00:00Tech & Co, la quotidienne, la start-up.
00:04Arnaud Masson est avec nous, bonsoir Arnaud.
00:07Bonsoir François.
00:07Vous êtes le CEO d'Osmos X.
00:10Vous vous implantez à Toulouse pour construire un vaisseau orbital à propulsion plasma.
00:16On a l'impression que c'est le début d'une série télé ou d'un film, c'est incroyable
00:21ce que vous êtes en train de faire.
00:23Plus sérieusement, vous êtes une start-up française du New Space qui a été fondée en 2022
00:27et vous travaillez sur un sujet, alors qu'il faut bien expliquer parce que c'est quand même assez abstrait
00:33et compliqué,
00:34c'est la mobilité orbitale, c'est ça ?
00:36C'est exactement ça.
00:37On va en fait concevoir, on fabrique et on va opérer des véhicules spatiaux
00:42qui vont avoir des missions extrêmement variées et qui vont permettre d'agir dans l'espace.
00:46Un satellite aujourd'hui, il a sa mission, son orbite, il va faire ça toute sa vie.
00:50Aujourd'hui, l'espace devient mobile, réactif.
00:53On a besoin d'agir dans l'espace et donc de véhicules spatiaux.
00:57Alors, ces véhicules spatiaux sont là pour quoi ?
01:00C'est pour de la maintenance, pour réparer les satellites quand ils sont en orbite,
01:05pour aller chercher, je ne sais pas moi, des cosmonautes qui sont bloqués dans un ISS ou autre.
01:11Ça sert à quoi en fait ?
01:12On pourrait.
01:13Pour transporter par exemple de la marchandise d'un point à un point B dans l'espace ?
01:16Alors, c'est un peu plus ça.
01:18On va avoir trois missions principales qu'on a déterminées chez Osmos X.
01:21Une première, c'est la montée en orbite.
01:23Il faut savoir qu'un satellite peut monter en orbite à partir de son lancement.
01:27Quand le lanceur l'a relâché, il va monter avec son propre moteur jusqu'à des orbites qui peuvent être
01:31très élevées.
01:32La géostationnaire est à 36 000 kilomètres.
01:34Il y a beaucoup de chemin à parcourir.
01:36Et on va nous proposer de le faire à sa place.
01:38De cette façon-là, il va faire des économies.
01:40Il va aller plus vite jusqu'à son orbite finale.
01:43On va pouvoir faire d'autres...
01:44Il va garder des réserves pour l'avenir en fait, c'est ça ?
01:47Exactement.
01:48Et sur ces satellites existants, on va également faire des missions qui vont leur permettre d'économiser du carburant.
01:53Et donc de durer plus longtemps.
01:54Et ça c'est important pour des géostationnaires de télévision qui sont très rémunérateurs.
01:58La fin de vie est un problème si on peut la prolonger.
02:01C'est très intéressant économiquement.
02:03Après, il reste à savoir si la télévision va continuer longtemps comme ça.
02:06Oui, mais il y a beaucoup encore de géostationnaires de télévision qui veulent prolonger avant effectivement de migrer sur des
02:12constellations plus larges.
02:13Mais prenons l'exemple justement de ce satellite qui devrait être en orbite haute à 36 000 kilomètres d'altitude.
02:20Comment vous l'aidez en fait à monter ?
02:22Vous êtes dans la fusée ?
02:24Parce qu'il faut que ça parte d'une fusée, on est d'accord ?
02:26C'est ça.
02:26En fait, on est soit à la première mission dans la fusée, soit ensuite disponible dans l'espace
02:32pour aller « cueillir » un satellite qui sort de son lanceur.
02:35On va faire de l'arrimage, on va s'arrimer à ce satellite.
02:37Et après, paf, vous le propulsez ?
02:39Exactement.
02:39Vous êtes un deuxième moteur finalement ?
02:41On est un deuxième moteur, un dernier étage de fusée, un camion de l'espace si vous voulez.
02:45On fait du transport une fois que le satellite est sorti du lanceur.
02:48Bon, et après, quand vous êtes là-haut à 36 000 kilomètres, vous dites « ok, le satellite, j'ai
02:52mis à l'endroit où il fallait ».
02:53Qu'est-ce qui se passe ?
02:54Après, on peut faire des allers-retours parce qu'on a la particularité d'avoir une technologie très peu consommante.
03:00On utilise une technologie héritée du monde terrestre qui a un background d'à peu près 35 ans d'expérience.
03:06Et finalement, on spatialise cette technologie pour propulser notre véhicule avec une caractéristique, c'est qu'on consomme très très
03:13peu de gaz.
03:14Donc ce véhicule va être capable de faire beaucoup de missions, trois fois plus que la motorisation qu'on peut
03:18trouver sur le marché aujourd'hui.
03:20Et donc on va pouvoir faire beaucoup de missions, réduire le coût par mission de ce fait.
03:24Donc les autres missions, on va pouvoir, une fois qu'on est sur l'arc géostationnaire, faire de la correction
03:29d'orbite sur les autres géostationnaires,
03:31pousser des satellites jusqu'en orbite cimetière lorsqu'ils sont en fin de vie,
03:35ou déplacer un satellite qui souhaite changer de position orbitale, des opérateurs sont intéressés sur ce type de mission,
03:41là encore, pour éviter de consommer le carburant du satellite.
03:44On a aussi des missions qui n'ont rien à voir avec le transport, l'inspection visuelle.
03:47C'est un marché très important, les opérateurs civils aiment bien savoir ce qui se passe sur leurs satellites,
03:52les assureurs aussi en cas de problème et de panne.
03:55Et puis on a des missions gouvernementales.
03:56C'est-à-dire que votre engin, je ne sais pas à quoi il ressemblera, il a déjà une forme
04:02?
04:02Il est là ?
04:03Il est là, alors là il est en train de tourner, mais je crois que c'est une image, c
04:06'est la première conception qu'on a de faire.
04:07Ça ressemble à quoi finalement ?
04:09C'est une espèce de cylindre, c'est un hexagone un peu allongé.
04:13D'accord.
04:13Voilà, il est ici à l'écran, et on a des panneaux solaires d'une taille importante.
04:17Ça ressemble à un satellite quand même ?
04:18Ça ressemble à un satellite.
04:19D'accord.
04:20Et ça se met derrière.
04:24Tout à l'heure je parlais de propulsion plasma, c'est justement cette nouvelle génération de carburant qui vous permet
04:29de consommer peu, c'est ça ?
04:31Alors c'est un carburant classique, mais c'est une technologie tout à fait nouvelle.
04:34Ce n'est pas nouveau au niveau terrestre parce que ça existe déjà.
04:37Nous on le spatialise, il y a très peu d'exemplaires de cette technologie dans l'espace aujourd'hui, et
04:41c'est une technologie qui consomme très peu.
04:42Alors c'est intéressant de consommer très peu, parce qu'on va pouvoir là encore réaliser beaucoup de missions.
04:47On va diviser par trois la consommation, c'est comme si il y avait une voiture qui au lieu de
04:51consommer 6 litres au 100, on va consommer 2 litres.
04:53Alors c'est important dans l'espace parce qu'une voiture encore peut s'arrêter fréquemment en une station service,
04:57mais il n'y a pas de station dans l'espace.
04:58Il n'y a pas de station totale là-haut.
04:59Et du coup la quantité de carburant et la consommation de votre moteur déterminent intégralement et mathématiquement la fin de
05:06vie de votre véhicule et le nombre de missions que vous pourrez réaliser.
05:08Le solaire n'est pas une bonne alternative pour recharger justement, pour se requinquer en énergie ?
05:14En fait il faut les deux. Il faut des panneaux solaires pour alimenter le moteur, et le moteur va éjecter
05:18un carburant qui est en réalité un gaz, dont la quantité est finie, déterminée.
05:22Et quand il n'y en a plus, il n'y en a plus, il n'y en a plus.
05:23Et le solaire ne suffit pas pour propulser tout ça.
05:28Tout à l'heure vous expliquiez, en prenant cet exemple justement de ce propulseur qui va emmener ce satellite à
05:3536 000 km d'altitude.
05:36Comment ça se passe ? Est-ce qu'il est piloté, télécommandé par un humain sur Terre, ou est-ce
05:42que c'est autonome ?
05:43Alors il y a plusieurs phases. Il y aura des phases automatiques, il y aura des phases humaines.
05:47La phase critique, c'est la phase d'arrimage.
05:50En fait il y a plusieurs étapes. Il y a l'approche, on va avoir ensuite l'approche de proximité,
05:55et ensuite l'arrimage.
05:56Alors on n'a pas encore déterminé la technologie, mais on est en train de sonder des fabricants qui proposent
06:00ce type de technologie,
06:02typiquement avec trois griffes qui vont les attraper, soit la tuyère du moteur pour un satellite existant,
06:07soit un anneau de lancement sur lequel est fixé le satellite lorsqu'il est lancé, et on va l'attraper
06:11avec trois griffes typiquement.
06:12C'est une des solutions de frais qu'on en a.
06:13Mais en fait il faut une stratégie aussi de standardisation, non ?
06:17Pour que tous les satellites puissent avoir, c'est un peu comme derrière une remorque, on a un système qui
06:24est standardisé finalement.
06:25L'agence spatiale européenne travaille sur une standardisation de ce qu'on appelle le docking, en effet.
06:30Ok, et aujourd'hui vous en êtes où en fait ? Parce que là on parle d'un futur qui
06:34est proche ou qui est éloigné ?
06:36Alors nous on veut absolument, notre plan c'est ce qu'on en a établi, être opérationnel avec notre première
06:41mission commerciale en 2021.
06:43On a déjà des attentes de clients qui nous sollicitent, on répond à un appel d'offres gouvernementales sur deux
06:48petits satellites qui souhaitent aller en géostationnaire,
06:51et on travaille conjointement avec deux fabricants français du New Space pour proposer le lancement, l'accompagnement en tout cas,
06:58le lancement de ces deux satellites géostationnaires.
07:00Donc là on reviendrait au scénario que vous évoquiez tout à l'heure, c'est-à-dire que le satellite
07:03serait lancé, et après vous vous chargeriez de le propulser à 36 minutes de l'altitude.
07:09Exactement, avant de faire la suite pour d'autres satellites qui seraient lancés par d'autres lanceurs.
07:13Il y a un point aussi intéressant, c'est qu'on permet à des fabricants de satellites d'être lancés
07:18par de nouveaux lanceurs.
07:20En fait des lanceurs plus petits, il y en a beaucoup en Europe, on a Maya Space, oui évidemment, PLD,
07:24RFR, on a beaucoup de latitude aussi à Reims.
07:27Tous ces lanceurs n'ont pas la capacité d'Ariane, ils ne peuvent pas aller jusqu'en géostationnaire.
07:31Oui, puisque comme vous prenez le relais plus tôt, finalement on n'est pas obligé d'avoir une grosse fusée
07:35pour propulser ce satellite.
07:37C'est exactement ça, et du coup pour un fabricant, il a une panoplie de lanceurs beaucoup plus importante, des
07:41dates de lancement beaucoup plus importantes, donc c'est beaucoup de bénéfices pour lui.
07:44Eh bien on souhaite bonne chance et plein de bonnes choses à Osmos X, vous en êtes le CEO Arnaud
07:52Masson, merci beaucoup d'être passé par le plateau Tech&Co, et on suivra votre première aventure, 2029 ?
07:582029.
07:59Vous reviendrez, c'est demain, 2029, c'est pour vous mettre un peu la pression quand même.
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