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  • il y a 6 heures
Avec Jean-Charles BOUCHOUX, psychanalyste, psychothérapeute

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##NOEPISODE##
Transcription
00:00Et on continue avec Florence qui nous revient. Bonjour Florence.
00:04Bonjour.
00:05Merci de prendre la parole Florence.
00:08Merci de me recevoir, j'espère que je vais pouvoir parler parce que depuis que je vous appelle je ne
00:13fais que pleurer.
00:15C'est bien, au moins vous ressentez des choses Florence, c'est formidable, bravo.
00:21Oui mais ce n'est pas la première fois et en fait c'est toujours pareil quoi.
00:26Et en fait j'ai l'impression que je comprends tout mais ce n'est pas pour ça que j
00:30'avance, que je n'ai pas l'impression d'avancer parce que l'anorexie elle est toujours là.
00:36Et que presque au fur et à mesure des années parce que je vieillis, forcément, comment vous dire, je ne
00:46passe pas le cas parce que je suis malade.
00:48Enfin, je sais que je suis malade depuis ma première hospice, c'était en 2022.
00:55Mais je pense que j'ai fait de la boulimie à partir de 14 ans et puis bon, j'ai
01:02eu un moment où quand j'ai travaillé, ça s'est arrêté.
01:05Et puis là j'ai sombré que mon père est mort.
01:09C'est quand votre père est mort que l'anorexie s'est déclenchée, c'est ça ?
01:13Non, enfin l'anorexie elle avait débuté mais j'étais plus dans le déni si vous voulez.
01:18Alors j'arrivais mieux à me maintenir parce que je travaillais.
01:22Donc j'avais un, comment dire, ce que j'appelle moi une soupaque où j'arrivais à évacuer mes angoisses.
01:32Que je ne savais pas que c'était des angoisses en fait.
01:35Mais en même temps, vous nous parlez de votre boulimie quand vous aviez 14 ans.
01:39Donc tout ça remonte à bien plus loin que la mort de votre père.
01:42La mort de votre père est un déclencheur qui a...
01:46La mort du père de Florence l'a obligé à sortir du déni semble-t-il.
01:50Donc en fait, que vous soyez sorti du déni est une bonne nouvelle.
01:56Parce qu'on peut commencer à partir de là, on peut commencer un travail beaucoup plus profond.
02:01Ben vous voyez, en vous attendant, et c'est pas la première fois que je le dis,
02:07c'est que quand mon père a appris qu'il était malade,
02:11ben en fait, il m'a pris dans ses bras pour la première fois de sa vie quoi.
02:15Et il m'a serré fort.
02:16Et ce jour-là, j'ai eu une sensation où j'avais l'impression qu'il me collait son cancer.
02:22Et quand il est mort, j'ai...
02:24Alors il y a toutes une...
02:26Il y a toutes des histoires de famille qui sont remontées.
02:29J'ai appris que ma soeur avait été adoptée, parce que c'était ma demi-soeur.
02:32J'ai appris plein de secrets.
02:34Et là, c'est la colère qui a pris le pas.
02:37Et mon corps, depuis...
02:39Ben en fait, c'est mon...
02:40Je me rends compte que c'est mon corps qui parle.
02:43Et moi, en fait, je suis en colère.
02:44Bien sûr.
02:45Vous avez l'impression d'avoir été trahie ?
02:48Ah oui.
02:49Oui, c'est ça.
02:50Et je n'existe pas.
02:51Je n'ai jamais existé, en fait.
02:52Jamais.
02:53On m'a jamais dit les choses.
02:55Jamais.
02:56Ouais.
02:57Blessure de rejet, blessure de trahison.
03:00À l'hôpital, on me dit aussi le syndrome de l'abandon.
03:04J'ai l'impression que je cumule tout.
03:06Et aujourd'hui...
03:07Bon, l'an dernier, j'ai été hospitalisée pour la deuxième fois.
03:11Je suis partie en réanimation.
03:13Parce que j'ai failli mourir.
03:14Mon poids, il a explosé.
03:16Parce que j'étais trop maigre.
03:18Et donc, du coup, là, aujourd'hui, en fait, comment vous dire, je survis et je cours les médecins.
03:27Là, j'attends les résultats d'une analyse par rapport à ce que j'ai mon corps qui est en
03:33train de parler à ma place.
03:35Mais je ne sais pas.
03:37Je ne sais plus.
03:38Je ne sais plus.
03:40J'ai l'impression qu'en fait, comme je vous disais, je ne veux pas m'en donner mon père.
03:45Je pense tous les jours à mon père.
03:47Mais c'est normal que vous pensiez à votre père, vous savez.
03:51Florence, c'est normal de penser à son père.
03:53En quoi est-ce que c'est un problème ?
03:56Il y a combien de temps qu'il est décédé ?
03:58En 2022.
03:59Il y a 4 ans.
04:00Je me sens abandonnée.
04:01Je me sens complètement abandonnée.
04:03Seule.
04:04Et votre maman, dans tout ça, vous n'en parlez pas.
04:07Qu'est-ce qu'on pourrait en dire de votre maman ?
04:10Ma mère, je n'ai vécu que pour mes parents, en fait.
04:14Et vous voyez, au début de votre émission, il y a une dame qui a appelé et qui disait qu
04:20'il voulait un garçon.
04:22Et ma mère, mon père ne parlait pas.
04:26Ma mère, j'étais collée à ma mère.
04:29J'ai toujours été très collée à ma mère.
04:32Et donc, tout ce qu'elle vivait, encore maintenant, c'est le bon Dieu, ma mère.
04:37Mais d'un autre côté, c'est ambivalent parce qu'elle m'a caché des choses.
04:43Je l'ai vue mentir à mon père parce que mon père était un anxieux.
04:46Et donc, j'ai une colère contre elle, mais en même temps, j'ai l'impression que c'est elle
04:51qui me soutient.
04:52Et combien de fois je lui ai dit, je veux partir avant toi, maman.
04:56Et aujourd'hui, à part ma mère.
04:58Alors, Florence, on a déjà là une piste qui m'intéresse parce que, d'abord, ce n'est pas normal
05:06de vouloir mourir avant ses parents.
05:09Mais je m'en fous.
05:09Mais je m'en fous.
05:11Vous peut-être, mais pas moi.
05:14Vous savez, quand je vous dis que je m'en fous, c'est qu'en fait, j'ai frôlé la
05:18mort.
05:18J'ai l'impression de l'avoir vue.
05:20Et d'un autre côté, j'exprime mon peur de l'aile parce que mon père, peut-être, m'a
05:26fait peur avec ça.
05:29Depuis tout le temps, depuis tout le temps.
05:31Et depuis que j'ai 11 ans et que son père est mort, je voulais assister à son enterrement et
05:37on n'a pas voulu.
05:38Et ça m'a traumatisée parce que je voulais être à son enterrement et on m'a dit que non.
05:43Et on ne m'a pas expliqué.
05:44Et depuis, j'ai l'impression que l'amour pour moi, je pense que c'est tout le monde sur
05:50Terre.
05:52Et de voir mon père avoir peur de cette mort et je ne l'ai pas vue mourir.
05:58Il y a plein de choses.
06:00Et puis peut-être que j'ai un côté sensible parce que à l'hôpital, on me dit que je
06:03suis malade, que c'est une maladie, l'anorexie.
06:06Mais on peut me dire tout ce qu'on veut.
06:08Moi, je le vis et j'en souffre.
06:11Bien sûr.
06:11Oui, mais je crois que vous avez surtout besoin, Florence, à un moment donné, de vous rendre compte que vos
06:19parents n'ont pas fait très bien le job.
06:24Et tant que vous, alors vous avez parlé de votre ambivalence, mais vos parents n'ont pas fait très bien
06:30le job.
06:31Donc à un moment donné, si vous voulez rester en vie, il va falloir que vous fassiez le job.
06:39Oui, mais je ne sais pas par quel bout le problème.
06:41Je sais bien, mais c'est pour ça que vous avez besoin d'être aidé.
06:45Oui.
06:46C'est bien que vous soyez proche de la médecine parce que la médecine, elle vous accompagne.
06:50Et c'est nécessaire.
06:52J'ai presque envie de dire que c'est obligatoire.
06:54Mais il faudrait en même temps faire une psychothérapie fondée sur justement les traumatismes que vous avez vécu.
07:01Parce que là, on dirait que vous avez tellement peur d'être abandonné que vous êtes prête à abandonner avant
07:06d'être abandonné.
07:08C'est ça, hein ?
07:09Ce qui n'est d'ailleurs pas une angoisse, alors si vous voulez granter dans la technique,
07:16ce n'est pas une blessure d'abandon que vous avez, c'est une blessure de rejet.
07:19Et c'est très différent.
07:21Parce que l'abandonnique, on a eu un cas tout à l'heure d'abandonnique d'une personne,
07:25l'abandonnique est tout le temps à mendier l'amour.
07:28Donc, il est dans la vie, il va chercher, même si c'est un mendiant, il va demander.
07:34Alors que celui qui a la blessure de rejet, il se dit, mais à quoi bon continuer ?
07:38Ça ne sert à rien.
07:39Florence, vous êtes soignée par les médecins, mais il n'y a que vous qui pouvez vous guérir.
07:44C'est ça déjà qu'il faut que vous entendiez.
07:47Mais j'ai l'impression que je ne veux pas.
07:49Oui, Florence, vous ne voulez pas parce que vous préférez garder votre symptôme
07:56que découvrir les horreurs que vous avez traversées quand vous étiez enfant.
08:00Moi, je peux vous dire, Florence, que vous avez subi des choses difficiles dans votre enfance
08:05et je pense que votre mère ne vous a pas respecté dans votre corps comme elle aurait dû vous respecter.
08:14Je me permets de dire ça, je ne sais pas si c'est vrai parce que c'est ce que
08:17je ressens.
08:18Mais en tout cas, je crois que vous avez vraiment besoin de vous faire aider par quelqu'un pour comprendre
08:24que maintenant, c'est à vous d'être le bon parent parce que vous n'avez pas eu des bons
08:28parents.
08:29et tout doucement, vous arriverez à guérir.
08:32Mais c'est à vous de vous prendre en main.
08:35Continuez évidemment à voir les médecins qui vous soignent et qui vous permettent de ne pas mourir.
08:40Mais si vous avez envie de guérir, il va falloir que vous soyez votre bon parent.
08:46En tout cas, c'est ce que je vous souhaite.
08:47Mais je vois des psychologues.
08:50Depuis l'âge de 28 ans, j'ai vu des...
08:53Mais c'est difficile, Florence, parce que vous venez de très très loin.
09:01En tout cas, je vous embrasse fort et si vous avez envie de me faire plaisir,
09:06vous mangez un petit quelque chose quand vous vous raccrochez.
09:09Mais je mange, c'est ça le pire.
09:10C'est que je mange, mais j'ai l'impression que ça ne sert à rien.
09:12Parce que comme le disait Jean-Charles, c'est ça ?
09:16Oui, c'est ça, oui.
09:18Mais en fait, je fais de l'hyperactivité.
09:22Je suis focalisée sur mon poids qui ne veut rien dire.
09:28Bien sûr, mais c'est tout le problème de l'anorexie, c'est que c'est votre obsession.
09:34Florence, je vous souhaite bon courage.
09:36Et puis, tout est possible, vous savez, dans la vie, tant qu'on est en vie.
09:41Merci, merci beaucoup.
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