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  • il y a 15 heures
Dans son édito du 08/05/2026, Paul Sugy revient sur le saccage de l'exposition de Yann Arthus Bertrand lors des célébrations du PSG mercredi soir.

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Transcription
00:00Allez, c'est l'heure de l'édito politique de Paul Fugy qui nous a rejoint sur ce plateau.
00:04Paul, ce matin vous vouliez revenir sur le saccage de l'exposition Vivre Ensemble,
00:08Place de la Concorde en marge de la demi-finale de la Ligue des Champions.
00:11Oui, Anthony, car au fond, comment imaginer plus parfaite métaphore du malaise identitaire
00:15que connaît notre cher et beau pays que cette histoire ?
00:18Il y avait donc Place de la Concorde, une exposition photo baptisée Vivre Ensemble,
00:21créée par le photographe Yann Arthus Bertrand et le démographe Hervé Lebrat,
00:24qui entendait représenter la France contemporaine dans sa diversité
00:28en exposant en grand format sur des panneaux en bois,
00:30des clichés pris dans la rue, de passants de toutes origines.
00:33Au fond, l'exposition se voulait, selon une inspiration qui ne brille ni par son originalité
00:37ni par sa hauteur de vue conceptuelle, une ode à la diversité humaine et à la tolérance.
00:41Mais hélas, de tolérance et de respect, mercredi soir,
00:44les hordes de représentants de cette chère diversité n'en voulaient pas.
00:47Lorsqu'à peine siffler le coup d'envoi de la demi-finale du PSG, qui n'était qu'un prétexte,
00:51ils ont parcouru les faubourgs et les places de la capitale dans leur cortège grouillant et furieux.
00:55Les images tournées par les journalistes présents ce soir-là ne trompent pas.
00:58La plupart étaient issus de l'immigration.
01:00Mais plutôt que de tourner autour des panneaux d'Yann Arthus Bertrand
01:03en formant une ronde joyeuse et en récitant des poèmes de Gandhi ou de Martin Luther King,
01:07ces petits-enfants chéris du vivre ensemble, eux, ont préféré mettre les panneaux à terre
01:10et les piétiner sauvagement en sautant dessus
01:12entre deux tirs de mortier d'artifice sur les forces de l'ordre.
01:15Ça devrait ramener les auteurs de cette exposition à la dure réalité de ce qu'est la France aujourd'hui
01:19?
01:19J'ai plus qu'un doute, cher Anthony, car vous avez affaire à des croyants fervents
01:22que rien ne saurait faire douter.
01:23Yann Arthus Bertrand confie en avoir pleuré quelques heures cette nuit
01:26avant de repartir de plus belle le lendemain matin
01:29en scandant deux rechefs « Vive le vivre ensemble ! »
01:32Alors ce vieux slogan est né au fond au début des années Mitterrand
01:35pour contrer la remise en cause à l'époque de l'immigration de masse
01:37qui prenait un tournant avec l'immigration familiale
01:40et la fin du plein emploi en France.
01:42Le vivre ensemble, au fond, c'est une formule magique,
01:44une incantation liturgique, des adeptes de la foi dans cette diversité heureuse
01:47qui sont aujourd'hui les papiers et les mamies
01:49qui se consolent du crépuscule de la social-démocratie
01:51en revisitant au cinéma leur nostalgie des années 80
01:54dans le film de Nakash et Toédano.
01:56Yann Arthus Bertrand et Hervé Lebrun sont deux professants de cette religion
02:00qui, comme dirait Delphine Ernot, sont deux hommes blancs aussi de plus de 50 ans.
02:05Le premier a passé sa vie en avion en hélicoptère
02:07pour alerter sur le changement climatique.
02:08Aujourd'hui, il fait la morale à ceux qui prennent l'avion
02:10en jurant qu'on ne l'y prendra plus
02:12et en engueulant des personnes qui n'ont pas le centième de son empreinte carbone.
02:15Le second, Hervé Lebrun, c'est un démographe universitaire
02:18qui a pourfendu d'abord le discours politique sur la natalité
02:21en disant que c'était une erreur de raisonner en ces termes
02:24mais qui maintenant prône l'immigration de remplacement
02:27en interdisant de la mesurer correctement
02:29par exemple en militant contre les statistiques ethniques
02:31quitte à pourchasser Michel Tribala,
02:33une autre démographe dont le seul tort est de penser différemment de lui
02:36pour l'empêcher de publier.
02:37Vous avez l'air de penser que leur combat est d'arrière-garde.
02:39Mais ce n'est pas seulement moi qui le pense,
02:41c'est toute la chose.
02:42Ce sont par exemple les gamins qui ont sauté sur ces panneaux
02:44qu'ils expriment avec leurs gestes
02:45et ce sont aussi récemment dans les élections municipales
02:48les électeurs de Bali-Bagaoko à Saint-Denis
02:51ou encore de Creil, de Vénitieux ou de Vaud-en-Velin
02:52qui ont à chaque fois dégagé le vieux monde socialiste
02:55pour installer à la mairie des élus insoumis
02:58dont le discours ouvertement communautaire sur la Nouvelle-France
03:01semblait leur convenir mieux
03:02que le vieux fantasme de cette diversité heureuse
03:04à laquelle au fond plus grand monde ne croit.
03:07Je crois que la gauche de Touche pas à mon pote
03:09ou de la France black blamber, elle peut bien pleurer
03:11avec Ernestius Bertrand et Hervé Lebrat
03:13ou afficher tous les panneaux qu'elle veut
03:14mais elle n'enrayera pas pour autant son inexorable déclin.
03:17La diversité en France ne veut plus être apaisée ou heureuse.
03:20Elle veut tenir sa revanche,
03:22elle veut faire payer la France pour son passé colonial,
03:24la forcer dans un geste maoïste à faire son autocritique.
03:27Elle veut installer de gré ou de force
03:29des tastis croustiers, des masterpoulets
03:30au nez et à la barbe des vieux maires socialistes
03:33des communes gentrifiées de la proche banlieue parisienne
03:35et sauter à pieds joints sur les bons sentiments
03:37de ceux qui continueront de faire semblant
03:38de ne pas voir le problème.
03:40Sous-titrage Société Radio-Canada
03:41Sous-titrage Société Radio-Canada
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