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00:00Vous êtes de plus en plus nombreux à vous faire avoir par de faux conseillers bancaires.
00:04On a beau le savoir, mais ces arnaques continuent d'exploser.
00:08Du patron d'entreprise à la personne âgée en passant par les étudiants,
00:12tous les profils sont touchés par ces arnaqueurs aux méthodes de plus en plus sophistiquées.
00:17Laurence Nahon, Océane Labalette.
00:20Pour Marie Nouaille, l'arnaque commence par un texto
00:23qui semble être envoyé par sa banque
00:26et qui reprend tout le vocabulaire bancaire.
00:30Un paiement de 819 euros est en cours depuis votre compte.
00:33Si vous n'êtes pas à l'origine de cette opération,
00:35veuillez contacter immédiatement le centre d'opposition.
00:38Le message est alarmant.
00:39Elle compose donc le numéro prétendument d'urgence.
00:42Au bout du fil, un homme répond.
00:45Il se présente comme conseiller de sa banque.
00:48Il dispose déjà de nombreuses informations sur elle.
00:52Et là, j'ai un monsieur très gentil qui me dit
00:54« Ah, vous êtes madame un tel, très bien.
00:57Ah, je connais très bien votre conseillère. »
00:59Et je dis « Là, il y a un achat. »
01:00Il me dit « Effectivement, mais il y a eu beaucoup d'autres achats de faits.
01:05Il y a eu un virement à la Western Union,
01:07il y a eu un virement à l'étranger. »
01:08Et il y a eu « Ah bon ? »
01:09Je me suis complètement étonnée.
01:11Écoutez, madame, ne vous inquiétez pas.
01:13On va s'occuper de vous.
01:15Pendant une heure et demie, le faux conseiller bancaire referme le piège sur sa victime
01:19et finit par lui demander ses codes secrets pour soi-disant arrêter les dépenses frauduleuses
01:24inventées de toutes pièces.
01:25« Ce que je trouve pervers dans l'histoire, c'est que vous avez vraiment l'impression
01:29d'être avec un conseiller qui vous aide. »
01:32Et un discours très, très rodé.
01:34Il vous met en confiance.
01:36Et toutes les minutes, ne quittez pas, je vais voir, ça y est, les choses avancent.
01:39On a trouvé une fraude, on a pu arrêter.
01:42Et puis, entrecoupez de ça, des petits mots gentils, des petites phrases gentilles sur vous,
01:48sur votre famille, sur sa famille.
01:49Ce qui fait qu'après, vous ne vous méfiez plus de rien. »
01:52Le faux conseiller bancaire demande à Marie Noaille de couper sa carte bleue
01:55pour, dit-il, la rendre inactive.
01:58Un coursier est envoyé à son domicile pour la récupérer.
02:02Avec, les escrocs tentent de faire 11 000 euros d'achat dans une boutique de luxe, en vain.
02:08Mais ils parviendront à prélever 6 000 euros de son compte,
02:10que la banque refusera de rembourser.
02:12« Si les débits ont été faits par votre faute, et notamment donner son code,
02:16vous êtes fautif, eh bien ils ne vous remboursent pas. »
02:20À la police judiciaire de Paris, une brigade spécialisée enquête sur ces fraudes aux faux conseillers bancaires.
02:26Depuis 3 ans, elles explosent.
02:29« Donc par rapport aux victimes, on a pris connaissance et on les a tout appelées. »
02:34Et parfois, les escrocs ne se contentent pas de siphonner les comptes bancaires de leurs victimes.
02:39Ils les dépouillent complètement.
02:42« Le faux conseil bancaire va indiquer qu'il y a un risque de cambriolage.
02:47Cela justifie pour lui l'envoi d'un coursier, coursier qui va récupérer l'ensemble des valeurs.
02:52Ça peut être des œuvres d'art, des bijoux, l'ensemble de l'épargne liquide que vous avez à domicile.
02:59»
03:00Mais alors, comment l'arnaque est-elle possible ?
03:02Le plus souvent, des équipes de hackers piratent les serveurs des banques et récupèrent les données des clients.
03:08Puis ils les revendent à des escrocs qui, grâce à des petits logiciels,
03:13usurpent les numéros de téléphone des banques pour appeler leurs victimes.
03:16En quelques minutes, sur le Dark Web, nous avons retrouvé leurs échanges.
03:20Ici, l'annonce d'un escroc.
03:22« Qui peut me fournir des bases de données avec Iban et Bic dedans ? »
03:26Comprenez des codes de compte et des codes de banque.
03:29Là, la proposition d'un hacker qui vend des données clients d'une banque française.
03:33« Crédit mutuel, nom complet, adresse, date de naissance, info bancaire, Iban. »
03:40Thibaut Martinez Delquerrou est journaliste.
03:43Lui aussi a été victime d'un faux conseiller bancaire.
03:45Pendant un an et demi, il a enquêté pour savoir qui se cachait derrière ces arnaques.
03:50« Aujourd'hui, il y a tout type de profil du narcotrafiquant
03:53qui a pris des risques pendant des années en vendant de la drogue
03:56et qui a envie de se mettre à un autre business.
03:58Ça peut aussi être un étudiant qui a un casier judiciaire vierge
04:02qui a envie d'arrondir ses fins de mois et se faire 3, 4 000, 5 000 euros cette semaine
04:06-là.
04:07Et en fait, il existe les mêmes formations en vente sur Telegram, sur Internet, sur le Dark Web
04:13pour maîtriser tous les codes d'un vrai conseiller bancaire. »
04:19Partout en France, chaque mois ou presque, des escrocs sont identifiés.
04:24Des réseaux criminels très structurés ou des petites équipes aux méthodes artisanales.
04:30Début janvier, un faux conseiller condamné à 3 ans de prison ferme par le tribunal de Paris.
04:35Il avait soutiré 100 000 euros à ses victimes.
04:40Octobre dernier, le tribunal de Grasse jugeait un coursier.
04:44Un an de bracelet électronique pour le jeune homme de 19 ans.
04:47Sa sœur affirme qu'il a été dépassé.
04:50« C'est plus une question de fréquentation et de vouloir faire de l'argent rapide
04:57dû à ses échecs au niveau de ses recherches d'emploi.
05:00Il y a une offre qui s'est présentée.
05:01Pour lui, c'était une offre.
05:02Donc il ne s'est pas rendu compte de la gravité.
05:04Et je l'ai très bien vu.
05:06Il s'en rend compte et il est prêt à y remédier. »
05:11Les victimes, elles, sont toujours plus nombreuses.
05:13Mais là encore, pas de profil.
05:15Elles sont de partout en France.
05:17Toutes professions confondues.
05:19Un banquier et un policier bordelais arnaqués il y a peu.
05:22Et même Dominique Strauss-Kahn.
05:25Et le juge antiterroriste Jean-Louis Bruguière, floué.
05:28Dans ce cabinet d'avocats qui défend les victimes,
05:31les dossiers de faux conseillers bancaires
05:34représentent un tiers de l'activité totale.
05:37« Peut-être que l'imaginaire collectif pense que ce sont des personnes plutôt âgées.
05:41En réalité, ce n'est pas du tout le cas.
05:43Ce sont des personnes de tous âges.
05:44Ça peut être des étudiants, ça peut être de jeunes actifs.
05:48Et malheureusement, tous les profils peuvent se faire avoir aujourd'hui
05:51compte tenu de la sophistication de ces escrocs. »
05:55De leur côté, les banques multiplient les campagnes de sensibilisation
05:58pour prévenir des dangers.
06:00Elles renforcent aussi les systèmes de sécurité
06:02avec par exemple un double code de validation pour chaque paiement.
06:07Mais parfois, ce sont de vrais salariés des banques.
06:10En interne, qui sont corrompus par les escrocs
06:12et qui peuvent faire fuiter des données de clients.
06:16La réponse est alors sévère.
06:18« C'est effectivement quelques personnes
06:20qui se laissent tenter par l'argent facile.
06:22Il y a des services d'inspection.
06:24Il y a également une surveillance des outils.
06:27Donc une activité anormale sur un outil de la banque,
06:30elle est repérée.
06:31Les personnes sont sanctionnées.
06:32Elles sont licenciées. »
06:34En 2024, la fraude par manipulation représentait 382 millions d'euros en France.
06:41Si vous recevez un texte ou un appel de votre banque,
06:44gardez toujours à l'esprit qu'un vrai conseiller bancaire
06:47ne vous demandera jamais des codes ou des informations personnelles par téléphone.
06:53Et le grand format du 20h est consacré ce soir
06:56à la grande révolution des banques, justement.
06:58Moins de distributeurs, moins d'agences
07:00et des banques en ligne de plus en plus agressives.
07:03C'est justement la nouvelle banque
07:04qui fait trembler les mastodontes traditionnels.
07:07Révolut, une banque sans agents,
07:10100% numérique
07:11et qui promet de casser les prix.
07:13Enquête sur un phénomène
07:14et sur les limites de ce modèle
07:16avec Ambroise Boulays,
07:18Maëlie Septembre
07:18et Périne Aubert.
07:21Pour ses billets de transport en commun,
07:24sa pause déjeuner,
07:26« Je vais prendre un sandwich crudité, s'il vous plaît. »
07:29ou un retrait au distributeur,
07:31Stéphanie Ménard dégaine sa carte Révolut,
07:33une banque en ligne
07:34qu'elle a adoptée il y a bientôt 10 ans.
07:36« C'est ma carte de tous les jours.
07:38On est obligés d'avoir un autre compte bancaire
07:39parce que pour faire des encaissements d'espèces ou de chèques,
07:43on ne peut pas le faire avec Révolut pour le moment.
07:45Mais sinon, oui, j'utilise quasiment que ma Révolut. »
07:48Dans la formule gratuite,
07:50les retraits sont limités à 200 euros en liquide par mois.
07:53Pas de chéquier ni de découvert autorisé,
07:55pas non plus d'agence ni de conseiller.
07:58Elle gère tout depuis son téléphone.
08:00En contrepartie,
08:01pas de frais de tenue de compte,
08:03pas de commission d'intervention
08:04et des paiements à l'étranger sans frais
08:06jusqu'à certains plafonds.
08:08Dans une banque classique,
08:09ces services coûtent souvent plusieurs dizaines d'euros par an.
08:13Alors cette cliente en est certaine,
08:14elle fait des économies.
08:16« Les seuls frais que vous avez,
08:18c'est quand vous voulez une carte physique,
08:20il y a les frais d'envoi de la carte,
08:22mais sinon il n'y a pas de frais.
08:23Ça a cassé tous les codes bancaires en France. »
08:26Ces dernières années,
08:28Révolut s'envole sur le marché des banques en ligne.
08:31L'application revendique 70 millions d'utilisateurs dans le monde,
08:35dont 7 millions en France,
08:36où sa croissance est fulgurante.
08:38Passée devant Hello Bank et Fortuneo en nombre de clients,
08:42elle talonne à présent Bourse aux banques,
08:44filiale de la Société Générale.
08:46La start-up financière la plus valorisée d'Europe
08:49a dégagé 1,5 milliard d'euros de bénéfices l'an dernier.
08:53Alors comment Révolut parvient-elle à gagner de l'argent
08:56tout en cassant les prix ?
08:58Au siège à Londres,
08:59le directeur des activités bancaires du groupe
09:02avance un premier choix stratégique pour réduire les coûts.
09:05« Nous donnons la priorité au télétravail,
09:08même si nous avons de très beaux bureaux.
09:10Peu importe où les équipes se trouvent,
09:12ces gens travaillent avec des collègues en Inde, en Espagne, en Pologne,
09:16et que vous soyez haut placé ou non,
09:18tout le monde s'installe au milieu de l'open space. »
09:21Deuxième levier, l'automatisation.
09:24Grâce à la technologie et l'intelligence artificielle,
09:26l'entreprise nécessite moins de personnel qu'une banque classique.
09:30Ce salarié en sait quelque chose.
09:31Il y a moins d'un an, il exerçait dans une banque traditionnelle.
09:35« Dans mon précédent poste,
09:38nous étions 200 à travailler sur les paiements de gros montants.
09:42Ici, nous sommes une douzaine seulement,
09:44pour plus de clients et dans bien plus de devises.
09:46Les banques traditionnelles aimeraient faire pareil,
09:48mais pour elles, changer de cap,
09:50c'est comme manœuvrer un pétrolier. »
09:53Prochain objectif pour Révolut,
09:55obtenir une licence bancaire en France,
09:57qui lui permettrait par exemple
09:59de proposer des crédits immobiliers à ses clients français.
10:02« Être implanté localement inspire confiance.
10:06Or, nous voulons que les Français aient suffisamment confiance
10:09pour faire de notre application leur banque principale. »
10:13Gagner la confiance des clients,
10:15c'est encore l'un des principaux défis,
10:17car sur Internet, certains se plaignent.
10:20« Service catastrophique. »
10:25Cette cliente anglaise a fermé son compte
10:28après une transaction frauduleuse
10:29qui lui a coûté 1250 euros.
10:32Par tchat, elle n'a obtenu que des réponses standardisées,
10:36insatisfaisantes selon elle.
10:38« Au début, on se dit que c'est une banque comme une autre,
10:40qu'il va y avoir un vrai service client,
10:42mais on n'a jamais pu parler à personne au téléphone. »
10:46Contacté, Révolut assure qu'aucune banque européenne
10:48n'aurait remboursé la transaction frauduleuse
10:50dans ce cas précis, mais reconnaît que son service client numérique
10:54n'a pas été à la hauteur.
10:55Nous avons présenté ses critiques au directeur bancaire.
10:58Il assume l'absence d'assistance téléphonique
11:01et de prise en charge personnalisée.
11:04« Une approche humaine sur mesure
11:06ne peut pas se répliquer à grande échelle.
11:08Un modèle très intensif en main d'œuvre coûterait cher
11:11et ça ferait grimper le prix pour le client final. »
11:17Révolution bancaire pour les uns,
11:19service déshumanisé pour les autres.
11:21Ce modèle est-il celui de la banque du futur ?
11:24Révolut vise 100 millions de clients en 2027.
11:30Prendre sa voiture et faire des kilomètres
11:32pour tirer de l'argent liquide,
11:33vous l'avez sûrement vécu,
11:35la galère pour trouver du cash.
11:37Il faut dire que le nombre de distributeurs
11:39ne cesse de baisser.
11:4011 000 distributeurs ont fermé depuis 2020
11:43dans tout le pays.
11:44Alors comment éviter que nos communes
11:45se transforment en désert bancaire ?
11:47On voit ça avec Lucie Berbet,
11:49Théo Souman et Antoine Morel.
11:52Dans ce village de la Creuse,
11:54500 habitants et aucune banque
11:56ni distributeurs de billets.
11:58Alors quand on ne peut pas payer par carte
12:00comme auprès de ce producteur de légumes,
12:02les espèces sont encore indispensables.
12:04Et quand on n'en a pas,
12:06on peut en faire.
12:07Même pour quelques euros.
12:09À Faux-la-Montagne,
12:10ce n'est pas si facile que ça
12:11d'avoir des espèces.
12:12Il faut anticiper quoi.
12:14Car pour aller retirer,
12:15les habitants n'ont pas d'autre choix
12:17que de prendre la voiture.
12:19Véronique Descoeurs doit faire 12 kilomètres
12:21sur cette route de campagne
12:22pour se rendre au distributeur le plus proche.
12:26Après 18 minutes de route,
12:28nous voici arrivés à La Poste.
12:31Alors elle n'hésite pas à retirer de grosses.
12:34Je retire l'espèce pour une semaine ou deux.
12:38Je vais retirer quand même un peu plus
12:40pour ne pas avoir à le faire à chaque fois.
12:43Le nombre de distributeurs de billets
12:45ne cesse de baisser.
12:46Ces six dernières années,
12:4811 000 automates ont fermé à travers le pays.
12:50En cause notamment le coût de fonctionnement
12:52pour les banques,
12:54chaque distributeur coûte jusqu'à 32 000 euros par an.
12:57Alors trois d'entre elles,
12:59BNP Paribas,
13:00la Société Générale
13:01et le Crédit Mutuel,
13:03se sont associés pour créer
13:04un point de retrait unique
13:05nommé Cash Service.
13:07Dans cette commune des Bouches-du-Rhône,
13:09un distributeur sera bientôt installé
13:117 ans après la disparition du dernier guichet.
13:14Donc c'est ici que se tiendra
13:16l'emplacement du futur distributeur
13:19automatique de billets
13:20que nous fournira Cash Service.
13:22La commune devra débourser 20 000 euros
13:24pour la construction d'un local.
13:26Mais le maire l'assure,
13:27le coût de fonctionnement sera quasi nul
13:29dès 500 retraits par mois.
13:31Pour moi, c'est un service public.
13:32Il y a un service public bancaire
13:33qui se justifie
13:34et la commune est là
13:35pour satisfaire les administrés.
13:37La demande est forte.
13:38Les administrés,
13:39les touristes,
13:40les commerçants.
13:42Accolés aux futurs points de retrait,
13:44cette boulangerie
13:45attend son installation
13:46avec impatience.
13:47Certains clients demandent
13:49s'il n'y a pas un distributeur
13:50dans les parages.
13:51Donc c'est vrai que leur dire non,
13:52vous devez aller là-bas
13:53dans d'autres villages
13:54et les amener loin
13:55alors qu'il y a un immense parking
13:56juste à côté,
13:57c'est un peu stupide, c'est vrai.
13:58Donc oui, c'est une excellente nouvelle.
14:00En Vendée,
14:01cette commune a sauté le palais
14:03été dernier.
14:04Ce guichet Cash Service
14:05a remplacé l'ancien distributeur.
14:07Les clients des 3 banques partenaires
14:09peuvent ici y retirer sans frais.
14:10Excellent.
14:11Service de proximité,
14:12on a besoin de ça.
14:14On a toujours besoin
14:15d'espèces pour les petits achats.
14:17Les petits achats, justement,
14:19se font pour beaucoup
14:20dans cette supérette
14:21située juste en face.
14:22Oui, comme ça, très bien.
14:23Pour le gérant,
14:24la présence d'un distributeur
14:25en centre-bourg
14:26est indispensable
14:27à l'avis de la commune.
14:28Si demain,
14:29ils nous enlèvent le distributeur,
14:30ce qui va se passer,
14:31les clients,
14:32ils iront chercher de l'argent
14:34à Jard,
14:34c'est-à-dire au U,
14:35ils iront faire leur course
14:36au U en même temps
14:37et ils ne s'arrêteront plus chez nous.
14:39Le fait de retirer
14:40un distributeur,
14:40c'est la mort des petits commerces
14:42et donc c'est la mort
14:42de la ville, concrètement.
14:45Si la carte bancaire
14:46est devenue
14:46le moyen de paiement
14:47privilégié des Français,
14:49près d'une transaction
14:50sur deux
14:51s'effectue encore
14:52en argent liquide.
14:53Merci beaucoup.
14:54Et puis, il y a un pays
14:55qui est peut-être
14:56précurseur
14:57de ce qui nous attend,
14:58ce sont les Pays-Bas,
14:59les Pays-Bas
14:59où il n'y a presque
15:00plus aucune agence bancaire.
15:02Tout est digitalisé
15:04et quand vous n'arrivez plus
15:05à faire vos opérations en ligne,
15:07eh bien,
15:07ce sont les conseillers bancaires
15:08qui se déplacent
15:09chez vous,
15:10à votre domicile.
15:12Reportage,
15:12Valérie Astruc,
15:13Flavie Motila.
15:15Aux Pays-Bas,
15:17ce sont les banques
15:18qui se déplacent
15:19chez les clients
15:19et non l'inverse.
15:21Bonjour.
15:22Bonjour.
15:23Ça va ?
15:24Ben non,
15:25sinon je ne vous aurais pas appelé.
15:27Il y a plusieurs années,
15:29cette conseillère bancaire
15:30a vu les guichets
15:31disparaître
15:32au profit du numérique.
15:34Aujourd'hui,
15:35elle rend visite
15:36aux clients
15:36qui ont du mal
15:37à faire leurs opérations en ligne.
15:40Là,
15:40vous rentrez
15:41votre numéro de compte.
15:43Et après,
15:44je clique,
15:44c'est ça ?
15:45La plupart de sa clientèle
15:46se débrouillent
15:47sans agence bancaire.
15:49Seulement
15:494 personnes
15:50à visiter chaque mois
15:51comme ce retraité
15:53de 82 ans.
15:54Pour lui,
15:54la quasi-disparition
15:56des agences bancaires
15:57est un changement
15:57qu'il a du mal à suivre.
16:00Les agences bancaires
16:01sont toutes parties.
16:03Avant,
16:04il y en avait plein.
16:07Du coup,
16:08je suis obligé
16:09d'appeler ma banque
16:09et c'est comme ça
16:10que cette dame
16:11est venue me voir.
16:14Les Pays-Bas
16:15sont-ils en train
16:16de devenir
16:16un désert bancaire ?
16:18En 15 ans,
16:20le nombre
16:20de banques physiques
16:21a été divisé
16:22par 5,
16:23soit
16:244 agences
16:25pour 100 000 habitants.
16:27En France,
16:2849 pour 100 000.
16:29C'est 10 fois plus.
16:31Or,
16:32une grande majorité
16:33de néerlandais
16:34s'en satisfait.
16:35Non,
16:36je ne suis jamais
16:37allée à ma banque.
16:38Je ne sais même pas
16:39où elle est.
16:41Tout est numérisé.
16:42Les agences ne me manquent pas.
16:43Les rares agences bancaires
16:45qui restent,
16:45les voici.
16:47Elles ont complètement
16:48changé de modèle.
16:49À la place
16:50de l'ancien guichet,
16:51un bar.
16:52Si vous voulez un café,
16:53on vous le prépare ici.
16:55Avant,
16:56on travaillait
16:56derrière le guichet
16:57et ça créait
16:58de la distance
16:58avec les clients.
16:59On pense qu'on peut avoir
17:01une meilleure conversation
17:02si on est plus proche
17:03du client.
17:03Ici,
17:05seulement les grosses opérations
17:06sont traitées,
17:07par exemple,
17:08les crédits.
17:09On y entre
17:09sur rendez-vous.
17:10Une formule moins coûteuse
17:12que des agences
17:13à chaque point de rue.
17:14Les clients
17:15semblent résigner.
17:18On est dans un monde
17:19numérisé.
17:21Donc,
17:22pas le choix.
17:23Mais c'est encore possible
17:25de rencontrer quelqu'un
17:26ou d'appeler.
17:28C'est ce que je préfère.
17:30Dans ces nouvelles agences,
17:31les distributeurs
17:32de billets
17:33ont disparu.
17:34On les trouve toujours
17:35dans la rue,
17:36mais surtout
17:37dans les commerces,
17:38comme cette librairie.
17:39J'aurais besoin
17:40d'une information
17:41de la banque,
17:41c'est possible ?
17:43Dans sa boutique,
17:44le libraire héberge
17:45non seulement
17:46un distributeur,
17:47mais il gère aussi
17:48un point de contact
17:49pour la banque ING.
17:51Ouverture de compte,
17:52dépôt d'espèces,
17:54virement.
17:55Vous avez votre permis
17:56de conduire ?
17:58Oui,
17:59je l'ai sur moi.
17:59C'est bon.
18:00Tout le personnel
18:01de la librairie
18:02a été formé
18:03pour assurer
18:03ce service bancaire.
18:05C'est une bonne combinaison.
18:07Ça nous rapporte
18:08de nouveaux clients
18:09et la banque
18:10nous paye bien.
18:12On peut aider
18:13n'importe qui
18:14à tout moment
18:15dans notre librairie.
18:17Donc,
18:17je pense que c'est
18:18vraiment la banque
18:18du futur.
18:21Ces points de contact
18:22comme les visites
18:23à domicile
18:23ont été imposés
18:24par les autorités
18:25néerlandaises.
18:26Quand une agence
18:27baisse le rideau,
18:28la loi oblige
18:29la banque
18:30à assurer
18:31un accès physique
18:32aux services bancaires
18:33dans un rayon
18:34de 5 km.