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  • il y a 36 minutes
Tous les matins à 7h15, le parti pris argumenté d'un invité sur un sujet d'actualité, avec les témoignages et les réactions des auditeurs de RMC en direct au 3216.

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00:01R.M.C. jusqu'à 9h. Apolline Matin. Apolline de Malherbe.
00:07Il est 7h15 et la température ne baisse toujours pas.
00:09Ce sont 17 départements qui sont en vigilance.
00:12Orange canicule encore aujourd'hui et notamment Paris et la petite couronne.
00:16Des appels au SAMU en hausse, des malaises qui se multiplient, des conséquences sur la santé bien sûr.
00:20Les hôpitaux vont-ils tenir le coup face à la canicule précoce et cette canicule qui se poursuit ?
00:26Bonjour docteur. Bonjour.
00:27Mathias Vargon, vous êtes médecin urgentiste en région parisienne.
00:30Vous représentez l'Observatoire des urgences d'Île-de-France.
00:33Les effets de cette vague de chaleur, il commence à se voir au SAMU, aux urgences ?
00:37Pour l'instant, il se voit bien au SAMU avec une augmentation importante des appels et des dossiers.
00:45Avec surtout des malaises.
00:47Et aux urgences, pour l'instant, sur les applications qu'on a, on ne le voit pas encore.
00:53Mais c'est normal parce que c'est le début.
00:55En fait, c'est toujours retardé.
00:57Et puis jusqu'à maintenant, on n'était pas en alerte canicule en Île-de-France.
01:00C'est-à-dire que la nuit, il faisait frais.
01:02Et c'est quand il commence à faire chaud la nuit que les gens viennent plus aux urgences.
01:07On a des coups de chaleur.
01:09Ça, c'est pour les gens qui sortent quand il fait chaud et qu'on leur dit qu'il ne
01:12faut pas sortir.
01:13Mais pour le reste, pour l'instant, il n'y a pas d'impact.
01:15Mais ça risque d'arriver pendant le week-end.
01:17Alors, il y a ce côté décalé parce que le corps n'arrive pas à récupérer.
01:23C'est quoi les alertes auxquelles il faut être attentif ?
01:25Le malaise, est-ce qu'on peut le prévenir ou est-ce qu'il vient d'un coup ?
01:28Alors, le malaise, c'est en général parce qu'on est dehors et qu'il fait très chaud.
01:32Donc, pour le prévenir, c'est très simple.
01:35Il ne faut pas sortir.
01:35Il ne faut pas faire de sport le soir ?
01:37Il ne faut pas sortir ?
01:47Non, mais ce n'est pas la peine d'avoir fait dix ans d'études pour se dire qu'il
01:49faut boire,
01:50qu'il faut rester à l'ombre, qu'il faut faire attention, qu'il ne faut pas sortir en plein
01:56cagnard.
01:56Enfin, voilà, c'est des choses qui sont très simples.
01:59Et quand on est une personne âgée ou quand on a une personne âgée,
02:01elles, elles n'ont pas la sensation de soif.
02:03Il faut les faire boire.
02:04Il ne faut pas les faire trop boire.
02:06Puisque après la canicule de 2003, on s'est aperçu que dans la maison de retraite,
02:10on remplissait les personnes âgées et qu'elles venaient aux urgences parce qu'elles avaient trop bu.
02:14Donc, il faut faire ça normalement.
02:16Et puis, refroidir, être dans des pièces refroidies.
02:20Sinon, aller à la piscine, aller dans les supermarchés, aller dans les centres commerciaux.
02:24Ça marche très bien.
02:25Je vais en parler avec Michel-Eonor Leclerc tout à l'heure.
02:26Il est mon invité à 8h30 pour savoir si effectivement ça devient du coup l'endroit où se rafraîchir.
02:31Mathias Wargon, quel type de patient appelle le SAMU en ce moment ?
02:35C'est un peu n'importe qui parce que c'est les gens qui sont dehors.
02:39Et puis, c'est les personnes âgées.
02:41Il n'y a rien d'exceptionnel.
02:42C'est une nouvelle vague de chaleur.
02:44On commence quand même à avoir l'habitude depuis 23 ans.
02:48La problématique pour l'hôpital, c'est toujours la même.
02:50C'est les places derrière et c'est des places en médecine et plutôt pour des personnes âgées.
02:54Donc, c'est toujours la même problématique.
02:55Vous le disiez, effectivement, on commence à être habitués.
02:57Alors, la problématique est toujours la même, celle de la vague de chaleur.
03:01Elle arrive un peu plus tôt dans la saison, je dirais.
03:03C'est-à-dire que votre saison de vague de chaleur, elle va s'allonger.
03:07Comment vous faites face derrière ?
03:08C'est plus facile en fait.
03:10En réalité, c'est plus facile que quand c'est en juillet-août.
03:13Parce que là, il y a de la place dans les...
03:14Enfin, il y a de la place dans les hôpitaux.
03:16Il n'y a jamais de place dans les hôpitaux, mais en tout cas, il n'y a pas de
03:18lits fermés.
03:19Il y a plus d'infirmières surtout et d'aides-soignantes.
03:21Et donc, il n'y a pas de lits fermés plus que d'habitude.
03:24Alors que quand ça arrive en juillet-août, on est dans une période où on ferme des lits
03:28pour permettre au personnel de partir en vacances.
03:30Donc, votre inquiétude, ce n'est pas pour maintenant, c'est plutôt pour les vagues de chaleur
03:33qui seront là dans un mois.
03:34Comme l'hôpital déborde en permanence, c'est quand même inquiétant.
03:37En fait, on s'y habitue, donc on se dit au bonheur, ce n'est pas pire que l'an
03:39dernier.
03:40Mais l'an dernier, ce n'était déjà pas bien.
03:42Donc, c'est des situations qui sont de dégradation.
03:45À chaque fois qu'on a ce genre d'à-coups qui, pour l'instant, est encaissable par les hôpitaux,
03:50mais en fait, ces à-coups, ils dégoûtent un peu plus les gens à l'hôpital.
03:54C'est la canicule, mais c'est un peu la goutte d'eau qui fait déborder le vase quand même.
03:59Vous avez la clim, vous, dans les hôpitaux dans lesquels vous travaillez ?
04:01Non, c'est très problématique.
04:02Les hôpitaux, il n'y a pas vraiment la clim, ils sont rafraîchis.
04:06Tous les services d'urgence dans lesquels j'ai travaillé, celui où je travaille actuellement,
04:09mais les précédents, donc depuis 2003, c'est rafraîchi.
04:12C'est-à-dire que quand il fait plus de 25-30 dehors, ça saute et il fait très chaud.
04:16Donc, il n'y a pas vraiment la clim.
04:18Et puis, quand on nous donne la clim, c'est à certains endroits seulement.
04:22Alors, aller au scanner, c'est un très bon endroit
04:24parce que pour les machines ne tombent pas en panne,
04:28elles, elles ont la clim.
04:29Pour aller au bloc, il y a la clim.
04:31Aux urgences, c'est rafraîchi, mais souvent, il y fait très chaud.
04:34Mais moi, j'ai un service d'hospitalisation aux urgences
04:38qui a été construit extrêmement récemment.
04:40Il n'y a pas la clim dedans.
04:41On ne peut plus imaginer de construire des endroits où il n'y a pas la clim.
04:45Pourtant, il n'y a pas la clim.
04:46Il y a des dômes et il fait super chaud.
04:48Mais pourquoi il n'y avait pas la clim ?
04:49Parce que c'est des questions d'argent, en fait.
04:51Ça coûte très cher.
04:51Alors, en plus, c'est cher parce que c'est toujours plus cher à l'hôpital.
04:54Puis là, il y a quand même des problèmes d'hygiène.
04:56Et donc, on construit des chambres sans la clim.
04:59Mais la clim, c'est beaucoup d'argent.
05:01Or, c'est un peu...
05:02Or, en ce moment, on le sait bien, on vous le donne difficilement.
05:05Quand vous entendez Marine Tondelier hier qui dit qu'elle est effarée,
05:08je cite, par le degré d'impréparation du gouvernement,
05:12est-ce que vous, vous avez ce sentiment-là ?
05:13Mais il y a un moment où il faut arrêter avec le gouvernement.
05:17Là, je ne vois pas, ce n'est pas le gouvernement qui fait chaud.
05:20Et de toute façon, construire un service d'urgence comme le mien,
05:23c'est 3-4 ans et c'est tous les 20 ans.
05:26Donc, une fois que vous avez construit votre service,
05:28vous mettez des ventilos, quoi.
05:30Vous mettez des ventilos, vous dites aux gens de ne pas sortir,
05:33effectivement, quand il fait chaud et de boire régulièrement.
05:35Bah ouais, normal. Et manger des glaces ?
05:37Et manger des glaces, un peu d'intelligence.
05:39Merci beaucoup, en tout cas, d'être venu ce matin.
05:41Mathias Wargon, médecin urgentiste en région parisienne.
05:44Vous présidez l'Observatoire des urgences d'Ile-de-France.
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