- il y a 2 jours
Marylise Spicher, 27 ans, maman de deux filles. En juillet 1983, elle était retrouvée tuée de vingt-neuf coups de couteau, chez elle, à Amiens. A l'époque, l'enquête se concentre sur le cercle familial. Un suspect, de drôles d'aveux puis un non-lieu. Affaire oubliée aujourd'hui ranimée par la fille aînée de la victime. Que raconte ce dossier qu'on croyait perdu ? Marylise Spicher, l'énigme de la rue d'Artois OU un meurtre familial.
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.
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00:0114h15, c'est l'heure du crime sur RTL.
00:05Macabre découverte hier matin dans un appartement, Damien, une jeune mère de famille, Marie-Lise Spicher, 27 ans, retrouvée poignardée.
00:14Elle n'a pas survécu, la sûreté publique est chargée de l'enquête.
00:18Les policiers semblent pour le moment exclure un crime de rôdeur, ils privilégient la piste familiale.
00:25Bonjour, Marie-Lise Spicher, 27 ans, maman de deux filles, retrouvée chez elle à Amiens en juillet 1983, tuée de
00:3429 coups de couteau.
00:36A l'époque, l'enquête se concentre tout de suite sur le cercle familial.
00:40Un suspect arrêté, des aveux, mais en ont lieu, affaire classée, condamnée à l'oubli, jusqu'à ce que la
00:46fille de la victime se mette à chercher la vérité.
00:49Marie-Lise Spicher, un meurtre familial, l'heure du crime, la seule émission Radio 100% fait divers, c'est
00:57tout de suite sur RTL.
01:07Mercredi 27 juillet 1983, 8h30 du matin, Madame Bertomé se présente sur le palier du premier étage d'un immeuble
01:16au 12 de la rue d'Artois, dans le quartier d'Étouvie, à Amiens.
01:21Elle est de passage chez son ex-belle-fille, Marie-Lise Spicher. Celle-ci vit seule avec sa petite-fille
01:27de six mois depuis que son compagnon l'a quittée.
01:30Madame Bertomé vient récupérer quelques affaires de son fils et demander à Marie-Lise s'il y a du courrier
01:37pour lui.
01:38La porte du logement est curieusement restée entre-ouverte.
01:41Personne dans le petit salon, mais Madame Bertomé est saisie d'effroi en entrant dans la chambre.
01:47Le corps ensanglanté de sa belle-fille repose sur le dos, sur le lit.
01:52Marie-Lise Spicher porte une robe de chambre relevée jusqu'en haut des cuisses, un soutien-gorge, mais pas de
01:59culotte.
01:59Dans un petit lit, juste à côté, son bébé est éveillé, très calme.
02:04La petite-fille n'a subi aucune violence.
02:06Les policiers de la Sûreté Urbaine d'Amiens et un médecin légiste sont là.
02:12Le docteur confirme que la victime a été tuée dans sa chambre.
02:17Le décès date de la veille, autour de 22h.
02:20Marie-Lise Spicher a reçu 29 coups de couteau.
02:23Sept au visage, onze au cou, huit sous le sein gauche, en plein cœur, trois à l'arrière du tronc.
02:30Elle porte également des traces de strangulation.
02:32Elle s'est défendue.
02:34Les policiers de la Sûreté et leurs collègues de la brigade criminelle sont surpris par la scène de crime.
02:39Le lit et le sol sont maculés de terre.
02:43Des pots de fleurs ont été cassés, les fils de la chaîne Ify ont été arrachés,
02:48une canette de bière entamée sur la table de la cuisine.
02:51Le sac à main de la victime et les clés de l'appartement ont disparu.
02:55L'arme du crime est introuvable.
03:00Les enquêteurs font du porte-à-porte dans l'immeuble de la rue d'Artois.
03:04Un bâtiment très mal insonorisé.
03:06Personne pourtant ne semble avoir entendu quoi que ce soit.
03:10Le ou les meurtriers se sont acharnés pendant plusieurs minutes sur la victime.
03:14Ils ont certainement fait du bruit et brisé deux pots de fleurs.
03:17Dans l'immeuble, on ne sait rien ou presque de la victime.
03:21Marie-Lise Pichert était employée à l'usine Veglia,
03:24un fabricant de pièces détachées automobiles.
03:27Elle s'occupait de l'emballage.
03:29C'est ici qu'elle a connu Franck.
03:32Mariée déjà deux fois, ensemble ils ont eu leur petite-fille.
03:34Marie-Lise Pichert était déjà mère de Cathy,
03:37six ans, confiée aux grands-parents maternels.
03:39Franck venait de la quitter.
03:41Les policiers apprennent vite que la veille du crime, vers 17h,
03:45Marie-Lise Pichert et ses deux frères ont été vus au barcher Antonio.
03:49Franck, l'ancien compagnon, était dans l'établissement avec sa nouvelle compagne.
03:54Le ton est monté entre lui et les Spichers,
03:57au point que le patron a dû mettre tout le monde dehors.
04:00Les Spichers sont allés boire des verres dans un autre café.
04:03Vers 20h30, 21h,
04:05Albert et Gérard ont conduit leur sœur Marie-Lise
04:09chez la nourrice pour récupérer la petite-fille.
04:12Ils ont ensuite ramené chez elle la mère et son bébé.
04:20Vendredi 29 juillet, Franck, ex-compagnon de Marie-Lise Pichert
04:24et sa nouvelle compagne sont en garde à vue au commissariat d'Amiens.
04:28Franck reconnaît s'être accroché au café avec Marie-Lise
04:32qui ne supportait pas d'avoir été larguée.
04:35Il certifie qu'il n'a pas levé la main sur elle et ne l'a pas menacée.
04:39Après l'altercation, il a passé la nuit chez sa petite amie.
04:42Des témoins confirment, le lendemain matin,
04:44il a embauché à 7h30 à l'usine Véglia.
04:48Il a demandé à sa mère d'aller chez Marie-Lise
04:50qui n'était pas arrivée à son poste de travail.
04:53L'ex-compagnon est finalement mis hors de cause.
04:56Deux femmes confient alors aux enquêteurs
04:59qu'un homme est passé chez Marie-Lise Pichert vers 22h.
05:04Elles ont reconnu l'un de ses frères,
05:06le cadet Gérard.
05:09Il est reparti plus tard sur son vélo-moteur.
05:13Et Gérard, le frère cadet de Marie-Lise Pichert,
05:16va alors retenir toute l'attention.
05:18Il va falloir l'entendre sur la soirée du 27 juillet 1983.
05:22Que faisait-il dans l'appartement de sa sœur ?
05:24La réponse, vous allez le voir,
05:26va être tout à la fois terrifiante et spectaculaire.
05:30Mais est-ce qu'il faut croire cet homme ?
05:31Et bien ça, ça sera à suivre dans le prochain chapitre de l'heure du crime.
05:38Évidemment, on est troublé par cette scène de crime.
05:41Bonjour, Maître Stéphane Dibounge.
05:43Bonjour.
05:44Merci beaucoup d'être avec nous en direct aujourd'hui dans le studio de l'heure du crime.
05:48Vous êtes l'avocat de Cathy Spicher, c'est la fille de la victime.
05:52Vous êtes avocat au barreau d'Amiens.
05:55Un mot, Stéphane Dibounge, sur cette scène de crime qui est tout simplement abominable.
06:01Parce que cette jeune femme, 27 ans, elle a reçu 29 coups de couteau.
06:06On s'est acharné vraiment pour la tuer.
06:09Effectivement, une trentaine de coups de couteau.
06:11Et ce qui rend encore plus abominable la scène de crime,
06:14c'est qu'il y avait un bébé de 6 mois qui était juste à côté,
06:18qui lui a été épargné.
06:20Donc c'est quelque chose d'assez extraordinaire.
06:25Extraordinaire aussi, parce qu'on voit ce que voient les policiers.
06:28Alors on ne comprend pas grand-chose, à vrai dire.
06:30Il y a des pots de fleurs cassés, il y a un peu de la terre un peu partout.
06:34Il y a une espèce de coup de folie qui s'est emparé de cette chambre.
06:39Effectivement, c'est un crime qui a l'air passionnel,
06:43d'abord par le nombre de coups de couteau,
06:45et ensuite par la scène de violence qui a manifestement eu lieu au cours de ce crime.
06:52On frappe au cœur, cette victime.
06:54Ce n'est pas anodin ça, il y a des blessures qui peuvent parler, on le sait, hein maître ?
06:58Effectivement, le fait de frapper au cœur et à multiples reprises peut laisser penser à un ressentiment
07:03de la part de l'auteur du crime.
07:07Bonjour Gautier Le Cardonnel.
07:08Bonjour.
07:09Merci beaucoup d'être avec nous également dans cette heure du crime.
07:12Vous êtes journaliste au courrier Picard, vous connaissez bien cette affaire,
07:17et puis votre journal a beaucoup parlé de cette affaire.
07:18Évidemment, elle a 43 ans aujourd'hui cette affaire, 43 ans de mystère.
07:23Donc, effectivement, on l'a suivi au fil des générations, presque.
07:26C'est exceptionnel en matière de cold case.
07:28Il faut quand même le souligner.
07:29Un mot avec vous, Gautier Le Cardonnel.
07:32La victime, Marie-Lise Pichard, je l'ai dit, elle a 27 ans, une jeune femme.
07:38Qui est cette jeune femme ?
07:42Elle a 27 ans, c'est une jeune amiennoise, une jeune mère de famille, une mère célibataire.
07:48Elle a un bébé à sa charge et elle a une fille aînée qui, à l'époque, a 6 ans.
07:53Elle a depuis quelques mois un appartement où elle vit seule dans le quartier Etouvi,
07:57qui est un quartier populaire à l'ouest d'Amiens.
08:00Au moment du crime, elle est célibataire.
08:03Elle est célibataire au moment du crime.
08:05Maître Stéphane Diboune.
08:07Alors, évidemment, il faut l'évoquer parce qu'il y a des traces de rapports sexuels.
08:11Alors, évidemment, à l'époque, il n'y a pas d'ADN.
08:14On n'est pas du tout dans cette perspective.
08:16C'est assez compliqué de savoir ce qui s'est passé.
08:19Mais on ne parle pas de viol.
08:20On a le sentiment que la jeune femme a eu un rapport sexuel récent,
08:24peut-être avant d'avoir été agressée, c'est ça ?
08:26On a quand même retrouvé du sperme dans le vagin de la victime
08:31et qui s'apparenterait à celui de celui qui était placé en détention provisoire.
08:37On va le voir, évidemment.
08:39Mais le fait est, c'est qu'il y a eu un rapport sexuel récent de la victime.
08:45Effectivement, il y a eu un rapport sexuel.
08:47Alors, la question, c'est est-ce qu'il était consenti ou non ?
08:49Oui, c'est ça.
08:49Et c'est bien la question.
08:51Et vu la scène qui s'est passée après,
08:53il n'est pas évident que ce rapport ait pu être consenti.
08:57Alors, on va avancer encore avec vous, Maître Stéphane Diboune.
09:00Parce qu'effectivement, ce qui se passe va très vite à l'époque.
09:02L'enquête va très très vite.
09:04C'est l'enquête de la police locale et puis ensuite de la brigade criminelle.
09:09On sait qu'il y a eu cette dispute entre Marie-Lise Pichard et son ex-compagnon, Franck.
09:15Tout ça s'est passé dans un bar d'Amiens.
09:18La scène est assez confuse.
09:19Le fait est, c'est que les insultes ont volé.
09:22Et que presque, on en est venu vraiment à s'écharper dans ce bar.
09:28Effectivement, il y a eu une insulte.
09:29D'ailleurs, ils se sont séparés quelques jours avant.
09:33C'est la raison pour laquelle c'est la mère de son ex-compagnon
09:39qui vient récupérer des affaires le lendemain et qui découvre le corps.
09:43C'est parce qu'ils viennent juste de se séparer.
09:45Mais celui qui s'est disputé avec madame Marie-Lise Pichard
09:50a eu un alibi très vite qui a été vérifié.
09:54Alors, c'est Franck, le compagnon.
09:56Lui, il a un alibi.
09:57Il était avec sa petite amie.
09:58Effectivement, on vérifie.
09:59On ne trouve rien.
10:01Il y avait les deux frères aussi qui sont là.
10:03Maître Stéphane Diboune, j'ai un mot là-dessus.
10:05Les deux frères, Albert et Gérard Spichard.
10:10Ils sont là.
10:11Ils entourent leur sœur.
10:12Il y a quelque chose d'étonnant.
10:13C'est que Gérard Spichard, il n'habite pas Amiens à l'époque.
10:15C'est ça, dites-nous.
10:16Il n'habite pas Amiens.
10:17Il est venu quasiment spécialement ce soir-là.
10:20Effectivement, il habite sur Paris à l'époque.
10:23Il ne revenait quasiment jamais sur Amiens.
10:25Et c'est peut-être un hasard ou non.
10:28Mais comme par hasard, ce jour-là, il revient sur Amiens.
10:32Il se mêle de la situation avec l'ex-compagnon de Mme Marie-Lis Spichard.
10:38Mais on sait par la suite qu'il se rendra aussi à son domicile.
10:42On va voir ça, évidemment.
10:44Parce que là, ce garçon, il va devenir intéressant.
10:46Puis c'est vrai qu'il y a des voisines qui l'ont vu dans le coin ce soir-là.
10:51Bonjour, Cathy Spichard.
10:53Bonjour.
10:54Merci beaucoup d'être avec nous également dans l'heure du crime aujourd'hui.
10:58Cathy Spichard, vous êtes la fille aînée de Marie Spichard.
11:02Dès votre adolescence, vous avez commencé à enquêter sur le silence autour de cette histoire
11:06et puis essayer de faire la vérité.
11:09Vous êtes allée vous-même chercher des réponses
11:12parce qu'on vous a longtemps caché les circonstances exactes de la mort de votre mère.
11:18J'ai commencé à poser des questions en grandissant.
11:21Et on m'avait dit que ma mère, elle était décédée.
11:24Mais on ne m'a jamais dit dans quelles circonstances.
11:27Et c'est après, en entendant des choses,
11:29quand j'étais au lycée, que j'ai commencé à aller aux archives
11:32et puis que j'ai vu des articles
11:33et que là, j'ai compris qu'en fait, elle n'était pas décédée naturellement
11:37mais qu'on l'avait tuée, quoi.
11:38Qu'on l'avait tuée.
11:39L'un des frères de la victime de témoin
11:43a suspect numéro 1
11:45Marie-Lise Spichard, meurtre en famille.
11:48Je voulais l'empêcher de tuer sa fille.
11:50Je lui ai jeté un pot de fleurs à la tête.
11:52L'enquête de l'heure du crime.
11:54On se retrouve dans un instant sur RTL.
11:57Tous les jours, toute la journée,
12:01c'est RTL.
12:15Au programme de l'heure du crime, l'affaire Marie-Lise Spichard.
12:19À l'été 83, cette mère de deux petites filles
12:22est découverte poignardée chez elle à Amiens.
12:24Le frère de la victime attire le soupçon.
12:30Mercredi 3 août 1983, huit jours après le meurtre,
12:35Marie-Lise Spichard est enterrée au cimetière de Haï-sur-Somme,
12:39le lendemain des obsèques.
12:41Les enquêteurs convoquent Gérard, 20 ans, le frère cadet de Marie-Lise.
12:45Il a été vu le soir du crime autour de 22h, 22h30, chez sa sœur.
12:51En repartant, une femme se souvient l'avoir vu sur un cyclomoteur.
12:55Elle l'a averti qu'il venait de perdre son antivol.
12:59Il a ramassé l'antivol et a remercié cette femme.
13:02La voisine de palier de Marie-Lise Spichard retrouvait-elle aussi la mémoire le soir du crime.
13:08Un homme voulait entrer chez la victime.
13:11Elle refusait de lui ouvrir.
13:13Il s'agit de son frère Gérard, en garde à vue.
13:17Gérard Spichard tente de garder le silence, puis il se met rapidement à pleurer.
13:23Il reconnaît avoir tué sa sœur.
13:25Il raconte que c'est Marie-Lise qui lui avait demandé de venir chez elle.
13:30Il la trouvait triste et désespérée.
13:33Elle ne se remettait pas du départ de Franck.
13:35Elle parlait de se suicider.
13:37Elle disait qu'elle allait tuer son enfant.
13:39Elle aurait alors soudain tenté de donner des comprimés au bébé.
13:44Le frère a voulu l'en empêcher en lui jetant un pot de fleurs à la tête.
13:48Sa sœur a crié.
13:50Une dispute a éclaté.
13:51Gérard a empoigné un couteau et lui a porté des coups.
13:54Il ne se souvient pas combien.
13:56Il a pris le sac de Marie-Lise, le couteau, les clés de l'appartement, puis il s'est enfui.
14:02Il est rentré chez lui, il s'est changé.
14:05Après une journée de garde à vue, Gérard Spicher est inculpé d'homicide volontaire.
14:11Il est écroué.
14:12Les clés de l'appartement sont retrouvées par des plongeurs en bordure de Somme.
14:18Là où le suspect disait les avoir jetés, l'arme du crime reste, elle, introuvable.
14:27Dimanche 7 août, deux jours seulement après son inculpation, Gérard Spicher se rétracte.
14:33Il demande à être entendu par la juge d'instruction d'Amiens.
14:37Il change de version.
14:39Il évoque désormais la présence de deux hommes cagoulés qui lui ont bandé les yeux.
14:43Des hommes qui auraient violé et tué sa sœur.
14:46Le suspect parle d'un individu avec un blouson en cuir marron.
14:50Il pourrait s'agir de Franck, l'ancien compagnon.
14:53La juge ne croit pas un mot à cette histoire, à dormir debout et qui serait inventée de toute pièce.
15:00Gérard Spicher ne va alors cesser de modifier ses déclarations.
15:05Trois nouvelles versions, toujours plus fantaisistes les unes que les autres.
15:10Gérard Spicher implique successivement son frère Albert
15:14qui l'aurait obligé à avoir une relation sexuelle avec leur sœur.
15:17Puis il met en cause son père, des faits confinants à l'absurdité.
15:23écrit la juge d'instruction.
15:25Il déclare enfin être passé chez sa sœur, mais il ne l'a pas tuée.
15:28Elle était vivante quand il l'a quittée.
15:31En rentrant chez lui, il s'est aperçu qu'il avait emporté les clés de l'appartement.
15:36Il les a jetées le lendemain, dans la somme, en apprenant le meurtre.
15:40Tout simplement parce qu'il ne voulait pas être suspecté.
15:47Lundi 26 novembre 1984, 15 mois après le meurtre de Marie-Lise Spicher,
15:52son frère Gérard est libéré.
15:54Il est placé sous contrôle judiciaire.
15:57Les multiples versions qu'il a fournies ont fini par semer la confusion dans les esprits.
16:03Une expertise médico-psychologique a aussi plaidé en faveur de sa libération.
16:07L'expert souligne la fragilité intellectuelle du suspect.
16:12Un homme qui, selon lui, manque de self-control,
16:15qui culpabiliserait sans raison et qui se révèle émotif.
16:20Tous ces éléments font que l'on doit manifester la plus grande prudence devant ses dires,
16:27écrit l'expert.
16:30Retournement de situation incroyable.
16:32Voilà plusieurs versions.
16:33Ça suffit à faire libérer un homme qui pourtant paraît vraiment,
16:37non pas impliqué, mais en tout cas qui était chez sa sœur.
16:40Ça c'est une évidence, le soir du crime.
16:42On va voir ce qui va advenir de ce suspect numéro un.
16:45La police croyait vraiment avoir mis la main sur l'homme qui avait tué Marie-Lise Spicher,
16:50mais peut-être qu'elle se trompe.
16:52On commence à douter.
16:54On va voir encore une fois comment l'affaire va tourner dans la suite de l'heure du crime.
16:59Alors je rappelle, et c'est important, j'ai déjà dit, mais que, hélas, il n'y a pas d
17:02'ADN à l'époque.
17:02Donc ça complique vraiment les choses.
17:04Aujourd'hui, ça irait évidemment beaucoup plus vite,
17:07mais peut-être que le tueur, le meurtrier, l'assassin,
17:10aurait mis sans doute plus de précaution à tuer cette jeune femme.
17:15Alors, il n'y a pas beaucoup de certitude dans tout ce que raconte Gérard Spicher.
17:19Maître Stéphane Diboune, vous êtes avec nous dans cette heure du crime.
17:22Avocat de Cathy Spicher, vous êtes au barreau d'Amiens.
17:25Et merci encore une fois d'être avec nous, Cathy Spicher, je le précise,
17:29c'est la fille aînée de Marie-Ly Spicher.
17:33Seule certitude dans cette affaire, c'est que Gérard, le frère cadet,
17:38il est bien dans l'appartement.
17:39Ça, c'est une certitude en tout cas.
17:41On ne sait pas trop ce qu'il a fait, mais il était là.
17:43Alors, ce qui est intéressant dans cette histoire,
17:45c'est que dans toutes les versions qu'il va présenter au magistrat instructeur,
17:50Gérard est toujours présent.
17:52C'est-à-dire que ce soit la version 1, la version 2, 3, 4, 5,
17:55il est toujours là.
17:57Donc, à minima, il aurait pu renseigner sur ce qui s'était passé
18:00si ce n'est pas lui qui est l'auteur du crime.
18:03Ça, c'est le premier point.
18:04Le deuxième point, c'est qu'il y a d'autres certitudes.
18:06C'est qu'il a quand même avoué deux fois le crime.
18:10S'il dit qu'il a jeté les clés parce qu'il ne voulait pas être suspect,
18:15si on ne veut pas être suspect, il faut déjà commencer par ne pas avouer le crime.
18:19Exact.
18:20Donc, ça pose déjà la question.
18:22Il y a aussi un cheveu qui a été prélevé lors du curage d'ongles de la victime.
18:27Et ce cheveu présente des analogies avec ceux de Gérard.
18:33Alors, je reste prudent parce qu'on parle d'analogie
18:36parce qu'effectivement, la technique à l'époque ne le permettait pas
18:40de déterminer si ça appartenait à 100% à Gérard.
18:43Mais on dit que ça présente des analogies.
18:45Donc, ça aussi, c'est un élément qui doit être pris en compte
18:48et qui aurait dû être pris en compte, en tout cas, à charge sur Gérard.
18:53Ça fait beaucoup.
18:54Je suis d'accord avec vous et je vous suis totalement à 100% maître Tibounge.
18:59Alors, il y a quand même une question qui se pose.
19:01Moi, je n'ai pas résolu.
19:02Je n'ai pas la réponse.
19:02J'avoue, là, je suis effaré.
19:04Il donne plusieurs versions.
19:06Quatre, cinq versions, je crois, successives, tout au plus fantaisistes.
19:09Enfin, c'est extraordinaire ce qu'il raconte et à la fois effrayant.
19:13Mais bon, il essaie de s'en sortir comme il peut.
19:15Le fait est, c'est que finalement, l'expert psychiatre, l'expert psychologue
19:21va dire, ce type-là, il peut raconter n'importe quoi.
19:25Attention à ce qu'il dit.
19:27Et ça suffit comme ça à faire libérer quelqu'un ?
19:30Normalement, ça ne devrait pas suffire.
19:33Un innocent, a priori, il n'a pas plusieurs versions à donner.
19:37Il n'en a qu'une.
19:38Là, quand on donne plusieurs versions, c'est peut-être parce qu'on essaie de noyer le poisson
19:43et de tenter de noyer le poisson.
19:46Je suis d'accord avec vous, maître, mais ça marche.
19:49Enfin, en tout cas, à l'époque, aujourd'hui, ça serait peut-être un peu différent.
19:51En l'occurrence, ça a effectivement marché.
19:54Par contre, il y a un point sur lequel je voudrais revenir.
19:57Indépendamment de la version de Gérard, on a des témoins qui l'ont vu sortir de l'appartement.
20:02Exact.
20:02Ces mêmes témoins n'ont vu personne d'autre sortir de l'appartement.
20:05C'est le seul sur son cyclomoteur.
20:06Donc, les versions qu'il donne avec des personnes qui seraient venues cagouler et autres dans l'appartement,
20:13ces personnes seraient nécessairement ressorties de l'appartement et auraient pu être vues par les témoins,
20:17ce qui n'est pas le cas.
20:18Donc, ça vient infirmer les autres versions données par Gérard.
20:23Même la juge va dire que c'est complètement grotesque et qu'on ne peut pas croire un seul mot
20:27à ce que raconte cet homme.
20:28Le fait est, c'est qu'il embrouille tout le monde.
20:31Il y a un écran de fumée qui se met en place et là, on ne comprend plus grand-chose.
20:34J'ai envie de dire, si c'est lui qui a fait le coup, bien joué de sa part.
20:39Gauthier Le Cardenel, vous êtes avec nous, journaliste au courrier Picard.
20:42Vous connaissez bien cette affaire.
20:44Alors, il y a le mobile aussi.
20:45Pourquoi on aurait tué cette malheureuse Marie-Lise Picher sur son lit ?
20:4929 coups de couteau, je le précise.
20:52Ce n'est pas rien.
20:52On s'est acharné sur cette femme.
20:54Un mot sur la famille Spicher.
20:55Marie-Lise, dans ce cercle familial, ne faisait pas forcément l'unanimité.
21:01Je ne sais pas si Marie-Lise ne faisait pas l'unanimité.
21:03Mais en tous les cas, c'était une jeune femme qui me paraissait indépendante.
21:07Elle voulait faire sa vie.
21:09C'était une famille nombreuse avec, je ne veux pas dire un clan,
21:13mais on est un peu sur une famille à l'ancienne, avec le patriarche.
21:17Et elle, j'ai l'impression qu'elle voulait vraiment vivre une vie indépendante sur tous les plans.
21:24Un dossier qui va s'enliser.
21:27Marie-Lise Picher, meurtre en famille.
21:29On ne peut accorder aucun crédit à ce que dit l'inculpé, l'enquête de l'heure du crime.
21:34Pourquoi le fil de l'enquête va finir par se perdre ?
21:37Si le suspect numéro 1 n'est pas le bon, alors qui a tué la jeune maman ?
21:42A suivre dans un court instant sur RTL.
21:44Bonne journée sur RTL.
21:50RTL, votre radio.
21:54Coupe l'heure du crime, présentée par Jean-Alphonse Richard sur RTL.
21:59Le procureur de la République d'Amiens a été sollicité pour rouvrir l'enquête.
22:03L'affaire pourrait être confiée au pôle Cold Case de Nanterre,
22:06spécialisée dans ce genre de dossier.
22:10L'heure du crime consacrée à l'affaire Marie-Lise Picher,
22:14cette jeune mère de famille, a été tuée de 29 coups de couteau chez elle à Amiens.
22:19Elle était 83, un suspect, le frère Cadet, vite interpellé.
22:22Il a avoué, puis s'est rétracté.
22:24La justice hésite.
22:265 ans après les faits, le dossier est refermé.
22:32Mercredi 9 novembre 88, 5 ans après le meurtre de Marie-Lise Picher,
22:37le procureur Damien René Hardy estime qu'aucun élément n'a permis de découvrir le ou les auteurs du crime.
22:44Le magistrat requiert un non-lieu.
22:47Pas assez d'éléments, selon lui, pour faire comparaître devant une cour d'assises,
22:52le suspect, le frère de Marie-Lise.
22:55Dans son réquisitoire, le procureur Hardy estime qu'on ne peut accorder aucun crédit
23:00aux déclarations de l'inculpé, à savoir Gérard Picher.
23:05Le magistrat note que vers 9h du matin, juste après la découverte du corps,
23:09la petite fille de la victime était calme.
23:11Selon la nourrice, le bébé, souffrant de problèmes digestifs,
23:15avait été sûrement alimenté deux heures auparavant.
23:19Mais par qui ?
23:20Impossible de savoir qui aurait pu se trouver dans le logement à cette heure-là.
23:24Le procureur explique encore qu'un cheveu prélevé sous un ongle de la victime
23:29pourrait, sans certitude, appartenir à Gérard Picher,
23:32mais un autre cheveu, long de 33 centimètres, retrouvé sur le corps, ne lui appartient pas.
23:39Les empreintes de groupes sanguins et de sperme sont mélangées.
23:42Quant à l'arme du crime, elle n'a pas été retrouvée un mois plus tard.
23:45Le juge d'instruction, en charge du dossier, délivre un non-lieu.
23:51Gérard Picher est alors mis hors de cause dans la mort de sa sœur Marie-Lise.
23:55Selon le juge, il résulte de cette très longue information judiciaire
23:59qu'aucune charge ne peut être retenue contre quiconque d'avoir commis le meurtre de Marie-Lise Picher.
24:10Mercredi 27 septembre 1995, six ans après la mort de sa mère,
24:16sa fille aînée, Cathy Picher, alors âgée de 18 ans,
24:19obsédée depuis sa jeune adolescence par l'absence de vérité,
24:23écrit au procureur Damien,
24:25puis au garde des Sceaux,
24:26et puis aux archives départementales.
24:28Elle demande à pouvoir consulter le dossier judiciaire,
24:31mais Cathy ne reçoit alors aucune réponse de l'administration.
24:36L'enquête ne sera pas relancée.
24:39En janvier 1999,
24:41la prescription tombe.
24:44Le dossier Marie-Lise Picher
24:46est alors promis directement
24:49aux oubliettes judiciaires.
24:53Et c'est sans compter sur la détermination de Cathy Picher,
24:57la fille aînée de Marie-Lise.
24:58On va voir quelle piste aurait été négligée, selon elle.
25:02Il faut revenir à ce non-lieu.
25:05Maître Stéphane Diboune,
25:06vous allez nous éclairer là-dessus,
25:08et c'est important.
25:09Vous êtes l'avocat de Cathy Picher,
25:10c'est la fille de la victime,
25:12et qui se bat, je le dis, depuis 43 ans,
25:1543 ans de mystère,
25:16pour avoir la vérité sur cette affaire.
25:19Maître Diboune s'est rapidement classée,
25:23finalement, cette affaire.
25:24Cinq ans après, pour un meurtre atroce,
25:26où il y avait un suspect,
25:27où il y a beaucoup d'éléments matériels,
25:29il ne faut pas l'oublier.
25:29Il y a énormément d'indices
25:31qui avaient été prélevés
25:32sur la scène de crime.
25:34Et pourtant, on classe tout ça.
25:36On classe tout ça,
25:36parce qu'on se dit qu'après tout,
25:39je cite le procureur,
25:41aucun crédit aux déclarations de l'inculpé.
25:43Voilà, on revient à ce point zéro.
25:46Pour moi, c'est stupéfiant,
25:47ce classement sans suite.
25:49Moi, je vous le dis comme je le pense,
25:51cette ordonnance de non-lieu
25:52est un véritable scandale.
25:54D'abord, c'est une ordonnance de non-lieu
25:56qui a été rendue
25:58et qui ne fait que deux pages.
26:00Je vous mets au défi...
26:00Deux pages ?
26:01Je vous mets au défi,
26:02dans n'importe quel dossier criminel,
26:03de trouver une ordonnance,
26:04que ce soit de non-lieu
26:05ou de mise en accusation,
26:06qui ne fait que deux pages.
26:07Ça, c'est le premier point.
26:08Le deuxième point,
26:10c'est que le juge d'instruction,
26:12lorsqu'il rend son non-lieu,
26:14il indique qu'il n'y a aucune charge
26:16contre quiconque.
26:17Je ne sais pas comment
26:19un magistrat instructeur
26:20peut dire qu'il n'y a aucune charge
26:21lorsque, dans le dossier,
26:22il y a les aveux
26:23de celui qui a été mis en examen,
26:27aveux multiples.
26:28Il y a la présence
26:29de celui qui a été mis en examen
26:31sur les lieux
26:32et qui est la dernière personne
26:34à avoir vu la victime vivante.
26:36Il y a des éléments objectifs
26:40qui sont évoqués.
26:41On en a parlé,
26:43le cheveu et d'autres éléments.
26:45Et il y a cette phrase
26:47dans le réquisitoire
26:48qui vient dire
26:49que les aveux du frère
26:53sont corroborés
26:54par des éléments objectifs.
26:55C'est-à-dire que les magistrats du parquet
26:57disent que les aveux
26:58sont corroborés
26:59par des éléments objectifs
27:00et la résultante,
27:01c'est de rendre un non-lieu.
27:03Ça n'a aucun sens.
27:04Oui, on ne comprend rien.
27:05J'avoue.
27:05J'ai lu, là, effectivement,
27:06les deux pages
27:07du juge d'instruction.
27:10Et puis, il y a ce réquisitoire
27:11qui est beaucoup plus long
27:11mais enfin, bon,
27:12qui n'apporte rien.
27:13Tout ça est très, très confus.
27:14À l'image, d'ailleurs,
27:15des déclarations
27:16du suspect numéro 1.
27:18J'ajoute à ça,
27:18maître Diboune,
27:19que l'arme du crime
27:20n'a jamais été retrouvée.
27:23Gérard Spicher, lui,
27:24il avait dit
27:24qu'il avait désigné l'endroit
27:26et on avait retrouvé
27:27les clés à cet endroit.
27:28Est-ce qu'on a bien cherché
27:29ou bien est-ce qu'il a menti ?
27:31C'est une possibilité ?
27:33Déjà, moi,
27:33ce qui m'interpelle,
27:34c'est que si le juge d'instruction
27:36considère qu'il n'y a
27:37pas de charge
27:38contre celui
27:39qui est mis en examen,
27:40ça reste un crime
27:41non-hélucidé
27:42et il n'y avait pas lieu
27:43de fermer l'enquête.
27:44Je fais toujours le parallèle
27:46avec l'affaire Grégory.
27:48C'est une affaire...
27:49L'affaire Grégory
27:49a été rendue...
27:51Enfin, c'est déroulé
27:52à peu près à la même date.
27:54Aujourd'hui,
27:54l'affaire Grégory
27:55n'est toujours pas terminé
27:56parce qu'on n'a pas
27:57élucidé le crime.
27:58Là, comment se fait-il
27:59qu'après 5 ans seulement,
28:01on décide
28:02de rendre un non-lué
28:03alors que
28:05si on considère
28:06que la personne
28:07qui a été mise en examen
28:08n'est pas coupable,
28:09ça veut donc dire
28:09qu'il y a un coupable
28:10en liberté
28:10et il n'y avait aucune raison
28:12de clôturer cette enquête
28:14aussitôt.
28:15On s'est un peu moqué,
28:17pardonnez-moi le terme,
28:18de Marie-Lise Picher.
28:20C'était une victime
28:21qui n'avait pas
28:22beaucoup d'importance,
28:23j'ai l'impression.
28:24Je ne sais pas
28:24si elle avait de l'importance
28:26ou pas,
28:26mais tout ce que je sais,
28:28c'est qu'on s'est moqué
28:29à la fois de Marie-Lise Picher,
28:31à la fois de Cathy Picher
28:32et surtout
28:33de la justice
28:34toute entière
28:35parce qu'il y a
28:36un sentiment
28:37d'injustice profond
28:38quand on examine
28:39cette affaire.
28:40Ça veut dire
28:40qu'au jour d'aujourd'hui,
28:41si la personne
28:42qui a été mise en examen
28:44n'est pas coupable,
28:45ça veut dire
28:45qu'il y a un meurtrier
28:47dans la nature
28:47et que ça ne dérange
28:48personne
28:50de le laisser
28:51dans la nature
28:51sans faire
28:52les recherches nécessaires.
28:53Cathy Picher,
28:54vous êtes avec nous
28:54dans cette heure du crime,
28:55la fille aînée de Marie-Lise Picher.
28:57On entend votre avocat,
28:58maître Stéphane Diboum,
28:59qui nous éclairait
29:00sur cette histoire
29:01et ses précieux
29:01sont témoignages.
29:02Dès votre adolescence,
29:03vous cherchez à connaître,
29:05vous avez cherché à connaître
29:06l'identité du meurtrier
29:07de votre mère.
29:08Racontez-nous
29:09cette quête
29:10pour la vérité
29:11très jeune.
29:13Des fois,
29:14je n'allais pas à l'école,
29:15j'allais à la bibliothèque
29:16et de là,
29:16je faisais les photocopies
29:18de tout ce qui était
29:18les courriers Picard
29:19pour avoir les articles.
29:21Quand j'ai commencé
29:22à questionner
29:22mes grands-parents,
29:24j'ai compris
29:24qu'il ne fallait pas en parler.
29:26Donc moi,
29:27j'ai essayé de poser
29:27des questions
29:28à mes oncles.
29:29Vu que personne ne me parlait,
29:30en fait,
29:31moi, je voulais
29:31réouvrir l'affaire
29:32à mes 18 ans.
29:34Un dossier retrouvé,
29:35des pistes possibles.
29:37Marie-Lise Picher,
29:38meurtre en famille,
29:39je préfère tuer ma fille
29:40plutôt que lui donner
29:42la petite.
29:43L'enquête
29:44de l'heure du crime.
29:45On se retrouve
29:45dans un instant
29:46sur RTL.
29:47Bonne journée
29:48sur RTL.
29:56RTL,
29:57votre radio.
29:59L'heure du crime,
30:00présentée par
30:01Jean-Alphonse Richard
30:02sur RTL.
30:04Retour
30:05dans l'heure du crime
30:05sur l'affaire
30:06Marie-Lise Picher,
30:07une jeune mère
30:07de deux enfants,
30:08en 27 ans,
30:09poignardée à mort
30:10chez elle,
30:11à Amiens en 83,
30:12son frère inculpé,
30:13puis mis hors de cause,
30:14non-lieu en 95,
30:16puis prescription.
30:17La fille aînée
30:18de la victime,
30:186 ans au moment
30:19du drame,
30:20se bat pour la vérité.
30:26Dimanche 7 septembre 2025,
30:2842 ans après
30:29la mort de sa mère,
30:30Cathy Picher
30:31dévoile son histoire
30:32dans le journal
30:33Le Courrier Picard.
30:34Elle répète en boucle
30:35la même phrase.
30:36« Je veux savoir
30:37qui a tué ma mère ».
30:39Un mois plus tard,
30:40une femme
30:40prend contact avec elle.
30:42Ce témoin
30:42se souvient parfaitement
30:43de l'affaire
30:44Marie-Lise Picher,
30:45mais il n'a jamais
30:46raconté son histoire.
30:49Après le meurtre,
30:50une femme
30:51lui a confié
30:52que son mari,
30:54qui s'appelle
30:55Albert Picher,
30:56avait aidé son frère,
30:58Gérard,
30:58à tuer Marie-Lise.
31:00Elle est formelle.
31:01Sur le moment,
31:02sur le moment,
31:03cette femme
31:03n'a pas mesuré
31:04l'importance
31:05de sa confidence
31:06qui émanerait
31:07d'une épouse
31:08en colère.
31:09C'était deux ans
31:10après le non-lieu
31:11accordé à Gérard Picher.
31:13Cathy Picher
31:13reste persuadée
31:15que l'auteur du meurtre
31:16se trouve dans sa famille,
31:17dans Paris Match.
31:19Jacqueline,
31:20sœur aînée
31:20de la victime,
31:21se souvient
31:22d'un conflit
31:22qui opposait
31:23Marie-Lise
31:24à leurs parents.
31:25Ma sœur avait prévu
31:26de quitter Amiens
31:27pour aller vivre
31:28auprès de l'une
31:30de nos sœurs
31:31à Nice.
31:32Elle voulait emmener
31:33avec elle
31:33Cathy et son bébé.
31:35Les parents
31:35s'opposaient à ce départ.
31:37En janvier 82,
31:38ils avaient déposé
31:39une demande
31:40pour obtenir
31:40l'autorité parentale
31:41sur Cathy,
31:42mais sans succès.
31:43Je préfère
31:44tuer ma fille
31:45plutôt que lui donner
31:46la petite,
31:48aurait déclaré
31:49un jour
31:49la mère
31:50de Marie-Lise.
31:54Jeudi 12 mars 2026,
31:56Cathy Spicher
31:56est informée
31:57qu'une partie
31:58du dossier
31:58sur le meurtre
31:59de sa mère
31:59a été retrouvée
32:00dans les archives judiciaires.
32:02La procédure
32:03est incomplète,
32:03140 pages,
32:04mais les recherches
32:05ne sont pas terminées.
32:07C'est une lueur d'espoir,
32:08cela montre
32:09la bonne foi
32:09du parquet de Damien,
32:10se félicite
32:11maître Stéphane Dibunge,
32:13avocat de Cathy Spicher
32:14avec Arnaud Bibar
32:16et Anaïs Galanti,
32:18trois avocats
32:18qui assignent alors
32:19l'État
32:20pour faute
32:21lourde
32:21et déni
32:22de justice.
32:24Et dans l'heure du crime,
32:25on retrouve l'un de nos invités,
32:26c'est Gauthier Le Cardonnel,
32:27journaliste au Courrier Picard.
32:28Gauthier,
32:29après l'apparution
32:30de votre article
32:31dans le Courrier Picard
32:33où vous avez interviewé
32:34très longuement
32:34Cathy Spicher,
32:36elle faisait d'ailleurs
32:37une espèce d'appel
32:38à témoins
32:38et elle avait bien raison
32:39de se manifester,
32:41des personnes
32:41ont commencé à parler.
32:43Oui,
32:44il y a des gens
32:44qui se sont manifestés
32:45qui connaissaient très bien
32:47Marie-Lise
32:47qui ont été un petit peu
32:49marqués
32:49par l'apparition
32:50de cet article
32:51puisque ça leur a rappelé
32:52des souvenirs
32:52et donc il y a des gens
32:54qui se sont manifestés
32:55auprès de Cathy
32:56pour lui rappeler
32:57un petit peu
32:58ce dont il se souvenait.
33:00Certains
33:01qui avaient été interrogés
33:02par la police
33:03l'ont rappelé
33:04pour lui dire
33:05qu'à l'époque
33:07il n'avait pas
33:07tout à fait dit
33:08la vérité.
33:09Donc voilà,
33:10il y a un petit peu
33:11d'élan
33:11qui se sont délié
33:12suite à l'apparition
33:12de cet article.
33:13Ça veut dire Gautier
33:14que la mémoire
33:15est toujours intacte
33:16au sein de cette famille
33:17famille Spicher ?
33:19La mémoire reste vive
33:20et je me suis rendu compte
33:21très rapidement
33:21qu'en fait
33:22il y avait une chape de plomb
33:24il y avait une très grande
33:25omerta dans cette famille
33:26il ne fallait surtout pas
33:27parler du décès
33:28de Marie-Lise
33:28ces gens avaient des choses
33:29à dire
33:30tous pensaient
33:31en fait
33:32premier suspect
33:32qui avait été interpellé
33:33par la police
33:34c'était le bon.
33:35C'est ça
33:35donc effectivement
33:36omerta
33:37vous avez prononcé
33:38le mot silence
33:39dans cette famille
33:39où on ne parle pas
33:40de ce crime
33:41qui est un crime oublié
33:42qui est un crime prescrit
33:44Maître Stéphane Diboum
33:45j'avocat de Cathy Spicher
33:47avocat à Amiens
33:48alors c'est important
33:49parce qu'à la suite
33:50de cet article
33:51comme quoi la presse
33:52sert à quelque chose
33:52on ne le dit jamais assez
33:54le courrier Picard
33:55il y a une femme
33:56qui se manifeste
33:57et elle va dire
33:58moi à l'époque
33:59mon mari
33:59m'avait dit
34:00qu'il avait participé
34:02en tout cas
34:02qu'il avait aidé son frère
34:04à tuer
34:05Marie-Lise Spicher
34:06est-ce que c'est un témoignage
34:07digne de foi
34:08selon vous ?
34:10Alors
34:10c'est un peu différent
34:11parce que
34:12cette dame
34:14fait cette confidence
34:15à une voisine
34:16c'est-à-dire qu'elle aurait été
34:18violentée par son mari
34:20qui est donc le frère
34:22de celui qui a été mis en examen
34:24du suspect
34:24et
34:26elle
34:26se réfugie
34:28chez une voisine
34:29et dit
34:30à la voisine
34:31que c'est son mari
34:32qui a aidé
34:33avec
34:34le suspect
34:35a tué
34:36Marie-Lise
34:37et c'est donc
34:38cette voisine
34:39qui vient ensuite
34:40rapporter ça
34:42à Cathy Spicher
34:43et au procureur
34:44de la république
34:44aussi
34:45c'est-à-dire qu'elle a écrit
34:46au procureur de la république
34:47et elle nous a écrit aussi
34:48puisqu'elle nous a fait
34:50une attestation
34:51en ce sens
34:52Et qu'est-ce qu'il faut penser
34:53de ce qu'elle raconte ?
34:55La scène
34:56qu'elle décrit
34:57se déroule
34:58en 1990
35:00les dates
35:01sont importantes
35:01puisque
35:02vous l'avez rappelé
35:03tout à l'heure
35:03en 1988
35:04il y a un non-lieu
35:05qui est ordonné
35:05par le...
35:06Donc on est deux ans
35:07après le non-lieu
35:07Deux ans après le non-lieu
35:08on a un témoignage
35:10qui vient conforter
35:11le fait que
35:12le suspect
35:13qui était mis en examen
35:14serait
35:15je l'emploie conditionné
35:17à dessin
35:17serait
35:18bien le coupable
35:19Donc cet élément
35:20nouveau
35:21deux ans après
35:22est important
35:23pour démontrer
35:24que si on avait pu
35:25permettre
35:26à Cathy Spicher
35:27d'avoir un avocat
35:28à cette date-là
35:29il aurait pu
35:32malgré
35:33la clôture
35:34il aurait pu
35:35demander
35:35à rouvrir
35:36l'enquête
35:36Il n'était pas trop tard
35:37c'est ça ?
35:38Non il n'était pas trop tard
35:38du tout
35:39au contraire
35:39et c'était un élément nouveau
35:40qui permettait
35:41de rouvrir l'enquête
35:42Alors ça c'est important
35:44est-ce que cette femme
35:45la toute première
35:46qui a déclaré
35:47qui a fait ses propos
35:48qui pouvait être
35:49sous le coup de la colère
35:50le jour où elle a fait ses propos
35:51c'est une possibilité
35:52est-ce qu'elle est toujours vivante
35:53ou est-ce qu'elle est décédée aujourd'hui ?
35:54Les deux sont toujours vivantes
35:55c'est-à-dire celle qui a recueilli
35:57les confidences
35:57et celle qui les a faites
35:58Donc là aussi
36:00c'est ce que nous
36:01c'était le sens
36:02de notre démarche
36:03auprès du procureur
36:04c'est-à-dire
36:04mais entendez-les
36:05ces deux dames-là
36:06entendez-les
36:07pour savoir
36:07si effectivement
36:09leurs témoignages
36:09sont crédibles
36:10et si on peut
36:11éventuellement
36:12les confronter aussi
36:13parce que
36:14peut-être que
36:16la femme
36:18du frère
36:18du suspect
36:20même si elle se rétrate
36:21elle doit être quand même
36:22confrontée à celle
36:24à qui elle s'est confiée
36:25Le focus
36:26dans cette histoire
36:27on n'en sort pas
36:28c'est toujours la famille Spicher
36:29c'est là que ça s'est passé
36:31ça c'est une certitude
36:32il n'est pas question
36:32d'avoir quelqu'un d'extérieur
36:34qui serait venu tuer
36:35cette malheureuse Marie-Lise
36:36C'est la thèse des enquêteurs
36:38depuis le début
36:38à savoir que ça reste
36:39dans le cercle familial
36:40et pourquoi ils ont cette certitude
36:42c'est parce qu'il n'y a
36:43aucune trace d'effraction
36:44ça c'est important
36:46si c'était des éléments
36:48des personnes extérieures
36:49ils auraient sans doute
36:50laissé des traces d'effraction
36:51là le fait qu'il n'y ait pas
36:53de traces d'effraction
36:54laisse à penser
36:55que c'était dans l'entourage
36:56et qu'elle a ouvert la porte
36:59spontanément
37:01Cathy Spicher
37:02pardon
37:02vous êtes la fille aînée
37:03de Marie-Lise Spicher
37:04vous êtes avec nous
37:05dans cette heure du crime
37:06alors manifestement
37:07évidemment il y a des rendez-vous
37:08judiciaires qui ont été ratés
37:09vous n'avez pas pu tout suivre
37:11à l'époque
37:11vous étiez trop jeune
37:12vous étiez sans doute
37:13éselé
37:13un peu perdu dans cette histoire
37:15alors que vous essayez déjà
37:16de connaître la vérité
37:19on voit bien que la justice
37:20en fait
37:21en tout cas au début
37:22n'a pas fait grand chose
37:23dans ce dossier
37:24c'est le moins qu'on puisse dire
37:25en tout cas elle s'est fourvoyée
37:26dans des interprétations
37:27qui sont pour le moins
37:29étonnantes
37:29c'est le moins qu'on puisse dire
37:31est-ce que vous en voulez
37:32à la justice
37:33Cathy Spicher ?
37:34j'en veux énormément à la justice
37:36parce que depuis mes 15 ans
37:38ils ne m'ont jamais aidé
37:39à part me balader
37:40en me disant qu'il y avait un non-lieu
37:42en me disant qu'il fallait
37:43que je me rapproche
37:44des parties civiles
37:45qui étaient mes grands-parents
37:46si j'avais demandé
37:47à partir de mes 15 ans
37:48de réouvrir le dossier
37:49c'est que la prescription
37:50j'en voulais pas en fait
37:51parce que moi
37:51on ne m'a jamais rien demandé
37:53et la justice
37:53elle a commis
37:54beaucoup d'erreurs en fait
37:57un dossier clos
37:58prescrit
37:59mais qui continue
38:00à semer le trouble
38:01Marie-Lise Spicher
38:02meurtre en famille
38:03ils m'ont dit
38:04vas-y
38:05dis que c'est toi
38:06moi je ne savais pas
38:07ce que je disais
38:08l'enquête de l'heure du crime
38:09je vous retrouve tout de suite
38:10sur RTL
38:23dans l'heure du crime
38:24aujourd'hui
38:25l'affaire Marie-Lise Spicher
38:26un cold case
38:27cette mère de deux enfants
38:2927 ans
38:29avait été tuée en 83
38:32à coup de couteau
38:33chez elle a mis un non-lieu
38:34pour un suspect
38:35le propre frère
38:36de la victime
38:37enquête close
38:38et prescrite
38:39la fille de la victime
38:40déplore un dossier
38:42bâclé
38:42et s'aborder
38:47jeudi 11 février 2027
38:49soit 44 ans
38:51après le meurtre
38:52de Marie-Lise Spicher
38:53la justice
38:53aura
38:54la lourde tâche
38:56d'examiner
38:56l'assignation
38:57contre l'état
38:58déposée par les avocats
39:00de la fille de la victime
39:01pour faute lourde
39:02et déni de justice
39:03Cathy Spicher
39:04estime que l'enquête
39:05close
39:06prématurément
39:07pourra être
39:07un jour
39:08remise
39:09en lumière
39:14Gérard
39:1462 ans
39:15le frère cadet
39:16de Marie-Lise Spicher
39:17inculpé
39:17puis blanchi
39:18par un non-lieu
39:19assure dans Paris Match
39:20que ses aveux
39:22à l'époque
39:23lui avaient été extorqués
39:24ils m'ont dit
39:25vas-y
39:26dis que c'est toi
39:28moi je ne savais pas
39:29ce que je disais
39:30même mon avocat
39:31m'a dit à l'époque
39:32de m'accuser
39:32et qu'il pourrait
39:34me faire acquitter
39:35aux assises
39:36j'ai eu un non-lieu
39:37j'ai la conscience tranquille
39:39affirme-t-il
39:43tout d'abord
39:43la demande
39:44de madame Spicher
39:44elle est légitime
39:45c'est le droit
39:46d'accéder au dossier
39:47le droit de savoir
39:48de quoi il est fait
39:49quel est son contenu
39:50le droit de pouvoir
39:51juger du travail
39:52qui a été fait à l'époque
39:53par la justice
39:53c'est aussi un droit
39:54de connaître la vérité
39:55de demander des comptes
39:56à la justice
39:57si elle n'a pas fait
39:57son travail correctement
39:58on ne peut pas laisser
39:59quelqu'un humainement
40:00dans la négation
40:01de tous ses droits
40:01autant de temps
40:02ça fait depuis 1995
40:03c'est-à-dire
40:04ça fait 30 ans
40:05qu'elle demande
40:05à accéder au dossier
40:06qu'on lui refuse
40:07Maître Pascal Bibard
40:09l'un des avocats
40:09de Cathy Spicher
40:12Maître Stéphane Diboune
40:13avocat également
40:15de Cathy Spicher
40:16au barreau d'Amiens
40:17évidemment on entend
40:17ce que dit votre confin
40:18que vous connaissez bien
40:19vous travaillez avec lui
40:20sur cette affaire
40:21Maître Bibard
40:21dites-nous en un mot
40:24pourquoi vous déposez
40:26cette action
40:27contre l'Etat
40:28faute lourde
40:29et déni de justice
40:30ça veut dire quoi ?
40:31ça veut dire qu'on a privé
40:32par exemple la fille
40:34de Marie-Lise
40:35Cathy Spicher
40:36d'avoir un accès
40:37au dossier
40:37on l'a privé
40:38de la vérité ?
40:39il y a plusieurs éléments
40:41la première chose
40:42c'est que nous considérons
40:44que l'Etat
40:44a failli
40:45à son devoir
40:46de protection
40:47envers Cathy Spicher
40:48puisqu'il faut rappeler
40:50qu'elle était mineure
40:51au moment
40:51de l'instruction
40:53et qu'elle a été placée
40:55sous tutelle
40:55ça veut dire
40:56qu'elle aurait dû
40:58sous le contrôle
40:59d'un juge
41:00de tutelle
41:00se voir désigner
41:01un administrateur
41:03ad hoc
41:03c'est-à-dire
41:03entre guillemets
41:05un avocat
41:05pour défendre
41:06ses intérêts
41:07ça n'a pas été le cas
41:08et on sait
41:09que c'est extrêmement
41:10préjudiciable
41:10puisque si un avocat
41:12avait été désigné
41:14pour défendre
41:15les intérêts
41:15de Cathy
41:16il aurait pu
41:18éviter la prescription
41:19et surtout
41:21demander
41:21la réouverture
41:22de l'enquête
41:24après le non-lieu
41:25qui a eu lieu
41:26à la suite
41:27du témoignage
41:29de 1990
41:30c'est-à-dire
41:30deux ans après
41:31donc Cathy Spicher
41:33s'est retrouvée
41:33sans avocat
41:35alors que
41:36normalement
41:37avec le contrôle
41:38d'un juge
41:38des tutelles
41:39elle aurait pu
41:39se voir désigner
41:41un avocat
41:41pour ses intérêts
41:42c'est toute une série
41:43de rendez-vous
41:44judiciaires manqués
41:45on comprend bien
41:45vous allez demander
41:47à l'état
41:47des comptes
41:48on verra ça
41:48dans un an
41:49en février
41:512027
41:52on verra
41:52ce que répond
41:53évidemment
41:54la justice
41:54sur votre démarche
41:55quelques questions
41:56simples
41:57maître Diboune
41:58les scellés
41:59il reste absolument
42:00plus rien aujourd'hui
42:01cette histoire
42:02alors il y a
42:03des scellés
42:04certains scellés
42:05ont été restitués
42:08aux grands-parents
42:09ça aussi
42:09c'est quand même
42:10assez extraordinaire
42:11c'est-à-dire que
42:12on clôture l'affaire
42:13et au lieu de garder
42:15les scellés
42:15dans le dossier
42:16on les a restitués
42:17aux grands-parents
42:18ça c'est
42:19c'est du jamais vu
42:19ça
42:20pour moi
42:21c'est du jamais vu
42:21et ça démontre
42:24l'absence
42:24de volonté
42:25de la justice
42:26d'élucider
42:27ce crime
42:28et ce qui justifie
42:29aussi
42:30ce que nous
42:31nous appelons
42:31un dysfonctionnement
42:32du service public
42:33de la justice
42:33c'est comme ça
42:34qu'on dit en droit
42:35et c'est
42:36la condition
42:37pour pouvoir
42:39poursuivre l'état
42:40il faut qu'il y ait
42:41soit un déni de justice
42:42c'est-à-dire qu'ils aient
42:42refusé de statuer
42:43ou une faute lourde
42:45et là
42:46en l'occurrence
42:46les fautes lourdes
42:47elles sont multiples
42:48on a
42:49la perte du dossier
42:50judiciaire
42:51on a
42:52le fait
42:52d'avoir clôturé
42:54prématurément
42:55l'instruction
42:56et le fait
42:57par exemple
42:58de restituer
42:58les scellés
42:58d'une affaire
42:59non élucidée
43:00ça c'est quelque chose
43:01qui est hallucinant
43:02il ne reste rien
43:03ces fameux scellés
43:04qui ont été remis
43:05à la famille
43:05je suppose que vous avez
43:06essayé de savoir
43:07ce qui s'était passé
43:07alors a priori
43:08il en resterait un peu
43:09parce que j'ai cru
43:10comprendre que
43:11ma cliente avait eu
43:12un échange
43:12avec une personne
43:14de la police scientifique
43:15qui lui avait dit
43:16qu'ils avaient encore
43:17quelques éléments
43:18du dossier
43:19par rapport à ça
43:20alors ça c'est intéressant
43:21ce que vous dites
43:21Stéphane Diboune
43:23parce que là
43:23on est des années après
43:24on est 43 ans après
43:26et effectivement
43:27il y a peut-être
43:27une petite lueur d'espoir
43:29on verra
43:29ce qui peut advenir
43:31de tout ça
43:32c'est absolument impossible
43:34aujourd'hui
43:34de relancer l'enquête
43:35le dossier
43:37c'est prescrit
43:37donc vous ne pouvez rien faire
43:39là vous allez frapper
43:40sur des portes
43:41qui vont rester
43:41désespérément fermées
43:42alors le dossier
43:43est prescrit
43:44mais on a annoncé
43:45la prescription
43:46de manière claire
43:47et non équivoque
43:48à ma cliente
43:49qu'en 2025
43:50alors que
43:51depuis 1995
43:52elle demande
43:53d'avoir accès
43:54au dossier
43:54et si on lui avait donné
43:56à l'époque
43:57elle aurait pu
43:58faire interrompre
43:58on ne l'a pas
43:59on n'a pas entendu
43:59on n'a pas entendu
44:00on n'a pas répondu
44:01à ses demandes
44:02on n'a pas répondu
44:02à ses demandes
44:03et ça fait d'ailleurs
44:04partie des fautes
44:05de l'état
44:06c'est à dire que
44:06l'état a le devoir
44:07de répondre
44:08aux justiciables
44:09et notamment
44:09de communiquer
44:11le dossier
44:11et c'est ça aussi
44:12qui fait qu'il y a
44:13des fautes lourdes
44:15dans ce dossier
44:16et un déni de justice
44:17bien sûr
44:17et ça je comprends bien
44:18qu'effectivement
44:19vous soyez un petit peu furieux
44:23vraiment remonté
44:24contre cet état de fait
44:25Gauthier Le Cardonnel
44:28journaliste
44:28au courrier Picard
44:29vous êtes avec nous
44:30aujourd'hui cette affaire
44:32c'est pour l'instant
44:33en tout cas
44:33un cold case
44:34Gauthier
44:35c'est hallucinant
44:36c'est à dire que
44:37les cold cases
44:38en général
44:38un cold case
44:39c'est les suspects
44:41c'est des gens extérieurs
44:42ils sont pas sages
44:43c'est le grand mystère
44:44là on sait depuis le début
44:45qu'on est dans la sphère
44:47familiale
44:47ou proche
44:48donc c'est pas
44:50un crime
44:51qui est difficile
44:52à résoudre je pense
44:53pas difficile à résoudre
44:54sans doute
44:54Cathy Spicher
44:55dernier mot avec vous
44:57vous êtes la fille aînée
44:58de Marie-Lise Spicher
44:59quelles sont vos attentes
45:01aujourd'hui
45:01même si on peut les deviner
45:03alors d'aujourd'hui
45:04moi ce que je demande
45:06c'est un
45:06que le procureur
45:08me donne le dossier
45:10et moi je veux un procès
45:11quoi je veux la réouverture
45:12de l'enquête
45:12j'avais le droit
45:13d'avoir une mère
45:14donc non
45:15moi je demande
45:15la réouverture
45:17du dossier de ma mère
45:18quoi quitte à
45:19à exumer le corps
45:20pour faire des
45:21des tests d'ADN
45:22mettre tout en place
45:23pour que la vérité
45:24éclate
45:25merci beaucoup
45:27Cathy Spicher
45:28maître Stéphane
45:29Diboung
45:29et Gauthier
45:31le Cardenel
45:31d'avoir été les invités
45:32de l'heure du crime
45:33merci à l'équipe
45:34de l'émission
45:34rédactrice en chef
45:35Justine Vigneault
45:36préparation Romain
45:37Diverès
45:38Valentine Bardet
45:39réalisation en direct
45:40c'est Jonathan Gris
45:40c'est Jonathan Gris
45:40c'est Jonathan Gris
45:40c'est Jonathan Gris
45:40c'est Jonathan Gris
45:40c'est Jonathan Gris
45:40c'est Jonathan Gris
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