- il y a 9 heures
Benoist de Sinety, prêtre, auteur de “La cause du Christ, l'évangile contre « l’identité chrétienne »” (Grasset), est l'invité du Grand Portrait. Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-grand-portrait/le-grand-portrait-du-jeudi-14-mai-2026-7108821?gfd
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00France Inter
00:03La grande matinale
00:07Sonia de Villers
00:0915 millions de français ont suivi à la télévision la messe d'enterrement de Johnny Hallyday
00:14et découvert le visage de ce prêtre, Benoît de Cinetti, un curé de 58 ans, un homme bien né,
00:21élevé dans les écoles les plus huppées de la capitale et dont la presse a souvent dépeint l'Entre-Jean
00:25à Saint-Germain-des-Prés.
00:26Mais le père de Cinetti, qui officie aujourd'hui à Lille, est aussi l'auteur de plusieurs plaidoyers vibrants pour
00:33l'accueil des migrants.
00:34Qu'avons-nous fait de notre humanité ? Interroge-t-il sans relâche.
00:39Face à des catholiques et notamment des jeunes, qu'il sent de plus en plus attirés par le repli tradi,
00:45les discours identitaires, la haine de l'autre,
00:48il publie un texte court, très puissant, très politique, pour mettre en garde contre une chrétienté qui n'a plus
00:54rien à voir avec le Christ.
00:56Portrait numéro 141.
01:01Bonjour Benoît de Cinetti.
01:02Bonjour Sonia de Villers.
01:03Soyez le bienvenu à France Inter en ce jour d'ascension.
01:07Je vous ai demandé si vous étiez à la radio au lieu de donner une messe, mais non, elle est
01:14ce soir.
01:16Ce soir, c'est une formidable idée de m'inviter un jour pareil dans votre émission.
01:22Voilà, donc la messe sera à 18h30 et votre paroisse, c'est l'église Saint-Maurice qui est à Lille,
01:28juste en face de la gare.
01:31Un mot d'abord pour dire que ce texte que vous publiez chez Grasset, qui est court et très percutant,
01:38je l'ai dit, s'intitule « La cause du Christ, l'évangile contre l'identité chrétienne ».
01:43Vous l'avez dédié à Monseigneur Daniel Perrault. Pourquoi ?
01:48Parce que cet homme est le frère de ma grand-mère, donc un grand-oncle, qui est né il y
01:55a très longtemps, au début du siècle dernier, qui est mort il y a une bonne quinzaine d'années maintenant,
02:00qui a été un homme qui a accompagné toute mon enfance, toute ma jeunesse, tout mon séminaire, il m'a
02:06vu ordonner prêtre.
02:07Et c'est une figure de prêtre qui a été pour moi majeure, d'abord comme homme, comme chrétien, comme
02:13prêtre, un modèle d'écoute, d'attention.
02:18Voilà, c'est tous mes souvenirs d'enfance, familiaux, etc. Enfin, c'est aussi beaucoup de choses très intimes, mais
02:24quelqu'un qui avait toujours la capacité de pouvoir parler avec vous,
02:28quel que soit votre âge et votre situation, de vous accueillir et de vous aider à cheminer.
02:34Alors justement, Benoît Tzignetti, vous entamez ce texte en disant « Je ne suis pas un saint ». Pourquoi écrire
02:40ces mots « Je ne suis pas un saint » ?
02:41Parce que je ne veux pas que ce livre soit pris comme une espèce de leçon donnée de manière magistérielle
02:48par quelqu'un qui aurait la connaissance.
02:51Moi, je suis un homme comme les autres. Je suis un pauvre type, comme tout le monde.
02:57Et ce que j'écris, j'ai écrit...
02:58Un pauvre type qui est entré au séminaire perclus de doutes.
03:02Oui, enfin, de doutes par rapport à moi-même. Jamais par rapport à la capacité de Dieu à m'aimer
03:07et à me pardonner.
03:08Par rapport à moi-même, bien sûr, mais j'en ai encore beaucoup.
03:11Mais un pauvre type qui essaye quand même de trouver une parole qui va le faire vivre et de la
03:18partager aux autres.
03:19Cette parole, c'est celle de Jésus. Et si j'ai écrit ce livre, c'est parce que d'abord,
03:25il y a deux choses qui m'habitent.
03:26La première, c'est que pour moi, l'Église, c'est vraiment la communion des vulnérables.
03:31C'est-à-dire que ce n'est pas un rassemblement d'hommes et de femmes forts et puissants, mais
03:35c'est la communion des vulnérables.
03:38Et la deuxième chose, c'est parce que je suis parfois très irrité, très en colère de voir comment la
03:45parole de Jésus peut être déformée et défigurée.
03:48Un christianisme sans Christ, écrivez-vous Benoît de Sinetti, un christianisme sans Christ est en train de prospérer plus ou
03:56moins grossièrement.
03:57Qu'est-ce qu'un christianisme sans Christ ?
03:59C'est-à-dire que c'est un système, on retient du christianisme le système, disons pour parler bref, sociopolitique
04:06qu'il a instauré.
04:07C'est-à-dire que la manière dont nos pays européens se sont constitués, qui se sont constitués de fait
04:11sur l'annonce de l'Évangile et sur la foi chrétienne.
04:15Et on retire de ce système ce qui en fait le cœur, à savoir le message de l'Évangile et
04:19la personne du Christ.
04:21Il n'y a pas de chrétien sans rencontre avec le Christ.
04:24C'est-à-dire que le chrétien, c'est celui qui se met à vouloir suivre Jésus.
04:30Et donc pour suivre quelqu'un, il faut le rencontrer ou essayer de le rencontrer.
04:34Et donc le christianisme sans Christ, on garde le système et on oublie ce qui en fait le cœur.
04:40Un mot du cardinal Lustiger, parce qu'on va entendre sa voix, quel rôle il a joué dans votre vie
04:45?
04:45Il m'a d'abord ordonné prêtre, ce qui n'est pas rien.
04:48Ensuite, j'ai été son secrétaire particulier pendant deux ans et j'ai eu la possibilité de l'accompagner jusqu
04:54'au bout de son chemin sur terre,
04:55puisque j'étais présent à ses côtés jusqu'à sa mort.
04:59C'est un homme qui m'a fait découvrir le judaïsme, que j'ignorais pour une bonne part, sinon intellectuellement,
05:04mais de manière plus incarnée.
05:06Et c'est un homme qui m'a ouvert les yeux sur le fait que...
05:10Je dis une bêtise où le cardinal Lustiger était juif et il s'est converti.
05:13C'est ça, il a été baptisé pendant la guerre, quand il était adolescent.
05:17Et il m'a fait vraiment découvrir la puissance, enfin disons, il m'a encouragé à ne pas se taire.
05:26Lustiger, c'est un homme qui parlait.
05:27Alors on l'écoute parler.
05:28Aujourd'hui, une partie de l'humanité est dans une prospérité inouïe, inouïe malgré la misère qui peut exister encore
05:36dans nos pays.
05:37Et la misère des autres s'est accrue d'une certaine façon.
05:42Mais cette fin matérielle, ces misères matérielles dans l'être humain sont toujours le signe d'une détresse plus profonde.
05:49Parce que l'homme ne vit pas seulement de pain.
05:51Cette parole du Deutéronome que Jésus reprend, elle me vient sans cesse à l'esprit, l'homme ne vit pas
05:56seulement de pain.
05:57Les chiens peuvent vivre d'un bout de pain ou d'un os, pas un être humain.
06:01Vous vous êtes engagé, Benoît de Sinetti, voilà de nombreuses années pour un sursaut d'humanité concernant l'accueil des
06:09migrants en France.
06:11Il n'y a pas les bons et les mauvais pauvres, dites-vous.
06:15Vous avez vu beaucoup de portes se fermer face à ces plaidoyers que vous avez prononcés.
06:21Est-ce que vous avez vu des portes se fermer qui sont d'abord les portes de l'esprit et
06:25les portes du cœur ?
06:27C'est la peur.
06:28En fait, le drame de notre société, c'est la peur.
06:32Et de nos sociétés modernes notamment, c'est que depuis quelques années, on vit dans des peurs successives.
06:37Comme si une peur chassait l'autre en permanence.
06:40Et la peur de l'étranger, la peur de l'étrange, la peur de ce qui n'est pas moi,
06:45elle habite naturellement nos cœurs.
06:46On ne connaît pas, donc on se méfie.
06:49Ce qui me pose question, c'est de voir comment nos sociétés, qui sont des sociétés fondées sur l'évangile
06:55et qui se réclament pour une certaine partie d'entre elles, comme fondées sur l'évangile, peuvent se laisser gagner
07:01par des peurs qui ne sont pas du tout des peurs évangéliques.
07:04L'évangile ouvre le cœur, la peur rétracte le cœur.
07:08Et donc oui, de fait, quand on parle des migrants, comme de bien d'autres problèmes, parce que les migrants,
07:13finalement, c'est un peu comme le bouc émissaire de notre société.
07:16Demain, il y en aura d'autres. Il y en a eu d'autres hier, il y en aura d
07:18'autres demain.
07:19Le bouc émissaire, c'est celui derrière lequel on se cache pour refuser, pour refuser de s'interroger sur un
07:25monde qui ne va pas.
07:26Ce que disait le cardinal Lustiger est tellement vrai.
07:28Quand le pape Léon XIV va à Monaco il y a quelques mois, il y va pourquoi ?
07:31On s'est bien demandé ce qu'il y faisait.
07:32Mais oui, pour dénoncer ce système d'argent roi qui corrompt, qui épuise et qui mine notre société.
07:40On ne peut pas traiter la question des migrants en oubliant que nos sociétés occidentales consomment 80% des ressources
07:48de la terre et que nous sommes 20% des habitants.
07:51Rien que ce chiffre-là fait réfléchir.
07:53Après, moi, je n'ai pas de solution politique.
07:55Mais ce que je veux dire, c'est que pour le chrétien que j'essaye d'être, avant de chercher
08:01des solutions qui sont dictées par la peur et par l'angoisse,
08:05j'essaye de me mettre à l'écoute de l'évangile et de voir comment l'évangile va déplacer mon
08:10cœur et ouvrir mon cœur.
08:11Et vous écrivez, Benoît Zinetti, en lisant Éric Zemmour, en lisant son récent livre qui s'intitule « La messe
08:18n'est pas dite », présenté comme une déclaration d'amour au christianisme,
08:22j'avoue m'être retrouvé face à un monument de cynisme.
08:25Le problème d'Éric Zemmour, c'est le refus du Christ.
08:29Oui, il n'est pas d'usage qu'un homme d'Église interpelle publiquement des politiques.
08:35Et mon but n'est pas d'entrer dans un combat politicien, évidemment.
08:39Mais dès lors que des hommes politiques s'emparent de l'Église et de l'évangile publiquement, il est normal
08:44que l'Église puisse répondre.
08:46L'instrumentalisme ?
08:47Oui, bien sûr, quand on instrumentalise l'Église, quel que soit l'homme politique, ce serait la même chose pour
08:52n'importe quel autre homme politique.
08:54C'est-à-dire que la question, c'est de dire qu'on ne peut pas dire des choses fausses,
08:56c'est tout.
08:57Après, on peut être d'accord ou pas d'accord avec la pensée politique de l'homme.
09:00Ce n'est pas mon sujet ici.
09:02Mon sujet, c'est de dénoncer des choses fausses et de dire qu'il y a certains hommes politiques,
09:06vous parliez de celui-ci et de son livre récent, qui aiment l'Église comme les taxidermistes aiment les animaux.
09:13C'est-à-dire qu'on aime une Église figée, empaillée, qui est un beau décor.
09:18Mais par contre, on ne veut rien savoir du message de l'Évangile, ni de celui de Jésus-Christ.
09:22D'ailleurs, ils le disent assez simplement.
09:24Ils sont assez honnêtes.
09:25Ils disent, le christianisme, oui.
09:27Le Christ, non.
09:28Non.
09:29Mais on a ricané de vous, Benoît Tzignetti.
09:32On a dit que vous étiez un prêtre de salon, que vous aviez de l'entre-jean,
09:36que vous aviez grandi dans des milieux extrêmement privilégiés,
09:40que vous étiez hors sol, loin du terrain, loin de la réalité de ce que vivent certains Français.
09:45Et qui peuvent en tirer colère et peur aussi.
09:50Oui, alors souvent, ceux qui disent ça sont eux-mêmes très très loin de ce que vivent beaucoup de Français.
09:54Moi, il se trouve que dans ma vie quotidienne de prêtre, je rencontre les gens, ce que font peu de
09:59gens, en fait, dans la vie publique.
10:00Je rencontre des gens tous les jours, à mon bureau d'accueil, en confession, en discussion, etc.
10:05Des gens qui vont se marier, des gens qui baptisent un enfant, des gens qui vont enterrer un proche, des
10:09gens qui posent des questions, des gens qui souffrent, des gens qui sont à la rue, des gens qui sont
10:12drogués, etc.
10:13Donc, on ne peut pas dire que je ne connaisse pas les gens.
10:16Après, oui, que je sois un homme limité, ça c'est indéniable.
10:19Mais ce que j'essaye, moi, ce n'est pas de témoigner de moi-même.
10:22Mon but, ce n'est pas de me faire ma publicité.
10:24Je ne suis pas là pour me vendre.
10:26Je suis là simplement parce qu'il me tient à cœur des choses essentielles que j'ai envie de partager.
10:30Et comme chrétien, il me semble indispensable de pouvoir le dire publiquement aujourd'hui.
10:59À ce moment-là, vous étiez prêtre à Paris.
11:02Oui, c'est ça.
11:03J'étais vicaire général à Paris.
11:04Vicaire général à Paris, vous enterrez Johnny Hallyday.
11:08Et ce que je t'aime, vous lui trouvez une résonance magnifique avec l'Évangile.
11:14Vous savez, je peux, enfin, pour dire un mot là-dessus, je crois que toute célébration d'obsèques est essentielle.
11:21Moi, je m'attache, comme beaucoup d'autres prêtres, à préparer ces célébrations en rencontrant la famille,
11:28en réfléchissant avec eux sur la vie du défunt et à la lumière de la parole de Dieu,
11:32essayer de construire une célébration dans laquelle l'amour de Dieu, sa miséricorde puisse transparaître.
11:39Voilà, qui s'appelle Johnny Hallyday ou Monsieur Anonyme.
11:43En fait, c'est absolument pareil.
11:44Évidemment, le décor change.
11:46La foule n'est pas la même et les questions logistiques ne sont pas les mêmes.
11:51Mais on est devant le même mystère, celui de notre finitude.
11:54En fait, l'ascension aujourd'hui, on est sur terre comme des petits hommes et des petites femmes.
12:00C'est-à-dire qu'on est là, tout petit, devant l'immensité.
12:03Je rentre de Saint-Jacques-de-Compostelle.
12:05J'ai fini la marche hier.
12:06J'étais à Finistère, au bout de la pointe de la Galice.
12:11On est devant cet océan, cette immensité.
12:13On est tout petit, tout petit.
12:15Et là-dedans, au milieu de tout ça, nous, tout petits, on reçoit la lumière de la bonne nouvelle de
12:21l'amour dont Dieu aime les hommes.
12:23Et comme chrétien, cette bonne nouvelle-là, j'essaie de la répercuter autour de moi.
12:27Et comme prêtre, quand j'accompagne des familles dans le deuil, vous parlez d'autres jeunes idées, j'essaie de
12:32pouvoir aussi témoigner de cela.
12:33Alors, Benoît Cinetti, je reviens à ce livre, La cause du Christ.
12:37On a parlé d'Éric Zemmour, vous parlez aussi de Philippe de Villiers,
12:40mais vous parlez aussi de ce qui se produit et ce qui vous sidère littéralement à la Maison-Blanche.
12:46Comment Donald Trump, qui brandit la Bible, osse-t-il créer un bureau de la foi,
12:51alors que tout, dans son discours et dans ses actes, contredit l'Évangile ?
12:56Oui, il y a sans doute beaucoup de cynisme.
12:58Il y a aussi beaucoup de calculs politiques, j'imagine.
13:00Enfin, moi, je ne suis pas dans la tête de ces gens-là.
13:02Je ne sais pas comment ils font pour se raser le matin.
13:05Mais ceci étant dit, ce qui me fascine aux États-Unis,
13:09on connaît tous la manière dont le religieux est profondément imbriqué à la vie publique depuis toujours.
13:15C'est une nation qui se proclame comme profondément religieuse, pour le pire comme pour le meilleur.
13:20Ce qui m'avait frappé, moi, en 2018, donc ce n'est pas d'hier,
13:24c'est la rencontre d'un certain nombre de personnalités américaines, catholiques, conservatrices,
13:29qui m'expliquaient de manière extrêmement claire et très publique,
13:34que dorénavant, puisque François était pape à l'époque et qu'il le détestait,
13:38parce qu'il était à leurs yeux un pape rouge,
13:40parce qu'il remettait en question publiquement, comme d'autres avant lui,
13:43mais de manière encore plus féroce, le capitalisme ultralibéral,
13:47la logique de l'économie de marché, etc.
13:50Et donc, comment faire pour éviter que son successeur ne soit aussi ou plus rouge que lui ?
13:55Et alors, ils allaient monter un institut, qui existe encore,
13:58qui était chargé, à chaque nomination de cardinal,
14:00de pouvoir diligenter des enquêtes discrètes,
14:02afin de savoir quelles étaient les casseroles éventuelles des nouveaux promus.
14:06Et ça, moi, celui qui m'a dit ça, on était dans un petit cocktail,
14:09c'était très chic, très machin avec ça,
14:12et moi, comme un cri du cœur, je lui ai dit,
14:14mais en fait, vous allez aller en enfer.
14:16Et il me répond, pas du tout.
14:18On vient pour sauver l'Église.
14:19Ah ben, c'est le meilleur moment d'aller en enfer,
14:21c'est de prétendre sauver l'Église à soi seul.
14:23Et on voit bien qu'aujourd'hui, il y a une tentation,
14:26par un certain nombre de milieux, politiques, économiques,
14:29de pouvoir mettre la main, en tout cas d'essayer,
14:33d'influencer la gouvernance de l'Église,
14:35en disant, en gros, aujourd'hui, ça ne marche plus,
14:38donc nous, on sait faire, on va prendre la main.
14:41Cette manière, ça a toujours existé dans l'histoire,
14:43mais c'est aujourd'hui très prégnant.
14:44Alors, je vous propose d'écouter la voix de Pierre-Édouard Sterrain.
14:47C'était une intervention en vidéo de cet homme d'affaires français
14:50qui vit aujourd'hui en Belgique.
14:51C'était l'année dernière, lors d'une conférence donnée
14:53à l'Institut du Bon Pasteur.
14:56Ces objectifs sont assez simples.
14:57Ils constituent à contribuer à la promotion du Christ,
14:59à la défense et au développement de mon pays,
15:02à savoir la France.
15:03Un, le fait d'avoir plus de bébés,
15:05de souches européennes.
15:07Deux, de faire en sorte que ces bébés soient baptisés,
15:10donc d'évangélisés, de façon plus globale.
15:12Il ne s'agit pas uniquement d'évangéliser les bébés,
15:14mais également d'évangéliser tous ceux aujourd'hui
15:15qui ne sont pas catholiques ou qui sont anciens catholiques.
15:19Je pense qu'il nous faut une France évidemment forte,
15:20mais aussi une France enracinée.
15:23Pierre-Édouard Sterrain qui reproche à l'Église,
15:27de, comment dire, aux évêques,
15:28de ne pas savoir tenir l'Église,
15:31dites-vous, Benoît de Sinetti.
15:32Et il n'est pas le seul.
15:34Vincent Bolloré aussi, voilà,
15:36deux hommes d'affaires, deux milliardaires,
15:38deux catholiques revendiqués.
15:39D'ailleurs, vous dites que ce n'est pas exactement le même catholicisme,
15:42et l'un et l'autre.
15:43De toute façon, ce sont deux personnes différentes,
15:44donc elles ont forcément des approches différentes
15:46de leur foi et de leur témoignage.
15:48Absolument.
15:49Voilà, donc les évêques ne tiennent pas l'Église ?
15:51Mais personne ne tient l'Église.
15:53Mais personne ne la tiendra à la place des évêques
15:55s'ils ne la tiennent plus.
15:56Et derrière, il n'y a pas d'Église sans évêques.
15:58Les évêques sont les piliers sur lesquels l'Église s'est construite.
16:01On ne va pas faire un cours de théologie ici,
16:02mais enfin, c'est quand même le béabat.
16:05Personne ne tient l'Église,
16:07c'est le Christ qui l'a conduit.
16:08La question, c'est est-ce que nous ne laissons nos cœurs s'ouvrir
16:11à ce que le Christ nous demande ?
16:12Ou bien est-ce que nous prétendons savoir mieux que lui
16:15ce qu'il faut faire ?
16:16Vous voyez ?
16:16On peut inciter les gens à avoir des bébés.
16:18Enfin, c'est très bien.
16:21Incitons-les.
16:21Moi, je suis tout à fait d'accord pour que les gens aient des bébés.
16:23Je n'ai pas de problème là-dessus.
16:24Mais la question est qu'aujourd'hui, ils n'en ont pas.
16:27Voilà.
16:28Pourquoi ?
16:29On peut inciter les gens à ceci ou à cela.
16:32On voit bien que notre société aujourd'hui,
16:34le grand abîme, c'est un abîme de sang,
16:36c'est un abîme spirituel, un abîme de sang.
16:38Qu'est-ce que je fais là ?
16:39Pourquoi est-ce qu'on va là ?
16:40On parle d'épidémie, on parle de guerre,
16:42on parle de drame, etc.
16:44Mais dans cette recherche de sens,
16:47vous êtes inquiets de voir des jeunes converger
16:49vers l'Église catholique en quête non pas de sens,
16:53dites-vous Benoît Dessinetti,
16:54mais en quête de combat.
16:56Oui.
16:57En quête de reconquête.
16:58Mais oui, parce que...
16:59En quête de virilité, même.
17:01Oui, parce que, en fait, si vous voulez,
17:02quand tout semble s'effondrer ou s'effriter autour de vous,
17:07un réflexe naturel est de se dire
17:09qu'on va empêcher que ça s'écroule.
17:12Et ce pays, on l'aime.
17:14Moi, j'aime mon pays
17:15et je suis très heureux d'être français.
17:17Et je n'ai pas de fierté chauvine là-dessus.
17:20C'est comme ça.
17:21Je n'y peux rien.
17:22Ça m'a été donné par la naissance,
17:23donc je n'y peux rien.
17:24Mais je suis très heureux d'appartenir à ce pays.
17:26Très fier de son histoire,
17:27très heureux de sa culture,
17:29de sa langue,
17:30de toutes ses beautés,
17:31de tout ce qu'il a porté au monde comme message.
17:33Mais enfin,
17:35ce n'est pas parce qu'on est fier d'être français
17:37qu'il faudrait figer la France
17:40dans un état donné,
17:43irréversible,
17:44duquel elle ne pourrait plus sortir.
17:45La vie est une évolution permanente.
17:47Que cette évolution,
17:48elle nous angoisse,
17:49elle nous panique,
17:50je le comprends très bien.
17:51On a tous peur de vieillir.
17:52On a tous peur de mourir.
17:53Alors qu'est-ce que c'est que le virilisme chrétien ?
17:55Le virilisme chrétien,
17:56c'est une réponse caricaturale
17:58à une vraie question.
17:59La question de cet effondrement
18:02apparent de l'Église dans la société.
18:04Et donc, on dit,
18:05on va redresser les choses.
18:06Vous allez voir avec nous,
18:07on va y aller à la force du poignet.
18:09Ce sont des pétitions d'intention.
18:11On ne peut pas forcer les gens
18:13à être chrétiens.
18:15Convertir,
18:15ce n'est pas nous qui convertissons,
18:16c'est le Christ qui convertit.
18:18Enfin,
18:18où est-ce qu'on voit
18:19qu'en mettant des affiches,
18:21en faisant des campagnes
18:22ou en faisant des conférences,
18:23on va convertir les gens ?
18:25Si on convertit les gens,
18:26c'est qu'on est un gourou.
18:26Mais on n'est pas une église de gourous.
18:29On est une église de serviteurs
18:31au service de la parole de Dieu
18:32et de sa présence.
18:33Pourquoi avoir publié chez Grasset ?
18:35Vous saviez, Benoît Tzignetti,
18:37que Grasset était une filiale
18:38d'un groupe qui s'appelle Hachette,
18:40qui appartient à Vivendi,
18:42qui appartient à Vincent Bolloré ?
18:45Oui,
18:45parce que d'abord,
18:47ils m'ont sollicité
18:48il y a quelques mois de cela.
18:49Christophe Bataille
18:50et Olivier Nora
18:50m'ont sollicité
18:52parce que j'ai beaucoup d'estime
18:53et d'amitié pour eux.
18:54Et donc,
18:54j'étais heureux de pouvoir répondre
18:56à leur invitation
18:57et parce que ce livre
18:59a été écrit
19:00d'une manière absolument libre.
19:02Il est publié
19:02d'une manière absolument libre.
19:04Y compris les pages
19:05sur Vincent Bolloré
19:05et Pierre-Édouard Serrin.
19:07Donc, en fait,
19:07ce n'est pas un livre
19:08qui cherche à attaquer quiconque.
19:10Moi, je parle à des hommes
19:11qui publiquement,
19:12parce qu'ils sont chrétiens
19:13ou parce qu'ils s'intéressent
19:14à l'Église,
19:16évoquent Jésus
19:17et l'Église
19:18sur la place publique.
19:19Et donc,
19:19il est normal
19:19qu'on entre en dialogue
19:20avec eux.
19:22Benoît de Sinetti,
19:23La cause du Christ,
19:24l'Évangile contre l'identité chrétienne.
19:26Chez Grasset,
19:27ça se lit vite
19:28et c'est absolument passionnant.
19:30Merci, mon père.
19:30Merci à vous.
19:31Merci beaucoup.
19:31Merci beaucoup.
Commentaires