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  • il y a 12 heures
Avec Anasse Kazib et Eric Haddad

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##MAGALI_BERDAH-2026-05-11##


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Transcription
00:00C'est un vrai sujet, c'est un vrai débat de société, les syndicats, on le voit avec tout ce
00:04qui se passe.
00:05Et ce soir pour débattre de ce sujet, on a Anas Gazib, qui est pour moi le syndicaliste le plus
00:12connu de France.
00:13Voilà, on va se dire les choses.
00:15Syndicaliste cheminot que je vais vous présenter juste après.
00:18Et qui va débattre avec Eric Haddad, qui est, alors pareil, une star des entrepreneurs.
00:23C'est le PDG du groupe Connect.
00:25Alors lui aussi c'est une star, j'ai deux stars ce soir en plateau les amis.
00:28De toute façon moi j'ai que des stars dans ce plateau alors.
00:31Et ce soir, je vais commencer par Anas.
00:34Bonsoir Anas.
00:35Bonsoir Magali.
00:35Merci d'être avec nous.
00:36Je vous en prie.
00:37C'est super gentil de répondre présent à chaque fois.
00:40Alors Anas, toi tu es cheminot, syndicaliste et figure engagée de lutte sociale en France.
00:46Tu es porte-parole du mouvement Révolution Permanente.
00:49Exact.
00:49Également, tu t'es fait connaître lors des mobilisations contre la réforme des retraites
00:53et à travers tes nombreuses prises de paroles médiatiques.
00:55Oui.
00:56Toi tu es vraiment souvent sur les plateaux télé, tu es hyper engagé.
00:59J'ai été aussi deux ans au Grandes Gueules sur RMC.
01:03C'est génial ça.
01:04On va dire qu'on m'a recruté par rapport justement à l'après-lutte de classe qu'il y
01:12a eu à la SNCF justement en 2018.
01:14Voilà.
01:15T'as kiffé les Grandes Gueules ?
01:16C'était bien.
01:17C'était bien.
01:18Après, ils m'ont viré.
01:21Pourquoi ?
01:22Parce que je pense que la parole d'un ouvrier à la radio, une parole subversive, en plus que les
01:28gens me connaissent,
01:28savent pertinemment que je défends un intérêt de classe.
01:32Clairement.
01:33Je pense qu'à un moment donné, lorsque ça commence à toucher aux limites que le système accepte,
01:40on m'a mis gentiment à la porte.
01:41Ah oui ? Tu penses que c'est ça ?
01:43Oui, oui.
01:44Ça a été dit clairement.
01:45Ah bon ?
01:46Oui, pour vous dire, j'ai été, j'ai été, bon c'est la partée de l'intro, mais j
01:51'ai été viré le jour du confinement.
01:55D'accord.
01:56Voilà.
01:56Je devais faire l'émission le lundi, Olivier Truchot m'a appelé le vendredi soir, alors que j'étais prévu
02:00le lundi,
02:01et que la prod avait supplié que je leur donne plus de dates sur le mois, et finalement ils m
02:06'ont arrêté.
02:07Et quand j'ai eu des syndicalistes justement de Next Radio TV,
02:11ils m'ont expliqué que ça venait de beaucoup plus haut que le groupe, et que ça venait justement de
02:15Drahi,
02:16et donc ils pensent que le gouvernement a dit qu'il faut le dégager.
02:19Parce que je pense qu'avoir un travailleur au moment de la crise sanitaire,
02:22qui va pointer, qui a toujours pointé les difficultés pour l'hôpital public, pour la santé, pour toutes ces questions
02:29-là,
02:30c'est sympa quand c'est le gauchiste de service, entre guillemets,
02:33mais quand ce gauchiste-là, écouté par des millions de personnes, c'est lui qui a raison,
02:37parce qu'il n'y a pas de gel, il n'y a pas de masque, on voit les gens
02:41mourir par centaines, par milliers,
02:43je pense que le système a eu peur, et ils se sont dit qu'il faut le dégager.
02:46Bon, Olivier Truchot m'a dit, écoute, ta parole elle est trop militante.
02:49J'ai dit, bon ben écoute...
02:50C'est-à-dire qu'il t'a appelé, il t'a dit quoi exactement ?
02:52Ben il était gêné déjà, il était gêné pendant cinq minutes, il m'a dit comment ça va se passer
02:55à la SN7.
02:56Il est gentil Olivier Truchot ?
02:57Moi j'ai des désaccords énormes avec Olivier Truchot et Alain Marchal,
03:01mais je veux dire, ça ne nous a jamais empêché de batailler sur le plateau télé,
03:05mais la réalité c'est qu'après il m'a dit, écoute, on a essayé de se batailler face à
03:09la direction,
03:09il ne veut rien savoir, ils ont dit, il faut arrêter à Nascazib absolument.
03:12Ah il t'a dit ?
03:13Ben oui, et pourtant, des semaines avant, on m'annonçait en grande pompe de retour à la radio,
03:18parce que je n'avais pas mis les pieds pendant deux mois, justement, pendant la grève de la fameuse retraite
03:22par points,
03:23où j'avais refusé de venir parce que je disais que moi, ma place, elle est sur le terrain,
03:27elle n'est pas sur les plateaux, etc.
03:29Donc bon, ça dit aussi quelque chose à quel point la parole syndicale, elle est...
03:33Et toi tu penses que c'est carrément le gouvernement jusque-là ?
03:38Ben moi je pense que oui, je veux dire, il n'y a aucune raison, comment dire,
03:46d'un point de vue, si on se mettait du point de vue de la production,
03:48pour arrêter quelqu'un qui vous fait des records d'audience, je veux dire.
03:53Parce que moi, les records d'audience, je les avais, les passages.
03:55Parce que c'est subversif, oui, parce que quand vous avez l'habitude d'écouter des patrons parler, etc.,
04:00où c'est une voix plutôt macroniste, plutôt système,
04:04et que vous avez un jeune ouvrier de quartier populaire,
04:06qui vous parle de lutte de classe, qui vous parle de transformation de la société,
04:11qui défend les aides-soignants, les profs, qui défend le coursier de chez Amazon, etc.
04:17Ben oui, ça énerve aussi, beaucoup, les gens de droite, etc.,
04:22mais ça amène aussi pour une production de l'audimat, et ça, ils le savaient.
04:26C'est fou, parce que les gens qui sont, on va dire, les gens qui pensent comme toi,
04:32disent que les patrons sont les patrons de Macron,
04:35et les patrons, eux, disent l'inverse,
04:38ils disent que Macron n'est pas du tout pour les entrepreneurs et pour les patrons.
04:42Donc, du coup, on n'arrive pas trop à se situer, on s'y attend.
04:46Il est où, du coup, Macron ?
04:48Il est où, du coup, Macron ?
04:49Ben, moi, je pense que la politique qu'il a fait de fait pendant 10 ans,
04:52elle a servi énormément les intérêts.
04:54Moi, je le vois, ben oui, je le vois clairement au quotidien.
04:57Alors, on va en parler, justement.
04:59On va parler de ça, c'est très intéressant, ce que tu dis.
05:03Voilà, donc, toi, tu as un franc-parler et une présence sur le terrain
05:05qui ont fait de toi une personnalité suivie du débat public
05:08et des mouvements sociaux contemporains.
05:09En tout cas, ça, on ne peut pas te l'enlever.
05:11Et donc, nous, que tu sois syndicaliste, pas syndicaliste,
05:15de gauche, de droite, ce que tu penses, tu es le bienvenu.
05:17Merci.
05:18Et tu es totalement libre de dire ce que tu penses.
05:21Et on reçoit, en face de toi,
05:23alors, on reçoit un entrepreneur star,
05:26Éric Haddad.
05:27Alors, Éric Haddad, bonsoir.
05:28Merci d'être avec nous.
05:30Bonsoir.
05:31Je suis vraiment désolé de ne pas être présent sur le plateau,
05:34mais malheureusement, je ne suis pas sur Paris.
05:36Donc, bonjour à tous.
05:38Eh bien, merci quand même d'être là.
05:40Je tenais absolument à vous avoir
05:41parce que vous êtes hyper engagé aussi du côté du patronat.
05:46Vous êtes le PDG du groupe Connect.
05:48Vous êtes spécialisé dans les solutions de relations clients
05:50et les services aux entreprises.
05:52Vous êtes un entrepreneur engagé.
05:54Vous développez des projets autour de l'innovation,
05:56du numérique et de l'accompagnement des marques
05:57dans leur stratégie de communication et de proximité client.
06:01À travers votre parcours,
06:02vous défendez une vision moderne de l'entreprise.
06:04Vous êtes tourné vers l'adaptation aux nouveaux usages
06:07et aux évolutions technologiques.
06:09Et votre expertise vous amène également
06:11à intervenir sur les enjeux économiques
06:13et entrepreneuriaux contemporains.
06:15Est-ce que c'est OK pour vous ?
06:17Alors, c'est OK,
06:18sauf qu'aujourd'hui,
06:19je suis le PDG du groupe Connect Travail Temporaire.
06:21En fait, c'est un groupe
06:22dans le domaine du travail temporaire,
06:24comme on le dit.
06:25Et nous sommes implantés, effectivement,
06:27sur toute la France
06:28et dans cet secteur d'activité.
06:31Alors, je voulais juste dire,
06:32déjà, par rapport à Anas,
06:34en fait, je suis tout à fait d'accord
06:35sur ce qu'il disait tout à l'heure.
06:37Mais il y a patron et patron.
06:39Et moi, j'ai toujours tendance à dire,
06:41en fait,
06:42que moi, je ne suis pas un patron du CAC 40.
06:44Moi, je suis un patron,
06:45je suis un chef d'entreprise, de PME.
06:48Et alors, après,
06:49bon, voilà,
06:50je pense qu'il faut vraiment différencier,
06:52effectivement,
06:53les profils de patrons.
06:54Parce qu'aujourd'hui,
06:54on catalogue un petit peu trop les patrons.
06:56On a toujours l'impression
06:57que les patrons,
06:58ils sont responsables de tout.
07:00Ils sont responsables des problèmes
07:01qu'aujourd'hui,
07:02certains salariés peuvent avoir.
07:05Ce n'est pas le cas aujourd'hui,
07:06en tout cas,
07:07au sein de mon groupe.
07:08Moi, j'ai un respect total
07:10envers de mes collaborateurs.
07:12La notion de classe,
07:14moi, je n'en ai pas.
07:15Je suis fils d'ouvrier.
07:17Puis, il y a un pur produit de l'immigration.
07:19Mes parents sont arrivés
07:21il y a maintenant
07:22une cinquantaine d'années.
07:24Ça n'avait pas parlé de français.
07:27On nous a donné des valeurs.
07:28On nous a éduqués.
07:29C'était des ouvriers.
07:30Mon père a travaillé à l'usine.
07:31Donc, je le voyais partir le matin.
07:33Je voyais comment ça galérait le problème.
07:35Il travaillait 7 sur 7
07:36pour pouvoir nourrir une famille.
07:37Et je peux vous dire
07:38que le respect, moi,
07:39de mes collaborateurs,
07:41de mes employés
07:41et du monde ouvrier,
07:43je le respecte au quotidien.
07:46Donc, c'est important.
07:47Je voulais le signaler
07:48parce que c'est vrai
07:49qu'on a tendance
07:50à faire des amalgames
07:51en mettant patrons
07:52dans tous les sens.
07:53Mais ce n'est pas le cas.
07:55Donc, en tout cas,
07:55en ce qui me concerne,
07:56ce n'est pas le cas.
07:56Mais on pourra échanger sur ça
07:58sans aucun problème.
07:59Et surtout,
08:00le monde du travail,
08:00je le connais parfaitement
08:02puisque ça fait maintenant
08:03plus de 20 ans
08:04que j'ai créé ce groupe.
08:05Et ça fait 32 ans
08:06que j'ai créé
08:07un certain nombre d'entreprises
08:09avec des collaborateurs,
08:10en tout cas,
08:11qui ont l'air
08:12de bien-être chez moi
08:13puisque ma philosophie,
08:14c'est bien-être
08:15de mes collaborateurs
08:16au sein de mes sociétés.
08:18Alors, Eric,
08:18quand vous entendez
08:19Anas Kazib
08:21dire que Macron
08:22est du côté
08:23de l'entrepreneur
08:24et des entreprises
08:25et non pas du côté
08:26des salariés,
08:27est-ce que vous êtes
08:27d'accord avec ça ?
08:33Vous m'entendez ?
08:35Eric, vous êtes là ?
08:36Oui, moi je suis là.
08:38Alors, je vous repose
08:39ma question.
08:41Je pense qu'il ne m'avait pas
08:42posé à moi.
08:43Ah si, c'était à vous.
08:44Ah pardon, excusez-moi.
08:45Désolé.
08:46Eric, je la refais.
08:47Eric Haddad,
08:48quand vous entendez
08:49Anas Kazib
08:50dire qu'Emmanuel Macron
08:51est plutôt du côté
08:52des entreprises
08:53plutôt que du côté
08:54des salariés,
08:55est-ce que vous êtes
08:56d'accord avec ça
08:57ou pas ?
08:58Moi, je ne suis pas d'accord
08:59parce que je ne vois pas
09:01en fait à partir
09:02de quel moment
09:02on considère
09:03que Macron
09:04est plus proche
09:05des entreprises
09:07que n'importe quel président
09:09ou pas
09:09que par rapport
09:10aux ouvriers.
09:11Aujourd'hui,
09:11on a un problème en France.
09:12Aujourd'hui,
09:13on a un véritable problème
09:13en France.
09:14C'est que le pays
09:15est en train de mourir.
09:17Donc, moi après,
09:18je ne veux pas entrer
09:18dans un débat politique
09:19parce que dans le cadre
09:20de mes fonctions,
09:21je ne suis pas là
09:22pour afficher
09:22mes orientations politiques.
09:24Sauf qu'aujourd'hui,
09:25on a un vrai problème.
09:26C'est que la France
09:27va mal.
09:29Elle va très mal
09:30aujourd'hui.
09:31Et que je ne pense pas
09:32en tout cas
09:32que Macron
09:33a apporté
09:34du plus
09:35aux chefs d'entreprise
09:36qu'au niveau
09:37des collaborateurs
09:38ou des employés.
09:40Maintenant,
09:40en tout cas,
09:41c'est mon sentiment.
09:41Je ne sais pas
09:42ce qu'en pense Anna,
09:42c'est de quelle manière
09:43parce qu'il a dit
09:44effectivement
09:44que Macron
09:46est plus
09:46le président des riches.
09:47Ça a été un peu
09:48l'image qu'on a donnée.
09:50Moi,
09:50aujourd'hui,
09:51je vais vous dire,
09:51en tant que chef d'entreprise,
09:53la chose que je vois,
09:54c'est qu'on est ponctionné,
09:55archi-ponctionné,
09:56dans tous les sens.
09:58Et la seule question
09:59qu'on est en train
09:59de se poser,
10:00c'est que nous,
10:00aujourd'hui,
10:00on crée de la valeur ajoutée.
10:02On est taxé sur la TVA,
10:04sur Lyon-Saf,
10:04sur la CVE,
10:05sur la TVA,
10:06etc.
10:06Bon,
10:07bref,
10:07j'arrête tous les impôts
10:08qu'on peut avoir.
10:09Quand vous regardez
10:09la fiche de paye
10:10d'un collaborateur,
10:11vous croyez qu'aujourd'hui,
10:12je n'ai pas envie
10:13de donner plus
10:13à mes collaborateurs
10:14et à mes salariés,
10:15mais j'en rêve
10:16tous les jours.
10:17J'en rêve tous les jours.
10:17Sauf que quand vous partez
10:18sur un brut
10:19et que vous redescendez
10:20sur un net aujourd'hui
10:21d'un employé,
10:23vous voyez déjà
10:23ce qui est fonctionné.
10:24Et quand vous voyez
10:25que quand vous donnez
10:26un salaire de 1 600
10:28ou 2 000 euros net
10:29à vos collaborateurs
10:30et qui vous coûte le double,
10:31croyez-moi,
10:33que, en tout cas,
10:34moi,
10:34en tant que chef de PME,
10:35chef d'entreprise de PME,
10:36je préférais qu'on nous fonctionne bien
10:38et qu'on augmente
10:39tous nos collaborateurs
10:40parce que ça leur permettra
10:42d'avoir un pouvoir d'achat
10:43beaucoup plus important.
10:44Mais aujourd'hui,
10:45nous,
10:45on est confrontés
10:46en fait à cette problématique.
10:47Donc,
10:48je vois encore aujourd'hui
10:48le gouvernement
10:49et le président
10:50nous a fait des faveurs.
10:52Au contraire,
10:53il continue de nous fonctionner
10:54à longueur de journée, quoi.
10:55Alors,
10:55réponse d'Anna Skazib.
10:58À nous et aux salariés.
11:01Réponse d'Anna Skazib.
11:02Juste après cette petite pause,
11:04restez avec nous
11:04sur Sud Radio.
11:05A tout de suite.
11:06Magali Berda,
11:07Sud Radio.
11:08On vit pas dans la même France.
11:10Sud Radio.
11:12Parlons vrai.
11:13Vous présente.
11:15Magali Berda,
11:16Sud Radio.
11:17On vit pas dans la même France.
11:19France.
11:21Magali Berda sur Sud Radio.
11:22Il est 20h15.
11:23Nous sommes en direct.
11:24On vit pas dans la même France.
11:25Alors,
11:25on se retrouve ce soir
11:27pour parler des entreprises
11:28et des syndicats.
11:30Il y a une petite guéguerre
11:31entre les entrepreneurs
11:31et les syndicats.
11:32Il y a une petite guéguerre
11:33entre les patrons
11:34et les syndicats.
11:35On va pas se l'enlever.
11:36Il y a toujours eu
11:36cette petite guéguerre.
11:38Alors,
11:38ce soir,
11:38on reçoit
11:39un syndicaliste
11:41star,
11:42Anas Kazib,
11:43qui est aussi
11:44porte-parole
11:45d'un parti politique.
11:47C'est ça,
11:47Anas ?
11:47Révolution permanente.
11:48Révolution permanente.
11:50Et on reçoit aussi
11:51Eric Haddad
11:52qui est PDG
11:53du groupe Connect
11:53et qui, lui,
11:54est plutôt de ce côté
11:55entrepreneur.
11:56Alors,
11:57Eric nous disait
11:58juste avant
11:58cette petite pause
11:59qu'on parlait
12:00de la France à Macron.
12:01On parlait de la France
12:01à Macron.
12:02Anas,
12:03toi,
12:03tu penses que Macron
12:03est pro-entrepreneur ?
12:06Eric dit pas du tout
12:08puisqu'au contraire,
12:09nous,
12:09on est taxés,
12:10enfin,
12:10les entrepreneurs
12:10sont taxés,
12:12surtaxés,
12:12ressurtaxés,
12:13encore ressurtaxés,
12:14qu'il préférait,
12:15lui,
12:15en tant que patron,
12:16reverser plus d'argent
12:17à ses employés
12:18pour qu'ils aient plus
12:19de pouvoir d'achat
12:20et pouvoir vivre correctement
12:21plutôt que de cotiser
12:23à l'État autant
12:25et que ça lui ferait plaisir
12:26même de donner plus d'argent
12:27à ses employés.
12:28Qu'est-ce que tu en penses,
12:29Anas ?
12:29Déjà,
12:31il y a plusieurs choses.
12:33Moi,
12:34je pense qu'il y a
12:35un patronat,
12:36d'accord ?
12:37Il n'y a pas de...
12:37ce n'est pas le sketch
12:38des inconnus,
12:39le bon et le mauvais chasseur,
12:41il y a le bon patron,
12:42le mauvais patron,
12:42etc.
12:43Moi,
12:43je pense qu'il y a
12:44une classe qui est
12:47la classe bourgeoise,
12:47pour moi,
12:48dans laquelle le patronat
12:50est,
12:51on va dire,
12:52l'incarnation,
12:52qu'ils défendent
12:53leurs intérêts,
12:54c'est-à-dire,
12:54ils défendent un intérêt de classe,
12:55ils défendent
12:56leurs objectifs financiers
12:57et autres et que...
12:58Mais t'as porté un patron
12:59obligatoirement dans la bourgeoisie ?
13:01Non,
13:01mais pour moi,
13:02en tout cas,
13:02un patron de PME,
13:03enfin,
13:04une PME,
13:05ce n'est pas l'artisan boulanger
13:07non plus,
13:07enfin,
13:08il faut dire aussi,
13:09c'est quoi une...
13:09L'artisan boulanger,
13:10c'est un patron ?
13:11Comment ?
13:11Un artisan boulanger,
13:12c'est un patron ?
13:13Oui,
13:13non,
13:13mais c'est...
13:13C'est un indépendant,
13:15c'est différent.
13:16Ça reste du patronat,
13:17mais je veux dire,
13:18les intérêts,
13:18ils ne sont pas spécialement
13:20les mêmes entre le charpentier
13:22qui est un stagiaire
13:23et le patron qui a des salariés,
13:26qui a nécessité d'exploiter
13:28la force de travail
13:29de ses salariés.
13:30Moi,
13:30d'ailleurs,
13:30il y a un truc
13:31sur lequel je tique,
13:32je ne suis pas d'accord
13:33sur exploiter
13:34parce que je trouve
13:34que c'est un mot très fort,
13:35exploiter.
13:37On n'est pas au temps
13:37de l'éclavagie
13:38de l'exploitation.
13:39Non,
13:39non,
13:40il n'y a pas...
13:40Aujourd'hui,
13:40je vais vous dire...
13:42Je vous ai écouté
13:43avec beaucoup d'attention,
13:44monsieur Adam.
13:45Excusez-moi,
13:45excusez-moi.
13:46Eric,
13:46je vous réponds
13:47et après,
13:47je vous laisse.
13:48Eric,
13:48prenez des petites notes,
13:50notez tout ce sur quoi
13:51vous voulez répondre,
13:52après,
13:52je vous laisse la parole.
13:53Excusez-moi.
13:53C'est pas grave,
13:54c'est pas grave.
13:54Déjà,
13:55sur la question
13:55de collaborateurs,
13:57ça c'est un terme
13:57qu'utilisent beaucoup
13:58les patrons
13:59dans l'ensemble
14:00des entreprises,
14:00il n'y a pas de collaborateurs.
14:01D'accord ?
14:02Les salariés sont subordonnés,
14:04ils sont subordonnés
14:05à un contrat de travail.
14:06C'est le patron
14:06qui décide de votre salaire,
14:07c'est le patron
14:08qui décide de vous embaucher,
14:09c'est le patron
14:09qui décide de vous licencier,
14:11c'est le patron
14:11qui décide de vos horaires
14:12et c'est le patron
14:13qui décide
14:13de ce qu'il veut partager
14:15demain ou pas.
14:15Il n'y a pas de collaborateurs.
14:16Au moment des bénéfices,
14:18on ne collabore pas,
14:19on ne vous dit pas
14:19« Tiens, c'est super,
14:20ici avec des collaborateurs,
14:22on va partager
14:22le gâteau en 50. »
14:24Non, le patron,
14:24il dit « Moi,
14:25je vais prendre un gâteau,
14:26je vais prendre
14:26la plus grosse part
14:27et puis je vais voir
14:28en fonction de qui
14:29a les meilleurs résultats,
14:31peut-être lui,
14:31je vais lui donner
14:31un peu mieux. »
14:33Et puis toi, Gérard,
14:34tu as bien vu,
14:35Françoise,
14:35elle a eu plus que toi,
14:36donc je compte sur toi
14:37l'année prochaine
14:37pour être le top manager
14:40qui aura la meilleure prime.
14:41Il n'y a pas de collaborateurs,
14:42on ne collabore à rien.
14:43Si je collabore,
14:44ça veut dire que c'est 50-50.
14:45Donc, vous ne pouvez pas
14:46me virer
14:46et je ne peux pas vous virer.
14:48Donc, quand un patron
14:49te dit « T'appelles un collaborateur,
14:50ça te dérange ? »
14:51à la SNCF,
14:52je déteste à chaque réunion
14:53quand j'entends « Collaborateur »,
14:55mes oreilles saignent.
14:56Je dis « On n'est pas des collaborateurs. »
14:57D'accord ?
14:58On ne collabore à rien.
14:59Vos projets,
14:59c'est vous qui les imposez
15:00et nous,
15:00on essaie de défendre
15:01notre outil de travail
15:02et on ne partage pas
15:04la même chose.
15:04Mais ça dit quelque chose
15:06aussi de la manière
15:06dont on pense
15:07par rapport à ce que
15:08disait M. Haddad.
15:09Enfin,
15:09ce n'est pas vrai
15:10l'histoire de
15:11« On est pris de taxes
15:12et... »
15:13Ah oui, pardon.
15:14Je vais venir à ça.
15:15Sur Macron.
15:15Enfin, Macron,
15:16excusez-moi.
15:17Le crédit impôt compétitivité,
15:19les réformes
15:20du système par points
15:21qu'il a essayé de faire,
15:22la réforme de la SNCF,
15:24la réforme de l'hôpital,
15:26enfin, je veux dire
15:27la réforme de la sécurité sociale
15:30où maintenant
15:30il y a des jours de carence
15:32dans lesquels
15:32les patrons n'ont plus
15:33à payer les salariés,
15:35les facilités de contrôle médicaux
15:36qui ont été renforcées.
15:39Au moment du Covid,
15:40il y a eu la fameuse
15:42loi effet d'aubaine
15:43où vous pouviez liquider
15:44je pense notamment
15:45par exemple
15:45à Alexis Mullier,
15:47groupe...
15:48J'ai oublié le nom,
15:50pardon,
15:51il était dans l'ameublement,
15:53c'était...
15:54Bon, j'ai oublié
15:55la société d'Alexis Mullier
15:57qui liquide
15:58avec 400 millions d'euros de dettes
16:00et qui récupère
16:01devant le tribunal du commerce
16:02avec un euro symbolique.
16:03Pareil,
16:04le patron d'orchestra
16:05au moment du Covid.
16:07C'est pas Maison du Monde
16:08qui a fait ça ?
16:08Non, c'est pas Maison du Monde,
16:09c'est l'autre là,
16:11c'est pas Casa,
16:12c'est un...
16:15Alinea,
16:16merci beaucoup,
16:16merci à...
16:18Alinea,
16:19c'est Alexis Mullier
16:20et orchestra,
16:21c'est l'autre patron
16:22qui fait des vêtements
16:23pour enfants,
16:23600 millions d'euros de dettes,
16:25il liquide l'entreprise
16:26devant le tribunal du commerce
16:28et il se reporte acquéreur.
16:30C'est-à-dire,
16:30vous,
16:31imaginez Magali,
16:32vous avez 600 millions d'euros
16:33de dettes,
16:34ça part
16:34et puis vous récupérez
16:35l'entreprise
16:36comme un sous-neuf.
16:37Ça,
16:38c'est la démonstration
16:39et je pourrais donner,
16:39rester toute la nuit ici
16:41à donner
16:41tous les moyens
16:43qu'a donnés
16:44Emmanuel Macron
16:45au patronat.
16:46Quelle loi a-t-il fait
16:47en faveur des salariés ?
16:49Est-ce qu'il a baissé
16:49le temps de travail ?
16:51Est-ce qu'il a indexé
16:52les salaires sur l'inflation ?
16:53Aujourd'hui,
16:54c'est pas la France.
16:55Enfin,
16:55je veux dire,
16:55on habite en France,
16:56mais je veux dire,
16:57c'est quoi la France ?
16:58C'est une coquivie,
16:59d'une certaine manière.
16:59Ceux qui sont en galère,
17:01c'est les classes populaires,
17:02c'est les travailleuses
17:03et travailleurs
17:03qui galèrent au quotidien,
17:04qui sont dans les bouchons
17:05sur le périphérique
17:06dès 7h du matin,
17:07qui rentrent chez eux
17:08à 19h,
17:09qui ont les devoirs à faire,
17:11qui essayent de faire à manger
17:12et puis qui au final
17:12voient le 10,
17:13le 15 du mois,
17:14ils sont en difficulté.
17:15Et ce que propose
17:16M. Haddad,
17:16moi j'entends,
17:17cette volonté derrière
17:18affichée de soi-disant
17:19augmenter les salaires
17:20mais au prix de la liquidation
17:22des cotisations patronales.
17:24Parce que c'est ça au fond,
17:25quand on dit
17:25les charges,
17:26ça pèse,
17:27non,
17:27c'est pas vrai.
17:28Les cotisations patronales,
17:29d'une part,
17:30elles financent les retraites,
17:31d'accord,
17:31elles participent
17:32à financer les retraites.
17:33Demain,
17:33M. Haddad retire
17:34la ligne cotisation patronale,
17:36vous avez des retraités
17:37qui, demain,
17:38n'ont plus de pension de retraite.
17:39Ça finance les hôpitaux.
17:40L'intégralité,
17:41pour que les auditeurs
17:42l'entendent,
17:43l'intégralité des CHU
17:45et de l'hôpital public
17:46est financée par une ligne
17:48qui est celle
17:48de la cotisation
17:49sécurité sociale,
17:50salariés et patrons
17:51sur la fiche de paye.
17:54Alors,
17:54si on utilise les bons mots
17:56en disant charge
17:56telle que c'est dit,
17:58ah oui,
17:58je préfère donner,
18:00au lieu de donner 200 euros,
18:01je préfère les donner
18:02à Françoise,
18:03je lui donne au moins
18:03120 balles à Françoise de plus.
18:05Mais Françoise,
18:06en fait,
18:06c'est 120 balles,
18:07qu'est-ce qu'elle va faire demain
18:08si elle est en réanimation ?
18:09Vous savez combien c'est
18:10la journée de réanimation ?
18:13Dans n'importe quel CHU ?
18:14C'est 9000 euros par jour.
18:15Vous imaginez,
18:16c'est-à-dire qu'on a un système
18:17qui,
18:18grâce à l'aide sociale,
18:19grâce aux cotisations
18:20salariales et patronales,
18:21en fait,
18:21permet justement
18:22que les gens,
18:23ils n'ont pas
18:23à avoir une boîte à chaussures
18:25en bas de leur lit
18:26et de mettre 10 balles,
18:2710 balles,
18:27etc., etc.
18:28Les lycées,
18:29les collèges,
18:29les écoles,
18:30tout ça est financé
18:31par les cotisations.
18:34Et moi,
18:34je pense que M. Haddad,
18:35il devrait ouvrir
18:36les livres de comptes
18:37de son entreprise
18:38et de montrer clairement
18:39à ses salariés
18:41qu'est-ce qu'il y a
18:42dans les livres de comptes
18:43et est-ce qu'il est capable
18:44ou non
18:44d'augmenter les salaires ?
18:46Et moi,
18:46je pense que,
18:47comme la plupart des patrons,
18:48il est en capacité
18:49largement
18:50d'augmenter
18:50les salaires des travailleurs.
18:52Alors,
18:53Eric Haddad,
18:54ça va ?
18:55Oui,
18:56très bien,
18:56très bien.
18:57C'est à vous.
18:58Donc,
19:00je ne voudrais pas
19:00que les oreilles d'Assane
19:01puissent avoir
19:05effectivement
19:06des soucis.
19:07Donc,
19:07je ne prononcerai plus
19:08collaborateur,
19:08mais salarié,
19:09effectivement.
19:10Donc,
19:10on a des salariés,
19:12si vous souhaitez,
19:12donc au lieu de dire
19:13collaborateur,
19:14mais on a des salariés.
19:15Mais est-ce que c'est vrai,
19:16M. Haddad ?
19:17Est-ce que ce que j'ai dit
19:18sur la définition
19:19de salarié du collaborateur,
19:20vous voyez bien
19:21qu'il y a quand même
19:22une nuance ?
19:23Il n'y a personne
19:23qui peut fracasser
19:24votre bureau
19:25et vous dire
19:25« Allez,
19:26Eric,
19:26je te vire ! »
19:27Parce que ça serait ça
19:28des vrais collaborateurs.
19:29Non,
19:30mais ça,
19:31attendez,
19:31on est dans un autre débat.
19:33Là,
19:33aujourd'hui,
19:33il ne faut pas qu'on rentre
19:34dans un cliché,
19:35c'est-à-dire qu'on est
19:35dans un autre débat.
19:36Aujourd'hui,
19:36vous êtes chef d'entreprise,
19:37d'accord ?
19:38Vous avez créé une société.
19:40Bon,
19:40donc moi,
19:41je sais ce que c'est
19:41puisque avant d'être
19:42créateur d'entreprise,
19:43j'étais salarié.
19:44Et à un moment donné,
19:46effectivement,
19:47je voulais autre chose.
19:49Donc,
19:49je me suis dit
19:49« Maintenant,
19:50je vais peut-être réfléchir
19:51et je vais peut-être
19:51essayer de créer
19:52des entreprises
19:53pour déjà prendre
19:54des risques
19:55quand j'ai créé
19:55mon entreprise.
19:56J'avais toutes mes économies,
19:57je les ai mis
19:58pour ma première entreprise.
19:59Ça aurait pu ne pas fonctionner
20:00et puis j'aurais été en galère
20:01et puis je ne sais pas
20:02ce que je serais devenu.
20:03Ça a marché,
20:04on a développé,
20:05on a réinvesti,
20:06on a créé de l'embauche,
20:07on a créé de l'emploi.
20:09On a un certain nombre de...
20:10Je vais vous dire,
20:10dans une de mes sociétés,
20:11vous savez,
20:12on parlera de ça aussi
20:13des jeunes,
20:14j'ai des collaborateurs
20:14qui sont avec moi
20:15depuis 25 ans,
20:16depuis plus de 25 ans,
20:1728 ans.
20:18Je vais vous dire aujourd'hui,
20:19ce n'est pas nous
20:19qui décidons,
20:20c'est le marché du travail
20:21qui décide.
20:22Tout à l'heure,
20:22vous me dites
20:23« Oui, mais vous les patrons,
20:24vous vous dites
20:24attendez,
20:24ça va être ce salaire-là,
20:25ça va être comme ça,
20:26tu vas faire ci,
20:27tu vas faire ça. »
20:28Mais ça,
20:28c'était dans l'ancien temps.
20:30Aujourd'hui,
20:31le salarié,
20:31c'est lui qui vient
20:32et qui se propose.
20:33Quand il est bon,
20:34il va vous dire
20:34« Moi, attendez,
20:34c'est simple,
20:35je viens chez vous,
20:36ok,
20:36qu'est-ce que vous m'apportez ?
20:37Qu'est-ce qu'il y a
20:37comme avantage chez vous ?
20:38Vous avez du télétravail ?
20:40Quel est le salaire
20:41que vous allez me donner ? »
20:43On va leur donner,
20:44on va leur faire des propositions.
20:46Le salarié est libre de dire
20:47« Moi, ça ne m'intéresse pas,
20:48je vais me vendre ailleurs
20:48puisque j'aurai la possibilité
20:50de gagner beaucoup plus. »
20:50C'est encore la seule chose
20:51qu'a le travailleur,
20:53c'est de pouvoir vendre
20:54sa force de travail
20:55le plus cher possible.
20:57Mais c'est génial,
20:58mais c'est génial.
20:58Mais moi,
20:59j'en suis tout à fait confiant.
21:00Mais c'est une minorité,
21:01ça, M. Haddad.
21:02Ce n'est pas tout le monde.
21:03Que vous ayez
21:04un développeur informaticien
21:06ou quelqu'un
21:07qui est dans le digital
21:08qui a un Bac plus 5
21:09ou un ingénieur
21:10qui est capable de se vendre
21:11parce qu'il sait
21:11que s'il ne va pas chez vous,
21:12il peut aller chez Thalès,
21:14il peut aller chez AXA,
21:15il peut aller chez Vinci,
21:15etc.
21:16Oui, à la limite.
21:17Mais le travailleur lambda,
21:18ne me faites pas croire
21:19que le chariste
21:20de chez Auchan,
21:21il vient devant
21:22le patron de chez Auchan
21:23et il dit
21:24« Écoute, moi,
21:25si tu veux que je bosse
21:25dans ton supermarché,
21:27c'est 2005 minimum,
21:28sinon je ne vais pas. »
21:29Vous voyez ce que je veux dire ?
21:29Parce que la réalité,
21:31elle est celle-là.
21:32Ce n'est pas tout.
21:33Ceux qui peuvent négocier
21:34leur salaire,
21:35c'est une minorité.
21:37Anas,
21:37je vous ai parlé,
21:38on a l'éditeur,
21:39je vous l'ai interrompu.
21:40Donc, laissez-moi
21:41effectivement terminer.
21:42Mais je comprends
21:43tout à fait ce que vous dites.
21:44D'abord,
21:44il n'y aura jamais
21:45parlé au patron
21:45parce qu'il n'arrivera
21:46jamais à discuter
21:47avec le patron.
21:48Il va peut-être
21:48parler avec la RH.
21:49Mais il y a effectivement
21:51aujourd'hui
21:51ce qu'on appelle
21:56selon les profils
21:57et selon
21:58l'expérience
22:00et un certain nombre
22:01de choses
22:02des salariés.
22:02Je n'ai pas dit
22:03quoi la bonne heure,
22:03des salariés.
22:04Donc,
22:04à un moment donné,
22:06vous savez,
22:07quand vous n'êtes pas
22:07satisfait de votre sort,
22:09c'est ce qui m'est arrivé
22:09moi personnellement,
22:10à un moment donné,
22:11ça ne me convenait plus.
22:12Donc,
22:12vous voulez gagner différemment,
22:14je voulais avoir
22:14une certaine autonomie,
22:15une certaine indépendance.
22:16Donc,
22:16j'ai créé.
22:17Maintenant,
22:18quand j'étais salarié,
22:20il y avait des moments
22:21où on n'acceptait pas
22:22quand j'allais voir
22:22effectivement le RH,
22:23je leur disais,
22:24« Attends, soyez gentil,
22:25mais j'aimerais bien
22:25quand même
22:26qu'au niveau de mon salaire,
22:27je puisse avoir un peu plus. »
22:29Et qu'on me disait,
22:29« Bah non, écoutez,
22:30M. Haddad,
22:31c'est bien ce que vous gagnez déjà,
22:33ce n'est pas possible,
22:33on est plafonné,
22:34on a des grilles de rémunération
22:36au sein de notre groupe,
22:36etc. »
22:37Bon,
22:38ok.
22:39Eh bien,
22:39écoutez,
22:41n'investissez plus sur moi
22:42parce que je vais vous dire,
22:43dès que j'ai une opportunité,
22:44j'irai ailleurs.
22:45Alors,
22:45bien sûr qu'on n'est pas
22:46dans les mêmes profils.
22:48Vous avez des profils
22:48qui sont ce qu'on appelle
22:50des profils
22:51à basse qualification
22:53sans que ça ne soit
22:53pas péjoratif
22:54parce que la basse qualification
22:56pour moi,
22:56ce n'est pas péjoratif.
22:57Mais effectivement,
22:58ça reste limité
22:59sur le parti salarial
23:01qu'on va demander
23:02en termes de rémunération.
23:03Maintenant,
23:04« Mais c'est quand même le cœur. »
23:06Les gens,
23:06ce n'est pas des bénévoles
23:07au resto du cœur.
23:08Vous savez,
23:08pour payer un loyer,
23:09mettre de l'essence,
23:10aujourd'hui,
23:10quand vous avez dit tout à l'heure
23:11« La France va mal »
23:12ou je ne sais quel terme
23:14vous avez utilisé,
23:15mais parce que ça va mal
23:16parce que les personnes
23:17qui mettaient un plein
23:18déjà à 70 balles,
23:19aujourd'hui,
23:20elles le mettent à 120 euros
23:21ou à 130 ou 140 euros
23:22et qu'au final,
23:23c'est du pouvoir d'achat en moins.
23:25C'est-à-dire que déjà,
23:26leur salaire n'a pas augmenté.
23:27Mais chaque mois,
23:28ils se retrouvent avec
23:29le gaz,
23:30l'électricité,
23:30etc.
23:31Enfin,
23:31je ne sais pas,
23:32vos auditeurs,
23:32ils vivent ça.
23:33Je veux dire,
23:33moi,
23:34je le vis dans ma chair.
23:35Je veux dire,
23:36on m'a envoyé une régulation
23:38il n'y a pas longtemps
23:39de l'électricité,
23:39300 euros en appartement.
23:41Vous imaginez
23:41comment vous faites.
23:42Mais ça,
23:42c'est l'État,
23:43le problème.
23:44C'est le gouvernement.
23:44Mais non,
23:45ce n'est pas les entrepreneurs.
23:47Mais c'est un tout.
23:49C'est un système en entier.
23:51Il n'y a pas un coupable.
23:52Non,
23:53mais attendez,
23:53le système aujourd'hui,
23:54c'est qu'aujourd'hui,
23:55l'État ne sait plus quoi faire
23:58pour renflouer ses caisses.
23:59Donc ça,
24:00c'est clair,
24:00on part d'un constat aujourd'hui.
24:01Il y a dans l'Espagne
24:02le litre de carburant.
24:04Il n'a rien à voir du tout
24:05avec celui aujourd'hui
24:06auquel on est.
24:07Vous croyez que la France
24:08n'a pas la capacité
24:09de défendre le prix ?
24:09Mais non,
24:10mais le premier,
24:10M. Haddad,
24:11c'est Total qui se gave.
24:12C'est Total qui a des barils.
24:14Écoutez,
24:15moi,
24:15j'ai des camarades
24:16qui sont raffineurs
24:16pour que les gens,
24:17ils le comprennent.
24:18Il faut savoir
24:18que ce qui est raffiné aujourd'hui
24:20et ce qui est dans les pompes
24:21à essence concrètement,
24:22c'est des barils
24:22qui datent de l'année dernière.
24:24Ça n'a rien à voir
24:24même avec le conflit actuellement.
24:26Mais l'indexation des salaires,
24:29elle permettrait justement
24:29que s'il y a une inflation,
24:30votre salaire,
24:31il suit.
24:31Ça existait.
24:32C'est Mitterrand
24:33qui l'a retiré.
24:33Je veux dire,
24:34et dans plein d'autres pays,
24:34ça existe.
24:35Je suis obligée de vous couper.
24:36Je suis obligée de vous couper.
24:37On part en pause.
24:38Restez avec nous sur Sud Radio.
24:39J'ai des questions à vous poser
24:40pour qu'on soit un peu plus audibles
24:42avec nos auditeurs.
24:43J'ai des questions
24:43un peu plus simples
24:44à vous poser
24:44sur les entrepreneurs
24:45et les salariés.
24:46Restez avec nous.
24:47A tout de suite sur Sud Radio.
24:48Magali Berdas, Sud Radio.
24:50On ne vit pas dans la même France.
24:52On ne vit pas dans la même France.
24:55Magali Berdas sur Sud Radio.
24:57Il est 20h30.
24:57Nous sommes en direct.
24:58On ne vit pas dans la même France.
24:59Alors ce soir,
25:00on ne vit pas dans la même France.
25:00On a un entrepreneur
25:03qui s'appelle Eric Haddad
25:04qui est PDG du groupe Connect
25:06qui revendique l'entreprenariat
25:08et ses côtés positifs
25:09comme ses côtés négatifs.
25:10Et en face,
25:11on a Anas Kazip
25:12qui est syndicaliste cheminot
25:14et qui, lui,
25:15revendique le droit des salariés, etc.
25:17Et une vision vraiment différente
25:20du salariat,
25:21on va dire, entre guillemets.
25:23On parle des syndicats aussi.
25:24Est-ce qu'ils sont devenus ringards
25:25chez les jeunes ?
25:26Alors on va y venir.
25:27Moi, j'ai une question pour Anas.
25:29Anas, quand on t'entend parler,
25:31on a l'impression
25:32qu'il y a une fracture.
25:33Et tu me dis si je me trompe.
25:35Peut-être que je ne me trompe pas.
25:37Mais j'ai l'impression
25:37qu'il y a une fracture
25:39entre toi
25:40qui représente les salariés
25:42et les patrons.
25:43On a l'impression
25:43qu'en fait,
25:44il y a un point de non-retour
25:45entre les patrons.
25:47Vous êtes tous des bourgeois,
25:48vous êtes tous des snobs,
25:50vous êtes tous des gens
25:51qui profitaient des salariés,
25:53qui exploitaient,
25:53tu as dit ce terme-là tout à l'heure,
25:54qui exploitaient les salariés.
25:56Et on a l'impression
25:57que forcément,
25:58il y a une rupture.
26:00Or, un salarié
26:01ne peut pas vivre sans un patron.
26:02Et un patron ne peut pas vivre
26:04sans un salarié.
26:05Donc, c'est vrai l'un dans l'autre.
26:07Ce n'est pas vrai ça.
26:08Si un petit peu,
26:09parce qu'aujourd'hui,
26:10à part si on est entreprise individuelle
26:12et qu'on est auto-entrepreneur,
26:13là, on n'a pas de salarié,
26:14il n'y a pas de souci.
26:14Mais quand on a une entreprise...
26:15Moi, je peux vivre
26:15sans le patron de la SNCF.
26:17Et je pense que...
26:18Mais tu ne peux pas vivre
26:18sans la SNCF.
26:19Pour moi, un patron,
26:20c'est l'entité.
26:21Oui, mais c'est parce qu'on a attribué.
26:22Du coup,
26:22c'est une discussion intéressante.
26:25C'est qu'on considère
26:26que l'entreprise,
26:26c'est le patron.
26:27L'entreprise,
26:28c'est le cadre dans lequel,
26:29normalement,
26:29on travaille.
26:30D'ailleurs,
26:30le nom du MEDEF,
26:31avant, ça s'appelait,
26:32en gros,
26:32c'était le syndicat des patrons.
26:34Aujourd'hui,
26:34on dit,
26:35c'est le mouvement des entreprises.
26:37C'est beau,
26:38l'entreprise,
26:38entre guillemets,
26:39dans l'oreille.
26:40Ça sert à ça.
26:41On dit,
26:41mais attends,
26:41comment tu peux être
26:42contre l'entreprise ?
26:43Mais la réalité,
26:44c'est que derrière ce qui est mis,
26:45pardon,
26:46derrière entreprise,
26:50c'est patron.
26:51Moi,
26:51je considère que je viens prendre mon service,
26:53je travaille,
26:54je remets mon service à mon collègue,
26:56le patron,
26:58il n'intervient dans rien.
27:00Et je pense que la plupart,
27:01pourquoi je parle d'exploitation ?
27:02C'est parce que pour pouvoir faire tourner l'entreprise de M. Haddad,
27:06il a besoin de la force des travailleurs qui sont présents.
27:09Si vous mettez M. Haddad à la place,
27:11dans son entreprise,
27:12seul,
27:13génie des patrons qui peut être,
27:15je prends M. Haddad,
27:16mais je n'ai rien en spécifique sur M. Haddad.
27:19Mais je veux dire,
27:20prenons,
27:20je disais,
27:21je donnais un exemple à Carlos Ghosn.
27:22Au moment où Carlos Ghosn,
27:23vous vous souvenez,
27:24pendant un an,
27:24il était en cavale,
27:25il était encore patron de Renault.
27:27Mais les usines Renault,
27:28on n'a pas,
27:29les Céni qui n'ont pas arrêté de tourner et de sortir,
27:31vous voyez ce que je veux dire ?
27:32Par contre,
27:32Carlos Ghosn,
27:33il était administrativement toujours le patron,
27:36mais il était en exil.
27:38Il s'était échappé.
27:39Et j'avais dit une phrase,
27:42notamment,
27:42dans un débat où j'avais dit,
27:44sortez les ouvriers de Renault
27:45et mettez à la place Carlos Ghosn,
27:48on va voir combien de choses il va produire.
27:49La réalité,
27:50c'est que c'est les travailleurs
27:51qui font tourner les entreprises.
27:53Si je peux me permettre,
27:54met un ouvrier qui fabrique la voiture aux commandes de l'entreprise,
28:00peut-être qu'il ne va pas y arriver non plus.
28:01C'est un talent différent.
28:04Ça reste un talent.
28:05Non,
28:05moi je pense que,
28:06on est en capacité,
28:07pourquoi je dis ça ?
28:08Et je termine là-dessus.
28:09On est en capacité,
28:10travailleuses et travailleurs,
28:11on est capable de penser,
28:12moi je suis capable,
28:13avec mes collègues,
28:14conducteurs de train,
28:16commerciaux en gare,
28:17etc.
28:17Pensez,
28:18l'outil de travail,
28:19on le connaît,
28:19on le fait vivre au quotidien,
28:21on est capable de se réunir,
28:23de faire des commises.
28:23Mais pour toi,
28:23la gestion d'une entreprise n'est pas un vrai métier ?
28:25Comment ?
28:26Mais pour toi,
28:26à t'écouter,
28:27la gestion d'une entreprise aujourd'hui
28:28n'est pas un vrai métier,
28:30elle n'est pas essentielle ?
28:31Mais c'est un métier qui sert justement
28:33à faire du profit,
28:34à avoir les lignes budgétaires,
28:36etc.
28:36Mais la gestion d'une entreprise
28:37sert à faire vivre les employés,
28:39ça sert à payer les salaires.
28:40Magali,
28:40il y a des exemples d'entreprises
28:42qui sont sous contrôle ouvrier.
28:44Il y a des exemples toujours,
28:45mais comme des employés
28:46qui sont contrôlés.
28:47Pour répondre au fait que sans patron,
28:49je veux dire,
28:50enlever le patron,
28:51c'est simple.
28:51Donc toi,
28:51tu peux enlever le patron d'une entreprise ?
28:53Enlever le patron de l'usine,
28:53laisser les salariés,
28:55est-ce que vous pensez
28:56que l'entreprise continue à tourner ou pas ?
28:58Moi,
28:58je vous dis que oui,
28:59avec des contre-maîtres,
29:00avec des techniciens,
29:01des ingénieurs.
29:02tu penses qu'une entreprise
29:02peut vivre sans un patron ?
29:04Mais largement.
29:04Ok,
29:05et l'inverse n'est pas possible.
29:07L'inverse n'est pas possible.
29:07Réponse de Eric Haddad.
29:09Eric Haddad,
29:09est-ce qu'une entreprise aujourd'hui
29:10peut vivre sans patron ?
29:12Non,
29:13l'inverse n'est pas possible.
29:14D'abord,
29:14je vais vous dire,
29:15parce que ce n'est pas une question
29:15que l'entreprise peut vivre
29:16sans patron ou avec patron.
29:19Allô ?
29:19Allô ?
29:19Vous m'entendez là ?
29:20Donc en fait,
29:21l'entreprise,
29:22c'est un ensemble.
29:23L'entreprise,
29:24en fait,
29:24ce qui me gêne,
29:25moi,
29:25chez les syndicats d'aujourd'hui,
29:26je pense qu'en fait,
29:27ils sont admins.
29:28Et c'est pour ça
29:28qu'il y a beaucoup de jeunes aujourd'hui
29:29qui n'adhèrent plus du tout
29:31à ça.
29:32Pourquoi ?
29:32Parce qu'en fait,
29:33aujourd'hui,
29:34le syndicat,
29:34il faut arrêter de rentrer
29:35dans la confrontation systématique
29:37entre les chefs d'entreprise
29:38et les salariés.
29:39Aujourd'hui,
29:40une entreprise ne fonctionne
29:41qu'à partir du moment
29:42où vous avez effectivement
29:43des salariés qui sont là
29:45et un capitaine
29:46qui est effectivement
29:47le chef d'entreprise.
29:48Et l'un va avec l'autre.
29:50Aujourd'hui,
29:50l'entreprise,
29:51pour moi,
29:51le monde de l'entreprise,
29:52et je le répète,
29:53comme je le disais initialement,
29:55peut-être qu'effectivement,
29:56les boîtes du CAC 40,
29:57on pourrait dégager
29:58le PDG du CAC 40
30:00parce qu'autour,
30:00il y a tout un staff,
30:02il y a des DG,
30:02il y a des RH,
30:03etc.
30:04Nous,
30:04chef d'entreprise,
30:05on est à bon polyvalent.
30:07Vous savez,
30:07quand j'ai démarré,
30:08j'avais multi-casquettes.
30:09Un jour,
30:09j'étais commercial.
30:10Le lendemain,
30:10j'étais gestionnaire.
30:11Le surlendemain,
30:12j'étais comptable.
30:12Le surlendemain,
30:13je négociais avec mes banques
30:14pour obtenir des découvertes
30:15et pour ne pas sauter
30:16pour pouvoir payer mes salaires
30:18et pour pouvoir
30:18aider mes salariés.
30:19Le lendemain,
30:20j'étais technicien
30:21parce que je garde toujours
30:21le contrôle
30:22effectivement sur le marché.
30:24Donc,
30:24aujourd'hui,
30:24une entreprise,
30:25ce n'est pas une confrontation
30:26entre un mouvement syndical
30:28et les salariés
30:29et le chef d'entreprise.
30:31Aujourd'hui,
30:31il faut travailler
30:32un peu comme font les Allemands.
30:33Les syndicats allemands,
30:35en fait,
30:35travaillent main dans la main
30:36avec les chefs d'entreprise,
30:38avec les salariés
30:39pour pouvoir obtenir
30:40quelque chose
30:40qui va dans l'intérêt global,
30:43dans l'intérêt des salariés
30:44et dans l'intérêt
30:45des chefs d'entreprise.
30:46Ce n'est pas une confrontation
30:47l'un en face de l'autre.
30:49Aujourd'hui,
30:49le salarié qui produit...
30:49Vous savez,
30:50il y a combien de travailleurs pauvres
30:51en Allemagne ?
30:52C'est l'un des taux
30:53les plus importants d'Europe.
30:54Je crois que c'est quasiment
30:5514 millions de travailleurs pauvres
30:56en Allemagne.
30:58La retraite,
30:59elle est à 67 ans.
31:00Monsieur Haddad,
31:01ce n'est pas vrai.
31:01Enfin,
31:01la question...
31:02Il y a besoin d'un capitaine.
31:03Pourquoi ?
31:04Et pourquoi,
31:04d'ailleurs,
31:05ce capitaine,
31:05il gagne 10,
31:0615,
31:0720,
31:0730 fois ?
31:07Je ne sais pas
31:08si vous êtes capable
31:08de dire votre salaire.
31:09Moi,
31:09je peux vous le dire,
31:10mon salaire à l'antenne,
31:11je n'ai pas de souci.
31:13Mais est-ce que vous,
31:14vous pourriez dire votre salaire ?
31:15Est-ce que vous considérez
31:16que votre salaire,
31:17comparé au premier des salaires
31:19de votre entreprise,
31:20il est plus méritant ?
31:21Est-ce que l'ouvrier
31:22de chez Stellantis,
31:24de chez Citroën,
31:25qui met des pare-chocs
31:26par centaines chaque mois,
31:28qui permet que cette voiture,
31:30elle puisse sortir ?
31:31Parce que le patron de Stellantis,
31:32il ne sert à rien
31:33si les voitures ne sortent pas
31:34de l'usine.
31:34Vous voyez ce que je veux dire ?
31:35Il y a besoin aussi...
31:36Moi,
31:37je me bats contre,
31:38justement,
31:39cette idée
31:39où il n'y a qu'à faucon.
31:41Il n'y a qu'à être entrepreneur.
31:43Celui qui veut avoir
31:44plus de liberté,
31:45plus d'oseille,
31:45il n'a qu'à devenir patron,
31:47prendre des risques.
31:47Mais la réalité,
31:48c'est que l'entreprise
31:49de M. Haddad,
31:50elle ne peut pas fonctionner
31:52sur ce modèle-là
31:52où chaque salarié
31:54qui pourrait
31:56deviendrait travailleur,
31:56ça veut dire
31:57deviendrait patron.
31:58Ça veut dire qu'aujourd'hui,
31:59en France,
32:00on aurait 30 millions
32:01d'entrepreneurs
32:03et des usines vides.
32:04Les patrons,
32:05ils ont surtout besoin
32:06que les travailleurs
32:06restent à leur place.
32:07Ils n'ont pas besoin,
32:08en fait,
32:09le patron qui a besoin
32:10de sortir 10 000 Citroën
32:13par an,
32:14il a besoin
32:15de la force
32:16de travail
32:16pour les sortir.
32:17Parce qu'il sait
32:18que si les 10 000 ouvriers
32:19qui lui font sortir
32:20ce produit-là,
32:21demain,
32:21ils décédaient tous
32:22d'être pizzaïolo,
32:23boulanger,
32:24charpentier,
32:25etc.,
32:25ils se diraient
32:26mais merde,
32:26moi,
32:26mes usines,
32:27elles sont vides,
32:27comment on va faire ?
32:28Mais c'est une réalité.
32:29Oui,
32:30mais ça,
32:30il n'y a pas de débat.
32:30Il ne faut pas juste dire
32:31qu'il n'y a qu'un faucon.
32:33Non,
32:33mais là,
32:33on n'a pas de débat là-dessus.
32:35Là,
32:35on est en train
32:36de s'orienter
32:37uniquement sur des activités
32:38où, effectivement,
32:39on parle de production pure.
32:41Mais moi,
32:41je n'ai pas de débat là-dessus.
32:42Je n'ai aucun problème.
32:43Je veux dire,
32:44de ce côté-là,
32:44je ne vois pas en quoi
32:45ça peut se mettre.
32:46Mais il ne faut pas
32:47se focaliser
32:48sur des activités industrielles.
32:50C'est pour ça,
32:50M. Haddad,
32:51je vous ai répondu
32:52parce que vous avez dit
32:52qu'il faut un Capitaine.
32:54Moi,
32:54je maintiens
32:55que je suis contre ce système-là.
32:57Je peux le comprendre.
32:58Dans ces conditions,
32:59effectivement,
32:59il y a d'autres...
33:00Je ne sais pas pourquoi
33:00Bernard Arnault,
33:02il pèse 200 milliards.
33:03Qu'est-ce qu'il fait,
33:03Bernard Arnault ?
33:04Est-ce qu'il a déjà cousu
33:05un sac Louis Vuitton ?
33:06Est-ce qu'il a déjà
33:07conduit un Renault Trafic ?
33:08Est-ce qu'il a déjà fait le ménage
33:09dans sa boutique
33:10des Champs-Elysées ?
33:11Bernard Arnault,
33:12Bernard Arnault...
33:12Il n'est ni designer
33:13ni dessinateur.
33:14Vous voyez ce que je veux dire ?
33:15Il pèse 200 milliards.
33:16C'est énorme.
33:17Il pèse 200 milliards,
33:18mais on ne peut pas
33:19approcher un gars
33:20comme Bernard Arnault
33:21qui pèse 200 milliards
33:22aujourd'hui,
33:22qui a créé un certain nombre
33:24de travailleurs
33:25qui aujourd'hui
33:26payent 5 milliards,
33:27500 millions,
33:27en fait,
33:28au gouvernement
33:29et à l'État.
33:31Et sans effectivement
33:31cet argent,
33:32je veux dire,
33:33ça reste des recettes colossales.
33:34Vous voyez ?
33:35Monsieur Haddad,
33:35je vous ai ramené
33:36dans un piège.
33:37C'est l'entreprise.
33:37Non, c'est pas un piège.
33:38Il n'y a pas de piège.
33:39Monsieur Haddad,
33:40je vous ai amené
33:40dans mon piège.
33:41Je vous ai amené
33:42dans mon piège
33:42parce qu'au début,
33:43vous m'avez fait
33:44la sérénade
33:45de les patrons,
33:46c'est pas tous les mêmes,
33:47etc.
33:47C'est-à-dire,
33:48vous étiez en train
33:48de, entre guillemets,
33:49je caricature,
33:50mais mettez des coups de pompe
33:52au patron du CAC 40,
33:53mais dès qu'on attaque
33:54les patrons du CAC 40,
33:55vous les félicitez
33:57comme si c'était
33:59le dieu de Zeus
34:00sur Terre.
34:01Vous devriez l'insulter,
34:02au contraire.
34:03Vous devriez dire
34:04moi, j'ai rien à voir
34:04avec Bernard Arnault
34:05que je considère
34:06qu'il ne devrait pas
34:06peser 200 milliards.
34:07Pas du tout.
34:08Au contraire,
34:09vous avez dit
34:09que c'est lui
34:09qui paye.
34:10Il paye rien.
34:12C'est lui qui paye.
34:13Non, mais à la différence
34:14entre vous,
34:15entre ce que vous pensez
34:16et moi,
34:16c'est que moi,
34:17sincèrement,
34:18je m'en fous complètement.
34:19Qu'il pèse 200 milliards
34:20ou qu'il gagne tant,
34:22tant mieux pour lui.
34:23C'est vous qui l'avez défendu.
34:24Non, j'ai dit,
34:25j'ai dit,
34:26attendez,
34:26je n'ai pas défendu
34:27qui que ce soit.
34:27Je donne mon point de vue.
34:28Aujourd'hui,
34:29vous me parlez de Bernard Arnault,
34:30je dis moi,
34:30oui, Bernard Arnault aujourd'hui.
34:32Est-ce que c'est normal
34:32qu'il pèse ça ?
34:33C'est ça que je vous ai dit.
34:34Et vous êtes parti dire
34:35qu'il...
34:37Pareil.
34:37Il n'y a pas de normalité.
34:38Je vous ai repris
34:39sur collaborateurs.
34:40Mais par le reste,
34:41je pense que vous respectez
34:42quand même vos salariés,
34:43les travailleuses et travailleurs
34:45qui font votre entreprise.
34:46Vous ne pouvez pas vous permettre
34:47de dire que Bernard Arnault,
34:48c'est lui qui donne
34:495,5 milliards.
34:50Ceux qui donnent
34:515,5 milliards,
34:52ce sont ceux qui coulent,
34:54qui découpent le cuir,
34:56qui dessinent les sacs,
34:57qui sont dans la boutique
34:59de 9h du matin à 18h.
35:00Mais pourquoi vous les effacez ?
35:02Non, mais non,
35:03je ne les efface pas du tout.
35:04Non, mais dites-moi
35:05parce que je ne dis pas.
35:06Parce que je n'entends jamais
35:08dans la bouche des patrons
35:09de dire merci aux salariés
35:10de payer.
35:11Merci aux salariés
35:12de participer.
35:13J'ai essayé de vous répondre
35:15l'un après l'autre.
35:16C'est pas facile.
35:17Anas, Anas,
35:18alors je peux vous dire
35:19que là, vous êtes mal tombés.
35:20Vous êtes très mal tombés
35:21avec moi parce que
35:21je vais vous dire
35:22si je vous donnais
35:23la possibilité de le faire
35:24et avec toute transparence
35:25de faire un sondage
35:27sur le nombre de collaborateurs
35:28et de salariés
35:29parce que je suis obligé
35:30de dire quand même collaborateurs
35:31parce que moi,
35:31j'ai besoin de travailler
35:33et d'échanger avec eux.
35:34En tout cas,
35:34je peux vous dire
35:35que si vous ferez un sondage,
35:36vous seriez vraiment
35:38en tout cas étonné
35:39de, je dirais,
35:40des retours
35:41que vous allez avoir.
35:42Parce que moi,
35:43je vais vous dire,
35:44alors moi,
35:44je ne défends pas
35:45le tel ou tel patron.
35:47Chacun fait ce qu'il a envie.
35:48Si aujourd'hui,
35:48Arnaud pète 200 milliards,
35:50tant mieux pour lui.
35:51Il a des entreprises.
35:52Il a fait effectivement
35:53et aujourd'hui,
35:54il a fait fructifier
35:55ces entreprises
35:55par des décisions stratégiques,
35:57par des investissements globaux,
35:59par un certain nombre
35:59de choses.
36:00Mais bien sûr que
36:01le groupe ou ses filiales
36:03ou quelles que soient
36:03les entreprises
36:04sans les salariés,
36:06on est tout à fait d'accord.
36:07Je veux dire,
36:07moi,
36:08je ne mets pas les salariés
36:08dans Fax
36:09en contradiction
36:10par rapport
36:10à un chef d'entreprise.
36:12C'est un ensemble.
36:13Vous savez,
36:13c'est comme une équipe de route.
36:14Vous aimez certainement le tout.
36:16Vous avez une équipe.
36:17Si vous avez un bon capitaine
36:18de l'équipe
36:19et que vous n'avez
36:20que des bras cassés
36:21en fait sur le terrain,
36:22vous n'allez peut-être
36:23pas aller chercher
36:24la Coupe du Monde
36:25ou la Coupe d'Europe.
36:25Maintenant,
36:26si vous réussissez
36:27à faire un équilibre
36:28avec un chef,
36:29un capitaine d'entreprise
36:30et que chacun
36:30est à son job
36:31et il le fait bien
36:32effectivement,
36:34ça ne va pas bien.
36:35Mais quel est le job
36:36du capitaine d'entreprise ?
36:37Alors les amis,
36:39on part en pause.
36:40Excusez-moi,
36:40je suis désolée les amis
36:42pour penser à nos petites pauses
36:44sur Sud Radio.
36:44On a besoin de pub.
36:45On va faire rentrer les sous
36:46les amis.
36:47Allez,
36:47restez avec nous.
36:48A tout de suite
36:48sur Sud Radio.
36:50Magali Berda,
36:51Sud Radio.
36:52On ne vit pas
36:53dans la même France.
36:59Magali Berda sur Sud Radio,
37:01il est 20h43,
37:0220h44 maintenant.
37:03On ne vit pas
37:03dans la même France.
37:05Ce soir,
37:05on parle des entreprises,
37:07des salariés,
37:07des syndicats.
37:08Est-ce que les jeunes,
37:09est-ce que les syndicats
37:11sont devenus ringards
37:11chez les jeunes ?
37:12Voilà,
37:13on parle de cette fracture
37:13qu'il y a aujourd'hui
37:14entre l'entrepreneuriat français
37:15et le salariat français
37:17avec Anas Kazib
37:19qui est syndicaliste cheminot
37:21et Éric Haddad
37:22qui est PDG du groupe Connect.
37:23Moi,
37:23j'ai une question à poser
37:24parce que vous n'êtes pas
37:25du tout d'accord.
37:26Alors vraiment,
37:27pour toi Anas,
37:27je résume pour les auditeurs
37:28qui viennent nous rejoindre.
37:29Pour toi,
37:30les patrons,
37:31en gros,
37:32je vais y aller français,
37:34ne servent à rien.
37:35Ils ne servent à rien.
37:36Profite de la force
37:36des travailleurs surtout.
37:38Non mais,
37:38si je comprends ce que tu dis,
37:40les patrons ne servent à rien,
37:41les employés font tout le boulot
37:43et aujourd'hui,
37:44l'entreprise peut vivre
37:44sans un patron.
37:45Je résume ce que tu nous as dit.
37:48Est-ce que moi,
37:48j'ai une question à te poser.
37:50Anas,
37:50est-ce que tu as déjà été patron
37:52dans ta vie une seule fois ?
37:53Moi,
37:54je n'ai jamais été patron
37:54dans ma vie
37:55et je ne le souhaite pas
37:57parce que de fait,
37:58je suis contre le système
38:00tel qu'il est,
38:00c'est-à-dire celui
38:02d'avoir besoin
38:04d'exploiter la force
38:05de quelqu'un
38:05pour pouvoir s'enrichir
38:06parce que c'est ça l'objectif.
38:08Mais est-ce que tu sais
38:08ce que c'est une nuit blanche
38:09aujourd'hui d'un patron ?
38:10Mais est-ce qu'un patron,
38:11il sait qu'est-ce qu'une nuit blanche
38:12d'un travailleur ?
38:13Il y a beaucoup de patrons
38:13qui ont été salariés
38:14avant d'être patron.
38:15Mais non,
38:16c'est une chose
38:17mais il y a plein de...
38:18Il faut dire déjà quelque chose.
38:20Il y a plein de gens
38:21qui ont plein d'idées
38:22fantastiques
38:22et qui n'aboutissent jamais
38:24parce que
38:25ce qu'a besoin d'un patron
38:26avant tout,
38:26c'est d'un capital.
38:27C'est-à-dire d'avoir de l'argent
38:29et aussi d'avoir des prêts.
38:31Et les banques,
38:31en fait,
38:32elles ne donnent pas de l'argent
38:32à n'importe qui,
38:33etc.
38:34C'est-à-dire celui
38:34qui s'est fait de rien du tout,
38:36c'est systématiquement faux.
38:37C'est d'ailleurs pourquoi
38:38Bernard Arnault,
38:39c'est un fils d'eux,
38:40Bolloré est un fils d'eux,
38:45j'ai entendu mais après...
38:47Et on peut vous dire
38:47que la seule richesse
38:48que les parents vous ont laissé...
38:49Je ne vais pas vous demander
38:50votre autobiographie
38:51mais très certainement
38:53il y a eu des prêts de banques,
38:55il y a eu des soutiens financiers
38:56qui vous ont permis
38:57de faire un certain nombre de choses,
39:00etc.
39:00Mais je me suis battu,
39:01je n'ai pas dormi
39:02pendant des nuits et des nuits
39:03pour créer ma première société
39:04avec des nuits blanches,
39:06avec une seule obsession,
39:07c'était déjà de payer
39:08mes salariés
39:09avant de me payer
39:10pendant deux ou trois ans
39:12le temps que ma première société
39:13que j'ai créée il y a 32 ans
39:14puisse avoir
39:15sa vitesse de croisière
39:16et des nuits blanches
39:17dans tous les sens.
39:19J'entends,
39:19mais je peux vous poser
39:20une question M. Haddad ?
39:21Avec plaisir.
39:22Le moment où vous avez rentabilisé,
39:24c'est-à-dire qu'au début
39:25vous cherchiez
39:26à récupérer
39:28votre investissement,
39:29c'est-à-dire
39:29les difficultés,
39:30les prêts, etc.
39:31Mais le moment où vous avez
39:32rentabilisé votre société,
39:34c'est-à-dire qu'elle est
39:34au point de zéro
39:36et tout va être du bénéfice,
39:38est-ce que vous vous êtes dit
39:39tiens je vais partager
39:40toutes les parts de l'entreprise
39:42avec tous les salariés,
39:42on va faire une entreprise commune ?
39:44Non !
39:45Il n'y a aucun patron
39:46qui fonctionne comme ça.
39:46Je te pose une question à l'inverse.
39:47Parce qu'on prend des risques
39:48au début pour espérer.
39:50J'entends.
39:50C'est l'objectif d'un patron
39:51et puis il y en a plein
39:52qui...
39:52Il y a 50 000 liquidations
39:54par an aussi.
39:55On investit du temps
39:57et de l'argent
39:58pour effectivement
39:59en récupérer les fruits.
40:00Après, je suis d'accord.
40:01Les fruits de quoi Magali ?
40:02Mais les fruits des années de sacrifice ?
40:04Non !
40:05Mais bien sûr !
40:05Attends, maintenant j'ai une question
40:06à te poser.
40:07Pendant ces années de sacrifice
40:09ou pendant la liquidation
40:10par exemple,
40:11tu parles de liquidation,
40:12pendant une liquidation
40:13ou pendant ces années de sacrifice,
40:15si moi je suis en arrêt maladie
40:16et que je ne peux plus
40:17aller travailler en tant que patronne,
40:18je ne peux plus y aller,
40:19est-ce que les employés,
40:20je vais leur demander
40:21de participer à mon salaire
40:22pour pouvoir bouffer
40:22et payer mon loyer ?
40:23Ben non !
40:24Non mais si tu es en arrêt maladie,
40:26déjà il y a plein de patrons
40:27qui sont en arrêt maladie,
40:27qui sont en congé,
40:28il y a des patrons
40:29qui vivent à l'étranger.
40:30Mais non, il n'y a pas de sécu...
40:31Non mais la majorité
40:32des patrons français
40:33ne vivent pas à l'étranger,
40:33il faut revenir sur Terre.
40:34Mais attends,
40:36les patrons français aujourd'hui
40:37ont zéro aide quasiment.
40:39Il y a zéro aide.
40:40Il y a zéro aide.
40:41C'est-à-dire que
40:41tu es malade en tant que patron,
40:43tu as zéro,
40:44tu n'as que tes yeux pour pleurer.
40:45Tu ne peux pas bouffer
40:46à la fin du mois,
40:47il n'y a personne qui va venir.
40:48Il n'y a pas de chômage.
40:49C'est-à-dire que tu quittes,
40:50tu fermes ta société,
40:50il n'y a pas de chômage.
40:51Il n'y a pas de chômage.
40:52Alors bien sûr,
40:53j'entends ce que tu dis
40:53et cette frustration
40:54que quand il y a un gros gâteau
40:55après qui tombe,
40:56on en profite
40:57et tu as raison,
40:58c'est vrai.
40:59Mais est-ce que tu penses
41:00une seule seconde
41:01au moment où
41:01pendant les années
41:02qu'on a mis à construire ça,
41:04nous, personne ne nous aide
41:05et si jamais ça ne marche pas,
41:07catastrophe,
41:07comme tu parles,
41:07il y a 50,
41:08il y en a même 60 000
41:09d'entreprises qui liquident par an.
41:10Donc il y en a même plus
41:11que ce que tu penses.
41:12Qui c'est qui vient
41:14leur tendre la main
41:14à ces entrepreneurs ?
41:15Non mais déjà,
41:16il y a une réalité.
41:16Il faut le savoir
41:17que ceux qui se sont opposés
41:19à la prise en considération
41:21de la sécurité sociale
41:22au moment de sa mise en place
41:23pour l'ensemble de la population,
41:25c'est les patrons.
41:26Les patrons étaient opposés,
41:27ils n'ont dit surtout pas
41:28non, on ne veut rien avoir à faire avec...
41:30Déjà, ils étaient contre
41:31pour les travailleurs
41:32qui considéraient
41:32que quand on a un rhume,
41:33quand on a un machin,
41:35on vient bosser quand même
41:36et on entend cette musique.
41:37Ah moi, je suis un patron,
41:39j'ai un grip,
41:40j'ai un petit rhume,
41:40je ne suis pas une chochotte,
41:42je viens bosser,
41:43moi je ne fais pas...
41:43Parce qu'ils n'ont pas le choix.
41:4520 000 euros à la fin de la semaine
41:47qui tombent.
41:48Ils n'ont pas le choix,
41:48ils n'ont pas d'aide.
41:49Mais non, ce n'est pas ça.
41:50Je suis sûre que moi,
41:50j'ai connu des semaines...
41:51C'est pas ça.
41:53Moi, j'ai connu des semaines
41:55où si je n'allais pas bosser
41:57avec le rhume,
41:58ce n'est pas pour 20 000 euros.
41:59C'est parce qu'en fait,
42:00je ne pouvais pas payer mes employés
42:01à la fin de la semaine sinon.
42:02Non mais...
42:03En fait, c'est tout.
42:04Ce n'est pas pour avoir
42:0420 000 euros de plus
42:05et quand même je viens bosser
42:0718 heures par jour,
42:09à la fin de la semaine,
42:09on ne peut même pas
42:10les payer, les salariés.
42:11Je vais vous faire la réponse
42:12que je fais
42:13et que je ferai
42:14à n'importe quel patron.
42:16Si c'est difficile
42:17et si c'est aussi difficile
42:18que ça,
42:19qu'il aille à Pôle emploi
42:20et qu'il postule pour être...
42:22Mais il n'y a pas
42:22à Pôle emploi
42:22pour les entrepreneurs.
42:23Non mais il n'a qu'à
42:24être salarié.
42:25Oui mais après,
42:26tu peux accepter aussi
42:29que les gens
42:29ils ont envie d'évoluer.
42:30Non mais si c'est...
42:31D'être salarié
42:31ou pas salarié,
42:32c'est un choix.
42:32J'inverse l'accusation,
42:34c'est-à-dire que
42:35si vous considérez
42:36que c'est si difficile
42:37que ça d'être un patron,
42:38que c'est on ne dort pas,
42:40on fait des nuits blanches,
42:41on se gratte
42:42toute la nuit, etc.
42:43Mais c'est un choix !
42:44Mais c'est un choix !
42:45Arrêtez...
42:46C'est un choix !
42:47Non !
42:47Mais l'objectif,
42:48c'est un choix !
42:49Vous faites un pari...
42:51Non mais Anas !
42:51Mais si !
42:52Non, moi c'est un choix !
42:54Alors moi...
42:54Monsieur Haddad,
42:55vous faites un pari...
42:57A la différence de vous !
42:57A la différence de vous !
42:59Moi, je suis complètement différent.
43:01Moi, la différence de vous,
43:02c'est que je sais ce que c'est
43:03d'avoir été salarié.
43:04D'accord ?
43:05Donc moi, après,
43:06à un moment donné,
43:07j'ai dit,
43:08je veux prendre le risque
43:09de créer effectivement
43:10mon entreprise,
43:12la développer...
43:13Pour quelle raison ?
43:14Gagner de l'argent ?
43:14Non mais gagner de l'argent,
43:15il n'y a pas de honte à vous.
43:17Non mais il n'y a pas de honte
43:17en attendant,
43:18il n'y a pas de honte à vous.
43:18Parce que vous vous êtes dit
43:18qu'en tant que salarié,
43:19on ne gagne pas assez bien sa vie.
43:21Mais je ne la gagnais pas
43:22comme je voulais la gagner,
43:23bien sûr !
43:24Oui, on est limité, c'est vrai !
43:25Et donc, il a besoin
43:26de passer du statut
43:27de celui qui maintenant
43:28a besoin de la force
43:29de travailleurs
43:30pour pouvoir gagner plus.
43:32Vous ne l'avez pas gagné
43:32que de votre génie ?
43:34Non mais Anas,
43:35c'est normal.
43:35Je veux dire,
43:36à un moment donné,
43:37on vit dans un système
43:38où, quoi qu'il arrive,
43:39il y a des grilles
43:40ou des grilles de rémunération
43:43que ce soit dans les entreprises,
43:45que ce soit au niveau
43:46même des politiciens,
43:48au niveau...
43:49C'est comme ça que ça se passe.
43:50À partir d'un certain moment,
43:53où vous prenez la décision,
43:55et c'est ce que j'ai fait,
43:56j'ai dit,
43:56je veux prendre la décision
43:57de risquer,
43:58j'aurais pu effectivement
43:59me casser la gueule.
44:01Et vous n'avez pas pris la décision
44:03de casser ce système-là,
44:04M. Haddad ?
44:05Non !
44:05Vous n'avez pas pris la décision
44:06de vous dire...
44:07Attendez, M. Haddad,
44:08vous n'avez pas pris la décision
44:09de vous dire,
44:09moi j'ai été salarié,
44:10j'ai vu comment pour le travail
44:12que j'ai fait en tant que salarié,
44:13comment on n'arrive pas
44:14à vivre correctement,
44:15et bien moi je vais faire en sorte
44:16d'augmenter les salaires immédiatement
44:18pour faire en sorte
44:19que je n'ai pas un meilleur salaire.
44:20Vous vous êtes dit,
44:21c'est le meilleur moyen
44:22de pouvoir gagner beaucoup plus.
44:25Mais non !
44:25Non, je n'ai pas fini
44:26parce que vous m'avez coupé
44:27entre temps.
44:27C'est ce que vous avez dit,
44:28c'est pour gagner mieux.
44:30Non, mais attendez,
44:30c'est ce que je viens de vous dire.
44:31De créer des entreprises
44:32pour déjà gagner mieux
44:34à mon niveau.
44:35Mais vous savez,
44:35dans notre métier,
44:36en fait moi j'ai plusieurs secteurs
44:37d'activité,
44:38j'ai investi dans beaucoup
44:38de sociétés,
44:39et j'ai donné la possibilité
44:40à beaucoup de salariés
44:41en fait,
44:42de s'associer avec moi
44:43parce qu'ils avaient envie
44:44d'entreprendre,
44:45sauf qu'ils n'avaient pas
44:46les moyens financiers
44:47de le faire.
44:48Vous êtes dans l'intérim,
44:49monsieur Haddad,
44:50c'est ça ?
44:50Non, attendez,
44:50je suis dans l'intérim,
44:51je suis dans l'écarage civique
44:52la première fois
44:53que j'ai créé il y a 32 ans.
44:55J'ai un groupe aujourd'hui
44:56effectivement,
44:57bah oui c'est très bien,
44:58mais je vais vous dire,
44:59ce qu'il y a de beau
44:59dans l'intérim,
45:00dans ce qu'il y a de beau
45:01dans l'intérim,
45:01c'est qu'au-delà du business,
45:03ça reste en fait
45:04un métier à caractère social.
45:05Je peux vous dire
45:06que quand vos intérimaires
45:07vous disent
45:07merci, grâce à vous,
45:09on a trouvé des missions,
45:10on a trouvé du boulot,
45:11et je vais vous dire
45:12à un moment donné.
45:12Vous savez,
45:13quand on était dans la phase
45:14sortie de Covid,
45:15on était en full emploi,
45:16c'était la folie.
45:17Vous savez,
45:17qui c'est qui prenait
45:18les décisions ?
45:19Et tant mieux pour eux,
45:20et j'étais content,
45:21c'était nos intérimaires
45:23qui nous disaient
45:23ah bah non,
45:25moi je ne veux pas
45:25travailler là-bas,
45:26c'est trop loin,
45:27moi je veux une mission
45:27plus près,
45:28et vous êtes à
45:29combien vous fournissez de l'heure ?
45:30Vous êtes à 16 euros de l'heure.
45:31Ah non,
45:32moi je ne travaille pas
45:32pour 16 euros de l'heure,
45:33moi si vous me voulez
45:34pour mes compétences,
45:35c'est 17 euros de l'heure.
45:35Et bien c'est parfait.
45:36Et bien on rebalançait
45:37aux entreprises,
45:38non attendez,
45:39on rebalançait aux entreprises
45:40parce que notre métier
45:41c'est de faire de l'intermédiaire.
45:42On leur dit écoutez,
45:43c'est simple,
45:43vous voulez ce moteur
45:44en électricité ?
45:45Vous voulez ?
45:46Et bien si vous voulez le prendre,
45:47il va falloir le payer un peu plus
45:48parce que sinon,
45:50il ne viendra pas chez vous
45:50et il ira ailleurs.
45:51Monsieur Haddad,
45:52j'ai la question pour vous
45:53parce que vous avez
45:55quelqu'un qui est cheminot
45:56mais qui a été aussi
45:57commercial,
45:58chargé commercial
45:59dans une entreprise
46:00d'intérim
46:01et une SS2i
46:02sur la prospection
46:03d'ingénieur informaticien
46:04pour vous dire à quel point
46:06pourquoi vous vivez
46:08de l'exploitation des gens.
46:10C'est-à-dire que vous utilisez
46:11des CV,
46:12des candidatures
46:13à côté,
46:14c'est simple Magali
46:15pour que les gens comprennent,
46:16généralement on va sur Monster,
46:18quel job on regarde,
46:19telle entreprise,
46:20AXA cherche
46:21trois téléconseillers
46:22et vous appelez AXA,
46:23bonjour,
46:24je peux me présenter à vous,
46:25j'ai vu que vous cherchez
46:27des candidats
46:28depuis plusieurs semaines,
46:29j'ai des CV
46:30qui peuvent vous correspondre
46:31et ce qu'on peut se voir,
46:32vous faites un rendez-vous,
46:33vous ramenez une proposition
46:34commerciale,
46:35vous dites voilà,
46:36le téléconseiller
46:37c'est 1,70,
46:391,70 fois le salaire,
46:41etc.
46:42Donc,
46:42en fait,
46:43c'est pas M. Haddad
46:44qui va faire le téléconseiller
46:46de AXA,
46:46c'est pas M. Haddad
46:47qui fait l'électricien,
46:48M. Haddad,
46:49il récupère juste
46:50des CV de gens
46:52qui postulent ailleurs
46:53et il leur dit
46:54tiens,
46:55moi j'ai une offre
46:55avant les autres
46:58où tu vas pouvoir bosser
46:59et en même temps,
47:00M. Haddad,
47:01il récupère sa pièce
47:02là-dessus,
47:02c'est de la mise en contact
47:03et c'est-à-dire que M. Haddad,
47:05ça,
47:06excusez-moi,
47:07je sais pas votre salaire
47:08ni ce que vous pesez,
47:10mais en gros,
47:10votre richesse,
47:11il dépend de la performance
47:12de votre richesse,
47:13tout simplement.
47:13Non,
47:14votre salaire,
47:14il dépend du nombre
47:16d'intérimaires
47:16qui acceptent d'aller travailler.
47:18Si l'ensemble des candidats,
47:19vous ne trouvez plus personne,
47:21en fait,
47:21vous n'avez plus de salaire,
47:22c'est-à-dire que votre vie,
47:23elle dépend.
47:24Vous avez dit
47:24que c'était les intérimaires
47:26qui, pendant le Covid,
47:27étaient les plus contents,
47:28moi je pense que c'est surtout
47:29le patron qui est le plus content
47:30que les intérimaires...
47:36Vous savez quel était le discours
47:39de nos intérimaires
47:40à un moment donné,
47:41quand il y avait des grèves
47:42dans tous les sens
47:43et que vous avez bloqué le pays
47:44et à ce moment-là,
47:45j'ai dit,
47:45moi c'est simple,
47:46attendez,
47:46laissez-moi finir,
47:47j'ai dit,
47:47vous savez,
47:48c'est simple,
47:48nous aussi les patrons,
47:49on va faire un gueule
47:50et on va se mettre à faire grève,
47:51on va arrêter de payer l'impôt,
47:52on va arrêter de payer la TVR,
47:54on va arrêter de payer l'URSAP
47:55et toutes les caisses de retraite
47:56et tout ça,
47:56vous allez voir
47:57si le système,
47:57il n'implose pas en France.
47:58C'est déjà un peu le cas,
47:59M. Haddad.
48:00La fraude fiscale aux entreprises,
48:02la fraude fiscale aux entreprises,
48:04c'est 120 milliards.
48:05Le carousel de TVA,
48:06c'est 20 milliards.
48:07Il faut aller le chercher.
48:09Vous avez tout à fait raison,
48:11mais c'est très bien.
48:12Au contraire,
48:12parce que si on peut donner
48:13plus d'argent aux hôpitaux,
48:14vous savez,
48:15j'avais un hôpital
48:15qui me donnait 1 million d'euros.
48:16Celui qui est légal.
48:18Non, mais attendez,
48:18vous savez,
48:19j'avais un hôpital
48:19qui me donnait 1 million d'euros.
48:211 million d'euros.
48:22J'ai payé les intérimaires,
48:24j'ai payé les charges sociales,
48:25j'ai payé la TVA,
48:26j'ai tout payé.
48:27D'accord ?
48:27Et quand le gars vous dit,
48:29je suis désolé,
48:30je ne sais pas quand est-ce
48:31que je vais pouvoir vous payer
48:32parce qu'on n'a pas d'argent
48:33dans les caisses.
48:34Alors, je peux vous dire
48:34qu'effectivement,
48:35l'argent qu'aujourd'hui
48:36qu'on nous prend,
48:37on l'utilise d'une manière
48:38beaucoup plus efficace
48:39et effectivement
48:40qu'on alimente les hôpitaux
48:41parce que là,
48:42j'ai un point avec vous
48:45où effectivement,
48:46je suis d'accord avec vous.
48:47Il faut donner un peu plus
48:48aux hôpitaux
48:49parce qu'aujourd'hui,
48:49c'est le bordel.
48:50Mais vous savez,
48:50pour revenir à mes intérimaires
48:52quand il y avait des grèves
48:53dans tous les sens.
48:54C'est ce qu'ils disaient
48:54mes intérimaires
48:55et ils nous font chier.
48:57On ne peut pas aller bosser.
48:58À cause de eux,
48:59on ne va pas travailler.
49:00On a un plan d'achat
49:00qui va se casser la gueule
49:01parce qu'on ne va pas pouvoir
49:03être payé
49:03parce qu'on n'a pas été bossé
49:04parce qu'on a été bloqué.
49:05Donc, à un moment donné,
49:07il ne faut pas dire
49:07qu'on défend les salariés
49:08mais qu'à un moment donné,
49:10vous voyez syndicat,
49:10vous bloquez un système
49:11et que les mecs n'ont même pas
49:12la possibilité d'aller bosser
49:14parce qu'ils sont bloqués.
49:15Mais oui,
49:15mais c'est intéressant
49:16ce que vous dites.
49:17C'est parce que, justement,
49:19ces gens-là
49:19ont un contrat
49:21tellement précaire
49:22qu'ils sont payés
49:23parce que le patronat
49:25profite de l'intérim
49:26justement
49:26parce que c'est des gens
49:27corvéables à merci.
49:28Vous leur dites faire ça
49:29et puis s'il est...
49:30Pas du tout, pas du tout,
49:31pas du tout.
49:31Aujourd'hui,
49:32le statut de l'intérimaire,
49:33ce n'est plus du tout le même.
49:33Je vous citerai...
49:34Non mais attendez,
49:34vous étiez un intérimaire
49:35il y a combien de temps ?
49:36Mais non, mais excusez-moi,
49:37je vous citerai...
49:38Ok, il y a les CDI-contrats
49:39maintenant
49:39où en fait,
49:40c'est des intérimaires
49:41en CDI
49:42qui en fait
49:42n'ont pas les primes,
49:44n'ont rien du tout,
49:45etc.
49:46Excusez-moi,
49:46un intérimaire
49:47qui dans n'importe quelle
49:48entreprise de ce pays
49:49demain se déclarer gréviste
49:50aux côtés de ses collègues
49:51salariés, etc.,
49:52il se ferait virer
49:54immédiatement.
49:54Et vous savez très bien,
49:55un patron, il dirait
49:56mais c'est quoi cet intérimaire
49:57qui fait grève
49:58dans mon entreprise ?
49:59Tu retournes chez...
50:01Je ne sais pas,
50:02chez Connect
50:03ou chez Crit Intérim
50:05ou je ne sais quoi.
50:06Vous savez très bien,
50:06les patrons,
50:07ils cherchent des intérimaires
50:08parce que c'est soit
50:09tu fais l'affaire
50:10et si tu n'es pas content,
50:12tu dégages
50:12et c'est pour ça
50:13que c'est un contrat précaire,
50:14c'est pour ça
50:14que vous versez quelque chose.
50:16M. Haddad
50:16qui s'appelle la précarité,
50:18c'est-à-dire qu'un intérimaire,
50:19lorsqu'il finit
50:20une rupture de contrat,
50:21vous savez qu'il a le droit
50:22de la précarité justement
50:23du fait de son contrat.
50:25Alors, merci à tous les deux,
50:26je suis obligée
50:26de rendre l'antenne,
50:28les amis,
50:28je suis désolée.
50:29Vous pouvez laisser 4 heures.
50:31C'est un débat
50:31et c'est ce que j'allais dire,
50:33Anas.
50:33C'est ce que j'allais dire.
50:34C'était une réunion
50:35de délégués du personnel.
50:36C'est une émission
50:38qui était très instructive
50:38et qu'on aurait pu faire,
50:39mais on la refera
50:40si tu veux bien.
50:41Avec plaisir.
50:42Parce que je trouve
50:43que ta vision des choses
50:45et ta vision du salariat
50:46est très intéressante.
50:47Merci.
50:48Et moi, j'adore te recevoir.
50:49Merci.
50:49Qu'on soit d'accord
50:50ou pas d'accord
50:50sur certaines choses,
50:51j'adore écouter tes positions
50:52et essayer de les comprendre.
50:53Merci, Eric Haddad.
50:55Merci beaucoup
50:57d'être venu d'avoir...
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