- il y a 2 jours
Avec Mathilde Touvier, directrice de recherche française en épidémiologie nutritionnelle à l'Inserm
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NewsTranscription
00:00Radio, le 10h midi, mettez-vous d'accord, Valérie Expert.
00:04Bonjour à toutes et à tous, bonjour Gilles Gansman, et bonjour Félix Mathieu.
00:09C'est quoi le problème aujourd'hui ?
00:11Eh bien le problème, c'est qu'il y a évidemment de plus en plus d'obésité,
00:18de problèmes d'alimentation, de problèmes liés à l'alimentation,
00:22et l'Inserm tire la sonnette d'alarme, il y a urgence à agir,
00:26et en particulier peut-être à interdire la publicité pour les produits ultra transformés,
00:32et puis rendre le Nutri-Score obligatoire, on va y revenir dans un instant.
00:38Nous on va parler de ce moratoire sur l'immigration, comme le propose Gérald Darmanin,
00:45décidément ça fait deux fois que je dis Darmanin.
00:48Jean-Luc Mélenchon remonte dans les sondages, et puis au bureau à l'école,
00:52la nuit en ville à la campagne, il fait chaud, dites-nous comment vous vous préparez,
00:58comment est-ce que vous luttez contre la chaleur ?
01:01Alors Félix, et puis vous Gilles, on va voir quoi dans le sapin ?
01:03On va parler du dôme justement, on va se demander si la France est prête à affronter cette énième canicule.
01:10On voit beaucoup d'EHPAD, d'école, aujourd'hui c'est la rentrée,
01:15et il y a beaucoup de parents d'élèves qui ont dénoncé le fait qu'ils fassent plus de 35
01:20à 40 degrés dans les écoles.
01:23Vous pouvez nous en parler, au 0 826 300 300.
01:28Et puis je vous parlerai également du retour de la cigarette dans les films,
01:36également dans les clips, est-ce que faut-il interdire la cigarette ?
01:42Ou alors laisser la création libre, 0 826 300 300 ?
01:48Et puis peut-être je finirai avec les spectateurs, si on a le temps, de Roland Garros,
01:53où les tennismans se plaignent de ce qui se passe dans le public,
01:57qui crient, qui prennent des photos, qui mettent leur flash, et donc c'est une autre époque.
02:03Une autre époque, Félix Mathieu, donc les produits ultra transformés sont mauvais pour la santé,
02:10on le sait, on le dit, on le répète.
02:13L'Inserm tire la sonnette d'alarme, ce ne sont pas les seuls.
02:17Certains voudraient interdire la publicité pour la nourriture ultra transformée.
02:21Oui, c'est ce que vient de faire le Royaume-Uni, figurez-vous, depuis cette année.
02:24La pub pour les sodas, par exemple, ou alors les biscuits, les fast-foods, etc.
02:29La pub y est interdite au Royaume-Uni, à la télé, avant 21h, désormais, même à toute heure sur Internet.
02:35L'idée, c'est de moins tenter les plus jeunes, qui sont très sensibles à ces images appétissantes.
02:41Interdire la pub pour la malbouffe, pour le dire un peu vite.
02:44Un peu comme on le fait pour les cigarettes, finalement, en France, depuis les années 90, avec la loi E20.
02:49Le Royaume-Uni, qui n'est pourtant pas le pays le plus à cheval sur ces sujets-là,
02:53sur la protection des consommateurs, pas de Nutri-Score à l'anglaise, par exemple.
02:58Mais pourtant, sur ce sujet de la pub, il a été plus loin que nous, pour le moment.
03:01Et donc, une pétition, en ce moment, qui rassemble plusieurs centaines de milliers de signataires,
03:09demande à rendre le Nutri-Score obligatoire aujourd'hui.
03:13Oui, toujours dans cette optique de bonne information du public sur les vertus nutritionnelles,
03:18ou pas, de ce qu'on mange.
03:20Cette pétition pour le Nutri-Score obligatoire, elle a recueilli 57 000 signatures.
03:25Eh bien, elle reçoit aussi, aujourd'hui, le soutien officiel de 45 sociétés savantes,
03:29dont l'Académie de médecine, mais aussi 33 associations, notamment de consommateurs.
03:34Alors, il faut savoir qu'à l'Assemblée nationale, il y a une proposition de loi transpartisane
03:37qui est dans les tuyaux, en ce moment, pour rendre le Nutri-Score obligatoire sur les emballages
03:40et dans les publicités.
03:42Les marques qui se déroberaient seraient taxées à 2% de leur chiffre d'affaires français.
03:47D'ailleurs, ça avait déjà été adopté, le Nutri-Score obligatoire,
03:50lors des débats sur le budget.
03:52Adopté temporairement, puisque, finalement, ça a été retiré.
03:55Mais, en tout cas, dans ce qui avait été envisagé lors du vote du budget,
03:58il y aurait eu, bon, une exception, quand même, pour les produits AOP et IGP.
04:03Mais, bref, ce Nutri-Score obligatoire, il avait finalement été retiré
04:06au motif qui serait contraire aux normes européennes,
04:09notamment au principe de libre circulation des marchandises au sein de l'Union européenne.
04:14Bon, les partisans de ce Nutri-Score obligatoire
04:18disent que ce principe, on pourrait quand même toujours y déroger
04:22si on fait valoir que c'est pour la santé publique.
04:24Ce qui les agace, d'ailleurs, les partisans de ce Nutri-Score obligatoire,
04:28c'est de voir des marques, comme, par exemple, Kellogg's,
04:30qui s'y dérobe, Kellogg's, qui vient d'arrêter d'afficher le Nutri-Score
04:34sur ses emballages, parce que la nouvelle version était plus sévère pour les additifs,
04:38donc donnait de moins bonnes notes à la plupart de ses produits.
04:41Puis, l'idée de ces pétitionnaires, c'est que l'affichage du Nutri-Score, quand même,
04:47aurait plus d'impact s'il n'était pas à la carte,
04:49c'est-à-dire si ceux qui ont un D ou un E étaient quand même obligés de l'afficher.
04:55Aujourd'hui, on estime qu'environ 60% des produits l'affichent.
04:57On est avec Mathilde Touvier. Bonjour.
05:00Vous êtes directrice de recherche de l'équipe,
05:05enfin, c'est une équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle à l'Inserm.
05:10Vous avez coordonné trois articles qui sont assez éclairants
05:14sur les risques accrus de ces produits ultra transformés.
05:20Peut-être qu'on peut commencer par en dire quelques mots.
05:23et sur cette nouvelle étude Nutri-Net Santé,
05:28qu'est-ce que vous avez appris de nouveau ?
05:32Oui, bonjour.
05:33Bonjour.
05:33Donc, effectivement, nous avons travaillé dans le cadre de la cour Nutri-Net Santé,
05:37donc sur un peu plus de 100 000 participants.
05:39Et nous nous intéressons, donc déjà depuis plusieurs années,
05:42Nutri-Net était la première étude à avoir mis en évidence
05:44des liens entre aliments ultra transformés
05:46et risques de maladies cardiovasculaires,
05:48cancers ou encore diabète de type 2,
05:51première étude au monde.
05:52Et là, ça fait un petit peu plus de 5 ans qu'on travaille sur les additifs alimentaires,
05:56dont par exemple les colorants,
05:57qui sont vraiment des additifs emblématiques de ces aliments ultra transformés.
06:02Et dans ces trois nouvelles études que nous publions là,
06:04nous montrons des liens entre une plus forte exposition aux colorants
06:08et des risques accrus de diabète de type 2 et de certains cancers.
06:12Et d'autre part, une exposition plus importante aux conservateurs
06:16d'autres types d'additifs alimentaires
06:17et un risque accru de maladies cardiovasculaires et d'hypertension artérielle.
06:22Comment est-ce qu'on pratique pour une telle étude ?
06:26Parce que pour lier l'alimentation à des cancers,
06:29il faut du temps, il faut être sur le long terme.
06:33Oui, tout à fait.
06:34C'est une étude qui a démarré en 2009
06:36et lors de laquelle les participants remplissent régulièrement
06:40de nouvelles enquêtes alimentaires.
06:42Pendant des journées de 24 heures,
06:43ils vont remplir tous les aliments, les boissons, les confiseries,
06:46tout ce qu'ils ont consommé.
06:47Et puis, on va les suivre dans le temps.
06:49Donc, certains développent des maladies,
06:52cancers, maladies cardiovasculaires, diabète, d'autres pas.
06:55Et nous, ça nous permet de voir si ceux qui ont consommé
06:58plus d'aliments ultra transformés,
07:00qui ont mangé plus ou moins bien classés au Nutri-Score,
07:03ou qui ont plus ou moins de colorants dans leur alimentation,
07:05est-ce qu'ils ont plus ou moins de risques ensuite
07:07de développer telle ou telle maladie chronique ?
07:09C'est quoi un aliment ultra transformé ?
07:12Est-ce qu'il y a une définition ?
07:14Est-ce que tout ce qui, par définition,
07:17est commercialisé par, je pense, des céréales,
07:20tout ce qui est en paquet et qui n'est pas naturel,
07:24est ultra transformé ?
07:26Non, alors il ne faut pas confondre
07:28aliment industriel et aliment ultra transformé.
07:30Ces aliments ultra transformés,
07:31ce sont ceux qui ont subi des procédés de transformation importants,
07:35eux ou leurs ingrédients.
07:36Donc ça veut dire des procédés physiques, biologiques, chimiques,
07:40qui font qu'on n'a plus rien à voir avec l'aliment de base,
07:43un fruit, un légume, un morceau de viande ou du lait par exemple.
07:46Et puis ce sont des aliments qui vont être dans leur formulation,
07:49dans les ingrédients utilisés,
07:51qui vont être basés sur des ingrédients
07:52qu'on n'a pas en général dans nos cuisines.
07:54Donc ça peut être justement des colorants,
07:56des édulcorants, des émulsifiants,
07:58donc plein d'additifs pour rendre le produit plus joli,
08:01plus attractif,
08:02ou bien du sirop de glucose, fructose,
08:04de maltodextrin, des arômes,
08:06enfin voilà, des choses qu'on n'a pas en général dans nos cuisines.
08:09Mais il y en a un peu partout.
08:10Si on prend les céréales, le pain tranché,
08:13je ne vois pas beaucoup de produits industriels
08:15qui n'aient pas été ultra transformés.
08:18Il y en a dans tous les rayons effectivement.
08:20Et en France, nos calories quotidiennes
08:24sont apportées pour 34% d'entre elles
08:27par les aliments ultra transformés.
08:29Ça c'est vrai chez les adultes et chez les enfants,
08:31c'est encore pire.
08:32C'est 49% des calories quotidiennes
08:34qui proviennent de ces aliments.
08:35Moi j'utilise pas mal l'application Yuka.
08:40Donc des fois sur certains aliments,
08:42on voit une petite alerte rouge
08:45et on voit un colorant cancérigène.
08:48Pourquoi il est autorisé ?
08:51Alors, effectivement, dans ces applications,
08:55on ne peut pas aller jusqu'à ce niveau de précision,
08:58notamment dire cancérigène.
09:01Les colorants, les additifs, etc.
09:04sont évalués par l'Autorité européenne
09:05de sécurité des aliments.
09:06On lève ça.
09:07Donc avant d'être mis sur le marché,
09:09il y a cette évaluation-là.
09:10Ce que l'on dit aujourd'hui avec ces nouvelles études,
09:13c'est qu'il faut que ces autorités sanitaires
09:14puissent réévaluer la sécurité de ces produits.
09:17On voit ici qu'il y a pour la première fois
09:18des preuves, des éléments chez l'homme.
09:21En tout cas, c'est la première étude au monde
09:22à mesurer les quantités d'additifs consommés
09:25et à regarder le lien avec les maladies
09:27sur le long terme,
09:27ce qu'on fait là depuis quelques années
09:29avec Nutrinet.
09:30Donc il faut que maintenant,
09:31les autorités sanitaires réévaluent la sécurité
09:34et éventuellement que ça aille jusqu'à retirer
09:37certains additifs du marché
09:40ou limiter les doses autorisées.
09:44Ça vous paraît être une bonne idée,
09:46ce qu'a décidé le Royaume-Uni,
09:48à savoir quasiment interdire la publicité
09:50pour la nourriture ultra transformée ?
09:54Oui, très certainement.
09:55Parce que finalement,
09:56que faire de tous ces résultats de recherche
09:58qu'on publie aujourd'hui ?
09:59Plusieurs choses.
10:01Il y a effectivement une information
10:03aux consommateurs qui est importante
10:05et qui est intéressante
10:06et qui est nécessaire.
10:07Vous évoquiez, et c'est super,
10:09donc cette pétition qui est sur le site
10:10de l'Assemblée nationale
10:11pour rendre le Nutri-Score obligatoire.
10:14L'idée, c'est ensuite de compléter ce Nutri-Score
10:17en lui adjoignant la notion d'ultra-transformation.
10:20Par exemple, on propose depuis plusieurs années,
10:22on a publié, on a testé ça en recherche,
10:24un Nutri-Score avec un cadre noir
10:26avec marqué ultra transformé,
10:27que les gens aient en un coup d'œil l'information.
10:30Donc tout ça, c'est super important
10:31pour que les personnes sachent repérer
10:33et puissent modifier leur comportement.
10:35Mais il faut aussi changer de manière structurelle
10:38l'environnement dans lequel on évolue.
10:40Et le fait de réguler mieux la publicité,
10:42le marketing, voire les politiques de prix
10:44autour de ces aliments
10:46avec un mauvais Nutri-Score
10:48ou ultra transformé,
10:49ça va vraiment être nécessaire
10:50si on veut vraiment faire changer
10:51les comportements et les expositions
10:53sur le long terme.
10:55D'accord.
10:55Moi, ce que je voulais savoir,
10:57c'est également une histoire de quantité.
11:00J'imagine que si je mange
11:02un plat transformé tous les trois jours,
11:05il n'y a peut-être pas de risque.
11:08Est-ce qu'il faut, à ce moment-là,
11:10ne pas réapprendre finalement à s'alimenter
11:14plutôt que d'interdire les aliments transformés ?
11:17J'imagine que de temps en temps,
11:19vous vous faites peut-être une barquette
11:21au micro-ondes parce qu'il est un peu tard.
11:23Enfin, peut-être pas vous, Mathilde.
11:26Non, c'est une très bonne remarque.
11:28C'est-à-dire que comme souvent en nutrition,
11:30ce n'est pas parce que de temps en temps,
11:31on va manger un produit qui va avoir des colorants
11:34ou un produit ultra-transformé
11:35ou un produit Nutri-Score-E
11:36qu'on va tout de suite avoir
11:37une maladie cardiovasculaire ou un cancer.
11:40Heureusement, ce n'est pas du tout ça.
11:41On parle vraiment d'équilibre au global
11:44sur la semaine en termes de fréquence
11:46et de quantité.
11:47Mais pour ça, c'est facile à dire.
11:50Si jamais vous avez vos enfants, vos ados
11:52qui sont surexposés à un marketing
11:54sur les réseaux, sur les influenceurs,
11:56à la télé, etc.,
11:58qui les incitent à surconsommer
12:00ces produits-là qui, par ailleurs,
12:02sont conçus dans leurs formulations,
12:03les arômes ajoutés, le sucre,
12:05les additifs, etc.,
12:06pour donner envie d'en surconsommer.
12:08Donc, c'est important, effectivement,
12:10de ne pas culpabiliser
12:11et de dire que de temps en temps,
12:12il n'y a pas de problème.
12:13Mais il faut qu'on régule la publicité,
12:15le marketing,
12:16qu'on clarifie l'étiquetage
12:17avec le Nutri-Score obligatoire
12:19et le cadre noir
12:19pour que les gens aient les bonnes clés
12:21pour vraiment faire les bons choix au quotidien.
12:230-826-300-300,
12:26est-ce que vous êtes vigilant
12:28aux étiquettes ?
12:29Est-ce que vous regardez
12:30le Nutri-Score ?
12:31Et est-ce que vous avez le sentiment
12:33que vos enfants sont sensibles,
12:34effectivement,
12:35à cette publicité,
12:36même si la publicité est déjà interdite
12:38dans les programmes jeunesse ?
12:41On vous attend sur Sud Radio.
12:43A tout de suite.
12:53De retour avec vous sur Sud Radio
12:56dans ce 10h midi
12:57avec Mathilde Touvier,
12:58directrice de recherche
12:59en épidémiologie nutritionnelle
13:01à l'Inserm.
13:03Je rappelle que vous travaillez
13:05depuis plusieurs années
13:06sur tous ces additifs,
13:09sur ce qui compose nos aliments,
13:10notre alimentation
13:11et les conséquences
13:12sur notre santé.
13:14en particulier ces colorants
13:16qui sont nocifs
13:18à long terme
13:19et pris en grande quantité.
13:21On le rappelle,
13:21il ne s'agit pas
13:22de devenir complètement ermite
13:24et de tout couper.
13:26Mais est-ce qu'il n'est jamais
13:28trop tard
13:30pour changer d'alimentation ?
13:32Si on a eu une alimentation
13:34ultra transformée,
13:36est-ce que le fait de changer
13:37peut,
13:38là c'est d'un point de vue santé
13:39que je vous pose la question,
13:40est-ce que ça peut aider
13:42à récupérer
13:43ou à limiter
13:44les risques de maladie ?
13:47Oui, absolument.
13:48On l'a vu déjà,
13:49par exemple,
13:50pour le tabac,
13:50le fait d'arrêter de fumer,
13:52au bout de quelques années,
13:53vous récupérez
13:54un risque similaire
13:55à celui des personnes
13:56qui ne fument pas
13:57ou qui ne fumaient pas avant.
13:59Et donc,
14:00pour l'alimentation,
14:01c'est pareil.
14:02Ce n'est pas parce qu'on a eu
14:03pendant des années
14:04une alimentation déséquilibrée
14:05qu'il faut se dire
14:06foutu pour foutu,
14:07autant continuer comme ça.
14:09Et c'est vrai aussi
14:11à plus court terme
14:12pour des personnes,
14:12par exemple,
14:12quand on dit
14:13qu'il faut consommer
14:13au moins 5 portions
14:14de fruits et légumes par jour,
14:15les gens disent
14:15« Oh là là,
14:16ce n'est pas possible,
14:17j'y suis tellement loin,
14:18j'en consomme zéro,
14:18j'y arriverai jamais. »
14:20Et en fait,
14:20le fait de déjà rajouter
14:21une portion
14:22et puis plus tard,
14:23dans un an,
14:24deux ans,
14:24de rajouter une deuxième portion,
14:25on a déjà des gains
14:26pour la santé
14:27parce qu'on a des relations
14:28dose-réponse.
14:29Et donc,
14:29il ne faut pas se dire
14:31que tout est perdu
14:32et au contraire,
14:33chaque petit pas
14:34qui rapproche
14:35des recommandations
14:38et bien tout ça,
14:39ça va faire du bien
14:40à la santé.
14:41Il y a eu beaucoup
14:41de polémiques
14:42sur la viande rouge
14:44ou les choses.
14:45Qu'est-ce que je fais
14:46avec mon saucisson
14:47et les rillettes ?
14:49Alors,
14:50en fait,
14:51il y a d'un point de vue
14:52polémique
14:53parce que notamment
14:55les industriels
14:55de ce secteur
14:56poussent
14:57pour minimiser les risques
14:58mais il y a un consensus
14:59dans la communauté scientifique
15:00sur le fait que
15:01consommés en excès
15:02les charcuteries
15:04sont alors cancérigènes
15:05notamment pour le cancer
15:06colorectal
15:07et puis peuvent avoir
15:08aussi d'autres conséquences
15:09sur les maladies
15:10cardiovasculaires,
15:10etc.
15:11Et donc,
15:12dans les recommandations
15:13actuelles,
15:14ce n'est pas plus
15:14de 150 grammes
15:15par semaine
15:16de charcuterie
15:18sachant en plus
15:18que si on limite
15:19ces produits
15:20carnés animaux,
15:21on va aussi faire
15:22du bien à la planète
15:23donc il y a un impact
15:24environnemental aussi
15:25qui est intéressant
15:26un double bénéficit.
15:27Mais les lardons
15:28sont nitrites.
15:29Est-ce qu'ils sont...
15:31Est-ce qu'ils sont...
15:32Est-ce qu'ils finalement...
15:32Puisque c'est un...
15:33On imagine
15:34que le lardon
15:35a été transformé
15:36pour enlever
15:37les nitrites.
15:37Est-ce que cette transformation
15:39elle ne se fait pas
15:40au détriment
15:41de la santé ?
15:43Est-ce qu'il y aura...
15:43Du coup,
15:44on ne rajoute pas
15:44encore plus
15:45de transformation ?
15:49Alors,
15:49les nitrites,
15:51donc clairement
15:51il y a eu
15:52un avis
15:53de l'ANSES,
15:54l'Autorité de Sécurité
15:55Sanitaire
15:55des Aliments
15:56en France
15:57montrant
15:57qu'ils ont reconnu
15:59le caractère
16:00cancérigène
16:00des nitrites.
16:01On a publié
16:01trois articles
16:02dans NutriNet Santé
16:03montrant les liens
16:03entre nitrites
16:04et maladies chroniques
16:05également.
16:06Donc,
16:07c'est une bonne idée
16:08de la part
16:08des fabricants
16:09et des industriels
16:10d'essayer
16:10de s'affranchir
16:11le plus possible
16:12de ce conservateur-là.
16:15L'idée,
16:16c'est ensuite
16:16par contre
16:17de pouvoir produire
16:19de la viande
16:19transformée
16:20en toute sécurité
16:21ici
16:22et donc
16:23en limitant
16:24des alternatives
16:26technologiques
16:26ou d'ingrédients
16:27qui vont
16:29par ailleurs
16:30apporter
16:30d'autres risques.
16:31Et puis,
16:32globalement,
16:32de limiter
16:33de toute façon
16:34les consommations
16:35de ces produits-là
16:36de manière plus générale.
16:37Mathilde Touvier,
16:38vous avez déclaré
16:39que c'est la première fois
16:40au Monde
16:40que des études
16:41mesurent les apports
16:42en additifs alimentaires
16:43et montrent le lien
16:44avec des maladies chroniques,
16:45ce que vous nous avez dit
16:45au début
16:46de cet entretien.
16:48Quelle responsabilité
16:49des industriels ?
16:51Parce que,
16:51clairement,
16:53ils ont une responsabilité.
16:57Oui,
16:57c'est évident.
16:58C'est-à-dire
16:59que l'industrie
17:00agroalimentaire,
17:01on en a absolument
17:01besoin
17:02pour produire
17:03en grande quantité,
17:04avoir une accessibilité
17:05de tous ces aliments
17:06que nous consommons
17:07au quotidien.
17:08Et c'est pour ça
17:09que je faisais aussi
17:10le distinguo.
17:11Tous les aliments
17:11industriels ne sont pas
17:12forcément mauvais
17:13pour la santé,
17:13bien au contraire.
17:14Ils savent produire
17:15des choses magnifiques,
17:16très bonnes pour la santé.
17:17Et donc,
17:18la responsabilité ici,
17:19c'est d'aller
17:20dans la bonne direction,
17:21c'est-à-dire
17:21de favoriser
17:24la production
17:24d'aliments
17:25Nutri-Score A ou B
17:27avec,
17:28donc,
17:28pas ou peu
17:29transformés,
17:29donc,
17:30en éliminant
17:31le maximum
17:31d'additifs
17:32dont on peut se passer,
17:33qui ne sont pas là
17:34pour la santé
17:35des consommateurs,
17:36mais qui sont là
17:36juste pour rendre
17:37le produit plus joli
17:38et en vendre plus.
17:39Et ça,
17:39effectivement,
17:40c'est de la responsabilité
17:42des industriels
17:43de l'agroalimentaire
17:44d'aller dans cette direction
17:46favorable
17:46à la santé publique.
17:48sur l'idée
17:49de rendre
17:50le Nutri-Score
17:50obligatoire
17:51lorsque l'Assemblée nationale
17:52s'était emparée
17:53du sujet
17:54il y a quelques mois,
17:54avait failli
17:55l'adopter
17:55lors des discussions
17:56sur le budget.
17:57Il y avait eu
17:57cet argument
17:58qui fait,
17:59à l'époque,
17:59que ça n'avait pas été fait,
18:01de dire que ça
18:01rentrait peut-être
18:02en conflit
18:02avec les normes européennes,
18:04avec la libre circulation
18:07des biens.
18:08Il y a un vrai doute juridique
18:10sur ce point
18:11ou c'est de la mauvaise foi ?
18:13Alors à ce stade
18:14c'est de la mauvaise foi,
18:15c'est-à-dire que
18:16c'est ce que vous évoquiez,
18:17à partir du moment
18:18où on prouve
18:18que pour la santé publique
18:20il faut prendre
18:21ce type de mesures,
18:22les Etats membres
18:23ne seront pas attaqués
18:24par l'Europe
18:24si ces mesures sont prises.
18:26Je prends un exemple,
18:27il y a quelques années
18:28on avait sur le marché
18:29un additif,
18:30le E171,
18:31le dioxyde de titane
18:33qui était utilisé
18:34comme agent blanchissant,
18:35colorant, etc.
18:36Donc ils ont été très utilisés
18:37dans des confiseries,
18:38dans des plats préparés.
18:39La recherche a montré
18:40qu'il était en fait
18:41dangereux pour la santé,
18:42notamment cancérigène
18:44pour le colon
18:44et la France a décidé
18:46avant que l'Europe
18:47prenne la décision
18:48de suspendre
18:49l'utilisation
18:50de cet additif.
18:51Non seulement la France
18:52n'a pas été attaquée
18:52mais ensuite l'Europe
18:53a suivi
18:54et a suspendu
18:56également l'utilisation
18:57de cet additif.
18:58Donc là avec le Nutri-Score,
19:00l'OCDE
19:01a publié un rapport
19:02montrant que
19:03grâce à ce logo
19:04on pourrait éviter
19:052 millions de cas
19:06de maladies chroniques
19:07en Europe
19:08d'ici 2050.
19:09Le fait de ne pas
19:10le rendre obligatoire
19:11est une atteinte
19:12à la santé publique
19:13et c'est une perte
19:14de chance
19:15avec des personnes
19:16qui meurent
19:16qui ont ces maladies-là
19:17et qu'on pourrait éviter.
19:19Donc c'est du ressort
19:20du devoir
19:20des pouvoirs publics
19:21d'avancer
19:22et de le rendre obligatoire.
19:23Qui attribue
19:24le Nutri-Score ?
19:27Alors le Nutri-Score
19:28lui-même
19:28est basé sur un algorithme
19:30qui est public
19:31donc n'importe qui
19:32il y a un tableur Excel
19:33sur le site
19:33de Santé Publique France
19:34vous pouvez calculer
19:35le Nutri-Score
19:36dès que vous avez
19:37la teneur en sucre
19:38en acide gras saturé
19:39etc.
19:40du produit
19:40sur les données
19:41de l'étiquetage
19:41et c'est Santé Publique France
19:43qui gère
19:44le label Nutri-Score
19:46et donc
19:47qui héberge
19:48notamment
19:48ce calculateur
19:50du Nutri-Score
19:50pour les industries.
19:51Mais pour bien comprendre
19:51ce ne sont pas
19:52les industriels
19:53qui décident
19:53c'est-à-dire que
19:54pour comprendre
19:55comment on arrive
19:56à un ABCD
19:58sur le paquet
20:00l'industriel
20:01envoie
20:02sa composition
20:03et lui reçoit
20:05ce Nutri-Score
20:06après qu'il le mettra
20:07sur son paquet ?
20:09Voilà
20:09en fait
20:10il le calcule lui-même
20:11sur la base
20:12du tableur Excel
20:13et qui est vraiment
20:15un algorithme
20:16ouvert
20:16et qui a été
20:17validé scientifiquement
20:18d'un point de vue scientifique
20:20maintenant
20:208 pays utilisent
20:21le Nutri-Score
20:22donc il y a un comité
20:22scientifique international
20:23qui valide l'algorithme
20:25et qui a validé
20:26vous avez vu
20:26l'année dernière
20:27le Nutri-Score
20:27a été réévalué
20:28pour être plus performant
20:29tout ça a été validé
20:31scientifiquement
20:31l'algorithme est ouvert
20:33et n'importe qui
20:33peut calculer son Nutri-Score
20:34pour mettre sur le paquet
20:36avec cette unique formule
20:37Vous êtes d'accord
20:38qu'il y a un paramètre
20:39économique aussi
20:40c'est-à-dire que
20:41les produits
20:43peut-être
20:43Nutri-Score A
20:44sont plus chers
20:45que certains produits
20:46transformés
20:47Nutri-Score C
20:49ou D
20:50et que
20:51forcément
20:52il y a
20:53aujourd'hui
20:54économiquement
20:55c'est plus compliqué
20:56d'acheter des produits A
20:57c'est le cas ou pas ?
20:59Alors
21:00deux éléments de réponse
21:01le premier
21:02c'est que finalement
21:03nous on avait ça aussi
21:04en tête un petit peu
21:05et en fait
21:05il y a eu une étude
21:06de Santé Publique France
21:07publiée il y a à peu près
21:08un mois
21:08qui montre que
21:09c'est pas du tout
21:10systématique
21:11et que même en moyenne
21:12c'est pas le cas
21:13et qu'il y a même
21:13des catégories de produits
21:14comme les sauces
21:15pour les pâtes
21:16ce genre de choses
21:17où c'est même l'inverse
21:18et où les produits
21:19avec un meilleur Nutri-Score
21:20sont les moins chers
21:21donc ça ça donne
21:22quand même espoir
21:23de dire
21:23déjà avec ce qu'il y a sur le marché
21:25on peut aussi bien manger
21:27et avoir des produits
21:28de bon Nutri-Score
21:29et pas si cher
21:29maintenant c'est pas pour ça
21:30qu'il faut s'arrêter là
21:31et là aussi
21:32j'en appelle au pouvoir public
21:33pour avec des politiques de prix
21:35que ce soit les taxes
21:37ou au contraire
21:37les incentives
21:39les subventions
21:40pour des produits
21:41Nutri-Score A ou B
21:42pas ultra transformés
21:44et bio si possible
21:45il faut que ces produits-là
21:46deviennent les moins chers
21:47les plus accessibles économiquement
21:49pour que ça devienne
21:50les choix par défaut
21:51pour les consommateurs
21:52pour les consommateurs
21:52L'autre grand reproche
21:54qui a été fait
21:55au Nutri-Score
21:56c'est sur les produits
21:56du terroir
21:57sur le thème
21:58le roquefort
21:59on ne mange pas
22:01la petite cuillère
22:02ça ne prend pas en compte
22:03la quantité
22:04c'est vrai ça ?
22:06Alors juste déjà
22:07petite parenthèse
22:08c'est que le roquefort
22:08est quand même produit
22:09en grande majorité
22:11par Lactalis
22:11donc grand groupe
22:12agro-industriel
22:13et pas par le petit paysan
22:15sur le plateau
22:15de la vague
22:17et donc en fait
22:18ça a été quand même
22:19très instrumentalisé
22:21exactement
22:21donc en fait
22:22ces messages-là
22:23de dire
22:24oh là là
22:24le Nutri-Score
22:25veut détruire
22:25nos produits du terroir
22:26etc
22:26ça a vraiment été
22:28très instrumentalisé
22:29par les industriels
22:30qui ont un portefeuille
22:32de produits
22:32mal classé au Nutri-Score
22:33et qui voulaient
22:34faire courir ce bruit
22:35on a publié
22:36sur le Nutri-Score blog
22:37si vous voyez ça
22:38un article justement
22:39montrant
22:40qu'au global
22:41avec tous les produits
22:42du terroir
22:43et y compris
22:43les fruits
22:44les légumes
22:44les légumineuses
22:45etc
22:45en fait le Nutri-Score
22:46classe très bien
22:47la majorité
22:48des produits du terroir
22:49donc c'est pas du tout
22:50un bon argument
22:51après en fait
22:52le fait d'avoir
22:53une AOP
22:54une IGP
22:54ce sont des critères
22:55de qualité
22:56qui montrent
22:57un cahier des charges
22:58une appartenance
22:58justement culturelle
22:59à un terroir
23:00qui sont très importants
23:01mais qui en fait
23:02n'ont rien à voir
23:02avec la dimension nutritionnelle
23:04c'est pas parce qu'on a
23:05un bon fromage
23:06une bonne charcuterie
23:07du terroir
23:08que nutritionnellement
23:09c'est pas plein
23:10de graisse saturée
23:11et de sel
23:11etc
23:11donc avec
23:13enfin voilà
23:13le Nutri-Score
23:14il donne juste
23:14l'information
23:15sur la qualité nutritionnelle
23:16et en fait
23:17il dit juste
23:17que ces produits
23:18Nutri-Score
23:19eux etc
23:19il vaut mieux
23:20en manger
23:20moins pour la santé
23:21mais de bonne qualité
23:23et y compris
23:24voilà des produits
23:25AOP
23:25ça ne s'oppose pas
23:26en fait
23:27c'est pas une opposition
23:28c'est intéressant
23:29ce que vous dites
23:29effectivement
23:30on n'avait pas
23:30cet élément
23:31sur le Roquefort
23:32juste sur les
23:33les colorants
23:34les additifs
23:34vous nous conseillez
23:35quand même
23:35de regarder
23:37les étiquettes
23:38de connaître
23:39un peu ces colorants
23:41alors oui
23:42en attendant
23:43le Nutri-Score
23:44obligatoire
23:44et avec
23:44la mention
23:45ultra transformée
23:46effectivement
23:47on n'a qu'une solution
23:48c'est de regarder
23:49un peu la liste d'ingrédients
23:50et de limiter
23:51à chaque fois
23:52vous voyez
23:52plein d'additifs
23:53que vous n'avez pas
23:54dans vos cuisines
23:54bon ben
23:55si vous avez
23:56une alternative
23:56à côté
23:57préférez celle-ci
23:58c'est ce que recommande
23:59le programme national
24:00nutrition santé
24:00préférez le pas
24:01ou peu transformé
24:02limiter les additifs
24:04superflus
24:04et les ultra transformés
24:05donc on arrête
24:06des chips
24:07sauce pesto
24:08et tomates
24:09aromatisées
24:10ou chips
24:11poulet braisé
24:13oui
24:13j'imagine
24:15je vois d'ici
24:15la liste d'ingrédients
24:16je pense effectivement
24:17que ça doit être
24:18ultra transformé
24:18merci infiniment
24:19Mathilde Touvier
24:20c'était passionnant
24:21je rappelle que vous êtes
24:22directrice
24:22de recherche
24:24en épidémiologie
24:25nutritionnelle
24:26à l'INSER
24:27mais je vous conseille
24:29vraiment de regarder
24:30ces études
24:31qui sont passionnantes
24:32et on a intérêt
24:34à se préoccuper
24:34effectivement
24:35de ce qu'il y a
24:36dans nos assiettes
24:37merci à vous
24:37nous on se retrouve
24:38dans un instant
24:39sur Sud Radio
24:39pour commenter
24:41l'actualité
24:42parler de la chaleur
24:43de l'immigration
24:43à tout de suite
24:4510h midi
24:462h
24:462h
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