- il y a 6 semaines
Un rendez-vous 100% politique présenté par Gauthier Le Bret du lundi au jeudi de 21h à 22h.
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00:00Bonsoir à tous, la suite de cette soirée spéciale consacrée au dernier jour de Samuel Paty, le combat de sa
00:06sœur pour la vérité.
00:07Vous avez suivi ce documentaire tout à fait exceptionnel pour en parler ce soir.
00:11Thibaut de Montbrial, vous êtes l'avocat de Michael Paty justement qui porte ce combat et président du centre de
00:17réflexion sur la sécurité intérieure.
00:19Bonsoir à vous. Fergan Asyari également, Didier Lemaire, on se souvient évidemment de votre combat, de votre histoire aussi.
00:26Vous aussi, vous avez été victime de cet même islamisme et vous avez dû être exfiltré de votre école.
00:31Et puis, Yohann Uzaï et Rachel Kahn.
00:33Je vais commencer avec vous, maître de Montbrial, puisque vous êtes l'avocat de Michael Paty.
00:38Et une question toute simple pour commencer.
00:41Qu'est-ce qui a changé face à l'islamisme depuis l'assassinat barbare de Samuel Paty ?
00:48Facialement, il y a eu des discours, il y a eu des engagements, il y a eu des effets d
00:53'annonce.
00:53Et dans la réalité, en pratique, sur le terrain, les choses ont beaucoup reculé.
00:58C'est-à-dire que si on fait un point entre le mois d'octobre 2020, la date des faits,
01:05et ce printemps 2026,
01:08on se rend compte que le fait islamiste en France ne fait que prospérer, avancer, galoper.
01:15Il faut peut-être faire une distinction sur le plan de la lutte antiterroriste, c'est-à-dire sur l
01:19'action violente au nom de l'islam.
01:22Eh bien, nous avons des services de renseignement qui sont franchement aussi bons que possible, qui travaillent.
01:27Et ça fait partie des rares champs régaliens sur lesquels le président de la République a, dès 2017, mis des
01:33moyens et réorganisé les services
01:34de façon plutôt efficace compte tenu de l'ampleur du défi.
01:37Mais par contre, concernant la progression de l'idéologie, la situation aujourd'hui est extrêmement préoccupante.
01:45Elle est préoccupante de l'aveu de tous les acteurs de terrain, que ce soit les magistrats, les préfets,
01:52mais également les services sociaux, les enseignants, parce que c'est ce qui nous ramène au dossier.
01:57Et donc, globalement, facialement, on pourrait penser que la situation s'est améliorée,
02:02mais sur le terrain, en réalité, à la reculer.
02:04Oui, puisqu'il y a beaucoup d'enseignants, évidemment, qui s'autocensurent suite à l'assassinat de Samuel Paty.
02:08On a vu la difficulté qu'on avait à nommer une école Samuel Paty, puisque les enseignants ont peur,
02:14les parents d'élèves ont peur, les élèves ont peur, mais ce n'est pas aux parents d'élèves ou
02:17aux enseignants
02:18qu'il faut en vouloir, c'est à l'État.
02:20Que fait l'État face, justement, à cette menace djihadiste et cette menace islamiste ?
02:25Mais l'affaire, les 11 derniers jours de Samuel Paty, puisque c'est de ça dont il s'agit,
02:31démontre de façon terrifiante, glaçante, la faillite et la lâcheté du système.
02:39La menace a été d'abord niée, ensuite édulcorée, ensuite sur le terrain.
02:46Un certain nombre des professeurs dans le collège du Bois d'Holme, où exerçait Samuel Paty,
02:51ont pris position contre lui, ou en tout cas, ont refusé de le soutenir.
02:56Et pour son propre bien et dans son propre intérêt, on lui a demandé s'il ne voulait pas plutôt
03:01s'excuser,
03:02en disant « mais après, ça ne coûte rien de s'excuser, après tout, etc. »
03:05Donc, en fait, c'est tout le système qui a failli.
03:07C'est tout le système qui a failli, pourquoi ?
03:09Par cette forme formidable de lâcheté et de pensée magique,
03:12qu'en mettant les problèmes sous le tapis, les problèmes se régleraient d'eux-mêmes,
03:16alors qu'on est face à une logique prédatrice, on est face à une logique de conquête.
03:19Et la seule façon d'enrayer une logique prédatrice, c'est de montrer une détermination implacable.
03:24Mais ce que je retiens, Maître, c'est que vous nous dites depuis six ans,
03:28depuis l'assassinat barbare de Samuel Paty, l'islamisme a gagné du terrain en France.
03:32Mais oui, et je vous donne un exemple très concret.
03:35Bruno Retailleau, quand il était ministre de l'Intérieur, a pris une décision courageuse
03:39qui consistait à demander la publication d'un rapport que Gérald Darmanin,
03:44quand il était ministre avant lui, avait commandé au service de renseignement sur les frères musulmans.
03:48Ce rapport est un travail vraiment intéressant qui vient corroborer les travaux universitaires de Florence Bergeau-Blacler.
03:56Mais quand ce rapport a été publié, les services de l'État n'ont pas pu s'empêcher de rajouter
04:01une dernière page
04:02avec des préconisations qui sont du préchi-préchat pour atténuer l'effet du réel qui est décrit dans ce rapport
04:10et dont la lecture est incompréhensible quand on a lu le rapport avant
04:14parce que certaines des préconisations vont à l'encontre de ce qui est dans le rapport.
04:17Donc ça veut dire que même quand on essaye de bien faire, il y a toujours quelqu'un dans le
04:21système
04:21qui dit « Ah oui, non, mais il faut faire attention, etc. »
04:24Quand vous parlez avec des Algériens qui sont des réfugiés en France
04:27de la guerre civile du GIA et des atrocités islamistes commises dans les années 2010,
04:33ils sont les premiers à vous dire « Mais il y en a qui me disent
04:37mais Thibault, les Français ici, ils n'ont pas compris ce qui arrive. »
04:41Demander à Kamel Daoud ou à Boilem Sansal de parler des années de plomb en Algérie,
04:46demander aux réfugiés ou aux chrétiens libanais, demander aux gens qui ont vu la Yougoslavie éclater.
04:52C'est ça la réalité.
04:53Alors c'est la prochaine question.
04:55Puisque en six ans, l'islamisme a encore gagné du terrain, quelle est la responsabilité politique ?
05:01Est-ce que c'est de l'aveuglement ? Est-ce que c'est de la lâcheté ? Comment vous
05:05nommez les choses ?
05:05Moi je pense que c'est un mélange des deux.
05:07Vous avez face à l'islamisme les naïfs, les idiots utiles et les collabos.
05:13Et les collabos, ils sont où ?
05:14Les collabos, ils sont à la gauche de la gauche.
05:16Donc les collabos, c'est les gens qui, au sein notamment de la France insoumise,
05:20ont fait le choix stratégique en allant au bout du rapport Terra Nova de 2011,
05:24mais au bout du bout de sa logique, d'aller au bout de la logique qui consiste à dire
05:29« Puisqu'on a perdu l'électorat populaire, il faut récupérer l'électorat d'origine immigrée »,
05:33le bout de cette logique étant, y compris les islamistes.
05:37Ensuite, les idiots utiles, ce sont toutes les bonnes âmes qui n'ont pas compris,
05:41qui minimisent, qui disent « Non mais tu exagères, oui, bon, il y a des problèmes ponctuels,
05:45mais quand même à l'échelle du pays », parce qu'ils n'ont pas les informations
05:48et parce qu'ils ne sont pas confrontés au quotidien.
05:51Et puis les lâches, c'est ceux qui voient le problème et qui refusent de s'y attaquer.
05:57Vous savez, on est un certain nombre sur le plateau à avoir eu des problèmes de sécurité.
06:01Moi, il y a eu un procès la semaine dernière où un des djihadistes les plus dangereux en France
06:05avait dit à quelqu'un d'autre qu'il allait me tuer et il avait envoyé ma photo
06:07à un certain nombre de gens de la djihadosphère.
06:10Donc c'était une affaire très grave et le procureur a même dit à l'audience
06:13qu'il y avait presque un commencement d'exécution du projet.
06:19Parce que vous, vous êtes parmi les résistants.
06:21Vous, vous êtes un résistant, Thibault, de Montréal.
06:22Mais il y a plein de gens qui me disent, et c'est là où je voulais en venir,
06:25qui me disent « Mais Thibault, c'est formidable ce que tu fais.
06:28Mais nous, on n'a pas envie de vivre ta vie.
06:29Moi, ça fait 9 ans que je n'ai pas marché tout seul dans les rues de France.
06:32Toujours avec des policiers. 9 ans.
06:34365 jours par an, le week-end, en vacances, etc.
06:38Mais si on était 10 000, 20 000, 100 000 à faire ça,
06:42on les pulvériserait.
06:44Puisque ça n'aurait plus de sens de s'en prendre à l'un d'entre nous.
06:46Ça, c'est intéressant quand même, votre témoignage, puisque vous nous en parlez ce soir.
06:49Comment on vit sous protection policière quand on se bat au quotidien contre l'islamisme ?
06:52Comment on a une vie de couple, une vie de famille dans ces conditions-là ?
06:55Alors, ils ne vont pas jusqu'à être dans la chambre ou dans la vie de couple.
06:57Bien sûr.
06:58Dieu merci, il reste une intimité.
07:00Pardon de ce trait d'humour, mais le sujet est un peu lourd.
07:02La réalité de la vie sous protection policière,
07:04c'est que vous perdez complètement la spontanéité.
07:06Vous ne pouvez pas décider sur un coup de tête d'aller au resto, d'aller au ciné, etc.
07:11Pendant la vie professionnelle, ça ne change pas grand-chose.
07:13On est juste accompagnés.
07:14Mais pendant les loisirs, les vacances, etc., c'est effectivement très lourd.
07:18Mais j'en reviens...
07:19Et c'est le prix que vous payez pour votre combat ?
07:20Moi, je dis que c'est le prix du combat, mais c'est important que des gens voient qu'on
07:25peut y arriver.
07:26Moi, je n'ai pas l'air particulièrement malheureux.
07:29Je suis très heureux dans ce que je fais, parce que je suis porté par le sens de mon engagement.
07:33Il y a un engagement qui est...
07:34Moi, je suis un héritier, et je ne suis pas le seul, d'une France millénaire
07:38et qui a besoin de continuer à vivre.
07:41Et j'ajoute un point très important.
07:42C'est que cette France millénaire, elle n'est pas simplement composée de gens
07:45qui sont des très vieux Français depuis 20 générations.
07:48Elle peut être composée par des gens qui sont Français depuis quelques années,
07:51par des gens qui sont de couleurs de peau différentes, de religions différentes.
07:56Être Français, adhérer aux valeurs de la France, de la République et de la nation française,
08:00ce n'est absolument pas être nécessairement blanc et catholique.
08:03C'est simplement d'où que l'on vienne et depuis, quel que soit le temps depuis lequel on est
08:09Français,
08:10c'est d'adhérer, de comprendre d'abord ce que c'est que la France.
08:14C'est que quand on vient en France et qu'on devient Français, on s'inscrit dans une histoire.
08:17On devient le maillon d'une chaîne qui nous dépasse et qu'il faut prolonger,
08:21mais dans la même direction.
08:23C'est ça, être Français.
08:24Ça n'a rien à voir avec des idées rances, extrémistes, etc.
08:26Mais pour ça, il faut être capable de se battre.
08:28Alors, il y a eu un procès en appel dans l'affaire qui nous occupe ce soir.
08:32Évidemment, vous étiez l'avocat de Mickaël Paty, également en appel.
08:35Et il y a eu une défense, je vais la qualifier d'absolument dégueulasse,
08:38la défense de Siffréoui, le prédicateur qu'on a vu dans ce documentaire,
08:42qui a participé à la cabale meurtrière contre Samuel Paty.
08:45Et son avocat, Maître Villemin, a eu des mots absolument abominables contre Samuel Paty.
08:51Donc, pour ses sœurs, pour Mickaël Paty, pour Gaël Paty, pour sa maman,
08:54on a encore sali la mémoire, il y a quelques semaines, dans les prétoires de Samuel Paty.
09:00Ça, c'est un point qui est très intéressant, Gauthier Lebray, parce que c'est la première fois.
09:03D'abord, c'est le pire.
09:04Moi, j'ai fait une trentaine de procès entre les premières instances et l'appel,
09:07une trentaine de procès contre les islamistes, même un peu plus,
09:10entre le terrorisme, les diffamations, etc.
09:13C'est le pire procès de ma vie, ce procès en appel.
09:16Pourquoi ?
09:17Parce que les défenses des islamistes sont de plus en plus idéologisées.
09:22Pendant très longtemps, on avait des avocats techniques
09:23qui faisaient de la défense pénale et qui la faisaient avec beaucoup de talent,
09:27plus ou moins de talent, mais qui la faisaient bien.
09:29Mais, depuis quelques années, on voit arriver des avocats qui sont des idéologues.
09:33Et, dans le cas que vous soulignez, ce qui est très grave,
09:36ce n'est pas que tel ou tel avocat ait tenu des propos qui sont navrants
09:41pour rester dans l'euphémisme.
09:43Ce qui est très grave...
09:44Il est allé les justifier sur les plateaux télé ensuite.
09:46Je me souviens, croyez-moi, de tout.
09:49Mais, d'abord, des attaques personnelles dans le prétoire, etc.
09:52Je me souviens et je me souviendrai de tout.
09:53Par contre, ce qu'il faut retenir, ce que les gens qui nous regardent retiennent,
09:57c'est que c'est Frioui, qui avait un vrai sujet juridique
10:02dont il pouvait débattre sur l'association de malfaiteurs terroristes.
10:05Donc, il y avait un champ juridique sur lequel il pouvait se battre.
10:08Il a abandonné le combat sur le terrain juridique et il a fait ce choix.
10:12Et à ma connaissance, c'est le premier islamiste à le faire dans un procès de cette nature,
10:16du sacrifice personnel pour porter la parole hors du prétoire par ses avocats,
10:22pour se victimiser.
10:23C'est-à-dire qu'il s'est présenté auprès d'une partie de la population française,
10:27qui est évidemment la partie radicalisée islamiste,
10:30comme étant une victime du système et de l'islamophobie d'État,
10:34puisque ce sont des mots qui ont été plaidés à l'audience.
10:37C'est gravissime.
10:38C'est-à-dire qu'au lieu d'essayer d'être acquitté et de sortir libre,
10:41il s'est sacrifié judiciairement,
10:43parce qu'évidemment, c'est une défense qui n'avait aucune chance de prospérer,
10:46et il s'est présenté, il a continué à faire le prédicateur par avocat interposé
10:51dans toute la France, à travers les déclarations médiatiques de certains de ses avocats,
10:56et donc il a fait ce choix formidable.
10:58Et pourquoi est-ce que c'est catastrophique ?
10:59Et je finis par là, parce que ça montre qu'il se sent tellement fort
11:04qu'il pense aujourd'hui avoir une chance de peser dans le débat public
11:08en adoptant cette posture islamiste, victimaire,
11:13complètement à rebours de la réalité des faits et de l'horreur des faits,
11:18et de pouvoir faire plaider que ce qu'a fait Samuel Paty,
11:21c'est de la provocation et que quelque part, il l'a bien mérité.
11:24C'est extrêmement inquiétant sur ce que cela nous dit,
11:27de la confiance qui est celle aujourd'hui de certains islamistes en France.
11:30Il y a un discours qui a été repris en partie jusqu'à son avocat
11:34qui s'est sans doute déshonoré dans cette affaire.
11:37Il a été le porte-parole.
11:38Après, quand il est devant sa glace, je ne sais pas ce qu'il pense.
11:41Moi, je sais ce que je pense, mais c'est comme ça.
11:44Il y en aura d'autres.
11:46Parce qu'un dernier mot, il y a aussi de plus en plus d'avocats
11:49qui aujourd'hui adhèrent à la cause islamiste.
11:51Il y a toujours eu des avocats proches des réseaux extrémistes,
11:54des avocats des réseaux basques à l'époque,
11:56certains avocats corses, c'est vieux comme le monde,
12:00des avocats d'extrême droite, parfois dans les années 50.
12:03C'est arrivé dans tous les camps.
12:04Mais là, maintenant, en France, il faut avoir conscience
12:06que nous avons aussi des avocats islamistes.
12:08Si nous sommes réunis ce soir, Maître,
12:09c'est parce que demain, un film très important sort en France.
12:12Il s'appelle L'Abandon, un film de fiction
12:14qui retrace les derniers jours de Samuel Paty,
12:17un film réalisé par Vincent Garang,
12:18avec Antoine Reinhardt, on voit l'affiche,
12:21qui joue Samuel Paty,
12:22un film qui sera présenté aussi demain,
12:24et c'est très important, au Festival de Cannes.
12:27Vous l'avez vu, vous allez nous dire
12:28ce que vous en avez pensé,
12:30et je vous propose de voir déjà la bande-annonce.
12:33J'ai jamais rêvé d'être un héros,
12:35mais que mes cours éveillent une vocation,
12:37ça oui, j'avoue que j'en ai rêvé.
12:40Bonjour, monsieur Paty.
12:42Aujourd'hui, on va faire une étude de cas.
12:44Liberté d'expression, liberté de la presse.
12:46Ça vous dit quelque chose ?
12:47C'est lui faire l'hébdo ?
12:48Exactement.
12:52Pas de blague aujourd'hui ?
12:53Bon, allez, une blague pour Drissot.
12:55Il y a un problème.
12:58Je viens de revoir la vidéo de Lévi,
13:00arrête pas d'augmenter.
13:00Elle est mensongère,
13:01elle donne clairement le nom du collège
13:02et de monsieur Paty.
13:03Il faut la faire supprimer.
13:05Il ne faut pas prendre ça à la légère.
13:07Il faudrait que vous rédigez un rapport
13:08et alerter le service de défense et de sécurité.
13:10Ça ne s'est pas passé comme ça.
13:11Bachelet, elle a menti.
13:12On est complètement derrière.
13:15Tous les jours, je reçois des coups de fil
13:17de menace à la loge.
13:18Vu le contexte, tu nous mets tous en danger.
13:20Je peux quand même dire quelque chose
13:21parce que visiblement, ça tourne dans mon procès.
13:22Je pense que ce serait bon
13:23de faire un bloc autour de lui.
13:24S'ils ont un couteau, je fais quoi ?
13:28Bon, il n'y a aucune raison de paniquer.
13:37Mais jamais j'aurais imaginé
13:38que mon nom entrerait dans les livres d'histoire.
13:46C'est donc Demain dans les salles de France,
13:47Demain au Festival de Cannes.
13:48C'est un film très important.
13:49Il est important que ce film rencontre son public.
13:51C'est un film courageux
13:53qui s'est tourné dans des conditions de grands secrets.
13:56La publication de ce film, l'annonce de ce film
13:58s'est faite dans les derniers moments.
13:59Et vous l'avez vu, Thibaut de Montbréal.
14:01Je ne suis pas quelqu'un qui manifie l'emphase facilement.
14:04C'est époustouflant.
14:06Quand on connaît le dossier par cœur,
14:07c'est époustouflant parce que c'est exactement ça.
14:09Et ce film réussit à restituer,
14:12ce qui est difficile dans une œuvre de fiction,
14:14à la fois la lettre de ce qui s'est passé,
14:17mais la montée des tensions que tous les témoins
14:20ont racontées lors des deux procès.
14:23cette montée.
14:24Et ce film raconte aussi l'ensemble des lâchetés.
14:28C'est-à-dire que rien n'est occulté.
14:31La dureté des islamistes n'est pas occultée.
14:33La lâcheté de certains profs n'est pas occultée.
14:35L'échec des services de l'État n'est pas occulté.
14:37Il y en a pour tout le monde.
14:38Et je peux vous dire que moi, j'incite tous les gens
14:41qui ne connaissent pas bien cette histoire,
14:43qui se posent des questions, qui relativisent,
14:45qui sont peut-être tout simplement curieux,
14:47à y courir et à en parler autour d'eux,
14:50parce que c'est un film absolument essentiel
14:53et qui est porté en plus par une interprétation majestique.
14:56Merci beaucoup, Maître, d'avoir été avec nous ce soir.
14:59Je rappelle que vous êtes l'avocat de Mickaël Paty.
15:01Didier Lemaire, je vais me tourner vers vous
15:03parce que vous avez subi une cabale, vous aussi.
15:06À la différence de Samuel Paty,
15:08fort heureusement pour vous,
15:09elle n'a pas été meurtrière.
15:11Mais vous avez dû être exfiltré de votre école à Trappes
15:14et jusque, donc encore une fois,
15:16à l'assassinat, les choses se sont déroulées
15:19un peu de la même manière.
15:20C'est-à-dire que vous avez subi une cabale
15:22de la part de réseaux islamistes
15:24dans la commune de Trappes
15:25et vous ne pouvez plus, évidemment,
15:26aujourd'hui, enseigner dans des conditions normales.
15:28Oui, alors dans un premier temps,
15:30j'étais sous escorte policière,
15:32c'est-à-dire que j'étais accompagné de mon domicile
15:34jusqu'au lycée et raccompagné chez moi.
15:38Donc là, il y a eu effectivement un changement.
15:41Les renseignements territoriaux, je pense,
15:44pour éviter un nouvel assassinat,
15:45ont fait vraiment leur travail
15:46et je dois dire aussi un grand merci à la police
15:48qui m'a accompagné pendant cette période.
15:51Je me suis senti vraiment épaulé par les policiers.
15:54Et puis dans un deuxième temps,
15:56j'ai vécu moi aussi sous protection policière
15:58et j'ai été démis de mes fonctions de professeur.
16:01Il n'était plus possible d'enseigner dans ces conditions.
16:04La ville était en ébullition
16:06et il se disait que je serais le prochain Samuel Paty.
16:09Est-ce que c'est une victoire des islamistes
16:11qu'un homme comme vous, qui a enseigné toute sa vie,
16:13doit mettre un terme à sa carrière
16:14parce qu'il est menacé par ces mêmes réseaux ?
16:16C'est un échec de la République en tout cas
16:19et c'est un échec politique très grave.
16:22Je pense aussi qu'il faut pointer la responsabilité
16:25de ceux qui nous gouvernent.
16:29Marc Bloch expliquait dans l'étrange défaite
16:33le problème de la responsabilité dans les institutions
16:37et on retrouve ce problème à l'œuvre
16:39dans l'assassinat de Samuel Paty.
16:41Désigner l'institution de manière vague
16:44ou simplement telle ou telle personne du rectorat,
16:47c'est assez problématique
16:48parce qu'en réalité, il y a des décisions à prendre,
16:51il y a des actes à prendre
16:52et ces actes ne sont toujours pas pris.
16:54Pourquoi les islamistes se sont retournés contre vous ?
16:58Pourquoi vous avez subi cette cabale-là ?
17:00Qu'est-ce qui s'est passé pour qu'ils vous ciblent, vous ?
17:03Il se trouve que j'ai enseigné 20 ans à Trappes.
17:06J'étais un professeur, je crois, reconnu des familles,
17:09de mes élèves
17:11et après les attentats de 2015-2016,
17:14je me suis beaucoup investi
17:16parce que c'était l'islamisme.
17:17Moi, je n'y connaissais vraiment rien
17:19et je voulais d'ailleurs pas trop me mêler de ces choses-là.
17:22Mais le réel m'a rattrapé
17:24et j'ai commencé à alerter,
17:27à également accompagner mes élèves
17:29dans la difficulté qu'ils avaient à se positionner.
17:31Sommes-nous encore des Français ou non ?
17:34Et je pense que ma lettre dans l'Obs,
17:39qui était un cri d'appel, d'alarme,
17:41après la sessénat de Samuel Paty en novembre,
17:44a déclenché cette ébullition.
17:46Donc, c'est votre soutien à Samuel Paty,
17:48une lettre dans l'Obs
17:49qui a ensuite tourné les regards des islamistes contre vous.
17:53Oui.
17:54Et encore une fois,
17:58finalement, l'accusation d'être un provocateur anti-musulman...
18:02On vous l'a fait aussi.
18:03On me l'a fait.
18:05C'est-à-dire des accusations sous-entendues
18:07de racisme ou d'islamophobie.
18:09C'était ces accusations qui régnaient
18:13dans le collège du Bois d'Olme.
18:17Ce sont les accusations également du rectorat
18:20avec un sous-entendu, évidemment, à chaque fois
18:23et d'une partie de la presse.
18:25D'ailleurs, à l'époque de l'assassinat de Samuel Paty,
18:29on a vu qu'il n'a pas été réellement entendu.
18:33C'est ce que disait Maître de Montbréal.
18:34Pour vous aussi, il y a des collabos face à l'islamisme.
18:37Absolument, oui.
18:37Fergan Asiari, vous êtes l'auteur de l'Islam contre la modernité.
18:41Vous avez regardé le long format.
18:42Vous vous souvenez évidemment de ce qui s'est passé
18:44autour de Samuel Paty.
18:45Quand on entend le discours de Didier Le Maire,
18:46le discours de Thibaut de Montbréal,
18:48est-ce qu'on n'est pas en train de se dire
18:49que l'islamisme pourrait remporter cette guerre larvée
18:54qu'il nous mène en France ?
18:56Quand on voit le constat chirurgical de Maître de Montbréal
19:01qui nous dit que l'islamisme a progressé
19:03depuis l'assassinat de Samuel Paty.
19:05Il a tout à fait raison de dire cela.
19:07Moi, vous savez, j'ai écrit ce livre
19:09« L'Islam contre la modernité » en janvier.
19:11Et j'ai été par la suite contacté par beaucoup de professeurs
19:14qui me disent que sur le terrain,
19:15la situation s'est aggravée en réalité.
19:17C'est-à-dire que le phénomène d'autocensure
19:18qui a été documenté notamment par Jean-Pierre Robin
19:21dans ses rapports et ses publications successives,
19:24ce phénomène d'autocensure s'est aggravé.
19:26C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
19:27la République n'est pas capable d'imposer ses normes
19:30dans un certain nombre de quartiers
19:32où vous avez des professeurs qui sont en effet terrorisés
19:35à l'idée de faire classe normalement,
19:39à l'idée d'enseigner la laïcité,
19:41l'égalité entre les êtres humains,
19:42l'égalité entre les hommes et les femmes,
19:44certains savoirs scientifiques fondamentaux
19:46en biologie, en sciences,
19:47qui font l'objet de contestations de plus en plus grandes.
19:51Le fait effectivement que des personnalités
19:54comme Didier Lemaire et d'autres
19:55sont obligées de démissionner,
19:57de ne plus exercer leurs fonctions
20:00pour ne pas affronter une pression communautaire
20:03est une défaite majeure en effet pour notre pays.
20:07Et en cela, le film sur Samuel Paty
20:10est un film qui est très important
20:11parce qu'il est un fait qui est historique.
20:14C'était la première fois
20:16dans l'histoire de la France moderne
20:19qu'un professeur était assassiné
20:21en raison des cours qu'il dispensait
20:24avec la complicité de certains de ses élèves.
20:28Ça n'était jamais arrivé,
20:30même au plus haut des tensions
20:31entre la Troisième République et l'Église catholique,
20:35tensions qui ont débouché
20:36sur l'expulsion de milliers de religieux à l'époque.
20:41Et ça, on a oublié,
20:42si vous voulez, à quel point...
20:43Si vous voulez, le paradoxe,
20:44c'est que la France, la République française,
20:46s'est montrée beaucoup plus intransigeante
20:48à l'égard de sa propre religion historique
20:51qu'elle ne l'est aujourd'hui
20:52à l'égard d'une superstition bien plus dangereuse.
20:56Et ce qui s'est passé avec Samuel Paty
20:58est aussi le résultat de plus de 20 ans de l'acheter
21:00parce que ça fait plus de 20 ans
21:01qu'on a des publications qui s'accumulent
21:04et qui alertent sur les conséquences,
21:06la dégradation de nos institutions
21:07en raison de l'islamisation de la société.
21:10Il y a eu cet ouvrage,
21:11souvenez-vous en 2002,
21:12« Les territoires perdus de la République »
21:14coordonné par Georges Buensoussan.
21:16Il y a eu le rapport Aubin de 2004
21:18qui avait été à l'époque enterré
21:19par les services de M. Fillon.
21:21Donc là aussi, il faut rappeler
21:21qu'il n'y a pas que la gauche
21:23qui a contribué effectivement en cette situation.
21:25La droite doit faire son autocritique.
21:27Quant au manquement qui fut,
21:31donc ceux de la droite,
21:32il y a eu ensuite l'affaire Mila.
21:35Il y a eu des tas de publications,
21:37des tas de phénomènes anormaux
21:39qui montraient que petit à petit,
21:40en effet, la France perdait du terrain.
21:42Et c'est en ce sens que ce film est salutaire
21:45parce qu'il permet de mettre...
21:48De pointer les défaillances.
21:49De pointer.
21:50Et c'est donc plus remarquable
21:51que le cinéma français peine à traiter le fait islamique.
21:55Il y a quand même un décalage
21:55entre le fait que le fait islamique
21:58est devenu un fait social majeur
21:59de la société française
22:00et pourtant, il n'y a pas beaucoup de films.
22:04En tout cas, la quantité de films
22:07produits sur ce phénomène
22:09restent quand même assez rares
22:12comparé à l'ampleur du phénomène.
22:13Vous avez raison.
22:14Alors, il y a eu un film sur la traque
22:16après le Bataclan, évidemment, novembre.
22:19Mais il se compte sur les dos d'une main.
22:20Pardon ?
22:20Ces films se comptent sur les deux mains.
22:21Vous avez raison.
22:22Mais c'est aussi un mal moderne
22:24qui nous touche depuis, évidemment,
22:26les attentats de Toulouse.
22:28Donc, ça fait aussi peu de temps.
22:30Mais vous avez 100% raison.
22:31Et c'est pour ça que c'est un événement
22:32très important.
22:33Demain, la présentation à Cannes
22:35et la sortie de ce film,
22:36l'abandon, dans les salles de cinéma.
22:39Rachel Kahn, le constat est quand même
22:41saisissant.
22:42Il fait froid dans le dos.
22:43C'est-à-dire qu'en six ans,
22:44l'islamisme a gagné du terrain.
22:46C'est ce que...
22:47Et avec des collabos,
22:48avec un parti politique
22:50qui les a fait rentrer
22:51au sein même de l'Assemblée nationale.
22:53Totalement.
22:53Et avec une méthode extrêmement précise.
22:55Parce qu'avant le passage à l'acte,
22:57avant le terrorisme islamiste physique...
22:59Voilà.
23:00Avant le djihadisme.
23:00Avant le djihadisme,
23:01il y a une idéologie,
23:04une méthode du terrorisme intellectuel
23:06qui vise une seule chose,
23:08à désarmer la République
23:09et à désarmer tous les symboles
23:11de la République.
23:12Les professeurs qui n'arrivent plus
23:13à s'exprimer,
23:14les journalistes qui ont peur
23:15de leur manière de décrypter
23:18les informations,
23:20les juges aussi qui sont menacés,
23:22les maires qui sont menacés
23:24au fronton de leur mairie,
23:25etc.
23:26Donc une méthode extrêmement précise.
23:28Et puis ce mot,
23:29islamophobie,
23:30qui a pénétré l'ensemble
23:31de la société
23:32et que dès que vous êtes là
23:34pour décrypter...
23:35Et qui tue.
23:36Une accusation qui tue.
23:37Absolument.
23:37Décrypter les choses
23:38tout de suite sur les réseaux sociaux,
23:40vous avez une cabale
23:42et on construit des cibles.
23:43Et c'est en cela,
23:44on a eu l'octobre noir
23:47de Samuel Paty,
23:48l'octobre aussi,
23:49on pense à Dominique Bernard,
23:51et puis ensuite l'octobre
23:52du 7 octobre
23:53qui a été aussi une bascule
23:55et une accélération
23:56de cette idéologie-là
23:57qui tue.
23:58Bien sûr,
23:58il y a eu deux victimes
23:59dans l'école de France,
24:02évidemment Samuel Paty
24:02et Dominique Bernard
24:03et nous avons un rescapé
24:04avec Didier Le Maire.
24:06Yohann Uza,
24:07il y a quand même une chose
24:07qui a changé en 6 ans,
24:09c'est qu'il y a un parti politique
24:11qui s'est allié
24:12avec les islamistes
24:13jusqu'à les faire rentrer
24:14au sein même
24:15de l'Assemblée nationale
24:17il y a quelques mois.
24:18Ça n'existait pas ça,
24:19il y a 6 ans.
24:20Il y a deux choses.
24:21D'abord,
24:22si l'islamisme a prospéré
24:23et est en train progressivement
24:25de gangréner le pays,
24:26c'est parce que nos responsables politiques
24:27par l'acheter,
24:28disons les choses,
24:29n'ont pas été capables
24:30de prendre les décisions
24:31qui auraient permis
24:32d'endiguer cette montée
24:33de l'islamisme.
24:34Et puis ensuite,
24:35vous avez raison,
24:36si l'islamisme prospère
24:37et gangrène le pays,
24:38c'est parce qu'il y a
24:38de plus en plus de collabos,
24:40le principal d'entre eux
24:41est d'ailleurs candidat
24:42à l'élection présidentielle.
24:44Mais il faut aussi,
24:46quand on parle d'islamisme,
24:47qu'on parle d'immigration
24:47parce que l'islamisme
24:49n'est pas né
24:50sur le sol de France.
24:51C'est quelque chose
24:52que nous avons importé.
24:53Non seulement nous l'avons importé,
24:55mais nous continuons à l'importer
24:56puisque les flux migratoires
24:58sont loin d'être taris.
24:59Les flux migratoires
25:00sont à un niveau
25:02très très élevé.
25:04Et Emmanuel Macron
25:05n'a pas du tout choisi
25:06de lutter contre cela.
25:07Or, nous savons que
25:08dans le flux de migrants
25:10qui arrivent chaque année
25:12sur le territoire français,
25:13parmi eux,
25:13il y a évidemment
25:15un nombre important
25:16d'islamistes.
25:17Donc nous avons déjà
25:18un problème important
25:19sur le sol
25:20et nous importons
25:21d'autres problèmes
25:22chaque année,
25:23un problème supplémentaire
25:25qui vient s'ajouter
25:26à celui déjà existant.
25:27Donc la situation,
25:28évidemment,
25:28s'aggrave d'année en année.
25:29Est-ce que vous êtes d'accord,
25:30Fagan,
25:30avec le constat
25:31que fait Johan
25:32tant sur la France insoumise
25:34que sur la lâcheté
25:34du gouvernement français
25:36et de ce lien
25:37entre une partie,
25:37bien sûr,
25:38une partie seulement
25:39de l'immigration
25:40et l'islam politique ?
25:41Ce qui est certain
25:42aujourd'hui,
25:43c'est que malheureusement,
25:45les enquêtes sociologiques
25:46montrent depuis maintenant
25:47une vingtaine d'années
25:49que l'islam
25:51produit les catégories
25:53sociales
25:53les plus autoritaires,
25:55les plus réactionnaires,
25:56les plus illibérales
25:57du spectre politique.
25:58Et ce qu'il faut rappeler,
25:59c'est que l'islamisation
26:01de la société
26:01n'est dans l'intérêt
26:02de personne,
26:03en réalité.
26:03Elle n'est pas dans l'intérêt
26:05des Français historiques
26:07et puis elle n'est pas
26:08dans l'intérêt
26:09des nouveaux arrivants.
26:10Et elle n'est même pas
26:10dans l'intérêt
26:11des musulmans non plus
26:11puisque c'est dans
26:12les sociétés non musulmanes
26:14que les musulmans
26:15jouissent des libertés
26:15les plus étendues
26:16et bénéficient de la condition
26:18la plus favorable.
26:20Et donc ça,
26:20c'est aussi un paradoxe
26:21que ces derniers
26:22doivent méditer,
26:23je le crois.
26:24Sur le plan,
26:25effectivement,
26:26migratoire,
26:27on a tout à fait raison
26:28de rappeler
26:28qu'il y a un fait
26:29démographique majeur
26:30qui explique aussi
26:31la difficulté
26:33à lutter
26:33contre l'islam radical.
26:34C'est que dès lors,
26:35effectivement,
26:35que vous avez
26:35des quartiers
26:37où la proportion
26:39d'individus
26:41sensibles
26:41à cette idéologie
26:43est très élevée,
26:44c'est mécaniquement
26:44beaucoup plus difficile
26:45de lutter.
26:46contre cette emprise religieuse.
26:48Et donc là,
26:48il y a effectivement
26:48un sujet
26:49à la fois de régulation
26:51des flux,
26:51un sujet démographique,
26:53un combat culturel,
26:54un combat civilisationnel
26:55qui malheureusement
26:56n'est pas tout à fait
26:57pris au sérieux
26:58à la tête de l'État.
26:59Pour bien saisir
26:59la barbarie
27:00que représentent
27:01l'islamisme
27:01et le djihadisme,
27:02je vous propose
27:02de revoir cet extrait
27:03où Mickaël Paty,
27:05face caméra,
27:06explique le moment
27:07où elle découvre
27:08le corps,
27:09la dépouille
27:09de son frère.
27:11Quand je l'ai vu
27:14sur cette table
27:14en métal froid
27:16avec cet halo lumineux
27:17au-dessus de lui
27:20et des détails
27:21que je ne savais pas
27:22avant de pénétrer
27:23dans cette pièce
27:23et qu'il a été aussi massacré
27:25avec des plaies
27:26délabrantes
27:27au niveau du visage,
27:28ce qui fait que je ne l'ai pas reconnu.
27:31Moi, je suis restée
27:32fixée à le regarder
27:34et ma mère répétait
27:36en boucle
27:37« Ils me l'ont massacré,
27:39ils me l'ont massacré,
27:40ils me l'ont massacré. »
27:44À qui vous en voulez le plus,
27:46Didier Le Maire ?
27:49C'est une question difficile.
27:54Et en même temps,
27:55il faut bien le dire,
27:57moi, j'ai alerté
27:58dès 2018.
27:59Je me suis adressé
28:00au président de la République
28:01avec Jean-Pierre Robin
28:03en expliquant
28:04que les enfants de Trapp
28:06étaient abandonnés
28:07aux islamistes
28:07et qu'ils étaient recrutés
28:09par les islamistes.
28:10J'ai demandé
28:11au président de la République
28:12ce qu'il faisait,
28:13ce qu'il comptait faire
28:14pour ses enfants.
28:15Son directeur de cabinet
28:16m'a répondu
28:17trois mois plus tard
28:18que tout était sous contrôle.
28:21Voilà.
28:22La ville qui a donné
28:23le plus de départ
28:26de jeunes.
28:28Pour le djihad.
28:28Au djihad,
28:29j'avais des élèves
28:29qui téléphonaient
28:30à leurs camarades
28:31raquats quotidiennement
28:33sous mes yeux.
28:34Sous vos yeux ?
28:35Sous mes yeux, oui.
28:36Sous vos yeux,
28:37il y avait des élèves
28:37qui témoignaient
28:38à l'extérieur du lycée,
28:40je le précise.
28:41Qui appelaient
28:42des anciens amis
28:43qui étaient en train
28:44de faire le djihad ?
28:44Bien sûr.
28:45Donc, ces enfants
28:46ont été abandonnés
28:47et ils ont été abandonnés
28:49par nos responsables politiques.
28:50En premier lieu,
28:51le président de la République
28:52et le ministre
28:53de l'Éducation nationale
28:54également
28:55portent une responsabilité.
28:58On ne peut pas
28:58mettre la responsabilité
29:00seulement sur les enseignants
29:01ou même le rectorat
29:02de Versailles
29:03qui a certes failli.
29:04En gardant le reportage,
29:06vous disiez
29:07mettre la responsabilité
29:08sur les enseignants,
29:09c'est dégueulasse.
29:09Oui, c'est dégueulasse.
29:10C'est absolument dégueulasse
29:11et encore aujourd'hui,
29:13les enseignants ont peur.
29:14Pourquoi ont-ils peur ?
29:15Parce qu'ils ne sont pas protégés.
29:17Je peux vous donner
29:17des cas d'enseignants
29:19qui, l'année dernière,
29:21dans la région parisienne,
29:22je ne vais pas donner
29:23le détail des lycées
29:24parce que je ne veux pas
29:26les mettre en difficulté.
29:28Ces enseignants,
29:28ils vont témoigner d'ailleurs,
29:30je crois,
29:31prochainement
29:31dans un de vos documentaires,
29:33mais ces enseignants
29:34sont menacés de mort,
29:35en référence d'ailleurs
29:36à l'assassinat
29:37de Samuel Paty.
29:38Ils reçoivent un courrier
29:40dans leur établissement
29:41et le soir même,
29:42ils ne sont pas escortés
29:44à leur domicile.
29:46C'est parfaitement scandaleux.
29:48Voilà comment sont traités
29:49aujourd'hui
29:50les enseignants
29:50dans notre pays.
29:51Et des cas comme ça,
29:52je peux vous en donner
29:53à l'université
29:56dans le secondaire
29:57et dans le primaire.
29:58Parce qu'il y a la fameuse phrase
29:59« on va te faire
30:00une Samuel Paty désormais ».
30:01Oui, c'est ça.
30:02Et on se souvient
30:02de ce qui s'est passé
30:03avec Fabrice Balanche
30:04qui, à Lyon,
30:06a manifesté son désaccord
30:08suite à des prières
30:10qui étaient célébrées
30:11au sein de l'université
30:13à la fin du Ramadan
30:15et il a été,
30:16quelque part,
30:17lâché par sa direction
30:18dans la presse.
30:19Donc, rebelote.
30:20On ne peut pas
30:21se contenter
30:22d'administrer un pays.
30:24Nous sommes face
30:25à des ennemis
30:26et nous n'avons pas
30:27de projet politique
30:28non plus.
30:29C'est-à-dire que
30:30nos jeunes
30:31qui sont issus
30:32de l'école
30:32ne se sentent pas
30:34liés,
30:35ne se sentent pas
30:36devenir des citoyens
30:37appartenant
30:38à une communauté
30:39de citoyens,
30:40une communauté nationale.
30:41L'école ne joue
30:42plus son rôle.
30:43Il faut aujourd'hui
30:44la refonder.
30:45Non seulement
30:46parce qu'elle n'est plus
30:46performante,
30:48elle est très inégalitaire,
30:49mais parce qu'elle ne remplit
30:50plus ses missions
30:51d'instruction,
30:52ce que faisait
30:53précisément
30:53Samuel Paty.
30:54Samuel Paty,
30:55il apportait
30:57des connaissances
30:58et il mettait
30:58ses élèves
30:59en situation
31:00de réflexion
31:00avec des documents
31:02pédagogiques
31:03validés
31:04par l'éducation nationale
31:05et c'est cela même
31:07qu'on lui a reproché
31:08de remplir sa mission.
31:10Un dernier mot de Rachel.
31:11Non mais justement,
31:12vous avez dit le mot
31:13tout à l'heure,
31:13Gauthier,
31:14guerre larvée
31:15et c'est précisément ça
31:16et le fait que ce soit
31:17l'école qui soit visée
31:18ou les universités
31:20qui soit visée,
31:21c'est tout simplement
31:21parce que notre jeunesse
31:23est une prise de guerre.
31:24Ce qui est finalement visé,
31:26c'est le fait de ne plus
31:27transmettre ces principes
31:29fondamentaux
31:30de la République
31:31et juste pour terminer,
31:33Samuel Paty,
31:33il a été tué
31:34trois fois en réalité.
31:35D'abord socialement,
31:37cette mort sociale,
31:38ensuite physiquement
31:39et encore aujourd'hui,
31:40et vous l'avez rappelé
31:41tout à l'heure,
31:42moralement par les avocats
31:44et le fait qu'on ne puisse
31:45plus célébrer
31:46ou lui dédier
31:47une place
31:48ou une école
31:48et autres aujourd'hui
31:49que son nom
31:50finalement soit oublié
31:51de l'histoire.
31:52Alors pour qu'il ne soit pas
31:53oublié,
31:53il y a un film
31:54et désormais donc
31:55ça consacre
31:57l'immortalité
31:58de Samuel Paty.
32:00Certains se posaient
32:01la question
32:01de la panthéonisation
32:02de Samuel Paty,
32:04l'abandon,
32:04ça sort demain
32:05dans les salles
32:07de cinéma français,
32:08ça sera présenté demain
32:09au Festival de Cannes,
32:10Les 11 derniers jours
32:11de Samuel Paty,
32:13film très important
32:14de Vincent Garanc
32:14avec Antoine Reinhardt
32:16qui interprète
32:16le professeur Martyr.
32:18Merci à tous
32:19pour cette soirée spéciale,
32:21ce long format
32:21et le débrief ensuite
32:23et je vous propose
32:23de nous quitter
32:24en musique
32:25avec Didier Barbe-Olivien,
32:27un titre inédit
32:28où il revient justement
32:29sur le parcours
32:30de Samuel Paty,
32:31ce titre s'appelle
32:31Professeur.
32:34Professeur,
32:35toi qui nous as
32:36toujours appris
32:37que la liberté
32:40a un prix
32:41et qu'elle se paye
32:43de nos erreurs.
32:48Professeur,
32:49ta vie valait
32:50plus que la vie,
32:53est-ce que chacun
32:54l'a bien compris ?
32:56Tu restes vivant
32:58dans nos cœurs,
33:01Professeur.
33:04Professeur,
33:05tu ne connaîtras
33:06jamais l'oubli,
33:09tu t'appelais
33:10Samuel Paty,
33:13pardon pour nos bouquets
33:15de fleurs,
33:19pardon pour nos bouquets
33:22de fleurs.
33:23pour nos bouquets.
33:23Sous-titrage Société Radio-Canada
33:24Sous-titrage Société Radio-Canada
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