00:03Bonjour Maud Bréjou, le carburant est quasiment à son plus haut niveau historique hier aujourd'hui à la pompe.
00:09Je me doute que vous n'allez pas dévoiler les annonces que se réserve le Premier ministre jeudi,
00:13mais est-ce que vous pouvez nous dire, est-ce que ce seront des aides ciblées ou des aides générales
00:17?
00:17Oui, ce que je peux vous dire, c'est la logique qui est la nôtre.
00:19D'abord, ce sera des aides ciblées, c'est le choix qu'on a fait depuis le début,
00:22qui est le choix le plus efficace pour nous, aider les secteurs d'activité les plus exposés,
00:27parce que derrière ce sont des emplois et ce sont donc les salaires des Français,
00:30et aider les Français les plus modestes et notamment les gros rouleurs comme nous l'avons déjà fait.
00:35Et ensuite, il y a une logique de temporalité.
00:37En mars, on a mis en place des aides pour avril, en avril, on a déployé des aides pour mai,
00:42et donc là, on va annoncer les aides pour juin.
00:44Pourquoi est-ce qu'on fait ça ? Parce qu'on est dans une situation qui est extrêmement volatile,
00:48et donc on doit adapter autant de possible les mesures de soutien que l'on prend.
00:53En tout cas, on s'adapte à une situation géopolitique qui est extrêmement incertaine,
00:59chacun le voit bien, mais avec une ligne directrice, des aides ciblées,
01:02et ne pas laisser tomber les secteurs d'activité les plus exposés,
01:05et les Français qui roulent le plus et qui sont le plus en difficulté.
01:08Oui, mais il y a beaucoup de Français qui roulent et des aides ciblées, c'est bien,
01:11mais là, il y a maintenant, tous les Français subissent 30, 40, 50% d'augmentation du prix du carburant,
01:16depuis maintenant presque 80 jours.
01:18Et on est tout à fait conscients que, pour beaucoup de nos concitoyens, c'est difficile,
01:22ils subissent directement les hausses du prix à la pompe,
01:26et donc on fait, encore une fois, ce choix, qui est un choix responsable,
01:30qui n'est peut-être pas le choix, je termine, le plus populiste,
01:33mais qui consiste à cibler, à aider ceux qui en ont le plus besoin,
01:37tout en étant respectueux...
01:38Aider les gens, c'est du populisme ?
01:39Tout en étant, je termine ma phrase, respectueux des finances publiques.
01:43Parce qu'encore une fois, on a un déficit à tenir, 5%, c'est un objectif qui est important,
01:48c'est ce qui nous permettra demain de continuer à investir dans les services publics,
01:52de continuer à investir dans l'électrification, de ne pas augmenter l'impôt des Français,
01:56et il faut bien comprendre que ce qu'on dépense aujourd'hui, on va devoir l'économiser demain.
02:02Et donc, il y a cette logique d'efficacité et en même temps de responsabilité à trouver quand on est
02:06au gouvernement.
02:06Les 50 euros promis pour les gros rouleurs ne sont toujours pas versés, c'est pour quand ?
02:12C'est une histoire de quelques jours, il y avait un peu de délai logistique pour la mise en place
02:19de la plateforme,
02:20mais là encore, que ce soit pour les agriculteurs, que ce soit pour le BTP, que ce soit pour les
02:25pêcheurs,
02:25que ce soit pour les transporteurs...
02:26Là, je vous parle des 50 euros pour les gros rouleurs.
02:28L'ensemble des dispositifs ont été enclenchés, et donc on suit ça évidemment avec la plus grande vigilance.
02:34L'objectif, c'est que toutes les aides qui ont été mises en place soient versées le plus rapidement possible.
02:40La loi d'urgence agricole arrive à l'Assemblée nationale. Réautorise-t-elle l'usage de l'acétamipride ?
02:46Non, et ce n'est pas le choix qu'a fait le gouvernement. D'abord parce que vous savez qu
02:51'il y a eu une mobilisation populaire
02:53qui a été extrêmement importante, plus de 2 millions de signataires, je crois, sur une pétition il y a environ
02:58un an.
02:59Et ensuite parce qu'on a estimé que l'urgence pour les agriculteurs, c'était de répondre à des sujets
03:05extrêmement concrets.
03:06La question de l'accès à l'eau, la question de la possibilité de développer des élevages par exemple,
03:10la question de la protection vis-à-vis des vols, pour ne citer que cet exemple.
03:15Et donc si aujourd'hui, dans l'Assemblée qui est la nôtre, et avec le Sénat qui est le nôtre,
03:20on veut réussir à faire avancer, là encore une fois, des mesures extrêmement concrètes,
03:25sans promettre le grand soir, sans avoir des grands débats programmatiques,
03:28mais en changeant concrètement les problèmes des agriculteurs dans les fermes,
03:32il faut qu'on arrive à avoir des mesures les plus consensuelles possibles.
03:35Mais le gouvernement, si le Sénat réintroduit l'acétamipride, ce qui n'est pas impossible,
03:38vu la composition politique du Sénat, le gouvernement s'y opposera ?
03:41Nous on dit deux choses. On dit d'abord, si on veut que ce texte arrive au bout,
03:46il ne faut pas y introduire des mesures qui empêcheront tout vote à la fin.
03:51Je pense que chacun comprend bien ça.
03:53Puis ensuite, moi je le redis, et là je parle à titre personnel, si je puis dire,
04:00il y a eu deux millions de signataires sur cette pétition.
04:02On a tous été interpellés, moi j'étais députée avant,
04:05on a tous été interpellés dans nos circonscriptions.
04:07Les Français ont été inquiets pour une part d'entre eux,
04:11et donc on doit aussi entendre l'inquiétude que nous a remonté une partie de la population.
04:16Je crois qu'aujourd'hui, il y a des urgences, je le redis, sur l'excès à l'eau,
04:19sur la question de la prédation, sur la question de la possibilité de développer les élevages,
04:23sur lesquels on peut avancer, sans s'emparer de sujets aussi abratifs.
04:28Le gouvernement a fait le choix d'écouter les pétitionnaires contre ce pesticide qu'est l'acétamipride.
04:34Mais là, des pétitionnaires, vous savez, il y a eu deux millions de personnes qui ont signé cette pétition.
04:37Je pense qu'il y a eu bien plus de deux millions de Français qui ont été inquiets par cette
04:40mesure.
04:40– Patrick, on apprend ce matin que de nouvelles plaintes vont être déposées
04:44dans les jours qui viennent contre Patrick Bruel.
04:47C'est l'avocate de Flavie Flamand qui l'annonce.
04:50Beaucoup de plaintes, beaucoup de témoignages.
04:52Il est bien sûr présumé innocent, Patrick Bruel.
04:56La justice se prononcera.
04:58En tant que femme, comment ces nombreux témoignages sur le comportement de Patrick Bruel vous font réagir ?
05:05D'abord, permettez-moi de m'exprimer en tant que porte-parole du gouvernement pour le dire en une phrase
05:09que ce n'est pas au ministre de traiter cette affaire, c'est à la justice de traiter cette affaire.
05:16Cela va de soi.
05:18Ensuite, j'entends dans les témoignages qui ont été remontés, qui ont été relatés par la presse
05:22et qu'on découvre jour après jour des comportements et des faits qui, bien évidemment, peuvent interroger
05:27et qui, bien évidemment, peuvent choquer.
05:29Maintenant, mon rôle, ce n'est pas de dire si ce qui est dit aujourd'hui est vrai ou pas,
05:34c'est de dire deux choses.
05:35D'une part, la justice doit pouvoir faire son travail sereinement
05:39et d'autre part, on doit continuer à apporter dans la parole publique
05:43des messages extrêmement clairs qui encouragent les femmes à parler,
05:48même des dizaines d'années après, même si c'est difficile.
05:53Mais on doit apporter ce message-là.
05:55C'est, je crois, une des grandes révolutions du XXIe siècle.
05:59Encourager les femmes à parler, si on ne les croit pas, ça ne sert à rien.
06:02Les femmes qui témoignent, a priori, vous les croyez ?
06:04Moi, je les écoute.
06:06Et c'est ensuite à la justice de retracer la véracité des faits.
06:11Vous diriez, il a décidé de continuer à se produire.
06:13Pour autant, je le redis, on doit tous œuvrer à un système qui permet,
06:19que ce soit un système politique, un système médiatique, un système judiciaire,
06:23qui permet aux femmes qui ont été victimes de violences sexistes et sexuelles
06:28de s'exprimer, de le dire sur la place publique et d'être entendu par la justice.
06:32Il a décidé de continuer, il joue au théâtre en ce moment,
06:35il a décidé de continuer de jouer, de continuer des concerts.
06:38Vous iriez le voir ?
06:41Je ne crois pas.
06:42Je ne crois pas et je le dis, c'est une...
06:44Il est tout à fait libre de le faire, vous l'avez dit dans votre propos.
06:49Mais il devrait arrêter ?
06:50Pour autant, aujourd'hui, j'estime que la priorité est à la justice
06:58et au fait que la justice se prononce.
07:01Il devrait arrêter de chanter ?
07:02Ce n'est pas à moi de le dire.
07:03Je pense qu'encore une fois, il y a un cadre, c'est le cadre légal.
07:06Le cadre légal, c'est le suivant, Patrick Bruel a le droit de continuer à se produire.
07:11Et chacun, vous et moi, les Français qui nous écoutent ce matin,
07:14sont libres d'y aller ou pas, tout simplement.
07:18Maude Bréjoun, porte-parole du gouvernement et ministre déléguée à l'énergie invitée des 4V.
07:22Bonne journée tout le monde.
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