?
12:11Non, en l'espèce, je ne voterai pas pour la France insoumise à Toulouse.
12:13Est-ce qu'il faut exclure ces candidats socialistes du Parti Socialiste ?
12:15Est-ce que LR a été très clair ?
12:17S'il y a des alliances avec le RN, exclusion.
12:20C'est clair du côté de la droite.
12:21Oui, et vous pourriez dire que Raphaël Glucksmann,
12:24quand il a retiré ses candidats dans ses éléments,
12:26il a dit que ceux qui se maintiendraient seraient suspendus.
12:29Le drame, je vais vous dire,
12:30c'est que ce Parti Socialiste,
12:31et ce n'est pas que depuis cette élection,
12:33il faut avoir l'honnêteté de le dire,
12:34mais depuis quelques années,
12:35ne joue pas son rôle d'organisation,
12:38de coordination et de structuration
12:41des élections locales.
12:42C'est un peu...
12:43Chacun fait ce qu'il veut sur son territoire.
12:45Et je le redis,
12:45la force d'un parti,
12:47c'est la cohérence des positions qu'il prend.
12:50Il ne peut pas y avoir...
12:51Ce n'est pas open bar,
12:52si vous me permettez l'expression,
12:55d'autant plus pour un parti
12:56dont la force est le socialisme municipal.
12:58Le fait d'avoir un maillage territorial.
13:00Vous savez, il y a 15 à 17 millions de Français
13:02qui vivent dans des villes
13:03dirigées par des socialistes
13:05ou par la gauche.
13:06Et il faut que ça continue
13:06parce que c'est la gauche des solutions.
13:08Et moi, vraiment, dans ce moment-là,
13:10je m'adresse à tous les électeurs,
13:12et notamment dans les endroits
13:13où il n'y a pas ces accords,
13:15je leur dis,
13:16mais donnez la confiance à ces élus-là.
13:18Donnez-leur...
13:19Et puis partout, d'ailleurs.
13:20Donnez-leur la confiance
13:21parce que c'est eux
13:22qui s'occupent de transition écologique,
13:24de lutte contre l'isolement
13:25des personnes âgées,
13:26des transports,
13:27de l'aménagement de l'espace public,
13:29des politiques sportives,
13:30des politiques culturelles,
13:32de ce qui fait au quotidien
13:34l'amélioration dans ces villes.
13:36Moi, je suis un nostalgique
13:39du clivage gauche-droite,
13:40gauche républicaine
13:41et une droite républicaine.
13:42Il y a des villes
13:43où il y a une confrontation
13:44avec la droite républicaine.
13:47Assumons-la,
13:48assumons cette confrontation.
13:51Elle est saine,
13:52elle est féconde
13:52pour le débat public.
13:54Jean-Luc Mélenchon appelle
13:54à une nouvelle France.
13:56C'est ça, la nouvelle France ?
13:57C'est celle qui,
13:58à Saint-Denis,
13:59te scandait,
13:59nous sommes tous
14:00les enfants de Gaza ?
14:01C'est ça,
14:01la nouvelle France,
14:02Jérôme Bette ?
14:02Je ne crois pas que...
14:04Cette stratégie,
14:05elle a marché à certains endroits
14:06et ça doit nous interpeller.
14:07Saint-Denis, par exemple.
14:08Ça doit nous interpeller
14:09de se dire
14:09qu'à certains endroits,
14:11en ciblant les jeunes
14:13ou les quartiers populaires,
14:15on a eu l'irruption
14:18de thématiques
14:19dans le débat politique.
14:20Ça avait déjà marché
14:21au moment des élections européennes
14:23dont le sujet
14:24avait été détourné,
14:26si j'ose dire.
14:27On parlait moins d'Europe
14:27que de la question
14:30du conflit
14:32israélo-palestien.
14:32Ça ne me dérange pas
14:33qu'on parle
14:33de tous les sujets
14:34qui préoccupent
14:35l'ensemble de nos concitoyens.
14:36Mais vouloir agiter
14:37des thématiques
14:38en se disant
14:39ça va interpeller
14:40telle ou telle catégorie
14:41de la population,
14:42c'est une forme
14:44soit d'essentialisation
14:45du débat public,
14:46soit de dévoiement
14:47de celui-ci.
14:48Moi, je m'adresse
14:48à des citoyens
14:49libres et émancipés
14:50et j'en fais appel
14:52à leur libre arbitre.
14:53La politique,
14:54ça doit être
14:55un moment d'éducation populaire.
14:56On doit aborder
14:57l'ensemble des sujets.
14:59Donc, j'ai un désaccord.
15:00Nous avons des désaccords
15:01de fond avec la France insoumise,
15:03notamment sur ce rapport
15:05à la République,
15:05sur ce rapport à la France.
15:07Moi, je n'ai pas de problème
15:07avec une France métissée.
15:09Je n'ai pas de problème
15:10avec ça,
15:10mais dans le cadre
15:11de l'universalisme républicain.
15:13Et quand j'ai entendu
15:13certains revendiquer
15:16dans telle ou telle ville
15:17qu'il faut désormais
15:18qu'il y ait des élus
15:20racisés ou racialisés
15:21qui soient à la tête
15:22de ces villes,
15:22mais moi,
15:23je ne vote pas
15:24pour quelqu'un
15:25en fonction de sa religion
15:26ou de son origine,
15:27je vote en fonction
15:27de son projet politique.
15:29Et je ne suis pas
15:30pour remplacer
15:31tel ou tel,
15:32parce que c'est ça
15:33le message parfois
15:34qui est donné.
15:34Donc si cette nouvelle France,
15:35c'est une juxtaposition
15:36de communauté,
15:37c'est le contraire
15:38de l'universalisme républicain.
15:40C'est le contraire
15:41de la laïcité.
15:41C'est le contraire
15:42de notre politique
15:43volontariste nécessaire
15:44de lutte contre
15:45les discriminations.
15:46Et moi,
15:47je ne me reconnais pas
15:48dans ce projet politique-là,
15:49en plus des différences
15:51de formes,
15:52de brutalisation
15:52qu'on a déjà évoquées
15:53et qui font du mal
15:55au débat politique.
15:56Pour moi,
15:56la politique,
15:56c'est la dispute apaisée.
15:58Je peux avoir
15:58des désaccords majeurs
15:59avec tel ou tel,
16:00mais je ne cède pas
16:02aux jeux de mots
16:03nauséabonds
16:04qui sont faits à la tribune
16:05sur les consonances juives
16:06de certains noms
16:07ou sur la brutalisation
16:10du débat
16:11ou de traiter tel élu
16:12de ce qu'il avait dit
16:14du maire
16:15qui a été battu
16:16à Saint-Denis,
16:16que c'est un petit bourgeois
16:17visqueux.
16:21Mais tout ça pue.
16:23Je sais reconnaître,
16:24je sais entendre
16:25le colibri dans la mine.
16:26On sait quand quelque chose
16:28abîme le pays.
16:30Moi, j'aime trop ce pays.
16:31Donc l'antifascisme,
16:31c'est le fascisme,
16:32c'est ça ?
16:32Le problème de l'antifascisme,
16:36c'est qu'on devient un fasciste
16:37dès qu'on est à peine
16:39à la droite
16:39de Jean-Luc Mélenchon.
16:41Et le combat
16:42contre l'extrême droite
16:43est trop sérieux
16:44pour qu'il puisse être
16:46dévoyé ainsi.
16:48Et puisqu'on n'a pas encore évoqué
16:49la question de l'extrême droite,
16:51là, il faut assumer
16:52cette confrontation.
16:53Comment est-ce que vous allez
16:54dénoncer d'éventuels accords
16:55entre eux ?
16:56Ceux qui n'arrivent pas,
16:57d'ailleurs,
16:57qui n'arrivent pas
16:57entre la droite éventuellement
16:59ou le Rassemblement national
16:59après ce qui se passe
17:00entre le PS et la France insoumise.
17:02Quelle crédibilité ?
17:02Mais c'est précisément
17:03parce que je veux pouvoir
17:04le dire avec force
17:06parce que j'ai entendu
17:07les déclarations au soir
17:08du premier tour
17:09de Bruno Retailleau
17:10qui ouvrait la porte
17:11à cette union des droites
17:13à beaucoup d'endroits.
17:15Alors, vous savez
17:16qu'il y a eu
17:18et on l'a vu
17:19à plusieurs endroits
17:22des listes
17:23dans lesquelles,
17:24même s'il n'y avait pas
17:25la somme des logos
17:26en bas à droite,
17:27si je veux dire,
17:27Il n'y a pas de ralliement là ?
17:28Il n'y a pas d'accord technique ?
17:30Mais je suis d'accord avec vous.
17:31Les choses se sont faites
17:32de manière moins tonitruante
17:35mais on a vu
17:36des convergences à bas bruit
17:37dans des villes
17:38où, tiens,
17:38comme par hasard,
17:39il n'y avait pas de liste
17:39de l'extrême droite
17:40où ils auraient pu
17:41en présenter
17:42ou ils en avaient présenté
17:43aux précédentes élections
17:43et on voyait
17:44telle ou telle figure.
17:45Donc, cette union des droites,
17:46elle s'organise,
17:48si j'ose dire.
17:49Éric Ciotti
17:49en est l'exemple
17:50le plus caricatural
17:51et à Nice,
17:53je trouve que,
17:54moi, mon réflexe
17:55de Front Républicain,
17:56il s'applique à Nice.
17:57J'ai des désaccords
17:57avec Christian Estrosi
17:58mais franchement,
17:59quand on a Éric Ciotti
18:00qui incarne
18:03cette union des droites,
18:04il vient de la droite,
18:05il a fait scission,
18:05il a rejoint Marine Le Pen
18:07et il se retrouve
18:08en situation
18:09pas uniquement
18:10de gérer de la ville de Nice
18:11et de régler ses vieux comptes
18:13avec son ex-ami
18:15Christian Estrosi.
18:16Donc, moi,
18:16là-bas,
18:17pour moi,
18:17les choses sont claires.
18:18C'est doit être
18:18un Front Républicain
18:19qui s'applique.
18:19Une dernière question,
18:20Gérôme Gage.
18:20Est-ce que vous avez
18:21toujours dans votre portefeuille
18:21la carte du Parti Socialiste
18:23et est-ce que,
18:23honnêtement,
18:24vous n'avez pas envie
18:25de la rendre aujourd'hui
18:26et de dire
18:27ce parti ne représente plus
18:28les valeurs
18:29que moi je porte ?
18:30Est-ce que vous l'avez
18:31cette carte ?
18:31Est-ce que vous allez la rendre ?
18:32J'ai ma carte du Parti Socialiste
18:35et je vais continuer
18:36C'est la vieille maison
18:38comme disait Léon Blum
18:39et je vais continuer
18:41à me battre.
18:42Non mais,
18:43c'est la raison
18:44pour laquelle
18:44je suis candidat
18:44à l'élection présidentielle
18:45parce que le grand rendez-vous
18:47de l'année prochaine,
18:48c'est précisément
18:48de savoir
18:49est-ce qu'il y a un chemin
18:50pour cette gauche républicaine
18:51parce que je ne peux pas croire
18:52qu'entre Jean-Luc Mélenchon
18:53et le macronisme finissant,
18:56il n'y est rien.
18:57Non.
18:57Il y a cet espace
18:58de cette gauche des solutions,
18:59de cette gauche concrète,
19:00de cette gauche du réel,
19:02de celle qui est
19:03sur les questions économiques,
19:04sur les questions sociales
19:05et capables.
19:06Vous savez,
19:07mon modèle,
19:08c'est Jean Jaurès.
19:08La synthèse de Jean Jaurès,
19:10c'est un républicain intransigeant,
19:12celui qui a eu l'intuition
19:14de défendre
19:15le capitaine Dreyfus
19:16alors que la gauche
19:17à ce moment-là
19:18n'était pas pour défendre
19:19ce petit bourgeois juif
19:20et qui dans le même temps
19:21a été l'acteur
19:22et qui en même temps
19:24a été un acteur
19:26de la transformation sociale
19:27authentiquement de gauche.
19:28C'est ça dont nous avons besoin
19:29dans le pays.
19:29On peut me reprocher
19:30d'être très à gauche.
19:31Je le revendique.
19:32Mais c'est une gauche sérieuse.
19:34C'est une gauche respectable
19:35et c'est aussi
19:36pour ce qui va venir
19:36dans les mois
19:37et les années à venir
19:38une gauche qui est capable
19:38de construire des compromis.
19:40Je l'ai fait
19:40avec Sébastien Lecornu
19:42à l'Assemblée nationale
19:43dans le débat
19:43sur le budget
19:44et je l'assume.
19:45On nous l'a tellement reproché
19:46notamment les insoumis
19:48parce qu'il fallait trouver
19:49une solution
19:50et arracher des victoires
19:51pour les Français.
19:52Et bien demain,
19:53moi j'ai la conviction
19:53que personne ne pourra
19:54avoir raison tout seul.
19:55Et donc la culture
19:56du compromis
19:56et le courage de la nuance
19:58pour citer le beau titre
19:59du livre de Jean Birnbaum,
20:01ça doit être aussi
20:01des fils rouges
20:03qui nous guident
20:04dans notre engagement politique.
20:05Merci en tout cas.
20:05Merci à vous.
20:06Vous ne vous êtes pas planqué
20:07et vous êtes venu ce matin.
20:08Merci à vous.
20:08Merci à vous.
20:09Jérôme Bougage,
20:09c'était votre grande interview
20:10sur CNews et à Europe 1.
20:11Bonne journée.
20:11Sous-titrage Société Radio-Canada
20:14Sous-titrage Société Radio-Canada
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