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Voici une petit compil de mes intellectuels de gauche préférés, et les extraits qui m'ont marqués ces derniers temps.

00:00 François Bégaudeau
03:29 Frédéric Lordon
09:54 Bernard Friot

Pour changer le système :
Réclamer le RIC constituant : https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-2491 https://www.mouvement-constituant-populaire.fr/
Changer de banque: https://www.lanef.com/ https://change-de-banque.org/particulier/
Passer à l'action militante: https://extinctionrebellion.fr/ https://ripostealimentaire.fr/
Changer de travail : https://jobs.makesense.org/fr

Sources
Lordon https://www.youtube.com/watch?v=oDPOL0jOJfk 17/12/2022
Bégaudeau https://qg.media/emission/y-a-t-il-encore-une-droite-et-une-gauche-pas-de-quartier-avec-francois-begaudeau-et-alexandre-devecchio/ 27/09/2021
Friot https://www.youtube.com/watch?v=NyNmX_moBuw 21/06/2016
Musique https://www.youtube.com/watch?v=39PVEaSytpo

Réponses au quiz de fin :

/!\ Description à ne pas lire avant d'avoir vu la vidéo entièrement
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Pourquoi ne faut-il pas parler de pauvres ou d'exclus ?
Définir quelqu'un par son manque est extrêmement violent. La classe ouvrière s'est construite en se posant comme seule productrice de valeur, pas comme représentants de pauvres.

Quel mouvement politique a parlé en premier de relocalisation de l'économie ?
Marxiste-écologiste.

Quelle est la définition d'un parti révolutionnaire selon Lordon ?
Tout ken, avec méthode."

#bégaudeau #friot #lordon #extrait #ethiqueettac

Catégorie

📚
Éducation
Transcription
00:05De la confusion de votre cerveau, je vais le donner.
00:09Vous parlez d'écologie un moment.
00:10Alors c'est très intéressant toujours, je veux dire pendant 300 pages vous n'en parlez pas.
00:13Comment est-ce que vous en parlez ?
00:14Première figure rhétorique que j'analyse dans notre joie,
00:18folklorisation donc de l'ennemi.
00:19De quoi vous parlez concernant le mouvement écologiste en cours,
00:22pris génériquement d'ailleurs ce qui est déjà un problème,
00:24c'est évidemment de sa protubérance pittoresque,
00:27à savoir un certain courant évidemment ultra minoritaire
00:30de quelque chose qui s'apparenterait à l'écologie
00:32qui serait ultra melcusien, qui engagerait par exemple à ne pas faire d'enfant.
00:37Vous en parlez, je n'ai rien inventé.
00:39C'est ça en fait que vous parlez à propos d'écologie.
00:41C'est ce que vous retenez de ce continent intellectuel et actif
00:45désigné sous le nom d'écologie, c'est ça.
00:47Cette espèce de truc totalement folklorique.
00:49Deuxième chose évidemment, et là-dessus comme tous vos amis politiques,
00:53tous vos amis je dirais idéologiques,
00:55Onfray en particulier, dont je fais une analyse à un moment dans mon livre,
00:58bien sûr, on a le droit à Greta, on a le droit au refrain de Greta.
01:01Greta comme emblème de l'écologie, Greta qui l'épuiserait,
01:05Greta qui incarnerait à elle seule tout ce que peut être l'écologie.
01:08Donc bien sûr, une petite allusion au fait que quand même,
01:11comme disait Onfray, c'est quand même une enfant qui donne des leçons aux adultes,
01:14tout ça, donc on perd un peu de vue le sujet.
01:16On parle du pittoresque, etc.
01:17En revanche, la question de savoir si la situation écologique est,
01:21un, urgente, deux, qu'elle appelle des mesures concrètes,
01:23qui, comment, pourquoi, ça, ça ne vous intéresse pas.
01:26Tout ce qui vous intéresse, c'est de constituer l'écologie comme une idéologie
01:29et de la disqualifier en en prenant, encore une fois,
01:33que la vitrine tout à fait spectaculaire et inintéressante.
01:36Et donc du coup, comme vous avez tout tellement abstrait
01:38l'écologie du réel auquel elle répond,
01:41du réel à savoir l'urgence, l'urgence climatique entre autres choses,
01:43eh bien, vous finissez par dire cette espèce de chose,
01:47je ne sais pas si ça me fait éclater de rire ou éclater en larmes, en fait,
01:50à savoir que l'écologisme pourrait être le complice
01:53d'une espèce de résurgence du mondialisme un peu fatigué.
01:56C'est bien ce que vous dites, vous dites finalement,
01:57les idées que vous appelez mondialistes, moi, je n'aime pas ce mot,
01:59mais c'est ce que vous dites, elles sont un peu fatiguées
02:01parce qu'en ce moment, les populistes sont en train de gagner
02:03et que quand même, ça serait l'écologie qui perpétuerait le mondialisme
02:07dans l'idée qu'on pourrait comme ça se fraterniser tous ensemble,
02:12planétairement et dans le mépris des frontières,
02:14ça serait l'écologie qui serait en fait l'espèce de mode de survie
02:18d'un certain mondialisme.
02:19Alors là, quand même, pardon, mais là où je ne rigole plus,
02:22c'est que d'abord, vous insultez le réel
02:24parce que vous ne prenez pas du tout en compte la situation écologique.
02:28C'est ça le point.
02:29Est-ce qu'il y a une urgence climatique ?
02:30J'aimerais bien que vous répondiez à cette question par la suite
02:32et surtout, ce que vous négligez totalement,
02:34c'est qui a parlé en premier dans le champ des idées
02:37et dans le champ surtout des actes de relocalisation de l'économie,
02:40de relocalisation de nos vies.
02:42Quel courant marxiste écolo a le premier, dans les années 90,
02:47parlé de pensée globale, agir locale ?
02:49Quel courant ?
02:50C'est bien sûr toute cette espèce de réactivation marxiste du thème écologique
02:54ou d'activation marxiste du thème écologique, vous le savez bien,
02:57et que donc les forces qui effectivement actuellement travaillent
02:59à une relocalisation de l'économie
03:01pour éviter une espèce de circulation totalement absurde de la marchandise,
03:04c'est bien sûr les forces écologistes radicales, c'est bien sûr celle-là,
03:07et ce sont elles qui sont les premières à se heurter au mondialisme.
03:11Donc la construction purement abstraite que vous faites
03:13et qui finit par dire que l'écologisme serait maintenant
03:16l'espèce de bras armé d'un nouveau mondialisme,
03:18je veux dire, mais c'est d'une absurdité et surtout d'une inconséquence
03:21par rapport à, un, la situation réelle des sols, de l'air,
03:25de la biodiversité, de nos corps,
03:27et deux, la situation réelle de ce qu'est l'activisme réel écologique.
03:30Merci beaucoup pour cet accueil.
03:33Il y a un slogan qui vient d'un autre secteur de la gauche,
03:38mais qui ne manque pas d'intérêt.
03:41On l'a entendu notamment chez les anti-bassines et les militants climat.
03:46Ce slogan dit « Il est vital de tout niquer ».
03:50Et c'est vrai, au point où nous en sommes,
03:54il devient vital de tout niquer,
03:56mais ajouterais-je, avec méthode.
04:07Qu'est-ce qu'un parti révolutionnaire ?
04:10C'est une organisation qui se propose de tout niquer méthodiquement.
04:15De tout niquer pour commencer.
04:18Alors, slogan pour slogan,
04:20il y a un autre que j'aime assez.
04:22Bon, c'est un peu normal, il est de mon cru.
04:26Il va vous surprendre, je crois, il est assez original.
04:29Ce slogan dit « Il n'y a pas d'alternative. »
04:34« Zéris-nous alternative. »
04:36Je le dis en anglais parce que vous voyez comme c'est drôle,
04:38quand on prend les premières lettres, ça fait comme un prénom, Tina.
04:42Du coup, c'est plus facile à retenir.
04:44Si vous croyez l'avoir déjà entendu, vous faites erreur.
04:48On ne parle pas du tout de la même chose.
04:50Mon slogan à moi dit qu'au point où nous en sommes,
04:53si on veut éviter l'écocide, c'est-à-dire l'anthropocide,
04:58alors il faut un capitalocide.
05:00Et qu'en effet, il n'y a pas d'alternative.
05:02Mais cette fois-ci pour de vrai.
05:10Dans ces conditions, nous pouvons enchaîner nos idées avec conséquence.
05:15Le capitalocide, c'est la mise à bas du capitalisme.
05:17Or, la mise à bas du capitalisme est un processus d'un genre bien identifié,
05:21un processus révolutionnaire.
05:24Qu'est-ce qu'un processus révolutionnaire ?
05:26C'est un élan des masses.
05:27Ce qui ne veut pas dire une spontanéité pure.
05:30Revoilà la question de la méthode.
05:32La méthode doit avoir des lieux.
05:34Un lieu notamment.
05:35Un parti révolutionnaire.
05:38Dans parti révolutionnaire, il y a parti.
05:41Et on pourrait s'y tromper.
05:42Par exemple, la constitution de la Vème République stipule que, je cite,
05:47les partis et groupements politiques concourent à l'expression du suffrage.
05:51C'est-à-dire se tiennent bien.
05:52Or, justement, non.
05:54Il n'est plus l'heure de bien se tenir,
05:56puisque c'est celle de tout niquer,
05:58ni de concourir à quoi que ce soit
06:01sur indication des institutions politiques du capitalisme.
06:04Ce qui, je le dis en passant,
06:05à mes yeux ne veut pas dire
06:07se désintéresser complètement de ce qui s'y passe.
06:09Nous avons déjà eu ce débat, n'est-ce pas, Marina ?
06:11Nous l'aurons sans doute encore.
06:13En tout cas, le paradoxe de la période,
06:15c'est qu'elle n'a jamais requis aussi impérieusement
06:18la perspective révolutionnaire,
06:20alors qu'on y trouve tendanciellement
06:21plus aucune organisation revendiquant
06:23la perspective révolutionnaire.
06:25C'est la raison pour laquelle,
06:27mais par simple logique,
06:29quand il s'en fait connaître une,
06:30je peux difficilement me retenir de lui dire ma sympathie.
06:35Sandra parlait depuis un lieu lointain,
06:37l'art.
06:39Je parle d'encore plus loin,
06:40la bourgeoisie.
06:43En bourgeoisie, si vous saviez,
06:45la classe ouvrière,
06:46on s'en fout,
06:47mais un point que vous ne pouvez même pas imaginer.
06:50Le climat, en revanche,
06:52ça commence à en faire flipper certains.
06:55Ça fait flipper les jeunes,
06:56ça fait flipper les diplômés de l'enseignement supérieur,
06:59les futurs cadres du capitalisme,
07:01ça commence même à faire flipper des journalistes.
07:04Pour toutes les prévisibles résistances institutionnelles,
07:08politiques et médiatiques,
07:09qu'on peut imaginer,
07:10quelque chose est en train de s'ouvrir dans les têtes.
07:13Une nouvelle disponibilité des esprits
07:15est en train de se former.
07:17Mais cette disponibilité
07:19ne débouchera sur quoi que ce soit
07:20que s'ils lui sont activement retirés
07:23les dernières illusions,
07:25les fausses promesses de pouvoir s'en tirer,
07:27les faux espoirs de pouvoir tout garder
07:29et toute la gamme des évitements sédatifs.
07:33Pour décrocher de tout ça,
07:35pour la décrocher de tout ça,
07:36il va falloir du travail.
07:38C'est un travail qui entre aussi
07:40dans l'étage d'un parti révolutionnaire,
07:42c'est-à-dire qui fait partie de la méthode.
07:45On me dira peut-être qu'un parti révolutionnaire
07:47ne se préoccupe pas de la bourgeoisie,
07:49qu'il se préoccupe surtout de la combattre,
07:51et d'abord, là où elle se combat,
07:54sur les lieux du travail.
07:56Et ça n'est pas faux.
07:58Mais ça n'est peut-être pas complètement vrai non plus.
08:01Le travail contre-hégémonique,
08:03par construction,
08:04vise aussi la bourgeoisie,
08:05au moins certaines de ses fractions.
08:07Un système de domination est d'autant plus fragile
08:10qu'une partie importante des dominants
08:12eux-mêmes n'y croient plus.
08:13Un ordre de domination est d'autant plus facile à renverser
08:16qu'il est devenu friable à l'intérieur.
08:18Or, une partie de la bourgeoisie peut décrocher.
08:22Celle qui comprendra que,
08:24dans ses intérêts matériels,
08:26il entre aussi ses intérêts de terrestre.
08:29Mais elle ne décrochera que si elle est conduite
08:31à voir, sans échappatoire possible,
08:34que ses intérêts matériels redéfinis,
08:36maintenant, on pourrait ennemer le capitalisme.
08:40Sauf à prendre cette voie,
08:42la bourgeoisie, de son propre mouvement,
08:44ne décrochera jamais
08:45de la division du travail capitaliste
08:47qui met les prolétaires à son service,
08:49par l'exploitation qui fait sa richesse
08:51et par le larbinage généralisé
08:53qui soutient son mode de vie.
08:55On peut choisir de la combattre frontalement.
08:58Telle a été la première version
08:59de la lutte des classes.
09:01Mais on peut aussi faire entrer dans la stratégie
09:04de fragiliser, pour ainsi dire,
09:06spirituellement la bourgeoisie.
09:08Je dis que, dans l'histoire de la lutte des classes,
09:10il ne s'est peut-être jamais rien présenté
09:12d'aussi puissant
09:13que la situation terrestre contemporaine
09:16pour la faire vaciller.
09:18Hormis un noyau de fanatiques
09:20prêts à tout et qui iront jusqu'au bout,
09:22il faut ôter à la bourgeoisie
09:24jusqu'au désir de lutter
09:25pour préserver un ordre
09:26qui, maintenant, lui devient défavorable.
09:29Lorsque la bourgeoisie,
09:30une partie de la bourgeoisie,
09:32aura été conduite en ce point
09:34où elle sera convaincue,
09:36sinon de rendre les armes,
09:37du moins de ne pas les prendre,
09:39et que désorientée,
09:41elle ne saura plus que faire,
09:44à ce moment-là,
09:45nous arriverons.
09:54Je maintiens
09:57qu'il est absolument fondamental
09:59de se battre
10:02contre toute définition
10:04de quelqu'un
10:05comme exclu et comme pauvre,
10:09laissant ça
10:11au capital
10:13et à ses
10:14bonnes sœurs.
10:18Personne
10:19ne peut être défini
10:21comme exclu
10:22et comme pauvre.
10:25Définir quelqu'un
10:26par son manque,
10:26c'est lui faire une violence
10:28tout à fait considérable.
10:31Lorsque la classe ouvrière
10:33s'est construite,
10:34elle ne s'est pas construite
10:35comme
10:35des syndicats
10:37de victimes.
10:40Elle ne s'est pas posée
10:42comme
10:45des
10:47exclus,
10:48vaincus.
10:50Elle s'est posée
10:51comme la seule productrice
10:53de valeurs
10:54et exigeant
10:55à ce titre
10:56une reconnaissance
10:57comme producteur
10:58de valeurs.
10:59On discutera ensuite
11:00la question
11:00travail-pas-travail.
11:01Mais sur ce point-là,
11:03je suis d'une fermeté
11:04totale
11:05parce que je constate
11:06justement
11:08que dans les années 70,
11:10et c'est là
11:10qu'on a
11:11un début
11:13de l'impuissance
11:17syndicale,
11:18dans les années 70,
11:19on voit arriver
11:20le vocabulaire
11:21de la pauvreté
11:22dans des textes
11:23qui n'en parlaient
11:24jamais.
11:26Jamais
11:27la classe ouvrière
11:28ne s'est définie
11:29comme un regroupement
11:30de pauvres.
11:32Déclarer
11:33quelqu'un pauvre,
11:34c'est lui faire
11:35une violence
11:36inadmissible.
11:37Ça fait partie
11:39justement
11:39du mépris
11:40dans lequel
11:41le capital
11:41nous tient.
11:43Personne
11:44n'est pauvre.
11:46Et
11:46nous n'avons pas
11:48à conquérir
11:49des droits
11:50pour subsister
11:52et sortir
11:53de la pauvreté.
11:54nous avons
11:55à conquérir
11:56des droits
11:56pour être
11:57souverains
11:58sur la valeur
11:58économique,
11:59pour être
12:00propriétaires
12:01de l'outil
12:01de travail.
12:02C'est en permanence
12:03ce point-là
12:04qu'il faut mettre
12:05au centre
12:05du dispositif.
12:07Je le répète,
12:09nous sommes
12:09un pays
12:10occupé.
12:11On peut
12:12mieux redistribuer
12:13tout ce qu'on veut
12:14tant que nous
12:15ne décidons pas
12:16de l'outil
12:17de travail
12:18et de l'outil
12:19de travail
12:19dans sa totalité.
12:20Parce qu'on peut
12:21évidemment faire
12:22des jardins bio
12:23dans un océan
12:23d'agrobusiness.
12:25Évidemment
12:25qu'on peut faire
12:26des formes locales
12:30de production
12:30d'électricité
12:31en laissant
12:32Areva
12:33produire
12:34son nucléaire.
12:36Sauf que
12:36ce n'est pas
12:37sérieux.
12:39Nous sommes
12:40confrontés
12:41à un adversaire
12:44tel
12:45que nous
12:45devons avoir
12:46un projet
12:48révolutionnaire.
12:50révolutionnaire
12:50ça ne peut
12:51jamais passer
12:52alors ça
12:53je te le dis
12:53avec une grande
12:54fermeté
12:54ça ne peut
12:55jamais passer
12:56par le soutien
12:57aux pauvres.
12:59Ça c'est
12:59de la merde.
13:01Moi je ne soutiens
13:02pas les pauvres.
13:03Je ne désigne
13:04personne
13:05comme pauvre.
13:07C'est faire
13:08une violence
13:09infinie
13:09aux personnes
13:10que de les définir
13:11par leur manque.
13:12Je ne suis pas
13:13solidaire de toi
13:14parce que j'ai
13:14que t'as pas.
13:15Ça c'est
13:16de la saloperie.
13:17je suis solidaire
13:19de toi
13:20parce que nous avons
13:21ensemble
13:22à construire
13:22une alternative
13:23au capital
13:24et ce n'est pas
13:25une partie
13:25de plaisir.
13:51de la saloperie.
13:51Merci.
13:51Merci.
14:04Sous-titrage
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