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J’ai lu un passage très dur du livre Le Mythe des diasporas africaines de Serge Éric Menye, publié aux éditions Le Lys Bleu.

L’auteur y critique certains quartiers associés aux diasporas africaines, comme Château Rouge, Barbès ou Château d’Eau, en parlant de désorganisation, de précarité, d’économie informelle et de manque de structuration communautaire.

Mais la vraie question est là : peut-on faire une autocritique de nos communautés sans tomber dans l’auto-humiliation ?

Parce que oui, il faut parler d’organisation économique, de propriété des commerces, de transmission, de leadership, d’image collective et de puissance communautaire.

Mais non, on ne peut pas résumer toute une diaspora à quelques quartiers précarisés, sans parler d’histoire migratoire, de racisme, de classe sociale, d’accès au capital et de politiques publiques.

Le vrai enjeu n’est pas de se mépriser.
Le vrai enjeu, c’est de se structurer.



#DiasporaAfricaine
#Afrique
#Diaspora
#HistoireAfricaine

Catégorie

Personnes
Transcription
00:00Critiquer la diaspora, oui, l'humilier, non.
00:03Ce passage est violent, mais il pose une vraie question.
00:07Est-ce qu'on peut critiquer nos communautés sans tomber dans le mépris ?
00:12Je viens de lire un passage, ce passage du livre, le livre je vous le montre ici,
00:15Le mythe des diasporas africaines, de Serge-Éric Meigny, publié aux éditions Le Lisse Bleu.
00:21Et franchement, nous devons en parler. Pourquoi ?
00:22Parce que l'auteur prend l'exemple de Château Rouge, de Barbès, de Château Dôme,
00:27pour dire que certains quartiers où vivent ou travaillent des diasporas africaines
00:31sont devenus des symboles de désorganisation, de précarité, d'économie informelle,
00:37de nuisances, parfois même de mauvaises images collectives.
00:41Et là, il écrit une phrase très dure.
00:43À la page 119, je cite ce qu'il dit.
00:46Les diasporas africaines portent une promesse double,
00:49celle de la réussite individuelle et du relais économique pour les pays d'origine.
00:52Donc, la question qu'il pose en creux, au fond,
00:56qu'est-ce que c'est ?
00:57Pourquoi cette promesse n'est-elle pas toujours tenue ?
01:00Mais attention !
01:02Critiquer les failles, c'est nécessaire.
01:04Parler de manque d'organisation économique,
01:07de commerce qu'on ne possède pas,
01:09de leadership communautaire très faible,
01:11de dépendance aux figures visibles plutôt qu'aux structures solides,
01:15oui, ce débat doit exister.
01:17Mais il y a une ligne rouge.
01:19On ne peut pas résumer une diaspora entière
01:23à quelques quartiers précarisés.
01:24On ne peut pas comparer des communautés
01:27sans rappeler les différences d'histoire,
01:29de classe sociale, de racisme,
01:31d'accès au capital,
01:32de trajectoires migratoires,
01:34ainsi que de politiques publiques.
01:36Parce que sinon, on ne fait plus de l'analyse ici.
01:39On fabrique comme une hiérarchie entre les immigrations.
01:43Et ça, c'est très dangereux.
01:45Le vrai sujet, ce n'est pas de dire
01:47les Africains sont comme ci,
01:49les Asiatiques sont comme ça.
01:50Non.
01:51Le vrai sujet, c'est comment une diaspora se structure,
01:55comment elle investit,
01:57comment elle protège ses propres commerces,
02:00comment elle forme aussi ses enfants,
02:02comment elle transforme tout simplement
02:04sa visibilité culturelle en puissance économique.
02:08Et sur ce point,
02:09l'auteur touche quelque chose de réel.
02:11Quand il écrit ceci à la page 123, je cite,
02:13Or, tout commence par la maîtrise de l'image,
02:16par l'exemplarité comportementale,
02:18par l'autocritique constructive,
02:20un chantier qui est d'abord l'affaire
02:21des premiers concernés.
02:23Mais moi, j'ai envie d'ajouter une autre chose.
02:26L'autocritique ne doit jamais devenir
02:28une auto-humiliation.
02:30Parce que les communautés n'ont pas besoin
02:32d'être insultées.
02:34Elles ont besoin d'être organisées.
02:36Et la question que j'ai envie de poser maintenant,
02:39c'est peut-être celle-ci.
02:39Est-ce qu'on veut seulement être visible
02:42ou est-ce qu'on veut devenir structurant?
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