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Raven-Symoné pose une vraie question. Mais l’histoire derrière le mot “African American” est beaucoup plus profonde qu’une simple étiquette.

Ce mot existe parce qu’une filiation a été arrachée.
Des noms ont été effacés.
Des langues ont été coupées.
Des familles ont été séparées.

On peut choisir son identité individuellement.
Mais on ne peut pas effacer l’histoire collective.


#RavenSymone #AfricanAmerican #BlackAmerican #HistoireNoire #BlackHistory

Catégorie

Personnes
Transcription
00:00Raven Simonnet n'a pas totalement tort, mais son raisonnement oublie une violence historique énorme.
00:07Comme vous le voyez, Raven Simonnet a dit une phrase qui revient maintenant sur les réseaux, une phrase qui date
00:13de 2014.
00:14Sa phrase, je cite,
00:15« Si les Blancs nés en Amérique ne sont pas appelés Européens-Américains, pourquoi, moi, je devrais être appelé Africaine
00:23-Américaine ? »
00:24Et franchement, je comprends une partie, en tout cas en partie, ce qu'elle veut dire.
00:29Parce que oui, une personne noire née aux États-Unis peut dire « Très bien, je suis Américaine », elle
00:34peut dire « Je suis Black American »,
00:36elle peut même refuser un label qui ne lui parle pas forcément.
00:41Ça, c'est son droit.
00:41Mais là où il faut faire très attention, c'est que le mot « African American » n'est pas
00:47juste une étiquette tombée du ciel.
00:50Ce mot existe parce qu'il y a une vraie rupture.
00:52Les Blancs américains, d'origine européenne, je le précise, très souvent peuvent dire « Ma famille vient d'Irlande, d
00:58'Italie, d'Allemagne, de France ou de Pologne. »
01:00Mais pour beaucoup de descendants de personnes esclavagisées africaines déportées aux États-Unis,
01:06cette filiation même a été volontairement détruite.
01:10On a arraché les noms, comme vous le savez.
01:12On a arraché les familles.
01:13On a arraché les mémoires, les langues.
01:15Donc, on a transformé des êtres humains en marchandises.
01:19Donc, le terme « African American », dans ce contexte-là, je le précise,
01:24ce n'est pas juste dire « tu viens d'Afrique ».
01:27C'est dire « ton histoire américaine commence par une déportation africaine, une dépossession, une violence fondatrice ».
01:34Et c'est pour ça que la comparaison avec les personnes blanches américaines est très bancale.
01:40Parce que les blancs américains n'ont pas été privés, collectivement, je le dis, de leur mémoire européenne de la
01:46même manière.
01:47Ils n'ont pas été renommés par des propriétaires.
01:51Ils n'ont pas non plus été vendus avec des documents comptables.
01:56Et pour finir, ils n'ont pas non plus été empêchés de transmettre leur propre origine.
02:00Donc oui, Raven Simonnet a le droit de dire qu'elle est américaine.
02:04Mais il ne faut pas confondre le droit individuel personnel de choisir son identité
02:10avec l'effacement collectif d'une histoire et d'une mémoire.
02:13Le problème, ce n'est pas qu'une personne noire refuse un mot.
02:18Le problème, selon moi, c'est quand ce refus même fait croire que ce mot n'a aucune raison historique
02:26d'exister.
02:26Vous comprenez ?
02:27Parce que parfois, un nom n'est pas une prison.
02:29Parfois, un nom est une cicatrice.
02:32Et cette cicatrice même rappelle ce que l'Amérique voudrait parfois oublier,
02:37surtout en 2026 avec Trump.
02:38Tu peux être américaine, tu peux être noir, tu peux être black American.
02:43Mais l'histoire, elle, n'a pas disparu.
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