00:00– Allez, on voulait continuer à vous parler de fiction, peut-être pas, tiens.
00:03On a les deux camps qui poussent à la guerre, on a un côté, l'Iran,
00:05qui provoque en quelque sorte les Émirats arabes unis,
00:07en envoyant un signal avec ses attaques de drones aujourd'hui,
00:10et puis de l'autre, Washington, c'est ce que rapporte le Télégraphe.
00:13– Oui, le Télégraphe, on incite les Émirats à s'engager davantage dans la guerre,
00:18en s'emparant notamment de l'île de l'Avent, voilà.
00:21Donc ça, c'est l'entourage de Donald Trump qui rapporte ça, l'île de l'Avent.
00:27On leur a dit, allez la prendre, allez la prendre.
00:29Ce seraient les Émirats arabes unis qui seraient déployés sur le terrain,
00:33et non les États-Unis.
00:35Maneli Mirkan, ça veut dire qu'on reprendrait la guerre,
00:38mais en envoyant finalement les alliés du Golfe en première ligne,
00:42à commencer par les Émirats arabes unis.
00:44– Oui, alors reprendre la guerre dans le Golfe Persique,
00:47en créant une espèce de coalition de ces pays qui devient…
00:51– Regardez où elle se trouve, l'île de l'Avent, pour bien situer.
00:53– Effectivement.
00:54– On est tout à fait à l'ouest du détroit d'Hormuz.
00:56– Exactement. Alors on sait que ces pays ont une force militaire en termes d'équipement,
01:03mais n'ont pas de force vraiment d'exécution,
01:06ils n'ont pas d'hommes, de moyens humains en fait au service.
01:09Donc c'est plutôt des rhétoriques qui servent à faire monter la sauce, je pense,
01:15de la même manière que les Iraniens de l'autre côté ce soir incitent les Omanais
01:20à envahir les Émirats. De part et d'autre, on est en train de s'envoyer des signaux.
01:25Moi je ne pense pas que là-dessus, vraiment, ils soient sérieux.
01:29Je pense que c'est plutôt effectivement des rhétoriques de la même guerre de communication.
01:34– Il n'y a pas une volonté de la part des Américains de dire aux Émirats arabes unis,
01:37« Engagez-vous davantage ».
01:39– Les Émirats ne pourraient pas apporter une force militaire véritablement aux Américains.
01:44La force militaire, c'est les Américains qui l'ont.
01:46Si les Américains veulent avoir des alliés militairement,
01:49c'est plutôt des alliés comme l'OTAN ou des alliés un peu militaires vraiment forts.
01:57Pas les Émirats.
01:58En revanche, les Émirats, pour servir d'alliance côtière en fait sur le défaut,
02:04effectivement, ils ont un rôle à jouer et ils ont un rôle de résistance en fait.
02:08L'enjeu pour les Américains, encore une fois, c'est de gérer la riposte iranienne.
02:13Et pas tant au niveau attaque.
02:15Au niveau attaque, ils ont les moyens de procéder.
02:17Mais quelle sera la riposte iranienne ?
02:19Et comment ces pays-là peuvent accepter cette riposte ?
02:21Ils peuvent la gérer, c'est ça en fait qui est en jeu.
02:23Je reviens juste par rapport à votre question au sujet de ce tweet
02:27de Trump.
02:28Je suis d'accord avec tout ce qu'on a dit,
02:29mais je pense qu'il y a un autre message très fort
02:32sur ce drapeau américain déployé sur toute la région.
02:35C'est parce que la position américaine est mise à mal
02:40géographiquement et globalement dans la région par les Iraniens.
02:42Les Iraniens, aujourd'hui, ont parlé de ces cinq points évoqués.
02:46En fait, ils ont un point qui précède tous ces points-là.
02:49C'est la sortie des Américains de toute la région.
02:53Et là, les Américains sont en train de dire
02:54« Non, on est là et pour être là,
02:56quelque part, qu'ils frappent ou pas,
02:59ils sont là. »
03:00C'est-à-dire qu'ils veulent faire communiquer ce message.
03:02« On a nos alliés, on a nos protectorats,
03:05on est tout autour. »
03:05Vous avez remarqué que le drapeau va jusqu'en Afghanistan.
03:07Oui.
03:09Effectivement, ça vole très haut et très bas.
03:12Ça vole très haut et très bas.
03:13Mais c'est aussi une réponse aux Iraniens
03:15pour dire « Non, on va rester là, on est là. »
03:18Et puis, ils jouent effectivement avec les pays du Golfe
03:20de la même manière que les Iraniens jouent à les diviser.
03:23Vous voyez comme ça, Guillaume Ancel ?
03:24Oui, avec des États-Unis, au fond, qui expriment leur solitude.
03:28Au Moyen-Orient, ils sont seuls.
03:30Il n'y a qu'Israël, mais qui est un 51e État des États-Unis,
03:35qui se bat avec eux.
03:36Mais il n'y a aucun pays qui veut participer à cette guerre.
03:39Les pays européens les ont quand même taclés.
03:41Et même les pays de l'OTAN, non européens,
03:43qui ont toujours été très fidèles, comme l'Australie, la Nouvelle-Zélande,
03:46disaient « Attendez, qu'est-ce que c'est que cette histoire de participer à ce conflit ? »
03:49Moi, je pense qu'aujourd'hui, les États-Unis sont dans une forme de solitude
03:53dans cet impasse, que personne ne se presse pour venir les aider,
03:56parce que personne ne comprend pourquoi ils sont lancés dans cette guerre.
03:59Et que quand Trump essaye de pousser des pays du Golfe
04:03à aller faire la guerre avec lui, c'est surtout pour sortir de sa solitude.
04:06Parce que, comme tu l'as noté, militairement, les Émirats arabes unis
04:10ne peuvent pas se lancer dans une offensive contre l'Iran.
04:13Là, tout à l'heure, on montrait l'île dans le Golfe Persique.
04:16Vous voyez, c'est tellement proche des côtes iraniennes
04:17que, de toute façon, ce ne seraient que des supplétifs de l'armée américaine.
04:22Ils ne pourraient rien faire sans un énorme dispositif de force américain.
04:26Donc, en plus, les Émiratis seraient accusés d'être désormais
04:30les portes-flingues des États-Unis. Ce serait ridiculement.
04:32Alors, justement, Guillaume, sur cette solitude aussi
04:35dans le Golfe des Émirats arabes unis, frappés donc aujourd'hui par ce drone,
04:40on s'interroge sur le fait, est-ce que les Émirats ont tenté
04:44d'inciter leurs voisins du Golfe au début de la guerre
04:46à s'unir pour frapper l'Iran ?
04:48On en parle parce que c'est le journal Bloomberg qui nous révèle ces informations.
04:51Le président des Émirats arabes unis aurait eu une série d'entretiens
04:54avec ses voisins du Golfe en vain, aurait tenté de convaincre
04:58l'Arabie Saoudite et le Qatar de s'unir contre l'Iran sans succès.
05:04Comment expliquer que face à un ennemi commun, l'Iran,
05:07les pays du Golfe n'aient pas réussi à s'unir ?
05:09Parce que, justement, il faut en finir avec cette facilité de langage
05:12qui prévalait encore un petit peu au début de la guerre contre l'Iran.
05:17Cette facilité de langage a parlé de pays du Golfe.
05:20Là, en fait, les logiciels viennent d'être remis totalement à plat.
05:24C'est peut-être notre logiciel d'Européens, ça ?
05:26Oui, non, mais on a vu au début le conseil des pays du Golfe
05:31assez vite se réunir et une sidération de tous face à ce qui était en train de se passer.
05:36Il n'y a pas un seul État dans tout le Golfe arabo-persique aussi,
05:41c'est important de repréciser cette expression-là,
05:43qui n'a pas été touché.
05:45C'est simplement qu'on s'est retrouvé avec, je dirais,
05:48des priorités qui n'étaient pas tout à fait les mêmes.
05:51Par exemple, je prends un État, un micro-État comme Bahreïn.
05:54On n'entend plus parler de cet État.
05:56Pourquoi ? Parce qu'ils sont quasiment ruinés.
05:59Et ils savent aussi, on en a beaucoup parlé,
06:00notamment à travers des interventions sur le wall, sur le mur,
06:04si leurs installations électriques et de désalinisation se touchent,
06:09en cinq jours, c'est terminé de Bahreïn.
06:12Le Qatar s'est rendu compte que sa position de médiateur,
06:16avec les gentils et les méchants,
06:18et le fait d'avoir des individus peu scrupuleux dans leur tour,
06:23eh bien, ça ne les empêchait pas d'être touchés.
06:25Et puis, il y a les deux grandes puissances, je dirais, de la région,
06:29que sont les Émirats Arabes Unis et l'Arabie Saoudite,
06:32qui au début se sont dit, mais attendez, c'est pas possible.
06:34Il y avait cette sidération vis-à-vis du parapluie américain
06:38qui n'existait pas vraiment.
06:39Et maintenant, là, on assiste depuis une bonne semaine maintenant
06:42au retour un petit peu de la guerre des chefs.
06:45Ils sont toujours contre l'Iran et en sidération,
06:48mais ils ont leur propre agenda.
06:50Et on voit bien que ces deux monarchies,
06:53qui sont un peu des frères ennemis,
06:55qui étaient un peu, non pas en guerre froide,
06:57c'est beaucoup trop fort, mais en situation de tension,
07:00eh bien, ils n'ont pas tout à fait les mêmes agendas.
07:02Les Saoudiens, quand même, réfléchissaient.
07:04C'est paru dans la presse aussi,
07:05à un pacte de non-agression avec l'Iran,
07:07ce qui n'a pas empêché Riyad,
07:09ou en tout cas l'Arabie saoudite, d'être touchée.
07:11Ce qui paraissait fou avant la guerre,
07:12ce qui paraissait totalement impossible avant le début de la guerre.
07:14Et encore moins maintenant.
07:16Et maintenant, vous sentez qu'il y en a qui sont sur le reculoir
07:18en disant, on pense à la suite,
07:20et d'autres qui se disent, de toute façon,
07:22on est juste en face, ce sont les Emirats,
07:25eh bien, allons-y, mais si possible, pas tout seul.
07:28Alors, il y a...
07:29Juste pour préciser une chose,
07:30c'est qu'on est passé d'une situation, finalement,
07:33assez paradoxalement où les Américains ont essayé d'isoler l'Iran.
07:36Et ils ont montré ces dernières années qu'ils aient tombé la Syrie.
07:40Ils ont eu des résultats assez étonnants au Moyen-Orient.
07:44Le Hamas neutralisé, le Hezbollah très affaibli,
07:47la Syrie qui tombe.
07:48L'Irak complètement déstabilisé.
07:51Et puis, on avait l'impression que l'Iran était isolé face aux États-Unis,
07:54que finalement, on n'en ferait qu'une bouchée.
07:55On est arrivé à la situation inversée.
07:57On a l'impression que l'Iran est de plus en plus soutenu.
07:59La Chine a envoyé aujourd'hui des signes de
08:03« on va passer des accords avec vous,
08:04on va vous aider sur un certain nombre de sujets ».
08:06Juste la Chine.
08:07Et par contre, les États-Unis qui se retrouvent tout seuls
08:09face à cette guerre qui n'arrivent pas à conclure.
08:12Et c'est vraiment une inversion de la situation à laquelle on assiste.
08:16Je ne sais pas comment Trump pourra essayer de sortir.
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