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  • il y a 4 mois
Aujourd'hui, dans « Les 4V », Gilles Bornstein revient sur les questions qui font l’actualité avec Boris Vallaud, président du groupe PS (NFP) à l'Assemblée nationale et député des Landes.

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Transcription
00:00Madame, bonjour et bonjour à tous. Bonjour Boris Vallaud. Dans une heure, vous serez dans le bureau du Premier ministre.
00:08Merci d'avoir fait un détour par les 4V avant. C'est pour lui dire au revoir ?
00:14C'est pour lui dire les motifs qui nous conduiront à voter contre la confiance à son gouvernement.
00:21Dire avec netteté les désaccords qui sont les nôtres. Je ne sais pas s'il y aura des choses à nous dire,
00:25puisque je l'ai beaucoup entendu dans les médias ces derniers jours et je n'ai pas trouvé la moindre écoute.
00:32Est-ce que je m'en étonne ? Non. Dans le grand silence de l'été, il n'a pas décroché son téléphone pour personne, d'après ce que je comprends.
00:40Le président de la République vous a appelé, il a appelé l'un de vous parce qu'Olivier Fort a dit qu'on est disponible.
00:44Non, non, non, on n'a reçu aucun appel. Mais je conçois qu'avant lundi soir, il soit compliqué pour lui de prendre son téléphone.
00:51Si vous gouvernez, vous vous engagez, vous avez dit, à ne pas utiliser le 49.3, c'est-à-dire à trouver texte après texte des majorités dans l'Assemblée.
01:01Votre projet de budget, pareil, il devra être discuté. Donc est-ce qu'on doit comprendre qu'il n'est pas à prendre ou à laisser, qu'il est amendable ?
01:08Mais nous croyons au débat parlementaire, au débat démocratique. Nous croyons à la possibilité du compromis.
01:15Mais nous croyons surtout à la nécessité d'un changement de politique. Parce que ce qu'il faut dire aujourd'hui, c'est que la politique conduite depuis 8 ans nous a menés dans l'impasse,
01:24dans la crise économique, financière, sociale, dans laquelle nous sommes. Que cette politique a été battue il y a un an, dans les urnes, qu'il y a une aspiration forte au changement.
01:34Que les propositions qui ont été faites le 15 juillet par l'actuel Premier ministre conduisent selon l'OFCE, c'est-à-dire un organisme économique de recherche indépendant,
01:44à écraser... Et alors, ça ne le disqualifie pas pour autant. Parce que les résultats, vous les connaissez, c'est une explosion de déficit, c'est une explosion de la dette,
01:54C'est une balance des paiements qui n'a jamais été aussi déficitaire. C'est un échec. Eh bien, nous avons besoin, en effet, d'un changement de cap.
02:06Nous avons besoin de mettre à contribution celles et ceux qui le peuvent. Les très hauts patrimoines qui ont été épargnés depuis des années.
02:12Nous avons besoin de soutenir le pouvoir d'achat des Françaises et des Français qui travaillent, et en particulier des plus modestes.
02:18C'est la raison pour laquelle nous proposons, pour ceux qui ont un salaire entre le SMIC et 1,4 SMIC, c'est-à-dire jusqu'à à peu près 2 000 euros par mois,
02:26des mesures de pouvoir d'achat fortes par une baisse ciblée de la CSG. Pour une personne au SMIC, ce serait 900 euros de plus par an.
02:33Ça n'est pas rien pour soutenir la croissance, soutenir la vie de celles et de ceux pour lesquels, souvent, la fin du mois, ce n'est pas le 30, mais c'est le 15.
02:40Vous parlez des Français. Il se trouve que l'Assemblée nationale est ce qu'elle est. Elle a été voulue par les Français. Il faudra trouver une majorité.
02:47Donc, puisque vous dites, vous croyez aux vertus du débat parlementaire, je voudrais comprendre ce qui est négociable ou ce qui ne l'est pas.
02:53Ne pas suspendre la réforme des retraites, est-ce que c'est négociable ?
02:57Mais vous savez, nous allons débattre de tout.
03:00Y compris de ça.
03:01Nous allons débattre de tout et nous allons tout défendre.
03:02Y compris de ça.
03:03Et nous allons tout défendre.
03:04Vous allez tout défendre, mais vous allez tout dire.
03:06Vous allez le défendre de bien fonder d'un retour à la réforme qui était celle de Mme Touraine, c'est-à-dire la retraite à 72 ans.
03:15Parce que ça a été une brutalité démocratique dans le mode d'adoption et que c'est une injustice sociale sur le plan des effets que ça a produit sur les carrières longues, sur les carrières pénibles, sur beaucoup des carrières qui ont des carrières de femmes.
03:27Donc, nous savons, et ce n'est pas un reproche à faire aux socialistes, nous nous sommes posés dans l'opposition la question de ce qu'était exercé l'opposition.
03:36À chaque fois, vous m'expliquez le bien fondé de ce que vous proposez.
03:40Bien sûr, mais ne me reprochez pas d'expliquer aux Français, avant que de parler d'éventuelles discussions qui n'ont pas encore eu lieu parce que nous ne sommes pas encore au gouvernement,
03:52de ne pas expliquer ce que nous défendons auprès des Françaises et des Français.
03:55Et donc, je crois que c'est le préalable convaincre et puis dire à ceux dont la politique a échoué, à ceux et celles dont la politique a été battue dans les urnes,
04:04qu'il faut changer de cap avec plus de justice, plus de sérieux budgétaires, parce que ce qui est proposé, c'est d'écraser la croissance et de faire monter le chômage aujourd'hui.
04:17Évidemment, on ne peut pas souscrire à cette proposition. Mais pardon, vous savez, depuis longtemps, et même dès 2022, je me suis posé la question de savoir comment on pouvait faire fonctionner
04:26une Assemblée sans majorité. Comment nous pouvions faire vivre ce parlementarisme de fait ? J'y crois. C'est le changement de méthode en même temps que le changement de politique que nous proposons.
04:35C'est le sens du renoncement au 49-3, c'est-à-dire l'obligation faite au Parlement de trouver un chemin.
04:44Vous dites qu'on va discuter avec tout le monde. Quel est le périmètre de la discussion ? Vous discutez avec tous les groupes, y compris le Rassemblement national ?
04:51Nous discutons avec toutes celles et ceux qui ont été élus dans l'élan de Front républicain. Vous savez, il y a une majorité dans cette Assemblée.
04:58C'est celles et ceux qui ont été élus pour faire barrage à l'extrême droite.
05:02Donc vous ne discuterez pas ?
05:03Et nous ne pouvons, ni les uns, ni les autres, ne jamais oublier les conditions de notre élection.
05:08Fidèles à nos électeurs de premier tour, nos orientations de gauche, fidèles à nos électeurs de second tour.
05:12Vous ne discuterez pas avec le Rassemblement national ?
05:14Non, je ne l'ai jamais fait.
05:15Est-ce que vous voulez ? Pierre Mendès-France, par exemple, lors de son investiture, avait dit « je refuse d'être investi » en l'occurrence par des voix communistes.
05:22Et il avait déduit de sa majorité les voix communistes.
05:24Est-ce que vous vous engagez, si vous discutez, à ne jamais faire passer un texte avec les voix du Front national ?
05:30Mais monsieur, depuis que je suis élu, je n'ai jamais voté un texte du Rassemblement national, quel qu'il soit.
05:38Et nous ne solliciterons jamais les voix du Rassemblement national.
05:42Mais vous savez, chacun est libre de son vote.
05:43Ce n'est pas moi qui choisis.
05:44Mais je peux dire que je les refuse, et je les refuse.
05:48Et puis par ailleurs, constater le vote qui est le leur.
05:51Mais ce que je veux dire aujourd'hui, c'est que nous proposons à la fois un changement de politique.
05:57Juste.
05:57Parce que la politique proposée jusqu'à présent, elle est injuste.
05:59Vous l'avez dit et redit.
06:00Oui, mais c'est important de le dire et de le redire pour en convaincre peut-être le président de la République s'il devait continuer de douter.
06:07Vous souhaitez un gouvernement de gauche chimiquement pur, si je puis dire, PC, PS, écolo.
06:12Alors je voudrais juste vous dire que ça, ça fait 121 voix.
06:15Le gouvernement sortant va tomber pour sa faiblesse.
06:19Pas assez soutenu.
06:20Il y avait 210 députés qui le soutenaient.
06:23Comment un gouvernement soutenu par 121 députés peut-il tenir à là où un gouvernement soutenu par 210 a échoué plusieurs fois ?
06:30Parce que nous changeons de politique et nous changeons de méthode.
06:33Nous changeons de politique, c'est ce qui est attendu.
06:35Ça ne change pas le fait qu'il y ait 121 députés pour nous soutenir.
06:38Ce qui est demandé par les Françaises et les Français.
06:40Et ça, tout le monde doit l'entendre, même le Bloc central.
06:43Par ailleurs, j'entends beaucoup de critiques du Premier ministre dans le Bloc central.
06:46J'entends beaucoup d'appels aux partis socialistes de leur part.
06:49Eh bien, nous leur disons qu'à cela ne tienne, nous allons exercer le pouvoir et il vous faudra vous prendre vos responsabilités
06:54et accompagner ce changement qui est attendu par les Français, cette politique de justice, de préparation de l'avenir,
07:01de soutien à notre tissu économique dans les territoires, à l'investissement productif, à la souveraineté industrielle.
07:07– Parce que ma question concernait le gouvernement.
07:09Vous me confirmez que vous souhaitez un gouvernement de gauche.
07:10– Je ne demande pas à ceux qui ont été macronistes de devenir socialistes.
07:16Ils ne le seraient pas ou ils feraient semblant.
07:19Je ne suis pas en train de solder des accords, ils subsisteront.
07:22Je ne suis pas en train de créer d'autres alliances ou un autre périmètre.
07:26Je suis en train de dire qu'il y a un front républicain à l'Assemblée nationale.
07:29Il y a une nécessité, parce qu'il n'y a pas de majorité absolue, de trouver des majorités texte par texte, y compris sur le budget.
07:37Et nous le ferons avec l'exigence du changement, avec l'exigence de la stabilité de la justice.
07:43Moi, je ne veux pas qu'on fasse payer aux malades, qu'on fasse payer aux retraités, qu'on fasse payer aux chômeurs,
07:49qu'on fasse payer à celles et ceux qui n'ont que leur force de travail pour vivre, les cadeaux faits à d'autres qu'à eux-mêmes
07:53et qu'on exonère les grands patrimoines.
07:55Les 500 premières fortunes de France, il y a 15 ans, c'était 10% du PIB, c'est 40% aujourd'hui.
08:00Merci beaucoup Boris Vallaud, en route vers Matignon pour aller voir le toujours Premier ministre.
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