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  • il y a 6 heures
Karine Torchi, mère de trois enfants, un peu kleptomane, un peu menteuse mais pas dangereuse. A l'âge de 36 ans, elle se retrouve pourtant accusée du crime le plus glaçant qui soit. Elle a jeté du sixième étage une petite fille de deux ans. Elle ne peut pas expliquer son geste. Mais elle n'en était pas son coup d'essai. Son parcours révèle de terrifiants secrets.
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.

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Transcription
00:0114h-15h, c'est l'heure du crime sur RTL.
00:05J'aurais jamais dû l'accepter chez moi.
00:07Je sais pas, je l'ai hébergée et la seule chose qu'elle a su faire, c'est ça, c
00:10'est me faire du mal.
00:11Pourquoi faire du mal à un bébé ? Je sais pas.
00:12Pourquoi lui avoir fait ça alors qu'elle...
00:14Enfin, qu'elle disait rien, elle jouait tranquillement sur le lit.
00:17Qu'est-ce qu'elle avait contre nous pour nous faire du mal ?
00:19Elle dit aimer ses enfants, mais c'est pas possible.
00:21Elle aimerait ses enfants, elle ferait pas du mal à d'autres enfants.
00:25Bonjour, Karine Torchy, mère de trois enfants, un peu kleptomane, un peu menteuse, mais pas dangereuse.
00:32À l'âge de 36 ans, elle se retrouve pourtant accusée d'un crime abject et glaçant.
00:38Elle a jeté du sixième étage une petite fille de deux ans.
00:41On va alors s'apercevoir qu'elle n'en était peut-être pas à son coup d'essai.
00:46Quel terrifiant secret révèle son parcours.
00:48Karine Torchy, la tueuse d'enfants, l'heure du crime.
00:51La seule émission radio 100% fait divers, c'est tout de suite sur RTL.
01:03Mercredi 29 juillet 2009, autour de 19h45,
01:08les gendarmes et les pompiers de Belay, dans l'Ain, sont appelés pour un accident grave
01:13dans la petite cité du Clos Morcel, à la sortie de la ville.
01:17Une enfant de deux ans a fait une chute depuis le sixième étage d'un immeuble.
01:23Quelques minutes plus tard, les secours constatent le décès de la petite fille,
01:27victime de plusieurs fractures, notamment au vertèbre cervical.
01:31Sa poupée gît à quelques mètres du corps.
01:35La petite fille se prénomme Samia.
01:37Elle est tombée d'une hauteur de plus de 15 mètres à l'aplomb d'une fenêtre de l'appartement
01:42familial.
01:43Le père et la mère, qui vivent séparés, étaient tous les deux dans le logement.
01:47Quand le drame s'est produit, il y avait également sur place deux de leurs enfants,
01:52âgés de 4 et 6 ans, ainsi qu'une amie de la famille, Karine Torchy.
01:56Les parents sont effondrés, complètement dévastés par ce qui vient de se passer.
02:01C'est un cauchemar.
02:02Le papa raconte qu'il fumait une cigarette,
02:04et discutait sur le balcon avec son ex-compagne.
02:07Les deux garçons regardaient la télé, la petite Samia était quelque part dans l'appartement.
02:12Ils ont demandé à Karine Torchy de venir les rejoindre sur le balcon.
02:16Karine est venue, puis elle est aussitôt repartie à l'intérieur pour aller chercher son téléphone portable.
02:22Elle est revenue, une ou deux minutes plus tard.
02:25À peine avait-elle retrouvé les parents sur le balcon,
02:27que des cris affolés ont été entendus qui provenaient du bas de l'immeuble.
02:32Le papa et la maman ont alors aperçu, six étages plus bas, le corps inerte de leur fille.
02:42Jeudi 30 juillet, lendemain de la chute mortelle de la petite Samia,
02:46les enquêteurs entendent plusieurs témoins.
02:49Karine Torchy, l'amie de la famille, en fait partie.
02:52Elle ignore où se trouvait Samia dans l'appartement quand le drame s'est produit.
02:55Elle confirme être allée chercher son téléphone avant de retourner sur le balcon.
02:59Un aller-retour qui, selon elle, ne lui aurait pris que quelques secondes.
03:04Une voisine livre un témoignage capital.
03:07Elle a vu l'enfant tomber du sixième étage.
03:10Elle décrit son buste se pencher en avant, puis la chute immédiate.
03:15Elle ignore si une autre personne était derrière Samia, mais la voisine est formelle.
03:19C'est bien de la fenêtre de la chambre parentale que l'accident s'est produit,
03:23et non pas depuis celle, grande ouverte, du salon, comme on aurait pu le croire.
03:27Les enquêteurs notent que dans la chambre, aucun objet, aucun meuble
03:31n'aurait permis à l'enfant d'escalader la fenêtre.
03:34On l'a donc forcément jeté dans le vide.
03:37Le papa, réentendu, a des doutes sur Karine Torchy.
03:41Il se souvient l'avoir trouvée étrange et rougissante
03:45quand elle a déclaré qu'elle partait chercher son portable.
03:48Elle n'est pas revenue tout de suite.
03:50Vanessa Rougry, la maman, précise que Karine Torchy leur a dit
03:54« J'arrive » en partant chercher son portable, mais elle aurait mis deux bonnes minutes
03:58avant de les rejoindre.
04:04Mardi 1er septembre 2009, un mois après la mort de la petite Samia,
04:09Karine Torchy, 36 ans, est interpellée à Auxerre, où elle réside, placée en garde à vue.
04:13Après avoir hésité, tergiversée, elle raconte avoir surpris Samia
04:17sur le rebord de la fenêtre de la chambre de sa mère.
04:20Elle déclare être restée figée dans l'incapacité de faire quoi que ce soit.
04:25Selon elle, Samia s'est penchée et elle est tombée.
04:28Elle dit l'avoir vue en l'air avant qu'elle ne s'écrase au sol.
04:33Elle n'a rien dit car elle craignait qu'on la tienne pour responsable.
04:36Après quelques heures d'interrogatoire, Karine Torchy revoit ses déclarations.
04:40Cette fois, elle dit qu'en allant récupérer son téléphone,
04:44elle a aperçu Samia de dos, assise sur le lit de sa mère.
04:49Elle s'est approchée.
04:50Elle l'a saisie par la taille.
04:53Elle est arrivée près de la fenêtre et a jeté le petit corps dans le vide.
04:58Samia tenait sa poupée.
05:00Karine Torchy assure que son geste n'était pas prémédité.
05:03Elle affirme que ce jour-là, elle n'était pas dans son état normal.
05:08On veut bien la croire d'ailleurs, Karine Torchy.
05:10Elle n'était pas dans son état normal.
05:11Est-ce qu'il faut être normal pour jeter une petite fille de deux ans par une fenêtre ?
05:15Évidemment, c'est la question qui va se poser.
05:17Karine Torchy est mise en examen par un juge de Bourg-en-Bresse.
05:20Elle est écrouée. En garde à vue, je peux vous dire que tout de suite,
05:24que les enquêteurs ont noté sa froideur, une espèce de distance.
05:27En tout cas, elle n'est pas vraiment dans ce qu'elle raconte.
05:29Elle est peut-être ailleurs.
05:30On va se demander si effectivement, elle va très bien cette femme
05:35ou bien s'il y a quelque chose qui est dérangé chez elle.
05:38Et puis, on va trouver un parcours effarant, inquiétant, lugubre,
05:41parce qu'on va voir qu'elle n'était peut-être pas à son coup décès, cette femme.
05:44Mais ça, on va en parler dans la suite de l'heure du crime.
05:47Bonjour Béatrice Tardy.
05:48Bonjour.
05:49Merci beaucoup d'être avec nous aujourd'hui dans le studio de l'heure du crime.
05:52Vous êtes journaliste, reporter pour France 3 à la rédaction de Lyon.
05:57Vous êtes passé d'ailleurs dans votre carrière par RTL, je tiens à le préciser.
06:01Et vous avez suivi toute cette affaire pour France 3.
06:04Effectivement, affaire qui vous a beaucoup marqué.
06:05On va y revenir.
06:07Alors, je le disais, la petite Samia, on la jette par la fenêtre.
06:11C'est le pire cauchemar pour une famille.
06:13Parce que là, la tueuse, le tueur, l'ennemi est dans la maison, c'est ça ?
06:17Oui, c'est exactement ça.
06:19Et ce qui est terrifiant, c'est le fait que, comme vous l'avez dit,
06:25Karine Torchy, elle a quelque chose d'impassible.
06:28Et puis qu'on apprend qu'elle jette cette petite fille.
06:32Et puis, elle va revenir.
06:34Et elle va faire comme si de rien n'était.
06:37Et elle va même assister aux obsèques de la petite fille.
06:39Elle va être présente, en fait, pendant un mois.
06:43Et ça, c'est effectivement l'attitude qui est glaçante.
06:45Ça, on va le remarquer tout de suite.
06:48Pourquoi le...
06:49C'est le papa, je crois, qui dit, j'ai des doutes sur cette femme.
06:52Tout de suite, il le dit.
06:53Qu'est-ce qu'il a marqué ?
06:55Il ne trouve pas ça normal, son attitude ?
06:57Il a vu cette femme qui n'allait pas très bien, peut-être ?
07:00Il a perçu quelque chose, en fait, ce papa.
07:03Il a perçu quelque chose.
07:04Et dans l'attitude, en fait, il a eu un doute.
07:09Et c'est ça, en fait, qui...
07:11Il n'est pas le premier, de toute façon, à avoir un doute
07:14sur l'attitude de Karine Torchy.
07:17Et ça, ça contribue complètement, après,
07:20à l'atmosphère qu'on va avoir au tribunal.
07:22Bien sûr, effectivement.
07:23Alors, tout s'est passé dans le huis clos de cet appartement.
07:26Avec, effectivement, les personnages, on les connaît.
07:29Et on se demande ce qui a pu se passer dans la tête de cette femme,
07:32qui est évidemment la suspecte numéro un, quasiment tout de suite.
07:35Les gendarmes, ils sont vraiment sur elle dans les jours qui viennent.
07:39Bonjour, Maître Patrick Usant.
07:41Bonjour, M. Richard.
07:42Merci beaucoup d'être avec nous en direct dans l'heure du crime.
07:45Dans cette affaire, vous aviez eu la tâche très difficile,
07:48j'ai envie de dire, de défendre Karine Torchy.
07:51Pas facile, évidemment.
07:52On va y revenir et on va en parler avec vous.
07:54Je voudrais, Maître Patrick Usant,
07:55que vous nous fassiez le portrait de cette femme,
08:00Karine Torchy.
08:01Elle a une vie un petit peu chaotique et cabossée
08:04quand cette affaire intervient.
08:06Précisément, parce que c'est dans sa vie
08:07que l'on peut trouver un commencement d'explication
08:09à ce geste absolument insensible.
08:12Elle est née en 1973.
08:13Au moment des faits, elle avait 36 ans.
08:16Elle est née d'une fratrie de quatre.
08:18Un frère qui est né en 1974
08:20et deux sœurs nées en 1975 et 80.
08:24Le premier événement marquant,
08:26c'est la séparation de ses parents en 1991.
08:29Elle avait 18 ans.
08:31Sa mère est partie s'installer à La Réunion
08:34et elle a décrit une enfance marquée
08:38par la violence,
08:39un appareil alcoolique dirigé contre elle-même
08:43et également contre sa mère.
08:45Son parcours scolaire,
08:49elle a interrompu une première année
08:51le BEP sanitaire et social
08:54et puis elle a exercé à l'hôpital de Bélé
08:56de 19 ans à 22 ans dans une maison de retraite.
09:00Alors, allez-y, allez-y, Maître.
09:02Allez-y.
09:03Le premier événement marquant, selon moi,
09:06en 1995,
09:08elle rencontre le père de ses trois enfants,
09:12Samuel.
09:13Elle aura avec lui trois enfants,
09:15Friand, qui est né en 1998,
09:17Graziella en 2001
09:19et Thomas en 2002.
09:22Et surtout,
09:23et surtout,
09:25elle accouchera d'un enfant mort-né,
09:28Anthony,
09:30en septembre 2000.
09:31Et ça, c'est effectivement un événement,
09:33on va y revenir,
09:34sur cet événement,
09:35qui a beaucoup marqué cette femme.
09:38Maître Patrick Cuisan,
09:39juste un petit mot encore.
09:41Elle n'est pas connue de la justice
09:43pour des faits de violence,
09:44mais pour des vols.
09:45On dit qu'elle est kleptomane, c'est ça ?
09:47Oui, elle avait trois mentions,
09:49si je me souviens bien,
09:50à son casier,
09:51pour des choses qui n'étaient pas majeures,
09:53mais enfin,
09:54de la kleptomanie et des vols.
09:56Et des experts qui se sont penchés
09:57sur la question ont dit
09:58que c'était une manière pour elle
10:00d'attirer l'attention de ses parents.
10:01Oui, mais ça, c'est effectivement,
10:02ça peut être une explication d'ailleurs,
10:04mais tout ça va se mettre en place
10:06au fil de l'enquête.
10:07Encore une petite question pour vous,
10:08Béatrice Tardy.
10:09Elle ne peut pas expliquer son geste
10:10en garde à vue.
10:11Ce n'est pas possible pour elle.
10:12Alors, elle ne l'explique pas son geste.
10:16Elle, effectivement,
10:19elle ne l'explique pas.
10:20Et je crois que c'est,
10:22maître,
10:23je crois que c'est grâce à vous
10:24qu'elle va effectivement
10:26expliquer son geste.
10:27Effectivement,
10:27et on va le voir,
10:28effectivement,
10:29que peu à peu,
10:30elle va se livrer,
10:31en tout cas,
10:31l'expliquer.
10:32Dans le passé de la suspecte,
10:34trois attaques
10:35sur trois petits garçons.
10:37Karine Torchy,
10:38la tueuse d'enfants.
10:39Ma fille est violente,
10:41je ne comprends pas
10:41pourquoi elle s'en prend toujours
10:42aux enfants des autres.
10:44L'enquête de l'heure du crime.
10:45On se retrouve dans un instant
10:46sur RTL.
10:47Toute la journée,
10:48RTL vous accompagne.
10:5914h-15h,
11:00Jean-Alphonse Richard
11:01sur RTL.
11:03L'heure du crime.
11:05L'heure du crime,
11:06consacrée aujourd'hui
11:06à l'affaire Karine Torchy.
11:08Septembre 2009,
11:09cette femme de 36 ans
11:10est emprisonnée
11:11pour avoir jeté
11:12une petite fille
11:12de deux ans
11:13du sixième étage
11:14d'un immeuble,
11:14dans l'un.
11:15Elle varie dans ses versions.
11:17Par le passé,
11:17elle aurait déjà tenté
11:19de tuer de jeunes enfants.
11:26Karine Torchy,
11:27écrouée à la maison d'arrêt
11:28de Dijon,
11:29écrit plusieurs lettres
11:29à des amis et des proches
11:31pour affirmer
11:31qu'elle n'est pas responsable
11:33de la mort
11:33de la petite Samia.
11:35Elle accuse le père
11:36de la petite fille.
11:37Selon elle,
11:37cet homme aurait chahuté
11:39avec l'enfant
11:40laquelle serait passée
11:42par accident
11:42par la fenêtre.
11:43Karine Torchy
11:44demande au juge
11:45d'instruction
11:46d'interroger le père
11:47car ce dernier
11:48doit dire la vérité.
11:50Affirmation complètement
11:51bancale,
11:51quelques semaines plus tard,
11:53la suspecte
11:53se range à l'évidence
11:54et confirme
11:55ses aveux
11:56passés
11:56en garde à vue.
11:59Vendredi 2 octobre 2009,
12:01un mois
12:02après l'arrestation
12:03de Karine Torchy,
12:04un premier coup
12:05de théâtre.
12:06Sa sœur
12:07dépose plainte
12:08contre elle
12:09à la gendarmerie.
12:10Elle souhaite
12:11que la justice
12:12rouvre une affaire
12:13vieille de 5 ans
12:14qui implique Karine
12:16mais qui à l'époque
12:16n'a pas connu de suite.
12:18La sœur
12:18raconte
12:19que le 21 mai 2004,
12:22elle avait demandé
12:23à Karine
12:23de garder son fils
12:25âgé d'un an
12:26le temps
12:26d'aller faire
12:27quelques courses.
12:28Le petit garçon
12:29avait été retrouvé
12:29assoiffé,
12:30transpirant.
12:31Le lendemain,
12:32il était hospitalisé
12:33en urgence
12:34entre la vie
12:35et la mort
12:35à l'hôpital
12:36Édouard-Hériault
12:37à Lyon.
12:38Pronostic vital
12:39engagé.
12:40Les examens
12:41démontraient
12:41une injection
12:42d'insuline
12:43artificielle.
12:44La maman
12:45avait aussitôt
12:45pensé
12:46à un accident
12:46domestique.
12:47Sa sœur,
12:48Karine,
12:48diabétique,
12:49insuline
12:50au dépendante,
12:51aurait pu laisser
12:52traîner une de ses
12:53seringues,
12:53généralement rangées
12:54dans le réfrigérateur.
12:56Deux ans plus tard,
12:57un des fils
12:58de Karine Torchy,
12:59placé en famille
13:00d'accueil,
13:00avait affirmé
13:01que sa mère
13:02avait bel et bien
13:03fait une piqûre
13:04à son petit cousin.
13:06La même
13:07qu'elle se fait
13:08à elle,
13:08précisait le garçon.
13:10Les gendarmes
13:10vérifient
13:11ces accusations.
13:12La mère
13:13des sœurs Torchy
13:13se souvient très bien
13:14de cette histoire.
13:15Tout le monde
13:16dans la famille
13:17pensait
13:17que c'était Karine
13:19qui avait injecté
13:20l'insuline
13:21à son neveu,
13:22dit-elle.
13:22Selon elle,
13:23Karine
13:23est une personne violente.
13:25Je ne comprends pas
13:26pourquoi elle s'en prend
13:27toujours aux enfants
13:28des autres
13:28alors qu'elle n'a
13:30jamais touché
13:30au sien,
13:31déclare-t-elle.
13:32Karine Torchy,
13:33écrouée pour la chute
13:34mortelle de la petite Samia,
13:36est interrogée
13:37sur l'intoxication
13:38à l'insuline
13:39de son neveu.
13:40Elle dément les faits.
13:41Elle accuse sa sœur
13:42avec ses mots étranges.
13:44Vous savez,
13:45on ne sait pas
13:46ce qui peut se passer
13:47dans la tête des gens.
13:49Karine Torchy
13:50est mise en examen
13:50pour empoisonnement
13:51même si l'affaire
13:52ne connaîtra pas
13:54de suite.
13:58Les enquêteurs
13:58continuent
13:59à se pencher
14:00sur le parcours
14:00personnel
14:01de Karine Torchy.
14:02Babycitteur occasionnel,
14:04elle était fréquemment
14:05en contact
14:05avec des bébés
14:06ou des jeunes enfants.
14:07En 89,
14:09alors qu'elle n'était
14:10âgée que de 16 ans,
14:11elle avait la garde
14:12du petit Alexandre,
14:135 ans.
14:14Un jour,
14:15elle l'a aidée
14:16à monter sur le rebord
14:17d'une fenêtre
14:18au premier étage
14:19à 1,20 m du sol.
14:21Alexandre a chuté.
14:22On a dû l'hospitaliser
14:23pour une fracture
14:24du fémur.
14:25Alexandre a accusé
14:27à l'époque Karine
14:28de l'avoir poussée
14:28dans le dos
14:29mais personne ne l'a cru.
14:31Son père pensait
14:32que son fils
14:32était un casse-coup.
14:34Il ne croyait pas
14:35que la babycitteur
14:36ait pu commettre
14:37un tel geste.
14:38Une troisième histoire
14:39est rapportée
14:41aux enquêteurs
14:41par le propre frère
14:42de Karine Torchy.
14:43Il raconte que
14:44dans les années 80,
14:46sa sœur a aussi
14:47brûlé dans le dos
14:48un enfant de 6 ans
14:50atteint d'une maladie
14:51handicapante.
14:52La mère avait trouvé
14:53la blessure particulièrement
14:54étrange.
14:55La babycitteur affirmait
14:57que son fils
14:58avait renversé lui-même
14:59le fer à repasser brûlant.
15:01Le père de Karine Torchy
15:02était intervenu
15:03auprès de la maman
15:04pour s'excuser,
15:05demander de ne pas
15:06faire de vagues.
15:07Interrogé cette fois
15:08par les enquêteurs,
15:09cet homme se souvient
15:10de l'histoire.
15:11Il avait, dit-il,
15:12alors défendu sa fille
15:13mais au fond,
15:14il savait que Karine
15:16avait blessé l'enfant.
15:17« J'en ai conclu
15:18que ma fille
15:19avait un problème
15:20au cerveau, »
15:21dit-il.
15:21Entendu par le juge
15:22d'instruction,
15:23Karine Torchy conteste
15:24avoir poussé
15:25un petit garçon
15:26par une fenêtre
15:26et en avoir brûlé
15:27un autre.
15:28Dans les deux cas,
15:29les faits sont prescrits.
15:32Des attaques
15:32sur des enfants
15:33qui se seraient succédés
15:34au fil des années,
15:35une espèce de fixation
15:36presque morbide.
15:38Le cas de Karine Torchy
15:40est rarissime,
15:41bien sûr,
15:41mais il apparaît
15:43éminemment complexe.
15:44On va voir
15:44ce que vont dire
15:45les experts psychiatres
15:46et psychologues
15:47sur cette femme
15:47dans le prochain chapitre
15:49avec évidemment
15:50cette question centrale
15:51à ce moment-là.
15:51Est-ce qu'elle peut être jugée
15:53cette femme ?
15:53Est-ce que son jugement
15:54était vraiment clair
15:55ou bien est-ce qu'il était
15:57complètement altéré ?
15:58On va voir tout ça
15:59dans la suite
16:00de l'heure du crime.
16:01Alors,
16:02il faut revenir
16:03un petit peu
16:05chez...
16:06lors de l'accident,
16:08enfin en tout cas
16:08lors de la chute
16:10de la petite Samia.
16:11Samia,
16:13Béatrice Tardy,
16:14vous êtes avec nous
16:14dans cette heure du crime,
16:15journaliste pour France 3,
16:16vous avez suivi
16:17toute cette affaire.
16:18Encore une fois,
16:20Karine Torchy
16:21est interrogée
16:21par le juge,
16:22par les enquêteurs.
16:24En fait,
16:25on a l'impression
16:26qu'elle cache
16:26une colère invisible,
16:28quelque chose
16:28qu'elle ne peut pas maîtriser.
16:30Je ne dis pas
16:31qu'il faut l'excuser,
16:31évidemment,
16:32le but n'est pas du tout
16:33d'excuser cette femme
16:34pour les gestes horribles
16:36qu'elle a pu commettre,
16:36mais il y a quelque chose
16:37qui échappe aux enquêteurs
16:38à ce moment-là.
16:39Oui,
16:40parce que quelque part,
16:41on se demande
16:41qui est cette femme
16:42qui est capable
16:43de jeter une petite fille
16:44par la fenêtre
16:45aussi bien
16:46que des objets.
16:47Puis on apprend
16:48qu'elle a aussi jeté
16:48des objets.
16:50Il y a quelque chose
16:51de...
16:53une immédiateté,
16:54une pulsion,
16:56quelque chose
16:56qui fait qu'elle
16:57s'est plus fort qu'elle.
16:58Et quand elle attrape
16:59la petite Samia,
17:00cette petite fille,
17:01elle est à ce moment-là
17:02sur un lit,
17:03elle est de dos,
17:05elle l'attrape
17:05donc par la taille,
17:07elle la prend,
17:07elle la jette.
17:08Et juste avant,
17:10on sait qu'elle avait été,
17:12puisque ses enfants
17:14étaient en garde,
17:15à ce moment-là,
17:17son conjoint était
17:19avec une autre personne
17:20et elle avait été voir,
17:21elle voulait récupérer
17:22une de ses...
17:23sa fille, je crois.
17:25et elle n'avait pas pu.
17:27La conjointe de son ex
17:28lui a dit
17:29non, je ne veux pas
17:30et elle était repartie
17:31en colère.
17:32Et alors,
17:32est-ce que c'est cette colère
17:33qui fait que,
17:35quand la colère devient
17:36insurmontable,
17:37elle la pousse
17:38à des extrémités
17:39comme celle-ci ?
17:41Bien sûr,
17:42c'est une question
17:43qui a été posée,
17:44effectivement,
17:44on peut se poser la question
17:46mais là,
17:46l'extrémité,
17:47elle est terrifiante
17:48donc je pense
17:49que c'est peut-être
17:50un peu insuffisant
17:50comme explication,
17:52un peu trop court.
17:53Maître Patrick Uzan,
17:54vous êtes l'avocat
17:55de Karine Torchy
17:56avec nous
17:56dans cette heure du crime.
17:57Alors évidemment,
17:58les gendarmes,
17:59ils s'intéressent
17:59au profil de cette femme
18:00et ce qu'ils trouvent,
18:02les gendarmes,
18:03c'est surprenant
18:04parce qu'il y a
18:04ces années de babysitting
18:07avec des faits
18:08qui montrent
18:08qu'elle était agressive
18:10avec des enfants
18:10et qu'elle a peut-être
18:11voulu même les tuer.
18:13Elle projette un enfant,
18:14en tout cas,
18:15un enfant tombe devant elle
18:16depuis le premier étage
18:18d'une maison.
18:19Il y a cette histoire
18:19de piqûres à l'insuline,
18:21il y a la brûlure
18:22au fer repasser,
18:23ça fait beaucoup
18:23pour votre cliente,
18:24Maître Uzan.
18:26Monsieur Richard,
18:28l'explication,
18:29elle est dans le vécu
18:32de Madame Torchy
18:34avec ses enfants.
18:36Le grand problème,
18:37c'est que Madame Torchy
18:38a toujours été
18:39une mère aimante,
18:41déficiente sur le plan éducatif
18:43d'où les enfants
18:43ont été placés
18:44en famille d'accueil,
18:45mais personne ne l'a jamais
18:47suspecté d'actes de violence
18:49sur ses propres enfants.
18:51Mais c'est là
18:52que l'histoire est étonnante.
18:54Il faut remonter,
18:55selon moi,
18:56à la grossesse
18:57de Madame Torchy
18:59lorsqu'elle portait
19:00Graziella,
19:01la deuxième enfant.
19:02Quand elle est enceinte,
19:04son mari la quitte.
19:06Elle accouche seule.
19:08Et pour elle,
19:09elle le dira aux experts,
19:11l'enfant,
19:12c'est le début du mal,
19:14de mon mal-être,
19:15de mon mal conjugal.
19:18Lorsqu'elle
19:19prend cette petite Samia,
19:21c'est effroyable,
19:22par la taille,
19:23pour la jeter dans le vide,
19:25il n'y a pas d'autre
19:26explication
19:27que cette furie
19:29qui l'empare,
19:30parce que quelques heures
19:31auparavant,
19:32comme l'a dit
19:32Madame Tardy,
19:34elle est allée au domicile
19:35de son ex-conjoint,
19:36voit la nouvelle compagne
19:38de son conjoint,
19:39et elle demande simplement
19:40à pouvoir prendre
19:41Graziella
19:42pour l'emmener jouer
19:44avec les enfants
19:45de la mère de Samia.
19:46Et cette femme lui dit
19:48non,
19:48je ne peux pas
19:49sans l'autorisation
19:50du père.
19:52Et elle part en furie.
19:53c'est très important.
19:55Oui, mais comment...
19:56Non, mais je comprends
19:58très bien,
19:58Maître Usant,
19:58mais on ne peut pas
20:00canaliser cette violence ?
20:01Enfin, bon, écoutez,
20:02il y a un coup de colère,
20:03mais ce n'est pas pour ça
20:03qu'il faut tuer
20:04la petite fille
20:05qui est dans la maison.
20:06Je me suis battu
20:08bec et ongle
20:09avec un président
20:09qui ne voulait pas entendre
20:11qu'il avait affaire
20:12à une folle,
20:13qu'il fallait
20:14une nouvelle expertise.
20:16Comment pouvons-nous
20:19considérer
20:19comme aptes
20:21à une condamnation pénale ?
20:23Quelqu'un
20:23qui a l'âge
20:24de 14 ans
20:25va brûler
20:26au fer rouge
20:27un enfant
20:28handicapé
20:29qui va,
20:30alors qu'elle a 15 ans,
20:31en 1988,
20:33défenestrer
20:34un enfant
20:34de 4 ans et demi
20:35et qui va enfin
20:36administrer
20:37une piqûre d'insuline
20:38à son propre neveu.
20:40Bien sûr.
20:41Alors que
20:41pendant tous
20:42ces événements majeurs,
20:44les parents
20:45et le père
20:46étaient au courant
20:47et le père
20:48a étouffé
20:49les affaires.
20:49À aucun moment
20:51on a demandé
20:51à un psychiatre
20:52ou un psychologue
20:53ou un pédiatre
20:54de se pencher
20:55sur Karine Torchy.
20:57Effectivement,
20:58on va voir ça,
20:59justement ce que vont dire
20:59les psychiatres
21:00et les psychologues
21:01pour éclairer
21:03un cas extrême.
21:06Karine Torchy,
21:07la tueuse d'enfants,
21:08elle flotte dans un monde
21:09privé de toute émotion.
21:10L'enquête de l'heure
21:11du crime,
21:11quels sont les mécanismes
21:12qui poussent
21:13la mère de famille
21:14à commettre le pire ?
21:15Pourquoi
21:16petite fille
21:16et petit garçon
21:17seraient-ils
21:18ses ennemis ?
21:19À suivre
21:19dans un court instant
21:20sur RTL.
21:21Bonne journée
21:22sur RTL.
21:23That boy is a one-track mind
21:26He's a one-track mind
21:28My mind
21:29That boy is a one-track mind
21:31RTL,
21:32votre radio.
21:34L'heure du crime
21:35présentée par
21:36Jean-Alphonse Richard
21:37sur RTL.
21:39J'ai envie de dire
21:40qu'elle se démasque.
21:41Chaque fois qu'elle fréquente
21:42quelqu'un,
21:42que ce soit un enfant
21:44ou un adulte,
21:45il y a toujours
21:45quelque chose de négatif.
21:46Soit elle vole,
21:47soit elle escroque,
21:48soit elle blesse,
21:49soit elle brûle,
21:50soit elle tue.
21:53Retour dans l'heure du crime.
21:54Sur l'affaire Karine Torchy,
21:55en 2009,
21:56cette mère de famille
21:57a été écrouée
21:58pour avoir jeté
21:58dans le vide
21:59la petite fille
22:00de ses amis,
22:01deux ans,
22:01un cas rarissime
22:02d'infanticide.
22:03Elle est soupçonnée
22:04d'avoir attaqué
22:05d'autres enfants.
22:06Les experts
22:06se penchent sur son cas.
22:10Dimanche 6 septembre 2009,
22:11deux mois après
22:12la chute mortelle
22:13de la petite Samia,
22:14Vanessa Rougry,
22:15maman de la victime,
22:16est toujours dans
22:16l'incompréhension
22:17la plus totale.
22:18Qu'est-ce qui a bien
22:20pu lui passer
22:20par la tête ?
22:21Samia,
22:22jouée tranquillement
22:23sur le lit et voilà,
22:24déclare la maman.
22:25Elle ajoute,
22:26cette femme a détruit
22:27ma vie,
22:27ma fille Samia
22:28était tout pour moi.
22:29Michael,
22:30un des frères
22:31de Karine Torchy,
22:32aimerait lui aussi
22:33comprendre.
22:33Il est convaincu
22:34que sa sœur
22:35est coupable.
22:36Quand la petite Samia
22:37est tombée,
22:38j'ai eu tout de suite
22:38de forts soupçons,
22:40ma sœur est une femme
22:41dérangée
22:41et malhonnête,
22:42affirme-t-il
22:43dans Le Progrès.
22:45Jeudi 3 décembre 2009,
22:47Karine Torchy,
22:4837 ans,
22:48est interrogée
22:49par l'expert psychologue
22:50à la prison de Dijon.
22:52Malgré la gravité
22:53des faits,
22:54malgré les enjeux,
22:55nous ne percevons pas
22:56le moindre affect
22:57venant de cette femme,
22:58un peu comme si elle flottait
22:59dans un monde neutre,
23:00blanc, silencieux,
23:02privé de toute émotion,
23:03écrit le psychologue.
23:05Selon l'expert,
23:06Karine Torchy
23:07ne manifeste
23:07aucune culpabilité
23:08puisque selon elle,
23:09elle n'a rien fait de mal.
23:11Les psychiatres,
23:12on voit eux aussi
23:13en Karine Torchy,
23:14une femme dans le déni,
23:16mère de 3 enfants
23:17qu'elle protège.
23:19Elle dit
23:19qu'elle
23:21vissait des coups
23:22de la part
23:22de son compagnon.
23:24Chaque année,
23:24à l'automne,
23:25elle connaîtrait
23:26des phases
23:26de dépression.
23:28Pour les psychiatres,
23:29Karine Torchy
23:30est née
23:30d'une fratrie
23:31de 4 enfants.
23:32Ce serait toujours
23:33considéré
23:33comme la mal-aimée.
23:34En agressant
23:35un enfant,
23:36elle agresse
23:37ses cadets
23:37qui lui étaient
23:38préférés.
23:39Une espèce
23:40de transfert
23:41donc selon les psys.
23:42Karine Torchy
23:43est responsable
23:44de ses actes.
23:44Considérée
23:45comme dangereuse,
23:46elle doit être soignée
23:47mais sans garantie
23:49de succès.
23:51Et avec nous
23:52dans cette heure du crime,
23:53on retrouve
23:53Béatrice Tardy,
23:54journaliste,
23:54reporter pour France 3.
23:55Vous avez suivi
23:56toute cette affaire.
23:58Les psys font
23:59un portrait
24:01très sombre
24:01de cette femme.
24:02Il ne faut pas
24:03se voiler la face.
24:04C'est-à-dire
24:04qu'elle est dangereuse,
24:08elle raconte
24:08un petit peu
24:09n'importe quoi.
24:09Il y a beaucoup de choses
24:10dans ses rapports psychiatriques.
24:12Alors,
24:12ils disent qu'effectivement
24:13elle est dangereuse.
24:14Ils disent aussi
24:15qu'il n'y a pas
24:16d'altération.
24:17Enfin,
24:17il y a une première
24:17expertise psychiatrique
24:18qui dit qu'il n'y a pas
24:19d'altération
24:20du discernement.
24:21On parle de psychose blanche
24:23dans cette première expertise.
24:26La deuxième expertise
24:27parle d'une responsabilité
24:30pénale entière.
24:32Et effectivement,
24:33vous disiez
24:34qu'elle était
24:34le petit canard noir
24:35de sa famille.
24:38Et c'est Jean Canterino,
24:39expert psychiatre,
24:40qui disait
24:41que les carences,
24:42ces carences affectives,
24:43la font souffrir.
24:45Et c'est vrai
24:46que la question,
24:47enfin,
24:47c'est son avocat
24:49qui avait demandé
24:49une troisième expertise
24:51judiciaire
24:51et qu'il n'a pas obtenue
24:53et qui aurait peut-être
24:54pu permettre justement
24:55de faire la part des choses,
24:56de mieux comprendre,
24:57d'essayer de comprendre
24:59ce que le président
24:59de la Cour
25:01a tenté.
25:02A un moment donné,
25:03il lui dit,
25:03il lui dit,
25:04mais aidez-nous quoi.
25:05Aidez-nous.
25:06Il y a quelque chose
25:06de frappant
25:07et aussi d'effrayant,
25:08c'est que
25:09le psychologue,
25:10lui,
25:10il dit qu'elle est privée
25:11d'émotion.
25:12C'est-à-dire qu'il dit,
25:13je ne comprends pas,
25:14je ne sens rien
25:16qui bouge
25:17dans cette femme.
25:18Elle ne réagit pas du tout
25:20à quoi que ce soit.
25:21Elle est complètement blanche,
25:23ce que vous avez dit.
25:24Moi, je peux vous dire
25:25que pour l'avoir vu
25:27lors du procès,
25:28on a vraiment,
25:30je me rappelle
25:31d'une femme
25:33d'une centaine de kilos,
25:35les cheveux coupés au carré
25:36et un visage impassible.
25:38Quelque chose d'impassible.
25:39Elle va uniquement
25:40s'énerver
25:41quand va être relaté
25:44le fait qu'elle ait pu
25:45tirer sur sa mère
25:47qui était à ce moment-là
25:48en visio
25:48depuis l'île de la Réunion.
25:50Et là,
25:51elle va s'énerver
25:51en disant,
25:52mais comment j'aurais pu
25:54avoir une arme ?
25:54Comment j'aurais pu
25:55avoir une arme ?
25:56Mais c'est tout.
25:56Sinon,
25:57elle va constamment répéter
25:58qu'elle n'est pas capable
25:59d'expliquer.
26:01Maître Patrick Cuisan
26:02est avec nous
26:03dans cette heure du crime
26:03avocat de Karine Torchy.
26:06Cette absence d'émotion
26:08et notamment vis-à-vis
26:10de la petite Samia,
26:11cette petite fille
26:13de deux ans
26:13qu'elle a jetée
26:14par une fenêtre,
26:15est-ce que vous l'avez
26:16ressenti vous aussi ?
26:17Est-ce que vous lui avez dit
26:18est-ce que vous pensez
26:20à Samia ?
26:21Parce qu'on a l'impression
26:21qu'il n'y a pas de mots
26:22pour la petite fille.
26:23Bien sûr,
26:24c'est moi qui ai fait
26:25un peu avancer les choses
26:26parce que je l'ai rencontré
26:27le 31 décembre 2009,
26:29c'est une date
26:29dont on se souvient,
26:31à la maison d'arrêt
26:32de Dijon.
26:33Et je lui ai parlé
26:35de ce drame
26:36et elle venait
26:37de rencontrer
26:37pour la première fois
26:38ses enfants
26:39qui avaient été autorisés
26:40à lui rendre visite.
26:41Et donc,
26:42j'ai fait un parallèle
26:42entre l'amour
26:43qu'elle porte à ses enfants
26:44et ce drame atroce
26:46dont elle était responsable.
26:47Et là,
26:47elle a craqué.
26:48Et c'est là
26:48qu'elle était prête.
26:49Et c'est là
26:50qu'elle avait pris
26:51la décision
26:51de rencontrer le juge
26:53pour lui dire
26:53« Voilà, c'est moi ».
26:54Et effectivement,
26:56elle était totalement
26:56inaffective
26:58parce que l'un des experts psychiatres,
27:00le premier collège
27:01d'experts psychiatres
27:01avait dit
27:02que le mode
27:03de résolution du mal
27:04pour Karine Torchy
27:05lui avait été donné
27:07par son enfant
27:08mort-né
27:08en septembre 2000.
27:10Et ses premiers experts psychiatres
27:12avaient conclu
27:13à une altération.
27:14Oui, les premiers,
27:15le premier collège,
27:16oui, effectivement.
27:16Et le deuxième collège
27:18animé par M. Canterino
27:20avait considéré
27:20qu'effectivement,
27:21elle avait des carences
27:22affectives, éducatives
27:24extrêmement lourdes,
27:25mais qu'elle était
27:27entièrement responsable
27:28et qu'il y avait
27:29un risque de réitération
27:30très important.
27:31Et ça, c'est important
27:32parce qu'effectivement,
27:33les psychiatres,
27:34on le voit,
27:34et c'est souvent le cas
27:35en matière criminelle,
27:36les psychologues,
27:36les psychiatres
27:37ne sont pas d'accord.
27:40Ça arrive,
27:40les collèges de psychiatres,
27:42il y avait cette troisième expertise
27:43qui n'a pas eu lieu.
27:44En fait, on en est resté là.
27:47Béatrice Tardy,
27:48elle nie les faits finalement
27:50parce qu'elle revient,
27:51elle accepte de raconter
27:53puis elle ne raconte
27:53pas grand-chose, etc.
27:55C'est un peu compliqué
27:56à suivre avec cette femme,
27:58avec Karine Torchy.
27:59Mais est-ce qu'elle a des mots
28:00pour la petite Samia ?
28:02Est-ce qu'elle parle
28:03de cette petite fille ?
28:04Alors, il va y avoir,
28:05pendant le procès,
28:07je peux vous parler d'une ?
28:08Allez-y, allez-y.
28:09Pendant le procès,
28:10il va y avoir un moment
28:11où elle,
28:12c'est un moment
28:13qui va avoir marqué
28:14tout le monde,
28:14une confrontation
28:15entre la maman de Samia
28:17et Karine Torchy.
28:19Et c'est la maman de Samia
28:20qui va lui demander
28:22des explications
28:22puisqu'elle,
28:23il faut bien imaginer,
28:24la famille est là
28:25et nombreuse
28:26parce qu'ils veulent
28:27des explications
28:28à l'impensable.
28:31Et en fait,
28:32elle va lui dire,
28:33il y a vraiment
28:34cette confrontation terrible
28:35où elles sont toutes les deux
28:37là, l'une face à l'autre
28:40et Karine Torchy va lui dire
28:42je ne peux pas te donner
28:43d'explications,
28:43un jour peut-être.
28:45Un jour peut-être,
28:46oui, bien sûr.
28:47C'est rare d'entendre ça
28:48dans un procès,
28:49un jour peut-être.
28:50Un jour peut-être,
28:50oui, mais effectivement,
28:51ça dénote
28:52quelque chose de...
28:54Elle laisse la porte ouverte,
28:56effectivement.
28:57C'est une femme dangereuse,
28:58c'est ce que disent
28:59les psychiatres.
29:00C'est ce que disent
29:00les psychiatres.
29:00Quand on la voit,
29:01on n'a pas l'impression.
29:03C'est ce que disent
29:04les psychiatres.
29:05Un mot là-dessus,
29:06Maître Patrick Usant.
29:07Votre cliente,
29:07c'est une femme dangereuse,
29:08vous l'avez perçue comme ça.
29:10Il fallait la protéger,
29:11la mettre à l'abri
29:12de ce qu'elle pourrait
29:15récidiver.
29:17Je ne peux pas
29:19démentir les experts
29:20sur la dangerosité
29:22criminelle
29:22de Mme Torchy.
29:24Tout ce que je déplore,
29:26monsieur,
29:27c'est qu'on a jugé
29:28une folle.
29:29On a jugé une folle
29:31et on a
29:33appliqué
29:33à une folle
29:34les règles de droit
29:35qui s'adressent
29:36aux gens qui sont
29:36dotés de discernement.
29:38Le président
29:39de la Cour d'Assise
29:40a refusé
29:41cette expertise
29:42psychiatrique.
29:43Je me plais
29:43à entendre
29:44Mme Tardy
29:44qui dit effectivement
29:45qu'il y avait peut-être
29:46un éclairage nouveau.
29:47On l'a refusé,
29:48savez-vous pourquoi ?
29:49Parce que l'ambiance
29:50de ce procès
29:51était féroce.
29:52Il fallait condamner
29:53Mme Torchy.
29:54Et on va y venir.
29:55qu'elle prenne
29:56dix ou vingt ans de plus
29:57qu'elle méritait,
29:58mais il fallait la condamner.
29:59Il fallait la condamner,
30:00on va y venir justement
30:01à ce procès
30:01trois ans plus tard.
30:03Karine Torchy,
30:04la tueuse d'enfant.
30:05C'est une femme
30:06d'une dangerosité extrême
30:08comme je ne l'ai jamais vue
30:09en vingt et un ans
30:10de carrière.
30:11L'enquête de l'heure du crime.
30:12On se retrouve dans un instant
30:13sur RTL.
30:16Merci d'écouter RTL.
30:28Au programme de l'heure du crime,
30:29l'affaire Karine Torchy,
30:31une femme accusée
30:31d'avoir sans raison
30:32jeté une petite fille
30:33de deux ans
30:34depuis le sixième étage
30:35d'un immeuble
30:36à Belay
30:36dans l'Ain
30:37en 2009.
30:38Elle n'a jamais
30:39expliqué son geste
30:40ni exprimé de remords.
30:41Trois ans plus tard,
30:42elle est jugée.
30:46Mercredi 21 septembre 2011,
30:48Karine Torchy,
30:4938 ans,
30:50est devant la cour d'assises
30:51de Lain
30:51à Bourg-en-Bresse.
30:53Tête souvent baissée,
30:54regard vide,
30:55caché par une frange,
30:56sans attention
30:57pour le banc
30:58de la partie civile
30:59où la famille de Samia
31:00a revêtu des t-shirts
31:02à l'effigie
31:03de la petite victime.
31:04Quand on interroge
31:05l'accusé
31:06sur son geste,
31:07c'est la même réponse
31:08qui revient en boucle.
31:09Je n'ai pas d'explication,
31:11je ne le sais pas moi-même,
31:12plus tard, peut-être.
31:14Le psychiatre
31:15Jean Canterino,
31:16qui a expertisé
31:17Karine Torchy,
31:18déclare sans nuance
31:19« C'est une femme
31:20d'une dangerosité extrême
31:21comme je n'en ai jamais vue
31:22en 21 ans de carrière.
31:25Si elle ne se souvient pas
31:26de ses attaques
31:27sur d'autres enfants,
31:28la piqûre d'insuline,
31:30la défenestration
31:31du premier étage,
31:32une brûlure
31:32au fer à repasser,
31:33c'est parce qu'elle est
31:34une simulatrice,
31:36affirme le psy
31:37au fil des audiences.
31:38C'est un portrait glaçant
31:40de Karine Torchy
31:40qui est dressé
31:41par l'accusation.
31:42Avant de pousser
31:43Samia dans le vide,
31:45elle avait pris en photo
31:46la petite victime.
31:47Quand le corps
31:48avait été ramené
31:49dans l'appartement familial,
31:50Karine Torchy avait participé
31:52à la veillée funèbre
31:53dans la chambre
31:54de Samia.
31:58Karine Torchy demeure
31:59impassible face aux attaques.
32:01Voleuse,
32:02menteuse,
32:03manipulatrice,
32:04elle ne sort de ses gonds
32:05que quand on la questionne
32:06sur d'éventuelles violences
32:07sur ses propres enfants.
32:08Elle évoque son enfant
32:10mort-né
32:10pour lequel personne
32:11ne fleurit la tombe.
32:13Elle avait un jour
32:13posté la photo
32:14de cette tombe
32:15avec ce commentaire.
32:17La plus belle chose
32:18qui puisse nous arriver
32:19est de prendre
32:20un enfant dans les bras.
32:21L'avocat des parents
32:22de Samia,
32:23Jacques Frémion,
32:24réplique
32:24Vous en avez pris
32:25un dans les bras
32:26mais pour le tuer.
32:28L'avocat général déclare
32:29Cette femme s'est construite
32:31sur la défenestration
32:32de l'enfant.
32:33Elle tue par jalousie
32:35les enfants
32:35qui ont reçu
32:36une attention
32:37qu'elle n'a jamais eue.
32:38Il réclame
32:3930 ans de prison.
32:41Et on va voir
32:42ce que va être
32:42évidemment le verdict
32:43dans le prochain chapitre
32:45de l'heure du crime.
32:47Béatrice Tardy,
32:48vous êtes avec nous
32:49depuis le début
32:49de cette émission.
32:50On voulait vous aider
32:51à éclairer ce cas
32:53qui est très unique
32:54et très complexe
32:55de Karine Torchy.
32:56Je le répète,
32:57cette femme
32:58qui a jeté
32:58une petite fille
32:59de deux ans
32:59par une fenêtre
33:00et un,
33:01elle n'arrive pas
33:02à expliquer son geste
33:03et deux,
33:04on n'arrive pas
33:04à savoir exactement
33:05pourquoi elle a fait ça.
33:06C'est assez compliqué.
33:08Elle est dans ce box
33:10des accusés,
33:11cour d'assises
33:13de Bourg-en-Bresse.
33:16À quoi elle ressemble
33:17cette femme ?
33:18Est-ce qu'effectivement
33:19elle ne veut pas
33:20regarder grand monde ?
33:22Alors il faut imaginer
33:23déjà la cour d'assises
33:25à l'époque
33:25parce que ce n'est pas
33:26le bâtiment moderne
33:27d'aujourd'hui.
33:28On est dans cette vieille
33:29cour d'assises
33:30où le parquet grince
33:33où c'est une époque
33:35révolue presque
33:36et elle est dans un box
33:37vitré
33:39et seul élément moderne
33:40et effectivement
33:42elle ne regarde pas.
33:43Alors j'ai su après
33:44que c'était son avocat
33:45qui lui avait demandé
33:45de ne pas regarder
33:46mais nous on ne le sait pas
33:48quand on est là.
33:49On la voit
33:50ne pas regarder,
33:51ne pas jeter un seul regard
33:52sur cette famille
33:53qui est là,
33:53vous l'avez dit,
33:53avec les t-shirts,
33:55avec la photo de la petite,
33:57avec écrit
33:57Louloute,
33:58tu nous manques.
33:59Il y a une émotion
34:00qui est terrible
34:01dans cette salle
34:03et elle ne regarde pas
34:05et elle semble impassible,
34:08elle semble très froide
34:09et on sent de l'autre côté
34:11l'émotion de la famille
34:12et face à cette émotion,
34:15la non-émotion en fait.
34:17Il y a quelque chose
34:19d'incompréhensible
34:21dès le début.
34:22Tout de suite,
34:23encore une fois,
34:23que ce soit du côté des psys,
34:25du côté de sa propre famille
34:26de l'accusé,
34:28les attaques,
34:29elles sont féroces.
34:30Oui,
34:31elles sont féroces.
34:31En fait,
34:33on sent que d'un côté
34:35il va y avoir sa sœur,
34:36sa sœur qui va parler
34:38de l'insuline
34:39parce qu'elle est aussi
34:40accusée de ça,
34:41elle est dans la cour d'assises
34:42pour les deux affaires.
34:43Il va y avoir aussi sa mère,
34:45sa mère qui va dire
34:46à distance en visioconférence
34:47comme quoi sa fille
34:48est dangereuse
34:50parce qu'elle a voulu
34:51lui tirer dessus.
34:53Il va y avoir
34:54d'autres témoignages
34:55qui vont se succéder
34:57où ça va nous permettre
34:58de comprendre
34:59un peu mieux
35:00un personnage
35:02incompréhensible
35:03et dangereux
35:04qui va même,
35:05par exemple,
35:06jeter par la fenêtre
35:08le lapin de ses enfants.
35:09Elle ne s'attaque pas
35:11à ses propres enfants
35:12mais elle va jeter
35:13un lapin
35:14qu'ils avaient vivant.
35:15Elle va le jeter
35:15par la fenêtre.
35:16Elle va jeter
35:17ses serviettes hygiéniques
35:18par la fenêtre.
35:19Elle a un comportement
35:21qui n'est quand même
35:21pas tout à fait
35:22irrationnelle.
35:23Je veux dire,
35:24il y a quelque chose
35:24qui ne va pas
35:25dans son comportement.
35:26Ce que vous racontez
35:27est très éclairant.
35:28C'est d'ailleurs étonnant
35:29que les experts psychiatres
35:32et psychologues
35:33n'aient pas noté
35:34ce genre de détails
35:35qui sont complètement
35:38un petit peu délirants.
35:39Maître Usant,
35:40vous êtes avec nous
35:41dans cette heure du crime.
35:41Évidemment,
35:42vous êtes à ce procès.
35:45comment vous l'avez conseillée
35:46cette femme
35:47qui est si compliquée
35:48à aborder ?
35:50Comment vous parlez
35:51avec elle ?
35:52Qu'est-ce qu'elle vous répond
35:53là-dessus ?
35:53Est-ce qu'elle est résignée ?
35:54Est-ce qu'elle sait
35:55qu'elle va être condamnée ?
35:59Maître Patrick Usant
35:59qui était avec nous
36:00mais qui n'est plus avec nous.
36:01On va le retrouver
36:02dans un instant.
36:04Vous l'avez dit,
36:05Béatrice Tardy,
36:06la famille de la petite fille,
36:07elle vient témoigner.
36:09Qu'est-ce qu'ils racontent
36:11à la barre ?
36:11Ils sont, je pense,
36:12dans l'émotion
36:12la plus totale.
36:14Ils sont dans l'émotion
36:15la plus totale,
36:16effectivement.
36:17J'ai parlé de la mère
36:19de Karine Torchy
36:20qui est à distance
36:21et qui dit que
36:22cette histoire de coup de feu,
36:23c'est au moment
36:23où elle part justement
36:24vivre à la réunion
36:25et que sa fille
36:26lui tire dessus.
36:27C'est là où Karine Torchy
36:28s'énerve et lui dit
36:29mais non,
36:31elle dit,
36:32c'est pas vrai,
36:33c'est pas vrai,
36:33comment veux-tu
36:34que je me procure une arme ?
36:36Et puis après,
36:37par rapport à Vanessa
36:39avec la maman,
36:40elle va lui dire,
36:42elle va lui demander pardon
36:43à la fin du procès
36:45et puis elles vont
36:46effectivement avoir
36:47une altercation
36:48toutes les deux,
36:49c'est le seul moment
36:50dramatique
36:51de cette pièce.
36:52Il se joue une comédie humaine
36:54terrifiante en fait
36:55dans ce tribunal.
36:58Elle dit aussi quelque chose
36:59sans arrêt,
37:00effectivement,
37:01cette femme Karine Torchy,
37:02c'est pas moi,
37:03c'est les autres.
37:04Ça, c'est quelque chose
37:04qui est remarqué aussi.
37:06Par les psychiatres.
37:07Devant une cour d'assises,
37:08c'est un peu compliqué.
37:08Oui, c'est un peu compliqué.
37:10Et puis,
37:11il faut savoir que dans sa main,
37:12elle tient une photo
37:13qui est la photo
37:14qui représente
37:16cet enfant
37:16qu'elle a perdu,
37:18ce bébé mort-né
37:19à six mois,
37:20je crois,
37:21et qui est un événement
37:22absolument tragique.
37:24Toute femme
37:24qui a perdu un enfant
37:26à six mois de grossesse,
37:27c'est à quel point
37:28c'est tragique.
37:29Mais là,
37:30pour elle,
37:31ça revêt
37:32quelque chose
37:33de particulier.
37:34Le c'est pas moi,
37:35c'est l'autre.
37:36Et le je jette
37:37quand je suis acculée,
37:39quand je n'ai pas de solution,
37:41je jette par la fenêtre.
37:43Et vous la sentez comment,
37:45cette femme ?
37:45Elle est résignée ?
37:46Elle attend finalement
37:48d'être condamnée ?
37:49On a la sensation,
37:50en fait,
37:50je me rappelle,
37:51m'être dit,
37:53ça a l'air d'être terrible
37:55pour elle,
37:55ces trois jours
37:58de procès.
37:59Trois jours de procès,
38:01effectivement,
38:01vous avez senti
38:02une tension
38:02dans ce tribunal
38:03qui était extrême.
38:04Elle se venge
38:05en quelque sorte
38:06de ce qu'elle estime
38:07avoir été privée.
38:10Après trois jours
38:11de procès,
38:12le verdict,
38:13Karine Torchy,
38:15la tueuse d'enfants,
38:16on avait fait des gâteaux,
38:18on avait goûté,
38:19et puis j'ai vu
38:19ma fille en bas,
38:20l'enquête de l'ordre du crime.
38:21Je vous retrouve
38:21tout de suite sur RTL.
38:23Cette émission vous intéresse ?
38:25Vous en voulez plus ?
38:26Retrouvez toutes les archives
38:28en podcast
38:28sur l'appli RTL.
38:31L'heure du crime,
38:32présentée par
38:33Jean-Alphonse Richard
38:34sur RTL.
38:36Dans l'heure du crime,
38:37l'affaire Karine Torchy,
38:39une mère de famille
38:39accusée d'avoir jeté
38:40par la fenêtre
38:41du sixième étage
38:42la fille de ses amis,
38:44âgée de deux ans
38:45dans l'Ain en 2009,
38:46jugée aux assises
38:47trois ans plus tard,
38:48elle risque la perpétuité.
38:50Voici l'heure du verdict.
38:53Vendredi 23 septembre 2011,
38:55Karine Torchy
38:56est condamnée
38:57à 30 ans de prison.
38:58L'accusée ne branche pas,
38:59elle encaisse le choc.
39:00Les proches
39:01de la petite victime,
39:02Samia,
39:03deux ans,
39:03applaudissent,
39:05soulagées.
39:06Lors des débats,
39:07Vanessa Rougry,
39:08la maman de Samia,
39:09avait raconté
39:10cette belle après-midi
39:12d'été.
39:13On avait fait des gâteaux,
39:14on avait goûté,
39:15et puis j'ai vu
39:16ma fille en bas,
39:17sur le sol.
39:22Karine Torchy
39:23fait appel du verdict,
39:24puis se désiste
39:25quelques jours plus tard.
39:26En prison,
39:27elle écrivait des lettres
39:28pour dire
39:29« ce n'est pas moi,
39:30je ne ferai jamais
39:30de mal à un enfant ».
39:32Au procès,
39:32elle n'a plus nié
39:34les faits,
39:34mais elle n'a pas avoué
39:35non plus,
39:36répétant qu'elle ne savait
39:37pas pourquoi
39:38elle était là.
39:41De la haine,
39:42de la haine,
39:42je la déteste.
39:44Qu'est-ce que je m'en veux
39:44de l'avoir fait venir chez moi ?
39:45Je n'aurais jamais dû
39:46la faire revenir chez moi.
39:47Connaissant son passé,
39:48elle volait de partout,
39:49de partout,
39:50je n'aurais jamais dû
39:50l'avoir accepté chez moi.
39:51Elle a détruit ma vie,
39:53ce n'est pas possible,
39:53ma fille,
39:54c'était tout.
39:55Elle a tout détruit,
39:57elle a tout cassé.
39:57J'aimerais savoir pourquoi,
39:58j'aimerais comprendre,
39:59mais on n'aura pas de réponse.
40:00On n'aura pas de réponse.
40:03La voix pleine d'émotions,
40:05évidemment,
40:05de Vanessa Rougry,
40:06c'est la maman de Samia,
40:07c'était le 6 septembre 2009,
40:10c'est une archive RTL.
40:12Maître Patrick Uzan,
40:14on vous retrouve
40:14dans cette heure du crime,
40:15avocat de Karine Torchy,
40:1730 ans,
40:18le verdict qui était attendu.
40:21Comment est-ce que vous l'aviez préparée
40:24à ce procès,
40:26Karine Torchy ?
40:26Comment vous arriviez
40:27à discuter avec elle,
40:29à essayer de lui faire comprendre
40:30que peut-être il fallait dire quelque chose ?
40:32C'est très compliqué pour vous,
40:33avocat ?
40:34C'est mon grand regret
40:37parce que j'arrivais parfaitement
40:40à communiquer avec Karine Torchy
40:41parce que je prenais le temps
40:43de la douceur,
40:45de la compréhension.
40:46Ce qui a manqué
40:47à la direction de ce procès,
40:49le président était plus habitué,
40:51selon moi,
40:51à juger des gangsters
40:52que juger un cas aussi atypique
40:55que celui de Mme Torchy.
40:57Il lui est rentré vraiment dedans
40:59et ce n'était pas la bonne méthode.
41:02Et donc,
41:02quand le verdict est tombé,
41:04je lui ai conseillé un appel
41:05parce que j'avais la conviction,
41:06et je l'ai toujours,
41:07d'avoir plaidé pour quelqu'un
41:09qui était hors du temps,
41:11hors de l'humanité,
41:12hors de notre société.
41:14Les experts ont échoué.
41:15M. Fruchard,
41:17comment voulez-vous admettre
41:18qu'un premier collège d'experts
41:20conclut à une altération,
41:22que le deuxième collège d'experts
41:24conclut à une entière responsabilité
41:26et qu'entre les deux,
41:27un malheureux psychologue
41:29qui a été méprisé par les psychiatres
41:31vienne parler de psychose blanche
41:34qui avait tout de même
41:36un terrain à une nouvelle expertise.
41:38Alors ça, effectivement,
41:40je suis d'accord avec vous,
41:41on aurait dû peut-être vous donner acte
41:42de cette troisième expertise.
41:45Le fait est, c'est que Maître Usant,
41:48il y a une espèce de...
41:49C'est dramatique cette histoire
41:50parce que la petite fille est morte,
41:52il faut penser à elle,
41:52c'est elle la victime.
41:53Il y a une seule victime,
41:54c'est effectivement la petite Samia,
41:57à deux ans,
41:58elle a péri,
41:59elle a payé de sa vie,
42:00cette espèce de folie.
42:02Cette histoire,
42:02elle est totalement inachevée.
42:04On n'a pas les réponses,
42:05que ce soit du côté
42:06de la famille de Karine Torchy
42:08ou du côté de la famille
42:09de la petite Samia.
42:11Monsieur Char,
42:12qu'est-ce qui est le plus facile
42:14pour les parents
42:15de cette malheureuse enfant ?
42:17Qu'elle ait été tuée
42:18par une folle
42:20ou par quelqu'un
42:21de parfaitement raisonnable ?
42:24C'est une question
42:25très difficile
42:26et très délicate.
42:29Béatrice Tardy,
42:30vous êtes avec nous
42:30dans cette heure du crime,
42:31vous avez assisté
42:31à toute cette affaire,
42:32au procès
42:33pour France 3,
42:34vous travaillez à France 3,
42:35à la rédaction de Lyon.
42:38effectivement,
42:38lorsque le verdict tombe,
42:41on a le sentiment
42:42que quelque chose
42:43est inachevé,
42:44même si la famille
42:45est heureuse
42:46que justice soit passée,
42:47c'était une évidence.
42:49Oui,
42:49et puis quand Karine Torchy
42:51dit pardon,
42:53c'est plus que ne peut
42:54en supporter
42:55la maman de Samia,
42:56en fait,
42:56parce qu'elle attend
42:57bien plus.
42:57C'est inaudible.
42:58Oui,
42:58elle attend bien plus
42:59que ça.
43:00Et j'interview
43:01à ce moment-là,
43:02juste après,
43:02à la fin de ce procès,
43:03j'interview Vanessa,
43:06la maman de Samia,
43:08et elle me dit,
43:10je la connais depuis longtemps,
43:12je vous dis exactement
43:13ses propos,
43:13je la connais depuis longtemps,
43:15je sais qu'elle sait
43:16ce qu'elle fait,
43:17elle sait pourquoi,
43:19seulement son avocat
43:20a dû lui dire
43:20de ne rien dire
43:21pour la faire passer
43:22pour folle.
43:23Donc elle ne dit rien,
43:24elle ne dira rien.
43:25Et je lui demande,
43:26vous attendez des réponses
43:27dans les années à venir ?
43:28Elle me répond,
43:28oui bien sûr.
43:31Effectivement,
43:31donc ils sont toujours là
43:33en attente
43:33de savoir
43:35ce qui s'est passé.
43:36Et ça,
43:36c'est effectivement
43:37très compliqué.
43:38Maître Patrick Usan,
43:40Karine Torchy,
43:41elle est toujours
43:42en prison aujourd'hui ?
43:43Je pense qu'elle a dû
43:45être élargie
43:46il y a 95 ans.
43:47D'accord.
43:48Vous n'avez pas
43:49de nouvelles d'elle ?
43:49Non.
43:51Quand vous disiez
43:52tout à l'heure
43:52que effectivement
43:53vous regrettiez,
43:54parce que pour vous
43:54c'est un échec,
43:55échec mesuré,
43:56mais enfin bon,
43:56c'est toujours très compliqué
43:57de défendre
43:59une femme
44:00qui a fait de...
44:01qui a commis
44:02une horreur pareille,
44:03mais qu'est-ce que
44:04vous voulez dire par là ?
44:05C'est que vous pensiez
44:05qu'on aurait pu
44:06un jour ou l'autre
44:07avoir la vérité
44:08avec un nouveau procès
44:09par exemple ?
44:10On a reproché à Karine Torchy
44:12de regarder ailleurs
44:15que dans la foule
44:17et croiser le regard
44:17des parents.
44:18C'est moi qui lui ai conseillé
44:19parce que comment voulez-vous
44:20croiser le regard des parents ?
44:23On lui a reproché
44:24de ne pas s'expliquer.
44:25Les experts ont échoué
44:27à expliquer l'inexplicable.
44:29Comment voulez-vous
44:29que quelqu'un
44:30dans le box des accusés
44:32puisse expliquer ?
44:33On lui a reproché
44:34son déni et ses mensonges,
44:36mais j'en connais d'autres.
44:37Le monopole du mensonge,
44:38ce n'est pas Karine Torchy.
44:40Ce n'est pas ça
44:40qui explique
44:41sa responsabilité pénale.
44:44Elle ne pouvait pas
44:46expliquer ce qu'elle a fait.
44:47C'est ce que vous nous dites.
44:48Elle ne pouvait pas expliquer
44:50je suis un avocat
44:51absolument libre
44:52et j'essaye de plaider utile.
44:54Je ne suis pas
44:54l'otage de mes clients.
44:56J'ai le sentiment,
44:57la conviction
44:58au bout de 47 ans
44:59de carrière
45:00d'avoir plaidé
45:01pour une démente.
45:03Comment est-ce que,
45:04encore une fois,
45:04je vous repose la question,
45:05mais vous ne m'avez pas
45:06vraiment répondu ?
45:07Comment est-ce que
45:07vous l'avez abordée,
45:09cette femme,
45:09de cliente à avocat ?
45:12Comment vous essayez
45:13de lui parler ?
45:14Est-ce qu'elle comprenait
45:15ce que vous disiez ?
45:17Est-ce qu'elle vous suivait
45:18ou bien vous étiez face
45:19à une espèce de mur
45:22d'incompréhension ?
45:23Non, non.
45:24On a communiqué
45:25de manière assez
45:27directe et transparente
45:29parce que j'ai utilisé
45:30une méthode
45:30qui était une méthode douce
45:32adaptée à une situation
45:35très particulière,
45:36ce qui a manqué
45:37au procès.
45:38Qui plus est,
45:40Maître Usant,
45:40je pense que vous êtes
45:41d'accord avec moi,
45:42c'est une affaire exceptionnelle
45:43par son acte,
45:44fort heureusement d'ailleurs,
45:45mais c'est rarissime
45:46qu'il y ait ce genre
45:47de crime.
45:49Effectivement,
45:49on en trouve peu de traces.
45:51Il y a des infanticides,
45:52de la part aux intrafamiliaux,
45:54etc.
45:54Mais quelqu'un d'extérieur
45:55et sans raison apparente
45:57qui tue une petite fille
45:59ou un petit garçon,
46:00c'est rarissime,
46:00Maître Usant.
46:01Bien sûr,
46:02M. Richard,
46:03ce qui est absolument
46:06inimaginable dans cette affaire,
46:07c'est qu'on n'a pas
46:07d'explication.
46:08C'est le crime
46:09de l'absurde.
46:11C'est le crime
46:12de l'absurde.
46:12Et c'est une affaire
46:13unique pour vous,
46:14un avocat ?
46:16Dans ce type de dossier,
46:18c'est certainement
46:18une affaire
46:19qui m'aura marqué.
46:20Elle est absolument unique.
46:21Absolument unique.
46:22Je crois que c'est
46:23l'avocat général,
46:24Béatrice Tardy,
46:25qui a dit
46:26que cette femme
46:27avait la haine
46:28des enfants
46:28parce qu'elle était
46:29finalement jalouse
46:30des autres enfants
46:32qui avaient de l'affection.
46:33Elle,
46:34elle n'avait pas eu
46:34cette affection.
46:35Ça peut s'appeler
46:35comme un transfert.
46:36Les psychiatres aiment
46:37bien ce genre
46:38de configuration.
46:39Mais est-ce qu'effectivement,
46:40c'est quelque chose
46:40qui peut expliquer aussi
46:42cette espèce de dérive
46:44et ce crime abominable ?
46:46Peut-être.
46:46Après,
46:47l'avocat général,
46:48c'était Aurélien
46:49Bailly-Saillant.
46:51C'est possible.
46:52Oui.
46:52Je vous suis.
46:53Oui.
46:54lui,
46:54il avait dit
46:55qu'il voulait
46:55protéger la société.
46:57Oui,
46:58mais ça,
46:58c'est son rôle.
46:59C'est apporter
46:59des réponses
47:00aux familles.
47:02Après,
47:03ça reste,
47:04enfin pour moi aussi,
47:05ça reste de toute façon
47:06un procès
47:07qui m'aura marquée
47:08et qui est,
47:09c'est incontournable.
47:10Quel est le moment
47:10le plus marquant,
47:11Béatrice Tardy,
47:12selon vous,
47:12à ce procès
47:13et dans cette histoire,
47:15ce qui vous a le plus frappée ?
47:16Moi,
47:16j'ai deux moments.
47:17J'ai le moment
47:17où la famille arrive
47:18avec les t-shirts.
47:20J'avais jamais vu
47:21ça sur un procès.
47:23Depuis,
47:23ça s'est effectivement
47:24un peu popularisé.
47:25Mais à l'époque,
47:26c'était assez rare.
47:27C'était la première fois
47:27qu'on voyait ça
47:28et cette présence-là,
47:31cette émotion-là
47:32dans ce tribunal
47:33à ce point
47:34et puis cette confrontation
47:37entre Vanessa
47:38et Karine,
47:41toutes les deux
47:41qui font bloc,
47:42enfin bloc,
47:43ou plutôt deux blocs
47:44l'un contre l'autre
47:45et puis cette...
47:47longtemps après
47:47et encore aujourd'hui,
47:48je me dis
47:49quand Karine Torchy dit
47:50un jour,
47:51peut-être,
47:52je te donnerai
47:52cette situation.
47:53Moi,
47:54j'aimerais savoir
47:54si là,
47:55aujourd'hui,
47:56est-ce qu'elle
47:57pourrait donner ?
47:58Parce que Maître Usand
47:58dit non,
47:59enfin,
48:00qu'elle n'est pas capable,
48:01mais est-ce que là,
48:02aujourd'hui,
48:03j'aimerais savoir en fait ?
48:05On aimerait sans doute
48:06tous savoir,
48:06mais bon,
48:07elle est sortie,
48:07nous a dit Maître Usand.
48:08Maître Usand,
48:09juste un tout petit mot
48:10à l'arrivée au bout
48:10de l'émission,
48:11juste ce qui vous a marqué
48:12vous dans cette affaire,
48:13juste en un mot.
48:15Quelque chose de terrible,
48:16monsieur Richard,
48:16c'est qu'à la fin du procès,
48:18quand j'ai plaidé,
48:18quand le verdict est tombé,
48:20elle a ouvert sa main,
48:21j'étais le seul à la voir,
48:23et elle avait la photo
48:24de son fœtus,
48:26Anthony,
48:27mort en 2000.
48:29Dans ça,
48:30qu'elle serrait dans sa main
48:31depuis le début du procès.
48:34Merci beaucoup,
48:35Maître Patrick Usand,
48:37Béatrice Tardy,
48:38d'avoir été tous les deux
48:39les invités de l'heure du crime.
48:40Merci à l'équipe
48:41de l'émission,
48:42rédactrice en chef,
48:43Justine Vigneault,
48:44préparation Romain Diverès,
48:46Valentine Bardet,
48:47réalisation en direct,
48:48Jonathan Grimm.
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