- il y a 6 heures
Regardez Les auditeurs ont la parole avec Amandine Bégot du 19 mai 2026.
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00:0312h30, 14h, RTL midi, les auditeurs ont la parole, avec Amandine Bégaud.
00:09Et à la une aujourd'hui, la mobilisation des personnels du périscolaire manifestation cet après-midi à Paris
00:16pour dénoncer la suspension systématique des animateurs mis en cause.
00:20On peut bien sûr y revenir avec vous dans les auditeurs ont la parole,
00:24si vous êtes parents, grands-parents aussi, que des cas de violences dans le périscolaire ont eu lieu dans l
00:34'école de vos enfants ou de vos petits-enfants,
00:36appelez-nous 3210 et puis peu largement dites-nous aussi bien sûr si ces affaires vous inquiètent ou pas.
00:43Dans l'actualité également, le projet de loi d'urgence agricole qui arrive aujourd'hui à l'Assemblée nationale.
00:48C'était une promesse du Premier ministre Sébastien Lecornu pendant la dernière mobilisation des agriculteurs.
00:56Vladimir Poutine, lui, est attendu en Chine en fin de journée.
00:59Il doit rencontrer le président Xi Jinping, son bon ami de longue date.
01:04C'est comme ça qu'il l'appelle la semaine dernière, vous vous souvenez ?
01:06C'est Donald Trump qui était en Chine.
01:09Et puis on peut revenir aussi sur ce chiffre, moi qui m'a vraiment surprise.
01:1316% des Français qui indiquent avoir utilisé l'IA, l'intelligence artificielle, pour faire leur choix lors des dernières
01:19municipales.
01:20Pour faire donc leur choix, pour qui voter ?
01:23Est-ce que vous, ça vous surprend ?
01:24Est-ce que vous avez consulté l'intelligence artificielle pour vous faire une idée justement de votre vote ?
01:29Vous nous appelez au 30 des 10 et plus largement.
01:31Dites-nous si vous faites appel à l'IA avant de choisir quoi que ce soit, que ce soit de
01:36la politique ou pas.
01:38La météo avec vous, Anthony Cazmarec.
01:41Donc encore un temps agité aujourd'hui et demain ça s'améliore doucement.
01:46Oui, tout doucement, notamment sur la moitié sud.
01:48C'est là que l'amélioration sera la plus franche demain.
01:51Alors au lever du jour, ce sera déjà du plein soleil sur les Pyrénées ainsi que dans le quart sud
01:55-est en remontant jusqu'aux Alpes.
01:57Partout ailleurs, le début de journée sera encore très gris et il restera même quelques pluies près des côtes de
02:02la Manche, au nord de la Seine et dans le nord-est.
02:04Demain après-midi, beaucoup de soleil dans toute la moitié sud, au sud d'une ligne La Rochelle-Besançon.
02:10Sur la moitié nord, passages nuageux alterneront avec de belles éclaircies et il restera quand même demain un tout petit
02:16risque d'averse.
02:17Les dernières dans l'après-midi donc entre l'Ile-de-France et le nord-est.
02:21Mais les températures demain vont continuer à grimper.
02:24Dans l'après-midi, entre 17 et 22 sur la moitié nord.
02:2720 degrés à Paris, 18 à Lille.
02:29On sera autour des normales de saison.
02:31Et puis au sud, 20 à 28 degrés, 24 à Lyon et à Biarritz, 26 à Avignon, 28 à Nîmes.
02:37Là, on sera quasiment dans des niveaux estivaux.
02:40Et jeudi, là c'est l'été pour tout le monde.
02:42Jeudi, c'est la bascule brutale vers l'été.
02:44Du plein soleil pour tout le monde.
02:46Et puis l'après-midi de la chaleur, 25 degrés de moyenne au nord, 27 degrés au sud.
02:51On fera encore plus chaud vendredi puisque les 30 degrés remonteront jusqu'à la Bretagne.
02:56Des pointes à 33, 34 degrés potentiellement dans le quart sud-ouest.
03:00Beaucoup de soleil.
03:01Je vous parlais hier d'une tendance orageuse pour le week-end.
03:04A priori, ces orages pourraient concerner uniquement la côte atlantique.
03:07Ailleurs, ça restera ensoleillé avec 27 à 30 degrés en moyenne du nord au sud.
03:12Donc des valeurs que l'on dépassera.
03:14Et cette tendance sèche et très chaude semble vouloir se maintenir au moins jusqu'à mardi prochain.
03:19Donc on part pour 7 jours secs et chauds.
03:22Merci beaucoup Anthony.
03:23Je vous en prie.
03:2413h04.
03:25Jusqu'à 14h
03:27Les auditeurs ont la parole.
03:29Amandine Bégaud sur RTL
03:32J'ai travaillé en milieu scolaire, c'est-à-dire j'ai fait cantine scolaire, ménage scolaire.
03:39Et on nous demande un casier judiciaire pierge.
03:42Donc d'où vient cette polémique de pédophilie ?
03:47Et on parle donc de ces scandales qui touchent le périscolaire.
03:51On a beaucoup parlé de Paris, mais cela concerne toutes les régions.
03:55En tout cas, aucune région n'est épargnée.
03:58On va en parler avec Elisabeth Gutmann.
04:00Bonjour Elisabeth.
04:02Bonjour.
04:02Co-fondatrice du collectif SOS Périscolaire.
04:06On va bien sûr donner la parole dans un instant aux auditeurs.
04:09Mais vous nous confirmez, ça ne concerne pas que Paris ?
04:12Non, bien sûr.
04:13Bien sûr, ça concerne l'ensemble du territoire français.
04:15Et nous, depuis 2021, on a récolté à peu près 600 signalements sur l'ensemble de la France
04:20pour des violences au spectre large, violences physiques, psychologiques et sexuelles.
04:25Vous restez avec nous, Elisabeth Gutmann.
04:28On va accueillir d'abord Pierre pour commencer.
04:30Bonjour Pierre.
04:31Bonjour.
04:34Votre enfant, votre fils, est victime du périscolaire à Paris.
04:40Tout à fait.
04:40Je suis le papa d'un enfant qui a été victime d'agressions sexuelles dans le cadre du périscolaire à
04:44Paris.
04:44Tout à fait.
04:46Comment est-ce que vous avez découvert ces faits-là ? Racontez-nous.
04:50Tout simplement parce qu'on a un enfant très courageux, comme de nombreux enfants aujourd'hui,
04:54qui, dans la parole, se libèrent.
04:56Et qui, parce qu'aujourd'hui, le sujet est amené par les familles avec la lecture,
05:03avec un certain nombre de supports pédagogiques.
05:06Et ces enfants se sentent suffisamment en confiance, en tout cas pour aujourd'hui exprimer,
05:10ce qui pour eux, à l'époque, apparaissait comme anodin.
05:13Mais au final, non. C'est une frontière qui a été franchie.
05:15Et aujourd'hui, c'est le verbaliser.
05:17Il l'a verbalisé.
05:18Il avait quel âge, à l'époque ?
05:20Il avait à peu près 4-5 ans.
05:23Et donc, évidemment, on a tout de suite déposé plainte.
05:30Et on l'accompagne comme on le peut, avec nos moyens,
05:33avec assez peu de soutien, je dois le dire, de la part des autorités, quelles qu'elles soient.
05:39Mais aujourd'hui, ce qu'on sait, en tout cas, c'est qu'on n'est plus seul.
05:41Il y a d'autres témoignages, il y a d'autres familles, il y a d'autres écoles.
05:44C'est à la fois insupportable et en le même temps, on n'est pas seul.
05:49110 établissements à Paris, partout en France.
05:51Vous vous rendez compte, 600 signalements, à quel moment,
05:53à quel moment, en fait, le politique se réveillera, en fait, sur ce sujet du périscolaire.
06:00Parce qu'au final, on dit périscolaire, mais c'est l'école.
06:02C'est l'école de la République aujourd'hui.
06:04Et quand on confie ses enfants à l'école, effectivement, on ne pense pas qu'il puisse arriver ça.
06:09Non, non. En fait, ce qu'on dénonce, ce n'est pas seulement des faits divers,
06:12c'est une défaillance systémique.
06:13C'est le recrutement, l'organisation, le pilotage.
06:16Et encore une fois, arrêtons de parler du périscolaire.
06:19Les enfants, ils sont à l'école.
06:20C'est le pilotage des temps de l'enfant à l'école.
06:23C'est ça qui, aujourd'hui, en fait, fait défaut.
06:26Moi, j'ai été rassuré dimanche, en fait.
06:27Vous savez, par une chose, par la prise de parole de la procureure de la République.
06:30Parce qu'au moins, pour la première fois, on avait, en fait, pleinement la conscience.
06:33Nous, avec mon épouse, on a pleinement confiance dans l'autorité policière et l'autorité judiciaire.
06:37Mais je peux vous dire que ça met du beau mot au cœur de dire que la justice avance.
06:42Les policiers font un travail remarquable, notamment la brigade de protection des mineurs,
06:45que je voudrais remercier.
06:47Pardon, je suis ému.
06:48Mais oui, je voulais rappeler ces chiffres.
06:50Et comme ça, je vous laisse reprendre vos esprits, Pierre.
06:53Effectivement, la procureure de la République de Paris, leur BQO, était sur RTL dimanche.
06:58Et elle a expliqué avoir ouvert des enquêtes, donc rien qu'au Parquet de Paris,
07:03pour de possible violence dans un total de 84 écoles maternelles,
07:08une vingtaine d'écoles alimentaires et une dizaine de crèches.
07:13Et elle a réaffirmé qu'il s'agissait d'une des priorités, bien sûr, pour son parquet.
07:19Pierre, j'entendais votre émotion.
07:23Je ne veux pas du tout vous faire, j'allais dire, remuer tout ça.
07:30Mais comment ça se passe ?
07:31Un jour, votre petit garçon rentre de l'école et il vous dit qu'il s'est passé un truc
07:34bizarre ?
07:35En fait, un jour, dans une discussion,
07:38parce que le sujet à la maison n'est pas du tout tabou de l'intimité et du respect du
07:42corps,
07:44sur une lecture avec mon épouse.
07:46On a plusieurs enfants et évidemment, on les sensibilise, on en parle.
07:50Et à l'occasion de cette lecture, notre fils revient sur un fait qui nous avait été partagé,
07:56un peu plus tôt, mais qui n'avait pas nécessairement plus alerté que ça.
07:59Encore une fois, on met nos enfants à l'école, en confiance,
08:02avec des adultes qu'on pense formés.
08:05Et donc, il parle et il se livre de manière très calme, très posée.
08:12Et je dois dire que c'est assez remarquable pour un enfant.
08:14Aujourd'hui, il est plus âgé, donc il sait poser des mots.
08:17Et de manière très calme, il a verbalisé.
08:20Et on a bien évidemment derrière, nous, on a reçu, recueilli sa parole sans plus.
08:25On ne l'a pas questionné.
08:27Et ensuite, il a réservé son récit aux enquêteurs, aux policiers,
08:31qui savent faire les choses de manière aussi adaptée.
08:35Et vous avez porté plainte, donc il y a combien de temps ? Il y a deux ans ?
08:39Non, non. On a déposé plainte en début d'année, en fait.
08:41En début d'année ?
08:42Suite à cette révélation d'effet par notre enfant.
08:45D'accord. Et les faits ?
08:46Non, mais c'était juste pour essayer de...
08:47Donc les faits remontent à deux ans.
08:49Il avait 4-5 ans à l'époque.
08:50Et il vous en a parlé à la rentrée dernière.
08:55Vous avez, depuis, vous, j'imagine, été convoqué.
08:58Est-ce que l'animateur en question a été suspendu ?
09:01L'animateur, il a été suspendu.
09:03Oui.
09:05Quasi immédiatement, suite au signalement.
09:08Aujourd'hui, l'animateur, en fait, son employeur,
09:10donc à savoir la ville de Paris, l'a écarté pour une période de 4 mois.
09:13Ce qu'il faut savoir, c'est que les employeurs,
09:16donc la ville de Paris, les écarte pour 4 mois.
09:19Mais après 4 mois, l'animateur en question,
09:23il est interdit de travailler aujourd'hui,
09:25parce que c'est la politique de la ville de Paris,
09:27à Paris auprès de contacts, aux contacts d'enfants.
09:29Mais rien n'empêche demain, par exemple,
09:32de démissionner de la ville de Paris
09:33et d'aller postuler sur une autre école,
09:35dans un autre département.
09:36Ou même dans une autre commune en région parisienne.
09:40Exactement.
09:41Donc ce qu'il faut avoir en tête,
09:42c'est que derrière, il y a des autorités,
09:44notamment des services de l'État,
09:45qui s'assurent à ce que cette interdiction, en fait,
09:47de travailler aux contacts d'enfants
09:49puisse être aussi étendue territorialement
09:51à l'ensemble du pays.
09:53Donc il y a un travail aujourd'hui qui se met en œuvre.
09:55Je dois dire que dès lors que nous,
09:57on a déposé plainte,
09:58l'animateur a été suspendu.
10:00Et là, pardon, mais il n'y a pas de demi-mesure.
10:02En fait, on ne plaisante pas avec des suspicions,
10:04en fait, d'agressions sexuelles.
10:06J'entends aujourd'hui...
10:06Quand vous les entendez la manifester aujourd'hui
10:11en dénonçant, en tout cas,
10:12les suspensions systématiques,
10:13ça vous met en colère, c'est-à-dire ?
10:16En fait, il y a deux choses.
10:17Moi, déjà, je voudrais dire que je me tiens aux côtés,
10:19parce que l'immense majorité, évidemment,
10:21des personnels qui travaillent dans les écoles
10:22font un travail remarquable.
10:24On a été les premiers à le dire,
10:26que ce soit aux responsables de la vie scolaire, etc.
10:29Voilà, ça, c'est la première chose.
10:31La deuxième chose, c'est que depuis 13 ans à Paris,
10:33depuis la réforme, en fait, de 2013 en payant
10:35et l'application, en fait,
10:37d'un nouveau rythme scolaire à Paris,
10:40les syndicats disent
10:41quels sont les manquements, en fait,
10:43de la ville sur la formation,
10:45sur la gestion des emplois du temps,
10:47sur le fait de ne pas avoir un animateur
10:49avec un enfant.
10:50Enfin, aujourd'hui, en fait,
10:51tout ça est connu depuis maintenant 13 ans, en fait.
10:53Et rien n'a changé, rien n'a bougé.
10:56Donc, moi, je vais déjà dire
10:57que je suis à leur côté,
10:58évidemment, dans leurs revendications,
11:00mais dans le même temps,
11:01il faut qu'ils prennent garde.
11:02Attention, il y a des familles, en fait,
11:03qui sont bouleversées aujourd'hui.
11:05Il y a des enfants qui sont meurtris,
11:06sans doute perpétuellement.
11:08Oui, ce que j'allais vous dire,
11:08ils sont sans doute à vie.
11:10Ah, sans doute à vie.
11:11Donc, je veux dire,
11:11on ne peut pas, aujourd'hui,
11:12m'ignorer, en fait.
11:15Désolé, mais ce n'est pas possible,
11:17en fait, de minorer, en fait,
11:18ce type de fait.
11:19Et oui, il y a un principe
11:20qui doit s'imposer,
11:21c'est le principe de précaution.
11:22Pierre, restez avec nous
11:23et merci mille fois
11:24pour votre témoignage.
11:26Élisabeth Gutmann,
11:27vous êtes toujours avec nous,
11:28cofondatrice du collectif
11:29SOS Périscolaire.
11:30C'est assez fou,
11:31ce que dit Pierre
11:32sur cet animateur suspendu,
11:34donc suspendu pendant quatre mois
11:35par la mairie de Paris.
11:36Mais effectivement,
11:37après, s'il démissionne,
11:38il peut postuler partout ailleurs.
11:40Oui, oui, tout à fait.
11:41Tout à fait.
11:42on a une vraie problématique
11:44là-dessus,
11:45de manque de fichiers nationaux.
11:47Et en fait,
11:47on se rend compte
11:48que même d'un département
11:49à l'autre,
11:50c'est-à-dire que même
11:50si l'animateur
11:51a une interdiction
11:54d'exercer
11:54qui est formulée
11:56par le service
11:57jeunesse et sport départemental,
11:59que s'il passe
11:59dans un autre département,
12:00malheureusement,
12:01il n'y a pas
12:01de fichier national.
12:03Mais j'imagine
12:04que ça fait quelque partie
12:05des choses
12:06que vous avez demandées
12:07aux autorités.
12:08Vous avez dû voir
12:09un certain nombre
12:10de politiques.
12:11Qu'est-ce qu'ils vous répondent ?
12:12Parce que c'est ça
12:12la solution en fait,
12:14effectivement,
12:14un fichier national.
12:15Oui, oui, tout à fait.
12:16Donc, c'est également
12:17ce qu'on a porté hier.
12:18On était reçu
12:19par le directeur
12:19de cabinet adjoint
12:20de la ministre Riste
12:21qui prépare actuellement
12:24un projet de loi
12:25sur la protection
12:26de l'enfance
12:26incluant le périscolaire.
12:27La ministre de la Santé.
12:30ça fait partie
12:30des choses qu'on porte
12:31et on leur dit
12:31qu'il est impératif
12:33rapidement
12:34de mettre en place
12:34des fichiers nationaux
12:36pour pouvoir avoir
12:37ces informations partagées.
12:38C'est quand même aberrant
12:38de pouvoir traverser
12:39le périphérique
12:40pour un...
12:41Mais ils vont répondre quoi ?
12:43Ils nous disent
12:44qu'effectivement,
12:45c'est dans les tuyaux.
12:46Ils sont en train
12:46de voir la faisabilité
12:48de la chose.
12:49Mais il y a urgence
12:50et on l'a bien compris.
12:52On va continuer
12:52à en parler
12:53avec vous,
12:54Elisabeth Gutmann,
12:55bien sûr,
12:55cofondatrice
12:56du collectif
12:57SOS Périscolaire.
12:58Pierre,
12:59restez avec nous
12:59si vous avez le temps.
13:00On va accueillir
13:01d'autres témoignages
13:02dans un instant.
13:02A tout de suite.
13:04Envoyez-nous vos messages
13:05sur l'application RTL
13:06ou appelez-nous
13:07au 30 de 10.
13:0850 centimes la minute.
13:11Amandine Bégaud,
13:12RTL Midi,
13:13les auditeurs ont la parole.
13:15Et on continue
13:16à évoquer ces violences
13:17dans le périscolaire
13:19à Paris,
13:19mais pas seulement.
13:21Vous êtes plusieurs
13:22à nous avoir appelés
13:24pour à la fois
13:25nous raconter
13:26ce qui vous est arrivé,
13:27mais aussi le regard
13:28que vous portez
13:28sur tout ça.
13:29Elisabeth Gutmann,
13:30qui est cofondatrice
13:30du collectif SOS Périscolaire
13:33et qui recense
13:33et cartographie
13:34les témoignages
13:35un peu partout en France
13:36est avec nous.
13:38Elisabeth Gutmann,
13:39vous nous disiez
13:39près de 600 faits recensés.
13:43On le répète,
13:44ça n'est pas que
13:45des violences sexuelles.
13:47Non, tout à fait.
13:48Les violences sexuelles,
13:49ça représente
13:50à peu près 10 à 15 %
13:51des signalements
13:53qu'on reçoit.
13:54le reste des violences
13:55qui nous sont signalées,
13:56ce sont des violences
13:56physiques,
13:58psychologiques,
13:59principalement.
14:00Donc, ça implique quoi ?
14:03C'est des insultes,
14:06du harcèlement,
14:08des violences physiques,
14:09des coups,
14:09des pincements,
14:10des enfants qui sont forcés
14:11à manger jusqu'à en vomir,
14:14maintenus de force à la sieste,
14:15enfermés dans des pièces
14:16dans le noir,
14:18menacés,
14:19qui sont exposés
14:20à des contenus
14:21qui sont inappropriés.
14:23Le spectre est malheureusement
14:24très large.
14:25Effectivement,
14:26et avec des conséquences
14:26toujours et souvent
14:28à chaque fois
14:29très lourdes.
14:30Bonjour Marie.
14:33Marie ?
14:34Oui, oui, je vous entends ?
14:35Oui, pardon,
14:35bonjour.
14:36Moi, je ne vous entendais pas,
14:36c'est pour ça.
14:37On a entendu
14:38le témoignage
14:39très émouvant de Pierre.
14:40Vous aussi,
14:41vous avez été
14:42directement concernée
14:43par ces violences-là.
14:44Racontez-nous.
14:44Alors, nous,
14:47nous sommes déjà
14:47depuis sept ans
14:48engagés dans un combat
14:50judiciaire
14:51avec 14 autres parents.
14:5515 enfants ont été
14:56victimes de viol
14:58et d'agression sexuelle
14:59en 2018
15:01à l'école
15:02Paul Dubois
15:03Paris-Centre,
15:04dans le troisième arrondissement.
15:05Nous n'avons pas du tout
15:07eu le même ressenti
15:09que monsieur précédemment.
15:11Nous,
15:12on s'est heurtés
15:12à des murs.
15:13À l'époque,
15:15ces affaires-là
15:16n'avaient pas encore
15:17éclaté.
15:18On était seuls,
15:19on était isolés,
15:20on rasait les murs,
15:21c'était infernal.
15:23Personne ne nous croyait,
15:24personne ne pouvait croire
15:26que 15 enfants
15:27aient été victimes
15:28d'un animateur.
15:30Donc,
15:30on s'est heurtés
15:30à des murs
15:31et lorsque,
15:33enfin,
15:34un juge d'instruction
15:36a été désigné,
15:37on s'est dit,
15:39enfin,
15:39la lumière
15:40au bout du tunnel.
15:41En fait,
15:41non,
15:41on s'est rendu compte
15:42que le système judiciaire
15:44n'est pas du tout
15:45outillé
15:46pour répondre
15:46à ce type
15:47de problématiques
15:47parce qu'en fait,
15:49je rappelle,
15:52Mazan existe
15:52parce qu'il y avait
15:53des vidéos.
15:55Le squarnec,
15:56l'affaire le squarnec
15:57existe
15:57parce qu'il y a
15:58des notes.
15:58Mais dans l'extrême
16:00majorité des cas,
16:01il n'y a pas
16:01de preuves matérielles.
16:03Donc,
16:03c'est parole contre parole
16:04en fait,
16:04c'est ça ?
16:06Absolument.
16:06Et aujourd'hui,
16:07on ne croit pas
16:08les enfants.
16:08On ne les croit pas
16:10quand ils sont si petits
16:11parce qu'on a l'impression
16:12que les enfants
16:12sont comme des petits
16:13adultes qui doivent
16:14délivrer un récit
16:17circonstancié,
16:20linéaire,
16:22chronologique.
16:22Ça n'existe pas,
16:23les enfants n'expriment pas
16:24de cette manière-là.
16:25Votre fils a été victime,
16:27c'est l'un des 15 enfants
16:28victimes,
16:29c'est ça ?
16:29C'est ça,
16:30absolument.
16:30Il avait quel âge
16:31à l'époque ?
16:32Il avait 4 ans et demi.
16:344 ans et demi,
16:34tout petit.
16:35Comment vous l'avez découvert ?
16:37Enfin,
16:37racontez-nous.
16:38En fait,
16:39ce que je voudrais aussi
16:40expliquer,
16:41c'est qu'un enfant masque,
16:43un enfant cache.
16:45Et puis,
16:46un jour,
16:47il me dit,
16:47en descendant l'escalier
16:48de son école,
16:49il me dit,
16:49maman,
16:50j'ai mal aux fesses.
16:51Je suis pressée,
16:52je n'y prête pas attention.
16:54Et puis,
16:54quand on apprend
16:56qu'un animateur
16:57est suspendu,
16:58mais 15 jours après,
16:59en fait.
17:00Et là,
17:00tout d'un coup,
17:00je me dis,
17:02ce mal de fesses,
17:03qu'est-ce que ça voulait dire ?
17:04Tout de suite,
17:04vous percutez ?
17:05Tout de suite,
17:06je percute
17:07parce qu'il n'y avait pas
17:09que ce symptôme-là.
17:11J'avais sous les yeux
17:12un enfant qui pleurait
17:13tous les matins
17:14avant d'aller à l'école,
17:14un enfant qui avait mal aux ventes,
17:16je pensais que c'était le lait
17:17qui n'était pas adapté,
17:18un enfant qui se refaisait
17:19caca dessus,
17:20je pensais qu'il,
17:23il s'oubliait
17:23parce qu'il était trop
17:24occupé à jouer.
17:26J'ai un enfant
17:26qui avait tout un tas
17:27de symptômes
17:29que je n'arrivais pas à lire
17:30parce que je n'ai jamais
17:31vécu ce genre de choses,
17:32donc je ne sais pas
17:32ce que c'est.
17:34Et puis,
17:34quand il me dit
17:35un beau jour,
17:36maman,
17:37j'ai un secret
17:38avec un animateur,
17:39là,
17:40il n'y a plus de doute,
17:41en fait.
17:42Jusque-là,
17:42j'oscillais entre
17:43mais non,
17:43ce n'est pas possible.
17:45Et puis,
17:45ça veut dire,
17:45Marie,
17:46pardon,
17:46et ce n'est pas du tout
17:47un reproche
17:48ni un jugement,
17:49quand vous avez appris
17:50que cet animateur
17:51était suspendu,
17:51vous n'avez pas questionné
17:52votre fils ?
17:54Bien sûr que j'ai,
17:55quand il m'a dit
17:56qu'il avait un secret
17:58avec un animateur,
18:00c'était peu de temps
18:01après cette suspension.
18:02Là,
18:02j'ai essayé de comprendre
18:03mais là,
18:03j'ai vu un enfant
18:04qui se referme
18:06et qui se rédit
18:07et qui ne veut,
18:08comme une boîte
18:10qui se referme
18:11et qui ne veut plus s'ouvrir.
18:12Et puis,
18:14j'ai pris rendez-vous
18:15avec un psy
18:15pour en avoir
18:16le cœur net.
18:17et il se trouve
18:18que mon enfant,
18:19je ne savais pas
18:20que ça existait
18:20des poupées.
18:21En fait,
18:22comme mon enfant
18:22avait beaucoup de mal
18:23à verbaliser,
18:25la psy lui a tendu
18:26des poupées
18:28qui symbolisent
18:29adultes,
18:30enfants,
18:30femmes,
18:31hommes.
18:32Et là,
18:33tout d'un coup,
18:34le premier truc
18:35qu'il fait,
18:36c'est de déshabiller
18:37les poupées.
18:38J'étais choquée
18:39et là,
18:40il ligne des actes sexuels.
18:42Et là,
18:42le doute n'est plus permis.
18:43Là,
18:44c'est terminé.
18:45Là,
18:45c'est le monde
18:45qui s'effondre.
18:47Mais ce que je regrette,
18:49c'est que,
18:49par exemple,
18:51nous avons dans notre dossier
18:5219 professionnels de santé,
18:54du privé,
18:55du public,
18:55de l'hôpital.
18:56Ça ne représente rien
19:00aux yeux de la justice.
19:02Mais donc,
19:02Marie,
19:02vous avez déposé plainte,
19:03donc en 2019,
19:05c'est ça ?
19:05Absolument.
19:06Et depuis,
19:06qu'est-ce qui s'est passé ?
19:08D'un point de vue judiciaire.
19:09Alors,
19:11on est plongé
19:12dans une zone grise.
19:13C'est-à-dire qu'après
19:14sept ans
19:15de procédure judiciaire
19:17et d'instruction,
19:18le juge a décidé
19:19de clore l'instruction,
19:21mais sans prendre
19:21de décision.
19:22Donc,
19:22on ne sait pas
19:23s'il va y avoir
19:24un procès,
19:24on ne sait pas
19:25si le mis en cause,
19:28il va y avoir
19:29un classement sans suite.
19:31Là,
19:32ça fait un an
19:33que le dossier est clos
19:35et qu'il n'y a pas
19:35de décision
19:36dans un sens
19:38ou dans un autre.
19:39Et donc,
19:39aujourd'hui,
19:41moi,
19:42je veux bien
19:43entendre
19:44le parquet de Paris
19:45qui explique
19:46qu'il y a des choses
19:48qui sont faites,
19:49il y a des enquêtes
19:51qui sont menées,
19:52mais quid
19:53de ce qui s'est passé
19:55antérieurement ?
19:55En amont
19:55et avant.
19:57Aujourd'hui,
19:59dérouler
19:59un élément
20:00de langage
20:00sur les affaires actuelles,
20:02je veux bien,
20:04mais pardon,
20:05nous,
20:05ça fait sept ans
20:06qu'on se bat
20:07contre des moulins
20:07avant.
20:08Nous,
20:08ça fait,
20:09nos avocats
20:10ont sollicité
20:11des rendez-vous
20:11auprès du parquet,
20:13même pas un accusé
20:15réception.
20:16On a ces silences
20:18radios
20:18depuis un an.
20:21Et votre fils,
20:21comment il va ?
20:23Mon fils,
20:24il se reconstruit
20:25tant bien que mal.
20:26Mon fils,
20:27il est courageux
20:30aussi,
20:31il a de la ressource,
20:33donc ça a mis
20:34beaucoup de temps.
20:34il se faisait
20:35caca dessus
20:37toutes les semaines.
20:38C'est un enfant
20:39qui ne dormait plus
20:40parce qu'il avait peur
20:40de fermer les yeux,
20:41peur que des souvenirs
20:43surgissent.
20:43C'est un enfant
20:44qui ne voulait plus
20:45s'alimenter,
20:46c'est un enfant
20:46qui a été dans un état
20:48de détresse psychique
20:50énorme.
20:51Aujourd'hui,
20:52au bout de cinq ans,
20:54enfin,
20:55non,
20:55c'est au bout de cinq ans
20:56que ça a commencé
20:57à aller mieux,
20:58mais c'est un enfant
20:59qui,
20:59de toute façon,
21:00est toujours
21:00évidemment
21:02suivi,
21:03j'imagine.
21:03Il est toujours suivi
21:05et c'est des enfants
21:07qui présentent toujours
21:07des fragilités.
21:09Voilà,
21:09c'est ça que je veux dire.
21:10Bien sûr,
21:10on vous entend
21:12bouleverser
21:12et on le serait tous
21:15par tout ça.
21:16Ça touche aussi
21:17toute une famille,
21:19forcément,
21:20avec sans doute
21:21une forme
21:21de culpabilité
21:23pour la maman
21:23que vous êtes.
21:26Écoutez,
21:27c'est évidemment certain.
21:28J'avais tous les signaux
21:29devant les yeux.
21:31De ne pas les avoir vus,
21:33évidemment,
21:34ça nous a plongés
21:35dans une tristesse absolue.
21:39Mais en même temps,
21:40vous n'aviez jamais connu
21:41et vous le disiez très bien.
21:42Vous n'aviez jamais connu ça.
21:43Non,
21:44mais vous savez,
21:45ce qui me scandalise aussi,
21:46c'est que la chef du parquet
21:47des mineurs,
21:48quand en décembre,
21:49elle dit que s'il y a
21:51autant d'affaires dans Paris,
21:52c'est probablement
21:53parce que les parents parisiens
21:55sont plus affûtés
21:56sur ces questions
21:56et peut-être qu'il y a
21:58aussi des effets
21:58de contagion,
21:59ça me scandalise.
22:01Et c'est la raison
22:02pour laquelle
22:03j'ai décidé
22:03de m'exprimer
22:04publiquement depuis.
22:06Parce que non,
22:07nous ne sommes pas
22:07plus affûtés.
22:09Non,
22:09on ne lit pas
22:10les signaux,
22:11même lorsqu'ils sont
22:12énormes,
22:13comme un enfant
22:13qui se fait caca dessus
22:14régulièrement
22:15alors qu'il était propre,
22:16comme un enfant
22:17qui...
22:18C'est inadmissible
22:19de...
22:20Ne rejeter la foi
22:21sur les parents.
22:21Pareil.
22:22Oui,
22:23parce que c'est à la fois,
22:24alors c'est soit
22:25une incompétence
22:26et ignorer totalement
22:29ces phénomènes,
22:30soit c'est une communication
22:33cynique
22:33et dans les deux cas,
22:34moi ça me pose problème,
22:35elle est la représentante
22:36du ministère public.
22:38Elle ne peut pas
22:39dire des choses
22:40pareilles.
22:41Marie,
22:41restez avec nous.
22:42Elisabeth Gutmann,
22:43vous êtes,
22:44je le rappelle,
22:44cofondatrice
22:45du collectif
22:46SOS Périscolaire.
22:48Des témoignages
22:49comme celui de Marie,
22:50effectivement,
22:50de parents
22:51qui vous disent
22:52mais en fait,
22:52j'avais tout sous les yeux
22:53mais je n'ai rien vu,
22:54j'imagine que vous en avez
22:55recueilli plein.
22:56Oui,
22:57oui,
22:57malheureusement,
22:58effectivement.
22:59En fait,
23:00c'est un peu ce que disait
23:01le premier papa,
23:02c'est-à-dire que
23:03quand on met nos enfants
23:04à l'école,
23:04on part du principe
23:05qu'ils sont en sécurité,
23:06on ne se pose même
23:07pas la question au départ.
23:09On se dit,
23:09ouf, c'est bon,
23:10il est dans les murs
23:10de l'école,
23:11quand je vais le récupérer,
23:12c'est à ce moment-là
23:13qu'il peut risquer
23:15quelque chose en dehors.
23:16Mais à l'école,
23:17à l'intérieur même
23:17des murs de l'école,
23:18on ne se doute pas
23:19qu'il peut y avoir un danger.
23:20C'est pourquoi
23:21on ne voit pas forcément
23:22les signes dès le départ.
23:23Et effectivement,
23:24malheureusement,
23:25des récits comme ceux-là,
23:26on en a très souvent
23:28et il y a une culpabilité,
23:29comme vous disiez,
23:31qui est très très forte
23:31chez les familles
23:33et qui est en plus
23:34exacerbée par le fait
23:35qu'elles sont
23:35complètement abandonnées
23:37par les administrations,
23:38par les mairies,
23:39par l'État.
23:40Il y a vraiment,
23:41une fois qu'elles ont réussi
23:42à porter plainte,
23:43plus personne ne leur parle.
23:45On a des récits
23:46de mairies
23:48qui refusent
23:49d'adresser la parole
23:50aux familles
23:51qui ont porté plainte.
23:51Donc, c'est absolument terrible.
23:53Avec des familles
23:53qui sont,
23:54j'allais dire,
23:54blacklistées,
23:55mais c'est un peu ça.
23:56Enfin, mise à l'écart.
23:57Complètement mise à l'écart,
24:00stigmatée,
24:00même parfois,
24:01des mairies,
24:02et je parlais encore
24:03avec une famille tout à l'heure,
24:04des mairies
24:04qui vont même se retourner
24:06contre les familles
24:07en disant
24:08que la famille ment
24:10ou alors
24:11qu'elles montrent
24:12les choses en épingle.
24:13Vraiment,
24:13vraiment des mairies
24:14qui ont des comportements
24:15absolument odieux
24:16et qui ne sont pas soutenants
24:17du tout.
24:18Marie disait que les choses,
24:19quand elle entendait
24:20le témoignage de Pierre,
24:21qui est aussi toujours avec nous,
24:22avaient évolué
24:23dans la prise en charge,
24:24en tout cas,
24:26au niveau
24:27du dépôt de plainte,
24:28etc.
24:28C'est aussi ce que vous constatez,
24:30ça, Elisabeth Guthier ?
24:31Alors, je dirais
24:31que c'est très inégal.
24:32C'est très inégal,
24:33y compris à la brigade
24:34de protection des mineurs
24:35de Paris.
24:36Ça dépend
24:38sur qui on tombe.
24:40Il y a eu même
24:40encore la semaine dernière
24:42en charge avec une famille
24:43dont la petite fille
24:45a été victime
24:45de viols également
24:47dans une proche banlieue.
24:48Et en fait,
24:49le commissariat
24:50ne connaissait même pas
24:51le dispositif
24:52qui s'appelle
24:53la salle Mélanie,
24:54qui est un dispositif légal
24:55de recueil
24:56de la parole de l'enfant,
24:57donc dans une configuration
24:59spécifique,
25:00justement,
25:00avec des poupées notamment.
25:02Et il y avait encore
25:02des commissariats
25:03qui ne connaissaient pas
25:04le dispositif
25:05et dont un commissariat
25:07en particulier
25:07avec un officier
25:08de police judiciaire
25:09qui avait reçu un enfant,
25:10une petite fille
25:11de trois ans et demi,
25:12dans une salle
25:13qu'il avait appelée
25:13la salle de la vérité.
25:14Donc, il avait complètement
25:16mis l'enfant sous pression
25:17et l'enfant n'a pas pu parler.
25:20Donc, ce qui est quand même
25:21complètement hallucinant.
25:22Et il faut le dire
25:22absolument aux auditeurs,
25:23si votre enfant
25:25a été victime
25:26et que vous avez porté plainte,
25:27il faut exiger
25:29que votre enfant
25:30soit entendu
25:31dans un dispositif
25:32d'une salle Mélanie.
25:33La loi le permet.
25:34Et la démarche
25:35qu'a fait Pierre,
25:36c'est-à-dire
25:36d'écouter son fils
25:38mais pas de le submerger
25:40de questions,
25:40ça, c'est la bonne attitude
25:41à avoir.
25:43Oui, oui, complètement.
25:44C'est facile à dire ça
25:45encore une fois, mais...
25:46Oui, oui,
25:46c'est pas évident.
25:48Nous, du coup,
25:48on a justement travaillé
25:49des fiches
25:50de rencontre
25:51avec des psychologues
25:52d'ailleurs
25:53qu'on donne aux parents
25:54qui nous sollicitent.
25:56C'est important
25:56de garder des questions ouvertes,
25:58de ne pas faire
25:58un interrogatoire de l'enfant
26:00et de réussir
26:00à ne pas orienter
26:02la parole de l'enfant
26:03puisque c'est quelque chose
26:03après
26:04qui pourrait être
26:05effectivement
26:08dit par
26:09les officiers
26:10de police judiciaire.
26:11Donc, il faut faire
26:11très attention à ça,
26:12ne pas orienter
26:12la parole de l'enfant
26:13et à poser
26:14des questions ouvertes
26:16de manière à ce que
26:17l'enfant parle librement.
26:18D'autant qu'un enfant,
26:19comme Marie le rappelait,
26:20ne donne pas forcément
26:21l'effet dans un certain ordre
26:23ou quoi,
26:23dans un ordre chronologique
26:24qui ne parle pas
26:25comme un adulte.
26:26Marie et Pierre,
26:27merci infiniment
26:27pour vos témoignages.
26:28Vous restez avec nous.
26:29Dans un instant,
26:30on va partir pour la savoir
26:31avec l'histoire de Valérie.
26:34Et puis,
26:34à 14h,
26:35comme chaque jour,
26:36vous avez rendez-vous
26:36avec Jean-Alphonse Richard,
26:38l'heure du crime.
26:38Bonjour Jean-Alphonse.
26:39Bonjour Amandine.
26:40Le programme du jour,
26:41c'est dans un tout petit instant.
26:42A tout de suite.
26:47Bonne journée sur RTL.
26:51RTL, votre radio.
26:53Jusqu'à 14h.
26:55Les auditeurs ont la parole.
26:57Amandine Bégaud sur RTL.
27:00Et on continue d'évoquer
27:02ces scandales du périscolaire
27:04dans un tout petit instant.
27:05Et puis, à 14h,
27:06vous aurez rendez-vous
27:08comme chaque jour
27:09avec Jean-Alphonse Richard,
27:10l'heure du crime.
27:12Et aujourd'hui,
27:13Jean-Alphonse,
27:14la question de la récidive
27:15avec l'affaire Anne-Lauren Schmitt.
27:17Oui, c'est une affaire
27:18dont on a beaucoup parlé.
27:19Anne-Lauren Schmitt,
27:1923 ans, étudiante.
27:21Vous vous souvenez,
27:22elle avait été découverte
27:23dans un wagon vide
27:24du RERD
27:24en gare de Creil.
27:2634 coups de couteau.
27:28Elle s'est défendue.
27:30Il faut dire qu'aujourd'hui encore,
27:31des années après,
27:32les pompiers et les policiers
27:33qui sont arrivés
27:34parmi les premiers
27:35sur cette scène
27:35sont encore très marqués.
27:37Tellement c'était violent.
27:37Oui, parce qu'ils se voutent
27:38tellement c'était violent.
27:39Alors, il n'y a pas de suspense.
27:40L'agresseur a été interpellé
27:42dans les heures qui ont suivi.
27:44Thierry Devey-Auglou,
27:4543 ans,
27:46ce n'est pas du tout
27:46quelqu'un de délirant.
27:48Il a un emploi,
27:49il est célibataire,
27:50il vit chez ses parents,
27:51mais c'est un récidiviste.
27:53Il avait déjà violé
27:54une étudiante
27:54dans ce même RERD.
27:56Et là, il a eu
27:57une espèce de flash.
27:59Enfin, le flash,
27:59c'est facile à dire
28:00parce qu'à chaque fois,
28:01ils disent que c'est un flash.
28:02Mais bon, voilà.
28:03Et puis, il s'est dit
28:05je prends mon couteau
28:06et je vais aller tuer
28:08une jeune femme.
28:09Il avait été condamné
28:10pour ce premier viol.
28:11Il avait été libéré.
28:12Il n'y avait pas
28:13de contrôle particulier.
28:14Est-ce que cette mort
28:15de Anne-Laurene Schmitt
28:16pouvait être évitée ?
28:17C'est une question
28:18qui se pose aujourd'hui
28:19dans l'heure du crime.
28:20Anne-Laurene Schmitt
28:21est le tueur du RERD.
28:23À 14h, à tout à l'heure.
28:25À tout à l'heure,
28:26Jean-Alphonse.
28:26Merci à vous.
28:35J'entendais votre auditrice
28:37qui disait que
28:37la plupart du temps,
28:39on n'a pas de preuves.
28:40Effectivement,
28:41le souci,
28:42c'est qu'on n'a pas le droit
28:42de filmer.
28:43Moi, j'avais filmé une scène
28:44mais on ne peut pas s'en servir.
28:45On n'a pas le droit
28:46de filmer quoi que ce soit,
28:48de se servir comme preuve
28:50contre les animateurs.
28:51C'est très difficile
28:52de trouver des preuves.
28:53On n'a pas le droit de filmer.
28:55Il y a d'autres enfants.
28:55Donc, dans la loi,
28:56c'est interdit de filmer.
28:58Ce message qu'on a reçu
29:00au 3210,
29:01on parle toujours
29:02de ces scandales
29:02qui touchent le périscolaire.
29:05Elisabeth Gutmann,
29:06cofondatrice du collectif
29:07SOS Périscolaire,
29:08vous êtes toujours avec nous.
29:10Cette auditrice disait
29:11« Moi, j'ai essayé de filmer ».
29:12Encore une fois,
29:14je le rappelle,
29:14dans ces violences,
29:15bien sûr,
29:15il y a les violences sexuelles
29:16mais il n'y a pas que ça.
29:17Il peut y avoir
29:17des violences physiques,
29:19des violences par la parole.
29:23Ça ne sert à rien,
29:24les vidéos ?
29:24C'est vrai, ça ?
29:26Alors,
29:27ce n'est pas...
29:28Disons que les vidéos,
29:29ça pourrait être
29:30du dernier recours
29:31mais normalement,
29:32quand une équipe fonctionne,
29:36quand on entend parler,
29:38quand un enfant révèle
29:39une problématique de violence,
29:40il suffit normalement
29:41d'aller voir le responsable
29:42et de dire
29:44« Voilà, mon enfant
29:44m'a rapporté ça »
29:45et le responsable lui-même
29:46en réfère soit à la commune
29:47soit en fonction
29:48de là où ça se trouve
29:49et le problème se règle.
29:51on peut dire que
29:52dans la plupart des équipes
29:53déjà qui sont bienveillantes,
29:54il va y avoir
29:54même des signalements
29:55de la part des autres animateurs
29:57sur un comportement
29:58qui serait inadapté
29:59de la part d'un de leurs collègues.
30:01Donc,
30:01la vidéo,
30:03alors,
30:06ce n'est pas quelque chose
30:16vous parlez de Paris
30:17et Pierre et Marie
30:19sont toujours avec nous
30:20mais il n'y a pas que Paris
30:22qui est touchée
30:23par ces problèmes.
30:24Bonjour Valérie.
30:26Bonjour.
30:26Vous nous appelez de Savoie.
30:28Oui, oui, oui.
30:29Et votre fille,
30:30vous,
30:31a été victime.
30:32Racontez-nous.
30:34Oui,
30:34alors en fait,
30:35en décembre 2024,
30:37j'ai la gendarmerie
30:38qui m'a appelée
30:40en me disant
30:41que deux jours auparavant,
30:43imaginez quand la gendarmerie
30:44vous appelle le choc
30:45pour vous parler de votre fille.
30:47Qui avait quel âge
30:48à l'époque votre fille ?
30:49Elle avait 5 ans.
30:50Oh d'accord.
30:51Voilà que deux jours auparavant,
30:52un animateur avait eu
30:53des gestes déplacés
30:55avec plusieurs enfants
30:57et que ma fille
30:58aurait peut-être vu
30:59ou entendu quelque chose
31:00et que j'étais convoquée
31:02à ce titre
31:02en tant que témoin.
31:05Heureusement,
31:06j'avais préparé
31:07mon audition
31:08puisqu'en fait,
31:08j'ai entendu
31:09l'après-midi même.
31:11Je me suis dit
31:11c'est quand même bizarre
31:12sachant qu'il y avait
31:13des choses qui m'avaient interpellée
31:14dans le comportement
31:15de ma fille
31:17les jours précédents
31:18et je suis allée
31:20à la gendarmerie.
31:21Quelle chose, pardon Valérie ?
31:22Alors en fait,
31:23c'est vrai que
31:24c'était juste avant Noël,
31:25il y avait beaucoup d'excitation,
31:26mon mari était
31:27en déplacement professionnel
31:28et ma fille
31:29m'avait fait part
31:31la semaine auparavant
31:32de s'être reposée
31:34avec un animateur.
31:36Alors ce n'était pas un animateur,
31:36c'était un stagiaire.
31:38Et j'avoue que là,
31:39j'ai une lumière rouge
31:40qui s'est allumée
31:41dans mon cerveau
31:42sachant que c'est un jeune,
31:44c'est un stagiaire d'observation,
31:45un petit jeune
31:45qui avait 16 ans.
31:46Donc c'est assez particulier aussi
31:48parce que le prévenu
31:49était mineur.
31:51Et au lieu d'écouter
31:54ma fille
31:55qui me disait
31:55qu'elle s'était reposée avec lui
31:57sachant que les autres animateurs
31:58m'ont dit
31:58oui, elle a été fatiguée,
31:59elle s'est reposée.
32:01Je l'ai grondée,
32:02c'est-à-dire je lui ai dit
32:03mais tu ne peux pas
32:04te reposer
32:04avec un animateur,
32:05il faut,
32:06voilà.
32:07Oui, oui,
32:08mais en même temps,
32:08enfin, voilà,
32:10c'est...
32:11C'est humain,
32:12c'est vrai.
32:12C'est normal que vous en vouliez
32:13mais bon,
32:14c'est pas...
32:14Enfin, c'est normal
32:15que vous ayez réagi
32:16comme ça aussi.
32:17Et je me suis dit aussi
32:18que voilà,
32:19dans une petite commune,
32:21c'est du périsco associatif,
32:23on connaît tous les animateurs,
32:24il n'a rien pu se passer
32:25parce qu'on sait
32:26qu'il y a des règles,
32:27des protocoles
32:28et je me suis dit
32:28détends-toi.
32:30Et le mercredi
32:31de la semaine d'après,
32:33donc deux jours avant
32:33l'appel des gendarmes,
32:34ma fille sentait le parfum.
32:36Donc je lui ai dit
32:36mais tu sens le parfum,
32:38voilà,
32:38sachant que ce jeune
32:40me dérangeait,
32:41j'en ai remis une couche
32:42et là,
32:42j'ai senti qu'elle s'était braquée.
32:44Je me suis dit
32:44bon,
32:45je vais me détendre
32:46et elle avait commencé
32:47à se gratter le nombril
32:48jusqu'au sang,
32:49à grincer les dents
32:50et à demander
32:51à dormir dans mon lit.
32:52Bon,
32:52je me suis dit
32:53c'est Noël,
32:54c'est l'excitation.
32:56Sachant que donc
32:57j'ai été convoquée
32:58par la gendarmerie
32:58sans savoir
32:59quel était l'animateur
33:01en question
33:02puisqu'il y avait
33:03la présomption d'innocence.
33:04Mais heureusement,
33:05j'avais noté
33:06tous ces faits
33:07qui m'interpellaient,
33:08je comptais en parler
33:09au Périsco
33:10si effectivement
33:11d'autres faits
33:12se produisaient
33:13puisque quand j'ai été
33:14entendue en audition,
33:16j'ai pu effectivement
33:17faire part de tous
33:18ces éléments
33:18à la gendarmerie
33:19qu'il a noté
33:20dans mon audition
33:21puisque j'ai porté plainte
33:22sans savoir
33:23contre qui je portais plainte
33:24en fait.
33:25Donc c'est un peu particulier.
33:27Et la gendarmerie
33:29m'avait appelée
33:29puisqu'on le doit
33:31au courage
33:31de deux autres
33:32petites filles
33:33qui le mercredi
33:34ont signalé
33:35qu'un animateur
33:36les avait embrassés
33:38sur la bouche.
33:40Et du coup,
33:42voilà,
33:42elles ont été entendues
33:43là-dessus.
33:43Petite fille du même âge,
33:445 ans.
33:45Petite fille du même âge,
33:465 ans.
33:46Donc elles,
33:47elles ont parlé
33:47de langue,
33:48qu'il avait mis
33:49sa langue
33:49dans leur bouche.
33:51Donc le jeune
33:52a avoué
33:53et a donné
33:54le prénom
33:54de ma fille
33:55et à partir de là...
33:56C'est comme ça
33:57que vous avez été prévenu.
33:58C'est comme ça
33:59qu'on a été prévenu.
34:00Mais dès le soir
34:01de mon audition,
34:01ma fille a commencé
34:02en fait à présenter
34:04un comportement sexuel,
34:06un caractère sexuel
34:07sur les membres
34:08de la famille.
34:09C'est-à-dire qu'elle
34:10essayait d'embrasser
34:11mon mari sur la bouche,
34:12elle embrassait
34:13sa grande sœur
34:13sur la bouche,
34:14elle a pris la main
34:15de sa sœur
34:16pour se toucher
34:17la zézette,
34:18comme elle dit,
34:18et elle a glissé sa main
34:20vers la braguette
34:21de mon mari.
34:21Donc on s'est dit
34:22oula,
34:22il se passe un truc
34:24au-delà
34:25de ce qui s'est passé,
34:27au-delà
34:27de ce qu'on m'a rapporté
34:28surtout.
34:29Et le soir,
34:30c'est là qu'elle m'a parlé,
34:31qu'elle m'a dit
34:31qu'il y avait
34:32cet animateur
34:33qui l'embêtait,
34:34elle ne voulait plus
34:34y aller le mercredi.
34:38Et petit à petit,
34:39elle m'a parlé
34:39d'attouchements
34:42qu'elle voulait appeler
34:43le 17,
34:44c'est le numéro
34:45de la gendarmerie
34:47et surtout,
34:48elle a beaucoup
34:49verbalisé
34:50via le corps.
34:51C'est-à-dire,
34:53non seulement
34:53en reproduisant
34:55elle des choses,
34:56ses grincements
34:57de dents
34:58et ce grattage
35:00de nombril,
35:00mais aussi
35:01en faisant part
35:03de ses sensations
35:03corporelles
35:04et ça a été très important
35:05ensuite pour ses auditions.
35:07Cette lettre de quand,
35:09ça, Valérie ?
35:10Alors ça,
35:11c'était décembre 2024.
35:12Décembre 2024.
35:14Donc là,
35:14j'imagine qu'une enquête
35:15est toujours en cours.
35:16Alors non,
35:17on a eu
35:19le premier jugement
35:20au mois d'avril.
35:22D'accord.
35:22Et le jeune homme
35:23a été condamné ?
35:24Alors il a été reconnu coupable.
35:25C'est un peu particulier
35:26comme procédure.
35:27En tout cas,
35:28il a été reconnu coupable
35:29d'agression sexuelle
35:30sur les trois enfants.
35:32Et aucune peine ?
35:34Alors,
35:34c'est un peu plus compliqué
35:35la procédure.
35:36Ah, mais parce qu'il est mineur ?
35:37Oui, c'est en deux temps,
35:39c'est ça ?
35:39Oui, c'est ça.
35:40Donc là,
35:41vous attendez la sanction en fait ?
35:43C'est ça, oui.
35:44Sachant qu'on est déjà
35:45très satisfaits
35:46de la reconnaissance
35:46de la culpabilité
35:48puisqu'il n'avait pas avoué
35:50les attouchements
35:51sur ma fille
35:52ni le fait
35:54qu'elle ait dû
35:54le toucher
35:55avec des détails
35:56sensoriels
35:57qui font froid
35:57dans le dos,
36:00dans la bouche
36:01de sa petite fille
36:02de six ans
36:02puisque maintenant
36:03ça fait quasiment
36:04ça fait plus d'un an.
36:05Elle va comment aujourd'hui ?
36:06Alors aujourd'hui,
36:08c'est une petite fille
36:09qui a beaucoup de ressources
36:10qui a été prise en charge
36:11aussi très tôt
36:12et qui a pu s'exprimer
36:14via des outils
36:16qu'on avait pu mettre en place
36:18déjà sur...
36:20pas sur d'autres problématiques
36:21mais voilà,
36:22elle a pu vraiment
36:24se centrer sur le sensoriel
36:27et par contre
36:28c'est vrai
36:28qu'elle a développé
36:29une sorte d'agoraphobie
36:30puisque nous sommes
36:31un petit village
36:33et que l'agresseur
36:34habite le village.
36:35Ah,
36:36donc vous le croisez ?
36:37Alors oui,
36:38on l'avait croisé
36:39à une fête de village
36:41donc effectivement
36:42il y a toujours
36:43cette crainte
36:44que ce soit
36:44même nous
36:45ou sa soeur,
36:47sa grande soeur
36:48de le croiser
36:48dans les...
36:50Oui,
36:50dans les rues du village
36:51à tout moment quoi.
36:52Voilà,
36:53ou en faisant les courses
36:54lors des fêtes.
36:55Donc voilà,
36:56par contre c'est vrai
36:57qu'on n'a pas souhaité...
36:59On a souhaité la remettre
37:00tout de suite
37:01au périscolaire
37:02pour éviter
37:03justement
37:04des stratégies d'évitement
37:05qui derrière
37:06l'auraient empêché
37:07de vivre sa vie
37:08de petite fille.
37:09Merci beaucoup Valérie
37:10pour votre témoignage.
37:12Elisabeth Gutmann
37:12vous êtes toujours avec nous
37:13cofondatrice du collectif
37:14SOS Périscolaire.
37:15On entend le témoignage
37:16de Valérie
37:17comme on a entendu
37:18celui de Marie
37:19ou de Pierre
37:20et Marie et Valérie
37:21qui disent en fait
37:23il y a des éléments
37:24qui auraient dû m'alerter.
37:25Je pense à tous les parents,
37:26aux grands-parents
37:27qui nous écoutent
37:27et qui doivent s'affoler,
37:29se refaire le film
37:30de ces derniers jours
37:31en se disant
37:31oh là là,
37:32il m'a dit ça,
37:33elle m'a dit ça,
37:34est-ce que peut-être que...
37:35Bon bref,
37:36comment on fait
37:37quand on a un doute
37:39ou qu'est-ce qui doit
37:40nous alerter
37:40en tant que parents ?
37:42Alors effectivement,
37:43il y a les changements
37:45brusques dans le comportement
37:46de l'enfant,
37:47c'est-à-dire un enfant
37:48qui était propre
37:49et qui d'un coup
37:52perd cette propreté
37:53et se remet à faire pipi au lit
37:55ou alors un enfant
37:56qui va se remettre
37:57à faire beaucoup de cauchemars
37:59la nuit
37:59ou qui veut absolument
38:00dormir avec ses parents
38:01ou qui a des troubles alimentaires
38:03qui se développent
38:04ou il y a tous ces petits symptômes
38:08qui isolés les uns des autres
38:10ne sont pas forcément
38:11des signaux faibles
38:12mais lorsqu'ils sont combinés
38:14peuvent être des signaux
38:15qui révèlent
38:16que quelque chose se passe.
38:18C'est important
38:19de faire attention
38:20à ces signes
38:20quand il y en a.
38:21Maintenant,
38:22j'ai échangé tout à l'heure
38:23encore avec une maman
38:24qui me disait
38:25que son enfant,
38:26lui,
38:27n'avait pris aucun signe.
38:28Donc,
38:29ce n'est pas parce que non plus
38:30il n'y a pas ces signes.
38:32Voilà.
38:33En revanche,
38:33s'il y a ces signes-là,
38:34il faut essayer
38:35d'en tenir compte
38:36et de se poser la question
38:37et de poser la question
38:38à son enfant
38:39s'il y a quelque chose
38:40actuellement qui le dérange.
38:42Restez avec nous.
38:43On se retrouve
38:43dans un tout petit instant.
38:45On va prolonger
38:45la discussion.
38:46A tout de suite.
38:47Contactez-nous gratuitement
38:48via l'appli RTL
38:50ou au 30 de 10.
38:5150 centimes la minute.
38:54Amandine Bégaud,
38:55RTL Midi,
38:56les auditeurs ont la parole.
38:58Et on continue
38:59à évoquer ces violences
39:00dans le périscolaire
39:01violences.
39:02Et on le disait,
39:03on le rappelait
39:03qu'ils ne touchent pas
39:04que Paris,
39:05même si c'est vrai
39:06qu'on en a beaucoup parlé.
39:06Elisabeth Gutmann,
39:07la cofondatrice
39:08du collectif SOS Périscolaire
39:10est toujours avec nous
39:10et je vous remercie
39:11d'être là.
39:12On va accueillir
39:13Émilie.
39:13Bonjour, Émilie.
39:15Bonjour.
39:16Vous vivez-vous
39:16dans l'Essonne ?
39:18Oui,
39:19je vivais dans l'Essonne
39:20et j'ai dû déménager.
39:22À cause de ce qui s'est passé
39:23avec votre fils ?
39:25Oui, tout à fait.
39:26J'ai dû déménager
39:27d'une part pour sauver mon fils
39:29et d'autre part
39:31parce que ça m'était insupportable
39:32de voir à quel point
39:34ce qu'on vivait
39:35n'était pas pris en compte
39:36par la municipalité.
39:38Il y a eu une inhumanité
39:39de leur part
39:40qui est atroce à vivre.
39:43Expliquez-nous,
39:44votre fils,
39:46avec quel âge,
39:47ça s'est passé quand ?
39:48Qu'est-ce qui s'est passé ?
39:49Alors, en fait,
39:50par rapport au témoignage précédent,
39:51moi, mon fils était plus âgé.
39:53Oui.
39:53Donc, mon fils avait
39:54entre 8 et 10 ans
39:55et ce qui se passe
39:56dans ces cas-là,
39:57c'est que l'enfant
39:58a extrêmement honte.
40:00Il a peur
40:01parce que les prédateurs
40:03savent comment s'y prendre.
40:04Ils menacent les enfants
40:06et un enfant plus âgé
40:07prend effectivement,
40:09comme un plus jeune également,
40:10mais prend ça très au sérieux.
40:12Donc, l'enfant
40:13qui ne veut pas
40:13que les parents
40:14soient au courant,
40:16il sait très bien s'y prendre.
40:17Il arrive à cacher
40:18et à vivre avec
40:19pour mon fils
40:21pendant 2 ans entiers.
40:23Il a passé 2 ans ?
40:24Donc, c'était des viols ?
40:26Des viols, oui.
40:27On peut employer
40:28les vraiment, effectivement.
40:29On parle bien de viols
40:30pendant 2 ans.
40:31Par un animateur
40:32du périscolaire ?
40:33Tout à fait.
40:34Et comment
40:35vous l'avez découvert ?
40:36En fait,
40:37je l'ai découvert
40:38car mon fils
40:39a fait à l'adolescence,
40:41donc là,
40:41on se retrouve 4 ans plus tard,
40:43il a fait une tentative
40:44de suicide.
40:45Ah, donc, pardon,
40:46je vous coupe, Émilie,
40:47mais ça a duré 2 ans,
40:48mais pendant ces 2 ans,
40:48il ne vous en parle pas.
40:49Rien du tout.
40:50Et je n'ai rien vu.
40:53Rien vu.
40:54Mais effectivement,
40:54quand on se refait le film,
40:56on arrive à déceler
40:56des indices,
40:57mais qui pour moi
40:58ne voulaient rien dire
40:59car j'avais une confiance
41:01aveugle en l'école.
41:03Et donc,
41:03il fait une tentative
41:04de suicide, c'est ça ?
41:05Oui.
41:05Oui, il fait une tentative
41:06de suicide.
41:08J'entame un suivi
41:09psychologique avec lui
41:10et c'est dans ce cadre-là
41:12qu'il se confiera
41:13à des personnels
41:15psychologues et psychiatres.
41:17D'accord,
41:17ce n'est même pas à vous
41:18qu'il a parlé ?
41:19Non.
41:19En fait,
41:20il avait vraiment peur
41:22déjà de ne pas être cru
41:24et il ne voulait pas
41:25faire de la peine
41:26à toute sa famille.
41:27Il portait ça vraiment
41:28sur ses épaules.
41:29Il ne voulait pas
41:30nous faire de peine.
41:32Vous disiez
41:33que vous avez été obligée
41:34d'être déménagée.
41:35Vous avez porté plainte,
41:36j'imagine, Émilie ?
41:37Oui, tout à fait.
41:38On a porté plainte
41:39il y a deux ans.
41:40Et ça en est où ?
41:42Alors, en fait,
41:43ce qui est vraiment grave,
41:45d'une part,
41:46c'est qu'on demande
41:47à l'enfant
41:48de porter la charge
41:50de cette preuve.
41:51Tant qu'il n'y a pas
41:52de preuve,
41:54en final,
41:55il ne se passe pas
41:56grand-chose.
41:57C'est-à-dire qu'une fois
41:57qu'on porte plainte,
41:58on a l'impression
41:59que le compagnon
42:01le coupable
42:01va être attrapé,
42:03qu'ils vont saisir
42:04l'ordinateur,
42:05le téléphone.
42:05Non, il ne se passe rien
42:07et pendant des mois
42:08et des mois,
42:08on n'a aucune nouvelle.
42:10C'est vraiment honteux.
42:12Donc là,
42:12personne ne peut
42:13continuer d'exercer.
42:15Il n'a pas été suspendu,
42:16l'animateur ?
42:17Pas du tout.
42:17Non, non.
42:18Il est dans une autre ville,
42:19voilà, même principe.
42:20Il exerce toujours ?
42:22Je ne sais pas.
42:23Je n'ai aucune nouvelle,
42:24je ne sais pas.
42:26Mais voilà,
42:27aux dernières nouvelles,
42:28il exerçait,
42:29oui, effectivement.
42:30Donc, c'est un cauchemar,
42:33un vrai cauchemar.
42:34Un cauchemar,
42:34et vous le disiez,
42:35pour toute la famille.
42:36Pour toute la famille,
42:38évidemment,
42:38parce que les conséquences
42:41enchaînent.
42:42ça impacte les frères,
42:45les sœurs.
42:46Nous, en tant que parents,
42:47ça a un impact sur notre santé
42:49également psychologique,
42:51sur notre capacité à travailler,
42:53sur notre physique aussi,
42:56parce qu'un enfant
42:57et des parents qui vont mal
42:59prennent des traitements médicamenteux.
43:02Et quand on entend que des enfants,
43:04j'entends parler très régulièrement
43:06du suicide chez les adolescents,
43:08moi, le message que je veux faire passer
43:09aux autorités,
43:10c'est que oui,
43:11les adolescents vont mal,
43:13les adolescents,
43:13parfois,
43:14font des tentatives de suicide,
43:15mais peut-être,
43:17qu'en faisant attention,
43:18justement,
43:19à ce qu'ils ne se fassent pas violer,
43:21dans le périscolaire,
43:23on parle de tout,
43:25d'inceste dans les milieux sportifs,
43:27si on fait attention aux enfants,
43:28ils iront mieux à l'adolescence,
43:30parce que tout ça,
43:31ça se réveille à l'adolescence.
43:32Après des amnésies post-traumatiques
43:35qui peuvent durer des semaines,
43:37des mois,
43:37des années,
43:38au moment où ça se déclenche,
43:40c'est une bombe dans une famille,
43:42une bombe pour l'enfant,
43:44c'est inimaginable les conséquences.
43:45Et on voit à quel point,
43:46effectivement,
43:47les enfants sont capables
43:47de garder ça pour eux.
43:50Merci infiniment,
43:51Émilie,
43:52pour votre témoignage.
43:54Valérie,
43:54Marie et Pierre,
43:55je vous remercie également.
43:56C'est un sujet
43:57dont on a beaucoup parlé
43:58ces derniers mois,
43:59ces dernières semaines,
44:00mais on le voit très clairement
44:02quand on vous entend.
44:03Les choses ont bien du mal
44:05à bouger
44:06et pourtant,
44:06il y a urgence.
44:08Elisabeth Gutmann,
44:09merci encore
44:10de nous avoir accompagnée
44:12cofondatrice du collectif
44:13SOS Périscolaire.
44:15Quand j'entendais ces témoignages,
44:17j'avais envie de dire
44:17qu'il faut que ça s'arrête.
44:18Qu'est-ce que vous,
44:19vous avez envie de dire
44:20aux autorités,
44:21aux politiques,
44:22au gouvernement,
44:22Emmanuel Macron peut-être ?
44:24Oui,
44:25nous,
44:25on a envie que l'État
44:27reprenne cette responsabilité
44:29à bras-le-corps
44:29et qu'il mette en place
44:30à la fois une chaîne
44:32de signalement
44:33qui soit efficace
44:34sur l'ensemble du territoire,
44:36à la fois qu'il impose
44:38des normes,
44:39des diplômes,
44:39des taux d'encadrement,
44:41qu'il remette vraiment
44:43la protection de l'enfance
44:44au cœur de sa politique.
44:46Il ne faut pas attendre
44:47la prochaine présidentielle
44:48pour qu'on arrive
44:49à faire bouger ces choses-là.
44:51Merci à tous.
44:52On va se retrouver
44:52dans un tout petit instant
44:54pour évoquer un sujet
44:55un peu plus léger.
44:56Je voulais quand même
44:56terminer l'émission
44:58sur une note
44:58un tout petit peu plus souriante,
45:00les 50 ans du loto.
45:01Vous avez déjà gagné le gros lot ?
45:02A tout de suite.
45:25C'était le premier tirage du loto,
45:27ça a eu lieu d'ailleurs
45:27il y a quelques minutes
45:28à Paris.
45:29Alors pour la première série,
45:30voici les résultats.
45:3131, 15, 5, 31, 15.
45:35Moi je ne sais toujours pas
45:36comment on joue au loto
45:37mais enfin,
45:38ça n'a pas une grande importance.
45:39Cette archive,
45:40elle date d'il y a 50 ans,
45:42jour pour jour,
45:4319 mai 1976,
45:45le tout premier tirage du loto.
45:47Alors pour l'anecdote,
45:48il n'y a pas eu de gagnant
45:49à ce moment-là.
45:51Il a fallu attendre
45:51le 8 septembre suivant
45:54pour avoir un gagnant.
45:57Gagnant qui a décroché
45:58le jackpot de 800 000 francs.
46:00C'est un couple de concierge
46:01originaire du Pas-de-Calais.
46:0350 ans plus tard,
46:04le loto, bien sûr,
46:05nous fait toujours rêver.
46:07On l'entendait tout à l'heure
46:08dans le reportage.
46:09Et on est avec Marion.
46:11Bonjour Marion.
46:12Oui, bonjour.
46:13Alors vous,
46:14vous êtes ce qu'on appelle
46:15une grande gagnante du loto.
46:17Je crois, oui.
46:18Oui,
46:18vous avez gagné combien ?
46:201,9 million.
46:21900 000.
46:22C'était quand ?
46:24C'était en mai 2028.
46:26Oh, 2008, pardon.
46:272008 ?
46:28Oui, 2028,
46:29on n'y est pas encore.
46:29Oui, c'est pas encore.
46:30Peut-être que ça recommencera
46:31en 2028.
46:32Et vous aviez l'habitude
46:33de jouer au loto ?
46:35Comment ?
46:36Vous aviez l'habitude
46:37de jouer au loto ?
46:37Ah, toujours.
46:38Un petit bureau de tabac
46:39dans mon village,
46:40les abonnements,
46:41les dates de naissance
46:42de mes enfants.
46:43Ah, toujours les mêmes numéros ?
46:44Toujours les mêmes numéros.
46:45Alors, j'ai les numéros gagnants
46:47sous les yeux.
46:48C'était 1, 7, 14, 17,
46:5133, 37.
46:52Oui, c'est ça.
46:53Un numéro complémentaire,
46:55le 4.
46:55Quand vous avez su
46:56que vous avez gagné,
46:57d'abord,
46:57comment vous l'avez appris ?
46:59Alors, je ne savais pas du tout
47:00parce que je ne regardais
47:01jamais le tirage.
47:01J'ai un métier
47:02qui me...
47:03Je suis infirmière
47:04tard le soir.
47:05Et quand j'étais refaire
47:06mon abonnement,
47:07cinq semaines,
47:09je suis arrivée
47:09au petit bureau de tabac.
47:10Ils m'ont dit
47:10« Non, vous avez gagné
47:11une somme supérieure
47:12à 500 euros.
47:13Donc, il faut aller
47:14à la française des jeux
47:15de la grande ville
47:16qu'elle j'habite
47:17parce qu'on est resté à Noni. »
47:19Donc, j'y suis allée
47:20toute contente
47:21en me disant
47:21« C'était plus de 500. »
47:23Je dis « Oh, super !
47:24Ça fera un super petit week-end
47:25avec les enfants. »
47:26Et puis, j'ai vu la dame
47:27qui a lâché son téléphone
47:28dans la prochaine des jeux
47:30et qui m'a dit
47:30« Vous êtes une grande gagnante
47:32et qui m'a marqué
47:33sur un papier
47:33parce qu'il y avait
47:34d'autres gens dans le... »
47:35Voilà.
47:36Ah oui, pour que ça reste discrète.
47:38Mais alors là, attendez,
47:38quand vous découvrez le montant,
47:40qu'est-ce que vous vous dites, Marion ?
47:42Déjà, on n'y croit pas.
47:43On n'y croit pas du tout
47:44parce qu'en plus,
47:44on vous laisse une semaine
47:46sans vous joindre.
47:47C'est-à-dire que vous avez
47:48un dirigeant
47:49de la française des jeux
47:50et qui vous demande
47:52où, etc.
47:53Plein de renseignements,
47:53votre carte d'identité,
47:54pourquoi vous avez
47:55fait ces numéros-là,
47:56enfin une petite enquête.
47:57Et après, pendant une semaine,
47:58on ne vous contacte pas
48:00et c'est horrible.
48:01Et là, la semaine,
48:02elle est monstrueuse.
48:03Mais qu'est-ce que vous vous dites
48:04pendant toute cette semaine-là ?
48:05Alors, vous avez le droit
48:06d'appeler un numéro
48:07si jamais vous avez
48:08des crises d'angoisse.
48:08Donc, moi, je l'ai appelé deux fois,
48:10j'avoue très honnêtement,
48:11en disant, bien sûr,
48:12mais oui, ne vous inquiétez pas,
48:14c'est la procédure.
48:15Et au bout d'une semaine,
48:16quelqu'un de la française des jeux
48:17vous appelle.
48:18Vous avez plein de possibilités.
48:19Soit vous montez
48:20à la française des jeux,
48:21soit ils viennent
48:22dans votre département
48:22et nous, on a fait
48:23quelque chose d'hyper simple.
48:24C'est la personne
48:25qui est venue chez nous.
48:26Et puis, après,
48:27on est allé manger tranquillement
48:28au restaurant avec nos enfants.
48:30Vous l'avez dit à vos enfants ?
48:32Oui, oui, on l'a dit
48:33à nos enfants.
48:33Vous l'avez dit
48:34à d'autres gens ?
48:35Des gens très proches.
48:36Je ne peux pas vous cacher
48:38qu'il y a des gens
48:38qui ont dû s'en douter lourdement.
48:40Ah oui, parce que
48:40vous avez changé
48:41complètement de vie ou pas ?
48:42Pas du tout.
48:43Ah bon ?
48:43Pas du tout.
48:44Non.
48:44On a soldé tous nos crédits,
48:45notre maison.
48:46On a fait tous les travaux
48:49qu'on ne pouvait pas faire.
48:50On a acheté une belle voiture,
48:52une belle voiture,
48:53mais pas non plus
48:54une Porsche,
48:54une Ferrari.
48:56Et puis, on a mis
48:57beaucoup d'argent de côté.
48:58Enfin, l'argent de côté.
48:59On a aidé mes parents,
49:01réglé les dettes de mes parents.
49:03On a mis de l'argent de côté
49:04pour payer des études.
49:05On a la chance
49:05d'avoir trois enfants brillants.
49:08Et je pense que
49:09si on n'avait pas eu
49:10cette chance de la vie,
49:11on n'aurait peut-être pas pu
49:12payer les études
49:13qu'on leur a offertes.
49:14Voilà.
49:14Si on les a mis à l'abri.
49:16Un truc assez stupéfiant
49:17que m'a soufflé Victor,
49:18avec qui vous avez échangé
49:20par téléphone,
49:21c'est que,
49:22donc vous nous le disiez,
49:22vous êtes infirmière,
49:23vous n'avez jamais cessé
49:24de travailler ?
49:24Jamais.
49:25Jamais.
49:26Non.
49:27Et votre mari non plus ?
49:29Non plus.
49:29Il est ouvrier du bâtiment,
49:30il n'a jamais arrêté.
49:31Ah ouais ?
49:32Mais parce qu'on se dit
49:34quand les gens nous disent
49:35« Oh là là,
49:36moi si je gagne l'auto,
49:37j'arrête de bosser
49:38et on se regarde toujours
49:39en disant
49:39« Ben non,
49:40on ne voulait pas changer ».
49:41Bon,
49:42alors c'est sûr
49:42qu'on se faisait
49:43des très belles vacances.
49:46Voilà,
49:46mais sans plus non plus
49:47parce qu'on est des gens simples
49:48et on ne voulait pas
49:49devenir des...
49:51C'est pour ça
49:51qu'on entend des témoignages
49:52des fois de gens
49:53qui gagnent
49:54quand il y a des heures portages.
49:55Je comprends très bien.
49:57On ne comprend pas
49:57quand on est dans cette situation.
49:58Honnêtement,
49:59moi si on m'avait dit
50:00avant de gagner,
50:01moi j'aurais dit
50:01« Ben j'arrête tout,
50:02j'arrête tout ».
50:03Non,
50:03je ne sais pas
50:03parce que quelque part
50:05on est accompli aussi
50:05par son travail.
50:07Oui,
50:07mais bon.
50:09Écoutez,
50:09merci beaucoup Marion.
50:11Rapidement,
50:11on va collerir Yves.
50:12Bonjour Yves.
50:13Oui,
50:14bonjour.
50:14Bon,
50:15alors vous,
50:15vous avez gagné
50:15un peu moins quand même.
50:17Oui,
50:17j'avais le numéro,
50:18le deuxième lot.
50:20Oui.
50:21Combien c'était ?
50:21Il y avait 5 numéros
50:22sans le complémentaire.
50:24110 000 francs.
50:25110 000 francs.
50:26Il y a 40 ans,
50:27c'est ça ?
50:29Il y a 38 ans.
50:30Il y a 38 ans.
50:31Qu'est-ce que vous avez
50:31ressenti à ce moment-là ?
50:34C'était un jour
50:35un peu spécial.
50:37Je partais en vacances
50:38entre le 14 juillet
50:39et le 15 août
50:40et puis j'ai fait
50:42mes 4 semaines
50:43de l'auto
50:46avant de partir
50:47et je suis parti
50:48en vacances.
50:49Et dans ce mois
50:55de vacances,
50:56il y avait
50:56nos 20 ans
50:57de mariage
50:58avec mon épouse
50:59et on était
51:00à Athènes,
51:01on a été se balader
51:02et j'avais mal
51:04à la main
51:06toute la journée.
51:07Ah,
51:07on dit que
51:07quand on se gratte
51:09l'intérieur de la main,
51:09c'est qu'il y a de l'argent
51:10qui arrive.
51:11C'est tout ça.
51:12Je n'ai pas du tout
51:14pensé à ça
51:15tout de suite.
51:16Je me suis gratté
51:17la main
51:17toute la journée.
51:17J'avais mal
51:18à la main
51:18toute la journée.
51:19Mais c'était bien ça ?
51:20Bien sûr.
51:21Quand je suis rentré
51:22et que j'ai été
51:23me faire vérifier
51:24mes tickets,
51:25on m'a demandé
51:26de passer
51:27à la Française des Jeux
51:27pour me faire payer.
51:29En tout cas,
51:29c'était un joli cadeau
51:30pour vos 20 ans
51:31de mariage.
51:32Merci beaucoup,
51:32Yves.
51:33pour...
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