- il y a 9 heures
Tous les sujets qui font la une de l'actualité décryptée par Elodie Huchard et ses invités, le samedi de 12h30 à 13h et le dimanche de 11h à 13h dans #100%Actu
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00:00Bonjour à tous, ravie de vous retrouver pour 100% Actu.
00:03On va décrypter l'actualité avec mes invités, mais d'abord le journal avec Sandra Thionbo.
00:08Bonjour Sandra.
00:09Bonjour Elodie, bonjour à tous.
00:11Gérald Darmanin se rend à Alger ce lundi pour évoquer la coopération judiciaire franco-algérienne
00:17et certains dossiers sensibles comme le sort du journaliste Christophe Gleize,
00:21condamné en décembre dernier à 7 ans de prison.
00:24Le garde des Sceaux sera de manière inédite accompagné par une délégation de magistrats.
00:28Une troisième personne est décédée après avoir pratiqué le longe-côte dans le Finistère.
00:33Il s'agit d'une femme, ça s'est passé hier sur une plage du Conquet.
00:37Un homme et une femme sont décédés ce jeudi matin en pratiquant également la marche aquatique dans le secteur.
00:42La température de l'eau avoisinait les 13 degrés, la mer était agitée.
00:46Et puis à l'international, Taïwan affirme être une nation démocratique, souveraine et indépendante.
00:51Cette réponse du gouvernement fait suite à la mise en garde de Donald Trump à l'issue de sa visite
00:56à Pékin
00:56contre toute proclamation d'indépendance.
00:59La Chine considère Taïwan comme l'une de ses provinces qu'elle n'a pas réussi à unifier avec le
01:03reste de son territoire.
01:06Merci beaucoup Sandra et pour m'accompagner pendant cette émission, Benjamin Camboulivre, bonjour.
01:11Bonjour.
01:11Je rappelle que vous êtes porte-parole alternative police CFDT et Raphaël Saint-Ville, bonjour.
01:16Bonjour Elodie.
01:16Journaliste au JDD.
01:18On va commencer en parlant de narcotrafic avec ce qui s'est passé à Nantes.
01:22Vous l'avez sans doute suivi sur CNews.
01:23Nous sommes 48 heures après le décès d'un adolescent.
01:27Il a été tué dans une fusillade sur fond de trafic de drogue.
01:30Évidemment, sur place, la colère des habitants est intacte.
01:33Il dénonce une situation qui n'a de cesse de se dégrader année après année.
01:37On rappelle quand même que depuis le début de l'année 2026, ce sont 26 fusillades qui ont été recensées
01:43dans la ville.
01:44On regarde les explications de Malo Steiner, Coran Talonzo sur place et le récit de François Tiskevitch.
01:51Situé sur les bords de l'Erdre, dans le nord de la ville, voici le secteur du Port Boyer.
01:57Ici, près de 5000 habitants vivent dans la peur car ce quartier est gangréné par le trafic de drogue.
02:04Ce jeudi, un adolescent de 15 ans a été tué dans une fusillade survenue en pleine journée.
02:09Les habitants sont à bout.
02:11Moi, ça fait 36 ans que j'y habite.
02:15Franchement, il y a toujours eu des jeunes qui guillaient, mais jamais ils cassaient.
02:20On n'entendait pratiquement pas parler d'eux.
02:22Mais là, depuis quelques années, c'est affolant.
02:26Depuis 2020, la situation s'est dégradée et au fur et à mesure, ça ne fait que s'empirer.
02:33Dérèglement de compte quasi quotidien.
02:35Quelques jours plus tôt, un homme de 18 ans avait déjà été blessé par balle dans ce même quartier.
02:40Fin avril, une autre fusillade avait fait un mort et un blessé grave.
02:45À la criminelle de Nantes, ils sont 14 effectifs pour 238 dossiers.
02:51Il y a une augmentation de 9% de la masse de dossiers pour la brigade criminelle.
02:56Et en ce qui concerne l'office qui lutte contre les stupéfiants, l'OFAST,
03:01on est monté aussi de 209 à 378.
03:06Depuis le début de l'année à Nantes, il y a eu 26 épisodes de tir dans les rues de
03:11la ville.
03:12Benjamin Cambouliv, le chiffre qu'on entend à la fin de ce reportage,
03:1526 épisodes de tir depuis le début de l'année.
03:19On parle de Nantes, mais malheureusement, on pourrait parler de beaucoup de ces villes en France
03:22qui sont totalement aujourd'hui gangrénées par le trafic de drogue,
03:26avec des règlements de compte, des adolescents qui perdent la vie.
03:29Et on comprend aussi la colère des habitants de ces quartiers,
03:32mais pas uniquement d'ailleurs, de Nantes en général.
03:34Oui, Nantes, Nice, Marseille, la France est en proie à ce développement du narcotrafic
03:41avec des drames de plus en plus sordides, avec des auteurs comme des victimes de plus en plus jeunes.
03:47Un jeune de 15 ans qui perd la vie, un de 13 ans qui aurait très bien pu y passer
03:51également dans cette affaire-là.
03:54Et ça se répète inlassablement, malgré la gravité des faits.
03:57Et les habitants, en effet, sont les premières victimes, parce que coincés, assignés en résidence dans des zones de guerre,
04:02de territoire en l'espèce.
04:05Alors, bien sûr, moi, sur la partie, je vais vous parler des moyens de police et de justice.
04:10Et on le voit dans la façon dont on réagit, dans les méthodes que l'on met sur la table
04:14pour se confronter à ces phénomènes,
04:16qu'on n'est pas à la hauteur du sujet.
04:18Vous voyez, sur la voie publique, il y a un besoin réel d'effectifs sur le terrain, non pas pour...
04:24Oui, si on est en guerre, il faut qu'on ait les moyens de faire la guerre, pour comprendre cette
04:27expression du gouvernement.
04:28C'est ça, on est en guerre de façon très rhétorique contre le stupéfiant.
04:31Je veux dire, sur la voie publique, la réaction, une fois que ça a tiré, une fois que c'est
04:33fait, on envoie des CRS.
04:35C'est nécessaire pour ramener l'ordre.
04:37Mais si on a besoin de mettre des CRS, c'est parce qu'il y a un manque de collègues
04:40dans les commissariats.
04:41Au départ, c'est la même raison qui fait que vous avez de plus en plus de police municipale qui
04:46viennent affleurir.
04:47Regardez Anis avec M. Ciotti qui veut mettre un poste de police municipale.
04:51S'il pouvait mettre l'argent ailleurs, il le mettrait sans doute ailleurs.
04:53Simplement, il fait le constat qu'il n'y a pas assez de police nationale.
04:55Donc, il essaie de pallier cette carence de l'État sur la sécurité en mettant une PM.
04:59Mais c'est uniquement ça.
05:00Et c'est pareil sur les enquêtes.
05:02Nos collègues dans le 44, notamment, font un travail formidable.
05:05Nous, on a fait une demande de prime collective à notre syndicat Alternative Police pour ses collègues
05:09parce qu'ils ont de très, très bons résultats malgré le manque d'effectifs.
05:12Mais au bout d'un moment, ce ne sont pas des magiciens.
05:14Pour le stupéfiant, pour aller casser des structures, c'est ça.
05:17Pour casser des structures de stupéfiants, il faut plus d'enquêteurs.
05:20Et le plan d'investigation avec 700 collègues supplémentaires, c'est très bien.
05:23C'est toujours mieux, en plus, en moins, mais ça ne nous permettra pas de rattraper ce décalage
05:26entre le développement exponentiel du stupéfiant et ce que nous, on peut faire pour casser des structures.
05:33Et ça, c'est que notre axe à nous, que l'axe police.
05:35L'axe justice également est en immense difficulté pour réussir à sanctionner efficacement
05:41à la fois le dealer, mais aussi le consommateur.
05:44Là, le projet de loi Riposte reste encore sur des amendes en fait tard délictuelles.
05:47Ça ne marche pas.
05:48On n'en a jamais dressé autant et la consommation explose.
05:50Et justement, le projet de loi Riposte qui sera examiné par le Sénat à partir de lundi.
05:54On parle effectivement de Nantes, Raphaël, mais on se rappelle de ce rapport de la Cour des comptes
05:58et de ce chiffre très alarmant qui indiquait que 79% de nos communes étaient désormais touchées
06:03par le trafic de drogue.
06:05Donc, le problème de moyens qu'évoque Benjamin Camboulivre, c'est un problème de moyens
06:08qu'il faut multiplier au moins par 79 communes.
06:10Donc, on voit bien des défis aussi pour l'État.
06:12Oui, bien sûr, c'est une guerre qui ne cesse de prendre de l'ampleur.
06:16Et il y a quelque chose d'étrange d'entendre les politiques, à commencer par le ministre
06:20de l'Intérieur ou même le directeur général de la police nationale dans le FIARO cette
06:24semaine, qui nous expliquait qu'il n'y a pas de zone de non-droit.
06:27Alors certes, la police, la gendarmerie effectuent un travail remarquable sur le terrain
06:32avec leurs moyens.
06:33Mais on sent que cette guerre, elle est asymétrique et que les moyens dont disposent aujourd'hui
06:38les narcotrafiquants face à ceux de l'État qui, en plus, doit faire avec le droit existant,
06:46profitent très largement à ces criminels.
06:49Il y a quand même une impression très persistante de mexicanisation de la France.
06:55Et les propos rassurants du ministre de l'Intérieur ou du GPN ne font rien pour finalement inverser
07:03cette tendance.
07:04L'impression, elle est là, que chaque jour qui passe, ce sont de nouveaux pans de territoire
07:09qui tombent sous la coupe de ces narcotrafiquants, malheureusement.
07:13Et justement, vous mentionniez le ministre de l'Intérieur qui était en déplacement à Nantes.
07:17On va l'écouter, Laurent Gugnès, écouter justement l'explication qu'il donne sur ces
07:21règlements de compte.
07:23Cet événement ne fait que renforcer la détermination qui est la mienne, qui est celle du gouvernement
07:27et qui est tout particulièrement la mienne comme ministre de l'Intérieur, pour continuer
07:31cette lutte intraitable contre le narcotrafic qui mène à des drames.
07:36On l'a vu hier soir ici.
07:39On l'a vu à Nice.
07:41Évidemment, quand on déstabilise les territoires, on crée des guerres de territoire.
07:46C'est ce qui s'est passé à Nice.
07:47C'est ce qui s'est passé à Dessine aussi, dans le département du Rhône, où on a eu un
07:51incendie
07:51que je qualifierais d'intimidation, qui a conduit à la mort de trois personnes.
07:56Tous ces faits ne faut qu'on renforcer notre détermination.
07:58Et croyez-moi, la mienne est intacte et totale pour continuer cette guerre contre le narcotrafic
08:04et continuer à gagner des batailles.
08:07Nous le devons évidemment à ces victimes.
08:08Nous le devons aux habitants des quartiers.
08:11Benjamin Camboli, ce qui peut sembler inquiétant quand on écoute le ministre de l'Intérieur,
08:14même si on peut partager son constat, c'est qu'il admet parfaitement qu'il existe aujourd'hui
08:18une guerre de territoire entre les Français et le gouvernement d'un côté et les trafiquants
08:23de l'autre.
08:24De toute façon, c'est évident que les intérêts sont contradictoires.
08:27Forcément, ils sont en guerre.
08:29Ce que pointait le ministre de l'Intérieur dans l'absolu, c'est vrai.
08:32C'est-à-dire que quand vous allez essayer de casser une structure de narcotrafiquants,
08:36vous n'allez pas l'annuler, vous allez l'affaiblir.
08:38Donc il va rester des gens qui vont essayer de continuer à vendre du stup,
08:41qui vont devenir des cibles et ça peut nourrir les règlements de compte.
08:45C'est surtout vrai quand vous avez des structures, par exemple, de Marseille,
08:47qui vont vouloir aller gagner du terrain parce qu'au bout d'un moment,
08:49les points de deal ne sont pas extensibles à l'infini sur leur zone.
08:51Ils vont aller chercher dans des communes limitrophes.
08:54Là, a priori, c'est nantes et nantes.
08:56C'est vraiment la même problématique.
08:59Nous, les sujets qui nous semblent les plus prégnants sur cette problématique-là,
09:04c'est avant tout l'impunité des mineurs.
09:07On va en parler dans un instant.
09:08Voilà, le fait qu'ils soient employés par les trafiquants.
09:11Il y a la responsabilisation parentale aussi, en s'écartant de cette enquête spécifiquement.
09:16Mais quand vous avez des mineurs de 13, 14, 15 ans qui traînent dans des hautes lits de meubles,
09:19qui sont connus pour être des points de trafic de stupéfiants,
09:23se pose la question de la responsabilité parentale, de l'implication parentale, voire du modèle.
09:28Ils se rendent bien compte que ces mineurs ne sont pas chez eux quand ils rentrent du collège ou du
09:31lycée, a priori ?
09:32On est bien d'accord qu'a priori, il y a un souci.
09:33Et puis, il y a la banalisation du recours aux armes dans le trafic de stupéfiants.
09:38Justement, parce qu'on a une très grande accessibilité,
09:41parce qu'il y a de plus en plus d'armes sur le territoire,
09:43le trafic de stupes est évidemment à l'origine de cela.
09:46Et puis, plus il y a d'armes, plus elles sont utilisées par ces mineurs ultra-violents
09:50pour défendre leur trafic, pour essayer de la grandir.
09:53Et justement, vous parliez des mineurs, je voudrais qu'on fasse le point sur leur cas,
09:58puisque vous le savez, cette justice, cette réforme de la justice des mineurs
10:01avait été retoquée par le Conseil constitutionnel.
10:04Et donc, aujourd'hui, la justice manque de moyens pour punir sévèrement les mineurs
10:09qui sont délinquants ou qui sont déjà des trafiquants, comme vous le rappeliez.
10:12On regarde les explications de Sarah Fenzari.
10:15Sur le papier, la réforme de la justice pénale des mineurs devait marquer un tournant.
10:20Mais un an après sa censure partielle, où en est-on vraiment ?
10:24Le texte prévoyait un durcissement net, des sanctions renforcées pour les mineurs délinquants,
10:30la responsabilisation accrue des parents, la participation possible des parents
10:34à l'indemnisation des victimes, l'obligation de répondre aux convocations du juge,
10:39des mesures élargies pour les mineurs radicalisés et un couvre-feu plus strict et modulable.
10:45Objectif affiché, mieux encadrer une délinquance juvénile jugée en hausse,
10:50mais la loi a été retoquée en partie par le Conseil constitutionnel il y a un an.
10:54Les sages ont censuré la comparution immédiate pour les mineurs,
10:58l'allongement de la détention provisoire ou encore le durcissement de l'excuse de minorité.
11:04Résultat, un an après, la réforme est jugée incomplète
11:08et certains estiment que l'effet attendu sur le terrain reste toujours limité.
11:13Effectivement Raphaël, on entend cette fin de reportage.
11:16On estime que l'effet sur le terrain est limité, mais précisément parce que
11:19la réforme de la justice des mineurs a été totalement détricotée.
11:23Et aujourd'hui, finalement, on continue, en tout cas le Conseil constitutionnel continue de dire
11:27que ces mineurs dont vous avez parlé, qui parfois sont déjà bien intégrés dans le trafic de drogue,
11:32il faut les éduquer et non pas les sanctionner.
11:33Oui, mais c'est le nœud du problème, c'est-à-dire que les pédopsychiatres le disent depuis très longtemps,
11:39et je pense notamment au docteur Maurice Berger, qui a documenté cette nécessité,
11:44si on veut pouvoir briser cette spirale dans laquelle sont enfermés un certain nombre de jeunes délinquants,
11:49il faut pouvoir sanctionner.
11:51La justice aujourd'hui, elle propose un chemin inverse,
11:54elle privilégie les mesures éducatives avant de sanctionner,
11:57alors que cette sanction fait partie, en fait, de la rééducation nécessaire de ces jeunes,
12:04sans quoi ils poursuivront leur parcours délinquants et graviront malheureusement les échelons.
12:10Oui, parce que Benjamin, pour prolonger ce que disait effectivement Raphaël,
12:13ce que beaucoup ont dit à l'époque de cette décision du Conseil constitutionnel,
12:17c'est que chez certains mineurs qui commettent des faits extrêmement graves,
12:21s'il n'y a pas un jour une sanction, la seule chose qu'on leur offre, c'est un
12:24parcours de récidive,
12:26c'est-à-dire que s'il y a une impunité totale, on sait qu'ils recommencent.
12:29Oui, c'est-à-dire que c'est le rôle pédagogique de la justice
12:32qui est de venir en effet punir pour éduquer l'éducatif par le répressif,
12:38et dans certains cas, c'est nécessaire.
12:40Pas forcément dans tous, nous on ne dit pas qu'il faut juger tout le monde pareil,
12:42mais il faut bien juger tout le monde, et pour pouvoir le faire, il faut avoir des outils.
12:45Là, la loi Attal, ça permettait en effet de travailler sur l'excuse de minorité,
12:48qui selon le degré de maturité du mineur, doit pouvoir être écartée plus facilement.
12:52Qui devenait une exception, qui n'était pas supprimée, évidemment, on le rappelle.
12:55Oui, bien sûr, c'est tout à fait possible, mais il faut pouvoir adapter au degré de maturité du mineur,
12:58et ce degré de maturité monte en flèche, notamment avec l'exercice de la délinquance.
13:03Vous avez les comparutions immédiates également, qui ne sont toujours pas facilitées,
13:08qui devraient l'être, parce que c'est anormal de vraiment, quand vous avez le même cas,
13:12c'est-à-dire deux complices du même âge sur le même fait, l'un de 17 ans et l
13:16'autre de 18 ans,
13:16il y en a un qui ne va pas pouvoir passer en comparution immédiate,
13:19et en plus, il y aura l'excuse de minorité qui va potentiellement rentrer en ligne de compte.
13:22On parle de la même chose, ils ont le même profil, ils font le même acte.
13:25Donc on a des aberrations, et l'une de ces autres aberrations,
13:28c'est la césure pénale sur laquelle on ne revient pas non plus,
13:30qui déconnecte complètement l'acte de la sanction,
13:33avec un procès pour la culpabilité, un autre pour la peine,
13:37quand ce qu'on doit faire, c'est justement être impactant, donner du sens à la sanction.
13:42Donc oui, sur la justice des mineurs, il y a un grand réveil à faire, à opérer,
13:47parce qu'il y a 80 ans qu'on privilégié du jugatif sur le répressif,
13:51force est de constater que c'est un échec.
13:53Oui, les mineurs d'aujourd'hui ne sont pas ceux de 45, comme disait le ministre de la Justice.
13:56Ça ne les protège pas, au contraire, c'est ce qui nourrit le fait que les trafiqueurs s'en servent,
14:01qu'ils s'en servent comme un pare-feu judiciaire.
14:02Donc c'est ça l'intérêt normalement de la justice, c'est de punir et de protéger.
14:06Là, on échoue sur les deux.
14:07On va continuer à parler de sécurité, et plus précisément de la sécurité des femmes,
14:12puisque pour se défendre en cas d'agression, de plus en plus délaissent les bombes lacrymogènes,
14:17notamment pour des produits du quotidien, du déodorant, de la laque, du parfum.
14:22Alors pourquoi les femmes en arrivent-elles à cela, notamment dans l'espace public ?
14:26Les éléments de réponse avec Michael Dos Santos.
14:29Pour se défendre en cas d'agression,
14:32certaines internautes proposent des alternatives aux bombes lacrymogènes.
14:35Pour remplacer la bombe lacrymogène, vous avez la laque, les shampoings secs ou le déo.
14:41Des sprays cosmétiques qui semblent rassurer de nombreuses femmes.
14:45Ça dure quelques secondes, mais moins longtemps que la bombe au poivre,
14:49mais c'est aussi une alternative pour gagner du temps, entre guillemets.
14:53Vu que c'est des choses qu'on a souvent dans nos sacs,
14:55c'est un peu la solution de facilité, entre guillemets, pour se protéger en cas de danger immédiat.
15:00Pourtant, leur efficacité reste à prouver.
15:02Avec un produit qui va principalement un peu troubler ta vue,
15:08t'aveugler et te créer cet effet de surprise plutôt que de douleur,
15:14est-ce que c'est efficace ?
15:16Ça l'est toujours plus que de ne rien faire,
15:19mais ça n'aura pas l'efficacité d'un réel outil d'autodéfense pour les femmes.
15:26Utiliser ces produits du quotidien pour se défendre dans l'espace public
15:30peut également entraîner des poursuites judiciaires.
15:33Si ce transport, ce port de ce flacon avec ce produit
15:38va par exemple rendre quelqu'un aveugle ou lui porter un préjudice physique,
15:44ça va être constitué une arme.
15:46Et la personne qu'il a portée, qu'il a utilisée à des fins contraires à sa destination première,
15:52se rendra coupable d'un délit.
15:55Reste que la bombe lacrymogène ou le spray au poivre
15:57restent les armes privilégiées des femmes.
16:00Des produits autorisés à la vente,
16:02mais dont le port doit être justifié par un motif légitime.
16:06Ce qu'on voit surtout là-dessous, Benjamin Cambouif,
16:09ce sont ces femmes qui s'organisent comme elles le peuvent
16:12parce qu'elles ne se sentent plus en sécurité dans la rue,
16:15dans les transports en commun et donc qui font ce qu'elles peuvent.
16:17On en est arrivé là, donc aujourd'hui en 2026.
16:19Oui, c'est-à-dire qu'elles font un constat assez basique
16:21qui est que pour les femmes comme pour les hommes,
16:23on a un échec pour le fait d'assurer la sécurité sur la voie publique,
16:26les femmes étant, on va dire, doublement concernées
16:29parce qu'il y a la délinquance, la violence du quotidien
16:32que chacun subit d'appropriation ou même totalement gratuite,
16:35plus les agressions et violences sexuelles où les femmes sont les premières victimes.
16:38Donc vous avez celles effectivement qui vont essayer de s'armer
16:40avec ce qu'elles peuvent, des gazeuses ou des bombes de lacs
16:44parce que vous savez que vous avez le droit d'acquérir les gazeuses,
16:47les jokers, vous n'avez pas le droit de les transporter derrière.
16:50Donc elles peuvent se retrouver en infraction.
16:52Et puis il y a aussi un autre piège, c'est que quand on a ça sur soi,
16:54il ne faut pas qu'il y ait un sentiment illusoire de sécurité.
16:57Ce n'est pas parce que vous avez une bombe de lac dans le sac à main
16:59ou que vous avez pris trois cours de Krav Maga en ligne
17:00que vous allez être en mesure de vous défendre vraiment.
17:04Donc il y a cet extrême-là et puis il y a l'autre
17:06avec celle qui adopte la stratégie de l'évitement
17:07parce qu'on ne met pas en place les solutions de fonds,
17:10d'éducation, de police, de justice pour ramener la sécurité vraiment.
17:14Et puis effectivement, Raphaël, ce que disait bien notre reportage
17:16et ce que rappelle Benjamin à l'instant,
17:17c'est que des femmes qui ont envie de se défendre
17:20avec une bombe lacrymogène face à un agresseur
17:22qui peut avoir une bombe lacrymogène sur lui,
17:24qui peut même avoir un couteau,
17:25ou même quand elles utilisent de la laque,
17:27ça peut se retourner aussi contre elles.
17:28Donc on voit des femmes qui s'organisent
17:30mais qui se mettent en fait dans l'illégalité.
17:32Oui, c'est le côté paradoxal de la chose
17:36mais surtout ça ne fait que souligner finalement
17:37les carences de l'État.
17:39C'est à l'État de protéger, de pouvoir protéger les femmes.
17:43Aujourd'hui, effectivement, il y a une telle montée de violence
17:47qu'aujourd'hui les femmes sont en première ligne
17:49et aux contraintes d'essayer d'assurer leur propre sécurité
17:53au risque finalement d'aggraver la situation
17:57en utilisant des artifices pour tenter de se protéger.
18:03La situation est absolument dramatique.
18:05La situation est évidemment dramatique.
18:07On continuera à en parler sur l'antenne de CNews.
18:09Pour terminer cette émission,
18:11je voudrais qu'on parle de ce film,
18:12l'abandon qui retrace les derniers jours
18:14de la vie de Samuel Paty.
18:17Eh bien, ce film, selon un influenceur,
18:19est un film pour l'extrême droite.
18:21Je reprends ces mots.
18:22Il utilise un certain nombre de gros mots
18:24que je vais m'éviter de répéter à l'antenne.
18:27Et justement, on est allé à la rencontre
18:29de ceux qui ont vraiment vu ce film.
18:30Qu'en pensent-ils ?
18:31Le résumé avec François Tiskevitch.
18:34C'est un film dangereux.
18:35Fais-moi un film pour l'extrême droite,
18:37pour le RN.
18:37Lui, c'est Grim Cujo,
18:39un streamer aux plus de 220 000 abonnés sur Instagram.
18:42Il vient d'assister à la projection du film
18:44sur les derniers jours de Samuel Paty
18:46au festival de Cannes.
18:47Pendant plusieurs minutes,
18:49il dénigre le film qui, selon lui,
18:51est d'extrême droite.
18:51Déjà, ils font un teasing.
18:52Attention, ils meurent à la fin.
18:53Et à la scène de la mort,
18:54ils crient à la Ouagba
18:55avant de mettre le coup de couteau.
18:56Et après, les flics arrivent,
18:57je suis en mode,
18:57OK les gars,
18:58besoin de films pour l'extrême droite,
18:59pour le RN.
19:00Un an de l'élection, c'est bien ça.
19:01En plus, les méchants musulmans,
19:03ils sont antisémites.
19:04Franchement, un film dangereux,
19:04j'ai rien d'autre à dire.
19:05Pourquoi tu votes en 2027 ?
19:06La réponse est déjà donnée.
19:07Votez Mélenchon en 2027.
19:09On encule le RN et l'extrême droite.
19:10Un avis loin d'être partagé
19:12par ces Français
19:13que nous avons rencontrés
19:14à la sortie d'une séance du film.
19:17Très objectif.
19:21Aucun parti pris politique.
19:23Très fidèle.
19:25Je pense que très fidèle
19:25à ce qui s'est réellement passé.
19:27Je trouve que c'est très bien joué.
19:29Que le comédien principal,
19:31il est très proche.
19:33Très émouvant.
19:35Et ça ne dénigre personne
19:38dans le sens où on voit bien
19:39quelles que soient les communautés.
19:40Il y en a qui sont du bon côté
19:42et d'autres du mauvais côté.
19:44C'est un film
19:45que tout le monde doit voir.
19:47Aussi bien les élèves,
19:50les parents
19:51que n'importe qui
19:52dans le monsieur tout le monde
19:54ou madame tout le monde.
19:55Sorti mercredi
19:56et présenté hors compétition à Cannes.
19:58L'abandon relate
19:59les 11 jours précédents
20:00l'assassinat de Samuel Paty
20:02le 16 octobre 2020.
20:05Raphaël entend cet influenceur
20:06qui ironise sur la mort
20:08d'ailleurs de ce professeur
20:09et donc il estime que dans ce film
20:11comme il y a
20:11la mort d'un professeur
20:13qui est fait par un islamiste
20:14ce qui est factuel
20:15et bien c'est un film
20:15pour l'extrême droite
20:16et donc un film dangereux
20:18va-t-il jusqu'à dire ?
20:19Oui mais en fait
20:20la réception
20:21et la manière
20:21dont un certain nombre
20:22de personnes
20:24s'en prennent à ce film
20:25et à ce qu'il raconte
20:28tout simplement
20:29c'est-à-dire
20:29un rappel des faits
20:30de ce drame
20:31qui a conduit
20:32à la mort de Samuel Paty
20:33dit beaucoup de la société.
20:35Cet influenceur
20:36il ne rend pas service
20:37aux musulmans
20:37parce que finalement
20:38il accrédite l'idée
20:39qu'il y a une sorte
20:40de continuum
20:41entre l'islamisme
20:42et l'islam
20:43que finalement
20:44l'islamisme politique
20:45serait un islam
20:46pressé
20:47pour parler
20:47comme Rémi Bragg
20:49et d'une certaine manière
20:51il ne fait qu'accabler
20:52davantage
20:52la communauté musulmane.
20:54Donc ces propos
20:55sont absolument
20:57dérangeants
20:57au-delà même du film
20:58c'est-à-dire que
20:59ce qu'il raconte
21:00et le fait
21:00qu'il ne puisse pas
21:01s'émouvoir
21:01de ce qui s'est passé
21:02de ce simple rappel
21:03d'effet
21:05presque clinique
21:06glacial
21:07c'est absolument
21:08confondant.
21:08Et dernière chose
21:09la manière
21:10dont la gauche médiatique
21:12la gauche culturelle
21:12a pu critiquer
21:14ce film
21:14reprochant notamment
21:15aux réalisateurs
21:16de minimiser
21:18même d'invibiliser
21:20des soutiens
21:20de professeurs
21:21à Samuel Paty
21:21alors que des messages
21:23auraient été écrits
21:24c'était ce que racontait
21:25Libération cette semaine
21:25le problème
21:26c'est que ces messages
21:27il n'y en a pas eu
21:28Samuel Paty
21:29on a beau les chercher
21:30dans sa boîte mail
21:31il n'y avait pas
21:31de message de soutien
21:32de ses collègues professeurs
21:33donc cette solitude
21:35de ce professeur
21:36et ce que ça raconte
21:37de l'éducation nationale
21:38et d'un certain nombre
21:39de lâchetés
21:41à la fois
21:42dans l'enseignement
21:43et dans la politique
21:44c'est absolument crucial
21:45de pouvoir le regarder
21:46en face.
21:47Et vous avez raison aussi
21:48de souligner
21:49l'importance de le voir
21:49on entendait cette dame
21:50qui disait
21:51il faut le regarder
21:51dans les écoles
21:53on n'est pas certain
21:53que beaucoup de professeurs
21:55justement
21:55aient très envie
21:56de diffuser ce film
21:58on arrive au terme
21:59de ce 100% actu
22:00merci à tous les deux
22:01d'avoir été mes invités
22:02merci à vous
22:03évidemment de nous avoir suivis
22:04tout de suite
22:05vous retrouvez
22:06Laurence Ferrari
22:07et Michel Onfray
22:07pour Face à Onfray
22:08moi je vous dis
22:09rendez-vous à 15h
22:10pour 120 minutes info
22:11à tout à l'heure
22:12merci à tous les deux
22:13et merci à tous les deux
22:14et merci à tous les deux
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