- il y a 1 jour
Face à un environnement économique incertain, marqué par la hausse des taux et la recherche de performance durable, le private equity continue de susciter l’intérêt des investisseurs. Mathieu Meffre reçoit Alexandra Dupont (Raise) et Julien Magitteri (Côme Maison Financière) pour proposer un regard croisé d’experts pour évaluer la résilience et les perspectives de cette classe d’actifs : création de valeur, diversification, innovation sectorielle et enjeux ESG. Une occasion de débattre des conditions qui permettront au private equity de rester un moteur d’investissement à long terme.
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00Nous terminons ces deux journées au Private Equity Exchange pour cette 24e édition avec les leaders qui ont accepté de venir participer à cette session de plénière de clôture sur une question finalement au combien centrale à la croisée entre les souhaits des investisseurs, l'évolution du marché, la maturité de cette industrie du Private Equity.
00:27Avec cette question, le Private Equity reste-t-il un placement d'avenir ? Pour en parler, Alexandra Dupont, directrice générale et coëte de RAISE. Bonjour Alexandra. Merci d'être avec nous.
00:36Merci pour l'invitation.
00:37Julien Maziteri, vous êtes président fondateur de Comme Maison Financière, Family Office, avec finalement vous êtes un multi-SFO, c'est ça un multi-single Family Office ?
00:46Oui, bonjour. On est passé d'un modèle multi-Family Office à un modèle multi-single avec la création aussi d'une activité gestion privée.
00:53Bref, multi-pays également, puisque 3 bureaux maintenant à l'étranger, 5 bureaux en France, un peu plus d'un milliard d'actifs sous conseil.
01:01L'ambition pour nous est simple, c'est de réconcilier l'épargne avec l'intérêt collectif, avec le financement de l'économie productive.
01:07Et évidemment, le Private Equity fait partie des classes d'actifs que nous prévélégions depuis la création en 2016.
01:11Donc une conviction originelle forte chez Comme sur ces classes d'actifs.
01:14Alors, vu qu'on parle de la classe d'actifs du Private Equity, on reste un peu big picture quelques minutes, si vous le voulez bien.
01:22Bon, quand on réfléchit au Private Equity, est-ce que ça a de l'avenir ?
01:25Il faut qu'on l'oppose au public equity, tout ce qui est liste, les actions, les obligues.
01:30Aujourd'hui, peut-être pour vous, pour commencer, Julien, comment les investisseurs perçoivent un CAC 40 à 8000 points,
01:39alors que les mauvaises nouvelles ne font que s'accumuler, je ne parle même pas de Géopo,
01:44l'inflation, la top line devient un problème.
01:46Les gens ont finalement assez bien travaillé le bottom line et continuent de le faire
01:50parce que c'est le seul endroit où tu as un contrôle, mais la top line pose problème de façon récurrente.
01:54Le luxe a pris cher également et ainsi de suite.
01:57Donc on voit qu'on reste à 8000 points alors qu'on est vraiment en incapacité, je trouve, de le justifier.
02:03Et quelle est la vision de ces investisseurs que vous représentez par rapport à ce listed equity,
02:09et comment envisage-t-il le private equity comme alternative ?
02:13Si on regarde, je crois qu'il y a une enquête d'opinion qui a été réalisée auprès des grandes familles européennes.
02:18Je crois que la partie listée arrive en 8e ou 9e position dans les attentes.
02:22Donc c'est pour vous donner un peu l'engagement de ces clients ultra net worth sur ces classes d'actifs.
02:26Pourquoi ? Tout simplement parce qu'on a aujourd'hui, en tout cas c'est une conviction forte chez nous,
02:30on trouve qu'il y a une décorrélation entre la réalité économique et la réalité financière.
02:34Est-ce normal d'avoir des indices aussi élevés dans l'environnement géopolitique, géofinancier, que sais-je,
02:39qu'on peut connaître face à une crise qui est aujourd'hui aussi polymorphe ?
02:43Ce qu'attendent les clients en tout cas de notre segment, c'est évidemment du tangible,
02:47essayer d'écraser au maximum la volatilité, essayer d'avoir aussi cette résilience,
02:52d'avoir une récurrence aussi, on parlera peut-être de la distribution, c'est un vrai sujet aujourd'hui sur le PI.
02:57Mais donc par nature vont aller chercher ces classes d'actifs dans ce monde en plus hyperinflationniste
03:03qui permet finalement d'aller chercher du rendement assumé et assuré depuis les dernières années.
03:09Et avec la méthode des comparables, je pose souvent la question lorsqu'on regarde la performance moyenne annualisée du S&P sur les 20 dernières années,
03:15c'est 11% par an.
03:18Si tu regardes, la performance moyenne s'est distribuée, enfin c'est donné par France Invest sur les 10 dernières années,
03:23juste les 10 dernières années, sur le PI, c'est 12,4 fois.
03:26Donc évidemment, sans avoir la volatilité, etc.
03:29Avec également des inconvénients, il faut être sensibilisé au sujet, il y a un rôle sur la technologie, évidemment.
03:34Aujourd'hui, je trouve en plus qu'il y a de nouvelles solutions, je trouve que le private equity, en tout cas l'écosystème,
03:38se réincarne avec de nouvelles solutions, on peut parler de l'Evergreen ou d'autres solutions,
03:42mais en tout cas avec la volonté de répondre en fait à cette croisée des chemins qui est aujourd'hui celui qui est face à nous,
03:48c'est-à-dire un niveau d'épargne stratosphérique, plus de 6 000 milliards.
03:51C'est notre trésor de guerre français.
03:53Trésor de guerre français, avec aussi ce besoin de souveraineté revendiqué dans tous les cercles.
03:58Comment fait-on pour financer aujourd'hui cette souveraineté ou cette indépendance énergétique, technologique ?
04:04Le sujet de la défense, évidemment, revient aussi sans cesse.
04:08Et évidemment, ce besoin, une nouvelle incarnation de la part des clients Ultra Networks,
04:12qui est de dire on cherche de la performance, évidemment, ils ne sont pas philanthropes,
04:15mais d'autres reconnaissent comment je peux faire en sorte que mon capital puisse servir à l'intérêt collectif.
04:19Donc on peut parler d'impact, sans dire de gros mots, évidemment, je pense que c'est le sens premier du terme.
04:24Mais à vous de répondre à cette équation.
04:25Et le rôle aujourd'hui des indépendants, des conseils indépendants, comme en tant que family office,
04:30c'est justement de faire en sorte que cette partition soit mélodieuse,
04:33de trouver le bon équilibre pour répondre à cette notion de performance,
04:37de régularité, de pérennité, de résilience et finalement d'impact,
04:41avec un engagement réel du capital vers des sociétés sous LBO ou autres,
04:45qui nourrissent en fait finalement cet écosystème français hyper vertueux,
04:49avec pour moi un modèle sur le private equity.
04:51Après, je te laisse la parole.
04:52C'est évidemment, je trouve que le modèle est hyper vertueux.
04:55C'est en termes de création, de partage de la création de valeur.
04:59Pour moi, c'est la meilleure solution.
05:00C'est-à-dire qu'aujourd'hui, cette industrie permet évidemment de féliciter,
05:04de partager la création de valeur auprès des salariés, auprès des dirigeants,
05:08auprès évidemment des actionnaires.
05:10Donc je trouve qu'il faut évidemment le porter, le valoriser,
05:12parce que ça répond évidemment à tous ces points que je viens de citer.
05:14– Alexandra, j'imagine que vous ne serez pas tout à fait opposée à ce que vient d'évoquer Julien Magiteri.
05:20– Non, non, oui, clairement, bien sûr, je partage.
05:23Et c'est vrai que l'énorme intérêt effectivement du private equity,
05:27comme tu viens de l'exposer, c'est que ça finance l'économie réelle.
05:31Et donc c'est vrai que je pense qu'on a quand même un enjeu pour communiquer aussi vis-à-vis du grand public,
05:37ou en tout cas d'une certaine catégorie déjà d'investisseurs professionnels,
05:40mais qui sont encore aujourd'hui assez peu tournés vers le private equity,
05:44leur communiquer aussi les vertus de cette classe d'actifs,
05:47qui effectivement est rentable, qui finance l'économie réelle,
05:52et qui est encore finalement assez peu développée en France par rapport à d'autres pays.
05:57Parce que c'est vrai qu'on a un peu culturellement cette aversion du risque en France,
06:03et donc on voit qu'il y a effectivement beaucoup d'appétit pour les fonds euros,
06:07enfin voilà, pour les supports sans risque, ce qui est très bien.
06:10Mais quand on regarde, c'est vrai, la performance de ces supports-là nets de l'inflation,
06:14sur les dernières années, on est plutôt sur des rentabilités un peu short.
06:18Donc se dire qu'il y a une petite partie quand même de cette épargne
06:22qui vient plus infuser l'économie réelle, me semble en effet assez pertinent.
06:28Vous me parlez de comportement investisseur, la retailisation,
06:32donc l'ouverture aux investisseurs non LPs, non institutionnels,
06:37évidemment cristallise ma question, parce que c'est le nerf de la guerre de lever de l'argent.
06:41On avait des fonds d'investissement qui évoquaient une exposition au retail de 10, 20 points
06:45sur les levées de fonds en cours.
06:47Ben 10, 20 points, c'est quand même pas rien, je veux dire, on n'est pas dans le pouillème,
06:50ça commence à vouloir dire quelque chose.
06:51Donc le retail cristallise un truc.
06:53Mais au-delà de ça, est-ce qu'on parle de consomme-acteur,
06:57quand on parle de grandes consos, est-ce que le fait de travailler avec des fonds
07:01qui sont end-on, qui réellement, fortiori en majo, sont vraiment aux commandes,
07:08est-ce que ça ne donne pas un sentiment aussi de lisibilité dans un moment
07:12où on est un peu perdu politiquement, top-line, on ne sait pas où ça va,
07:17est-ce que ça ne donne pas une réassurance de je sais un peu dans quoi j'investis,
07:21alors même que les indices, comme on le disait, sont peu lisibles ?
07:25Je suis proche de mon investissement, il n'y a pas beaucoup de choses
07:28qui me séparent finalement du produit final, de la target de la boîte en portfolio.
07:34C'est quand même un sentiment qui devrait vous aider à l'avenir.
07:37Oui, mais en même temps, je pense qu'il y a quand même des paradoxes dans tout ça
07:40parce que quand on parle de la communication un peu mass-market avec des grands publics,
07:45on voit quand même le chemin qui a été parcouru ces dernières années.
07:49On vient quand même des fonds vautours.
07:51Je pense qu'il y a eu une pédagogie qui a été forte
07:54et on voit maintenant à quel point les chefs d'entreprise se tournent vers les fonds de private equity
07:58et on voit toute la vertu, la création de valeur que les fonds de private equity apportent.
08:02Je pense qu'on commence vraiment à être loin de ces sujets-là, mais on vient d'un petit peu là.
08:07Je pense que c'est quand même des sujets à manipuler avec précaution
08:10parce que c'est vrai que si on commence trop à dire au grand public
08:13que c'est les fonds qui vont prendre le contrôle des entreprises dans l'imaginaire collectif,
08:18ce n'est pas forcément positif que ce soit des fonds d'investissement qui prennent le contrôle des entreprises
08:23et encore plus quand on va dans des sujets comme la santé, l'éducation
08:27où il y a la peur effectivement de la financiarisation.
08:30Je vois ce que tu veux dire.
08:31Je pense que d'un côté, effectivement, il faut communiquer sur le professionnalisme de ces équipes d'investissement,
08:38le fait d'avoir aussi des sparring partners qui viennent amener de la compétence complémentaire,
08:42du recul, de l'argent aussi concrètement à nos entreprises pour les aider à traverser les défis.
08:49Mais voilà, je pense que le côté majoritaire, on arrive, nous, les fonds et on sait de quoi on parle,
08:54il est parfois un peu à double tranchant.
08:57Disons qu'il faut revenir sur beaucoup de sujets.
09:00La transmission qui est un moment complexe.
09:02Julien le sait très bien, j'imagine, on a trois fois plus de boîtes familiales en Italie.
09:06Pour un pays qui, je ne crois pas, fait trois fois plus de PIB que nous.
09:09Donc on voit bien qu'effectivement, dans le cadre d'une transmission pour pérenniser une activité,
09:14éviter de rejoindre des consortiums internationaux,
09:17finalement garder un destin peut-être français, au moins le temps d'une prochaine étape,
09:21ça a un intérêt.
09:22Et puis également trouver des solutions.
09:23J'ai peut-être un manager qui peut reprendre, MBO,
09:26j'ai peut-être pas de manager qui peut reprendre, MBI,
09:28avec un peu de friction peut-être quand le nouveau manager arrive,
09:31mais ça, c'est le job justement des équipes qui montent ce type de dossier.
09:35Moi, j'ai le PE.
09:39Aujourd'hui, en termes de renta,
09:42on est toujours dans les clous de ce qu'on espère
09:44par rapport à un market practice des cinq dernières années
09:46parce qu'on dit que la réalisation viendra peut-être avec une potentielle crise
09:50parce qu'on ouvre à plein de gens.
09:52Et donc, plein de gens, ça veut dire potentiellement plein de déçus.
09:54Parce que le fait que ça s'ouvre à du mass market,
09:57ça va forcément paupériser, ou en tout cas, j'exagère, je grossis le trait,
10:00mais ça va forcément commoditiser l'offre.
10:02Ou est-ce qu'on n'est pas obligé d'abaisser la qualité quand on grandit ?
10:09Ça, c'est une vraie question aussi.
10:10C'est une vraie question.
10:12Merci de l'avoir posé.
10:13Le vrai sujet, évidemment, il faut ventiler.
10:17Tu n'es pas exposé à 100% sur le private equity lorsque tu as un peu d'épargne.
10:21Donc, il faut savoir définir quelle est l'allocation d'actifs idéale
10:24pour répondre finalement à tes projets, à tes ambitions.
10:26Est-ce que c'est un besoin de revenu complémentaire ?
10:28Est-ce qu'à l'inverse, on est plutôt dans une stratégie de capitalisation ?
10:31Et la question m'a été posée tout à l'heure dans le public.
10:35En fait, on connaît la difficulté aujourd'hui du private equity face évidemment à cette crise qui est polyforme.
10:42Et finalement, il faut savoir y répondre.
10:45Ce n'est ni le rôle du private equity qui, elle, dans son rôle, a bien précisé les choses,
10:50la nature, la duration de l'investissement, le risque encouru par l'investisseur.
10:55Un niveau d'appétence de la part de l'investisseur, j'en parlais tout à l'heure,
10:57qui a besoin de pouvoir investir sur cette classe d'actifs pour pouvoir répondre à ce monde inflationniste.
11:03Donc, en fait, quel est le rôle ?
11:04Le rôle crucial, c'est celui du conseil indépendant qui est au milieu.
11:07C'est cette pédagogie de faire en sorte d'expliquer les choses,
11:10de dire qu'aujourd'hui, si en effet les rendements ou la distribution est moins importante que prévu,
11:15de quelle manière je peux, grâce à une stratégie cohérente, finalement compenser ce manque à distribuer,
11:21en allant chercher, là, on parle d'équity, on peut parler de dette,
11:24où aujourd'hui, il y a des vraies solutions sur la partie dette privée.
11:28Et là, c'est le rôle du conseil.
11:30Et je l'évoquais tout à l'heure, en fait, aujourd'hui, c'est la vraie question.
11:34C'est comment faire en sorte que l'ensemble des acteurs de ce métier, le nôtre,
11:39ait accès à toutes les informations, à tous les sujets,
11:41à toutes les solutions proposées par le private equity ou par la partie dette privée.
11:45Et ça, c'est un rôle que nous défendons chez Com,
11:48fort des différents succès que nous avons pu avoir auprès de certains clients
11:51sur le private equity, sur la dette privée.
11:53Certains sont venus nous voir, des acteurs indépendants, des banques privées,
11:57sont venus nous voir en disant, écoutez, aujourd'hui, on sait ce que vous faites,
12:00vous le faites bien, vous le faites pour des grandes familles
12:01ou pour des clients family office.
12:05Comment fait-on pour investir à vos côtés ?
12:07Et finalement, il y a cet alignement d'intérêts
12:09où on fait valoir, en fait, finalement, nos convictions et nos solutions.
12:13Pine House, c'est des solutions, une allocation qu'on va pouvoir composer
12:16avec des acteurs comme Reyes ou comme d'autres.
12:18Et à partir de là, c'est de pouvoir communiquer,
12:22agréger le maximum de performance et d'information
12:24auprès d'un écosystème qui, il est vrai, plus compliqué
12:28lorsque tu es en province ou ailleurs, à l'étranger.
12:31Comment fait-on pour avoir accès au private equity en France ?
12:34Évidemment, il y a d'excellentes communications de la part des fonds,
12:36mais il y a un rôle d'intermédiaire et c'est ce rôle d'intermédiaire
12:38qu'il faut aujourd'hui...
12:39Et c'est ça qui se structure.
12:39Les pipelines sont en cours de construction,
12:41dans un sens, évidemment, au market.
12:44On vient de définir pour plein de raisons
12:45que le PE, évidemment, reste une classe d'actifs d'avenir.
12:48C'est même une classe d'actifs Rennes,
12:49plébiscité, évidemment.
12:51Pour autant, si une chose devait évoluer,
12:53il nous reste une minute, Alexandra,
12:55si une chose devait évoluer dans les fonds,
12:57dans leur fonctionnement, dans leur orga,
12:58dans leur façon de fonctionner,
12:59pour justement bien adresser les 10 années à venir.
13:02Une chose, je dirais qu'il faut vraiment continuer à investir
13:08pour se structurer en interne
13:10parce qu'on a de plus en plus besoin
13:13de détenir les actifs et de les travailler.
13:16Et donc ça, ça ne se fait pas tout seul.
13:18Et je pense qu'effectivement,
13:19il faut qu'on continue à investir dans l'IA
13:21et avec différents operating partners.
13:24Et les fonctions corporate.
13:25Exactement.
13:25On salue Amoride Grotte chez vous
13:26pour la partie tech, notamment,
13:27qui fait un formidable boulot.
13:29Merci en tout cas à tous les deux.
13:30Merci à vous de nous avoir suivis
13:32pendant cette vingtaine d'émissions
13:33dédiées au Private Equity Exchange.
13:35La suite de vos programmes dans un instant sur Bsmart.
13:37Merci à tous.
13:38Merci à tous.
13:38Merci à tous.
13:39Merci à tous.
13:39Merci à tous.
Écris le tout premier commentaire