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  • il y a 5 minutes
L’actualité décryptée par Julien Pasquet et ses invités, le samedi de 12h30 à 13h et le dimanche de 11h à 13h dans #100%Actu

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Transcription
00:00Il est presque 12h30 sur CNews. Bonjour à tous, 100% actu, c'est votre rendez-vous d'information.
00:0530 minutes pour décrypter tous les faits d'actualité avec le journal de Noémie Hardy.
00:09Bonjour chère Noémie, on est ensemble pour décrypter les grands thèmes d'actualité.
00:14Pour nous aider à les analyser, Olivier Vial est avec nous aujourd'hui.
00:17Bonjour cher Olivier, directeur du CERU, le Centre d'études et de recherche universitaire.
00:22Avec nous également le général Benoît Durieux. Bonjour mon général.
00:24Ancien directeur de l'Institut des hautes études de défense nationale, professeur associé à Paris, Panthéon, Assas.
00:30Toute l'actualité en une demi-heure. Résumé et analysé avec vous Noémie.
00:34On commence avec aujourd'hui ces frappes américaines.
00:37Ce sont les informations de la fin de matinée, frappes américaines et israéliennes qui ont ciblé le site nucléaire iranien
00:43de Natanz.
00:44Information donnée par les médias iraniens uniquement.
00:47Oui, nous sommes avec Sarah Varni pour en parler.
00:50Bonjour Sarah, quelles sont les dernières informations que nous avons sur ce site ?
00:54Eh bien, regardez, il s'agit de l'un des trois complexes d'enrichissement d'uranium connus en Iran.
01:01Vous pouvez le voir sur cette carte qui ne se lance pas.
01:06Ce site se trouve donc au centre de l'Iran, le site de Natanz.
01:12Mais il existe aussi d'autres installations nucléaires dans le pays.
01:16Ce site ultra protégé est l'un des sites les plus secrets et les plus sensibles du programme iranien nucléaire.
01:23Il produit de l'uranium enrichi à 60%, un seuil proche des 90% nécessaires à la production de l
01:30'arme nucléaire.
01:31Cet enrichissement est donc ambigu car il peut avoir des fins civiles aussi bien que militaires.
01:36Et Sarah, ce n'était pas la première fois que ce site est visé par les frappes ?
01:39Non, effectivement. Ce site a déjà été ciblé lors de la guerre des 12 jours.
01:45En juin 2025, les frappes israéliennes avaient détruit une partie en surface de ce complexe,
01:52ainsi que des points d'entrée supposés aux installations souterraines.
01:56En avril 2021, un sabotage avait également provoqué une panne de courant,
02:04un sabotage qui a été attribué par l'Iran au Mossad.
02:07Et en juin 2020, une explosion avait endommagé une usine d'assemblage de centrifugeuses sans ralentir l'activité.
02:17Selon les Américains, l'Iran aurait environ 460 kg d'uranium enrichi à 60%
02:22et dit qu'il faudrait moins de 10 jours pour atteindre les 90% nécessaires pour produire l'arme nucléaire.
02:29Après l'annonce de cette nouvelle attaque sur le site de Natanz,
02:32l'Agence internationale de l'énergie atomique appelle à la retenue militaire.
02:36Merci beaucoup Sarah pour les précisions.
02:39On s'arrête un instant avec vous d'abord, peut-être Général Benoît Durieux.
02:43Quelle menace, clairement, selon vous, représentait encore ce site de Natanz aujourd'hui ?
02:48On sait, on vient de le rappeler, qu'il a déjà été touché en juin dernier.
02:51Pourquoi on repasse sur ce site aujourd'hui ?
02:56Je pense que là, il y a aussi un message, peut-être un message américain,
03:01puisqu'on ne sait pas très bien quelles sont les idées du président américain, comme à l'habitude.
03:06Mais il a indiqué que peut-être il pourrait aller vers une diminution des frappes.
03:13Et je pense qu'il ne peut pas partir sans pouvoir dire
03:16« j'ai fait quelque chose pour lutter contre les capacités nucléaires iraniennes ».
03:20Pourtant, on sait, par les services américains eux-mêmes,
03:23et récemment par une déclaration de la responsable du renseignement militaire américain,
03:27que l'Iran n'avait pas repris, a priori, l'enrichissement de l'uranium depuis le mois de juin.
03:34Donc, je dirais que si on cherche à rationaliser,
03:38probablement, ces frappes doivent permettre, peuvent permettre de gêner,
03:44après la guerre, la reprise d'activités nucléaires.
03:50Moi, ce que j'ai du mal à comprendre, c'est que ce site, en fait,
03:53n'avait pas du tout été anéanti pendant la guerre des 12 jours,
03:57puisqu'il avait été très largement frappé, pilonné, j'ai envie de dire même.
04:02Oui, il avait été pilonné, mais je pense que ça n'a pas suffi.
04:06Au moment de la guerre des 12 jours,
04:07quand les États-Unis frappent avec six bombes très puissantes,
04:11avec des capacités de pénétration, les installations nucléaires,
04:15je pense que c'est ça qui m'est fait à la fin de la partie.
04:18À l'époque, si on s'en rappelle, les Iraniens eux-mêmes avaient dit
04:21« Oui, ça nous apportait un coup dur à notre programme nucléaire ».
04:27Donc, tout le monde, à mon avis, était finalement satisfait
04:30de trouver cet événement pour arrêter un conflit
04:34dont, à l'époque, on ne voyait pas très bien où il pouvait mener.
04:37Et on est un peu dans cette situation.
04:39Un mot rapide, Olivier Vian.
04:41Les installations iraniennes toujours présentes ?
04:44Toujours présentes.
04:45Effectivement, je vais rebondir là-dessus.
04:48Lors de la guerre des 12 jours,
04:50ce bombardement du site de Natanz était vraiment un point final
04:53d'une guerre qui, cette fois-ci, aux États-Unis, à cette époque-là,
04:58le président Trump était quand même beaucoup plus réticent
05:00à l'engagement qu'il ne l'est depuis le début de la guerre.
05:03Donc, il avait frappé un grand coup.
05:05Il avait fait une communication extrêmement victorieuse.
05:08Mais tout de suite, les Israéliens, notamment,
05:11avaient regretté que ça s'arrête là
05:12et avaient douté du fait que cette phrase fût aussi décisive qu'elle a été dit.
05:17Après, il y a toujours la question, effectivement, de l'uranium enrichi
05:20puisque, aujourd'hui, on ne sait pas exactement où est caché.
05:24Et il y a peu de chances qu'il soit caché dans le site de Natanz.
05:27Mais on cherche toujours où peuvent être ces stocks d'uranium enrichi,
05:31sachant que, finalement, ça représente très peu de volume
05:34et ils peuvent être cachés à peu près n'importe où
05:37et surtout bouger très rapidement sur le territoire.
05:40Et on sait que cette uranium, c'est un des objectifs de guerre affichés par les Américains,
05:45notamment hier.
05:46Donald Trump, dans ce contexte, a pourtant annoncé sur son réseau social,
05:49Noemi, vouloir envisager de réduire graduellement, je le cite,
05:53les opérations militaires contre l'Iran.
05:54Oui, il a écrit « Nous sommes sur le point d'atteindre nos objectifs
05:59alors que nous envisageons de réduire graduellement
06:01nos importants efforts militaires au Moyen-Orient
06:04contre le régime terroriste iranien ».
06:06Donc, il l'a écrit, vous l'avez dit, sur son réseau social.
06:10Mais cette affirmation coïncide avec l'annonce de plusieurs médias américains
06:14d'un prochain déploiement de forces militaires supplémentaires dans la région.
06:18Général Durieux, il souffle le chaud et le froid.
06:20C'est le moins que l'on puisse dire, Donald Trump.
06:22Il y a des messages contradictoires.
06:24Ce qui est intéressant dans son message, c'est qu'il énumère,
06:27peut-être de manière plus rigoureuse qu'auparavant,
06:30des objectifs de guerre qui sont en fait des objectifs de désarmement,
06:33ce qui est fondamentalement pas vraiment un objectif politique,
06:36mais plutôt un objectif militaire.
06:39Effectivement, et on a vu, je crois, ce matin,
06:42que un ministre israélien avait lui indiqué que les frappes allaient s'intensifier.
06:47Donc, il y a une sorte de dialectique entre le discours américain
06:51et le discours israélien.
06:53Les Américains, ou en tout cas Donald Trump,
06:56cherchant probablement à voir comment il pourrait s'arrêter.
07:01Et le discours israélien cherchant à montrer aux Américains
07:06que ce n'est pas du tout le moment d'arrêter.
07:08Un commentaire.
07:08Oui, effectivement, en fait, dans les guerres,
07:11notamment dans les grandes démocraties,
07:13la guerre se joue sur deux niveaux.
07:14Il y a le côté militaire et il y a le côté politique intérieur
07:17où il faut avoir la soutenabilité et l'opinion derrière.
07:20Et je pense que quand Donald Trump dit qu'on va commencer à baisser en intensité,
07:25qu'on a bientôt gagné,
07:26c'est quand même avant tout un moyen de rassurer,
07:28de temporiser avec son opposition et aussi avec son camp
07:31qui le soutient pour l'instant, mais le soutien est très fragile.
07:34C'est l'autre ennemi de Donald Trump,
07:35son propre camp dans le fait de continuer de mener cette guerre.
07:38Rappelons que cela coûte aux États-Unis un milliard de dollars par jour,
07:41quasiment, cette opération.
07:42Donald Trump qui, dans un premier temps,
07:44a dit qu'il veut réduire graduellement les opérations militaires
07:47et par ailleurs dit qu'il ne veut pas non plus d'un cessez-le-feu avec le régime iranien.
07:52Oui, il s'est exprimé hier devant les médias à la Maison Blanche,
07:56avant son départ pour la Floride.
07:58Le président des États-Unis ne souhaite pas établir un cessez-le-feu
08:02car il est persuadé que les forces militaires de l'Iran sont épuisées
08:05et que tous les dirigeants ont été tués.
08:07Écoutez.
08:09Je ne veux pas faire un cessez-le-feu.
08:12Vous savez, vous ne faites pas de cessez-le-feu
08:14quand vous anéantissez littéralement l'adversaire.
08:18Ils n'ont ni marine, ni armée de l'air, ni équipement, ni observateur,
08:21ni défense antiaérienne, ni radar
08:23et leurs dirigeants ont tous été tués à tous les niveaux.
08:26Ce n'est pas ce que nous cherchons à faire.
08:30Et puis en même temps, il n'y a plus vraiment d'interlocuteurs au sein du régime
08:34pour négocier un cessez-le-feu en général ?
08:36Oui, il y a un discours, effectivement, qui peut être vu comme contradictoire.
08:40Je pense qu'en réalité, de toute façon,
08:45ils sentent très bien que les Iraniens, eux, ne sont pas du tout prêts à un cessez-le-feu.
08:49C'est-à-dire que contrairement à ce que peut dire Donald Trump,
08:51les Iraniens conservent encore des moyens de le frappe.
08:54On le voit à peu près tous les jours.
08:55Et puis, il est aussi probablement convaincu que les Israéliens, non plus,
09:00ne sont pas du tout prêts à un cessez-le-feu.
09:02Et donc, je pense qu'il tire les conséquences de la réalité des forces en place.
09:09Nous sommes entrés, aujourd'hui, Noemi, dans la quatrième semaine de guerre.
09:13Le régime iranien, il faut le rappeler, évidemment,
09:16il faut le rappeler, bien sûr, a été fortement affaibli.
09:19Oui, de nombreux hauts responsables politiques et militaires
09:22ont été tués par les frappes israéliennes et américaines.
09:25Bien que Tzal parle d'un château de cartes qui s'effondre,
09:28quelques figures clés ont survécu
09:30et remplacent au fur et à mesure les responsables tués.
09:33On fait le point avec Chloé Tarka.
09:36L'Iran est en train d'être décimé.
09:39C'est ce qu'affirmait jeudi le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou.
09:43En trois semaines, plusieurs figures clés du régime iranien ont, en effet, été ciblées.
09:48C'est dès le premier jour de la guerre que le coup le plus spectaculaire est porté.
09:52Le guide suprême Ali Ramenei, au pouvoir depuis 1989, est tué le 28 février lors d'une frappe à Téhéran.
10:01Dans le même temps, plusieurs hauts responsables militaires sont éliminés.
10:05Mohamed Pakpour, récemment nommé à la tête des gardiens de la révolution, est lui aussi tué dès le début du
10:12conflit.
10:12Autre figure majeure, Ali Chemrani, pilier de l'appareil sécuritaire depuis les années 1980, est tué lors des premières frappes.
10:21Même sort pour Mohamed Shirazi, chargé de coordonner les différentes branches des forces de sécurité au sein du bureau du
10:29guide suprême.
10:30Et pour Abdel Haïm Mousavi, nommé chef d'état-major des forces armées iraniennes, quelques mois plus tôt.
10:36Le 17 mars, Ali Larijani, figure politique majeure du régime, est tué à son tour dans une frappe israélienne dans
10:44la région de Téhéran.
10:46Malgré ces pertes, certaines figures clés ont survécu, comme le président du Parlement, Mohamed Bagher-Galibaf.
10:53Mais surtout, la République islamique s'est rapidement réorganisée, remplaçant les responsables tués, tout en poursuivant la guerre contre les
11:01Etats-Unis et Israël.
11:02Général Durieux, tant qu'il reste un résidu de noyaux du régime avec les drones, les missiles, ils continueront la
11:11guerre.
11:12Oui, ce qui est vrai, c'est qu'on a quand même du mal à voir, au terme de toutes
11:18ces éliminations,
11:21dans quelle mesure ça a porté atteinte à la capacité du régime iranien à conduire une guerre à peu près
11:29cohérente.
11:30Ce qui est sûr, c'est que cette capacité, elle a été sous-estimée ?
11:32Et la capacité du régime, la capacité de réponse et la capacité offensive du régime iranien.
11:40Elle a sans doute été sous-estimée.
11:42Et puis, on peut quand même avoir des doutes sur, de toute façon, la logique de ce type d'élimination.
11:52Moi, j'ai participé à des opérations militaires en Afghanistan, j'ai suivi de très près tout ce qui se
11:58passait au Sahel pendant de nombreuses années.
12:00On sait très bien que lorsqu'on élimine un dirigeant, un chef en face dans des mouvements de type terroriste,
12:09on risque souvent de voir émerger un plus jeune qui va avoir besoin de faire ses preuves, qui est plus
12:14radical.
12:15Et donc, ça ne va pas forcément améliorer la situation.
12:18Et là, ce qui est frappant, c'est que les États-Unis et Israël semblent appréhender la guerre contre l
12:25'État iranien,
12:25malgré tout, ça reste un État, à la façon dont ils ont appréhendé la guerre contre les talibans,
12:33les mouvements terroristes variés, et pour Israël, le Hamas et le Hezbollah.
12:36Et donc, on peut émettre des doutes, en tout cas, sur l'efficacité de long terme de cette stratégie.
12:43Olivier ?
12:44Oui, je pense qu'en fait, la difficulté, c'est que le régime iranien s'était préparé à ce genre
12:49d'attaque.
12:50Où je ne pense pas qu'effectivement, on ne l'a sous-estimé, c'est que tout le monde savait
12:53qu'effectivement,
12:54dès lors qu'on éliminait la première strate, la stratégie dite de la mosaïque qui est appliquée en Iran
12:59fait qu'il y a des États-majors qui sont finalement par région et qui sont en capacité...
13:04C'est une stratégie de décentralisation du pouvoir et des actions militaires.
13:07Qui permet effectivement de continuer, même s'il y a...
13:10Ça permet de gagner du temps, mais ça ne permet pas de gagner la guerre, cette stratégie.
13:12Non, mais en fait, l'objectif...
13:13Mais c'est là où, effectivement, il y a une vraie différence entre les États-Unis d'Israël et l
13:16'Iran.
13:17L'Iran, en fait, gagnera la guerre s'il gagne du temps.
13:20Parce qu'en fait, la seule chose qui peut obliger à un retrait, ce n'est pas une défaite militaire,
13:26ça sera une défaite dans l'opinion publique liée, justement, au coût politique de cette guerre-là.
13:30Et donc, ils ont bien compris ça, c'est ce qu'ils essayent de faire.
13:33Ils augmentent le coût politique, ils essayent de faire durer, parce que comme ça, ça peut durer.
13:37La seule chose, c'est qu'on ne sait pas quand...
13:38Je ne pense pas que ce soit un château de cartes qui s'effondre,
13:42mais la stratégie qui est mise en place par Israël, c'est plutôt le termitage.
13:46C'est qu'on voit bien que l'architecture du régime, eh bien, il y a eu plus de 2000
13:50cibles frappées.
13:52On essaye effectivement de taper les élites,
13:55mais on tape aussi depuis quelques semaines maintenant les checkpoints,
13:58notamment des Basidji, ce qui fait qu'on peut espérer que, petit à petit,
14:04la répression puisse diminuer et que ça puisse inciter le peuple iranien à se soulever.
14:10Avec deux bémols.
14:11Un, le régime a augmenté la dureté depuis quelques jours,
14:15puisqu'il y a eu à nouveau des exécutions faites dans les prisons,
14:19histoire de donner un signe que le régime était toujours extrêmement ferme sur ces questions-là.
14:23Et continuer de tenir la population.
14:24Et puis la deuxième question, c'est est-ce que, finalement,
14:27il reste encore des gens qui sont capables d'organiser ce soulèvement
14:31quand on sait qu'il y en a eu 30 000 qui ont été tués
14:33et qu'il y en a presque autant qui sont en prison actuellement ?
14:3530 000 au minimum.
14:37Rappelons-le, cette guerre contre l'Iran, Noemi,
14:40c'est aussi une guerre de communication, d'information.
14:43Évidemment, et le nouveau guide suprême, Mostava Khamenei,
14:46a assuré que l'Iran avait porté un coup vertigineux à ses ennemis.
14:51Ce sont des propos écrits qui lui sont attribués,
14:54car on ne l'a jamais vu depuis sa nomination.
14:56Dans un message à l'occasion du nouvel an iranien,
14:59il assure que l'ennemi a été vaincu.
15:02Je vous propose de l'écouter.
15:04En ce moment, en raison de l'unité particulière qui s'est créée entre vous,
15:09nos compatriotes, malgré toutes vos différences d'origine religieuse,
15:12intellectuelle, culturelle et politique, l'ennemi a été vaincu.
15:17Un message écrit et lu, encore une fois,
15:19comme ce fut le cas la semaine dernière lors de cette première allocution.
15:23Toujours pas de son ni d'image, mon général.
15:25On ne peut pas s'empêcher de se dire que Mostava Khamenei
15:28n'est pas en mesure de gouverner cette question qui en découle.
15:32Qui dirige l'Iran aujourd'hui ?
15:35Impossible à dire.
15:36Moi, je ne vais pas m'avancer sur un terrain que je ne connais pas.
15:39Je connais mal le fonctionnement interne iranien.
15:41Ce qui est probable, en effet, c'est qu'à la fois,
15:44qu'on peut quand même faire l'hypothèse qu'il n'est pas mort,
15:48sinon il aurait peut-être été remplacé,
15:50mais qu'il ne soit pas en état d'être montré à la télévision,
15:53sinon il est probable que le régime iranien ne s'en priverait pas.
15:57Le régime qui entretient cette illusion de force.
16:00Et puis, effectivement, a priori, il y a aussi,
16:03ça a été d'ailleurs dans le texte qui a été lu,
16:05il y a une référence aussi au fameux imam caché,
16:09où en fait, pour eux, plus la situation devient dramatique,
16:12plus la situation devient chaotique,
16:14plus ils estiment qu'il y a une forme d'injustice,
16:17plus c'est normalement les conditions pour que cet imam arrive à la fin du monde.
16:21Et ils commencent à parler de ça, ce qui est très dangereux,
16:24parce que ça peut encore être un signe de cette volonté d'aller jusqu'au bout du régime,
16:28pensant que le chaos pourrait être le moment qu'ils attendent depuis longtemps,
16:33le retour de cet imam caché.
16:35L'autre nerf de la guerre, c'est le pétrole, l'ONOMI, pardonnez-moi.
16:39Oui, c'est ce qui rend cette guerre particulière.
16:42C'est la présence dans la région de nombreuses infrastructures énergétiques
16:46qui irriguent le monde entier.
16:48Le Qatar possède, par exemple,
16:50le plus grand site de production de gaz liquéfié au monde,
16:54une usine considérablement endommagée par les frappes iraniennes,
16:58mais d'autres sites ont été touchés, lesquels ?
17:01On voit ça avec Julia Ferrant.
17:04Les pays du Golfe abritent de nombreuses infrastructures pétrolières et gazières.
17:09A commencer par le plus grand pôle de liquéfaction de gaz au monde,
17:13Khaslafan, qui se situe au nord du Qatar.
17:16Le site, déjà pris pour cible depuis le début de la guerre,
17:19a été frappé jeudi matin tôt par l'Iran.
17:22Une attaque en réponse à celle menée par Israël la veille
17:25contre le gisement offshore iranien de South Pars,
17:28situé en mer, en plein cœur du Golfe Persique.
17:32Ce gisement est exploité dans sa partie nord par l'Iran
17:34et dans sa partie sud par le Qatar,
17:37sous le nom de North Dom,
17:38South Pars, qui fournit 70% du gaz naturel consommé en Iran.
17:42En Arabie Saoudite, un drone s'est abattu jeudi
17:45sur la raffinerie de Samref,
17:47située dans la zone industrielle de Yambou,
17:49sur les rives de la mer Rouge.
17:51Le pays abrite également l'une des plus grandes raffineries du Moyen-Orient,
17:56Khastanoura, située dans la péninsule saoudienne
17:59avec une capacité de 550 000 barils par jour.
18:02Au début du conflit,
18:04une attaque de drones iraniens l'a contrainte à un arrêt partiel.
18:07Enfin, dans le Golfe Persique,
18:09se situe la quatrième plus grande raffinerie au monde,
18:12celle de Rouhaïs à Abu Dhabi,
18:14ainsi que l'île de Karg, site pétrolier crucial de l'Iran,
18:17d'où proviennent 90% des exportations de son pétrole brut.
18:21Visé samedi par des frappes américaines,
18:24Donald Trump a menacé de détruire les infrastructures de l'île.
18:29Cette guerre fait flamber le prix des carburants un petit peu partout.
18:32Oui, le baril de pétrole oscille autour des 100 dollars,
18:36soit un peu plus de 86 euros.
18:39Chez nous, le prix à la pompe a atteint des niveaux records.
18:42Pourtant, la France n'a pas pris de mesures d'urgence
18:44pour soutenir les automobilistes,
18:46contrairement à certains de nos voisins européens
18:48qui ont pris les devants.
18:49Les explications de Sarah Varni et Alexis Prince.
18:53À quand un blocage, voire une baisse des prix à la pompe en France ?
18:57Une question qui devient pesante.
18:58À l'heure où le gouvernement n'annonce toujours aucune mesure de protection
19:01et se refuse notamment à baisser la TVA,
19:04reconnaissant même son impréparation face à la flambée des prix.
19:07Ça s'est envolé bien au-delà de ce qu'on pensait.
19:10Je pense qu'il faut savoir dire en politique quand on s'est trompé.
19:13D'autres pays européens ont mis la main à la poche pour baisser les taxes.
19:17C'est le cas du Portugal, de la Serbie ou encore de l'Espagne,
19:20qui a promis de les diminuer jusqu'à 30 centimes d'euros par litre
19:23au milieu d'un plan anti-crise énergétique de 5 milliards d'euros.
19:27En Italie, le gouvernement de Giorgia Meloni a fait passer un décret
19:30réduisant les prix à la pompe de 25 centimes d'euros par litre pendant 20 jours.
19:34Un dispositif qui attire de nombreux conducteurs français dans les stations italiennes
19:38et qui s'accompagne de mesures ciblées pour les professionnels.
19:41Outre Rhin, nos voisins allemands ont décidé de débloquer une partie
19:44de leur réserve stratégique de pétrole à hauteur de 19 millions de barils
19:48qui vont faire baisser les prix en entrant sur le marché.
19:51En Croatie, les prix sont désormais plafonnés, comme en Hongrie,
19:55où la mesure ne bénéficie toutefois qu'aux voitures immatriculées dans le pays.
19:58Citons enfin la Grèce, qui a elle choisi d'agir sur la spéculation
20:02en plafonnant jusqu'à fin juin les marges dégagées par les stations-service
20:05à 12 centimes d'euros par litre.
20:08Certains pays frontaliers, tels la Belgique ou le Luxembourg,
20:11laissent à l'inverse les prix et les taxes s'envoler,
20:13comme en France, où le gouvernement demeure astreint à la discipline budgétaire.
20:18Et la vérité, la réalité, Olivier Vial, c'est que la France n'a plus les moyens
20:22de faire ce que font nos voisins européens.
20:23Oui, parce qu'en fait, on estime qu'essayer de faire baisser d'un centime,
20:27ça coûte 380 millions d'euros.
20:30Donc on voit bien que si on veut que le geste soit suffisamment perceptible
20:34pour le consommateur, ça coûterait extrêmement cher à l'État.
20:38Et vu l'état de nos finances, malheureusement, on n'a pas ces marges de manœuvre.
20:42On rappelle que les taxes, c'est 50 à 55% du prix du carburant.
20:46On a aussi inventé, c'est une des spécificités, une TVA sur la taxe.
20:50Donc en fait, on a un impôt sur l'impôt, ce qui est effectivement le paradoxe ultime
20:54de la richesse de nos fonctionnaires de Bercy.
20:58Il nous reste un petit peu moins de deux minutes pour ce journal.
21:02Je voudrais qu'on fasse un petit pas de côté par rapport à l'actualité qui domine
21:05et bien sûr cette guerre qui est entrée dans cette quatrième semaine
21:08pour parler des saisies de drogue en France, notamment de cocaïne.
21:11L'exemple de Dunkerque où 13 tonnes ont été interceptées uniquement pour le mois de février.
21:17Oui, des chiffres impressionnants qui sont dans la lignée de l'année 2025
21:20avec des saisies records, plus 58% par rapport à 2024,
21:25soit plus de 84 tonnes de cocaïne interceptées par les douanes françaises en l'espace d'un an.
21:31Le marché de la cocaïne qui devance désormais celui du cannabis dans notre pays.
21:36Une drogue en plein essor, résultat d'une production en hausse de prix en baisse.
21:40C'est un fléau.
21:41Et oui, et puis en plus, c'est un peu la conséquence aussi de la politique menée extrêmement dure de
21:46Donald Trump
21:46qui fait que puisque cette cocaïne a de plus en plus de mal à se déverser sur le marché américain,
21:52l'Europe devient un marché plus facile et donc on a effectivement beaucoup plus de cocaïne,
21:58des prix qui baissent beaucoup et ce qui explique aussi les guerres de gangs
22:02parce qu'en fait, puisqu'il y a de plus en plus de marchés de drogues à délivrer,
22:09il y a des groupes qui se mettent en place et donc ça explique aussi la montée de la violence.
22:13Plus de 600 000 consommateurs dans le pays et une jeunesse de plus en plus attirée également.
22:17Et c'est un sujet sur lequel les autorités doivent se pencher particulièrement.
22:22Oui, en plus on sait aujourd'hui que le dernier chiffre, c'est qu'il y a plus de 200
22:25000 personnes
22:26qui travaillent pour le narcotrafic, donc plus de 30 000 mineurs.
22:29Et ce chiffre-là qui augmente surtout depuis quelques années.
22:33Il y a toujours eu un gros régime de narcotrafiquants,
22:41mais ce qui augmente c'est le nombre de mineurs et de très jeunes mineurs
22:44puisqu'on l'a vu dans les dernières affaires qu'on a souvent des jeunes de 14 ans
22:48qui maintenant ne font pas simplement le chouf,
22:51mais peuvent aller amener à commettre des meurtres ciblés.
22:55Explosion des saisies de cocaïne en un an sur notre territoire.
22:58Voilà pour l'essentiel de l'actualité.
23:00Merci beaucoup Noémie Hardy, merci Général Benoît Durieux, merci à Olivier Vial.
23:05La suite sur ces news, c'est évidemment Midi News avec Thierry Cabane
23:09pour revenir sur les derniers développements autour de la guerre au Moyen-Orient.
23:13J'aurai le plaisir de vous retrouver à partir de 15h pour 120 minutes infos week-end.
23:17A tout à l'heure.
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