- il y a 1 jour
Catégorie
📚
ÉducationTranscription
00:03Bonjour à tous et bienvenue dans cette nouvelle chronique,
00:08nouvel épisode des chroniques de Youssef Indy.
00:10Aujourd'hui, nous allons aborder un sujet un peu spécial,
00:14à savoir George Soros et le Maroc, le Maroc ciblé par George Soros.
00:19Et pour en parler aujourd'hui, je reçois Abd Samad Naimi.
00:24Bonjour Abd Samad.
00:25Bonjour Youssef et merci pour ton invitation.
00:28Toujours un plaisir d'échanger avec toi.
00:29Avec plaisir.
00:30Alors, Samad Naimi, tu es juriste de formation,
00:33tu es journaliste à Maroc Hebdo et consultant.
00:37Tu es marocain et tu vis au Maroc, c'est important de le souligner.
00:41Tu as publié dans le dernier numéro de Maroc Hebdo,
00:45qui est actuellement disponible en kiosque,
00:47vous trouverez dans la description de la chaîne le lien pour vous le procurer,
00:50pour vous abonner et vous le procurer.
00:52Donc tu as publié une enquête, dans le dernier numéro de Maroc Hebdo,
00:57sur l'implantation de l'Open Society Foundation,
01:02OSF, de George Soros au Maroc.
01:04Alors, avant de commencer, je précise que pour ceux qui veulent
01:09s'informer sur George Soros, la galaxie Soros,
01:12l'idéologie portée par George Soros,
01:14je vous renvoie au livre de Pierre-Antoine Plaquevent,
01:17qui s'appelle « Soros et la société ouverte »,
01:20métapolitique du globalisme.
01:22Pierre-Antoine Plaquevent, qui d'ailleurs a été interviewé,
01:26je crois que c'était fin 2023 ou début 2024,
01:29par Maroc Hebdo sur George Soros.
01:33Sur la question migratoire.
01:35Voilà.
01:36Et dans ce dossier spécial que tu as publié,
01:40il y a d'une part ton enquête,
01:42et d'autre part un entretien avec Laurent Ozon.
01:45Exactement, que j'ai fait moi-même avec Laurent Ozon,
01:47qui est d'ailleurs un textuel français très sous-coté,
01:51on va dire, qu'on n'entend pas assez,
01:53mais qui est très pertinent,
01:55et qui m'a beaucoup aidé à enrichir l'enquête
01:59et à éclairer un peu plus les lecteurs.
02:02Alors, on va commencer tout de suite,
02:04on va y aller crescendo.
02:06Alors, bien sûr, j'ai lu le dossier
02:07pour préparer cet entretien,
02:10donc je vais commencer par des questions un peu basiques,
02:13et ensuite on rentrera un peu plus dans le détail
02:15pour ceux qui ne sont pas familiers de l'Open Society.
02:20Et bien sûr, effectivement,
02:23ni les Marocains dans la masse,
02:25ni les Occidentaux en général ou les Français
02:28ne sont au courant,
02:29ne sont au fait de l'implantation de Soros au Maroc,
02:32donc ça va être très intéressant d'en parler.
02:34Mais avant tout, d'abord,
02:35est-ce que tu peux brièvement nous expliquer
02:38ce qu'est l'Open Society Foundation de George Soros ?
02:41Alors, justement, pour comprendre un peu
02:44l'Open Society Foundation,
02:46il faut d'abord comprendre Soros,
02:48et pour comprendre Soros,
02:49il faut un peu voir dans sa biographie.
02:51Alors, il est né un peu
02:53durant l'occupation allemande de la Hongrie,
02:55donc il a vécu sous le nazisme,
02:57et puis il a vécu sous l'Union soviétique,
02:58donc il a connu deux régimes totalitaires,
03:01ce qui a créé quelque part
03:02une forme de traumatisme intellectuel
03:05et puis aussi un traumatisme psychologique
03:07par rapport à ce qu'on pourrait appeler
03:09les régimes autoritaires,
03:11et en utilisant, bien sûr,
03:14sa grande fortune qu'il a pu établir
03:18via les fonds d'investissement
03:20et les hedge funds faucons
03:21qui ont plus ou moins créé
03:23de la stabilité alimentaire
03:24partout dans le monde, etc.
03:25Donc, il a financé très prédateur,
03:27et grâce à cette somme,
03:30il a décidé de financer
03:33ce qu'on appelle les transitions démocratiques,
03:35c'est-à-dire les passages
03:37de sociétés autoritaires
03:39à sociétés ouvertes
03:40sur la base, on va dire,
03:42de la philosophie de Karl Popper,
03:44on en parlera tout à l'heure.
03:45Par contre, au début,
03:47ce qu'il visait,
03:48c'était des pays comme l'Afrique du Sud,
03:49des pays qui étaient sous le joug
03:53d'un système qui était
03:56internationalement condamné,
03:56donc quelque part,
03:57il n'y avait pas de suspicion
03:59par rapport à un agenda caché.
04:02Donc, il a commencé à financer
04:04les mouvements démocratiques
04:05en Europe de l'Est,
04:07et tout ça pendant les années 80,
04:10et en Afrique du Sud,
04:11et en Amérique latine.
04:14Et puis, il est arrivé
04:16au niveau occidental,
04:18du monde occidental,
04:19par la question migratoire.
04:20Donc, que c'était ouverte,
04:22c'est-à-dire absence
04:26de verticalité du pouvoir,
04:28absence de fondamentaux sociaux,
04:31et sociétaux,
04:32c'est-à-dire religieux,
04:34civilisationnels, historiques, etc.
04:35Donc, tout ça,
04:35il faut faire table rase de tout ça,
04:37et il faut faire table rase
04:38de la verticalité du pouvoir,
04:41qui l'associe automatiquement
04:42à l'autoritarisme,
04:43au totalitarisme.
04:46Et aussi,
04:47un grand remplacement,
04:48un grand brassage,
04:54parce que pour lui,
04:55on va dire,
04:57l'existence d'ethnies,
04:59de peuples spécifiques
05:00et ancestraux
05:00est un problème fondamental
05:04à ses yeux.
05:05Donc, un peu pour comprendre
05:06l'Open Society,
05:07pour passer à l'Open Society,
05:08il a décidé de créer
05:09cette espèce de nébuleuse,
05:10parce que l'Open Society
05:11n'arrive pas en tant que OSF.
05:13Quand il débarque dans un pays
05:15pour infiltrer la société civile
05:16et plus largement
05:19les mouvements politiques
05:20d'extrême-gauche,
05:21principalement,
05:23il arrive souvent,
05:25par exemple,
05:26avec l'appui de l'USAID,
05:28l'USAID,
05:31ou bien de l'Oxfam.
05:32Donc, c'est une nébuleuse
05:35qui s'articule
05:39autour de plusieurs ONG
05:40et de mouvements politiques
05:41qui ont débouché,
05:42par exemple,
05:42en Europe de l'Est
05:43sur les révolutions colorées,
05:45en Ukraine principalement,
05:46etc.
05:47Donc, lui,
05:47il voue, par exemple,
05:48une détestation absolue
05:51pour la Russie
05:52de Vladimir Poutine.
05:55Pareil, par exemple,
05:56par rapport à Orban
05:58en Hongrie
05:59ou par rapport
06:00même à Donald Trump
06:01aux États-Unis.
06:02C'est-à-dire qu'il a
06:04une détestation hermétique
06:05et presque épidermique
06:07de tout ce qui peut relever
06:09du patriotisme.
06:10Donc, ça,
06:11c'est un peu pour comprendre.
06:12Et donc, au final,
06:13ce qu'on peut dire,
06:13c'est que
06:14George Soros
06:15est un chef d'État sans État.
06:16dans le sens où
06:18il a cette espèce
06:19d'influence globale
06:20sur le cours des choses,
06:21ce lien avec
06:22les institutions internationales,
06:24notamment
06:25l'Organisation des Nations Unies,
06:27l'OMS,
06:28c'est-à-dire qu'il a infiltré
06:29toutes les organisations
06:30internationales.
06:31Et à partir de là,
06:33il arrive quelque part
06:34à avoir l'air complotiste
06:38à l'extrême.
06:39Le complotiste existe,
06:40c'est une autre histoire,
06:41mais en tout cas,
06:42il arrive quelque part
06:43à diriger une forme
06:44de nébuleuse
06:44grâce à cet Open Society
06:46qui a une influence extrême
06:48à la fois sur
06:50la politique intérieure
06:52des pays
06:52et sur la géopolitique internationale.
06:55Ce qui nous amène donc
06:56à la seconde question
06:57concernant le Maroc,
06:58quel est le degré
06:59d'implantation
06:59de l'Open Society
07:00au Maroc
07:02implantation
07:03sur laquelle
07:03tu as travaillé
07:05et qui a donné
07:05le dossier justement.
07:07Est-ce que tu peux nous parler
07:08un peu
07:08de ce degré d'implantation ?
07:10Alors,
07:12on va dire
07:13l'implantation
07:14de Jean Soros au Maroc
07:15a commencé,
07:15on peut dire,
07:16à partir de 2007-2008
07:18via, comme je disais,
07:19l'usualité et l'Oxfam.
07:20Toujours,
07:21comme on dit,
07:21l'enfer est pas fait
07:22de bonnes intentions,
07:23toujours derrière
07:24les causes humanistes,
07:25toujours derrière
07:26les droits de l'homme,
07:27les droits des minorités,
07:28ce qui en soi
07:30est que toute personne
07:32normalement constituée
07:34ne peut pas combattre
07:35frontalement,
07:36c'est-à-dire que
07:37ça relève,
07:38on va dire,
07:38du bon sens commun.
07:40Toujours est-il
07:40que derrière
07:40cette volonté
07:43de protection
07:44des minorités,
07:45de promouvoir
07:45les droits de l'homme,
07:46il y a un agenda politique.
07:47Et donc,
07:48à partir de 2007,
07:49il y a l'Oxfam,
07:50l'USAID,
07:51etc.,
07:51qui commencent à débarquer
07:53et qui commencent
07:54à avoir
07:54une influence
07:56majeure
07:56sur,
07:57on va dire,
07:58l'opinion publique.
07:59Donc,
08:00on a vu ça
08:01à partir,
08:02en 2011,
08:03lors des manifestations
08:04du 20 février.
08:05Quand on va chercher
08:06dans les manifestations
08:07du 20 février,
08:07quand on va chercher,
08:09parce qu'à l'époque,
08:10c'était l'administration Obama.
08:12Et l'administration Obama
08:13était intrinsèquement liée
08:14au réseau Soros,
08:15dans le sens où
08:16elle promouvait
08:17tout à fait,
08:18elle était complètement alignée,
08:20l'administration Obama
08:21et Clinton
08:22et l'Opel Society.
08:24Et à partir de là...
08:26Attention que Soros
08:27a financé
08:28la fondation
08:28des Clinton,
08:29du couple Clinton.
08:32On est totalement aligné
08:33sur le Parti démocrate américain.
08:35Et quand tu parles
08:35du 20 février 2011,
08:36bien sûr,
08:36on parle dans le contexte
08:38du printemps arabe.
08:38Oui, du printemps arabe,
08:39bien sûr.
08:41Et quand on voit,
08:41en fait,
08:42quand on revient
08:42aux événements,
08:43l'action,
08:44par exemple,
08:45de l'ambassade américaine,
08:48de son soutien,
08:50par exemple,
08:50au mouvement
08:51de l'islam politique,
08:53on va dire,
08:53mais c'est pas réellement
08:54parce que de l'Adul Ihsan,
08:55l'Adul Ihsan,
08:56c'est un mouvement
08:56qui n'a rien à voir
08:57peut-être avec les frères musulmans,
08:58c'est un mouvement
08:58qui vient du soufisme,
08:59mais c'est un mouvement
09:00intrinsèquement politique
09:01et antimonarchique.
09:03Au Maroc,
09:04pour ceux qui ne le repassent.
09:06Oui, au Maroc.
09:07Et qui est intrinsèquement,
09:08on va dire,
09:09comme je disais,
09:09antimonarchique
09:10et qui est un mouvement subversif.
09:11Et à partir de là,
09:13on a vu des liens
09:14entre l'ambassade américaine,
09:16l'Adul Ihsan,
09:17le PJD
09:18qui vient de la nébuleuse
09:19des frères musulmans
09:20et de l'extrême-gauche
09:21qui était à l'époque,
09:22on va dire,
09:22un peu minoritaire
09:23dans la rue
09:24et dans le mouvement contestataire.
09:26Et donc,
09:26en utilisant,
09:27comme tu as dit,
09:29la vague
09:30des clintes en arabe,
09:31on a commencé à voir,
09:32la machine sur rose
09:33commencer à se rôder au Maroc.
09:35Bon,
09:36il y a eu quelque part
09:39un coup politique
09:40très intelligent
09:42de la part de l'actuel
09:43roi du Maroc,
09:44Mohamed VI,
09:44qui a fait une révision
09:46constitutionnelle
09:46et qui a absorbé
09:47cette contestation
09:48avec une révision
09:48constitutionnelle
09:49et l'avenue au pouvoir
09:50des frères musulmans
09:51du PJD.
09:53Et donc,
09:54on est là
09:56où il y a eu
09:56cette espèce d'absorption.
09:58Alors,
09:58voyons que le contexte
09:59était plus compliqué
10:00au Maroc
10:00qu'en Europe de l'Est
10:01parce que,
10:02on va comparer
10:04une monarchie
10:06ancestrale
10:06qui a 12 siècles,
10:08en tout cas,
10:08une dynastie d'ailleurs
10:09qui a plus de 4 siècles
10:11et des mouvements
10:12et des pays
10:13qui viennent de sortir
10:14du communisme,
10:14qui sont très,
10:15on va dire,
10:16malléables,
10:17voyons que le contexte
10:18n'est pas compliqué,
10:19en 2014,
10:20il a demandé
10:20une audience
10:21au roi du Maroc.
10:22Alors,
10:23Georges Soros.
10:24Oui,
10:25Georges Soros.
10:25Georges Soros a demandé
10:26une audience
10:26qui lui a été accordée.
10:28Et à partir de là,
10:30on a vu,
10:32en 2016,
10:34à partir de 2016,
10:35il y a eu le discours
10:36de Riyad
10:36de Mohamed VI
10:37où il disait
10:39que le Maroc
10:39était un pays souverain,
10:41qu'il naît,
10:42on va dire,
10:43le théâtre,
10:44on va dire,
10:45ou bien le champ d'action
10:46d'aucune force,
10:47d'aucune puissance
10:47ou d'aucun État.
10:48Donc,
10:49c'est très important
10:49le choix des termes.
10:51Et à partir de là...
10:52Est-ce que je peux
10:53simplement redonner
10:53le contexte
10:54de 2016 ?
10:56En fait,
10:57à cette époque,
10:58le roi Mohamed VI
10:59fait une série de voyages
11:00en 2016.
11:01Il voyage à Moscou,
11:03il enchaîne
11:04avec un voyage
11:04à Pékin
11:05et ensuite,
11:06il participe
11:07à cette conférence
11:09des États du Golfe
11:11dans la foulée.
11:12et donc,
11:13on est en 2016
11:14et il dit
11:16effectivement
11:17que le Maroc
11:18est un pays souverain
11:19et qu'il est libre
11:19de choisir ses alliances.
11:21Je pense qu'il le dit
11:22aux pétro-monarchies
11:24du Golfe
11:24qui investissent
11:25beaucoup d'argent
11:25au Maroc
11:26et qui entendaient
11:27avoir une influence
11:28sur les orientations
11:29de la politique extérieure
11:30du Maroc.
11:31C'est mon opinion.
11:32Parce que dans
11:33le même discours,
11:34dans le même discours,
11:36le roi parle,
11:37je cite,
11:38de complot
11:39pour déstabiliser
11:40le monde arabe.
11:41Il parle de...
11:41Exactement.
11:42Il disait que
11:43le printemps arabe,
11:44enfin,
11:44ce n'est pas un printemps
11:45mais c'était
11:45un automne pluvieux,
11:46etc.
11:47Il y avait toute
11:47cette imagerie
11:48selon laquelle
11:50pour lui,
11:50c'était une expérience
11:53politique désastreuse.
11:54D'ailleurs,
11:54on le voit aujourd'hui
11:55en Tunisie
11:56qui a totalement sombré
11:57dans l'instabilité,
11:58dans l'instabilité politique,
12:01l'autoritarisme,
12:03même pas un autoritarisme
12:05éclairé
12:05ou un despotisme éclairé
12:06mais un autoritarisme
12:07totalement bête,
12:08pété méchant,
12:09je le dis comme ça.
12:10Et on l'a vu aussi
12:11en Égypte
12:12comment ça a tourné
12:12et effectivement
12:13avec du recul
12:15le printemps arabe
12:16qui a été en grande partie
12:17financé
12:18et avec les réseaux
12:20de blogueurs
12:21qui étaient installés
12:22en Slovénie,
12:23etc.
12:24Tout ça,
12:24ça porte le cachet
12:27de l'Open Society
12:28et de George Soros.
12:29Oui,
12:29de Google aussi
12:30qui a joué en rapport
12:31à l'arrivée.
12:31Je termine pour
12:32la contextualisation.
12:33Donc,
12:34on peut dire
12:36que cette diversification
12:38stratégique
12:39qui s'est intensifiée
12:41en 2016,
12:42donc à l'initiative
12:43du Royaume du Maroc,
12:44Pékin,
12:45Moscou,
12:45etc.,
12:45puis le discours
12:47à la réunion
12:47de la conférence
12:48des pétro-monarchies
12:49du Golfe,
12:50c'était aussi
12:51pour se prémunir,
12:52pour prémunir
12:53le Maroc
12:54de nouvelles attaques
12:55extérieures
12:56qui viennent
12:58de grands amis
13:00du Maroc,
13:00c'est-à-dire
13:00les Etats-Unis
13:01et les réseaux.
13:02Exactement.
13:02Je te rends la parole.
13:04Tout à fait,
13:05parce qu'il avait
13:06d'ailleurs critiqué
13:07le fait
13:08que certains Etats
13:10se font passer
13:10pour des amis,
13:12qu'il y a une forme
13:14d'hypocrisie,
13:16voire de double langage
13:18chez certains alliés,
13:21en tout cas prétendus alliés
13:22du Maroc.
13:23Et donc,
13:23à partir de là,
13:25à partir de 2016,
13:26comme je disais,
13:26on a commencé
13:27à avoir
13:28l'intensification
13:28des actions
13:29de Georges Soros,
13:30parce qu'il a compris
13:31qu'il fallait
13:32mettre de l'argent
13:33et surtout
13:34jouer sur
13:36les fractures,
13:37parce qu'il y en a.
13:37Le Maroc est un pays
13:38qui a ses
13:42carences,
13:43notamment au niveau
13:44des inégalités sociales,
13:46principalement,
13:47et il fallait jouer
13:48sur ça.
13:49Et donc,
13:50à partir de là,
13:51on a vu
13:51l'implantation
13:54du cercle Alij
13:56et qui avait,
13:57notamment via Amal
13:58en Jordanie,
13:59on a vu
14:00l'implantation
14:01surtout
14:03au niveau
14:04de la question
14:05migratoire.
14:05C'est là
14:06où il a compris
14:06qu'en réalité,
14:08pour avoir
14:08une influence
14:09au Maroc,
14:09il faut changer
14:10de peuple,
14:11tout simplement.
14:12Et à partir de là,
14:13on voit,
14:14à partir de l'Oxfam,
14:15via l'Oxfam,
14:16l'Oxfam et l'Open Society,
14:18leurs liens
14:19à la fois financiers,
14:20structurels,
14:20idéologiques
14:21les plus approuvés.
14:22J'invite vos auditeurs
14:24à les vérifier.
14:26Tout ça,
14:27c'est vérifiable,
14:27comme dit Alain Soral.
14:31Et à partir de là,
14:33on a commencé
14:34à financer
14:34les associations
14:36des Guinéens
14:37au Maroc,
14:38les associations
14:39des Sénégalais
14:40au Maroc,
14:40les différentes
14:43organisations
14:44qui sont là
14:45pour aider
14:46à intégrer
14:49les pays,
14:50les étrangers,
14:51notamment les subsahariens.
14:52Il y a eu
14:53cette espèce
14:53de fixation
14:54sur l'Afrique
14:56subsaharienne,
14:56alors que,
14:57par exemple,
14:58au Maroc,
14:58on a eu
14:58une grande communauté
15:00de réfugiés
15:01et de migrants
15:01qui venaient
15:02de Syrie,
15:03et pourtant,
15:03on ne voyait pas
15:04beaucoup d'influence,
15:06parce qu'effectivement,
15:06la Syrie et le Maroc
15:07partagent
15:07la même matrice
15:10ethnique,
15:11etc.,
15:11même si,
15:11bien sûr,
15:12pas forcément,
15:13mais ce n'est pas
15:15des peuples
15:16qui sont totalement
15:16différents.
15:17L'idée,
15:18c'était
15:18d'implanter
15:21au Maroc
15:22des peuples
15:22qui sont aujourd'hui
15:24en totale contradiction
15:25avec les valeurs
15:26ancestrales du Maroc,
15:27et on peut voir ça,
15:29il suffit de voir,
15:30par exemple,
15:31à Oulfa,
15:31au quartier de Casablanca,
15:32où il n'y a plus
15:33de Marocains,
15:35et où on voit
15:35un changement total
15:36des cultures,
15:38etc.
15:38Donc,
15:39Soros,
15:39pour lui,
15:40il fallait passer
15:40par là,
15:41il fallait passer
15:41par la question migratoire.
15:42Et on a vu
15:43la naissance
15:44de l'association
15:45marocaine
15:45des journalistes
15:48de la migration.
15:50On a vu
15:51également
15:53la création
15:54du GADEM,
15:54le groupe antiraciste
15:57pour le droit
15:57des migrants
15:58au Maroc,
15:58qui milite
15:59tout simplement
16:00pour la dépénalisation
16:01et l'ouverture totale
16:02des frontières
16:03et la dépénalisation
16:03de l'immigration
16:04inégale.
16:07Et donc,
16:07c'est sur cette question-là
16:09qu'il a choisi
16:10de se concentrer,
16:11la question migratoire.
16:13Et quand on voit
16:14aujourd'hui,
16:15parce que c'est
16:15très intéressant,
16:16parce que quand on
16:17essaie de faire
16:17notre boulot
16:19et d'essayer
16:21simplement de faire
16:22commenter
16:22les gens
16:24qui reçoivent
16:25ce soutien-là,
16:27ces subventions,
16:29etc.,
16:30ils refusent
16:30tout simplement
16:31de commenter.
16:32Maroc Hebdo
16:33a contacté
16:34ces associations,
16:35ces organisations
16:36pour avoir
16:37des réponses,
16:38pour avoir
16:38des entretiens,
16:39et ils ont refusé
16:40tout entretien.
16:41Et souvent,
16:42d'ailleurs,
16:44les associations
16:45d'immigrationnistes
16:48refusent tout simplement
16:49dès qu'on parle
16:50de Maroc Hebdo,
16:51refusent même
16:51de répondre
16:52à n'importe
16:52quelle question
16:53parce que,
16:54effectivement,
16:55Maroc Hebdo
16:55est le premier
16:58journal hebdomadaire
16:58au Maroc
16:59à avoir mis le doigt
16:59sur le danger
17:00de l'immigration massive.
17:01Donc,
17:02il y a une forme
17:03d'hystérie
17:03qui est propre
17:04à l'extrême-gauche,
17:04je ne t'apprends rien,
17:06qui fait en sorte
17:07qu'il y a
17:10un rejet immédiat
17:11presque épidermique
17:12de Maroc.
17:13Donc,
17:14on a essayé
17:15de les contacter,
17:15il y a cette espèce
17:16de refus
17:17de commenter.
17:17Pourquoi ?
17:18Parce qu'ils savent
17:18pertinemment
17:19qu'il y a un agenda,
17:20qu'il y a derrière
17:21une idéologie.
17:22On n'est pas ici
17:23dans de la,
17:24comment dire,
17:25de la philanthropie
17:27ou tout simplement
17:28de l'humanitaire.
17:29Parce que,
17:29moi,
17:30personnellement,
17:31des femmes et des enfants
17:32qui fuient des zones de guerre,
17:33évidemment,
17:34que je vais les recevoir.
17:36Mais des jeunes,
17:37des hommes qui ont
17:38entre 17 et 25 ans
17:39en âge de travaillé,
17:40en âge de combat
17:41et qui viennent seuls
17:42en dizaines de milliers,
17:45là,
17:45on est dans une invasion.
17:47On est dans une invasion migratoire.
17:49Et donc,
17:49voilà,
17:50c'est-à-dire que
17:50la question migratoire
17:51va devenir très politique
17:52au Maroc.
17:54Et,
17:55on va dire,
17:55c'est un danger,
17:56on va dire,
17:57pour l'État marocain
17:57de laisser faire
18:00et de laisser,
18:01en fait,
18:01ce sujet devenir politique.
18:02Parce qu'en réalité,
18:03quand il devient politique,
18:03c'est qu'il est trop tard.
18:04C'est que les gens sont déjà là,
18:07le grand remplacement
18:07est en marche.
18:09voilà,
18:09à partir de là,
18:10c'est un peu la chronologie,
18:12si tu veux,
18:13de l'implantation
18:14de Georges Soros
18:15et le degré d'implantation
18:16de Georges Soros au Maroc.
18:17Donc,
18:17pour résumer,
18:18il y a l'implantation
18:19au Maroc
18:20des réseaux Soros
18:212007-2008.
18:23Il y a
18:24l'implication
18:25au moins
18:26des réseaux Soros
18:27de Google,
18:28mais en tout cas
18:28des réseaux américains
18:29en 2011
18:31dans le contexte
18:31du printemps arabe,
18:32donc y compris
18:33au Maroc.
18:34et il s'appuie
18:35à la fois
18:35sur le mouvement
18:37Al-Ihsan
18:38et le PJD.
18:41Donc,
18:42implantation,
18:43tentative de subversion
18:44via les organisations
18:46fréristes
18:47ou non fréristes,
18:48mais en tout cas
18:48de l'islam
18:49politique.
18:50fréristes et non fréristes
18:51donc de l'islam
18:52politique.
18:53Puis,
18:53troisième étape,
18:55utiliser,
18:56instrumentaliser
18:58l'immigration
18:59ou accentuer
18:59les flux migratoires,
19:02stratégie
19:02déjà appliquée
19:03auparavant
19:04en Europe.
19:05Donc,
19:05on va reprendre
19:06la même stratégie
19:07et l'appliquer
19:10au Maroc.
19:11Et là,
19:11on en arrive
19:12à...
19:13Donc là,
19:13on suit
19:14un fil chronologique.
19:15Donc là,
19:16on en arrive
19:16au dernier mouvement
19:19qu'on peut qualifier
19:20de mouvement social.
19:22On reviendra
19:23sur les causes
19:24plus loin,
19:25mais Gen Z,
19:26le mouvement Gen Z,
19:27qui au départ
19:28n'était pas Gen Z,
19:29mais qui fait suite
19:31à des morts tragiques,
19:32notamment à l'hôpital
19:33d'Agadir.
19:34Agadir,
19:35les femmes en branle
19:35qui sont mortes.
19:36Voilà.
19:37Et donc,
19:38ça a mis en branle
19:38tout un mouvement
19:39de la jeunesse marocaine
19:41avec une partie
19:42des revendications
19:44qui étaient législatives
19:46mais là,
19:47on y reviendra.
19:48D'ailleurs,
19:48je renvoie à l'entretien
19:49qu'on a fait ici
19:50sur ma chaîne
19:52avec Rachid Hachi,
19:53donc un entretien
19:53de plus de deux heures
19:54sur le sujet.
19:55Donc,
19:55on ne va pas revenir ici
19:57là-dessus.
19:58Ma question pour toi,
20:00c'est quel rôle
20:01a joué
20:01l'Open Society Foundation
20:03dans le contexte
20:05de ces manifestations
20:06Gen Z
20:07qui ont été relativement
20:09violentes
20:09en tout cas
20:10à certains endroits ?
20:11Très bien.
20:12Alors,
20:12en fait,
20:14pour voir un peu
20:16dénicher
20:16et essayer
20:17de bien
20:18de pointer
20:20et de voir
20:21les traces,
20:22c'est au niveau
20:22du mode opératoire.
20:23Alors,
20:25on sait que
20:25ce n'était pas
20:26le mouvement Gen Z,
20:27ça a commencé
20:27au Bangladesh
20:28si ma mémoire est bonne.
20:30Donc,
20:30toujours là,
20:31on est sur les réseaux
20:34sociaux.
20:35Donc là,
20:35c'est quelque chose
20:36qui a été,
20:37on va dire,
20:38adapté,
20:39adopté
20:39par la jeunesse
20:40marocaine.
20:41C'est pour ça
20:42qu'elle appelait
20:42ça Gen Z.
20:43Donc,
20:44Gen Z 212,
20:45212 par référence
20:47à l'indicatif
20:47du Maroc,
20:48etc.
20:49Donc,
20:50pour mener
20:51des manifestations,
20:53comme tu as dit,
20:54totalement légitimes.
20:55Comme j'ai dit aussi,
20:56le Maroc est un pays
20:57qui a des carences
20:58et des défaillances
20:58et qu'il s'agit
20:59de traités
21:01et qu'il s'agit même
21:03et qu'il y a des combats
21:04politiques qui sont
21:05totalement légitimes
21:06au Maroc.
21:06Le fait est que
21:08quand on voit
21:08les communiqués
21:09qui étaient publiés
21:10sur Discord,
21:11donc déjà,
21:12il y a l'anonymat.
21:12Ça,
21:13c'est on est sur le mode
21:13opératoire
21:14de l'Open Society.
21:16Deux,
21:17quand on voit
21:18les intervenants
21:22que la Gen Z
21:23ramenait sur Discord
21:24pour parler,
21:26c'était soit
21:29les frères musulmans,
21:30soit l'extrême-gouche.
21:32C'était,
21:33je vais dire des noms,
21:35parce que comme ça,
21:35à Abu Bakr Jem'i,
21:37à Omar Radi,
21:39et tout ça,
21:40alors Omar Radi,
21:40il a été condamné
21:41pour viol,
21:42je rappelle ce monsieur-là.
21:43Il y a eu également,
21:45si je me rappelle bien,
21:47le monsieur
21:49qui a été condamné
21:50pour viol également,
21:52le scroi-tout
21:52pour faire Bouhachirine.
21:53Il y a eu
21:54Mohamed Talal-Hilou
21:55qui fait partie
21:57du réseau
21:57plus ou moins
21:58des frères musulmans.
22:00Ou bien des,
22:01en tout cas,
22:02de l'islam politique.
22:04Et ça,
22:05c'est ce qui m'a
22:05attiré mon attention.
22:06Je me suis dit,
22:07il y a une forme
22:08de manipulation ici.
22:11Donc,
22:11je rentre dans un live
22:13de Gen Z212
22:15sur Discord.
22:16Je vois
22:18les personnes présentes,
22:19les personnes connectées.
22:21Alors,
22:21les personnes connectées,
22:22tous,
22:23tous,
22:24viennent soit de Hamel,
22:26d'accord,
22:26je ne parle pas
22:27des personnes connectées
22:28au Maroc,
22:28c'est-à-dire
22:29les étrangers.
22:31Jordanie.
22:31Voilà,
22:32Jordanie.
22:33Soit de l'Europe du Nord,
22:36soit des pays
22:38comme la Slovénie.
22:39Et tous ces comptes-là,
22:41quand on va les chercher
22:41et on va les remonter,
22:43ils sont tous liés
22:44d'une manière ou d'une autre
22:45avec l'Open Society.
22:47D'accord.
22:48Donc,
22:48en fait,
22:50il faut voir aussi
22:50le mode opératoire.
22:51Parce que,
22:52bien sûr,
22:52il y a eu une grande erreur,
22:54selon moi,
22:55qui a été celle
22:56de la réaction
22:57pendant la première manifestation
22:58qui a eu lieu
22:58et que c'était des jeunes
23:00totalement pacifistes
23:01et qui ont été embarqués
23:01de manière totalement ridicule
23:02par les autorités.
23:04Et j'ai été le premier
23:05à le condamner.
23:06Pour moi,
23:07les jeunes ont le droit
23:07de manifester,
23:08surtout pacifiquement
23:09et surtout pour des revendications
23:10qui sont légitimes.
23:11Donc,
23:12en essayant
23:12et en faisant
23:14cet acte-là,
23:15en fait,
23:16on a donné à Soros
23:17une perche.
23:18En fait,
23:18on lui a donné
23:19une brèche
23:20sur laquelle
23:20il pouvait s'infiltrer
23:21parce qu'il n'a besoin
23:21que de ça.
23:22Parce que souvent,
23:22il se base sur des causes
23:25qui sont plus ou moins légitimes
23:26comme je le disais avant.
23:28Et donc,
23:29on voit en fait
23:30les lives commencer
23:30sur Discord,
23:31on voit les communiqués
23:32être publiés,
23:33Total Anonymat,
23:33et on voit
23:34qu'il y a une volonté
23:37de déstabilisation
23:38au niveau des émeutes.
23:39C'est-à-dire que
23:41quand il y a un communiqué
23:42qui appelle,
23:43par exemple,
23:44à la non-violence,
23:45on retrouve juste après
23:47des centaines,
23:49plus de 200,
23:49300 comptes
23:50qui le signalent
23:53et qui remettent
23:55des discours
23:56plus ou moins
23:56qui incitent
23:57à la violence.
23:58Et tous ces comptes-là
24:00sont liés à l'OSF.
24:01Et d'ailleurs,
24:03cette vérification-là
24:04a été faite
24:04par Maroc.
24:06Donc,
24:07la Gen Z
24:08et en tout cas
24:09le déroulé
24:10des manifestations
24:11à Gen Z
24:11était,
24:12on va dire,
24:14le textbook,
24:16comme on dit,
24:17du mode opératoire
24:18qui a été,
24:20je crois,
24:22théorisé
24:22par Popovich
24:24sur la manière
24:25de provoquer la police
24:26pour pouvoir créer
24:27des images,
24:28etc.
24:28C'est le mode opératoire
24:30de l'Opensité.
24:31Le mode opératoire
24:31des révolutions colorées.
24:33Exactement.
24:34Tout à fait.
24:34Donc,
24:35voilà,
24:36là,
24:36il n'y a aucun doute là-dessus.
24:38D'accord.
24:40bon,
24:40maintenant qu'on a évoqué
24:41ces différentes étapes
24:43et cette chronologie
24:44et les différents réseaux
24:46qui sont
24:48impliqués.
24:48D'ailleurs,
24:49il faut souligner
24:49au passage
24:50que George Soros
24:51n'aurait pas
24:52une telle influence
24:54sans l'appui
24:55du pouvoir états-unien
24:57ou du moins,
24:57plus précisément,
24:58du pouvoir démocrate
25:00aux États-Unis
25:01et d'une partie
25:02de l'appareil d'État
25:03qui est de toute façon
25:03toujours contrôlée
25:04par les réseaux
25:07démocrates
25:07puisqu'il faut toujours
25:08nuancer le propos.
25:09Il y a une opposition
25:10interne,
25:11même on peut dire
25:12une guerre civile froide
25:13aux États-Unis
25:14au sein de l'establishment
25:15entre d'un côté
25:16la faction sorosienne
25:18wokiste
25:19et lgbtiste
25:21et d'autre part
25:21la faction
25:23technophile
25:24de droite
25:25et trumpiste
25:26et maga
25:26pour faire
25:30schématique.
25:31Maintenant,
25:31concernant
25:32le Maroc,
25:33parce qu'il est important
25:36d'analyser
25:37les attaques
25:38de l'ennemi,
25:39mais il faut aussi
25:41effectivement
25:41faire un travail
25:43d'introspection,
25:44d'analyse
25:45et de cartographie
25:46de nos propres
25:47faiblesses,
25:48de nos propres failles
25:50puisque l'ennemi,
25:50lui,
25:51il ne fait qu'appuyer
25:53et exacerber
25:55des tensions
25:55qui existent déjà,
25:57élargir des failles
25:58qui existent déjà.
25:59Donc,
25:59quelles sont les lignes
25:59de fracture,
26:00selon toi,
26:01au Maroc,
26:01les plus dangereuses
26:03pour la cohésion
26:04de la société
26:05et la pérennité
26:06de la monarchie,
26:07sachant que
26:07c'est ça qui vise,
26:08que ce soit
26:09les réseaux soros
26:09ou les réseaux
26:10israéliens
26:11ou néoconservateurs,
26:12quelle que soit
26:13leur méthodologie ?
26:14D'ailleurs,
26:14j'en ai reparlé
26:15encore récemment.
26:16Le plan Odedinon
26:17israélien de 1982
26:19puis le plan américain
26:20des néoconservateurs
26:21qui s'appelle
26:22The Great Middle East Initiative,
26:24c'est un plan
26:24de remodelage
26:25de ce qu'ils appellent
26:26le Grand Moyen-Orient,
26:27c'est tout le monde musulman
26:28du Maroc au Pakistan.
26:29Exactement.
26:30Comme tu l'as dit,
26:31le roi Mohamed VI
26:32avait bien précisé
26:33que le Maroc
26:34avait de faux amis,
26:35donc il ne faut pas
26:36être...
26:36Je reprends ma question,
26:39quelles sont
26:39les lignes de fracture
26:40au Maroc
26:40les plus dangereuses
26:41pour la cohésion
26:41de la société
26:42et la pérennité
26:43de la monarchie
26:43que pourrait exploiter
26:45ou exploite déjà
26:46l'OSF ?
26:47D'accord.
26:48Très bien.
26:48Au-delà de ce dont
26:48tu as déjà parlé.
26:50D'accord.
26:50Alors déjà,
26:51avant de commencer
26:52à répondre dans le fond,
26:54ça il faut le dire,
26:56c'est que l'objectif
26:59de la pérennité
26:59de la monarchie,
27:00ce n'est pas la pérennité
27:00de la monarchie
27:01pour la pérennité
27:01de la monarchie.
27:02Il faut comprendre
27:03qu'au Maroc,
27:03la monarchie est un système
27:04qui maintient
27:05une forme d'unité nationale
27:07et disons-le clairement,
27:09sans la monarchie,
27:09le Maroc serait un pays
27:10qui est totalement
27:11démembré
27:11entre différentes régions
27:12et différentes factions,
27:13etc.
27:14D'ailleurs,
27:14on l'a vu
27:15après l'indépendance,
27:18sans l'appui
27:20de la monarchie,
27:22plutôt les mouvements
27:25d'opposition
27:25à la monarchie
27:26étaient des mouvements
27:26qui cherchaient
27:27à jouer
27:28sur les fibres
27:30régionalistes,
27:31séparatistes,
27:32etc.
27:32Donc la pérennité
27:33de la monarchie
27:34est un objectif
27:34de cohésion nationale
27:37et de cohésion sociale.
27:38Ce n'est pas
27:38du royalisme
27:39pur et dur,
27:41idéologique.
27:42On parle de l'institution,
27:43de l'institution monarchique.
27:45Tout à fait.
27:46Donc là,
27:46c'est simplement
27:48du bon sens.
27:51Pour les gens
27:53qui ne sont pas marocains,
27:54qui ont un peu
27:55de mal à comprendre,
27:56il faut faire
27:56la distinction
27:57entre la nation,
27:58l'État
27:58et la monarchie.
28:01Il y a la nation
28:02d'un côté,
28:03il y a l'État
28:03et il y a la monarchie.
28:04Et ce qu'on peut dire,
28:05c'est que,
28:06par l'expérience
28:07du XIXe siècle,
28:08la colonisation
28:09puis la décolonisation
28:10est effectivement,
28:12quand on remonte
28:13à l'époque
28:13de la décadence politique
28:15du Maroc,
28:17l'État,
28:18qu'on peut aussi appeler
28:19le Mrzn,
28:20ne contrôlait pas
28:22nécessairement
28:22tout le territoire
28:24marocain à l'époque.
28:25Et ce qui fait
28:25que la cohésion
28:26s'est maintenue
28:28après la décolonisation,
28:30c'est la reconnaissance
28:31par les tribus
28:34ou les zones
28:34qui n'étaient pas
28:35contrôlées
28:35par le Mrzn,
28:36du pouvoir
28:37notamment symbolique
28:38et religieux
28:39du monarchie.
28:40La légende,
28:40le retour de la légende.
28:41De la monarchie.
28:42Donc effectivement,
28:42comme tu l'as dit,
28:44sans la monarchie,
28:46sans cette institution,
28:47il n'y aurait pas eu
28:48de coïncidence
28:49entre la nation
28:50et l'État.
28:51Tout à fait,
28:52exactement,
28:53bravo.
28:53C'est exactement
28:54là où je voulais en venir.
28:56Ce préambule
28:57était important
28:59et nécessaire
29:02avant de passer
29:04aux raisons
29:05ou bien plutôt
29:06les lignes de fracture.
29:08Alors,
29:08les lignes de fracture
29:10au Maroc,
29:11elles sont évidentes.
29:13Alors la première,
29:13c'est la question sociale.
29:17Il y a au Maroc
29:18un vrai problème
29:19d'inégalité sociale.
29:24Il y a trop
29:25de gaps
29:27entre les couches sociales,
29:29entre les classes sociales.
29:30Ça crée beaucoup
29:31de frustration
29:32et ça pourrait,
29:32évidemment,
29:34ça pourrait être
29:35l'une des raisons,
29:37on va dire,
29:38l'une des...
29:39Pour moi,
29:40c'est la ligne de fracture
29:41la plus dangereuse.
29:43Alors,
29:44vient après
29:45la ligne religieuse.
29:47La ligne religieuse,
29:48c'est
29:51le fait
29:52de donner l'impression
29:54aux masses marocaines
29:56que l'État
29:58et à sa tête
29:59le roi
30:00et la monarchie
30:01s'éloignent
30:02du dogme
30:05sunnite orthodoxe
30:06parce que,
30:06rappelons-le,
30:07au Maroc,
30:08la monarchie
30:09se base sur
30:10Émarat le-Mouminin,
30:11sur la commanderie
30:12des croyants
30:12et cette commanderie
30:14des croyants,
30:14si elle n'est plus légitime
30:16et si elle n'est plus légitime
30:17et n'existe plus,
30:18si elle n'existe plus,
30:19disons-le clairement,
30:19la monarchie n'existe plus.
30:21La première institution
30:22qui va payer le prix
30:23de l'éloignement
30:26des fondamentaux orthodoxes
30:28de l'islam sunnite malikite,
30:30c'est l'institution monarchique,
30:31il faut le dire,
30:31je vais le dire,
30:33avec toute responsabilité
30:34devant l'histoire.
30:37Et il y a la ligne,
30:39alors je disais,
30:40la fracture,
30:41on va dire,
30:41à ce niveau-là,
30:42et il y a aussi
30:43une fracture politique.
30:44La fracture politique,
30:45elle a commencé en 2020
30:45avec la normalisation.
30:47Alors on peut penser
30:47ce qu'on veut
30:48de la normalisation,
30:49c'est-à-dire
30:50de sa pertinence,
30:51de sa moralité,
30:52et cela n'est pas la question.
30:54La vraie question,
30:54c'est qu'aujourd'hui,
30:57beaucoup de mouvements
30:57d'extrême-gauche
30:58et de l'islam politique
30:59se servent de cet accord,
31:01de l'accord tripartite,
31:02parce que la normalisation
31:03est un terme,
31:03on va dire, journalistique,
31:04ce n'est pas un terme scientifique,
31:05parce que le Maroc
31:07n'est pas membre
31:07des accords d'Abraham.
31:08Il faut comprendre,
31:10c'était la reprise
31:12des relations avec Israël
31:13qui ont été rompues
31:14en 2001,
31:15après la seconde intifade,
31:18et les relations
31:19qui ont commencé en 1994
31:20avec la signature
31:21des accords d'Oslo.
31:22Donc, ce n'était pas
31:23une normalisation,
31:23parce que c'était simplement
31:24une reprise des relations.
31:26Et cet accord tripartite,
31:27aujourd'hui,
31:29est quelque part
31:30le talon d'Achille
31:31de la légitimité
31:32de l'action politique
31:33au Maroc.
31:35Parce que
31:37le Marocain moyen,
31:38on va dire,
31:40quand j'ai marocain moyen
31:41au Marocain lambda,
31:42ce n'est pas quelque chose
31:43de péjoratif,
31:43je parle d'une forme
31:46de l'opinion,
31:47de l'opinion publique,
31:49et intrinsèquement
31:50pro-palestinienne,
31:52légitimement,
31:54et tout en étant
31:55patriote,
31:56c'est-à-dire dans le sens
31:56où la marocainité
31:58du Sahara
31:59est tout aussi importante
32:00que la cause palestinienne.
32:02Toujours est-il que
32:04cet accord tripartite,
32:05s'il a renforcé
32:06la position marocaine
32:08au niveau de la question
32:08du Sahara,
32:10au niveau international,
32:11au niveau géopolitique
32:12et au niveau des institutions
32:13de l'ONU,
32:14avec la résolution
32:15qui a été votée
32:15en octobre 2025,
32:17il l'a quand même
32:18affaibli au niveau interne.
32:19Il a créé une ligne
32:20de fracture supplémentaire
32:21sur laquelle jouent
32:24les mouvements
32:25et surtout
32:25quand on lit,
32:29sachant que le Maroc,
32:31techniquement,
32:31si on prend du point
32:32de vue diplomatique,
32:33le Maroc a la même position
32:34que l'Espagne
32:34sur la question
32:35israélo-palestinienne.
32:38C'est-à-dire qu'il y a
32:39une critique
32:40de la politique israélienne,
32:42notamment en Cisjordanie,
32:43etc.,
32:43mais il n'y a pas
32:44une rupture
32:44des relations diplomatiques.
32:46En fait,
32:47techniquement,
32:47c'est la même position
32:48que celle de Madrid.
32:49Sauf que,
32:51par une forme
32:51de projection,
32:52on a souvent tendance
32:54à dire que
32:54la position espagnole
32:56est courageuse
32:57et la position marocaine
32:59est, on va dire,
33:01plutôt lâche,
33:01entre guillemets,
33:02même si moi,
33:03je n'aime pas
33:03cette forme
33:03d'anthropomorphisation
33:05des États.
33:06Il n'y a pas
33:07d'États courageux,
33:08d'États lâches,
33:08il y a des États
33:08qui existent
33:09avec leurs intérêts.
33:11Et donc,
33:11comme je disais,
33:12il y a
33:13cette troisième ligne
33:14de fractures politiques
33:15risque aussi
33:17d'affaiblir.
33:18Et d'ailleurs,
33:18on le voit,
33:19Georges Soros,
33:20il a eu des problèmes
33:21avec Netanyahou
33:22parce que
33:23Georges Soros
33:23finance beaucoup,
33:25je crois,
33:25à hauteur de 30 millions
33:26de dollars
33:27depuis 2019,
33:28je pense,
33:31les mouvements
33:32de gauche
33:32pro-palestine.
33:34Et donc,
33:35il le fait ici
33:36aussi au Maroc.
33:37Il y a au Maroc
33:37des comités
33:40de coordination
33:40de métiers
33:41contre la normalisation,
33:42etc.
33:43Et quand on voit
33:44les associations
33:44qui tournent autour,
33:45on est dans la nébuleuse
33:46de Georges Soros.
33:47Donc voilà.
33:48Pour moi,
33:49c'est très important
33:49de parler de ça
33:50parce que l'idée,
33:51ce n'est pas de parler
33:52de la normalisation,
33:53on va dire,
33:53de sa pertinence
33:54ou de sa moralité
33:54comme je disais tout à l'heure,
33:55mais de dire
33:56qu'elle a quand même
33:56affaibli politiquement
33:57en interne le Maroc.
33:58Oui,
33:58l'important,
33:59c'est de pointer du doigt
34:00les différentes lignes
34:00de fracture
34:01et de mettre en évidence
34:02qu'il y a certains choix
34:03politiques qui ont été
34:04faits par le Maroc
34:06et qui peuvent lui apporter
34:08des bénéfices
34:08sur le court terme
34:09mais qui le mettent
34:11en danger
34:12sur le long terme
34:13dans la mesure
34:14où on a deux factions,
34:16on va dire,
34:16dans les milieux
34:17sionistes
34:18ou non sionistes,
34:19on peut appeler peut-être
34:20judaïsme politique
34:22puisque Georges Soros
34:23lui-même disait
34:25dans son enfance
34:26comme le rapporte
34:26Pierre-Antoine Plaquevent
34:27que depuis son enfance
34:28il avait des rêves messianiques.
34:30C'est-à-dire que
34:30l'opposition
34:32entre Netanyahou
34:33et Soros
34:35peut aussi être vue
34:37pas comme un théâtre
34:39mais comme une sorte
34:41de dialectique
34:43où ceux qui ont
34:44des liens
34:45proches avec Netanyahou
34:46ou proches avec Soros
34:48sont pris en étau
34:49dans ce moment
34:51dialectique.
34:52C'est-à-dire que
34:52vous normalisez
34:53avec Israël
34:54au moment où Israël
34:56a le gouvernement
34:56le plus fanatique
34:58et puis vous avez
34:59l'opposant Soros
35:00qui vient chez vous
35:01et qui va financer
35:02des mouvements
35:03qui vont critiquer
35:04votre action politique
35:05votre normalisation.
35:07On a tenu
35:08une ligne de fracture
35:08supplémentaire.
35:09C'est un système
35:10qui est extrêmement
35:11pervers.
35:12Ce qui m'amène
35:13à la question suivante
35:14compte tenu
35:15de ces volontés
35:16de déstabilisation
35:17compte tenu
35:18de la subtilité
35:19de la perversion
35:20de ce mouvement
35:22dialectique
35:23et de réseau
35:25quelle est l'attitude
35:26des autorités marocaines
35:28face à ces menées
35:29subversives
35:31notamment
35:31de l'Open Society
35:34Foundation ?
35:35En soi,
35:37pour l'instant,
35:39l'État marocain,
35:40en termes
35:41de gestion
35:42du territoire
35:43et de sécurité,
35:44il donne la priorité
35:45à la menace terroriste
35:46dans le sens
35:46où la concentration
35:48est plutôt faite
35:49à ce niveau-là.
35:50donc la menace
35:52sécuritaire,
35:52tout ce qui est
35:53contrebande,
35:54trafic,
35:55trafic d'êtres humains,
35:56etc.
35:56C'est pour ça
35:57qu'il faut comprendre
35:59que le Maroc
35:59depuis 2011
36:00a une forme
36:01de constitution libérale
36:03et qu'il ne peut pas
36:06du point de vue
36:07constitutionnel
36:08empêcher
36:08des associations
36:10d'agir
36:12dans le terrain
36:12social,
36:14même politique,
36:15etc.
36:15de ne pas recevoir
36:16des fonds étrangers
36:17dans le cadre
36:18de la libéralisation
36:20de la société marocaine
36:21qui n'a pas été
36:21voulue par Soros
36:22ou par qui que ce soit
36:23avant même
36:23l'arrivée de Soros.
36:26On va dire
36:29avant même
36:30l'arrivée de Soros,
36:30il y avait
36:31une certaine
36:33orientation politique
36:34de la part
36:35et c'est quelque part
36:36une conviction
36:37interne
36:38du roi du Maroc
36:39qui est celle
36:39du changement,
36:42on a vu
36:42avec la réforme
36:43de 2004
36:43de la Moudouana
36:44du code de la famille
36:45qui a donné plus
36:46de droits aux femmes,
36:47la reconnaissance
36:48on va dire
36:49des minorités
36:51la levée
36:53du délit d'opinion,
36:54la réconciliation
36:55avec les victimes
36:57des années de plomb,
36:57etc.
36:58Il fallait solder
36:58un passif
36:59qui était plus ou moins lourd
37:00et il y avait
37:01cette espèce
37:01d'orientation
37:02de la part
37:03du roi du Maroc
37:04qui était celle
37:04de l'ouverture.
37:05Mais bien sûr,
37:06cette ouverture-là
37:06vient avec un contre-coup.
37:09Et ce contre-coup-là,
37:10c'est de ne pas être
37:12hermétique du tout,
37:13c'est d'être très vulnérable
37:16par rapport
37:17au cinquième colonne
37:19qui existe au Maroc,
37:20c'est-à-dire
37:21ceux qui sont
37:23soit pour l'international
37:25salafiste
37:25ou ceux qui sont
37:26pour l'international
37:26des frères musulmans
37:27ou qui sont
37:28pour cette espèce
37:29d'international
37:29LGBT progressiste
37:31qui est celle
37:31de Georges Soros.
37:32Il y a aussi un pays
37:33dont je voulais parler
37:34tout à l'heure,
37:36j'ai oublié,
37:36c'est le Qatar.
37:37Le Qatar a beaucoup
37:39de liens
37:39avec l'Open Society Foundation
37:42et d'ailleurs,
37:43quand on a vu
37:44l'action du Qatar
37:45pendant le printemps arabe,
37:48ce qu'on appelle
37:48le printemps arabe,
37:49c'est-à-dire
37:49les révolutions
37:49dans les pays arabes
37:50et ses alignements
37:53sur...
37:53Quand on voit
37:54la ligne éditoriale
37:55d'Aji Plus
37:55qui est Al Jazeera
37:57sur Internet,
37:57c'est une ligne éditoriale
37:58woke,
37:59totalement sorotienne
38:01et Al Jazeera,
38:01Al Jazeera en arabe
38:02est là
38:03une ligne éditoriale
38:03totalement frère musulmane.
38:05Donc,
38:07c'est ça qui...
38:08C'est un pays aussi,
38:09c'est devenu aussi
38:09une sorte
38:10de point névralgique
38:12pour l'action
38:13de Soros
38:14dans le monde arabe.
38:18Raison pour laquelle
38:18le Maroc a,
38:20par exemple,
38:20fermé les bureaux
38:21d'Al Jazeera,
38:22a eu des relations
38:23très problématiques
38:25et très compliquées
38:26de bien entre...
38:27avec le Qatar.
38:28En fait,
38:29il y a deux niveaux,
38:30c'est-à-dire
38:30qu'officiellement,
38:31le Qatar est considéré
38:33comme un pays frère,
38:34ami, etc.,
38:35mais à un niveau
38:39inférieur,
38:40plus pratique,
38:42il y a une véritable
38:43méfiance vis-à-vis du Qatar.
38:45Il y a le Qatar, oui.
38:46C'est clair.
38:46Même sur la question
38:47du Sahara marocain,
38:49Al Jazeera n'était pas
38:51très...
38:53très marocco-friendly,
38:55on va dire.
38:55Non, non,
38:56il y a toujours
38:56la carte du Maroc
38:57qui est coupée en deux,
38:59alors qu'officiellement,
39:00l'État du Qatar
39:01reconnaît la marocainité du Sahara.
39:02Voilà,
39:02il y a toujours
39:02un jeu très dangereux,
39:04très sournois,
39:05très ambigu,
39:06on va dire.
39:07De même que Netanyahou
39:09qui s'est présenté
39:10plusieurs fois
39:11avec la carte du Maroc
39:12tronquée derrière lui.
39:13C'est une façon
39:14de provoquer,
39:15de dire,
39:15voilà,
39:16nous,
39:17on vous soutient
39:18officiellement,
39:19mais on peut
39:19à n'importe quel moment
39:20retirer ce soutien
39:20si vous ne nous apportez pas
39:24un appui
39:25sur telle ou telle question
39:26ou bien si vous abstenez
39:28de condamner
39:29telle ou telle action politique.
39:30Il y a toujours
39:31un levier
39:32qu'il garde
39:33sous le coude.
39:35Donc on peut dire
39:36qu'à ce stade
39:37aujourd'hui,
39:38d'où l'importance
39:39de ton dossier
39:40et de notre discussion,
39:41c'est que le Maroc
39:42n'est pas véritablement
39:43préparé au niveau
39:44institutionnel
39:45pour faire face
39:46à ce genre d'attaque
39:47parce qu'il y a
39:47le niveau policier
39:48de renseignement,
39:49etc.,
39:50mais ça,
39:51c'est la dernière ligne.
39:53C'est quand c'est
39:54trop tard
39:54que la police
39:56et les renseignements
39:57sont...
39:58Il n'y a pas encore
39:59d'institutions
40:00ou même de think tanks
40:03qui peut travailler
40:04en amont
40:05sur ce type de questions
40:06d'ingénierie sociale,
40:07etc.
40:08Peut-être que c'est ça
40:08ce qui manquerait...
40:09Oui,
40:10disons-le tout simplement,
40:11il faut un Orban marocain.
40:13Alors peut-être
40:14sans la corruption.
40:16Mais...
40:16Vous voulez dire
40:17Premier ministre ?
40:17Premier ministre.
40:18Oui,
40:18Premier ministre,
40:19bien sûr,
40:19évidemment.
40:20Parce que Arnouch
40:21serait l'anti-Orban,
40:22c'est ça ?
40:23Oui,
40:24c'est ça,
40:25c'est-à-dire que Arnouch,
40:26c'est un homme d'affaires,
40:27probablement qui a une très...
40:28c'est une culture
40:29politique très faible.
40:31Peut-être qu'il faut
40:32un mouvement politique
40:33et ce qui commencerait
40:34évidemment comme tu l'as proposé
40:35avec un think tank
40:35qui va combattre
40:38l'agenda de Soros
40:41et de manière méthodique
40:42et sans rentrer
40:43ni dans l'hystérie
40:44ni dans la volonté
40:47de censurer
40:52tout simplement
40:53des opposants politiques,
40:55etc.
40:55mais simplement
40:55de les combattre
40:56sur le terrain
40:57des idées,
40:58sur le terrain
40:58de l'opinion
40:59et d'arriver
40:59à convaincre
41:00les gens
41:00et de convaincre
41:01aussi les élites politiques.
41:02Parce qu'en fait,
41:03il y a les réseaux
41:04des frères musulmans,
41:05les mouvements
41:07d'extrême-gauche
41:08au Maroc
41:09qui sont implantés
41:10mais disons
41:11qu'il n'y a pas
41:11véritablement
41:12l'équivalent
41:14conservateur
41:14de ces...
41:16Tout à fait,
41:16exactement.
41:17C'est ça qui m'ancrait
41:18et il faudrait
41:20y réfléchir
41:21et travailler.
41:22Ça sera l'objet
41:23d'une autre discussion.
41:25Maintenant,
41:25on va arriver
41:26à la deuxième partie
41:27de cette émission,
41:30toujours dans
41:31le diagnostic
41:32qui permet
41:34de faire
41:35de la prévention
41:36parce que,
41:37comme on l'a dit
41:38précédemment,
41:39là,
41:39on est dans la réaction.
41:40C'est-à-dire que
41:41les mouvements arrivent,
41:42les attaques arrivent
41:42et puis à chaque fois,
41:43il faut improviser
41:44d'une certaine façon
41:45la contre-offensive.
41:48Dans ton dossier,
41:49tu expliques
41:50que les réseaux
41:51de l'Open Society Foundation
41:52ont pour agenda politique
41:54assumé,
41:55tu dis,
41:56d'éroder le conservatisme
41:58étatique
41:58du Royaume du Maroc.
42:00Exact.
42:00Est-ce que,
42:01dans un premier temps,
42:01peux-tu définir
42:02en quoi consiste
42:03ce conservatisme étatique ?
42:05Est-il la résultante
42:06d'une inertie
42:09historique
42:10propre au Maroc
42:11ou bien
42:12le conservatisme étatique
42:13est-il véritablement
42:14pensé
42:15et actualisé
42:15au plus haut niveau
42:17de l'État ?
42:18Alors,
42:19pensé,
42:19conceptualisé,
42:20je ne sais pas.
42:22Ce n'est pas non plus
42:23de l'inertie,
42:23c'est-à-dire que ce n'est pas
42:24non plus quelque chose
42:25qui a été hérité
42:26par le temps.
42:28Le conservatisme étatique,
42:29on va dire,
42:30c'est celui
42:30de l'alliance
42:32entre la structure
42:34monarchique patriarcale,
42:35d'accord,
42:36parce qu'au Maroc,
42:37il n'y a pas de reines,
42:38il y a rois
42:39et il y a des princesses.
42:41Donc,
42:42il y a un système
42:43patriarcal.
42:43Et comme
42:44si on renvoie
42:45aux travaux
42:46de Sylvain Durin
42:49sur la question
42:50de la transition
42:52entre le système familial
42:53jusqu'au système politique,
42:55si on promeut
42:57un égalitarisme
42:58au niveau
42:59de la société marocaine,
43:00ça va être compliqué
43:01d'expliquer
43:02le système
43:02patriarcal monarchique.
43:04Il faut réfléchir à ça.
43:07c'est l'alliance,
43:08la rencontre
43:09de ce système
43:11patriarcal
43:11et de l'islam
43:15fondamentaliste.
43:16Parce que Hassan II,
43:16rappelons-le,
43:17qui a mis en place
43:18ce système,
43:20se revendiquait
43:20comme étant
43:21un fondamentaliste orthodoxe.
43:22Et pour lui,
43:22la laïcité ne pouvait pas
43:23exister au Maroc
43:24et si on ne peut pas
43:24être laïque et musulman.
43:25Donc,
43:25il était très clair
43:26par rapport à cette question-là.
43:27Il prenait très au sérieux
43:28son rôle de président
43:29du conseil supérieur
43:30de l'Oulama.
43:32Il avait un lien
43:33très important
43:34avec les différents
43:35théologiens.
43:36Il a mis en place
43:38ce qu'on appelle
43:38les donos hasaniens,
43:40c'est-à-dire
43:40des conférences islamiques
43:42pendant le Ramadan
43:42où assistaient lui
43:43et les grands ambassadeurs,
43:45etc.
43:45Donc,
43:45il prenait très au sérieux
43:46ce rôle-là.
43:48Et au Maroc,
43:49c'est ce qui incarne,
43:51en fait,
43:51et c'est ce qui dérange.
43:51C'est ça.
43:52C'est qu'il y ait
43:54un État
43:56qui a
43:57une profondeur historique
43:59et qui a
44:00un attachement religieux.
44:02Et c'est ce qui crée,
44:03quand je parle
44:03de conservatisme,
44:04ce n'est pas un conservatisme,
44:05on va dire,
44:05épidermique ou fétichiste
44:06sur certaines questions.
44:08Non,
44:08c'est-à-dire
44:09au Maroc,
44:10par exemple,
44:11on aura toujours tendance
44:12à protéger
44:14ce qui va garantir
44:16la stabilité.
44:17On est un pays
44:18de stabilité,
44:18on n'est pas un pays
44:19de rupture,
44:20on est un pays
44:20de réforme.
44:21Donc,
44:21c'est ça,
44:21en fait,
44:22le conservatisme.
44:23Et aussi,
44:24on est un pays
44:24qui est attaché
44:25à une forme
44:26de fonctionnement
44:28familial
44:29et politique.
44:30Et ça,
44:32c'est ce que
44:33Georges Soros
44:33veut combattre.
44:35Et pour rompre
44:36avec ça...
44:36Et pas que Georges Soros,
44:38y compris au Maroc,
44:38des gens veulent
44:39le combattre.
44:40C'est la cinquième colonne,
44:41en réalité.
44:41C'est la cinquième colonne
44:42et ce que les appelait
44:44Lénine,
44:44les idiots utiles.
44:45C'est-à-dire que
44:46c'est des gens
44:46qui peut-être
44:47ne sont même pas conscients
44:47qu'ils travaillent
44:48pour des agendas,
44:49qu'ils les dépassent
44:50et qui sont dans une forme
44:51de...
44:51qui sont convaincus
44:52de leur progressisme,
44:54etc.
44:55Et donc,
44:56pour eux,
44:57il faut s'éloigner
44:58de plus en plus
44:58du référencié religieux
45:00au niveau juridique.
45:01Il faut s'éloigner
45:01de plus en plus
45:02du fonctionnement
45:04historique et protocolaire
45:05de la monarchie.
45:06Il faut créer
45:07la famille nucléaire
45:09et rompre avec la communauté
45:11parce que,
45:12voilà,
45:12la famille nucléaire,
45:14elle consomme plus
45:15et elle n'épargne moins.
45:17Donc, voilà,
45:18même pour le système
45:19libéral et capitaliste,
45:19c'est toujours mieux
45:20d'être dans cette logique-là.
45:23D'ailleurs,
45:24Soros,
45:25en plus d'être un progressiste,
45:26c'est aussi un hypercapitaliste
45:28et pour lui,
45:28les deux vont ensemble
45:29et donc,
45:30ça aussi,
45:31il faut réfléchir
45:31par rapport
45:31à un système économique
45:33qui ne fragmente pas
45:36la communauté
45:37et donc,
45:39cette espèce
45:40d'un conservatisme étatique
45:42qui implique aussi
45:43un conservatisme social
45:44et il faut rompre
45:44avec tout ça.
45:46Et si on rompre
45:47avec ça,
45:48on délégitimise
45:49le système politique
45:50en lui-même.
45:50C'est comme je disais
45:51tout à l'heure
45:51par rapport à la question
45:52de la famille.
45:53Si aujourd'hui,
45:54par rapport à l'héritage,
45:56on va vers l'égalité
45:57de l'héritage,
45:58ce qui est contraire
45:58à la règle religieuse
46:00et coranique,
46:01mais quand j'ai l'égalité,
46:02l'égalité est légale
46:02parce que dans les faits,
46:05c'est-à-dire qu'il y a
46:06plusieurs cas,
46:06on ne va pas rentrer
46:06dans le détail,
46:07mais si on fait une égalité absolue
46:11et qu'on enlève
46:12la référence religieuse
46:13du système d'héritage,
46:15comment on va expliquer
46:17la transmission
46:18patrilinéaire ?
46:19Et de la primogéniture
46:20d'ailleurs,
46:20en plus.
46:22Par contre,
46:23au niveau de la société,
46:24il n'y a pas de primogéniture
46:25entre les garçons,
46:26mais c'est simplement
46:29pour maintenir l'unité
46:30de l'État.
46:30D'ailleurs,
46:31même dans les temps anciens,
46:32il y avait un système
46:33de primogéniture
46:34pour maintenir
46:35un empire
46:36où on est à l'heure.
46:38Pour garantir
46:38la transition dynastique
46:39et la stabilité dynastique.
46:42Toujours dans le diagnostic,
46:45parce qu'on parlait,
46:46on parle des lignes de fracture,
46:47depuis la période coloniale,
46:51même si au Maroc,
46:52c'était un protectorat,
46:53mais bon,
46:54le protectorat,
46:55ça concernait les Français
46:56et la relation
46:57entre la France
46:58et le Maroc,
46:59mais le Maroc
46:59a quand même été dépecé
47:00durant la période coloniale.
47:02On ne peut pas dire
47:03que le Maroc
47:03c'était un gentil protectorat
47:05et les autres
47:05étaient colonisés.
47:06Non, le Maroc a été dépecé.
47:08Donc, depuis,
47:09je le dis en prévention,
47:11parce que je sais
47:11qu'il y a des gens
47:11qui m'ont commenté
47:12et raconté n'importe quoi,
47:14depuis la période coloniale.
47:15J'en ai mis le tiers,
47:16pour ne pas faire le coup.
47:18Oui, oui,
47:19je sais,
47:20je suis habitué.
47:21Depuis la période coloniale,
47:23s'est installé
47:24une forme
47:24de dualisme marocain,
47:26on peut appeler
47:26dualisme marocain
47:27au niveau géographique,
47:29économique,
47:29social et culturel.
47:31D'un côté,
47:31le Maroc bourgeois
47:33des villes atlantiques
47:35et des plaines
47:36et un Maroc,
47:37ce que Guy lui appellerait
47:39en France
47:39le Maroc périphérique,
47:40mais bon,
47:40ce n'est pas du tout
47:41la même situation,
47:42ce n'est pas la même histoire,
47:43un Maroc tribal,
47:44périphérique,
47:45donc pauvre,
47:46d'un côté,
47:47ce qu'on appelle
47:47Blad el-Mkhazn,
47:48agricole,
47:49etc.
47:50Voilà,
47:50donc d'un côté,
47:51ce qu'on appelle
47:51Blad el-Mkhazn
47:52et de l'autre,
47:53Blad Siba.
47:54Ce qu'on appelait
47:55durant la période coloniale,
47:57le Maroc utile,
47:58le Mgré-Bnayefé,
47:59et le Maroc inutile,
48:00le Mgré-Bnayefé.
48:01Et cette dualité,
48:03ce paradigme,
48:04quelque part,
48:05a survécu à la colonisation.
48:06C'est ça,
48:07donc un Maroc libéral
48:08et un Maroc traditionnaliste.
48:09Donc,
48:09n'est-ce pas
48:10la ligne de fracture
48:12fondamentale
48:13à résorber,
48:14qui est quand même
48:15un problème lourd
48:15et historique ?
48:17On a vu
48:18les manifestations
48:19de la GNZ,
48:21dans les manifestations,
48:22la traduction
48:23de cette opposition
48:23entre les deux Marocs.
48:24D'ailleurs,
48:25on parle d'un Maroc
48:25à deux vitesses.
48:26c'est-à-dire même
48:26dans son discours,
48:28suite à ces manifestations,
48:29le roi a parlé
48:30de ce Maroc à deux vitesses
48:31et qu'il fallait
48:31mettre un terme
48:32à ce système
48:33de deux vitesses
48:35et donc que des forces
48:36extérieures ont voulu
48:37exacerber.
48:38On l'a vu,
48:39on le voit
48:40dans les infrastructures
48:41au Maroc,
48:42etc.,
48:42et on l'a vu aussi
48:43durant le tremblement
48:44de terre.
48:44Donc,
48:45à chaque fois
48:45qu'il y a une crise,
48:46que ce soit une crise
48:48comme le tremblement
48:49de terre naturelle
48:50ou une crise économique
48:50et sociale,
48:51on voit
48:51la réémergence
48:53de cette division
48:55marocaine
48:55entre deux Maroc
48:57qui est héritée
48:58de cette période
48:59coloniale.
49:00Est-ce que tu ne penses pas
49:01que c'est vraiment
49:02une urgence
49:03à traiter
49:04et là,
49:05au niveau économique,
49:06au niveau social,
49:07mais aussi au niveau
49:09idéologique ?
49:09Oui,
49:10je suis totalement
49:12d'accord avec toi
49:12sur la question
49:13de l'urgence.
49:15En fait,
49:16ce qui s'est passé
49:16après la colonisation,
49:20en 1956,
49:21parce que le Maroc
49:23n'a réellement pas
49:23achevé son indépendance
49:24comme en 1975
49:26avec la marque verte,
49:27parce qu'en 1956,
49:28c'était quelque part
49:28la rupture
49:29de l'accord de fesses,
49:30c'est-à-dire
49:30de l'accord de protectorat.
49:34Réellement,
49:36alors bien sûr,
49:36il y a entre le Maroc urbain
49:38et le Maroc rural,
49:38et ce qui s'est passé,
49:39c'est qu'il y a eu
49:42une grande migration
49:44des zones rurales
49:45vers les zones urbaines.
49:45Et ce qui s'est passé,
49:47c'est que même dans les villes,
49:49on assiste
49:50à cette espèce
49:50de dualité,
49:51c'est-à-dire même au sein,
49:52moi par exemple,
49:52j'habite Casablanca,
49:54à Casablanca,
49:55il y a des zones
49:56qui sont totalement
49:57peuplées par les personnes
49:58qui viennent de la campagne,
49:59qui sont venues de la campagne
50:00dans les 20-30 dernières années,
50:02et on a les personnes
50:03qui sont à Casablanca,
50:04qui sont des véritables urbains,
50:07qui sont là
50:07depuis plusieurs générations,
50:09et là,
50:10on voit encore,
50:11et on voit se transposer
50:14cette fracture
50:15au sein même des villes.
50:16Donc la fracture,
50:16peut-être,
50:17ne vient pas simplement
50:17du côté,
50:18on va dire,
50:20celle des villes
50:21versus les campagnes,
50:23c'est plutôt
50:26entre un Maroc
50:28qui n'a pas encore
50:31tous les moyens
50:33de son adhésion
50:34à la modernité,
50:35et il y a le Maroc
50:36qui a adhéré
50:37à la modernité,
50:38mais de manière
50:38totalement formelle,
50:40c'est-à-dire
50:41on adhère à la modernité,
50:41c'est-à-dire
50:43la modernité formelle,
50:44c'est-à-dire
50:46conjoncturelle,
50:46donc la loi,
50:48le droit positif,
50:49le développement technologique,
50:51le développement économique,
50:52etc.
50:53Ça,
50:53c'est la modernité
50:54dans son aspect formel.
50:55Or,
50:55au Maroc,
50:56même dans les villes,
50:57même dans les milieux bourgeois,
50:58on n'a pas adhéré
50:59à cette modernité,
50:59parce qu'en réalité,
51:00la modernité,
51:01c'est un fond,
51:02c'est un imaginaire
51:03qui est celui
51:04de la coupure
51:07avec la transcendance,
51:08de l'adhésion
51:08à l'impératif catégorique,
51:10c'est un travail philosophique
51:12qu'a fait l'Occident,
51:13par exemple,
51:13depuis trois siècles,
51:14quatre siècles,
51:15qui aujourd'hui,
51:16on peut dire que l'Occident
51:16est moderne.
51:17Bon,
51:17maintenant,
51:18il est post-modern,
51:18mais on va dire
51:19que durant le XXe siècle,
51:21on est arrivé
51:21à la véritable modernité,
51:23c'est-à-dire
51:26le monde occidental
51:27n'adhère plus
51:28au transcendant.
51:29Au Maroc,
51:30même
51:32dans les milieux bourgeois,
51:34on n'a pas rompu
51:35avec ce paradigme.
51:36On est toujours
51:38archéo-moderne,
51:39on va dire
51:39dans le sens
51:40où on a gardé
51:41cette espèce d'arché
51:43et
51:44qu'on a peut-être
51:46laissée dans l'imaginaire
51:47et qui ressurgit,
51:49notamment
51:49quand on veut se marier,
51:51quand on veut
51:55faire des enfants,
51:57éduquer ses enfants,
51:58etc.,
51:58ou même agir en société,
52:00etc.,
52:00tout ça,
52:02on n'a pas rompu avec.
52:04Et je pense
52:05qu'aujourd'hui,
52:05le véritable problème
52:07qui se pose au Maroc,
52:08c'est plutôt
52:09cette question-là,
52:10c'est comment faire
52:11adhérer
52:12l'ensemble
52:13des Marocains
52:15à un système
52:16et à un logos
52:17clair.
52:18Soit on va rester
52:19dans une tradition
52:20ancestrale,
52:21peut-être un peu
52:21fantasmée,
52:22ça dépendra
52:23de notre vision
52:24du passé,
52:25est-ce qu'on est réactionnaire
52:26ou pas,
52:28ou bien on adhère
52:29totalement à la modernité.
52:30Et on sait très bien
52:31que quand on adhère
52:32totalement à la modernité,
52:33il y a des systèmes
52:33politiques qui ne survivent
52:34pas à ça.
52:34Les Romanovs en Russie,
52:37les Bourbons en France,
52:39le chat d'Iran,
52:40par exemple,
52:41aussi,
52:41il y a des systèmes
52:42qui ne survivent pas
52:43à l'hypermodernisation.
52:44Des systèmes politiques
52:45qui ne survivent.
52:45Alors bien sûr,
52:46il y a une exception marocaine,
52:46il y aura toujours
52:47une exception marocaine,
52:48mais le Maroc n'est pas
52:49au-dessus de l'histoire.
52:51Donc,
52:51pour moi,
52:52la véritable urgence,
52:54c'est d'avoir
52:55un logos marocain,
52:56c'est-à-dire
52:57une idéologie nationale
52:58sur laquelle on pourra
52:59tous être d'accord,
53:00adhérer,
53:00avec bien sûr
53:01des sensibilités différentes,
53:03même des
53:04tendances et des mouvements
53:05politiques qui sont
53:06contradictoires,
53:07antagonistes,
53:07etc.
53:08Mais il faut qu'on ait
53:09une forme
53:10d'idéologie nationale.
53:11Par exemple,
53:11en France,
53:12quand on parle
53:12de l'arc républicain,
53:14ça veut dire
53:14qu'on adhère
53:16au principe
53:16de 1789.
53:18On adhère
53:19à la République.
53:22Donc,
53:22il y a cette adhésion-là
53:24qui est commune
53:24à tout le monde.
53:25Et puis après,
53:26il y a ce qu'on appelle
53:26l'arc républicain,
53:27c'est-à-dire
53:27une diversité d'opinions.
53:29Au Maroc,
53:30on n'a pas encore
53:30cette espèce
53:31d'idéologie nationale.
53:32Bien sûr,
53:32il y a la présence monarchique,
53:33mais il y a aussi
53:35des épopées
53:36comme la Marche Verte,
53:36etc.
53:37Mais tout ça
53:38doit être conceptualisé,
53:39tout ça doit être mis
53:42en idée nationale,
53:43en stratégie nationale
53:44et même
53:45en idéologie nationale.
53:47parce que pour moi,
53:48je ne crois pas beaucoup
53:49au consensus national
53:53et pas aux fractures
53:55purement sociales.
53:56Pour moi,
53:58on trouvera par exemple
53:58beaucoup plus
53:59de conservateurs royalistes
54:01chez les couches populaires
54:03et on trouvera
54:03beaucoup plus
54:04de progressistes
54:04anti-monarchiques
54:05chez les couches bourgeoises.
54:07Donc,
54:07chez nous,
54:08les bourgeois
54:08ne sont pas forcément
54:08des loyalistes
54:09et les prolétaires
54:10ne sont pas forcément
54:11des révolutionnaires.
54:12Je comprends.
54:12Donc,
54:12c'est un peu
54:13très compliqué
54:14et à partir de...
54:15La révolution française
54:17est venue d'ailleurs
54:18essentiellement
54:18de la bourgeoisie.
54:20Tout à fait.
54:20Tout à fait.
54:20C'était un coup d'État bancaire.
54:22Oui.
54:24Voilà.
54:24c'est ma réponse.
54:26Elle peut paraître
54:26un peu plus longue
54:28et un peu chamboulée
54:29par rapport à la question.
54:32Tout à fait.
54:33Tu répondais
54:34à ma question suivante
54:35de toute façon.
54:36Donc,
54:36tu peux y aller.
54:37C'est d'avoir
54:38une forme de matrice idéologique
54:39à laquelle tout le monde
54:41peut adhérer.
54:42Et après ça,
54:43on pourra avoir
54:44des dissensions
54:45au niveau économique,
54:46c'est-à-dire des luttes
54:47des classes,
54:48des dissensions politiques
54:49ou des dissensions religieuses.
54:50On gardera quand même
54:51cette espèce
54:52de matrice nationale
54:53et de consensus national.
54:55Donc,
54:55en fait,
54:55ce qu'il faudrait,
54:56c'est que peut-être
54:57que la monarchie elle-même
54:58prenne un virage
55:00parce qu'il y a eu,
55:01comme tu l'as dit,
55:03les années de plomb,
55:04puis il y a eu
55:05une sorte d'ouverture
55:07à un libéralisme monarchique.
55:09Mais ce libéralisme
55:12pose aussi
55:13des problèmes
55:13à la société
55:15et aussi
55:16à la monarchie
55:17puisqu'en fait,
55:17on a un libéralisme
55:19dans lequel s'engouffre
55:20une haute bourgeoisie,
55:22même une très haute bourgeoisie
55:24quasiment oligopole,
55:25comme bien représentée
55:27par Arneusch
55:27et tout son entourage.
55:29et tout son entourage.
55:32Et donc,
55:32peut-être que c'est
55:33comme un mouvement
55:34de balancier.
55:35Il y aura nécessairement
55:36à l'avenir
55:37peut-être un nouveau virage
55:41non libéral
55:42ou alibéral
55:43ou je ne sais pas
55:45ou illibéral.
55:47Peut-être qu'il faut
55:49déjà préparer
55:49le terrain
55:50sur le plan intellectuel
55:51idéologique
55:52à ce futur tournant
55:55pour qu'il soit
55:56le plus subtil possible,
55:58qu'il évite
55:59l'exacerbation
56:02des fractures
56:05et qui s'embriquent
56:07parfaitement
56:07avec des réformes
56:09économiques
56:10et sociales
56:10qui commencent
56:11à être engagées
56:12après les manifestations
56:13aux jeunes âtes
56:14parce qu'au final,
56:16ce qui va permettre
56:17la pérennité
56:18de la monarchie
56:20et donc la pérennité
56:21du Maroc
56:23et la cohésion
56:24à la fois territoriale
56:26et sociale du Maroc,
56:27c'est les deux.
56:28C'est-à-dire
56:29un mouvement
56:31idéologique
56:32qui accompagne
56:33une évolution
56:34économique
56:34et sociale,
56:35des réformes
56:36économiques
56:37et sociales
56:37pour éviter
56:38que le tournant
56:39idéologique
56:39soit en contradiction
56:41avec la réalité
56:42économique
56:43et sociale.
56:44C'est ce que je pense
56:45et je crois
56:47qu'il y a
56:47un chantier,
56:49un gros chantier,
56:50un gros chantier
56:51intellectuel
56:52et je suis certain
56:53qu'il y participera.
56:55qu'on y participera
56:57tous.
56:58Oui,
56:58avec grand plaisir.
56:59Est-ce que tu as
57:00un dernier mot
57:00avant qu'on skie ?
57:02Alors,
57:02moi,
57:02personnellement,
57:03je crois que j'ai fait
57:04mon petit monologue
57:05sur la modernité
57:06qui,
57:06pour moi,
57:07était important
57:07et je crois que,
57:08pour moi,
57:09c'est ce qui était
57:10le plus important
57:11à dire.
57:11C'était mon dernier mot
57:12et mon dernier mot
57:14n'est pas sur le sujet,
57:15c'est de te remercier
57:16de m'avoir invité
57:16et pour l'intérêt
57:17que tu as porté
57:17au travail
57:18de Marocrypto
57:20et je tenais aussi
57:21à saluer
57:22ton boulot.
57:23Merci.
57:24Tu fais du très,
57:25très bon boulot,
57:26vraiment,
57:26c'est un boulot
57:27de référence
57:28et c'est un vrai,
57:30véritable plaisir
57:31de te passer
57:32chez toi
57:32dans ta chambre.
57:33Merci,
57:34avec grand plaisir.
57:35Alors,
57:36avant qu'on se quitte,
57:37n'oubliez pas,
57:38dans la description
57:38de la vidéo,
57:40vous retrouverez un lien
57:41qui vous renverra
57:42vers Marocrypto
57:43pour pouvoir lire
57:45le dossier
57:46et même vous abonner
57:47à Marocrypto.
57:48Donc,
57:48c'est un hebdomadaire
57:49francophone.
57:50Pour ce qui est
57:51de la chaîne,
57:51n'oubliez pas
57:52de la soutenir
57:52via Tipeee,
57:53via Paypal,
57:53via Patreon
57:54et aussi Substack.
57:55Vous trouverez un lien
57:56Substack pour vous abonner
57:57parce que cette semaine,
57:58je publie un nouvel article
58:00sur Substack
58:01dont le titre est
58:02« Les Etats-Unis et Israël
58:04contre les Etats-civilisations ».
58:06Et ce n'est pas éloigné
58:07du sujet qu'on a abordé
58:09puisqu'on peut intégrer
58:10le Maroc
58:11à la liste
58:12des Etats-civilisations.
58:14Ça sera peut-être
58:15l'objet
58:15d'une future émission.
58:18Donc,
58:18je te remercie.
58:19Ard-Sanad Narimi
58:21pour être revenu.
58:23Et je vous dis à tous
58:24à mercredi prochain,
58:2518h,
58:26si Dieu veut.
58:26« Les Etats-Unis et Israël contre les Etats-Unis »
58:30« Les Etats-Unis et Israël contre les Etats-Unis et Israël contre les Etats-Unis »