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  • il y a 5 heures
Regardez Les auditeurs ont la parole avec Amandine Bégot du 25 mars 2026.

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00:00Claudine Bégaud sur RTL
00:02Nous sommes libérales, mais c'est pour compte, alors on est encore moins considérés que les praticiennes hospitalières
00:08qui ont des revalorisations de salaire, notamment après le Covid.
00:12On a zéro revalorisation depuis une dizaine d'années, avec tout ce qui augmente autour de nous.
00:17L'essence, nos charges, URSAF et Carpinko qui nous assomment, et nos salaires qui restent les mêmes.
00:22Nous sommes les infirmières de proximité et pourtant c'est nous les oublier.
00:27Le gros coup de gueule d'Alexandra au 3210, nous sommes les laissés pour compte.
00:31Voilà ce qu'elle dit, infirmière libérale, on la retrouvera d'ailleurs dans quelques minutes.
00:36Je voulais absolument qu'on revienne sur ce chiffre, un infirmier sur trois qui envisage de quitter son poste.
00:41Vous savez combien on a besoin des infirmiers, des infirmières, qui plus est avec la population qui vieillit
00:47et des personnes âgées qui de plus en plus sont à domicile.
00:52Si un tiers des infirmiers arrêtent, j'ai envie de vous dire, on est mal.
00:55On va en parler avec vous Virginie.
00:57Bonjour Virginie.
00:58Bonjour.
00:59Vous nous appelez d'où ?
01:01De Hier.
01:02De Hier.
01:0291.
01:04Vous, alors vous, vous avez, j'allais dire, fait tout, tout.
01:09Un peu de tout.
01:10Tout ce qui était possible.
01:11Racontez-nous.
01:13Alors je suis diplômée depuis 2004.
01:15J'ai d'abord été à la PHP sur Paris.
01:19Dans quel hôpital ?
01:20Voilà, en tant que fonctionnaire.
01:22Après j'ai été salariée dans un laboratoire et maintenant je suis libérale depuis 2013.
01:26D'accord.
01:27Et donc vous, c'est une évolution choisie, contrainte ?
01:32Choisie, même si, non non, choisie au départ où j'avais vraiment envie de reprendre, comment dire, de l'importance.
01:39Ce qui est bien avec le libéral, c'est que mine de rien, on est auprès des patients et que
01:44c'est enrichissant pour beaucoup de choses au niveau des pathologies et même du contact.
01:49Mais maintenant le statut libéral, c'est vraiment pas le bon à prendre.
01:54Mais je pense pas non plus que le salarié en tant qu'infirmière, ça soit la bonne chose à faire
01:58non plus.
01:58C'est-à-dire que vous conseilleriez à une jeune diplômée d'aller à l'hôpital plutôt qu'en libéral
02:02par exemple ?
02:03Je conseillerais à une jeune diplômée d'être salariée et pas d'être indépendante.
02:09Pourquoi ? Qu'est-ce qui vous pèse le plus ?
02:11On entendait Alexandra dire « nous sommes les laissés pour compte ». C'est le sentiment que vous avez aussi
02:15?
02:15Oui, on est laissés pour compte.
02:17On est donc au plus près des patients et comme vous avez dit tout à l'heure, c'est une
02:21population qui vieillit.
02:23On se retrouve souvent seul devant eux quand on a des soucis.
02:27Malheureusement, il y a de moins en moins de médecins généraux.
02:30Donc, on a beaucoup de mal à communiquer avec eux dès qu'il y a un souci.
02:34On est seul en fait avec le patient.
02:36Donc, dès qu'il y a un problème, on a beaucoup de responsabilités et parfois, on ne sait pas trop
02:41comment faire en fait.
02:42Et que mine de rien, si on veut garder la population à la maison, il faut nous accorder de l
02:47'importance.
02:48C'est primordial.
02:49Et vous avez l'impression que c'est au-delà de ces questions-là, mais que c'est aussi plus
02:56en plus de paperasse, plus en plus de temps perdu ?
02:59La paperasse, il faut se dire que la paperasse, on la fait souvent, soit sur nos jours de repos, soit
03:05à la pause du midi.
03:06C'est quelque chose qui n'est pas facturé.
03:08On travaille juste pour nous.
03:11Et effectivement, la sécurité sociale est très sur nous.
03:16a beaucoup vérifié.
03:17À côté de ça, nous, on a des problèmes avec les ordonnances qui sont rarement bien formulées.
03:23Ce qui fait qu'on perd du temps avec les médecins.
03:25Eux, on leur fait perdre du temps aussi parce qu'effectivement, ils n'ont pas que ça à faire que
03:28de faire de la paperasse.
03:29Mais en fait, c'est un cercle vicieux.
03:31Et nous, on a mine de rien, même si on est notre propre patron, on a toujours la sécu au
03:35-dessus de nous en fait.
03:37Virginie, vous êtes dans l'Essonne, vous nous le disiez.
03:39Elles ressemblent à quoi, vos journées ?
03:42Mes journées, elles commencent vers 6h du matin jusqu'à midi à peu près.
03:46Après, moi, j'ai une toute petite tournée de l'après-midi
03:48parce que pour ma vie personnelle, il a fallu que je gère mes enfants plus régulièrement,
03:53tous les soirs pour les devoirs et tout ça.
03:55Mais ça dépend des jours.
03:57Ce n'est pas régulier.
03:58Il y a beaucoup d'imprévus.
04:00Il suffit qu'il y ait un patient qui aille mal.
04:01On perd beaucoup de temps et c'est normal chez le patient.
04:07Ceux qu'on a quotidiennement, ils ne sont pas exigeants parce qu'ils connaissent nos habitudes et tout ça.
04:12Ceux qu'on a exceptionnellement, des fois, ils ne veulent pas attendre.
04:15Ils veulent que ça soit à tel moment ou pas un autre.
04:17Maintenant, il y a le problème de l'essence où on essaye de faire moins de détours, mine de rien.
04:22Ça, l'essence, ça pèse ?
04:23Oui, ça pèse.
04:24Les charges pèsent.
04:27Les charges avant, tu prenais 50% pour les charges et 50% pour toi.
04:32Maintenant, on n'en est pas du tout là.
04:34C'est quoi la proportion aujourd'hui ?
04:36Moi, à l'heure actuelle, c'est 40 et 60.
04:40Quand vous gagnez 100, il y a 40 qui va dans votre poche, c'est ça ?
04:44Oui, parce qu'en fait, il y a des années où, vu que ça fluctue et qu'on ne sait
04:47jamais de quoi demain est fait,
04:48il y a des années, tu vas avoir une très bonne année.
04:50Si l'année d'après, tu as une très mauvaise année, tu te fais assassiné par les charges.
04:53Tu n'arrives plus à les payer correctement.
04:55Et donc, en conséquence, tu prends beaucoup de moins sur ton salaire pour pouvoir payer l'URSA.
04:59C'est notre quels retraites.
05:01À l'arrivée, vous vous retrouvez avec quel niveau de revenu, Virginie ?
05:05Une fourchette, mais...
05:06Eh bien, ça dépend des mois.
05:08Ça peut être que 2000.
05:09Ça peut être 2008.
05:11Moi, je n'ai pas une énorme tournée.
05:13Donc, effectivement, j'ai des collègues qui font beaucoup plus.
05:15Mais c'est hyper variable.
05:19Restez avec nous, Virginie.
05:20Je voudrais vous faire dialoguer avec Isabelle.
05:21Bonjour, Isabelle.
05:24Isabelle ?
05:24Oui, bonjour.
05:25Vous êtes, vous, infirmière libérale à Marseille.
05:28Exactement.
05:29Bon, vous entendiez, Virginie, à l'instant, nous parler de ces charges qui augmentent
05:35et du boulot qui augmente, lui aussi.
05:38J'imagine que vous vous retrouvez dans son témoignage.
05:41Oui, exactement.
05:42Disons que je n'ai pratiquement rien à rajouter parce qu'elle a tout dit.
05:46Je ne vais faire que répéter.
05:48Non, mais racontez-moi.
05:49Parce que c'est intéressant.
05:50Alors, moi, j'ai 42 ans de métier, 24 ans en libéral et j'ai 63 ans.
05:58Je dois travailler encore 4 ans jusqu'à 67 ans avec les angoisses du fait de mon corps vieillissant, etc.
06:08On doit assumer un travail très physique avec beaucoup de difficultés de gestion de tournée de patients, de gestion financière,
06:18puisque comme on a parlé, comme on a dit ma collègue, nos honoraires ont baissé.
06:23Il se trouve que pendant le Covid, la Sécurité sociale a changé nos quotations.
06:30Nous avons perdu 20% de nos honoraires, du montant brut de nos honoraires.
06:36Et alors, juste pour qu'on comprenne bien, Isabelle, c'est quoi le soin le plus classique qu'une infirmière
06:41libérale fait au quotidien ?
06:44Le soin classique, c'est la prise en charge d'une personne âgée.
06:47D'accord.
06:48Et alors, ça, c'est facturé combien, oui ?
06:51Alors, justement, la Sécurité sociale a mis en place une nouvelle façon d'évaluer le patient.
06:57Oui.
06:58C'est fait sous informatique, on va dire, via un logiciel.
07:02On n'a qu'à saisir les éléments.
07:05Et comme par hasard, le patient est beaucoup moins rémunéré qu'avant.
07:10Les soins sont beaucoup moins rémunérés qu'avant.
07:12On va dire qu'une prise en charge matin et soir pour un patient est de 36 euros.
07:1936 euros pour y aller deux fois ?
07:21Brut ?
07:22Oui.
07:23Et vous y passez combien de temps ? Du temps, quand même ?
07:25On y passe 40 minutes le matin, une bonne demi-heure le soir.
07:28Et pour faire un salaire correct, il faut avoir au moins 20 visites le matin, 20 visites le soir.
07:34C'est un minimum.
07:35Oui, mais du coup, ça fait des horaires à rallonge.
07:38Ça fait des grandes journées et beaucoup de fatigue aussi.
07:42Et à l'arrivée, vous arrivez à avoir quel salaire ? Avec 20 patients le matin, 20 soirs ?
07:47Après, je peux bien vous dire le salaire, mais ça ne veut rien dire.
07:49Pour avoir un salaire correct, il faut vraiment avoir beaucoup de patients.
07:55Oui, mais c'est quoi un salaire correct Isabelle ?
07:57C'est-à-dire que moi, j'estime qu'on ne fait pas le libéral pour avoir le salaire de
08:00l'hôpital.
08:00Oui.
08:01Donc, avoir au moins 4 000 euros next.
08:04Et on peut avoir plus aussi.
08:06Ça, c'est sûr.
08:06Si on travaille… Si on fait des soins techniques, etc., qui sont des soins de support pour les patients
08:12qui ont des pathologies lourdes comme la cancérologie, etc.
08:15Oui, bien sûr.
08:16Et Isabelle, 20 patients le matin, 20 patients le soir, ça veut dire que vous commencez quoi ?
08:19À 6 heures le matin ?
08:21Ça veut dire qu'on commence à 6 heures du matin.
08:23Oui.
08:24Ça peut aller jusqu'à 13h30, même 14h.
08:26Et après, on reprend à 15h et on finit quand on a fini.
08:2920h, bien sûr.
08:3020h.
08:31Ah oui, donc ça fait de sacrées grosses journées.
08:33Isabelle, Virginie, restez avec nous et vous allez me dire dans un instant
08:36si vous avez déjà songé à arrêter, à tout lâcher et changer de métier.
08:41On se retrouve dans un tout petit instant.
08:42À tout de suite.
08:42Vous souhaitez nous contacter ? Appelez-nous au 3210.
08:4650 centimes la minute.
08:48Jusqu'à 14h.
08:50Les auditeurs ont la parole.
08:52Amandine Bégaud sur RTL.
08:54Et on continue à évoquer le malaise des infirmiers.
08:56Un infirmier sur trois qui envisage de quitter son poste mal-être qui concerne tous les infirmiers,
09:03qu'ils travaillent à l'hôpital ou en libéral.
09:05On est toujours avec vous, Isabelle.
09:06Vous, vous êtes infirmière libérale à Marseille.
09:09Vous avez aujourd'hui 63 ans.
09:12Vous nous disiez qu'on peut arriver à une rémunération correcte, disiez-vous, à condition de travailler beaucoup.
09:23Vous évoquiez 4000 euros.
09:25Il y a peut-être un certain nombre d'auditeurs qui nous écoutent et qui se disent, mais 4000 euros,
09:28c'est énorme.
09:29Qu'est-ce que vous leur répondez ?
09:32Je leur réponds qu'il faut être toujours disponible 7 jours sur 7, 24 heures sur 24.
09:39Qu'il pleuve, qu'il vent, qu'il neige, on est dans la rue.
09:43On voit la misère humaine.
09:46Les patients âgés que l'on voit à domicile, on ne les voit pas dans la rue.
09:50On ne peut pas s'imaginer ce qu'est le désabro...
09:53Enfin, l'horreur de la vieillesse.
09:56Personne ne le sait.
09:57Nous, on le touche du doigt et c'est aussi notre propre reflet.
10:01C'est très difficile psychologiquement d'assumer tout ça.
10:04Et en parallèle, se fatiguer, comme pour mon cas, j'ai 63 ans, mais j'ai encore la pêche.
10:10Mais je veux dire, c'est quand même inhumain un peu d'être obligé de travailler jusqu'à un âge
10:16si avancé,
10:18sachant que les aides-soignantes dans les hôpitaux,
10:20elles ont obtenu la pénibilité de l'emploi en fin de carrière.
10:25Alors que nous, infirmières libérales, on est aussi bien, on fait le travail d'aides-soignantes,
10:29d'expertise infirmière.
10:31On fait le diagnostic infirmier.
10:34On est aussi les assistantes sociales.
10:37On est médiateurs famille, milieu, on va dire.
10:40Oui, parce qu'il y a beaucoup de personnes âgées que vous allez voir,
10:42dont les familles ne s'occupent pas, en fait.
10:44Voilà.
10:46On est dépanneurs aussi.
10:48On est aussi bien les chrétiens que plombiers aussi.
10:51Donc, pour toutes ces tâches,
10:53on n'est pas du tout considérés.
10:55On a eu les petits coups de casserole pendant le Covid.
10:58Ça a été vite oublié.
10:59Et puis, là, on nous a quand même mis une belle loi qui est sortie.
11:02Mais il n'y a pas de décret ni d'arrêté pour la mise en œuvre.
11:06Donc, on ne sait pas si c'est encore des actes gratuits que nous devrons fournir.
11:11Tout ça pour diminuer l'incapacité, pas des généralistes, je ne dis pas qu'ils sont incapables,
11:17mais l'absence sur le terrain des généralistes.
11:19Mais parce qu'ils sont moins nombreux et qu'on sait à quel point c'est compliqué.
11:22Et puis, ils ne veulent plus travailler comme faisaient les anciens généralistes.
11:26Ils ne se déplacent plus à domicile.
11:27Donc, on doit prendre des décisions,
11:30se battre avec les services de SAMU.
11:32Parce que lorsqu'on dit « mon patient a 95 ans »,
11:36ben, il ne vient pas en courant.
11:39C'est malheureux à dire.
11:40Ça vous est arrivé, ça, Isabelle ?
11:41Ah ben oui.
11:43Ah ben oui.
11:43Ça m'est arrivé en me disant
11:45« mais ce n'est pas parce qu'elle a 95 ans ou 98 ans qu'on ne doit pas
11:49la soulager ».
11:50Bien sûr.
11:51Donc, c'est quand même très compliqué.
11:54C'est des belles paroles, vous voyez.
11:57Les gouvernements ont des belles paroles
11:59pour garder les personnages à domicile, etc., etc.
12:04Et nous, à côté, on donne tout.
12:06On donne tout.
12:07Oui, peut-être que quelqu'un qui a entendu 4000 euros,
12:10ils vont dire « mais qu'est-ce qu'elle a à se plaindre ? »
12:12Mais il faudrait faire les tournées avec nous.
12:15Il faut faire les tournées avec une infirmière pour comprendre.
12:18Isabelle, vous disiez « j'ai 63 ans, il faut que je travaille jusqu'à 67. »
12:23Vous vous voyez aller jusqu'à 67 ans comme ça ?
12:26C'est-à-dire, moi, tout ce que je fais, c'est du mental.
12:29Si je dois le faire, je vais le faire.
12:30Et je vais trouver l'énergie.
12:32Mais c'est vrai que c'est un peu abusé.
12:36Voilà.
12:36Parce que le souci, c'est qu'on a des complémentaires santé privés
12:41qui sont très chers.
12:43Moi, je paye 600 euros par mois pour un homme de maladie.
12:46Par mois, en cas d'arrêt de la maladie, c'est ça ?
12:49En cas d'arrêt de la maladie, voilà.
12:51En cas d'arrêt de la maladie.
12:51Parce qu'on rappelle, vous êtes infirmière libérale,
12:53donc en fait, vous êtes à votre compte.
12:55Si demain, vous êtes malade,
12:58vous n'avez pas le droit à l'arrêt de la maladie classique d'un salarié.
13:02Exactement.
13:02Donc, il faut prévoir ça.
13:04Et ça fait 25 ans, entre 400 et 600 euros par mois.
13:08Pour rien, parce que je n'ai jamais été en maladie.
13:11Il y a des exclusions, des motifs d'exclusion qui sont aberrantes.
13:15C'est-à-dire que si on fait un burn-out ou si on a un mal au dos,
13:19c'est une exclusion dans tous ces contrats.
13:21Donc là, vous n'êtes pas prise en charge.
13:22Isabelle, restez avec nous.
13:24Virginie, vous êtes toujours avec nous.
13:25Juste d'un mot, vous avez déjà songé à arrêter.
13:28Vous avez 44 ans, vous, je le rappelle.
13:30Oui.
13:30Moi, je ne me vois pas faire ça jusqu'à la fin de ma vie.
13:33Oui.
13:33Professionnelle, en tout cas.
13:35Oui, forcément, parce qu'on en vient à être dégoûté.
13:37Et là, ma collègue parlait des problèmes de santé.
13:40Pour vous dire, moi, j'ai travaillé en ayant l'appendicite.
13:43Je ne me suis pas arrêtée du week-end.
13:44J'ai refusé de me faire opérer en urgence.
13:47Quoi ? Vous avez travaillé avec l'appendicite ?
13:49Oui, j'ai travaillé.
13:50Mais c'est extrêmement dangereux.
13:51Oui, c'est dangereux.
13:53Mais en fait, on met notre santé de côté, des fois.
13:55Et parce qu'on ne peut pas forcément se faire remplacer,
13:58même si pour ce coup-là, j'aurais pu.
14:01Et parce que je savais qu'à la fin de ce mois-ci et de ce mois-là,
14:05il fallait que je paye beaucoup de charges et que je ne pouvais pas me permettre.
14:08Donc, j'ai pris le risque de ma santé pour pouvoir assurer un minimum
14:12à la fin du mois pour pouvoir payer mes charges.
14:14Oui, ça paraît complètement...
14:16Et ça, c'est dramatique.
14:17Et ça, ça dégoûte du médecin, en fait.
14:19Parce qu'on est là pour soigner les gens,
14:20mais on ne se soigne pas nous-mêmes et on ne s'écoute pas.
14:24Virginie, Alexandra est aussi avec nous.
14:25Bonjour, Alexandra.
14:27Bonjour.
14:27Et bienvenue sur RTL.
14:28C'est la première fois que vous nous appelez, je crois.
14:30Vous êtes, vous aussi, infirmière libérale, en milieu rural, vous ?
14:34Oui, c'est ça, infirmière libérale.
14:36Alors, je rejoins un petit peu...
14:38Où ça ?
14:38Alors, je suis frontalière avec l'Allemagne.
14:42Oui.
14:42Je vais dire Forbach, peut-être que quelqu'un...
14:44Oui, oui, si, si, ça nous parle.
14:46Ça vous parle.
14:47Et donc, vous êtes en milieu rural.
14:49Ça veut dire que vous, vous prenez beaucoup, beaucoup, beaucoup votre voiture.
14:52Oui.
14:52J'imagine.
14:53Oui, beaucoup.
14:54Et vous allez voir des patients qui sont souvent éloignés de leur médecin.
14:59Alors, le souci, c'est qu'on est sur une zone où il n'y a quasi plus de médecins
15:03traitants.
15:04Suite au nombre d'étards à la retraite, les gens doivent faire énormément de kilomètres pour pouvoir avoir un enfant
15:09traitant.
15:10Donc, on doit pallier à tout ça.
15:12C'est nous qui devons aller au-devant des médecins, faire le lien.
15:16Donc, nos collègues, les collègues que j'ai entendus, l'ont déjà dit.
15:21Donc, ça, c'est le côté pénible de notre travail.
15:24Ce qui fait que parfois, on reste même des mois sans se faire payer, le temps d'avoir des ordonnances
15:30de soins parce qu'on prend en charge les gens.
15:32Attendez, des mois sans se faire payer, c'est-à-dire ?
15:35Oui.
15:35Expliquez-moi, Alexandra.
15:36Un exemple tout bête, je prends une patiente en charge.
15:40Donc, on travaille sur des bilans de soins infirmiers qui sont valables une année.
15:44Donc, l'ordonnance s'arrête au bout d'un an, mais nos soins ne s'arrêtent pas, évidemment.
15:49Donc, le temps d'avoir une nouvelle ordonnance, ça peut prendre deux mois, trois mois.
15:54Là, notamment six mois.
15:55Et j'ai enfin reçu une nouvelle ordonnance.
15:58Donc, je suis restée six mois sans être payée pour une prise en charge.
16:02D'accord, et c'est rétroactif au moins ou pas du tout ?
16:04Oui, on a quelques mois, oui, oui.
16:07Non, non, mais…
16:08Oui, oui, mais c'est la réalité du terrain aussi.
16:13Et alors vous, racontez-nous votre quotidien.
16:16Quelle amplitude horaire ?
16:18Alors, j'ai une petite tournée également.
16:21Alors, moi, c'est pour ça que j'ai quitté le milieu hospitalier pour le libéral.
16:25C'était pour ma vie de famille, pour pouvoir m'occuper de ma fille et faire les horaires un petit
16:30peu.
16:30À ma guise.
16:32Donc, j'ai une petite tournée d'une, je dirais, une vingtaine de patients le matin.
16:38Un peu moins le soir.
16:40Je dois faire du 17h, 19h, 19h30.
16:43Mais après, c'est toujours pareil.
16:44Si les gens ont besoin de nous, plus ou moins, on reste, on déborde.
16:48On n'a pas d'heure de fin.
16:50On sait quand on commence, mais on ne sait pas quand on termine.
16:53Et le poids des charges, vous aussi, vous le constatez ?
16:56Tout à fait.
16:57Voilà, on est prise entre nos charges du RSAF, nos caisses de retraite.
17:02La prévoyance dont parlait la collègue, parce qu'elle disait qu'effectivement, elle gagne 4000 euros par mois.
17:07Mais savoir que plus on gagne, plus on paye.
17:09Donc, les prévoyances, ce sont des tarifs à des échelles.
17:15Plus on gagne, plus on paye.
17:18Donc, moi, j'ai choisi de peut-être travailler un peu moins, d'avoir un salaire un peu moins important
17:22pour rester plus ou moins stable au niveau des charges.
17:27Mais là, la principale charge, actuellement, ça reste l'essence.
17:31Ah oui ?
17:32Oui, c'est sûr.
17:33Vous sentez la différence depuis un peu plus de trois semaines ?
17:37Eh bien, c'est ça.
17:38Clairement, là, je ne fais plus un plein en dessous de 100 euros.
17:41On n'a pas le choix.
17:42Alors, on tourne des kilomètres, des kilomètres pour trouver la station la moins claire.
17:46On est aux environs de 2,30 euros, là, aujourd'hui, le litre de gasoil.
17:51Donc, on prend cette augmentation de plein fouet, sachant que notre indemnité kilométrique,
17:57elle, n'a pas pris un centime depuis 2023.
18:01On est à 35 centimes du kilomètre.
18:03Je ne sais pas si on se rend bien compte.
18:06Alexandra, vous avez 37 ans.
18:07Est-ce que vous, vous vous êtes déjà dit « Allez, j'arrête ».
18:11Je me suis dit « Allez, j'arrête », oui.
18:13Mais pour faire quoi ?
18:15Comment quitter la profession, sachant que, comme le disait la première collègue,
18:21nos charges sont rétroactives.
18:22C'est-à-dire que, si je pars aujourd'hui, je vais encore payer toutes les charges pendant toute une
18:27année.
18:28Donc, il faudrait que je trouve un métier qui me permette de me dégager.
18:34Allez, je vais dire, aujourd'hui, je paye 2 000 euros de charges par mois.
18:36Donc, je devrais trouver un métier qui me permette de payer ces 2 000 euros-là,
18:40plus me sortir un salaire.
18:43Oui, donc, pour l'instant, ce n'est pas envisageable.
18:45Mais on est coincé.
18:47Restez avec nous, Alexandra, parce qu'on va continuer
18:49à évoquer la situation des infirmières libérales.
18:52Je voudrais aussi entendre, quand même, des infirmières qui travaillent,
18:55ou des infirmiers, d'ailleurs, qui travaillent à l'hôpital,
18:58même si certains d'entre vous sont passés par là,
19:02qu'on compare et qu'on voit quels sont les autres problèmes.
19:07On va poursuivre les échanges dans un tout petit instant.
19:09Vous pouvez nous appeler, bien sûr, au 3210.
19:1214h, comme chaque jour, sur RTL.
19:14Vous aurez rendez-vous avec l'heure du crime.
19:15Bonjour, Jean-Alphonse.
19:16Bonjour, Amandine.
19:16Et aujourd'hui, une disparition dont on a beaucoup parlé.
19:20Disparition et mort de Laetitia Perret.
19:22Absolument, Laetitia Perret, 18 ans, jeune apprentie serveuse
19:26dans un hôtel-restaurant près de Pornix, dans Loire-Atlantique.
19:30Douce, gentille, volontaire, elle s'évapore après son service du soir.
19:34En quelques heures, parce que là aussi, il n'y a pas beaucoup de suspense
19:37dans cette histoire, en quelques heures, un homme va être interpellé.
19:40Il s'appelle Tony Meillon.
19:42Il a 31 ans.
19:43Il a déjà passé beaucoup d'années en prison.
19:44C'est un multirécidiviste.
19:47Et dans cette affaire, il va se révéler comme l'un des pires criminels français.
19:51Un individu, d'ailleurs, qu'on va penser incurable et qui a toujours un sourire en coin.
19:56Ça va beaucoup marquer les gendarmes et beaucoup marquer les juges.
20:02Il a toujours un sourire en coin quand il témoigne.
20:05Laetitia Perret a subi un calvaire.
20:07Alors, que faisait cet homme en liberté ?
20:08C'est une question qui va se poser.
20:09Il va y avoir beaucoup de polémiques là-dessus.
20:11Laetitia Perret est le tueur au sourire.
20:14Heure du crime, 14h.
20:15À tout à l'heure.
20:16À tout à l'heure.
20:17Jean-Alphonse, nous, on se retrouve dans un instant pour parler du mal-être des infirmiers.
20:22Vous restez avec nous.
20:23À tout de suite.
20:27Merci d'écouter RTL.
20:37Amandine Bégaud.
20:38RTL midi.
20:39Les auditeurs ont la parole.
20:42J'appelle pour vous dire qu'à 56 ans, je vais jeter l'éponge.
20:46Je suis épuisée et rentée, perte par le travail mais pas que,
20:50par l'augmentation des charges, par l'augmentation du carburant
20:55et par, effectivement, aucune reconnaissance.
20:58Si ce n'est de nos patients, je m'arrête au mois de juin et j'en suis assez dégoûté.
21:03Le message de Karine qui, comme un infirmier sur trois, envisage de quitter son poste.
21:08On continue à évoquer ce mal-être.
21:12Bonjour Victor.
21:12Bonjour Amandine.
21:13Bonjour à tous.
21:14Elle n'est pas la seule à dire qu'elle va arrêter Karine.
21:17On a plein de messages sur l'application RTL et sur la page Facebook de l'émission.
21:20Exactement.
21:20Michel nous écrit « Ma femme était infirmière en EHPAD et elle est partie
21:24parce que c'était devenu tout simplement des usines, pas de moyens
21:27et on leur demandait d'en faire toujours plus avec moins.
21:29Et puis Olivier, j'ai 60 ans, j'ai été infirmier pendant 15 ans
21:33et il y a 5 ans, je suis devenu formateur technique pour une entreprise pharmaceutique.
21:37Eh bien, je n'ai jamais regretté mon choix. »
21:40Merci beaucoup Victor.
21:41Bonjour Bruno.
21:43Oui.
21:44Bonjour.
21:45Oui, bonjour.
21:46Vous aussi, vous êtes en cours de reconversion, c'est ça ?
21:50Oui.
21:51Alors, j'ai un parcours un peu particulier.
21:54C'est-à-dire que je suis en arrêt, j'ai été en arrêt depuis 2 ans pour Burnout Professionnel
22:02qui a été reconnu par la CPAM.
22:05J'étais cadre infirmier.
22:07Où ça ? Dans un EHPAD ?
22:10Dans un EHPAD.
22:11Dans un EHPAD.
22:13Et là, depuis 2-3 mois, je suis maintenant à France Travail.
22:18Et depuis, voilà.
22:19Et je pense que je vais essayer de me reconvertir.
22:22Je suis infirmier depuis 1989.
22:26J'ai exercé ce métier avec passion, mais vraiment avec passion.
22:31Et je crois que je suis arrivé au bout.
22:34Je suis arrivé au bout.
22:34Vous l'avez exercé dans le privé, puis en libéral, et ensuite en EHPAD, c'est ça ?
22:40Exactement.
22:41Qu'est-ce ?
22:42Oui.
22:42Allez-y, pardon.
22:43Non, non, non, pardon.
22:43Oui, j'ai commencé ma profession en 1989.
22:47J'étais en hospitalisation à domicile.
22:49Et on était les premiers à soigner les personnes qui étaient atteintes du sida à domicile.
22:57Donc, c'était quelque chose de fort.
22:59Mais à l'époque, on avait encore des moyens.
23:00On avait, voilà.
23:03Moi, depuis 38 ans, j'ai vu se dégrader les moyens.
23:07Et quand vous dites qu'on avait des moyens, ça veut dire quoi ?
23:10Alors, on avait des moyens humains.
23:12Parce qu'en tant que cadre infirmier, je peux vous garantir que vous passez plus de 50% de votre
23:17journée à essayer de trouver des moyens humains.
23:20Avec les peu de moyens que vos directions vous donnent.
23:24Voilà.
23:26Et on avait aussi du temps, du temps, du temps.
23:31Ce qu'on a pu à ce jour.
23:33Aussi bien en libéral.
23:35Alors, j'écoute votre débat depuis tout à l'heure.
23:38Certes, en libéral, vous pouvez gagner bien votre vie.
23:41Moi, je l'ai fait aussi pendant 15 ans.
23:44Maintenant, vous commencez à 6 heures du matin, vous accélérez votre journée parce que de plus en plus, vous êtes
23:51obligés de multiplier les actes pour garder à peu près un niveau de vie.
23:55Ça devient infernal.
23:57Oui, c'est la course permanente.
24:01Et du coup, j'imagine avec ce sentiment parfois de ne pas forcément faire très bien son travail.
24:05Qu'est-ce qui a fait que vous, en EHPAD, vous basculiez en fait ?
24:11Parce que, moi, c'est au moment du Covid.
24:15J'ai géré pendant à peu près trois ans un EHPAD en plein Covid.
24:20En fait, quand vous vous retrouvez seul en tant que cadre, où vous n'avez plus d'interlocuteurs en face
24:25de vous,
24:25c'est-à-dire les hôpitaux qui ne répondent plus, les médecins qui ne peuvent plus se déplacer, plus de
24:31médecins coordonnateurs dans l'EHPAD.
24:33Vous vous retrouvez, vous, en tant que cadre infirmier, à dépasser vos fonctions pour essayer.
24:38Mais au bout, c'est pour essayer de soigner le plus correctement possible, de prendre soin le plus correctement possible
24:44vos patients.
24:44Et ça, ça devient insupportable.
24:47Le jour où vous voyez mourir des personnes qui auraient pu avoir une autre fin de vie.
24:54Voilà, je ne vais pas en dire plus, mais voilà.
24:57Et tout ça fait qu'à un certain moment, vous ne le voyez pas venir.
25:00Moi, ça fait 38 ans, franchement, je pensais finir ma carrière.
25:04Et c'est un médecin qui m'a arrêté.
25:06C'est un médecin qui m'a arrêté parce que je n'y arrivais plus.
25:09Parce que, voilà.
25:12Bruno, restez avec nous.
25:13On va accueillir Karine.
25:14Karine, bonjour.
25:16Oui, bonjour.
25:17Oui, on vous entendait tout à l'heure, on entendait le message que vous nous avez laissé.
25:21Vous disiez que vous avez 56 ans et vous avez prévu d'arrêter d'ici à la fin de l
25:27'année.
25:28Pourquoi ? Parce que c'est physiquement que c'est dur ? Moralement ?
25:32Alors moi, il y a deux choses.
25:35La première, c'est qu'en fait, j'ai un collègue qui a pris sa retraite.
25:38Et donc, on était trois infirmiers, on se retrouve plus qu'à deux.
25:42Et qui, malgré quelques remplaçantes, on a quasiment plus de jours de repos avec ma collègue.
25:49Vous êtes en libéral, vous, hein ?
25:50Oui, moi, je suis en libéral.
25:51On a deux tournées, donc on travaille toutes les deux, tous les jours, tous les jours, tous les jours.
25:56Quand on arrive à cumuler cinq jours de repos par mois, c'est un grand maximum, en sachant qu'ils
26:02ne sont pas tous d'affilée.
26:04Cinq jours de repos par mois, ça, c'est un miracle ?
26:07Oui, en ce moment, oui.
26:09En ce moment, oui.
26:09Oui, oui, tout à fait.
26:11Donc, déjà, il y a ça.
26:14La difficulté, c'est qu'en fait, les remplaçantes ne veulent plus s'installer parce que là, c'est là
26:20l'autre difficulté.
26:21C'est qu'en fait, on est étranglé par les charges.
26:24Et donc, comme je vous disais, moi, en fait, le fait qu'un collègue s'arrête,
26:28eh bien, moi, j'ai augmenté depuis deux, trois ans mon super, parce que c'est toujours pareil.
26:33Comme on était arrivé à un certain niveau, eh bien, comme vous voulez garder ce niveau de vie,
26:37vous êtes obligés de faire un peu plus d'actes.
26:39Et comme vous faites un peu plus d'actes, vous augmentez votre chiffre d'affaires.
26:43Et comme vous augmentez votre chiffre d'affaires, eh bien, vous augmentez vos charges.
26:46Et moi, à l'heure actuelle, je me retrouve à travailler.
26:49C'est-à-dire que je travaille de 6h30 le matin à 19h le soir, en ayant une coupure quand
26:54même, mais de trois heures.
26:55Et que ça, c'est juste le travail effectif avec mes patients, que j'adore, mais voilà.
27:01Et quand j'ai fini, j'ai deux à trois heures de travail administratif minimum par jour,
27:08ce que certains jours, je ne fais pas parce que je suis trop fatiguée.
27:11Donc, du coup, vous le reportez sur les 4-5 jours de repos que vous avez par mois.
27:16Tout à l'heure, j'entendais une infirmière qui disait qu'on passait plusieurs mois sans pouvoir être payée.
27:23Oui, c'est une réalité.
27:25En libéral, vous n'avez pas les moyens de vous payer une secrétaire.
27:28Et donc, quand vous arrivez enfin à vous faire payer les soins,
27:31des fois, vous avez un mois, deux mois, jusqu'à trois mois de décalage.
27:34Donc, ça, c'est une réalité.
27:36Et après, l'autre réalité, c'est que comme vous avez augmenté votre chiffre d'affaires,
27:40que vous avez augmenté vos charges, vous finissez par...
27:43C'est ce qui m'arrive à l'heure actuelle.
27:45Je suis étranglée par les charges.
27:46C'est-à-dire que je ne travaille plus que pour payer mes charges.
27:49Mais ça veut dire quoi ?
27:50Mais Karine, vos charges, c'est quoi ?
27:52En fait, je me mets à la place des dositeurs qui nous écoutent et qui...
27:55En gros, c'est à peu près 1 000 euros d'Ursaf, 1 200 euros de retraite.
28:03Parce que comme j'ai dépassé les 55 ans, je prends une surcote.
28:08Donc, je l'ai au niveau de la retraite, c'est-à-dire la Carpinko.
28:11Je l'ai au niveau de ma prévoyance et donc de mon assurance privée qui a doublé en 2024.
28:17Et ça, c'est combien ?
28:18C'est-à-dire que j'étais à 700 euros par trimestre.
28:22Je suis passée à 1 500 euros par trimestre.
28:26Donc, 500 euros par mois en gros.
28:27En plus, voilà.
28:28Donc, vous ajoutez les 1 000 euros d'Ursaf et vous rajoutez à l'heure actuelle les pratiquement 1 200
28:33euros de Carpinko.
28:36Et là-dessus, vous rajoutez, évidemment, puisque officiellement, je gagne plutôt pas mal ma vie,
28:42officiellement, vous rajoutez les impôts.
28:44Et donc, comme j'ai dépassé une certaine tranche, eh bien, voilà.
28:48Et à l'arrivée, net, net, net, une fois vos impôts payés, vous diriez qu'il vous reste combien, Karine
28:53?
28:54À l'heure actuelle ?
28:54Oui.
28:55Rien.
28:56Une fois vos impôts payés, il ne vous reste rien ?
28:58À aujourd'hui, rien. Je n'ai pas réussi à finir de payer mes impôts 2024.
29:04D'accord.
29:05Rien. Rien. Rien. En ce moment, rien.
29:08Vous avez un loyer ou un remboursement de maison ? Enfin, je ne sais pas.
29:12À l'âge que j'ai, j'ai la chance d'avoir fini de payer ma maison.
29:16Donc, voilà. Et j'ai la chance d'avoir un mari qui travaille.
29:19Et on avait aussi la chance d'avoir mis un petit peu d'argent de côté.
29:23Donc, voilà.
29:23Mais ça veut dire que tout ce que vous gagnez, Karine, part dans les charges et dans vos impôts ?
29:28Oui, tout à fait. À l'heure actuelle, oui.
29:30Bon.
29:30Alors, si j'exagère, peut-être. Il doit me rester, en tout cas, moins de 1 000 euros par mois.
29:36Voilà. À l'heure actuelle, en tout cas, moins de 1 000 euros par mois.
29:39Bon. Vous avez décidé de changer et de vous reconvertir.
29:45Vous allez nous dire dans quel domaine dans un instant.
29:47Bruno aussi, je voudrais savoir ce que vous avez envie de faire par la suite.
29:51On se retrouve dans un tout petit instant. A tout de suite.
30:04Alors, moi, j'ai été infirmière libérale pendant 27 ans. J'ai arrêté à 50 ans.
30:09Je pense qu'on ne se rend pas forcément compte de ce que c'est que d'être infirmière libérale,
30:13d'être face à la douleur, à la détresse, à la mort, d'être tout seul et de la pénibilité
30:18aussi psychologique.
30:20Maintenant que je ne travaille plus, je réalise ce que j'ai vécu.
30:23Le message de Nathalie au 30 de 10 autour de ce mal-être des infirmiers 1 sur 3
30:29qui envisage de quitter son poste. Ce chiffre, il nous a littéralement surpris.
30:34Et depuis tout à l'heure, on entend des infirmiers, des infirmières nous expliquer leur quotidien,
30:39que ce soit à l'hôpital ou en libéral.
30:41Karine, vous, vous allez arrêter, donc vous nous le disiez à la fin de l'année.
30:45Pour faire quoi ?
30:48Normalement, pour devenir assistante médicale, c'est-à-dire que je vais travailler dans un cabinet médical
30:53et que je vais assister à un médecin généraliste qui, en l'occurrence, est un médecin qui fait en plus
31:02de l'apnée du sommeil, l'étude de l'apnée du sommeil et tout ce qui est des explorations fonctionnelles
31:07respiratoires.
31:08Donc, je vais devenir assistante.
31:11En fait, moi, je travaillais dans ce cabinet médical comme coordinatrice
31:17parce que, en fait, c'est une maison de santé.
31:18Donc, j'avais déjà essayé de me trouver une sortie.
31:23Et donc, je travaillais pour eux déjà comme coordinatrice de la maison de santé.
31:27Et en fait, c'est aussi eux qui, en me voyant tous les jours et qui me connaissent,
31:33ont fini par me dire qu'il fallait que j'arrête parce que j'y laissais la peau.
31:37Et je sentais moins, ne serait-ce que par rapport à ma famille, à mes enfants et à mon mari.
31:42Et même moi, tous les jours, je sens que j'ai du mal à me lever et que les journées
31:47sont de plus en plus compliquées.
31:48Alors, c'est physiquement, mais c'est aussi moralement parce que c'est vrai que tout devient compliqué.
31:53En fait, du jour au lendemain, tout devient très compliqué.
31:56Et on n'a pas choisi ce métier-là pour ça, en fait.
31:59Moi, j'adore mes patients.
32:01Je suis très malheureuse de devoir les laisser.
32:04C'est compliqué, d'ailleurs, de trouver des gens qui veuillent me remplacer.
32:06Quelqu'un pour vous remplacer ?
32:08Oui.
32:08Ça, j'imagine.
32:09Oui, c'est ça.
32:11Et voilà.
32:12Bruno, vous, vous nous le disiez, vous êtes toujours en arrêt maladie, je crois ?
32:17Non, non, non.
32:17Je ne suis plus en arrêt maladie.
32:19Je suis actuellement, depuis, à France Travail, maintenant.
32:21D'accord.
32:22Et alors, qu'est-ce que vous auriez envie de faire ?
32:24Il vous reste beaucoup à travailler ou pas, d'ailleurs ?
32:26Alors, moi, également.
32:28Alors, très précisément, pour avoir une retraite à peu près convenable à moins de 2 000 euros par mois,
32:33il faudra que j'aille jusqu'à 66 ans et 9 mois, exactement.
32:38Moi, à ce jour, je pense repartir peut-être sur de la formation.
32:44Voilà.
32:44Après, c'est vrai que j'ai pu me soigner, j'ai pris le temps de me soigner.
32:50Et c'est vrai, de sortir de ce métier m'a permis quand même de voir que c'était absolument
32:55infernal.
32:56Oui, que vous y décidiez votre peau, quoi, en fait.
32:58Exactement, exactement.
33:00Et donc, c'est vrai que je n'avais pas envisagé du tout.
33:03Moi, je pensais finir ma carrière avec ce métier-là.
33:08Et à ce jour, je me suis remis complètement en question.
33:12Et je pense que la formation sera peut-être la porte de sortie,
33:15même en auto-entrepreneur, peut-être, pour finir ma carrière plus sereinement.
33:23Merci. En tout cas, on vous souhaite plein de bonnes choses pour la suite.
33:27À vous aussi, Karine.
33:29Bonjour, Cécile.
33:30Bonjour.
33:32Vous entendez tous ces témoignages, vous aussi, vous êtes infirmière libérale.
33:35Dans quelle région ?
33:37Dans le 06, dans l'arrière-pays-Niçois.
33:39Bon, vous vous retrouvez, j'imagine, dans tous ces témoignages ?
33:42Complètement, complètement.
33:44Complètement.
33:45Qu'est-ce qui vous pèse le plus, vous ?
33:47Ce qui me pèse le plus, c'est les individus infécutifs.
33:51Mes collègues, visiblement, n'en ont pas beaucoup parlé.
33:53C'est-à-dire qu'on a beaucoup d'ordonnances qui sont très mal formulées.
33:57Et donc, on fait les soins, on se fait payer en fonction de l'ordonnance et tout ça.
34:02Et la Sécu estime que, ben non, ce n'était pas ça qu'il fallait coter.
34:06Il fallait parce que nous avons une nomenclature avec des cotations spécifiques.
34:10Et donc, les pirateurs ont dit, ben non, ce n'était pas ça qu'ils ont écrit.
34:16Si c'était ça, ils devaient les 8h302.
34:18Par exemple.
34:19Alors, je ne sais pas si vous mettez votre téléphone trop près ou...
34:22On ne vous entend pas très, très bien, Cécile.
34:24Alors, attendez.
34:25Je vais changer de place.
34:26Est-ce que vous m'entendez mieux, là ?
34:27Oui, là, c'est beaucoup mieux.
34:29Voilà.
34:30Donc, voilà.
34:30Donc, la Sécu, en fait, nous fait des induits.
34:32Mais par exemple, quoi ?
34:34Donnez-moi un exemple.
34:35Ben, par exemple, ben là, j'ai un exemple concret.
34:38On parle du coût de l'énergie et de l'essence en ce moment.
34:41Je viens de recevoir un induit parce que j'ai facturé des kilomètres
34:44qui, selon la Sécu, n'avaient pas lieu d'être parce que c'était soi-disant dans la même agglomération.
34:48Mais pour cette personne-là, je fais 20 kilomètres aller-retour.
34:52Et donc, eux, estiment que je ne dois être payée que 2,75 euros.
34:56Alors que, pour moi, je pourrais facturer des kilomètres.
34:59Mais la Sécu, non.
35:00Là, j'ai un induit de 1 200 euros à facturer, à leur rendre.
35:041 200 euros qu'il faut que vous leur rendiez.
35:06D'accord.
35:06Oui, ils sont remontés sur deux ans.
35:09Voilà.
35:09Et les gens, je les ai choignais.
35:11Je suis allée chez eux, le jour comme la nuit.
35:14Voilà.
35:15Vous avez déjà songé à arrêter ce métier.
35:17Vous avez 57 ans, je crois ?
35:19Je vais avoir 57 ans, mais je ne sais rien faire d'autre.
35:22Je suis trop vieille, maintenant, pour changer.
35:25Et je ne sais pas, si vous aviez aujourd'hui 20 ans, vous referiez ce métier ?
35:28Ah, mais jamais de la vie.
35:29Je suis la première à toutes les gamines qui me disent qu'elles veulent rentrer à l'école d'infirmière.
35:33Je suis très, très bonne pour leur dire de surtout ne pas y aller.
35:36Ah oui, vous leur dites ça, carrément.
35:37Ah oui.
35:38Pas de vie de famille, pas de jours fériés, travail de nuit, pas de maladie.
35:44Parce que même quand vous êtes malade, vous y allez.
35:46Moi, je suis allée travailler avec 42 fièvres, une angine.
35:49Voilà.
35:50Une de mes collègues est allée travailler avec des entorses graves.
35:55Voilà.
35:56Et puis, si on en a une qui est malade au dernier moment, qui nous appelle à 4 heures du
36:00matin en disant,
36:00là, ce n'est pas possible, je ne peux pas y aller, j'y vais, moi.
36:03Et elle y retourne quand même en fin de matinée en disant, non, mais là, ça va mieux, je peux
36:07y aller.
36:08Parce que sinon, elle ne sera pas payée.
36:10On est payé à la tâche.
36:12Donc, voilà.
36:13Et d'ailleurs, tiens, on pourrait redonner un ou deux tarifs des actes.
36:18Ah, mais je les ai sous les yeux.
36:19Allez-y, dites-moi.
36:21Alors, les déplatiers, c'est 2,75 euros.
36:23Les quoi, les quoi, les quoi ?
36:25Les déplatiers.
36:26Oui.
36:26C'est-à-dire que le cas d'aller chez une personne à domicile, c'est 2,75 euros.
36:31D'accord.
36:33Le déplacement à l'air-tour, 2,75 euros.
36:36Brut.
36:36Ah, oui.
36:37Le fait d'aller chez quelqu'un.
36:39Et quoi d'autre ?
36:40Et après, je ne sais pas, qu'est-ce que vous faites le plus souvent ?
36:42Une injection, par exemple, si vous voulez, c'est 3,15 euros.
36:463,15 euros.
36:473,15 euros.
36:483,15 euros.
36:48J'ai amené le coton, l'alcool, la seringue, les deux aiguilles et le conteneur pour récolter les aiguilles, par
36:57exemple.
36:58Bon, écoutez, c'est assez hallucinant.
37:02Quand vous entendez ces chiffres, est-ce que c'est mieux à l'hôpital ? On va retrouver Aurélie.
37:08Oui, je crois qu'on est la réponse, mais on va retrouver Aurélie dans un tout petit instant.
37:13A tout de suite sur RTL.
37:16Merci d'écouter RTL.
37:27Jusqu'à 14h.
37:29Les auditeurs ont la parole.
37:31Amandine Bégaud sur RTL.
37:34Je suis infirmière, puis agricultrice.
37:37Aujourd'hui, partie de l'hôpital depuis maintenant 4 ans.
37:41Je crois que l'État n'a pas entendu le message.
37:43Malgré la période du Covid, je pense que les infirmiers vont de plus en plus mal,
37:48y compris les étudiants infirmiers, qui sont de plus en plus lucides sur les conditions de travail qui les attendent.
37:54Voilà pour ce message au 3210.
37:57Et vous êtes nombreux, très nombreux infirmiers à nous appeler depuis tout à l'heure pour vous faire part de
38:03ce mal-être.
38:04Un infirmier sur trois, je vous rappelle ce chiffre,
38:07car tel vous dévoilait ce matin, envisage de quitter son poste.
38:10On a beaucoup parlé des infirmières libérales.
38:12Je voudrais qu'on entende une infirmière hospitalière.
38:14Bonjour Aurélie.
38:15Bonjour Amandine.
38:16Vous nous appelez d'où ?
38:18Je vous appelle l'Île-de-France.
38:20Je suis actuellement en disponibilité du public et j'ai toujours un devoir de réserve.
38:25Bien sûr.
38:26Parce que je suis toujours considérée comme fonctionnaire.
38:28Il n'y a pas de problème.
38:29Donc vous travaillez à l'hôpital depuis longtemps ?
38:31Moi je suis diplômée depuis 2007.
38:35J'ai quitté l'hôpital public en 2023.
38:39Mon dernier salaire était entre 1900 et 2100 euros net.
38:44Pour combien d'heures de travail ?
38:48Pour l'équivalent de 35 heures.
38:50Mais moi à l'époque je faisais des gardes de 24 heures.
38:53Je travaillais en SMUR dans les camions.
38:56J'ai fait tout le Covid dans les camions.
38:58Donc pour des gardes de 24 heures.
39:00Pour 1900 euros net par mois ?
39:03Voilà.
39:05Et on évoque depuis tout à l'heure ces conditions de travail qui se sont détériorées pour les infirmières libérales.
39:11Elles nous parlent à la fois de leurs horaires, de la surcharge de paperasse, etc.
39:16A l'hôpital vous avez vu les choses se dégrader depuis 2007 t'imagines ?
39:20J'ai vu les choses se dégrader mais à une vitesse hallucinante.
39:26Pendant le Covid on a tous entendu les casseroles, les applaudissements.
39:29Nous à l'époque on disait que ça ne payait pas notre baguette de pain quand on sortait de nos
39:32gardes.
39:33Les applaudissements c'était bien gentil.
39:35Il y a eu certes des revalorisations mais ce n'est pas non plus la folie.
39:40Enfin voilà, quand j'ai fini en 2023 le Covid était déjà passé, la revalorisation était passée.
39:45Ça n'a pas empêché que voilà.
39:47Mais on a en parallèle les fermetures de lits.
39:52Quand on arrive le matin dans des urgences à 7h et qu'il y a déjà 50 personnes sur les
39:55brancaires à 7h du matin un lundi.
39:57dont 90% de personnes de plus de 80 ans avec les fermetures de lits.
40:03On sait très bien qu'elles vont y rester encore quelques heures malheureusement.
40:09Derrière j'ai pris un poste de faisant fonction de bed manager dans un hôpital de province mais proche Paris.
40:17On nous demandait de faire comprendre qu'il fallait faire sortir les patients.
40:22Oui mais on les fait sortir pour aller où ? On ne peut pas les mettre dehors.
40:26avec un hôpital qui continue de fermer des lits.
40:30Voilà et puis on manque de bras, on manque d'infirmières mais on embauche encore plus d'administratifs.
40:36Donc en fait les infirmières et les aides-soignants et les médecins,
40:39on est les petites mains pressurisées entre le trop plein d'administratifs et le pas assez de lits.
40:45On fait quoi en fait ? On soigne les patients comment ?
40:49On ne sait plus et puis on s'en va, on part.
40:53Et donc vous, vous avez arrêté Aurélie ?
40:56Alors moi, actuellement, je fais des vacations mais ça ne me satisfait pas parce que ce n'est pas mon
41:03mode de fonctionnement.
41:04Je n'ai pas fait ce métier-là pour ça.
41:08Mais d'un autre côté, je ne me vois pas repartir.
41:11J'aimerais bien mais je n'arrive pas à trouver le courage de repartir dans un hôpital
41:15et de me refaire pressuriser, comme je vous disais.
41:18Mais puis d'un autre côté, je rêverais de pouvoir me reconvertir.
41:22Mais comme l'ont dit toutes les collègues, finalement, on est la tête dans le guidon.
41:26On ne sait faire que ça.
41:26On a besoin d'argent pour boucler les fins de mois.
41:31Donc on n'a pas le temps de faire des formations.
41:33Et puis lesquelles ?
41:33Et puis ce n'est pas mis à notre disposition.
41:35Et puis en fait, c'est un cercle vicieux.
41:37Puis on continue, on continue.
41:39Jusqu'à ce qu'on finisse à genoux, comme l'a dit un de nos collègues.
41:43Où il y a un restant qui décide de nous arrêter.
41:45Voilà, parce que ça ne va plus.
41:47Merci beaucoup Aurélie pour votre témoignage.
41:50Je voulais aussi qu'on entende Cathy.
41:51Bonjour Cathy.
41:52Bonjour.
41:53Vous êtes infirmière libérale, vous, dans la région de Nîmes, je crois ?
41:56Oui, dans un petit village à côté de Nîmes.
41:58Bon, vous vouliez un peu pondérer ce qu'on a dit depuis tout à l'heure ?
42:02Je suis même un peu honteuse parce que mon discours est diamétralement opposé
42:06à tout ce que j'ai entendu depuis tout à l'heure en faisant ma tournée dans ma voiture.
42:10Donc je ne sais pas si je dois dire ce que...
42:13Mais si, dites ! La parole est libre.
42:17Bon, alors, moi je trouve que déjà ce qu'on a entendu est un petit peu discutable.
42:23Mes collègues ne sont pas très franches dans ce qu'elles disent déjà.
42:28Je les rejoins sur une chose, c'est que nos tarifs sont peu évolutifs.
42:32On est un peu les petits soldats de la CPM.
42:34On a une nomenclature très complexe, donc c'est difficile de dacter nos souhaits.
42:43Ça, c'est une réalité.
42:45Qu'on n'ait pas reconnu, alors moi, je ne trouve pas.
42:47Moi, je trouve que justement, mon métier m'amène au moins de ça, c'est de la reconnaissance.
42:51Je l'exerce depuis... J'ai 54 ans, donc depuis 30 ans, plus de 30 ans,
42:56avec passion et un plaisir, mais alors sans cesse renouveler.
43:00Je ne veux surtout pas changer de métier.
43:03Moi, je trouve, pour ma part en tout cas, ça rejoint mon mode d'exercice.
43:06Moi, je travaille dans un petit village où je ne sors pas,
43:09mais je fais des horaires qui sont bien pires que ce qu'elle décrivait tout à l'heure.
43:12C'est-à-dire, vous commencez à quelle heure le matin ?
43:14Moi, je commence à 6h, moins le quart, 6h, premier patient.
43:17Je finis là, je n'ai toujours pas fini ma tournée du matin.
43:20Je vais reprendre vers 16h jusqu'à...
43:22Hier soir, j'ai fini à 21h30.
43:24Je veux dire, en libéral, on veut gagner de l'argent.
43:25Là, on fait des heures, c'est normal.
43:27Et les filles quittent l'hôpital pour ça,
43:29pour avoir plus de temps libre en gagnant mieux leur vie.
43:32Il faut quand même être honnête.
43:33À un moment, je trouve que c'est très malhonnête,
43:35ce qu'on entend depuis tout à l'heure.
43:36Mais vous gagnez combien à la fin du mois, Cathy, avec ces horaires-là ?
43:415 000 euros net ?
43:42Oui.
43:43Et quand on entendait, notamment Alexandra, parler du poids des charges ?
43:48Évidemment que je paye 6 000 euros, 6 ou 7 000 euros de charges.
43:51Évidemment.
43:52Mais évidemment.
43:53Mais il faut savoir ce qu'on...
43:54Enfin, moi, je ne sais pas.
43:56C'est très sociétal, tout ça, de toute façon.
43:59En France, on a du mal à dire combien on gagne.
44:01On a du mal à dire ce qu'on fait pour le gagner,
44:02surtout quand on est entrepreneur individuel comme nous.
44:05C'est notre cas.
44:06Quand on est à notre compte, on n'ose pas dire tout ça.
44:09Mais en libéral, si on veut bien un peu se donner la peine,
44:12on gagne très bien notre vie avec un bac plus 3.
44:14Il faut aussi dire ça.
44:16On n'a personne à faire quelques ans d'études pour être infirmière.
44:19Il faut aussi recentrer ça.
44:20Moi, je trouve que je gagne très, très bien ma vie pour le peu d'études que j'ai faites,
44:23finalement.
44:24J'ai fait une école d'infirmière qui a duré 3 ans après le bac.
44:26Je ne sais pas si il y a beaucoup de formations qui peuvent offrir ça en se mettant à son
44:30compte.
44:31Merci beaucoup, Cathy.
44:33Je voulais absolument qu'on vous entende parce que c'était aussi important de nuancer.
44:36Et ça ne remet absolument pas en cause les difficultés qu'on a évoquées pendant toute cette heure
44:42et la souffrance d'un certain nombre d'infirmiers qui nous ont appelés.
44:46Au contraire, c'était important de dire les choses.
44:48Dans un instant.
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