- il y a 1 jour
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ÉducationTranscription
00:05Bonjour à tous et bienvenue à votre RCMAG, le libre cours de Radio Courtoisie.
00:11Aujourd'hui, nous recevons Momochi, ingénieur en électronique et créatrice de la chaîne YouTube
00:17Eponyme, spécialisée dans l'analyse critique de l'IA, de la tech et des médias.
00:24Bonjour et merci d'avoir accepté une nouvelle fois mon invitation.
00:27Bonjour Jean-Etienne, bonjour Radio Courtoisie, merci pour l'invitation.
00:31Avec grand plaisir.
00:32Je suis content d'être ici.
00:33Ravie de vous recevoir aussi.
00:35Pouvez-vous nous rappeler, Momochi, votre parcours d'ingénieur électrique et comment
00:43vos expériences de suspension multiples sur X vous ont amené à vous intéresser aux questions
00:50de censure, de propagande et de contrôle numérique, comme dans la citation d'Anna Arendt
00:56que vous mettez en avant dans votre bio ?
01:01Oui, très rapidement.
01:03J'étais une citoyenne totalement classique lambda et on va dire que c'est pendant le
01:08Covid, le fait d'analyser des études scientifiques et de voir le traitement des médias.
01:15Au début, quand on fait des postes, on ne pense pas forcément avoir de la notoriété
01:19ou avoir des relais, mais au fur et à mesure, les gens appréciaient mon travail et relayaient
01:23ce que je faisais.
01:24Et en parallèle de ça, j'ai vu les médias justement s'opposer aux analyses.
01:30C'était très drôle.
01:31J'ai retrouvé, j'analysais par exemple les rapports de la FDA sur les vaccins Covid et
01:37ça a été très très mal pris, ou dénoncé comme des informations.
01:44Alors parfois, c'est juste de l'analyse scientifique.
01:47C'est un petit peu comme ça que je suis allée plus aussi vers les sujets de comment
01:51est-ce que l'information est traitée ? Comment est-ce qu'on crée parfois des récits dans
01:57les médias ? Comment est-ce qu'on traite parfois des citoyens lambda ou des scientifiques
02:01ou des journalistes qui ont un discours qui n'est pas directement dans le discours officiel ?
02:09Et je voulais directement enchaîner avec la SNCF qui a lancé en janvier 2026 sa classe
02:19– j'ai laissé un petit blanc parce que ça me semble tellement aberrant – sa classe
02:24donc optimum dans les TGV, interdisant l'accès aux enfants de moins de 12 ans pour garantir
02:29un espace calme, ce qui a provoqué donc une vif polémique sur les réseaux.
02:35– Momotchi, vous avez réagi en défendant l'idée que des gens sont prêts à payer
02:40pour cela.
02:41Est-ce un signe d'une société qui valorise plus le marché et la liberté individuelle
02:47que l'illégalitarisme ou une forme de ségrégation ?
02:54– C'est intéressant de voir les réactions. Les réactions étaient très très fortes,
02:59très polarisées. Et ce que je trouvais intéressant, c'est qu'on reproche aux réseaux sociaux de
03:05créer de la polarisation. Mais à ce moment-là, quand l'annonce est sortie, j'avais posté un extrait
03:11de TF1. Et la manière dont ils avaient traité l'information était « Est-ce que bientôt les TGV
03:15vont être interdits aux enfants ? » Vous voyez, donc c'est délivrément des titres
03:19complètement provocateurs pour évidemment créer des fortes réactions. Et bien sûr,
03:25après, quand on expliquait aux gens « Donc non, on ne va pas interdire les trains aux enfants,
03:29mais c'est que certains, 8% peut-être des voitures seraient réservées à une clientèle qui
03:34paierait déjà un supplément pour pouvoir avoir une possibilité de travailler plus au calme ».
03:42Directement, les réactions ont été différentes. Bon, bien sûr, les gens sont pour ou sous contre.
03:46Et ça pose la question de l'espace public. Les gens parlent de ségrégation. Et c'est un mot
03:54très, très chargé historiquement et politiquement. Mais il y a déjà une certaine ségrégation à
04:01certains niveaux qui est tout à fait acceptée socialement. Par exemple, je ne sais pas,
04:05vous prenez des spas. Il y a plein de spas qui limitent l'entrée à des personnes à plus de
04:1012 ans
04:10ou plus de 16 ans, par exemple. Vous pouvez avoir une ségrégation homme-femme dans les toilettes
04:15publiques. À la fin, je prends ça plutôt comme une séparation. Mais je trouvais ça intéressant,
04:21le traitement des médias, en fait. Comment créer délibérément une sorte de tollé ?
04:27Et ça attire l'attention. Et ça a été le sujet de conversation qui avait hérissé beaucoup de monde.
04:35Il y avait juste... Enfin, j'ai pris un petit peu la défense. C'est ce qui est une position
04:39qui n'est pas
04:40très populaire, on va dire. Mais c'était aussi parce que je vois l'effet de la technologie. Je m
04:47'intéresse
04:47beaucoup à l'effet de la technologie sur notre société. Et la technologie change notre
04:53civilisation. La technologie change notre manière d'interagir. Et elle nous pousse à être de plus
04:58en plus isolés. Et les gens passent des heures maintenant sur leur téléphone. Ça expliquerait
05:03peut-être pourquoi est-ce que des parents fatigués dans les trains préfèrent laisser courir leurs
05:07enfants plutôt que s'en occuper. Mais je vois aussi qu'on est détachés les uns des autres. Et ça
05:12devient
05:12plus difficile actuellement de même pouvoir s'adresser à quelqu'un quand il y a une petite
05:16incivilité peut-être dans un train. De ce que je vois maintenant, mais c'est peut-être suite au
05:21Covid ou c'est peut-être suite à l'évolution de notre civilisation. Mais les gens prennent très
05:26mal maintenant. Quand vous vous adressez à quelqu'un qui peut être... Voilà, laisse son enfant courir dans
05:32les couloirs. Je suis en Suède et il y a une éducation très, très permissive des enfants.
05:37Ah oui ?
05:38Mais là, c'est un certain extrême. Enfin, je trouve que c'est encore un autre niveau. Les
05:43enfants hurlent un peu partout et on les voit dans les avions faire de la balançoire sur
05:47les écoutes.
05:48Oui, on n'est pas sur le même...
05:49Voilà. C'est comme je vois ça. J'ai pris un petit peu la défense des gens qui souhaitaient
05:55un petit peu de calme. Mais on oublie souvent qu'il y a quand même une assez grande proportion
06:00de personnes introverties. Dans notre société, actuellement, avec le bruit, avec la technologie,
06:05le téléphone, de la musique partout, tout le monde s'attend à pouvoir faire du bruit,
06:09pouvoir parler et se sent très bien comme ça. Mais il y a environ, je crois que c'est
06:14Susan Cain qui en parle dans le livre Quiet, des 30%, mais ça peut aller peut-être jusqu'à
06:2050% de gens qui sont plutôt introvertis, qui fonctionnent mieux dans un environnement
06:25de calme pour pouvoir se concentrer, pour pouvoir être mieux dans la solitude. Et notre
06:29société, actuellement, pousse à être uniquement dans l'extraversion. Et c'est toujours,
06:34alors dans le même sens, c'est toujours les personnes qui ont besoin de calme qui doivent
06:36à chaque fois se retrancher derrière des casques, de la musique, et estoler justement
06:42de proposer un espace qui pourrait peut-être convaincre, enfin qui pourrait convenir mieux
06:46à des personnes qui ont besoin juste parfois de travailler dans des TGV. On peut dire
06:50que ça peut prendre plusieurs heures. Voilà, je pense qu'ils ont une raison qui peut être
06:55acceptable. Et encore une fois, l'accès de la majorité du train est accessible aux familles
06:59et c'est limité à lundi à vendredi, je pense. Bon, maintenant, est-ce que c'est triste
07:04dans cette situation ? Est-ce que des gens sont obligés de, voilà, limiter l'accès
07:09à des enfants ? Parce qu'il y a plein de enfants qui sont très très bien élevés,
07:12bien sûr. Oui, c'est triste. Je n'ai pas dit que c'est une solution idéale, mais ça
07:16montre ce que notre société est en train de devenir.
07:17Oui, effectivement. En janvier 2026, le gouvernement français accélère le déploiement et l'application
07:29France Identité de l'application, permettant même un renouvellement anticipé des cartes
07:35d'identité pour obtenir une identité numérique certifiée, y compris pour les procurations
07:42électorales en vue des élections. Voyez-vous cela comme un progrès pour la simplification
07:49administrative ? Longue question. Ou comme un risque accru de surveillance et de contrôle
07:55des citoyens, surtout avec les partenariats comme celui d'Amazon Ring, avec la police aux
08:03États-Unis que vous avez récemment évoquée ?
08:07Oui, oui, tout à fait. Très récemment, Amazon Ring vient d'annoncer un partenariat
08:11avec la police américaine pour pouvoir mettre les sonnettes connectées Ring qui ont une
08:17petite caméra, ce qui permettait d'ouvrir la porte ou de voir simplement qui était
08:21à votre porte quand vous aviez un livreur. Et ces caméras sont d'habitude sur le pas
08:25de la porte et filment dans la rue. Et parfois, la police les utilisait, mais c'était sur
08:29mandat dans le cadre d'une enquête. Mais maintenant, ils ont proposé un partenariat
08:32de les intégrer collectivement à un réseau qui s'appelle Flow, qui est un réseau de
08:37surveillance utilisé par la police. Et ça m'a fait beaucoup de bruit aussi parce
08:41que comme actuellement, il y a le service de ICE, des services d'immigration qui sont
08:47très actifs pour l'instant pour agir sur l'immigration illégale et qui sont en train
08:52de rattraper des gens et de les déporter. Et en fait, beaucoup de gens sont choqués
08:55parce que ces caméras peuvent être utilisées pour justement retrouver et tracer les gens.
09:00Donc, c'est ce qui est un vaste sujet de qu'est-ce qu'on est en train de construire
09:05dans notre société entre les caméras de reconnaissance de plaques, les caméras
09:09de surveillance dans les métros, dans les trains. Et maintenant, si on utilise
09:13les caméras connectées, sans parler des caméras de surveillance dans la rue,
09:17du fameux panopticon qu'on construit en fait dans notre société.
09:24Mais à côté de ça, sur l'identité numérique, en soi, je ne suis pas choquée
09:29que le gouvernement propose une application d'identité. Enfin, quelque part, c'est cohérent.
09:34C'est ce qu'on est en train de voir dans beaucoup de pays.
09:38Mais ce qui m'interpelle, c'est pourquoi ça doit être une application sur votre téléphone ?
09:43Pourquoi est-ce que ça ne peut pas être juste un service en ligne, par exemple ?
09:47Parce que sur votre téléphone, vous allez avoir un service de géolocalisation.
09:51Vous pouvez aussi savoir quelles sont les autres applications qui sont installées
09:54sur le téléphone. Et moi, ce que je trouve personnellement, c'est avec le nombre de hacks
10:02qu'on voit des ministères, des fédérations, chaque semaine, on voit des hacks de données
10:07personnelles qui se passent. Pourquoi est-ce qu'on devrait encore proposer un service
10:12qui peut avoir accès à toutes ces données personnelles sur votre téléphone ?
10:18Et l'autre question aussi, c'est si vous faites confiance au gouvernement qui récupère
10:23ces données ou qui vous demande d'avoir une application sur votre téléphone,
10:26peut-être que maintenant, ça vous convient. Mais si en 2027, un parti que vous n'aimez pas...
10:30Enfin, j'en avais parlé la dernière fois, comme je ne sais pas, LFI ou le RN est au pouvoir.
10:34Est-ce que vous seriez toujours confortable avec le fait de laisser vos données personnelles
10:38et d'avoir une application qui a énormément d'infos sur votre vie privée ?
10:43Voilà, sur votre téléphone. Et ma question, c'est quel est l'avantage de l'identité numérique,
10:48encore une fois, par rapport à la carte d'identité qu'on a dans notre poche,
10:52dans notre portefeuille ? Pourquoi pousser toujours cette utilisation sur votre téléphone ?
10:57Est-ce que le téléphone n'a pas vocation à devenir votre nouvelle carte d'identité ?
11:01C'est ce qu'on est en train de voir aux États-Unis, le Digital ID via Apple.
11:06Mais je suis plus inquiète des sociétés privées, justement,
11:15qui savent de plus en plus de choses sur nous.
11:18Vous avez Apple ou les réseaux sociaux.
11:21Toutes les applications que vous utilisez connaissent vos centres d'intérêt,
11:27ce que vous aimez éventuellement.
11:29Les communications sur WhatsApp, on sait qu'ils peuvent avoir accès à vos messages.
11:33Gmail peut lire vos emails aussi.
11:35Voilà, c'est comme toutes ces entreprises, ces sociétés connaissent énormément de choses sur vous.
11:41Est-ce que c'est une bonne idée de lier votre identité réelle
11:45avec ces applications qui connaissent beaucoup de choses sur vous,
11:48sur votre identité, peut-être non officielle sur votre téléphone ?
11:52Et c'est sur le mélange des deux qui pose problème et qui m'interpelle plus.
11:58Cher Momochie, juste une petite pause, un petit message pour les auditeurs de Radio Courtoisie.
12:04Vous appréciez cette émission ?
12:06Plongez dans toutes nos autres émissions filmées.
12:09Débat, culture, histoire, littérature, religion, politique.
12:16Des émissions pour comprendre, réfléchir et transmettre.
12:20A retrouver sur cette chaîne YouTube.
12:23Radio Courtoisie est une radio associative.
12:26Elle ne vit que grâce à votre soutien.
12:28Aidez-nous à faire entendre votre voix sur soutenir.rc.fr.
12:34Vous venez de l'entendre, chers auditeurs de Radio Courtoisie.
12:37Surtout, surtout, n'oubliez pas de vous rendre sur soutenir.rc.fr
12:41ou de nous envoyer un chèque au 61 boulevard Murat, 75 016 Paris, car Radio Courtoisie a toujours, toujours besoin
12:49de vous.
12:51Le Momochie, le décret d'octobre 2025 sur la conservation des données de connexion pour un an,
12:59renouvelé pour la sécurité nationale, continue de faire débat en France.
13:03Comment cela s'inscrit-il dans une tendance plus large de surveillance numérique ?
13:10Et quels conseils donneriez-vous aux citoyens pour protéger leur vie privée face aux objets connectés ?
13:17C'est une vaste question.
13:19Il y avait ce décret qui oblige les opérateurs et les réseaux sociaux à conserver vos données personnelles.
13:25Mais c'était plutôt les adresses IP, les horaires de connexion et les métadatas et la localisation.
13:33C'est une tendance qu'on a déjà vue, ce n'est pas une nouvelle loi en soi.
13:38Il y avait déjà la loi de surveillance, c'était en 2015, je pense.
13:46Ça fait dix ans déjà ?
13:48Oui, je pense que c'était il y a dix ans.
13:51C'était la loi de renseignement, en fait, qui permet déjà, en fait, sans juge, d'écouter, d'enregistrer des
13:56gens,
13:57chacun de nous, en fait, juste sur décision du Premier ministre,
14:01mais aussi de poser des logiciels espions, des micros.
14:05Et même cette loi-là, à l'époque, voilà, beaucoup d'organisations avaient réagi contre ça,
14:11la quadrature du net, les doigts de l'homme.
14:13Mais ça s'inscrit dans cette surveillance de masse qui est en train de s'installer progressivement.
14:19Et j'ai l'impression que c'est presque à l'insu de la plupart des gens,
14:23parce qu'on leur dit toujours, c'est pour votre sécurité, c'est pour des gens dangereux,
14:28et vous ne devriez pas vous inquiéter.
14:30Mais oui, collectivement, voilà, c'est en train de devenir de plus en plus intrusif.
14:34Et il me semblait qu'il y avait une directive même précédente,
14:37aussi sur les conservations de données, c'était vers 2006,
14:40et la Cour de justice européenne l'avait invalidée.
14:43Invalidée, oui.
14:44Elle condamnait la collecte un peu indifférenciée des personnes
14:48quand il n'y avait pas d'infraction constatée.
14:51Et à l'époque, si vous n'aviez pas d'indice qui indique
14:56que vous avez fait une infraction potentiellement grave,
14:59voilà, vous ne devriez pas être un sujet à une récolte de données de masse.
15:03Mais ce concept-là est en train de diminuer de plus en plus,
15:06et on est en train de grignoter nos libertés,
15:08à chaque fois en récupérant de plus en plus de données sur nous.
15:11Et là, ce sont les métadatas, donc il n'y a pas le contenu des messages.
15:15Mais demain, voilà, vous pouvez avoir des chats de contrôle
15:19qui pourraient revenir, ou bien des lois contre le narcotrafic
15:22qui vont toujours essayer de grignoter
15:24et essayer de récupérer le plus d'informations.
15:27Parce que bien sûr, ça aide les services de police,
15:30bien sûr, ça aide pour les enquêtes.
15:31Mais qu'est-ce que ça crée comme situation pour un citoyen lambda ?
15:36Est-ce qu'on doit accepter, en fait, d'avoir nos libertés constamment ?
15:40Voilà, grignoter, je parle de ça, je m'intéresse à ça.
15:42Je pense que la seule chose à faire, c'est informer les gens
15:47et sensibiliser suffisamment pour pouvoir avoir un écho
15:52plus au niveau gouvernemental, au niveau des députés.
15:57Mais je pense que la première chose, c'est en parler,
15:59parce que les médias en parlent très peu.
16:01Oui.
16:01Voilà, et plusieurs collectifs en parlent, des avocats, des juges aussi,
16:05alertent sur ces pratiques-là.
16:08Comme c'est une tendance qui devient mondiale aussi,
16:11on voit les patrons comme de Telegram ou de Signal qui alertent.
16:16Enfin, voilà, et toutes les plateformes pour les ProtonMail, par exemple,
16:21qui essaient de donner un petit peu de vie privée.
16:24Il existe beaucoup d'outils pour essayer de préserver un petit peu plus sa vie privée.
16:29Mais bon, voilà, collectivement, il y a beaucoup de lois
16:31qui permettent aussi de récolter beaucoup de choses sur vous.
16:34Donc, moi, mon message, c'est l'information, en fait, d'en parler,
16:40de ne pas forcément oublier.
16:42Je sais qu'il y a toujours énormément d'événements dans le monde,
16:45mais je pense que la surveillance, c'est quelque chose d'extrêmement inquiétant.
16:49Oui, inquiétant.
16:49En janvier 2026, des entreprises comme Capgemini annoncent des suppressions
16:56d'emplois dues à l'IA, avec 7% des effectifs touchés en France.
17:02Et des études montrent que la France est au cinquième rang mondial
17:06pour l'usage de l'IA.
17:08Pensez-vous, Mouachi, que l'IA représente une menace pour l'emploi
17:13et la souveraineté technologique française,
17:17ou une opportunité, si elle est maîtrisée, localement ?
17:22C'est un sujet qui a même été discuté au World Economic Forum,
17:25qui se termine ici en janvier 2026.
17:28Eux-mêmes ont parlé de perte de job,
17:31mais aussi que l'IA peut servir de prétexte simplement pour terminer beaucoup d'emplois.
17:36Et on a vu beaucoup d'entreprises aux États-Unis
17:40qui ne se cachent pas du fait d'avoir terminé des dizaines de milliers d'emplois actuellement.
17:46Et parfois certains, vous-même, oui, grâce à l'IA,
17:48on arrive à avoir plus d'efficacité.
17:52Maintenant, quelle proportion est vraie ?
17:55Quelle proportion est-ce que l'IA permet vraiment de gagner plus de temps ?
17:59Probablement dans une certaine mesure.
18:00Mais vous aviez Satya Nadella, qui est le CEO de Microsoft,
18:07qui avait justement parlé au EF et qui disait que nous allons perdre la permission de l'IA
18:11à des personnes si on ne montre pas d'avantages tangibles sur la société,
18:18d'amélioration de la vie des gens.
18:20Pour l'instant, l'IA consomme beaucoup de ressources aussi au niveau électrique.
18:26Donc, en partant sur son raisonnement-là,
18:28on sentait quand même qu'il y avait une inquiétude sur l'adoption de l'IA.
18:32Les gens ne sentent pas forcément une amélioration dans leur vie.
18:36Et peut-être que c'est un buzz, peut-être que c'est en train de se dégonfler.
18:41Mais il y a en tout cas un très certain risque sur les emplois.
18:47Les emplois des acteurs, par exemple, qui peuvent récupérer beaucoup d'emplois de voix.
18:52Il y a récemment plusieurs acteurs qui se sont manifestés contre l'utilisation de leur travail
18:59pour pouvoir alimenter les prochaines créations.
19:03Donc, c'est un vrai sujet.
19:04Ça ne touche pas encore tout le monde.
19:06Je pense que ça prendra quelques années avant d'être un véritable risque.
19:10Mais actuellement, ça commence très doucement.
19:14Et le patron de Klarna, c'est une société en Suède,
19:17qui au début était mal en point et s'était engagé sur l'IA.
19:22Et après, il ne s'était pas gêné pour dire qu'ils allaient pouvoir geler les emplois grâce à ça.
19:28Et que, selon lui, les entreprises de Techbrose ne parlent pas assez du risque que ça peut être sur l
19:34'emploi.
19:34Donc, à suivre.
19:35Avec des appels au Sénat pour interdire l'IA générative en raison de risques comme l'incitation à la violence
19:46et des débats sur comment l'IA pourrait remplacer des relations humaines ou influencer les décisions nationales,
19:57comment voyez-vous l'évolution de l'IA en 2026 ?
20:01Et faut-il le plus de régulation européenne pour éviter une dépendance à des puissances étrangères ?
20:09J'avais vu, en regardant les dernières propositions,
20:13il y avait plusieurs lettres du Sénat qui parlaient de se méfier de l'IA
20:16parce qu'il y avait beaucoup d'hallucinations dans les textes de loi.
20:19Il y avait cette proposition de loi pour instaurer une présomption d'exploitation d'IA,
20:25des contenus culturels par les fournisseurs d'IA.
20:28Si on veut légiférer en France contre le moissonnage de données,
20:34quelque part, c'est une bataille presque perdue
20:36parce que la plupart des acteurs qui font ça sont les acteurs américains.
20:39Vous n'allez pas pouvoir les en empêcher.
20:41Et vous allez peut-être casser l'innovation française
20:45s'ils veulent essayer de créer des outils comparables.
20:48Mais c'est aussi difficile de prouver,
20:52dans le cadre de l'utilisation de droit d'auteur,
20:54de prouver une utilisation si on reprend un contenu,
20:57qu'on le change un petit peu, qu'on fait quelque chose avec.
20:59Mais par rapport aussi au risque,
21:04j'en ai parlé longuement,
21:06mais par rapport à l'IA, le risque d'attachement,
21:08vous avez récemment encore plusieurs procès
21:11qui sont en cours aux Etats-Unis,
21:13de cas de personnes qui sont attachées
21:16de manière déraisonnable à l'IA
21:18et des gens qui sont arrivés jusqu'au suicide.
21:21C'est souvent des gens assez jeunes.
21:23Là, il y a encore un cas récemment
21:24qui s'est passé, je pense que c'est cette semaine.
21:27Et je pense que ça n'a pas terminé.
21:29Il y a en fait cette illusion de langage
21:31que fournit l'IA,
21:34crée cette illusion de proximité.
21:36Et à force de parler, plus l'IA vous connaît,
21:38connaît vos centres d'intérêt
21:39et parle le mieux dans le type de langage
21:42que vous utilisez.
21:43Donc, c'est très facile de créer cette illusion-là
21:45de lien.
21:47Malheureusement, pour les personnes
21:52trop réceptives...
21:53Ou fragiles, ou les jeunes,
21:56c'est très clairement inquiétant.
21:58Clairement, oui.
22:00Et face à ces défis numériques,
22:03l'IA, identité digitale, surveillance,
22:07quels sont les combats prioritaires pour 2026 ?
22:11Il nous reste 4 minutes.
22:13Et comment les citoyens peuvent-ils résister
22:16à ce que vous appelez
22:17une propagande marquée par un mépris extrême
22:21des faits, n'est-ce pas,
22:23dans les médias et sur Internet ?
22:26Tout à l'heure, vous parliez de législation,
22:29justement, sur l'IA,
22:30faut-il légiférer ?
22:31Ce qui me fait penser au DSA, justement,
22:34le règlement qui, initialement,
22:36devait censurer les contenus illégaux,
22:39les contenus illicites.
22:41Oui, c'est ça, Digital Service Act.
22:43C'était une tentative d'empêcher
22:45d'avoir des contenus dangereux
22:48ou qui pourraient impacter les mineurs.
22:50Mais concrètement, c'est en train de flouter
22:51des contenus politiques.
22:52Vous avez des images totalement anodines,
22:55des images de films,
22:56ou parfois des images de gens
22:59qui font du vélo,
23:00une image de quelqu'un avec son chien
23:02qui sont en train d'être floutés
23:03parce que, je ne sais pas,
23:04peut-être que le compte est marqué
23:05comme compte sensible
23:06et, dans ce cas,
23:07il faut flouter tout ce qu'il veut.
23:08Et je m'inquiète très fort
23:10de cette tendance de législation
23:11pour pouvoir sauver les enfants
23:12parce que c'est en train de déborder
23:14et c'est en train d'aller
23:14beaucoup trop loin
23:15et c'est en train de casser
23:17les réseaux sociaux
23:18parce que ça ne donne plus
23:20cette parole,
23:21cette liberté de parole
23:23sous prétexte de protéger les enfants.
23:24Vous êtes en train de détruire
23:26l'espace de discussion du net
23:29sur un prétexte qui est faux
23:30parce que, justement,
23:31des contenus qui ne sont pas du tout
23:33adultes ou dangereux
23:34sont sans flouter.
23:36Et ce qui m'inquiète actuellement,
23:38c'est cette tendance
23:39de pouvoir légiférer
23:40les réseaux sociaux
23:41ou Internet
23:42dans sa globalité.
23:43Là, récemment,
23:44Gabriel Attal a essayé
23:46de faire passer une loi
23:47pour interdire les réseaux sociaux
23:48au moins de 15 ans.
23:51D'ailleurs, ça m'étonne
23:52parce que tous les gens
23:53scandalisés par le train
23:55du SNCF
23:56qui voulaient
23:57en fermer les wagons,
23:58enfin,
23:59en fermer les voitures,
24:01certaines voitures
24:01au moins de 12 ans.
24:03Là, ça devient un scandale
24:04mais par contre,
24:04interdire les réseaux sociaux
24:05de manière globale
24:06à tout enfant
24:08de moins de 15 ans,
24:09là, ça n'avait pas vraiment
24:10fait grand bruit, bizarrement.
24:11C'est étonnant.
24:12C'est très étonnant.
24:13Heureusement,
24:14je pense que c'est le Conseil d'État
24:15qui a fait plusieurs remarques
24:19et qui a enlevé
24:19beaucoup de contenus
24:22de la loi de Gabriel Attal
24:23qui finalement n'a pas
24:24interdit les réseaux sociaux
24:25de manière générale,
24:27qui a juste mis un avertissement.
24:29Mais je pense qu'il y aura
24:30une autre proposition
24:31d'interdiction de réseaux sociaux
24:33qui reviendra bientôt
24:35et je pense que ce ne sera pas
24:36la dernière tentative
24:38comme Macron, Gabriel Attal
24:39s'intéressent beaucoup
24:40au sujet des discours
24:42sur les réseaux sociaux,
24:43toujours sur ce prétexte
24:44de protéger les enfants.
24:45Ce que je suspecte,
24:47c'est plutôt d'essayer
24:48de tenir les réseaux sociaux
24:49pour couper toute critique.
24:51Mon espoir,
24:52c'est de voir quand...
24:53J'allais vous le demander
24:54pour conclure.
24:55Mon espoir,
24:55c'est de voir qu'en Australie,
24:57qui a appliqué l'interdiction
24:58des réseaux sociaux
25:00aux enfants,
25:02supposément annonce
25:03avoir fermé énormément
25:05de comptes,
25:05des millions de comptes.
25:06Mais concrètement,
25:07je pense qu'ils sont en train
25:08de se rendre compte
25:09que ça ne marche pas très bien
25:10parce que les jeunes
25:11ont soit plusieurs comptes,
25:13soit créé d'autres comptes
25:14autrement,
25:14soit les parents
25:15ont authentifié leurs comptes
25:16à leur place
25:16comme on leur avait dit
25:17de toute façon.
25:19C'est une bonne nouvelle
25:20parce que je pense
25:21que beaucoup de pays
25:21sont prêts à faire
25:22la même chose.
25:23Je crois que là,
25:24en Angleterre,
25:24justement,
25:25Keir Starmer
25:26voulait aussi proposer
25:27l'interdiction des réseaux sociaux.
25:28Si ça ne fonctionne pas
25:29en Australie,
25:30on a peut-être une chance
25:31que ça ne se fasse pas
25:32en Europe.
25:33Donc ça,
25:33c'est mon espoir.
25:34Mais il faut en parler.
25:35C'est pour ça,
25:36j'aurais fait une petite vidéo
25:37justement récemment
25:38que je vous conseille
25:39de voir
25:40sur ma chaîne YouTube.
25:41La chaîne YouTube.
25:42sur la vérification d'âge
25:44et sur le risque
25:45que ça peut devenir
25:46sur l'impact de nos vies,
25:48sur l'identité numérique
25:51et sur une possible
25:52censure d'Internet.
25:54Je rappelle
25:55pour terminer
25:56à nos chars auditeurs
25:57de ne pas hésiter
25:59à aussi regarder
26:01vos posts sur X
26:03puisque justement,
26:04on retrouve
26:04à vous relayer tout cela.
26:06Momochi,
26:07malheureusement,
26:07ça passe très vite,
26:08ce sera le mot de la fin.
26:10Je rappelle
26:11que vous êtes
26:11ingénieur en électronique
26:13et créatrice
26:14de la chaîne YouTube
26:17éponyme spécialisée
26:19dans l'analyse critique
26:20de l'IA,
26:21de la tech
26:22et des médias.
26:24Écoutez,
26:24encore merci
26:25d'avoir accepté
26:25mon invitation.
26:26J'espère vous revoir
26:27très vite.
26:28Merci à vous.
26:29Merci pour l'invitation.
26:31Et puis,
26:32à très bientôt.
26:33Et chers auditeurs,
26:34n'oubliez pas
26:35de vous rendre
26:36sur soutenir.rc.fr
26:38ou de nous envoyer
26:40un chèque
26:40au 71 boulevard Murat
26:4261 boulevard Murat
26:4375 016 Paris
26:45car Radio Courtoisie
26:46a toujours,
26:47toujours besoin
26:48de vous.
26:49À mercredi prochain
26:50et bonne semaine.
26:51Vous appréciez
26:52cette émission ?
26:54Plongée dans
26:55toutes nos autres
26:55émissions filmées,
26:57débat.
26:57On est devant
26:58un régime
26:59qui,
26:59parce qu'il est
26:59désavoué
27:00par la population,
27:01se radicalise
27:02comme jamais
27:02et se donne
27:03les moyens
27:03de mater le peuple
27:04avec cette vieille idée
27:05qu'il suffit
27:06de mater les rebelles
27:07pour décourager le peuple
27:08et qu'on passe
27:09à autre chose.
27:10Et c'est, je pense,
27:11moins le calcul
27:11que le réflexe
27:12qui joue dans l'esprit
27:13de l'extrême-centre
27:14de la classe dominante.
27:14La note de Terranova
27:16dit d'ailleurs
27:16avec un cynisme
27:18vraiment désarmant.
27:19On dit, écoutez,
27:20il faut changer de peuple
27:21pour la bonne raison
27:21que le peuple vote mal.
27:23Histoire.
27:24Au voyage de Laetitia Bonaparte
27:25à Rome en 1804,
27:27au moment du Sacre,
27:28il se trouve qu'à ce moment-là,
27:29elle avait été accueillie
27:30par le pacte
27:31et qu'il avait écrit
27:32une lettre à Napoléon
27:33pour lui dire
27:34à quel point
27:35il avait trouvé sa mère
27:36absolument formidable.
27:37Donc, il avait beaucoup d'estime
27:38pour la mère de l'empereur.
27:40Littérature politique.
27:41Peut-être verrons-nous cela
27:41à l'avenir.
27:42Des Européens
27:43qui, ne pouvant plus trouver
27:45de quoi survivre
27:46et se développer
27:47dans leurs anciennes
27:47morphologies politiques
27:48telles les nations,
27:49auront la nécessité
27:51de se rassembler
27:52dans de nouvelles organisations
27:53qui dépasseront le cadre
27:54des frontières
27:55que nous connaissions,
27:57qui dépasseront le cadre
27:58même des continents
27:58que nous connaissions
27:59et on verra
28:00des choses surprenantes.
28:01Mais c'est toujours pareil.
28:02Qu'est-ce qu'on fait
28:02de toutes ces chaînes
28:03qui ont été supprimées,
28:04de tous ces gens
28:04qui ont subi cette répression
28:06alors qu'en fait,
28:06ils étaient dans le vrai ?
28:07Les gens ne croient plus
28:08les médias traditionnels
28:10ou la parole du gouvernement
28:12ou même...
28:12Et c'est là
28:13où ça devient dingue
28:13la parole des scientifiques.
28:15La foi au sens plénier,
28:18c'est pas seulement
28:19l'affirmation d'une vérité,
28:21c'est le fait
28:21de s'engager
28:22pour cette vérité,
28:23c'est le fait
28:24d'aimer cette vérité
28:26et d'aimer l'objet
28:27de cette vérité.
28:28Pas Dieu.
28:28Des émissions pour comprendre,
28:31réfléchir et transmettre.
28:33À retrouver sur cette chaîne YouTube.
28:35Sous-titrage Société Radio-Canada
28:38et d'autres