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Michel Onfray passe en revue l’actualité de la semaine dans #FaceAMichelOnfray. Présenté par Laurence Ferrari.

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Transcription
00:00Bonjour à tous, bonjour à toutes, bienvenue dans Face à Michel Onfray sur CNews et sur Europe 1.
00:03Bonjour Michel !
00:04Bonjour Laurence !
00:04Vous avez choisi un certain nombre de thèmes dans l'actualité cette semaine.
00:08Le premier, c'est faut-il réformer l'audiovisuel public français ?
00:1277% de nos compatriotes se disent attachés à ce service public,
00:16mais souhaitent qu'il soit réformé selon un sondage.
00:19C'est ça pour CNews, l'Europe 1 et le JDD, publié cette semaine dans le JD News.
00:24Quelles pistes sont proposées par le rapporteur Charles Alon ?
00:27Pourquoi la gauche et le bloc central s'arc-boutent contre toute idée de réforme ?
00:32On vous entendra là-dessus mon cher Michel.
00:34Les deux fêtes de France.
00:36D'un côté la Free Party qui a rassemblé des milliers de jeunes festivaliers le week-end dernier
00:41dans un champ militaire du côté de Bourges, au mépris des interdictions et des populations locales.
00:47De l'autre, le canon français qui s'est réuni à Caen, une ville chère à votre cœur.
00:52Fête populaire, très critiquée par la gauche, dont certains débordements d'ailleurs ont été signalés.
00:56Deux idées de la France à vos yeux.
00:58Michel, vous nous expliquerez pourquoi.
01:00La candidature de Jean-Luc Mélenchon, le leader de la France insoumise, l'a annoncé avec solennité cette semaine.
01:05Tout est au carré, nous sommes prêts, a-t-il affirmé.
01:08Vous allez analyser la mécanique autocratique de cette désignation selon vos termes.
01:14Bruno Le Maire est de retour dans les librairies et dans l'arène politique.
01:17Un livre pour expliquer son action politique pendant 7 ans à la tête des finances du pays.
01:21L'ancien ministre de l'économie affirme que l'état profond, c'est l'Europe de Maastricht.
01:27Évidemment, ce que vous allez approuver.
01:28Mais pourquoi le dire maintenant seulement ? C'est votre interrogation, Michel Onfray.
01:33Enfin, le point philo, l'ancien régime et la révolution française de Tocqueville.
01:37On y apprend et vous allez nous dire que la révolution n'a jamais eu lieu.
01:41Mais enfin, qu'est-ce que c'est que ça, Michel ?
01:42Oui, on peut le dire comme ça.
01:43On peut le dire comme ça. En tout cas, on y reviendra à la fin de l'émission.
01:45Allez, c'est parti pour face à Michel Onfray.
01:47On commence par deux fêtes. Deux idées de la France, peut-être, à vos yeux, Michel.
01:51D'un côté, la Free Party. De l'autre côté, le canon français.
01:54Puis on pourra peut-être aussi rajouter les débordements en marge de la victoire du PSG en Ligue des Champions
02:00et sous qualification en finale.
02:02La Free Party, donc, on parle de presque 20 000 jeunes festivaliers qui sont réunis dans l'illégalité totale dans
02:08le Cher, tout près de Bourges.
02:10Sur un terrain militaire interdit aux riverains.
02:13Si vous êtes un riverain et que vous promenez votre chien dessus, vous avez une contravention.
02:16Donc, ces festivaliers ont convergé de l'Europe toute entière avec leurs énormes matériels sonaux, en dévastant les lieux, en
02:24effectuant des dégradations que les agriculteurs, évidemment, devront payer eux-mêmes.
02:28On va écouter les arguments de ceux qui étaient présents sur ce site, des festivaliers, comme on le dit.
02:34Puis après, vous allez nous dire ce que vous en pensez.
02:37Ça se passe toujours très très bien parce qu'on a toujours ce formule de respect.
02:40Il y a rarement des débordements, c'est déjà arrivé, mais quand il y a des débordements, on est tous
02:44les uns pour les autres.
02:46Beaucoup de bienveillance, d'autogestion, c'est ce qui prime le plus.
02:49Ici, on est sur un terrain qui ne nous appartient pas, on n'a pas les autorisations.
02:52On va faire en sorte de toujours rendre le terrain le plus clean possible.
02:55C'est l'autogestion, c'est un peu à chaque free party, il y a ce truc de on laisse
03:01le terrain propre.
03:02C'est un peu une règle commune que tout le monde sait.
03:07Voilà, pour ces jeunes festivaliers qui disent on laisse le terrain propre, les agriculteurs qu'on a interrogés nous disent
03:13non, vraiment, ça n'a pas été le cas.
03:15Qu'est-ce que ça vous inspire, Michel Onfray ?
03:16L'indigence intellectuelle déjà, parce qu'ils sont deux à parler d'autogestion.
03:20Ce n'est pas ça l'autogestion.
03:21Si j'arrive avec dix copains chez ce garçon, péroxidé, et que je m'installe chez lui en disant j
03:27'ai géré ta maison, ça s'appelle de l'autogestion, je vais utiliser ta cave, je vais prendre ton frigidaire,
03:32je vais manger ta nourriture, je vais aller dans les toilettes, je vais en mettre partout, je vais rien nettoyer,
03:35on appelle ça l'autogestion.
03:36Non, on ne fait pas de l'autogestion chez les autres, on fait de l'autogestion chez soi.
03:40Donc quand on est sur un terrain qui ne nous appartient pas, alors qu'il y a une interdiction, etc.,
03:44ça ne s'appelle pas de l'autogestion.
03:45L'autogestion, c'est un beau mot, c'est une belle chose, et c'est sûrement pas ce qu'ils
03:49ont fait. C'est très exactement l'inverse.
03:50Mais c'est ça qu'analyse aussi Orwell, aussi bien dans 1984 que dans la ferme des animaux, cette façon
03:55qu'ont les gens de faire la guerre, de dire qu'ils font la paix,
03:57d'interdire des antennes en disant qu'ils sont pour la liberté d'expression, de faire des pétitions pour interdire
04:01qu'on existe en disant que c'est pour élargir des libertés,
04:04et de faire savoir que quand il s'agit de misogynie, de phallocratie, pourvu que ce soit porté par une
04:08idéologie, dont non pas la décence, mais la loi nous interdit de la nommer,
04:12eh bien on appelle ça la liberté, on appelle ça la république, on appelle ça la démocratie.
04:15Ça, ça s'appelle une révolution sémantique. Non, ça ne s'appelle pas de l'autogestion, ça s'appelle de
04:19la dictature.
04:20On impose aux gens ces matières fécales. J'ai vu des paysans qui nous disent qu'ils viennent faire leurs
04:24besoins partout dans le village, quoi.
04:25C'est un peu animal si on a le droit de faire savoir que des gens qui défequent un peu
04:29partout comme ça sont des gens qui marquent leur territoire, comme à l'ancienne.
04:32Je ne sais pas, on n'a plus le droit de prononcer un certain nombre de choses pour expliquer comment
04:35les hommes primitifs se comportaient.
04:36Mais je trouve qu'il n'y a pas d'autogestion dans cette aventure, il y a juste des gens
04:40hors la loi, en tout.
04:42D'abord, ils se nomment avec le vocabulaire de l'occupant. Ça s'appelle des free parties. Les autres, ça
04:48s'appelle le canon français.
04:49C'est pas exactement...
04:49Free parties, c'est-à-dire parties gratuites.
04:51Oui, c'est ça, ils ont l'un français. Et puis voilà. Mais en même temps, vous avez des rapports
04:56palestinistes, il faut regarder les images.
04:58Et il y a beaucoup de militants politiques qui étaient présents.
05:00C'est pratiquement que ça.
05:01Antipolicier.
05:02Mais voilà. Donc la police tue, le retour d'épingle, les sigles de cette anarchie qui est une anarchie négative,
05:08pour le coup, l'anarchie de la destruction.
05:10Donc non, on n'est pas du tout dans un processus autogestionnaire. C'est très exactement le contraire, l'autogestion.
05:15C'est l'intelligence collective avec le souci du bien public et de l'intérêt général. C'est ça, l
05:19'autogestion.
05:20C'est pas... On s'installe sur un terrain, on sait que c'est interdit, on arrive et puis on
05:24fait notre loi.
05:25Et notre loi, c'est de la drogue, de l'alcool, des comportements assez erratiques physiquement.
05:30Quand vous regardez des images, c'est assez impressionnant. On se dit, quelle belle jeunesse.
05:36Donc c'est une façon de se comporter qui est illégale et qui est tolérée par le ministre de l
05:41'Intérieur.
05:41Il a beau nous dire...
05:42Non, alors il ne tolère pas. Il a fait tout fait pour l'empêcher, a-t-il dit sur nos
05:45antennes jeudi matin.
05:47On a le droit de ne pas être d'accord.
05:48D'accord. Si vous avez dix personnes qui ont l'intention de... Comparaison n'est pas raison.
05:52Mais qui ont l'intention de faire des actes terroristes en France.
05:57J'ose espérer que nous avons des services de renseignement qui savent qu'ils sont en train de se réunir
06:01et que ça n'ait pas lieu, etc.
06:02C'est normal. Ça sert à ça la police, ça sert à ça le renseignement.
06:05Vous n'allez pas me faire croire qu'à l'heure des réseaux sociaux, quand des informations circulent de manière
06:09européenne,
06:11nos services de renseignement ne sont pas capables de savoir qu'une rêve partie va s'installer ici, là, à
06:15telle heure, dans tel endroit.
06:16On nous dit, mais on est surpris. Mais c'est quoi, là, le renseignement français ou le ministre de l
06:20'Intérieur ?
06:20Organisation quasi-militaire, disait Laurent Nulier.
06:22Oui, quasi-militaire. Mais ça veut dire quoi ?
06:24Donc c'est des commandos. Ce sont des commandos.
06:26Oui, mais justement, on devrait être capable de savoir qui fait ce genre de choses.
06:31Moi, jadis, je me souviens, quand j'ai travaillé à Ouest-France, jadis, pour me payer mes études,
06:35on m'avait sollicité pour rentrer dans les renseignements généraux, pour donner des petites infos.
06:38C'est ce que j'ai évidemment jamais fait.
06:39Mais je veux dire qu'à l'époque, il y avait des renseignements sur tout le monde, dans un village.
06:44Si le machin était de gauche, si Bidule était de droite, si le machin avait, je ne sais pas quoi.
06:48Et là, le renseignement, à l'heure où il y a des hackers, où il y a, je voudrais le
06:53dire en français,
06:53mais enfin, un net noir, donc un Internet où se vendent des armes,
07:00le darknet, pour le dire en anglais.
07:03Et on n'a pas, nous, de policiers ou de gens du renseignement qui sont là-dessus,
07:06qui ne sont pas capables de voir s'il y a menace de l'État, menace pour l'État, je
07:10veux dire, pour la République.
07:10Et le fait, le symbole aussi, de cette jeunesse qui danse sur un terrain miné, où il y a des
07:15obus,
07:16est-ce que ça vous évoque une forme de décadence ou pas, Michel Moffret ?
07:19Non, parce que ça, je pense que c'est un élément de langage.
07:21Ce n'est pas en dansant sur des obus que vous allez faire exploser l'obus.
07:24C'est plus compliqué que ça.
07:25Je veux dire, vraiment, sur toutes ces choses-là qui ont un demi-siècle...
07:29Enfin bon, je peux comprendre que ce soit un élément de langage...
07:32Je parle au conditionnel, en disant que c'était extrêmement dangereux et qu'on aurait eu d'un seul coup
07:37tous ces fêtards, et pas teufeurs, mais tous ces fêtards puissent dire
07:42« Ah, s'il y a des obus, on n'y va pas. »
07:43Non, ce n'est pas du tout le...
07:44Au contraire.
07:45Pardon ?
07:45Au contraire.
07:46Au contraire, oui, oui.
07:47Non, mais de toute façon, c'était choisi pour des raisons stratégiques.
07:50Terrain militaire, dans le genre la police tue et l'armée aussi,
07:53et puis on s'en vient vous faire...
07:55Là encore, je pèse mes mots, je ne voudrais pas être grossier ou je ne voudrais pas être vulgaire,
07:58mais on s'en vient provoquer, disons-le comme ça.
08:03Provoquer la police, l'armée, le ministère de l'Intérieur, qui ne fait rien.
08:06Qui ne fait rien, quoi qu'on dise.
08:07Si, il y a des saisies, des contraventions, etc.
08:10Il a dit « J'espère qu'il y a des toilettes sèches et que j'espère qu'on a
08:14des infirmiers et des infirmières. »
08:16J'espère qu'on a la possibilité...
08:17Une fois qu'ils sont installés, on ne peut plus intervenir.
08:19Oui, c'est ça.
08:19Quand 20 000 personnes sont sur place, on pourrait faire.
08:20Le problème, c'est ce que je suis.
08:21Moi, je ne suis pas un théoricien de l'action militaire ou de l'action policière,
08:25mais ceci dit, j'ose espérer qu'en la première semaine de la première année des écoles de police,
08:30on apprend qu'il vaut mieux prévenir que guérir.
08:32Et que pour le coup, il vaut mieux que cette fête n'ait pas lieu.
08:35Plutôt qu'elle ait lieu.
08:35Maintenant, quand elle a lieu, évidemment, on se dit « On fait quoi ? »
08:38Et s'il y a un lundi 40 000, on a dit 17 000,
08:40mais s'il y a autant de personnes et autant de voitures et qu'on a laissé toutes ces voitures
08:43venir...
08:43Moi, j'habite en Normandie, je sais ce que c'est qu'un village de campagne.
08:46Et quand vous avez 40 000, enfin on dira 20 000, j'en sais rien,
08:50mais 20 000 personnes qui arrivent, on dira que ça fait quoi ?
08:5210 000 voitures, 10 000 voitures qui convergent dans un même endroit,
08:56avec un camion qui amène toutes ces choses-là,
09:00et le ministère de l'Intérieur n'est pas capable de savoir que ça va avoir lieu.
09:03C'est un échec pour le ministère de l'Intérieur.
09:06Ou c'est une volonté délibérée de laisser faire.
09:08Je ne crois pas.
09:09Je dis « Où ? » et je mets un point d'interrogation.
09:12Mais je vous assure que si ça avait été un rassemblement de gilets jaunes,
09:17ça ne se serait pas passé comme ça.
09:18Il y a eu combien d'œils éborgnés, de mains arrachées, là ?
09:24Rien.
09:24Quand il y a eu des gilets jaunes, il y en a eu.
09:26Là, on savait que les gilets jaunes, ils étaient là, ils se déplaçaient ici.
09:29On était capable de mettre des blindés pour les empêcher d'arriver sur l'art.
09:32Souvenez-vous les blindés pour empêcher les tracteurs de venir aussi à une époque ?
09:36Récemment aussi.
09:37Eh oui, mais on s'est arrêté des tracteurs, on ne s'est pas arrêté des voitures.
09:40On s'est empêché des mouvements de rassemblement pacifique de paysans, d'agriculteurs.
09:47On s'est empêché des rassemblements pacifiques d'abord,
09:50avant que Mélenchon et ses copains ne fassent de telle sorte que le mouvement soit récupéré à Paris.
09:54Mais je veux dire, sur les ronds-points.
09:56Et là, on savait envoyer la police, on savait envoyer la gendarmerie.
09:59Il y a eu des blindés contre le peuple.
10:01C'est vrai.
10:01Il n'y a pas eu de blindés contre les...
10:02C'est cette fête-là, la première, cette frépartie dont on a parlé à Bourges dans le Cher.
10:06Et puis il y a eu l'autre type de fête, qui est celle du canon français.
10:10Centième banquet de ce type en Normandie, chez vous, à Caen.
10:14Environ 5 000 participants venus de la France tout entière.
10:18Visiblement, le ministre de l'Intérieur nous a dit qu'il y aurait eu des propos racistes
10:21qui auraient été tenus après ce banquet dans les rues de Caen.
10:24Il y a des investigations qui sont en route.
10:26On va juste voir que la gauche est arc-boutée contre cette manifestation du canon français.
10:30On va écouter le cofondateur, Pierre-Alexandre Deboisse.
10:34En fait, si vous voulez, nos banquets sont sécurisés.
10:36Nous, on met en place un service de sécurité privée, avec des SIAP, des ADS, des agents de sécurité.
10:43Donc s'il y a une personne qui se comporte mal, nous, nos agents de sécurité vont les exclure.
10:49Et puis si c'est assez grave, nous, on sera les premiers à porter plainte.
10:52Mais bon, pour l'instant, nous, on n'a pas porté plainte.
10:54Et il n'y a pas de personnes qui se soient senties agressées dans nos événements.
10:57On essaie de les sécuriser, parce qu'on essaie d'être responsables aussi des gens qui viennent dans nos fêtes.
11:01Voilà, on est sur CNews et sur Europe 1 en face à Michel Onfray.
11:05Michel, on vient d'entendre le cofondateur du canon français qui explique, qui prenne des mesures de sécurité maximum.
11:11Et ça, le fait que ce type de banquets-là soient à ce point-là ostracisés, ça vous choque par
11:16rapport à la free party dont on a parlé juste avant ?
11:18Oui, parce qu'elles sont volontairement les premières illégales.
11:21Moi, je serais pour qu'il y ait des rêves parties, disons-le comme ça, ou des free machin, là,
11:26organisés avec l'État.
11:29Ils ont une musique, elle est bruyante, ils ont envie d'être nombreux, ils ont envie de se retrouver.
11:33Dans la nature ?
11:34Oui, et bien, trouvons des endroits dans la nature qui ne sont pas gênants pour les paysans, pour les agriculteurs
11:39ou pour les riverains.
11:40Ça existe, il y a un public pour ça, il y a cette musique et des gens aiment ça.
11:44Eh bien, qu'on travaille avec le ministère de l'Intérieur, avec les préfectures, pour dire où pouvons-nous trouver
11:49un endroit qui soit susceptible d'être loué
11:51et qui puisse permettre... Voilà, moi, je n'ai rien contre ces faits-là.
11:54J'ai contre cette façon de dire qu'on ne respecte pas les gens à côté, le travail des agriculteurs.
12:00Les agriculteurs, ils ont des terrains ravagés. Bon, alors là, on est sur un terrain militaire.
12:04Mais les agriculteurs, sinon, ils sont sur des terrains ravagés. Ils ont planté éventuellement, ils ont semé, ils ont planté,
12:09il faut tout refaire.
12:09Et le canon français, alors, pourquoi est-ce que ça dérange tellement ce canon ?
12:12Ça dérange parce que ça s'appelle français. Et puis, parce que ça s'appelle canon français, mais oui, bien
12:16sûr.
12:17Je veux dire, c'est 80 euros l'entrée, ce n'est pas rien.
12:19Il y a un geste militant de la part de gens qui viennent dans des endroits où ils veulent faire
12:24une fête joyeuse.
12:26Je vais dire une fête joyeuse. Ils ne sont pas obligés d'être ivre-morts. Ils ne sont pas obligés
12:29d'être camés.
12:30On n'a pas besoin d'avoir des infirmiers et des infirmières sur place parce qu'on a des gens
12:36qui sont dans un état critique
12:37pour avoir à gérer des substances diverses et multiples.
12:40Et il peut effectivement y avoir des consommations de boissons. Et je sais bien que l'alcoolisme, ça existe.
12:45Mais on n'a pas besoin de ce genre de choses.
12:47Vous allez pouvoir trouver, évidemment, dans un banquet où il y a 4200 personnes, où on sert de la charcuterie.
12:53Ça, il ne faudrait pas. On nous a fait savoir que c'était discriminant et que ça contredisait le vivre
12:58-ensemble, le fameux vivre-ensemble.
13:00Et vous n'êtes pas obligés de vous arsouiller. Tous les gens qui sont sortis de cette fête n'étaient
13:04pas ivre-morts.
13:05Et il y en a dans ma rue, moi, à Caen, où j'habite, qui sont ivre-morts et qui
13:08ne sont pas allés dans cet endroit.
13:10Et j'en vois même passer certains, vraiment, d'un certain nombre de fêtes d'étudiants.
13:13Je vous assure qu'il y a beaucoup, probablement, d'électeurs de la France insoumise qui sont alcoolisés, qui sont
13:18ivre-morts et qui urinent et qui font des comas étyliques.
13:21Et Caen est une ville remplie d'urine, remplie de vomi, quand il y a la fête des étudiants pendant
13:27une journée.
13:28Non, mais on le sait. Et ça se passe comme ça.
13:32Mais là, la cause veut quasiment interdire le canon français, pour être très clair.
13:35Et elle veut interdire tout ce qui n'est pas elle. C'est pas compliqué.
13:39Les intellectuels, les philosophes, les penseurs, les écrivains, les éditeurs, les maisons d'édition, les journaux, la presse, CNews, etc.
13:48Tout ça doit disparaître. Ils ont le monopole, un monopole total.
13:52Et sur ce monopole total, il y a un groupe Bolloré, disons-le comme ça pour aller vite, qui dit
13:57qu'on peut dire autre chose et autrement.
13:58Et là, on dit, le fascisme ne passera pas, le nazisme est de retour, c'est tout de même inadmissible.
14:03Au nom de la liberté, supprimons tout ça. Mais laissez faire.
14:07Ça s'appelle ça. Ça s'appelle la gauche, ça, j'ai dit.
14:09C'était la possibilité, on a toujours cité ce fameux mot apocryphe de Voltaire,
14:12mais enfin, la possibilité de dire ce qu'on veut, quand on veut, comme on veut, pourvu que ce soit
14:15dans la loi.
14:16Et maintenant, on fabrique une loi qui vous interdit même de dire un certain nombre de choses qui sont justes.
14:21Je ne vais pas dire des choses justes, mais je sais qu'on m'intérit de dire des choses justes,
14:24parce que c'est interdit que ce soit dit.
14:27Mais laissez faire les gens. S'ils veulent aller dans une rêve-partie, ils vont dans une rêve-partie,
14:31pourvu que ce soit sur un terrain qui aura été concédé par des gens ou prêtés ou loués ou je
14:35ne sais quoi.
14:36J'ai rien contre ça. Et puis laissez faire les gens qui veulent aller au canon français.
14:39Et puis si vous voulez manger de la charcuterie, vous mangez de la charcuterie.
14:42On ne va pas fermer toutes les charcuteries françaises sous prétexte qu'elles sont exclusives et pas inclusives.
14:48Moi, il y a des choses que j'aime, des choses que je n'aime pas, des choses que je
14:50mange, des choses que je ne mange pas.
14:52Je n'irai pas dans des magasins où on vend des trucs que je ne mange pas et je ne
14:55demanderai pas l'interdiction de ce magasin.
14:57Mais ce sont deux idées de la fête différentes, donc deux idées de la France différentes pour vous ?
15:00Ou c'est la même France, Michel ?
15:01Je pense que dans les fameuses free-parties, on est là pour se perdre.
15:05Dans l'alcool, dans l'ivresse, dans la danse, dans une espèce de trans égotiste et narcissique.
15:12Et que là, c'est très exactement l'inverse, on est là pour se retrouver.
15:15Vous avez vu, il y a des holins, il n'y a pas de holins dans les free-parties.
15:19Ils sont incapables d'en faire.
15:20Je ne suis jamais allée, Michel.
15:21Non, mais j'ai vu des images, moi non plus.
15:22Je veux dire, chacun est une espèce d'abrutissement devant des décibels qui sont absolument incroyables.
15:28Ça s'explique.
15:28Michel Maffesoli a fait une analyse magnifique de ces choses-là il y a plein d'années.
15:32Il parlait des tribus.
15:33Le mot est difficile à utiliser aujourd'hui.
15:35Mais il appelait ça le retour des tribus.
15:37Il appelait ça le retour de Dionysos.
15:39C'était bien vu et c'était bien venu.
15:40Il faut toujours lire ce que Michel Maffesoli a écrit sur le retour des tribus à cette époque-là.
15:46C'est-à-dire que ça fait 30 ans qu'il écrit ça.
15:48Parce qu'effectivement, il y a une espèce d'autisme dans des endroits où on est l'un.
15:51On voit physiquement des gens qui sont en état de trans devant des immeubles de haut-parleurs.
15:58Alors que là, vous avez des gens qui chantent des chansons de Sardou, des chansons françaises.
16:01Des chansons de Sardou, des chansons de Michel Delpech.
16:03C'est fasciste, Michel Delpech.
16:05C'est un des grands poètes populaires, Michel Delpech.
16:09On pourrait reprocher certaines chansons à Michel Sardou.
16:14Mais par exemple...
16:16Non, mais il y a un moment donné, il fait l'éloge de Lénine.
16:19Il y a quand même une chanson de Sardou.
16:21D'Annie Méritz.
16:22Non, je ne suis pas sûr qu'on ait besoin du retour de...
16:24Mais il a le droit de chanter ça, Michel Sardou.
16:27Michel Delpech, bon sang.
16:29C'est quelqu'un qui a fait des chansons populaires, qui a fait une poésie un peu à l'après
16:33-verre.
16:33Enfin, des choses simples, modestes, délicates, élégantes, très populaires.
16:37Tout le monde a ça dans les oreilles.
16:38Vous chantez ça, de la chanson française, de la charcuterie.
16:41Et pas que de la charcuterie, mais des produits locaux.
16:44C'est aussi ça le problème.
16:45Ces gens-là, ils préfèrent manger du quinoa qui vient d'Extrême-Orient
16:48plutôt que de manger des saucisses.
16:50Mais admettons que les saucisses ne soient pas inclusives.
16:52Mais manger du poulet, par exemple.
16:54Si on veut, un poulet qui aura été produit en Normandie.
16:56Ça permet aux producteurs locaux...
16:58Je parle de camp, là, pour le coup, mais c'est partout ailleurs.
17:00C'est dans leur charte de faire travailler des artisans qui ne travaillent pas.
17:03Donc, en temps normal, parce qu'ils sont détruits, notamment par le Mercosur.
17:08Et donc, il y a deux façons de faire la fête.
17:11L'une qui est totalement égotiste, autiste.
17:13Il ne faut pas utiliser le mot non plus.
17:14Mais égocentrée.
17:16Et puis, de l'autre côté, une autre qui est vraiment festive.
17:18Tout le monde est là, où ça danse, où ça chante, où les gens sont contents, où ils sont heureux.
17:21Ils font un certain nombre de gestes.
17:23Et on a même eu quelqu'un de France Inter qui a stigmatisé l'ébauche d'un geste
17:27qui ressemblait à un salut nazi.
17:29C'est quand même pas mal l'ébauche d'un geste qui ressemblait à un salut nazi.
17:32Ça ne s'appelle pas un salut nazi.
17:33C'est-à-dire, aujourd'hui, si vous faites bonjour à quelqu'un, vous arrêtez l'image
17:36et vous dites, regardez, il a fait un salut nazi.
17:38Je rappelle que le nazisme, ce sont 6 millions de juifs qui ont été exterminés
17:41dans les chambres à gaz et dans des camps de concentration.
17:44Donc, il faut arrêter de voir des saluts nazis partout.
17:46Et si vous avez quelques alcoolisées dans les rues de camp,
17:49et il y en a toutes les semaines, au moins deux ou trois soirs par semaine,
17:52ce ne sont pas tous les gens qui sont allés au canon français.
17:57Et si vraiment on veut faire des tests, et puis après des tests politiques.
18:01Parce que le problème, c'est que si on a fait comme en Chine,
18:04si vous voulez dire reconnaissance faciale, vous êtes allé un jour au banquier français,
18:08au canon français, et bien, quoi que vous alliez dire ou faire,
18:13par la suite, ce sera fasciste, ce sera nazi, ce sera d'extrême droite.
18:15Et vous aurez toujours des gens qui vous conduiront au tribunal.
18:18Dernier aspect que je voulais aborder sur la fête que l'on évoque depuis le début de l'émission,
18:22c'est ce qui s'est passé après le match PSG-Bayern-Munic,
18:26qui a qualifié les Parisiens pour la finale de la Ligue des Champions.
18:29Il y a eu des débordements dans Paris, évidemment des forces de l'ordre agressées,
18:33évidemment des dégâts matériels, évidemment des jeunes qui sont venus sur le périphérique,
18:40évidemment des arrestations, des interpellations.
18:41On écoute le ministre de l'Intérieur, Laurent Nouniès, qui était notre invité cette semaine.
18:46Je condamne évidemment ces débordements, mais qui deviennent malheureusement habituelles,
18:49les soirs de victoire du Paris Saint-Germain, puisque nous sommes à Paris.
18:52Mais est-ce qu'on doit s'habituer justement à la Ligue des Champions ?
18:54Non, on ne s'habitue pas à ça.
18:55On ne s'habitue pas à ça, je les condamne extrêmement fermement.
18:58Vous avez toujours des centaines d'individus qui créent ces débordements,
19:01à l'issue des festivités, même pendant les festivités,
19:04et qui cherchent à s'en prendre aux forces de l'ordre.
19:06Évidemment, on ne peut que condamner ces débordements,
19:07mais ce qui est important, c'est la réponse policière qui est apportée systématiquement.
19:10On intervient systématiquement.
19:12Ils ont essayé de bloquer le périphérique, ils en ont été empêchés.
19:15Chaque fois qu'il y a eu des tentatives de dégradation de pillage de commerce,
19:17ils en ont été empêchés.
19:18Il y aura toujours cette réponse de grande fermeté.
19:20Voilà pour le ministre de l'Intérieur, hommage aux policiers,
19:22qui sont en première ligne sur ces événements,
19:24qui devraient être des fêtes, mais qui ne le sont pas,
19:27qui sont pourri à chaque fois par les mêmes indébés.
19:28Bien sûr que si, ce sont des fêtes.
19:29Ça continue.
19:30Pour ces gens-là, c'est de la fête.
19:32C'est ça, de tout casser, c'est la fête.
19:33Oui, je ne suis pas là pour commenter le commentaire du ministre de l'Intérieur.
19:36On est là pour essayer de mettre un peu de pensée dans les événements.
19:40Ce sont des fêtes bachiques, ce sont des fêtes orgiaques.
19:43Enfin, il n'y a probablement pas beaucoup d'alcool dans cette aventure,
19:45peut-être un peu plus de pétards, ou d'autres substances,
19:48ou même des fameux gaz prétendument hilarants.
19:52Mais c'est une partie de la fête, la destruction.
19:55Et il y a des gens qui trouvent leur bonheur à casser ou à détruire,
19:59ou à éviter à ce qu'on mette le feu à l'essence d'une voiture qui a été retournée.
20:04Donc de mettre le feu à des poubelles, de casser des abribus, etc.
20:07De s'en prendre aux policiers.
20:08Il y a une rage de la destruction.
20:09De s'en prendre aux policiers.
20:10Oui, parce que ça fait partie de la fête.
20:13Il y avait jadis ce qu'on appelait la fête de l'âne,
20:15mais c'était une fois par an.
20:16Et elle était tolérée par l'église.
20:17C'est-à-dire que dans l'église, on faisait rentrer un évêque,
20:20ou quelqu'un qui était habillé avec les vêtements sacerdotaux,
20:25de tourner sur l'âne.
20:26Et on faisait rentrer l'âne dans l'église, avec l'accord de l'église.
20:32Parce qu'on estimait que la fête, c'était ça.
20:33C'était la possibilité de tout casser, de tout détruire, mais une fois par an.
20:36Et le lendemain, ça recommençait comme avant.
20:39C'est-à-dire que le rôle de la fête, c'était ça.
20:40La fête, c'est la possibilité de permettre à la Cocotte Minute
20:44d'avoir une éviction de la vapeur qui aurait menacé sinon l'explosion.
20:49Donc la société, c'est effectivement une contrainte pour tout le monde.
20:52Et la fête, c'est l'occasion de détendre un peu l'atmosphère avant de reprendre la tension.
20:56Sauf que là, c'est cette fête-là tout le temps.
20:58C'est la destruction toujours.
20:59Et là, on a une inversion des valeurs telles que ce n'est pas une fois dans l'année la
21:02fête de l'âne.
21:02C'est toute l'année la fête de l'âne, sauf peut-être éventuellement une fois dans l'année où
21:06il ne se passe rien.
21:07Mais il faudra encore chercher cette date-là et savoir à quoi elle correspondrait.
21:10Donc on s'habitue au fait que fêter un événement sportif, ça se termine mal.
21:15Sauf quand il s'agit des Jeux Olympiques, là, Paris est tellement cadenassé qu'il n'y a rien qui
21:18bouge.
21:19Vous avez effectivement fait la réponse.
21:21Parce que si ça s'est bien passé, c'est juste parce qu'il y avait une décision du fait
21:24que ça se passe bien.
21:26C'est pourquoi je vous dis qu'il y a parfois une tolérance, une force avec les faibles, une faiblesse
21:31avec les forts,
21:31que certains ont des blindés devant eux quand ils veulent se manifester,
21:34et que d'autres ont la visite un peu plus loin du ministre qui s'en vient voir si tout
21:38se passe bien.
21:39Donc ce n'est pas exactement la même chose.
21:41Mais de fait, il ne faut pas que les prétendus fêtes soient des occasions de détruire ce qui fait la
21:48République.
21:49C'est-à-dire que jadis, il y a eu la fête de la Fédération, un an après le 14
21:52juillet 1789, c'était normalement ça.
21:54La date de naissance de la Révolution française, pas seulement la prise de la Bastille en 89,
21:58mais la possibilité, aussi bien pour le roi que pour les révolutionnaires, de se retrouver à une même fête, sans
22:03se détruire.
22:04C'est pourquoi il y a si peu de choses sur la fête de la Fédération pendant la Révolution française.
22:07Mais ça, c'est la vraie fête. C'est la possibilité pour tout le monde de se retrouver, et pas
22:11seulement des fêtes identitaires.
22:13Il y a des fêtes identitaires où parfois on se dit peut-être certains ont choisi le cochon pour être
22:17sûrs que d'autres ne s'y trouvent pas,
22:18et puis d'autres ont choisi le pétard pour être sûrs que d'autres ne s'y trouvent pas non
22:21plus,
22:21ou le drapeau palestiniste, ou ce genre de choses. Et je dis palestiniste et pas palestinien.
22:26Donc il faut penser ce genre de fête et voir si vraiment on n'a pas autre chose à proposer
22:30que des fêtes qui détruisent,
22:32que des fêtes qui ravagent, que des fêtes qui coûtent cher d'ailleurs aux contribuables,
22:35puisque toutes les destructions sont payées par le contribuable.
22:37Le contribuable, le sens de la fête. C'était notre première partie, Michel.
22:40On fait une pause, on se retrouve sur CNews et Europe 1.
22:42On va parler de l'audiovisuel public. 77% des Français souhaitent qu'on le réforme.
22:47On en débat dans un instant. A tout de suite.
22:49On se retrouve d'en face à Michel Onfray sur CNews et sur Europe 1.
22:52Michel, on parle de l'audiovisuel public français.
22:54Le rapport de Charles Aloncle a été rendu public cette semaine.
22:57Il y a beaucoup de préconisations. 70% exactement pour réformer cet audiovisuel public.
23:04On a aussi ce chiffre. 77% des Français veulent une réforme de l'audiovisuel public.
23:09C'est la une du JD News cette semaine.
23:10On va juste faire le point sur ce que propose ce rapport avec Corentin Alonso.
23:14Et on vous écoute ensuite.
23:17Pour faire des économies, le député Charles Aloncle propose de réduire le nombre de chaînes de l'audiovisuel public.
23:24Il recommande de fusionner France 2 avec France 5, France Info avec France 24
23:29ou encore les moyens des France 3 Régions avec ceux d'ici, anciennement France Bleu.
23:35Concernant les programmes, le député UDR souhaite interdire les émissions de télé-réalité sur le service public.
23:41Il propose également de réduire le budget des sports d'un tiers tout en conservant la diffusion des grandes compétitions
23:47sportives.
23:48Le rapport contient également la réduction de 75% du budget jeu et divertissement.
23:54Enfin, le rapporteur recommande le plafonnement à 3 millions d'euros maximum du budget pour la couverture du Festival de
24:00Cannes.
24:01Dès la publication du rapport, le Premier ministre Sébastien Lecornu a réagi sur son compte X.
24:07Disons-le clairement, ce rapport passe malheureusement à côté de l'essentiel.
24:11C'est une occasion manquée, car la seule vraie question est celle de la vision pour l'avenir.
24:15C'est à partir de ces réponses que doivent être posées les questions de format, de moyens, d'organisation.
24:20Le fonds doit toujours précéder les structures et non l'inverse.
24:23De son côté, l'actuelle présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte,
24:27a dénoncé un rapport ayant une vision élitiste et éloignée des publics les plus populaires.
24:32Voilà, donc pour l'état de lieu, Michel, il y a des recommandations.
24:35On verra ce que ça donne, si elles seront ou pas prises en compte.
24:39Et il y a ces Français, donc les deux tiers des Français, qui veulent une réforme de l'audiovisuel public,
24:44tout en aimant l'audiovisuel public.
24:47Là, il ne s'agit pas de la privatisation, parce que le rapport ne propose pas la privatisation,
24:51ce que fait par contre le Rassemblement national.
24:53Qu'est-ce que vous pensez de ce rapport et de ce qu'il dit, Michel Onfray ?
24:56Je ne l'ai pas lu, d'une part, parce que c'est quand même épais et c'est quand
25:00même assez indigeste.
25:01Je préfère penser le projet plutôt que de faire le projet en général de l'audiovisuel public.
25:10Il faut évidemment faire des dépenses.
25:12Les gabegies sont terribles.
25:13J'ai l'occasion de dire...
25:14Donc des économies, il faut faire des économies.
25:15Pardon, oui, mais il faut rogner les dépenses et faire des économies.
25:19Quand on est obligé de dire qu'il faut plafonner à 3 millions d'euros,
25:22mais quand les Français s'aperçoivent que ça coûte 3 millions d'euros...
25:25D'aller au festival de Cannes.
25:27Pour aller au festival de Cannes.
25:28Pour faire quoi ?
25:30Vraiment, enfin voilà.
25:31Je suis bien d'accord avec l'idée qu'il faudrait effectivement faire des économies.
25:36Maintenant, moi je suis pour un audiovisuel public fort, mais vrai.
25:40C'est-à-dire pas la possibilité d'être un peu partout, c'est-à-dire d'être nulle part.
25:43De fait, il y a des chaînes qui ne sont jamais regardées, jamais vues,
25:46et il y a des mutualisations qui sont nécessaires.
25:49On peut très bien faire sur une seule chaîne des choses qui sont faites sur telle ou telle chaîne,
25:53sous prétexte qu'elles seraient thématiques.
25:54Moi je ne connais pas toutes ces autres chaînes, j'ai autre chose à faire que de regarder toutes ces
25:58télévisions.
25:59Donc un service public, c'est quoi ?
26:01C'est tout bêtement un service au service du public.
26:04Quand on a une directrice qui nous dit qu'elle ne veut pas qu'on y montre la France telle
26:09qu'elle est...
26:09Un président de France.
26:11Oui, je ne veux pas rentrer dans le détail.
26:13L'important, c'est l'idée qui a été formulée dans cette phrase,
26:17de dire qu'il fallait faire une télévision dans l'idée qu'on se fait de la France, mais pas
26:21dans la France.
26:21Ça, ça s'appelle une télévision idéologique.
26:23C'est-à-dire, qu'est-ce qui justifie que des gens qui sont éventuellement minoritaires d'un point de
26:27vue politique
26:27puissent dire notre minorité devient une majorité avec l'argent du service public ?
26:31Ça, c'est problématique.
26:32Si vraiment on voulait être simple, ce n'est pas très compliqué.
26:36Et là, pour le coup, on se dit, quelles sont les émissions qui sont détenues par un ou une journaliste
26:40de la France insoumise ?
26:41Personne.
26:42Par le Rassemblement national. Personne.
26:45Donc, au moins, c'était clair quand il y avait Daniel Mermet.
26:47On savait qui il était.
26:48Et puis, voilà, il s'est fait mettre à la porte aussi, jadis.
26:51Donc, après, on a des gens neutres.
26:53Il y a eu des gens neutres comme Bernard Pivot.
26:55Ça existait.
26:55Des gens qui disaient, je suis pour le livre.
26:57Je suis au service du livre.
26:59Et on ne savait pas si Bernard Pivot, il était de droite, il était de gauche, pour qui il avait
27:02voté,
27:03s'il préférait Giscard et Mitterrand ou vice-versa,
27:05s'il invitait l'un qui venait Mitterrand, qui venait nous parler de Chardonne,
27:08il invitait l'autre, Giscard, qui venait lui parler de Maupassant.
27:11Et puis, on ne savait pas.
27:12Ça, c'était très bien.
27:14Et c'est tout à fait dans cette direction-là.
27:15Et donc, il y a eu une dérive pour vous ?
27:16Pardon ?
27:16Il y a eu une dérive au fil des années.
27:18C'est politiquement très clair.
27:20On voit ce que c'est.
27:21C'est-à-dire, la France telle qu'on aimerait qu'elle soit,
27:23dites-nous ce que vous voudriez qu'elle soit,
27:25dites-nous pour qui vous avez voté,
27:26et qu'on sache un peu à quel service se trouve ce service public.
27:30Ce n'est pas au service du public,
27:31c'est au service d'une partie d'une publique,
27:32avec des journalistes qui sont, la plupart du temps, de la même couleur politique.
27:36Maastrichtienne, s'il faut aller vite,
27:37parce que je ne dirais pas qu'il n'y a que des gens de gauche.
27:38Il peut y avoir des gens de droite,
27:40pourvu que ce soit des gens qui votent pour des gens qui votent aussi à gauche.
27:43Je veux dire, les amis de M. Xavier Bertrand,
27:45les amis de M. Édouard Philippe,
27:47ou les amis de tous ces gens qui finissent par dire que,
27:49quand le fascisme est là, il faut voter même pour des communistes.
27:53Donc ce sont tous ces gens-là qui se partagent le gâteau.
27:55Si c'est un gâteau privé, c'est leur affaire.
27:58Après tout, ils se cotisent,
27:59et puis ils achètent une chaîne qui devient une chaîne de médias,
28:03l'équivalent de Mediapart.
28:04Mediapart, je trouve ça très bien.
28:05C'est un média militant, si c'est ce média qu'on veut, on y va.
28:11On privatise pas le service public,
28:13mais on fait du service public un service public, c'est tout.
28:16Et pas un service privé au service d'intérêt privé,
28:19et qui se moque, en plus de ça, du peuple.
28:21Quand cette dame s'en vient nous expliquer
28:23qu'il y aura des propositions élitistes,
28:26je rêve ou quoi ?
28:27S'il y a de l'élitisme, c'est bien plutôt dans le service public.
28:30Quant à, par exemple, supprimer les jeux,
28:32je trouve ça tout à fait normal.
28:34Le service public n'a pas à entretenir
28:36des jeux que je trouve toujours un peu stupides.
28:40Quel est le prénom de Victor Hugo ?
28:42Victor, vous avez gagné 10 000 euros.
28:44Parfois, c'est plus compliqué que ça, Michel.
28:46Vous exagérez, vous ne regardez pas beaucoup les jeux.
28:49Non, mais ça me consterne à chaque fois que je vois.
28:52Mais est-ce que tout ça n'est pas la démonstration
28:53que la gauche a le magistère moral
28:56sur les élites intellectuelles de ce pays ?
28:58Et alors, on en revient à De Gaulle,
28:59parce que vous nous l'avez souvent expliqué dans cette émission
29:01que De Gaulle a laissé aux communistes,
29:04finalement, tout ce pan de la culture.
29:06On va d'ailleurs écouter une archive dans un instant de Charles De Gaulle.
29:09Il faut ajouter à toute la gauche.
29:11C'est-à-dire que c'est aussi bien la SFIO qui ont été nombreux à collaborer
29:16que les radicaux de gauche, ils ont été nombreux à collaborer.
29:18Je rappelle que Rebatté, collaborationniste notoire,
29:21a écrit dans des journaux communistes, dans Clarté, par exemple, avant-guerre.
29:24Et qu'il en va de même avec Brasillac,
29:26qui a même écrit des comptes rendus dans l'humanité avant-guerre.
29:30Donc, il faut arrêter cette idée qu'il y aurait une droite
29:33qui aurait été systématiquement collaborationniste.
29:34Je rappelle que les gens qui viennent rejoindre le général De Gaulle en juin 1940,
29:38il y a parfois des gens de l'action française et des monarchistes,
29:40pendant que les autres entrent dans un pacte germano-soviétique.
29:43Donc, le général De Gaulle, il veut absolument gouverner avec tout le monde,
29:46sauf avec l'école labo.
29:47Et il laisse effectivement la culture à cette gauche-là,
29:50qui réécrit un récit national.
29:52Et avec l'aide de Malraux.
29:53C'est-à-dire que, d'un seul coup,
29:57René Clément, avec l'argent de la CGT,
29:59fabrique la bataille du rail pour nous expliquer
30:01que la CGT a été résistante dans le chemin de fer.
30:05Elle l'a été, après le pacte germano-soviétique.
30:08Donc, si vraiment De Gaulle avait fait de l'histoire à ce moment-là,
30:12ça aurait été problématique de gérer la France.
30:13Ça n'a pas été... Il ne l'a pas fait.
30:15Mais les intellectuels ne l'ont pas fait.
30:17Non.
30:17Écoute, on réécoute le général.
30:17Et on aurait attendu des intellectuels qui le fassent.
30:19Par exemple... Pardon.
30:20On va juste écouter le général, sinon on n'a pas le temps.
30:22On a beaucoup de choses encore à faire.
30:24Il disait, la culture domine tout.
30:26C'est la condition sine qua non de notre civilisation.
30:29Oui.
30:29Merveilleux. On l'écoute.
30:31Encore une fois, la culture domine tout.
30:36Elle est la condition sine qua non de notre civilisation d'aujourd'hui,
30:42comme elle le fut.
30:44Les civilisations qui ont précédé celles-là.
30:48Je me félicite encore une fois d'être venu parmi vous.
30:52J'en emporterai d'abord, au point de vue général,
30:58le sentiment d'une création.
31:01Et l'évidence d'une innovation.
31:05Par conséquent, quelque chose d'émouvant et d'encourageant au possible.
31:11Bien entendu, j'en retirerai aussi quelques conclusions pratiques
31:16sur ce qu'il y a lieu,
31:18que l'État continue de faire pour la culture française en général
31:24et pour ces maisons de la culture en particulier.
31:29Il faut en créer d'autres.
31:32Un certain nombre a été prévu par notre quatrième plan.
31:35D'autres le seront par notre cinquième.
31:38Il faut faire aussi, sans doute, un centre national de diffusion culturelle
31:44pour que tout ce dont nous disposons puisse se répandre
31:49et être vu, entendu, connu par le plus grand nombre possible d'hommes et de femmes de chez nous.
31:56Voilà, le général de Gaulle en 1965 à Bourges.
32:00Et on voit derrière, je le dis pour nos auditeurs, André Malraux,
32:03la culture domine tout, évidemment.
32:05Vous êtes d'accord, Michel Onfray ?
32:06Oui, oui, oui.
32:08Et c'était une époque où le ministère de la Culture avait été fait
32:11pour conduire le peuple aux chefs-d'œuvre.
32:14Les chefs-d'œuvre sont là où ils sont.
32:15Et on conduit le peuple jusque-là.
32:17Et puis après, avec Jacques Langue, on n'a pas eu ça.
32:19On descend la culture jusque-là où vous êtes.
32:22Et si vous aimez la BD, si vous aimez le rock, si vous aimez la cuisine,
32:24et j'aime la cuisine, etc., ça devient de l'art.
32:28Et puis finalement, c'est à peu près la même chose que d'avoir une toile de matisse
32:32et puis une paire de chaussures d'un grand couturier.
32:37Tout ça se discute.
32:38Je ne suis pas contre tout ça.
32:40Si on fait ça et qu'en même temps, on met le chef-d'œuvre à disposition du plus grand
32:43nombre,
32:43alors on fait véritablement son travail.
32:45Je rappelle que nous parlions tout à l'heure du service public
32:47et qu'il y avait un service public à l'époque du général de Gaulle
32:49où vous aviez des Claude Santéry, des Claude Barma, des Marcel Bluval,
32:54ou des gens comme ça, qui tous étaient communistes.
32:57Tous.
32:57C'est-à-dire que c'est le communisme de l'époque.
33:00C'est-à-dire qu'on prend ses ordres à Moscou, etc.
33:03Et tous ces gens travaillent pour le service public parce qu'ils ont un projet commun.
33:07J'ai souvent dit ça, mais Marcel Bluval, par exemple,
33:09c'est de faire de telle sorte que le donjon de Molière
33:11puisse être mis à la disposition du plus grand nombre
33:14et on a Claude Brasseur, on a Michel Piccoli, par exemple,
33:18qui joue Don Juan, le texte est respecté
33:21et on est dans une reconstitution de l'époque historique de Molière,
33:26plus que pour Tirso de Molina.
33:27Et on se dit, mais regardez, le service public,
33:29c'est tout à fait susceptible d'exister,
33:31avec des gens qui ne pensent pas forcément comme vous,
33:33s'ils sont là dans le respect de l'intérêt général et du bien public.
33:36La culture, elle est ce qu'elle est.
33:38Et puis, je parle des classiques, là, pour le coup,
33:40la culture contemporaine, c'est autre chose.
33:41Mais on pourrait mettre à disposition du plus grand nombre
33:45les grands classiques et pas les réécrire.
33:47C'est vu l'autre jour que quelqu'un avait réécrit Mme Bovary,
33:49ça ne se termine plus comme ça se termine...
33:52Pas de ça pour vous, Michel Onfray.
33:53Pardon ?
33:54Pas de ça pour Michel Onfray.
33:54Non, mais on crée une pièce de théâtre et puis on la signe de son nom
33:57et on ne prend pas Flaubert en étage.
34:00On est dans face à Michel Onfray sur CNews et sur Europe 1.
34:02Il nous reste peu de temps, Michel.
34:03On doit parler de Jean-Luc Mélenchon, de Bruno Le Maire et le point philo.
34:06Jean-Luc Mélenchon, d'abord, il s'est déclaré sans surprise candidat à la télévision.
34:11On va écouter ce qu'il disait en 2022.
34:13En 2022, après la présidentielle, il disait pourtant qu'il allait se retirer quasiment.
34:17Il disait, allez-y, faites mieux que moi.
34:19Écoutons l'extrait.
34:21Vous êtes en état de mener cette bataille.
34:26Et la suivante, et la suivante, autant qu'il y en aura.
34:31Regardez-moi.
34:33Je n'ai jamais lâché prise.
34:36Je n'ai jamais cédé.
34:38Je n'ai jamais baissé le regard.
34:40Et c'est de cette façon-là que nous avons construit cette force.
34:44Alors maintenant, c'est à vous de faire.
34:47Les plus jeunes vont me dire,
34:49Eh bien, on n'y est encore pas arrivé.
34:55Ce n'est pas loin.
34:58Faites mieux.
34:59Merci.
35:00Faites mieux.
35:01Personne n'a fait mieux, évidemment.
35:03C'est lui qui se représente pour la quatrième fois.
35:04Je ne suis pas étonné du tout.
35:06Si on fait une histoire de Jean-Luc Mélenchon,
35:10il y a tout le contraire de tout sur des choses essentielles.
35:13On peut varier sur un certain nombre de choses.
35:15Quand il s'est passé 20 ans, 30 ans, 40 ans,
35:17on peut dire des choses différentes aujourd'hui.
35:20Il y a 40 ans, je dirais 40 ans,
35:22vous ne pourriez pas dire grand-chose sur l'intelligence artificielle
35:24ou sur la gestation pour autrui.
35:26Mais sur des choses majeures,
35:27pour ou contre Maastricht, pour ou contre l'Europe,
35:29pour ou contre la laïcité,
35:31pour ou contre le gaullisme,
35:32pour ou contre la France,
35:33c'est quand même majeur.
35:34Ce sont quand même des gros changements.
35:37et le vieux mâle blanc,
35:39j'utilise leur vocabulaire,
35:40ce n'est pas qu'on le lui reproche,
35:43plutôt que de me le reprocher,
35:44c'est lui qui parle de vieux mâle blanc,
35:46de plus de 50 ans,
35:47et il dit,
35:47bon ben voilà,
35:49j'ai fait mon temps,
35:50maintenant allez-y vous les jeunes.
35:51Mais non,
35:52des années après,
35:53il recommence en disant,
35:53non c'est moi.
35:54On a bien cherché tous ensemble,
35:56moi-même et mes copains,
35:57mes trois copains.
35:57Et il n'y a personne.
35:58On a voté ensemble,
36:00ils étaient trois,
36:00et il y a une majorité sur mon nom,
36:02donc bon,
36:03j'y vais,
36:03parce que je suis le mieux placé,
36:04je suis le mieux préparé,
36:05je suis plus intelligent,
36:06je suis plus brillant,
36:07je suis plus doué de ma génération,
36:08etc.
36:08Bon,
36:09on dit,
36:09il fait monter des gens,
36:10ben il fait monter des gens
36:11comme il fait monter la jeune garde,
36:12c'est-à-dire,
36:12oui,
36:12il y a des gens qui sont là
36:13pour dire du bien de Jean-Luc Mélenchon,
36:15mais il ne dit pas,
36:16moi qui fais l'éloge du métissage,
36:18moi qui fais l'éloge,
36:19qu'il déteste la blanchité,
36:21qu'il fait savoir que dès que je vois des blancs,
36:23je suis mal en point,
36:26et il dit ça jadis,
36:26en parlant des normands,
36:27qui étaient tous des alcooliques
36:28quand ils sont arrivés,
36:29mais qu'il laisse sa place à quelqu'un,
36:30je n'ai pas de nom,
36:31je ne vais pas avoir d'ennui encore
36:32avec la justice,
36:33mais qu'il donne sa place
36:34à des gens qui ne sont pas blancs,
36:35qui ne sont pas hommes,
36:36qui ne sont pas français,
36:37qui ne sont pas etc.
36:38Et puis là,
36:39il sera cohérent,
36:40et qu'il passe la main véritablement,
36:42et la France dont il veut
36:43qu'elle soit créolisée,
36:44qu'il y mette quelqu'un de créolisé
36:46à la tête de son propre parti,
36:48déjà pour commencer.
36:49Mais non,
36:50c'était un propos autocratique,
36:52c'est un parti dans lequel
36:53il n'y a pas d'adhérents,
36:54il y a juste des gens
36:54qui disent oui,
36:55et s'ils ne disent pas oui,
36:56ils sont mis à la porte.
36:57Et on a des Ruffins,
36:58on a des Garrido,
36:59on a des Corbières
37:00qui après veulent tous
37:00être présidente de la République,
37:01mais qui sont mis à la porte
37:03juste parce que peut-être
37:04ils n'ont pas levé la main
37:04en même temps que tous les autres.
37:06Michel,
37:06on va parler de Bruno Le Maire
37:07qui est de retour dans les librairies
37:09et dans l'arène politique
37:10avec un livre
37:11qui s'appelle
37:12Le temps d'une décision,
37:13il revient sur les 7 ans
37:14qu'il a passés
37:14au ministère de l'économie,
37:16il a dit,
37:16il s'est exprimé dans le Figaro,
37:18Figaro Télé,
37:19il estime que l'État profond
37:25Je cite d'ailleurs Christine Lagarde
37:27qui me l'avait dit
37:28lorsque j'avais protégé
37:30les entreprises,
37:31les salariés,
37:32notre industrie,
37:32nos commerces,
37:33nos hôtels,
37:33nos restaurants,
37:34elle avait dit
37:34c'est la bonne décision
37:35mais tu vas voir,
37:37tu auras beaucoup de mal
37:37à en sortir.
37:38Et elle avait raison
37:39parce que pour beaucoup d'entre nous,
37:41notamment pour toutes les oppositions,
37:43une nouvelle dépense publique,
37:44c'est un acquis social
37:46donc il n'est pas question
37:47de les retirer.
37:48Et le deuxième problème
37:49pour bien établir une diagnostic
37:50qui est le problème fondamental,
37:53c'est le poids
37:54de l'État-providence
37:55et des retraites
37:56dans la dépense.
37:57À partir du moment
37:58où vous avez
37:59une dépense sociale
38:02qui ne cesse de progresser,
38:04une dépense des retraites
38:05qui pèse aussi lourd
38:06sur ceux qui travaillent,
38:08vous avez une dette
38:09qui s'accumule
38:10et dont on ne sort pas.
38:11Il n'y aura pas
38:12de règlement du problème
38:13de la dette
38:13si nous ne repensons pas
38:15l'État-providence
38:16et le financement
38:18du régime des retraites.
38:19Qu'est-ce que vous pensez
38:20de ce que dit Bruno Le Maire ?
38:22D'abord que le général de Gaulle
38:23avait raison de parler
38:23du régime des partis.
38:25Dès que vous êtes
38:25dans un parti,
38:26que vous êtes tenu par un parti,
38:27vous n'avez plus de cerveau.
38:28Vous en avez un,
38:29c'est le patron du parti
38:31et vous devez penser comme lui
38:32sinon vous n'avez pas
38:33de place dans le propre parti.
38:36Et puis dès que vous n'êtes
38:37plus dans un parti
38:37ou du moins dès que vous n'avez
38:38plus de fonction officielle
38:39ou que vous avez été évincé
38:42d'un poste de ministre
38:43ou de la possibilité
38:44d'avoir un nouveau poste,
38:45alors là vous retrouvez
38:46votre intelligence.
38:46Et quand vous retrouvez
38:47votre intelligence,
38:48vous dites des choses intelligentes.
38:49Et là il dit
38:49des choses intelligentes.
38:51Je me souviens,
38:51sur votre plateau,
38:52c'est vous qui m'aviez reçu
38:53à l'époque,
38:54on avait fait à Front Populaire
38:55un numéro sur l'État profond.
38:56Il y avait quelqu'un
38:57qui est toujours d'ailleurs
38:57chroniqueur sur ses news
38:58qui avait dit
38:59prototype du propos complotiste
39:02avec votre petit chat
39:04qui joue avec le monde.
39:05On a un propos antisémite caché,
39:07vous êtes un antisémite caché,
39:08etc.
39:09Bon, formidable.
39:10Mais il a dû nous lire,
39:11M. Bruno Le Maire,
39:12et j'en suis très heureux.
39:13Il fait savoir à peu près partout
39:14qu'il est très ami
39:15avec Michel Houellebecq,
39:16mais Michel Houellebec
39:16dit aussi ce genre de choses
39:18sur l'Europe,
39:18sur Maastricht,
39:19etc.
39:20Pourquoi ces gens-là
39:21n'ont pas le courage
39:22quand ils sont là
39:23où ils sont de le dire ?
39:25Il s'avère beaucoup plus
39:26de poids, je dirais,
39:27quand il était ministre,
39:28de dire ce genre de choses
39:29et de dire
39:30il faut que ça change.
39:31Et puis de dire
39:31si ça ne change pas,
39:32je m'en vais.
39:33C'est un peu le reproche
39:33qu'on peut faire aussi
39:34à Bruno Retailleau
39:35qui part quand on le met
39:35à la porte d'une certaine manière
39:36ou quand on aimait aider.
39:37C'était lui apparemment
39:38qui est arrivé au pouvoir
39:39sans qu'il ait souhaité.
39:40Là on voit encore tout ça
39:41le jeu des partis.
39:43Intérêt général,
39:43bien public,
39:44toujours le général de Gaulle
39:45en disant
39:45c'est bon pour la France
39:45ou c'est pas bon pour la France ?
39:47Est-ce que cette Europe de Maastricht
39:48c'est bon pour la France
39:49ou c'est pas bon pour la France ?
39:50Quand on nous fait savoir
39:51que c'est un État profond,
39:52on nous fait savoir
39:52que c'est l'État profond
39:53qui gouverne
39:54et que ce n'est pas
39:54l'État français
39:55qui gouverne en France.
39:56Moi je trouve ça majeur
39:57que la chose soit dite.
39:59J'aimerais bien maintenant
39:59qu'il fasse un livre là-dessus
40:00s'il veut s'exprimer
40:01à Front Populaire
40:02pour dire en long,
40:03en large et en travers
40:03pourquoi l'État maastrichtien
40:05est un État
40:06et l'État profond
40:07qui gouverne en lieu
40:08et place de l'État républicain.
40:09Je me réjouis de ce genre,
40:10je me réjouirais
40:11par l'on conditionne
40:12de ce genre de réunions.
40:12L'invitation est lancée
40:13à Bruno Le Maire
40:13pour Front Populaire.
40:15Le point philo Michel,
40:16l'ancien régime
40:17est la révolution française
40:18de Tocqueville.
40:19Donc pour vous
40:20la révolution n'a pas eu lieu
40:21c'est ça ?
40:21Oui on peut dire ça
40:22parce que c'est...
40:23En forme de boutade.
40:24Oui.
40:25Elle n'a pas eu lieu
40:26comme on pense qu'elle a eu lieu.
40:27C'est ce qu'il faut ajouter
40:27évidemment.
40:28C'est un peu provocateur
40:29de le dire comme ça
40:30mais moi j'adore
40:32la révolution française
40:33comme objet de bibliothèque.
40:35C'est-à-dire que
40:35j'ai beaucoup, beaucoup,
40:36beaucoup de livres chez moi.
40:37Il y a une grosse partie philo
40:38sans doute
40:38et puis il y a une grosse partie
40:39niche dans la partie philo.
40:41Philosophie antique
40:41et révolution française
40:42parce que je trouve
40:43que c'est majeur
40:44pour comprendre
40:46l'époque dans laquelle
40:46nous nous trouvons.
40:47Et donc j'ai beaucoup lu
40:50soit des auteurs
40:51les Marins,
40:51les Robespierre,
40:52les Saint-Just,
40:52etc.
40:53mais aussi sur la révolution française.
40:54Et puis un jour
40:55je suis tombé sur ce livre
40:56de Tocqueville
40:57et l'ancien régime
40:58et la révolution française
40:59et je me suis dit
41:01qu'est-ce que c'est que ce livre
41:01qui ne cite ni Mirabeau
41:03ni Robespierre
41:04ni pratiquement pas quoi.
41:05Il n'y a pas une histoire
41:06de la révolution française.
41:07Mais il pense la révolution française
41:08et très peu le font.
41:10C'est-à-dire que vous avez
41:10des histoires,
41:12les Thiers,
41:12les Guizot,
41:13les Cabé,
41:14les Michelet pour les plus connus,
41:16les Guizot, oui,
41:17qui font des histoires
41:17de la révolution française.
41:18Il s'est passé ça tel jour,
41:19à la fin il s'est passé ça,
41:20etc.
41:20Bon d'accord, très bien.
41:21Mais là d'un seul coup
41:22il dit
41:22qu'est-ce que c'est
41:23que cet objet
41:24révolution française ?
41:25Et il nous dit
41:26on ne connaît pas assez
41:27le XVIIIe siècle.
41:28On ne connaît pas assez
41:29la féodalité.
41:29On dit des sottises
41:30sur la féodalité.
41:32La royauté
41:32ce n'est pas la même chose
41:33quand il s'agit de Philippe Lebel
41:34ou quand il s'agit de Louis XVI.
41:36Ce n'est pas la même chose
41:37quand c'est Louis XV
41:37ou que c'est Louis XIV.
41:38Il s'est passé quoi ?
41:39Il s'est passé comment ?
41:39Comment est-ce que la société bouge ?
41:41Et il nous dit
41:42elle a lieu
41:43cette révolution française
41:44parce que
41:45les philosophes sont...
41:46Les gens qui font de la politique...
41:47Les philosophes font de la politique
41:48mais en littéraire
41:49et pas en économiste.
41:50Il dit
41:50regardez en Angleterre
41:52ce sont parfois
41:53des chefs d'entreprise
41:54qui pensent.
41:55Ce sont des gens
41:55qui réfléchissent
41:56en disant
41:56moi je sais ce que c'est
41:57qu'un budget
41:58une production
41:58un produit
41:59le coût de revient
42:00le prix de revient
42:00le prix de vente
42:02et autres.
42:03Il dit
42:03là on a des politiques
42:04qui sont des littéraires
42:05qui ont des belles idées
42:06qui fabriquent des cités idéales
42:08sans souci de la réalité
42:10et qui se sont fait déborder
42:11par non pas tant le peuple
42:13qu'une populace
42:13qui elle très violente
42:14les sans-culottes
42:15ou les gens qui dans la rue
42:16arrivent en disant
42:17on décapite
42:17on coupe la tête
42:18ah bon c'est pas bien
42:19la monarchie est bien
42:20un noble ça se décapite
42:21puis après ça devient
42:22la terreur
42:23ça devient
42:24cette fameuse révolution française
42:26que nous connaissons.
42:27Il nous dit au départ
42:29Tocqueville
42:30que la révolution française
42:31elle a des bons idéaux
42:32dès le départ
42:32mais que très vite
42:33elle va se trouver
42:34rattrapée par cette populace
42:36on voit bien
42:36qu'aujourd'hui
42:37on est un peu dans cette situation là
42:38et il nous dit
42:39il y a un effondrement
42:40des intellectuels
42:41qui ne savent pas penser le réel
42:42il y a une fascination
42:44des révolutionnaires
42:45pour ces intellectuels
42:47qui sont des littéraires
42:47mais qui n'ont pas soucis du réel
42:49et il y a surtout une fascination
42:50pour une égalité fantasmée
42:52et pas pour la liberté
42:53il dit regardez
42:54ils interdisent les journaux
42:55ils interdisent la parole
42:56ils interdisent qu'on puisse exister
42:58ils décapitent des gens
42:59ils décapitent des poètes
43:00ils décapitent Chénier
43:01ils décapitent
43:03des scientifiques
43:03Lavoisier
43:04enfin ils sont dans une détestation générale
43:06de l'intelligence
43:07et il dit
43:07ils n'ont surtout pas touché à l'essentiel
43:09c'est pourquoi la révolution française
43:10n'a pas eu lieu
43:10la révolution française
43:12ça aurait dû normalement
43:14supprimer la centralisation
43:15il dit
43:16il y a un centralisme démocratique
43:17c'est Paris qui fait la loi
43:18c'est Paris qui est l'arbitre des élégances
43:20alors qu'il y avait
43:20des assemblées provinciales
43:22il y avait
43:22des conseils paroissiaux
43:24avec la possibilité
43:25pour les gens
43:25de décider de choses
43:26qui pouvaient aller
43:27contre la parole du roi
43:28il n'y a pas eu
43:29une monarchie absolue
43:30comme avec Louis XIV
43:31avec Louis XVI
43:31il y avait une monarchie
43:33avec des parlements de province
43:33et les parlements de province
43:34avaient la possibilité
43:35d'exercer réellement
43:37la politique
43:38donc ça c'est resté en place
43:39en fait
43:39alors il dit
43:40on n'a pas touché
43:41à la centralisation
43:41non
43:42il dit au contraire
43:42on a détruit ça
43:43et on n'a pas touché
43:44à la centralisation
43:45qui depuis Philippe Lebel
43:47fait la loi
43:47c'est-à-dire c'est Paris
43:48qui fait la loi
43:48pour la totalité de la France
43:49et on a hérité
43:51de cette centralisation
43:52avec les Jacobins
43:52les Brissotins
43:53enfin ce qu'on appelait
43:54à l'époque les Brissotins
43:55les Girondins
43:56disaient
43:56il faut que Paris
43:57pèse 1,83ème
43:58de la représentation nationale
43:59il y avait 83 départements
44:00et cette façon de dire
44:02les parlements provinciaux
44:03devraient pouvoir faire la loi
44:04Paris ne devrait pas faire
44:05plus la loi
44:06qu'un autre département
44:07écoutez un petit peu
44:08les gens qui sont sur place
44:09c'est d'actualité ça
44:10c'est d'une immense actualité
44:12et cette façon surtout de dire
44:13cette révolution française
44:14aurait pu ne pas avoir lieu
44:15parce que partout en Europe
44:17il y a un état de décadence
44:19qui est à peu près le même
44:20mais des réformes sont faites
44:21pour empêcher
44:21que ça ait lieu
44:22et on voit bien
44:23les occasions de mécontentement
44:24d'un tas de gens
44:25notamment les impôts
44:26notamment la dette
44:27je parle de l'époque
44:28trop d'impôts
44:29trop de dettes
44:30trop de charges
44:31impossibilité
44:31d'être dans la libre entreprise
44:34c'est pourquoi il y a
44:34à l'époque des libéraux
44:35les libéraux apparaissent
44:36à ce moment là
44:37ça ne veut pas dire la même chose
44:38un libéral du 18ème
44:39qu'aujourd'hui
44:40et quand on lit ce texte
44:41qui est très lisible
44:43et très clair
44:44et très intelligent
44:44on apprend des choses
44:45sur la révolution française
44:46mais on apprend aussi
44:47beaucoup de choses
44:47sur notre époque
44:48et ça nous dit
44:49beaucoup de choses
44:50de ce qui se passe aujourd'hui
44:51parce que tous les ferments
44:52sont en place
44:52mais tout à fait
44:52tout y est
44:53l'ancien régime
44:55et la révolution française
44:56de Tocqueville
44:56on peut l'avoir
44:57en édition folio
44:58c'est un grand roman
45:00faisons l'éloge
45:01de la Normandie
45:03il était un élu
45:04du département de la Manche
45:05et chaque semaine
45:06quand je prends le train
45:07je sais que le train
45:08Paris-Cherbourg
45:09on le lui doit
45:10parce qu'il a
45:11beaucoup travaillé à ça
45:12c'est Souvenir aussi
45:13qui sont des thèmes
45:14moi j'aime pas beaucoup
45:15La démocratie en Amérique
45:16qui est un livre
45:17assez pénible à lire
45:18et il aurait pu faire
45:19400 pages de moins
45:20mais si on lit
45:21L'ancien régime
45:21et la révolution française
45:22ou Les souvenirs
45:23pour les gens
45:23qui voudraient des choses
45:24beaucoup plus faciles d'accès
45:26qui racontent 1848
45:27c'est très bien écrit
45:28et c'est très lisible
45:30aussi pour aujourd'hui
45:30Merci Michel
45:31c'était une super émission
45:32sur CNews
45:33et sur Europe 1
45:34la semaine prochaine
45:34Sous-titrage Société Radio-Canada
45:35Sous-titrage Société Radio-Canada
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