00:00Il est là, il est en forme, il est tout fringue. Bonjour Eric Crevel.
00:03Bonjour Maxime, bonjour à tous.
00:04Hausse des prix du carburant en ligne de mire, donc on l'a compris depuis plusieurs semaines,
00:08il y a un groupe, une entreprise française, c'est Total Energy,
00:11et certains souhaitent sa nationalisation depuis quelques jours.
00:15De quoi on parle globalement ?
00:16Alors, bon d'abord on attend les mesures, les nouvelles mesures de Sébastien Lecornu,
00:21le Premier ministre, pour aider les Français à payer leur carburant.
00:25Bon, on attend peut-être pour ce début de semaine, on va voir.
00:30Mais c'est vrai que la petite musique est en train de monter,
00:32notamment du côté de la France Insoumise, d'une nationalisation, pourquoi pas, de Total Energy.
00:37Alors, Total Energy, de quoi on parle ?
00:39C'est un groupe pétrolier intégré, comme on dit,
00:43ils font de l'exploration, de la production, du raffinage, de la distribution de carburant,
00:46bien sûr, des énergies renouvelables et de l'électricité.
00:49Total, c'est 100 000 personnes dans 120 pays dans le monde.
00:53Capitalisation boursière, accrochez-vous Maxime, c'est entre 170 et 200 milliards
00:59d'euros.
01:02Alors, nationalisation ou pas, Manuel Bompard, ce week-end, a remis une pièce dans la machine
01:06en disant que, bah oui, il fallait nationaliser Total Energy.
01:10Alors, peut-être pas en rachetant, a dit le coordinateur de la France Insoumise,
01:13100% du capital, mais en prenant le contrôle qu'il a estimé à 70 milliards.
01:19Comment paierait tout ça ?
01:20Bompard, lui, c'est très simple, il dit qu'il faut puiser dans les dividendes,
01:24alors qu'évidemment, les dividendes, ça permet de financer les actionnaires.
01:29En ponctionnant les dividendes de Total, Manuel Bompard dit que la nationalisation,
01:35finalement, en 10 ans, s'est amortie.
01:38Et donc, l'opération se rembourserait sur une décennie.
01:41Mais alors, j'ai peut-être pas vos compétences en économie,
01:44mais globalement, quand on dit nationalisation, derrière, il faut un actionnaire.
01:48Alors, actionnaire, oui, il faut un actionnaire.
01:51Alors, lui, ce serait, l'État serait l'actionnaire principal.
01:55Aujourd'hui, vous avez des groupes comme BlackRock, Vanguard, Amundi,
01:58les salariés aussi de Total, qui contrôlent près de 5% du capital.
02:03Bon, les profits, évidemment, on les a disséqués,
02:06c'est 5 milliards sur le premier trimestre.
02:08Et puis, une hausse aussi du dividende, parce qu'il faut rémunérer ces actionnaires.
02:13Voilà, le dividende est en croissance aux alentours de 3,75 euros.
02:18Donc, racheter une participation majoritaire, vous l'avez compris,
02:22ça coûterait extrêmement cher.
02:24Alors, si vous ne piquez pas dans les dividendes,
02:25parce que statutairement, je ne vois pas comment on fait,
02:28vous demandez à l'État de financer, de racheter Total.
02:31Oui, mais avec quel argent ? La dette est colossale.
02:34Augmenter les impôts, je ne vous fais pas de dessin,
02:36on est déjà au taquet, on est parmi les pays les plus ponctionnés de la planète.
02:40Bon, voilà, et puis, si on a un peu de mémoire,
02:43on se souvient des fameuses nationalisations des années 81,
02:46sous François Mitterrand.
02:48Elles ont souvent été coûteuses,
02:50suivies d'ailleurs de reprivatisations, derrière.
02:53Bon, les seuls qui avaient gagné beaucoup d'argent à l'époque,
02:56vous savez qui c'est ?
02:57Ce sont les banques d'affaires.
02:58Ah ben voilà.
02:59qui avaient mis en place les deals.
03:01Mais peut-être que les filles ont de grands intérêts avec les banques d'affaires,
03:02et c'est un peu le cœur de votre papier, Eric Rebelle, ce matin.
03:04Les banques d'affaires qui avaient nationalisé,
03:06puis reprivatisé dans la foulée,
03:09elles, les banques d'affaires, elles ont gagné beaucoup d'argent.
03:12Et est-ce que, en tout cas, quand on vous entend ce matin,
03:14on imagine qu'il y a quelques, en tout cas,
03:17points dans votre liste des inconvénients à cette nationalisation ?
03:19Si vous voulez, tout le monde cherche sa recette magique
03:22pour essayer de faire baisser le prix du carburant.
03:24Il y a ceux qui disent, il faut alléger les taxes,
03:2660% sur un prix, sur un litre d'essence.
03:30Mais, objectivement, Maxime,
03:32le statut de l'entreprise totale,
03:34qu'elle soit privée ou publique,
03:35ne changerait rien au prix des carburants qu'on paye à la pompe.
03:39Pourquoi ?
03:40Parce que le prix du carburant,
03:42il ne dépend pas du statut de l'entreprise,
03:44il dépend des cours mondiaux du brut de pétrole.
03:48Donc, vous soyez public ou privé,
03:49c'est exactement la même chose.
03:51Puis, j'attire votre attention sur un inconvénient quand même majeur,
03:55l'efficacité de la gouvernance de l'État,
03:57en général, dans les entreprises.
03:59Oui, les entreprises publiques sont souvent,
04:02comment dirais-je, moins agiles,
04:04plus soumises aux pressions politiques,
04:05moins rentables.
04:06On a l'expérience des années 80.
04:09Puis, n'oublions pas une chose,
04:10c'est que le groupe Total paye pratiquement
04:132 milliards d'impôts en France
04:15pour une activité qu'il réalise à l'extérieur.
04:18Donc, nationaliser Total Energy
04:20ne résout pas les pertes en France,
04:22notamment sur l'affinage,
04:23ni d'ailleurs les profits réalisés ailleurs.
04:26C'était la mise au point d'Éric Revelle
04:27sur la nationalisation de Total Energy.
04:29Merci beaucoup, mon cher Éric.
04:30Merci, Max.
04:30On vous retrouve après 8h30, bien sûr,
04:32pour le grand débrief de la matinale
04:33en votre compagnie,
04:34amis auditeurs au 0826 300 300.
04:37Et bonjour, Jean-François Aquili.
04:38Bonjour, Maxime Liedot.
04:39Votre invité politique à 8h15.
04:41Nous aurons Thibaut de Montbrial,
04:43le président du CRSI,
04:44le centre de réflexion sur la sécurité intérieure,
04:47avocat pénaliste,
04:48auteur de France,
04:49le choc ou la chute,
04:50aux éditions de l'Observatoire.
04:51Nous le ferons réagir à cette déclaration
04:53du directeur de la police générale
04:55dans le Figaro.
04:57Il n'y a pas de zone donnant droit en France
04:58avec Antoine Defond,
04:59ce que vous évoquiez ce matin,
05:00les drames survenus à Lyon et à Nice.
05:01Et puis, nous lui poserons la question
05:03sur l'antavirus.
05:05Est-ce que le pouvoir est en mesure
05:06d'imposer de nouvelles contraintes sanitaires
05:08dans ce pays ?
05:09Ce sera donc à 8h15
05:10et sur, en effet, ces éléments.
05:12Et c'est lui notamment l'auteur
05:13de l'expression
05:14« Le choc d'autorité ».
05:15Le choc d'autorité.
05:17Je crois que je l'ai déjà entendu dire
05:18que s'il avait déposé l'expression,
05:19il aurait le compte en banque d'Elon Musk.
05:21Ce n'est pas faux.
05:21Et vous avez raison de rappeler ces propos
05:23du directeur de la police générale,
05:25de la police nationale,
05:27parce qu'on y reviendra avec vous,
05:28amis auditeurs,
05:29après 8h30 au 0826,
05:31300, 300 et les 7h54.
05:33Et dans un instant, dans ce studio,
05:35Régis Maillot.
05:35A tout de suite.
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