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Dans son édito du 01/05/2026, Paul Sugy revient sur un 1er-Mai très politique.

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Transcription
00:00Paul Sujit est avec nous pour l'édito politique. Bonjour Paul.
00:03Bonjour Anthony.
00:03Journaliste au Figaro. C'est un 1er mai très politique aujourd'hui qui a fait l'objet d'après-débats
00:08entre les partis politiques ces dernières semaines. Racontez-nous.
00:12Un 1er mai très politique et j'aimerais dire peut-être un 1er mai très français.
00:15Regardez plutôt, on a des syndicats qui ne représentent plus grand monde, qui ont réussi à bloquer malgré tout l
00:19'adoption d'une mesure souhaitée par les trois quarts des Français,
00:21à savoir un relatif assouplissement sur les règles qui pèsent sur les petits commerçants, principalement les boulangers ou les fleuristes.
00:28Par peur de se fâcher avec eux, ces syndicats, que plus personne n'élit mais que le gouvernement ne veut
00:33pas fâcher donc,
00:35eh bien le cornu a renoncé à proposer cette mesure, mais il a laissé entendre qu'il n'y aurait
00:40pas de contrôle.
00:41En clair, la règle reste la même mais on n'applique plus. En France, on vote des lois, on établit
00:45des normes, mais quand on veut s'en débarrasser,
00:47comme c'est trop dur de les rayer, on dit simplement qu'elles ne seront plus en vigueur.
00:51Résultat des courses, il avait promis de faire passer des consignes. Interrogé il y a quelques jours, son ministre du
00:54Travail, Jean-Pierre Farandou,
00:55a dit que finalement il n'a donné aucune consigne et en définitive, les fonctionnaires de l'État ne savent
00:59pas
00:59s'ils doivent sanctionner les commerçants qui seront priés en faute ou s'ils ne doivent pas le faire.
01:04Et finalement, ces mêmes commerçants vont jouer à la roulette russe en se demandant s'ils ouvrent,
01:09s'ils vont finir par avoir un contrôle et donc une sanction à la fin.
01:12Et bien sûr, personne ne sait leur donner une réponse claire et définitive.
01:15Coucourico, vive la France !
01:16Alors justement, il y a certains politiques qui sautent sur l'occasion.
01:19Gabriel Attal, qui a déclaré hier dans le Figaro que le droit du travail empêche trop souvent le droit au
01:24travail.
01:25Est-ce que c'est un slogan de campagne ?
01:27Oui, Gabriel Attal qui avait poussé pour cette mesure et qui évidemment en profite aussi pour tacler au passage le
01:32gouvernement.
01:33Marquer un pas de côté, c'est bien sûr, et vous l'avez vu avec le flair politique qui vous
01:37caractérise, Sir Anthony,
01:38un slogan de campagne, une proposition, une manière de s'afficher aussi, en un sens assez sarkoziste,
01:43même s'il s'offre le luxe au passage de traiter le fameux slogan sarkoziste,
01:47travailler plus pour gagner plus, de vieille lune.
01:49Lui, il a trouvé un différent, vous allez voir, c'est tout autre chose.
01:52Travailler mieux pour gagner mieux.
01:54Bon, en attendant, à l'intérieur de cet entretien que Gabriel Attal donnait hier au Figaro,
01:58c'est quand même un championnat de en même temps.
02:00Il s'en prend à la fois à François Béroux sur la suppression des deux jours fériés,
02:04tout en expliquant quand même qu'il est possible qu'au mois de mai, il y en a un peu
02:06trop
02:07et qu'on ne travaille pas suffisamment à l'approche des beaux jours.
02:10Il charge la CGT en expliquant à raison qu'elle fait de la politique,
02:13mais finalement, il dit qu'il croit au dialogue social.
02:15Il propose de faire des études moins longues, ce qui serait une extraordinaire bonne idée,
02:19en favorisant la formation professionnelle.
02:21Et après ça, il nous explique qu'il va falloir former 20 millions de salariés français en 5 ans
02:26au maniement de l'intelligence artificielle, formation un peu fumeuse,
02:29dont beaucoup de spécialistes vous disent qu'elle ne servira pas à grand-chose.
02:32De toute manière, les outils d'IA évoluent plus vite que les formations qui proposent de s'en servir.
02:36Et alors, Gabriel Attal rappelle aussi que les Français travaillent en moyenne
02:39110 heures de moins que la moyenne européenne.
02:41Oui, il a raison de le rappeler.
02:43Et le paradoxe, au fond, c'est que cette fameuse fête du travail que nous fêtons aujourd'hui
02:46semble sacro-sainte, intouchable.
02:49On a bien vu ce qu'il en coûtait aux politiques qui ont proposé d'en assouplir quelques règles.
02:53Au fond, c'est l'équivalent d'une solennité chrétienne dans le calendrier laïc et républicain de la CGT.
02:58Mais par ailleurs, la gauche semble sanctuariser de moins en moins le travail en tant que tel.
03:03On célèbre plus la fête du travail que le travail lui-même.
03:05Le 1er mai, vous le savez, c'est apparu dans le calendrier révolutionnaire sous la Convention.
03:09Et depuis le 19e siècle, il commémore les conquêtes sociales de la deuxième internationale socialiste.
03:14Eh bien, le socialisme, parfois, on se dit que c'est comme le reste.
03:17C'était mieux avant.
03:18Aujourd'hui, la gauche a tué le travail avec la 35 heures.
03:20Et en plus, certains, dans son champ, prônent même le droit à la paresse.
03:24Je pense par exemple à Sandrine Rousseau qui en a fait un de ses concepts politiques.
03:28Comme si au fond, parler de travail, c'était devenu insultant, c'était devenu un gros mot.
03:33Dans ce sens-là, je comprends mal pourquoi est-ce qu'on s'attache à fêter autant ce travail
03:37que par ailleurs, on déplore et que l'on anéantit un peu plus à coups de mesures et de réformes.
03:43Sous-titrage Société Radio-Canada
03:45Sous-titrage Société Radio-Canada
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