- il y a 2 jours
Chaque week-end, Anne Seften et Dominique Tenza vous accompagnent de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00On va parler d'Israël. On avait commencé à l'évoquer, tandis que les Etats-Unis et l'Iran continuent
00:04de chercher ce soir la manière de finaliser ce fameux protocole d'accord de paix.
00:10Israël s'inquiète de son côté d'un compromis qui ne règle pas d'ailleurs la question du nucléaire iranien.
00:15Alexis Puyet, on vous retrouve à Tel Aviv. Ben Amin Netanyahou affirme ce soir avoir reçu des engagements de la
00:24part de Donald Trump sur ce point du nucléaire.
00:27C'est ce qu'affirme le Premier ministre israélien.
00:31Oui absolument. Donald Trump visiblement qui a essayé de rassurer en donnant des garanties.
00:36Tout accord final avec l'Iran devra éliminer la menace nucléaire. C'est ce qui a été convenu avec Trump.
00:42Voilà ce qu'a dit Ben Amin Netanyahou sur X. On le sait ici, le nucléaire c'est une des
00:48préoccupations principales.
00:50Et un petit peu plus tôt, Trump avait dit qu'il ne signerait pas un accord qui n'est pas
00:54favorable à Israël
00:55et qu'il aurait une position ferme sur le démantèlement du nucléaire iranien.
00:59Alors est-ce que ces déclarations vont être suffisantes pour rassurer les Israéliens ?
01:04Parce qu'ils sont inquiets. Ils voient d'un mauvais œil cet accord. Certains voient d'un mauvais œil.
01:10D'abord sur la forme. Certains ont prononcé le mot d'humiliation parce que Ben Amin Netanyahou a été un
01:17petit peu mis à l'écart.
01:18Il n'a pas participé aux discussions après les divergences avec les États-Unis.
01:22Et puis sur le fond, il y a notamment un député de l'opposition qui dit que c'est un
01:26mauvais accord.
01:27Il dit accepter le cessez-le-fait au Liban serait une erreur stratégique.
01:32Donc vous voyez ici, il y a de l'inquiétude. Il y a des Israéliens avec qui on a parlé
01:35qui nous disaient
01:37finalement l'Iran c'est toujours une menace ici.
01:40Et donc il se demande, il s'interroge si avec ce potentiel accord, la sécurité d'Israël sera assurée.
01:48Alexis Plouillette avec Clément Grosdennier à Tel Aviv.
01:51Thierry, c'est un vrai problème ça que celui du nucléaire pour Ben Amin Netanyahou.
01:54On dit souvent que c'est le grand-père dans cette guerre.
01:56Et il a fait un communiqué aujourd'hui dans lequel il affirme avoir convenu,
01:59donc on l'a rappelé avec Donald Trump, que lui il veut que tout accord final en fait c'est
02:03le démantèlement,
02:05c'est aussi les 440 kilos d'uranium qui soient sortis.
02:07Lui il demande beaucoup plus, Ben Amin Netanyahou, parce qu'il y a cet enjeu de sécurité.
02:12Il cache derrière une série de compliments à l'endroit du président américain
02:15et un message qui se termine en disant que jamais les relations entre les Etats-Unis et Israël
02:20n'ont été aussi solides et aussi fortes que la réalité d'une divergence profonde
02:23et du fait qu'il est évidemment catastrophé par la perspective d'un accord sur la base de ce dont
02:30on parle depuis tout à l'heure
02:31qui serait une catastrophe pour lui.
02:33Et donc dans ce communiqué, il dit deux choses qui sont très claires.
02:37Encore une fois, sous couvert d'être aligné avec la position de Donald Trump,
02:41il dit qu'il y a deux choses qui ne sont pas négociables pour Israël.
02:45C'est la destruction complète et définitive de l'arsenal nucléaire iranien
02:51et la destruction complète et définitive de l'arsenal iranien.
02:54Ce n'est pas seulement l'uranium enrichi, c'est les infrastructures, c'est les centrifugeuses,
02:58c'est tout ce qui permet d'enrichir cet uranium.
03:02Donc ça, c'est le point 1.
03:04Et le point 2, c'est évidemment ce qui se passe au Liban et ce qui pourrait s'y passer,
03:09puisque ce qu'il nous expliquait depuis le début, c'est que cet accord global de cesser le feu
03:14dans ce premier accord cadre qui ouvre cette période de 60 jours,
03:18il couvre l'ensemble des terrains de conflit.
03:21Donc ce qui se passe au Liban et qui oppose Israël avec le Hezbollah.
03:25Donc, en gros, ce que nous dit Benyamin Netanyahou, c'est très bien, j'accepte le principe,
03:31je mets un petit astérisque qui est renvoi en bas de la page et qui dit,
03:34sauf si Israël est menacé et se considère comme étant en situation légitime défense,
03:39dans quel cas, naturellement, je m'autorise à aller taper et à poursuivre le conflit.
03:45Donc, encore une fois, sur ces deux sujets de fond,
03:47le nucléaire iranien, ce qu'on pourrait appeler en quelque sorte la chasse gardée israélienne
03:54vis-à-vis du Hezbollah et du Liban,
03:57aucune concession n'est envisageable de la part de Benyamin Netanyahou.
04:00Regardez ce photomontage, justement, que Benyamin Netanyahou a posté aujourd'hui sur les réseaux sociaux.
04:06L'Iran n'aura jamais l'arme nucléaire.
04:09Il a mis évidemment Donald Trump sur la photo.
04:11Oui, alors il n'a pas seulement mis Donald Trump.
04:14Regardez un peu la manière dont cette image est construite.
04:16Et c'est mis devant Donald Trump, c'est ça ?
04:18Oui, non, mais...
04:19Moi, ce qui m'a frappé, il est devant Donald Trump.
04:21Oui, enfin, il y a deux choses.
04:22C'est-à-dire, d'abord, moi, je les vois plutôt sur un pied d'égalité,
04:25mais au fond, peu importe, mais il reprend le code de communication de Donald Trump.
04:29Absolument.
04:30Il communique à la manière de Donald Trump pour délivrer un message
04:33dont il sait que, formulé de cette manière-là, il conviendra à Donald Trump,
04:37puisque Donald Trump lui-même ne cesse de répéter que l'objectif principal de cette guerre,
04:43c'est de priver définitivement l'Iran de toute perspective de se doter de l'arme nucléaire.
04:49Donc, il affirme le fait qu'il soit côte à côte, ensemble, parfaitement aligné sur ce sujet,
04:57ce qui ne correspond pas nécessairement à la réelle.
04:59Guillaume Ancel, c'est un moyen de faire pression sur Donald Trump,
05:02de lui dire « ne lâche pas en race campagne, sur la route d'un accord ».
05:06Il faut se rappeler que Benjamin Netanyahou, il prépare aussi ses propres élections.
05:09Et donc, il n'est pas encore en campagne, mais finalement, un peu comme Donald Trump,
05:13en train de se dire « à la fin de l'année, l'élection anticipée ».
05:15Et donc, comment est-ce que je vais me sortir de ce mauvais pas ?
05:18Il pouvait présenter comme une forme de bénéfice incroyable vis-à-vis de sa politique
05:23le fait que Donald Trump ait lancé cette offensive contre l'Iran.
05:26Après, soyons raisonnables, ce n'est pas Benjamin Netanyahou qui en a décidé,
05:29c'est le président des États-Unis, il n'y a que lui qui pouvait faire ça.
05:32Mais si le président des États-Unis se replie sans obtenir d'accord,
05:36c'est un véritable échec pour Benjamin Netanyahou.
05:43Parce que cette guerre n'était justifiée que par ça.
05:46Et par conséquent, s'il n'obtient rien sur le nucléaire,
05:48c'est une guerre pour rien qui, en plus, a abîmé la relation avec les Américains.
05:53On sait qu'il y a une partie importante de l'électorat américain
05:57qui ne comprend pas cet engagement, qui a coûté des dizaines de milliards de dollars.
06:01Et si elle n'aboutit à rien, ils se diront « mais on est fou, quelque part,
06:04on agit comme si on était un proxy d'Israël ».
06:07Et puis par ailleurs, il y a les pays du Golfe,
06:09qui eux s'estiment très entamés économiquement par cette guerre,
06:13et qui par conséquent regardent Benjamin Netanyahou comme un va-t'en-guerre
06:17qui fout la merde partout où il arrive, et qui ne vit que de la guerre.
06:20Donc Benjamin Netanyahou joue gros, et au fond, en se mettant en parallèle avec Donald Trump,
06:27il montre que c'est normal d'avoir lancé ce conflit.
06:31– Thierry Arnaud, on parlait de ces élections législatives
06:33qui attendent Benjamin Netanyahou, alors ça devait être fin de l'année,
06:36ça a été anticipé fin août, est-ce qu'il peut survivre politiquement ?
06:39– Il peut, alors d'abord, il faut toujours être prudent
06:43pour annoncer la mort politique de Benjamin Netanyahou,
06:46parce que c'est quand même le…
06:46– Oui, ça c'est vrai, quand on sait combien de fois il est revenu, bien sûr.
06:49– Depuis quelques décennies, c'est quand même le…
06:52– C'est vrai qu'on n'est jamais mort en politique.
06:53– Le survivant ultime, celui qui a vraiment une capacité à rebondir
06:57et à s'accrocher au pouvoir et à y revenir lorsqu'il en a été écarté,
07:02qui maîtrise parfaitement l'équation de la politique israélienne,
07:06qui est quand même un jeu extraordinairement complexe,
07:09s'il est là depuis si longtemps, s'il a été aussi l'entrepreneur ministre,
07:14c'est quand même pas par hasard.
07:16Cela étant posé, évidemment, au moment où on se parle,
07:21il est en train de voir s'éloigner ce qu'il a vendu aux Israéliens,
07:27si je puis m'exprimer ainsi, comme étant l'œuvre historique
07:34qu'il est en train d'accomplir, c'est-à-dire débarrasser,
07:38pardon pour la formule familière, Israël du problème palestinien,
07:45débarrasser Israël de la menace iranienne,
07:48y compris avec ses mandataires particuliers, le Hezbollah au Liban,
07:52et de manière définitive.
07:55C'est ça qu'il avait entrevue avec ce conflit
08:00dans l'association qu'il a avec le président américain.
08:05Donc si, au moment où on se parle, à Gaza, qui est en ruine,
08:11le Hamas est toujours là, malgré tout, considérablement affaibli,
08:14mais il est toujours là.
08:16Le Hezbollah résiste, et l'Iran, le régime iranien, est toujours en place.
08:22– Il y a Beharacet qui est tombé, et ça, c'est pas négligeable.
08:25– Oui.
08:26– C'est un des gains quand même.
08:29– Gaza, pour reprendre ce que disait Thierry Arnaud,
08:31c'était quand même deux ans de guerre sur 365 km²,
08:35c'est 1500 assauts terrestres, 25 000 frappes,
08:38le résultat, c'est que le Hamas est toujours là.
08:41– Bien affaibli, mais toujours là.
08:42– Mais il est toujours là.
08:43Et donc, c'est quand même compliqué.
08:45Donc le bilan de Netanyahou, je ne suis pas sûre qu'il soit aussi,
08:49enfin bon, dans la tête d'Isis israélien au bout d'un moment,
08:51je ne suis pas sûre qu'au moment de voter, on verra.
08:55– Alors, Thierry, vous évoquiez justement le Liban
08:57et la question du Hezbollah.
08:59D'après l'agence de presse iranienne Tasnim,
09:01l'accord, en tout cas les prémices de cet accord,
09:04comporterait un point qui stipulerait la fin de la guerre
09:06sur tous les fronts, y compris au Liban.
09:09On vous retrouve justement à Beyrouth, Elise Phillips,
09:11alors qu'Israël continue de multiplier les raies sur le sud du pays.
09:14Les Libanais, eux, redoutent d'être les grands laissés pour compte de cet accord.
09:20– Exactement, en fait, une bonne partie de la population ici
09:23a l'impression que sa voix n'est pas entendue
09:25et que son avenir est décidé par d'autres quels,
09:28pour preuve, les déclarations du jour qui vont plutôt
09:31dans le sens d'une poursuite des combats ici au Liban.
09:35La première déclaration, c'est celle du Premier ministre israélien,
09:38Benjamin Netanyahou, qui a affirmé tout à l'heure
09:40que Donald Trump lui aurait assuré qu'Israël pourrait continuer
09:43à se défendre partout où cela serait nécessaire,
09:46y compris au Liban, sous titre, le Liban pourrait ne pas faire partie
09:50d'un accord, même si c'est exigé par l'Iran,
09:52parce qu'Israël souhaite continuer ses opérations
09:55et estime qu'elle n'a pas fini le travail.
09:56Et puis ici, beaucoup de Libanais sont aussi suspendus
09:59à une autre voie qui compte beaucoup, c'est celle du Hezbollah,
10:02la milice chiite très puissante, parfois plus puissante
10:05que l'État libanais sur certains sujets.
10:06Et tout à l'heure, le chef du Hezbollah, Naïm Kassem, a expliqué
10:09vouloir un accord, mais seulement s'il inclut un cessez-le-feu total.
10:13Et si ce n'est pas le cas, dans l'attente, le Hezbollah continuera
10:16ses attaques sur les soldats israéliens dans le sud du Liban.
10:20Donc pour l'instant, pas d'arrêt des combats.
10:22Et puis il y a un dernier problème, si on peut dire,
10:25c'est que la guerre a accentué les divisions au sein de la société libanaise
10:28entre une partie de la population qui est plutôt favorable au Hezbollah,
10:32favorable à la résistance, comme on dit ici,
10:36qui voudrait plutôt conclure un accord avec Israël
10:39pour apaiser la situation.
10:41Mais pour l'instant, un accord, on en est encore loin,
10:43malgré les prochaines discussions qui vont se dérouler
10:46à partir de la semaine prochaine.
10:47Élise Phillips en direct de Beyrouth avec Théo Touché.
10:50Merci à tous les deux.
10:51Et au moment où Élise fait son direct,
10:54on apprend ce post-sur-X de Marco Rubio
10:57qui nous dit que les États-Unis se tiennent fermement
11:00aux côtés du gouvernement légitime du Liban
11:02alors qu'il travaille à restaurer son autorité
11:04et à bâtir un avenir meilleur pour tous ses citoyens.
11:06Les menaces de violence et de renversement de la part du Hezbollah
11:09ne seront pas tolérées pour réussir.
11:11L'ère au cours de laquelle un groupe terroriste
11:13tenait une nation entière en otage, touche à sa fin.
11:15Thierry, c'est la deuxième communication,
11:17puisque cet après-midi, les États-Unis condamnaient
11:19les déclarations du chef du Hezbollah,
11:20qu'on va entendre dans un instant,
11:22qui cherchent, disaient les États-Unis,
11:23à replonger le Liban dans le chaos.
11:25– Oui, effectivement, et il considère,
11:29effectivement, dans une déclaration
11:32qui avait été publiée un peu plus tôt,
11:33le secrétaire d'État américain,
11:35officiel cette fois du département d'État,
11:37que le Hezbollah, en réalité,
11:38cherche à complètement prendre le pouvoir au Liban
11:41et à renverser le gouvernement du pays.
11:44Donc, cette prise d'opposition,
11:47elle doit aussi se comprendre
11:48dans le contexte qu'on évoquait il y a un instant,
11:50Anne, bien sûr,
11:51c'est-à-dire qu'elle est aussi destinée
11:53à rassurer Israël, d'une certaine façon,
11:56et à lui donner des garanties
11:59sur le fait que le résultat d'un possible accord
12:03entre l'Iran et les États-Unis
12:04ne peut pas être une carte blanche laissée au Hezbollah
12:09pour continuer à développer son influence politique,
12:13pour se refaire, si j'ose dire, militairement
12:15après l'assaut israélien ces dernières semaines,
12:18pour aller jusqu'à renverser le gouvernement.
12:21De la même manière,
12:23il y a une autre information
12:25qui est assez intéressante
12:26et qui n'a pas été beaucoup évoquée,
12:27c'est qu'à l'occasion de la conversation hier
12:30de Donald Trump
12:31avec les responsables des pays du Golfe,
12:34dans lesquels il expliquait
12:37la voie qui pouvait conduire
12:38à un accord avec l'Iran,
12:41et il avait comme interlocuteur en face de lui
12:43des pays du Golfe
12:44qui le priaient instantanément
12:46pour ne pas dire...
12:47S'il vous plaît, arrêtez la guerre.
12:48Il le suppliait de ne pas reprendre les combats.
12:51Et en gros,
12:52Donald Trump aurait dit à ces pays à ce moment-là,
12:54OK, mais en contrepartie,
12:56il faut vous vous préparer
12:57à reconnaître l'État d'Israël.
13:00Et notamment, par conséquent,
13:02à vous associer à votre tour,
13:04pour ceux qui ne l'ont pas encore fait,
13:06aux accords d'Abraham.
13:07Donc on voit bien l'idée que...
13:09C'est ce qu'a répété aussi l'Instagram.
13:11Aujourd'hui, ils disent que ça serait justement,
13:13si on arrivait à un accord,
13:14il enjoint ces pays à venir dans ces accords d'Abraham.
13:18Donc l'idée, c'est d'essayer de trouver des messages
13:22et des modalités
13:25qui permettent de faire avaler cet accord
13:28entre l'Iran et les États-Unis
13:29à Benyamin Netanyahou.
13:30Alors, Anne a évoqué, pardon Guillaume,
13:32dans la parole juste après,
13:33Anne évoquait justement le chef du Hezbollah,
13:34Naïm Kassem,
13:35qui, figurez-vous que lui aussi,
13:36il aimerait bien qu'un accord soit conclu
13:37entre l'Iran et les États-Unis,
13:38sauf qu'il espère en faire partie de cet accord.
13:42Rien de mon sûr,
13:42il s'est exprimé à la télévision iranienne.
13:44Écoutez-le.
13:46Si Dieu le veut,
13:47cet accord sera finalisé.
13:48Certains signes laissent présager qu'il sera conclu.
13:53En conséquence,
13:53nous aussi ferons partie de ceux
13:55qui seront inclus dans cet accord.
13:58Un accord de cessation complète des hostilités.
14:05Comment on sort, Guillaume, de cette impasse ?
14:07On a d'un côté l'Iran qui en fait quasiment une ligne rouge,
14:11Marco Rubio aussi,
14:12on vient de le voir encore ce soir.
14:13Il faut comprendre que le conflit,
14:15en particulier dans le sud-Liban,
14:16mais qui en fait embrasse l'essentiel du Liban
14:18entre le Hezbollah et Israël,
14:21est totalement lié à l'Iran.
14:24Le Hezbollah ne cesse de dire
14:26qu'ils ont le soutien de l'Iran,
14:27et d'ailleurs, sans le soutien de l'Iran,
14:28ils seraient incapables de faire quoi que ce soit.
14:30Et en même temps, le même chef du Hezbollah dit
14:33« En aucun cas, on peut nous désarmer,
14:35sinon le Hezbollah va disparaître. »
14:37Le désarmement, c'est l'anéantissement, disait-il.
14:40Pardon, mais en termes militaires,
14:42je parle du Hezbollah,
14:43la partie militaire, bien sûr, pas la partie politique.
14:46Le Hezbollah est une milice de l'Iran,
14:48au service de l'Iran.
14:49Aujourd'hui, quotidiennement,
14:51ils provoquent Israël,
14:52alors qu'ils n'ont aucun moyen de menacer Israël,
14:55pour entretenir cette guerre,
14:57et Netanyahou se précipitent pour frapper le Liban,
15:00alors qu'un peu comme les Américains face aux Iraniens,
15:03ils savent très bien qu'il n'y a pas d'issue à leur bombardement.
15:06Ils ont essayé quatre fois de réduire le Hezbollah.
15:08Il n'y a aucune autre chance qu'une issue politique.
15:12Donc évidemment, ce qui est inquiétant pour Benyamin Netanyahou,
15:15c'est quelle sera la teneur de l'accord entre l'Iran et les États-Unis,
15:19parce que l'Iran pourra continuer à jouer sur le Hezbollah,
15:23ou est-ce qu'enfin il obtiendrait finalement que le gouvernement libanais,
15:27avec une aide internationale, il ne pourra jamais faire sans,
15:30puisse désarmer la milice du Hezbollah,
15:32dont je rappelle qu'elle est plus puissante que l'armée libanaise.
15:36Ah oui, c'est vrai.
15:38Et il y a encore beaucoup d'imbrications aussi entre,
15:41on en parlait de l'Iran et le Hezbollah,
15:43mais en matière d'armement.
15:46Il y a des médias américains qui le disaient encore cette semaine,
15:47il y a encore des armes qui parviennent au Hezbollah.
15:50Ça ne s'est jamais arrêté.
15:51Oui, même si c'est beaucoup plus difficile avec la chute de Bachar Assad
15:55qui a rompu la continuité territoriale de ce qu'on appelle,
15:58un peu de manière rapide, l'arc chiite.
16:01Et là aussi, au début de la confrontation entre l'Iran et les États-Unis,
16:06le bombardement des avions ravitailleurs iraniens
16:10qui étaient spécialisés dans la livraison d'armes au outil au Hezbollah,
16:14il y a quand même toujours cette possibilité.
16:16La disproportion est énorme.
16:19La minorité chiite, c'est un million, un million et demi de Libanais,
16:24tandis que l'Iran, c'est 92 millions d'habitants.
16:26Donc il y a une capacité à ravitailler,
16:28même avec des moyens qui sont un petit peu improvisés,
16:31qui demeurent dans ce conflit.
16:34Et là, le Hezbollah le dit très clairement,
16:39il faut que l'accord soit global,
16:41parce que c'est la seule manière de rééquilibrer.
16:44Il y avait un début de défaite sur le front du Liban Sud pour le Hezbollah,
16:49et en étant inclus dans un accord où les Iraniens ont réussi à causer
16:53des dommages très importants à tous leurs voisins,
16:56eh bien il y a cette capacité à passer à travers le fameux trou de souris
17:01et se préserver pour des conflits futurs.
17:06Alors est-ce que ça sera tenable ?
17:08Est-ce que l'État libanais parviendra à reprendre le contrôle de son propre pays ?
17:13Est-ce que certains autres pays extérieurs,
17:16les États-Unis, des pays européens,
17:18vont pouvoir aider l'État libanais dans cette tâche ?
17:21C'est vraiment les questions qui sont en suspens.
17:25Général Sidos, est-ce qu'il cherche aussi peut-être à se rassurer le chef du Hezbollah
17:29en disant qu'on doit faire partie de cet accord ?
17:32On sait qu'il avait demandé il y a quelques jours
17:35une assurance de ne pas être abandonné par l'Iran.
17:37Est-ce que la perspective de cet accord entre les États-Unis et l'Iran
17:40fait craindre au Hezbollah peut-être d'être lâché un moment par Téhéran ?
17:43Ça c'est tout à fait possible, parce que le Hezbollah a quand même souffert.
17:46Entre les coups qu'ils ont subis avant le cessez le feu de 2024
17:49avec l'affaire des Bippers, c'était quand même pas mal ça.
17:51Et puis ce que fait l'armée israélienne qui méthodiquement
17:55neutralise les têtes commandantes ou pensantes de Hezbollah.
17:58Même si là encore, il est toujours là, le Hezbollah ?
18:00Oui, mais ils font quand même des dégâts.
18:02L'armée israélienne fait très mal au Hezbollah.
18:05Et le Hezbollah, quel que soit le conflit d'abord,
18:08au bout d'un moment, cherche un cessez le feu pour continuer à exister.
18:13Parce qu'au bout d'un moment, il a quand même besoin d'avoir des combattants,
18:17il a quand même besoin d'avoir des cadres.
18:18Et comme l'armée israélienne neutralise régulièrement et systématiquement,
18:23très souvent maladroitement, parce qu'ils étendent un petit peu la neutralisation
18:27à des gens qui ne sont quand même pas vraiment des combattants,
18:29mais ça c'est malheureusement la méthode de guerre israélienne.
18:33Oui, ils cherchent à se rassurer, ils cherchent à faire partie de l'accord.
18:36Alors ce qui est intéressant, moi je trouve, c'est les interventions de Marc Roubio.
18:39Ça c'est pas mal, c'est une bonne étape.
18:42Alors c'est sentimental de s'intéresser au Liban, certes néanmoins.
18:45Mais effectivement, il y a une solution, j'ai envie de vous proposer une solution très simple
18:48pour le sud-Liban.
18:50Les Libanais, pour qu'il n'y ait plus de résistance,
18:51puisque le problème du Hezbollah, c'est le parti de la résistance.
18:54Effectivement, un certain nombre de Libanais assument,
18:58puisque l'armée libanaise ne peut pas le faire,
19:00la résistance contre l'État d'Israël.
19:02Les Libanais veulent l'évacuation du territoire libanais par l'armée israélienne.
19:05Ça c'est clair, n'était précis.
19:06Il faut qu'il revienne derrière la ligne bleue tracée par l'ONU
19:11avec l'héritage du protectorat français.
19:14Et en fait, il y a besoin d'une force, pas de maintien de la paix,
19:17une force active.
19:19Mais quel genre de force si ce n'est pas une force de maintien de la paix ?
19:20Ce serait une division américaine.
19:22Une division américaine avec des contingents étrangers.
19:25Solide.
19:29Parfait.
19:29Vous avez fait ça.
19:31Oui, c'est ça.
19:32Ça met l'ambiance.
19:33La finit n'était pas solide.
19:35Des contingents solides, des Français, des...
19:37Les Anglais ne sont pas très fanables.
19:38Des Français, des Italiens, des Espagnols.
19:41Vous avez été surpris, je pensais que vous alliez développer un petit peu.
19:44Oui, je l'ai développé.
19:45Voilà, j'ai voulu faire un effet.
19:46Mais non, parce que l'ONU, qui a été mise en place en 2006,
19:50qui était très solide, l'ONU de 2006 a vraiment une belle mission.
19:53On y croyait.
19:54Il y a même un général français qui s'est dit,
19:55avec mes chers Leclerc et avec mes canons de 155,
19:58je vais vous régler le problème du Hezbo là.
20:00Et puis après, bon, ça tombe un petit peu en quenouille, cette affaire-là,
20:03parce que l'ONU vivote, etc.
20:05Et l'ONU peut tenir la mission quand le Hezbo là n'est pas trop actif.
20:09Ça, c'est une réalité, c'est comme ça.
20:11Là, l'armée américaine ne se laisserait pas faire.
20:13Une division américaine avec un mandat.
20:15Mais d'ailleurs, ils voulaient l'assumer.
20:16Il y a deux ans, quand il y a eu le comité du cessez-le-feu,
20:19on a mis un général américain.
20:20Bon, donc c'était une première étape.
20:22Et en fait, le règlement du Sud-Liban, c'est étape par étape.
20:26Et c'est pour ça que je parle d'une division américaine
20:28qui serait sous mandat, de ce que l'on veut,
20:30avec des contingents étrangers pour que les Américains ne soient pas seuls
20:33et qui assume la mission avec l'armée libanaise
20:35pour rétablir le pouvoir de l'armée libanaise
20:38et du gouvernement libanais au Sud-Liban.
20:40Mais il faut une armée quand même sérieuse, solide et qui croit à sa mission.
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