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Le wax est souvent présenté comme LE symbole de l’identité africaine. Pourtant, son histoire est beaucoup plus complexe. À partir de l’ouvrage Le mythe des diasporas africaines de Serge Éric Menye, publié aux Éditions Le Lys Bleu, cette vidéo revient sur une idée essentielle : l’Afrique ne peut pas être réduite à un imprimé. Bogolan, kente, aso oke, adire, kuba… les traditions textiles africaines sont nombreuses, anciennes et porteuses de mémoire.

Le but n’est pas d’interdire le wax, mais de questionner ce qu’on choisit de montrer quand on prétend représenter l’Afrique.



#Wax #Afrique #TextileAfricain #CultureAfricaine

Catégorie

Personnes
Transcription
00:00Le wax est-il vraiment africain ?
00:02Nous allons parler aujourd'hui d'un sujet qui peut déranger beaucoup de personnes, le wax.
00:07Parce qu'aujourd'hui, dès qu'on veut représenter l'Afrique, on met du wax partout, sur les affiches, sur
00:14les logos, sur les vêtements, les restaurants, sur les événements culturels, ainsi que sur les marques dites afro.
00:21Comme si l'Afrique, avec des milliers d'années de créations textiles, artistiques, spirituelles et symboliques, pouvait être réduite uniquement
00:31à un seul imprimé.
00:32Et c'est exactement ce que critique Serge-Éric Méni dans l'ouvrage que vous voyez juste ici, Le mythe
00:38des diasporas africaines publié aux éditions du Lise Bleue.
00:41Il rappelle une chose principale et simple, mais fondamentale à mon goût.
00:45Le wax n'est pas né comme un textile africain traditionnel.
00:48Il écrit par exemple à la page 115, je cite.
00:51Le wax n'a rien d'africain à l'origine.
00:54Et cette phrase est importante, parce que le problème, ce n'est pas que des Africains portent du wax.
00:59Le problème, ce n'est pas non plus qu'on aime le wax.
01:02Le problème, ce n'est même pas qu'il soit devenu aussi populaire sur le continent.
01:07Le problème, selon moi, c'est quand on le présente comme l'essence de l'identité africaine,
01:13alors qu'il vient d'une histoire industrielle, commerciale et coloniale beaucoup, beaucoup plus complexe.
01:18Et surtout, pendant qu'on met le wax partout, on invisibilise des textiles africains beaucoup plus anciens,
01:26beaucoup plus enracinés, beaucoup plus symboliques.
01:29Le Bogolan du Mali, le Kente du Ghana, j'en ai déjà parlé.
01:32La Sooke chez les Yoruba, l'Adiré du Nigeria, le Kouba de la République démocratique du Congo et tant d
01:39'autres j'en passe.
01:40Ces tissus ne sont pas juste jolis.
01:43Ils portent des savoir-faire en eux, des proverbes, des statuts sociaux, des mémoires, des spiritualités,
01:50ainsi que des histoires familiales, politiques et artistiques.
01:54Et dans l'ouvrage, encore une fois, à la page 117, l'auteur le dit très clairement, je cite
01:58« Ces tissus incarnent l'histoire, le symbolisme, la spiritualité, l'économie locale ».
02:03Voilà pourquoi, selon moi, cette discussion est importante.
02:07Parce que défendre l'Afrique, ce n'est pas répéter les clichés qu'on nous a vendus.
02:12Ce n'est pas non plus coller du wax partout pour appeler ça « culture ».
02:17Défendre l'Afrique, c'est aussi retrouver la profondeur de ses propres créations.
02:22C'est refuser la facilité visuelle.
02:25C'est aller chercher les textiles, les symboles, les langues, les formes, les gestes, les mémoires
02:31que même ceux du continent ont parfois oubliés.
02:34Donc non, le wax n'est pas interdit.
02:37Mais il ne peut pas être caution, il ne peut pas être le seul drapeau.
02:41L'Afrique n'a pas besoin d'un motif unique pour exister.
02:45Elle a déjà des milliers de mondes à raconter.
02:47Et peut-être que le vrai panafricanisme commence par là en réalité.
02:50Ne plus seulement porter l'Afrique comme un décor, mais la comprendre comme une mémoire bien complexe.
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