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25 ans après la loi Taubira, Emmanuel Macron évoque les réparations liées à l’esclavage, mais sans véritable engagement concret. Reconnaître l’esclavage comme crime contre l’humanité, est-ce suffisant si l’État refuse encore d’ouvrir sérieusement la question des réparations ? Mémoire, justice, histoire coloniale, esclavage, réparations : il est temps d’aller au-delà des symboles.

#LoiTaubira #Reparations #MemoireDeLEsclavage #HistoireColoniale #Mediapart

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Transcription
00:00Reconnaître sans réparer, c'est encore contrôler la mémoire.
00:04L'éducation donc, pilier essentiel pour commencer à réparer.
00:08Je viens de lire un article sur Mediapart, sur les 25 ans de la loi Taubira.
00:13Et franchement, il y a quelque chose qui me dérange profondément.
00:15Parce qu'on nous explique que le président de la France, Emmanuel Macron,
00:18aurait enfin évoqué la question des réparations liées à l'esclavage colonial.
00:22Et attention, symboliquement, ce n'est pas rien du tout.
00:25Mais le problème, c'est que dans l'histoire de l'esclavage colonial,
00:28la France a souvent su faire une chose principale.
00:32Prononcer de grands mots, tout en évitant les grandes conséquences.
00:35La loi de Taubira de 2001 a reconnu la traite négrière et l'esclavage comme crime contre l'humanité.
00:41Très bien.
00:42Mais 25 ans plus tard, la vraie question est simple.
00:44Qu'est-ce qu'on fait de cette reconnaissance ?
00:46Parce qu'un crime contre l'humanité, ce n'est pas juste une phrase dans un discours.
00:51Ce n'est pas juste une cérémonie.
00:53Ce n'est pas juste un dépôt de gerbe.
00:56Ce n'est pas juste non plus un « nous devons nous souvenir ».
00:59Si on reconnaît un crime, alors il faut parler de transmission, d'éducation, d'archives, de musées,
01:05de programmes scolaires, de justice sociale, de réparation matérielle, territoriale, culturelle et symbolique.
01:12Et c'est là que le malaise commence.
01:14Parce que, pour ceux qui ne le savent pas, il y a quelques semaines,
01:17la France s'est abstenue à l'ONU sur une résolution concernant la traite transatlantique et la justice réparatrice.
01:23Donc, d'un côté, on organise des cérémonies et de l'autre,
01:26dès qu'il faut s'engager au niveau international, on recule.
01:30Et c'est précisément ce que Mediapart pointe.
01:33Macron, le président, parle, mais il ne s'engage pas vraiment.
01:37Et moi, ce que je dis de tout cela,
01:38c'est que la mémoire de l'esclavage ne peut pas rester prisonnière du symbolique.
01:43Les descendants d'esclaves n'ont pas besoin qu'on leur dise uniquement « votre souffrance est reconnue ».
01:48Ils ont besoin qu'on leur dise « nous allons travailler sérieusement sur les conséquences de ce crime ».
01:53Il y a la règle des trois R.
01:55Reconnaissance, réparation, réconciliation.
01:57Parce que l'esclavage colonial n'a pas seulement détruit des vies,
02:00il a construit des fortunes, comme je le répète,
02:03des ports, des banques, des assurances, des familles, des institutions, des hiérarchies raciales.
02:08Et si l'État français sait reconnaître l'histoire quand ça l'arrange,
02:12il doit aussi avoir le courage de regarder ce que cette histoire a produit.
02:16Donc oui, entendre le mot « réparation » dans la bouche d'un président français, c'est très important.
02:21Mais tant qu'il n'y a pas d'acte, tant qu'il n'y a pas de calendrier,
02:25tant qu'il n'y a pas de moyens, tant qu'il n'y a pas non plus de politique
02:28publique claire,
02:29ce n'est pas une réparation.
02:31C'est une manière déguisée, élégante, de ne surtout rien promettre.
02:36Et vous dites-moi ce que vous en pensez.
02:38Est-ce que la France peut continuer à reconnaître l'esclavage comme crime contre l'humanité
02:42sans jamais ouvrir le dossier sérieusement des réparations ?
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