00:00Sud Radio, seul contre tous.
00:02Et il fallait bien pour ce seul contre tous que ce soit vous, Françoise Degoy, nous vous écoutons.
00:06Oui, écoutez, j'ai juste envie d'avoir une sorte de slogan, je ne sais pas comment mes petits camarades
00:10Samuel et Luc vont le prendre et les auditeurs,
00:13mais j'ai envie de lancer un grand slogan à un an de la présidentielle, ni Pigasse ni Bolloré, voilà.
00:19Je le dis parce que j'en ai assez, en réalité, je tape assez souvent sur Vincent Bolloré, sur la
00:25concentration,
00:27sur ce qu'il fait de ses médias, des médias qu'il rachète, des maisons d'édition qu'il rachète,
00:32etc.
00:32On ne va pas repolébiquer sur ce qu'ont fait les artistes et la tribune contre Vincent Bolloré.
00:37On en a débattu hier matin avec vous.
00:39Tout ce qu'il véhicule et qui continue d'ailleurs à faire beaucoup de bruit, tout ce qu'il véhicule,
00:46tout ce qu'il pousse,
00:48comment les médias ont poussé Jordan Bardella en 2024, comment ils ont poussé Éric Zemmour en 2022, etc.
00:55Mais chacun sait ce que je pense, mais je ne fais pas partie des gens non plus qui demandent la
00:59censure.
01:00Jamais vous ne m'entendez dire « je veux qu'on ferme ces news ».
01:02Je trouve ça insupportable et c'est totalement pas républicain.
01:05En revanche, je suis saturé déjà de Mathieu Pigasse.
01:09Je pense que la politique française, nous ne sommes pas aux Etats-Unis,
01:13la politique française ne peut pas se faire à travers un banquier qui répond à un autre banquier.
01:17Il y en a un qui est beaucoup plus riche que l'autre.
01:20Bolloré, c'est à peu près 10 milliards d'euros, ce qui reste quand même un petit milliard d'heures,
01:23par rapport à l'échelle mondiale.
01:25Ça, c'est déjà pas mal.
01:26Oui, c'est déjà pas mal, mais ce n'est pas beaucoup par rapport aux d'immenses fortunes françaises.
01:30Mais Mathieu Pigasse, c'est quelques millions d'euros.
01:33Banquier de...
01:34Banquier de...
01:34Beaucoup de millions d'euros.
01:35Oui, à voir.
01:37Ce n'est pas 3 millions.
01:38C'est 400, c'est 400.
01:40Voilà.
01:41Mathieu Pigasse, assez très opportuniste électoralement.
01:44Moi, je l'ai connu, il était chez Strauss-Kahn.
01:46Après, il était chez les Grecs.
01:47Après, il était chez Ségane Royale.
01:49Après, en fait, Emmanuel Macron a fait ce que Mathieu Pigasse n'a jamais osé faire et qu'il rêvait
01:54de faire,
01:54c'est-à-dire franchir le pas et être candidat.
01:57Aujourd'hui, il est à la tête d'une radio dont j'écoutais Nova pour la qualité de la musique.
02:02Je suis sidéré véritablement de la nature même des sketchs et de la nature de ce qu'il fait de
02:08l'audience.
02:09On frise l'antisémitisme 14 fois par jour.
02:12Maintenant, c'est vulgaire, etc.
02:13Il est parti dans une forme d'opportunisme électoral comme banquier de gauche qui irait en frontal contre le banquier
02:20d'extrême droite.
02:21Eh bien, l'un et l'autre ne conviennent absolument pas.
02:25Samuel Bauton.
02:26Vous auriez pu rajouter un troisième nom, François, ce qui est celui de Rodolphe Saadé,
02:30qui lui aussi incarne une grande galaxie média et qu'on veut...
02:34Alors, je rappelle qui c'est, c'est le patron du groupe de la CMACGM, BFM TV, RMC, etc.
02:39C'est pas des bons, c'est... Oui, j'ai compris ce que vous avez dit.
02:42Je le dis par honnêteté.
02:43C'est reprendre vraiment dans la logique médiatique que vous avez posée, ou effectivement...
02:46Ou alors Bernard Arnault aussi, alors, si vous y allez.
02:48On peut aussi aller sur le terrain de parlement, les échos...
02:50Oui, mais tout ça pour dire que c'est finalement les systèmes de contre-pouvoir que nous nous sommes choisis
02:55ou que nous avons choisis pour nous.
02:58Et alors là, vous posez une question qui est très délicate à dénouer, c'est-à-dire, jusqu'où va
03:02la liberté d'expression ?
03:04À mon sens, elle a forcément une limite, et pour être assez bateau dans la phrase, c'est là, c
03:09'est quand ça commence à empiéter sur celle des autres.
03:12Mais, fatalement, je me dis, bon, ok, les galaxies médias que nous avons en France sont celles-ci.
03:17Et malheureusement, on ne peut rien y faire.
03:19Alors après, ça ira au gré des rachats.
03:20On peut aussi citer Xavier Niel, qui a envie de faire une grande offensive médiatique, qui rêve d'une chaîne
03:24télé.
03:26Fatalement, je ne sais pas comment on peut lutter contre ça, parce qu'aujourd'hui, les médias sont des gouffres
03:30financiers.
03:30Je ne pense pas qu'il y en ait beaucoup qui arrivent à faire des bénéfices sur des médias.
03:35Peut-être, le groupe Soppress, c'est encore.
03:37Donc, problème insoluble.
03:39Et, effectivement, guerre de milliardaires.
03:41Avec un S, ils ne sont plus de deux.
03:43Et je pense que chacun, sur la campagne et l'un d'un qui arrive, auront leur mot à dire.
03:46Luc Gras.
03:46Cher Samuel, vous ne savez pas comment on peut lutter contre cela ?
03:49Moi, j'ai la solution.
03:50Je vous écoute.
03:51Elle s'appelle service public.
03:53Parce que, moi, je ne vois pas ce que des banquiers ou des grands chefs d'entreprises font dans les
03:58médias.
03:59Premier point.
03:59Deuxième point.
04:00La démocratie est une exigence.
04:02Alors, par honnêteté, je dis que nous appartenons également à un grand groupe qui s'appelle Finutial.
04:07Nous sommes de la branche Finutial Média.
04:08Je vous redonne la parole pour ne pas qu'on dise que j'ai éludé un sujet.
04:11Mais qu'on soit clair.
04:14Moi, je ne vois pas de problème à ce qu'un grand patron ou un grand banquier ait une télé
04:19ou une radio, etc.
04:20Ce n'est pas là le sujet.
04:21Le sujet, c'est le pluralisme.
04:23Si vous avez une chaîne de gauche qui martèle toute la journée de manière éhontée des choses vulgaires, etc.
04:31Comme Radio Nova, et que vous avez le penchant à droite d'une télé qui vous martèle tout le temps
04:38que tout est foutu, que la France est foutue, etc.
04:41On voit bien que ce n'est pas de l'information.
04:42C'est du bourrage de crâne.
04:43Il y a un petit marteau.
04:45On tape, on tape, ça finit par rentrer dans la tête des gens.
04:48C'est pourquoi un service public allégé, pluraliste et objectif, c'est une nécessité dans une démocratie.
04:55Parce que la démocratie, c'est une exigence.
04:57Si vous n'avez pas ça, alors vous avez un univers médiatique qui fait le buzz.
05:02Or, vous faites comment le buzz ?
05:03Par la méchanceté, par la violence et par, finalement, le simplisme.
05:09Et c'est ça.
05:10Et c'est le problème du privé, c'est que ça peut aller très vite vers quelque chose qui est
05:14unilatéral pour faire de l'argent.
05:16C'est normal, pour rentabiliser.
05:18Si vous êtes banquier ou si vous êtes chef d'entreprise, vous voulez que ça marche.
05:21Par contre, le service public devrait être à l'abri de cela.
05:24Et là, on devrait mettre le curseur beaucoup plus haut dans les exigences du service public, mais certainement pas y
05:29renoncer.
05:29Je ne suis pas d'accord.
05:30Ah oui, il ne faut pas renoncer.
05:31Même Georges Améloni n'a pas osé faire la proposition que fait le Rassemblement National.
05:35Je privatiserai le service public.
05:37Georges Améloni l'avait un peu promis dans la campagne, et puis elle s'est vite arrêtée.
05:40Je n'ai pas juré beaucoup de candidats pour reprendre la machine.
05:42Non, et puis surtout, c'est une machine absolument somptueuse.
05:45Enfin, Samuel, vous n'imaginez pas ?
05:46Elle est magnifique.
05:47C'est magnifique.
05:48Je suis l'enfant du service public, donc elle est sublime, la machine.
05:52Franchement, elle est à tomber par terre, cette machine, notamment en radio.
05:56Mais une chose que je voulais dire, je ne suis pas tout à fait d'accord avec vous, Luc.
06:00Bien sûr que le service public, moi je pense que des banquiers, des industriels,
06:05elles peuvent pour ceux qui disent les médias.
06:07Mais le problème n'est pas ça, le problème c'est la concentration.
06:10Je pense qu'il fallait fixer des limites.
06:12Et si nous avons raté, il le sait très bien, Samuel,
06:14si nous avons raté quelque chose dans le grand qu'il y en a de François Hollande,
06:17parce qu'il n'a pas tout raté, il a réussi aussi les choses.
06:20Mais si nous avons raté la loi anti-concentration.
06:23Aujourd'hui, pourquoi je parlais de Bolloré ?
06:25Pourquoi je parlais de Bolloré et de Pigasse ?
06:27Pourquoi je mettais les deux en face à face ?
06:29Parce que les autres comptent, bien sûr,
06:31mais eux ont choisi cette espèce de choc frontal.
06:34Le banquier de gauche, supposément gentil,
06:37contre le banquier d'extrait contre...
06:38Un monde d'austorité libre.
06:39Donc c'est n'importe quoi.
06:40Mais je pense que notre problème, c'est la concentration.
06:43Je ne sais pas ce que vous en pensez.
06:43Mais il y a des lois qui sont la concentration.
06:45Non, elles ne sont pas assez rudes.
06:47Sinon, il n'y aurait pas pu...
06:49Des médias auraient été laissés sur le carreau.
06:53Merci beaucoup, Françoise de Gois.
06:55Merci, Luc Gras.
06:56Merci, Samuel Botton.
06:58On se retrouve dans quelques instants,
07:00juste avant le Blond Flavio,
07:02dans la Freccia Rosa,
07:03entre Lyon et Paris,
07:06avec Cécile de Ménibus,
07:07qui va aller prendre l'avis des voyageurs.
07:10Je suis certain que beaucoup vont dire du mal de Françoise de Gois.
07:13Je ne dis ça, je ne dis rien.
07:14On se retrouve dans quelques instants.
07:17Mais qui les bêtes ?
07:1717h20, les vraies voix Sud Radio.
07:20Sud Radio.
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