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  • il y a 6 semaines
Jean-Yves Morel, 33 ans, technicien de laboratoire, marié, un enfant, une vie tirée au cordeau. Aussi nette que l'allée de tuyas qui cerne le jardin de son pavillon, ou encore cette pelouse parfaite qui cache pourtant un terrifiant secret.
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.

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Transcription
00:00Bonjour, 14h15, c'est l'heure du crime sur RTL.
00:06Macabre découverte en Seine-Maritime, celui du corps d'une étudiante de 23 ans, violée et tuée.
00:12La jeune fille avait disparu depuis presque un an, en juin dernier.
00:15C'est un père de famille, tranquille, âgé de 33 ans, qui a commis les faits, il a avoué hier.
00:21Bonjour, Jean-Yves Morel, 33 ans, technicien de laboratoire, marié, un enfant, une vie tirée au corps d'eau.
00:30Aussi nette que l'allée de Thuyas, qui cerne le jardin de son pavillon.
00:34Ou bien cette pelouse, parfaite, qui cache pourtant un terrifiant secret.
00:39Où sont passées dans ce coin de Normandie, deux jeunes femmes qui se ressemblaient comme deux gouttes d'eau.
00:44Jean-Yves Morel, un prédateur bien sous tout rapport, l'heure du crime.
00:49La seule émission Radio 100% fait divers, c'est tout de suite sur RTL.
00:58Mercredi 2 juillet 1997, le docteur John Griffin, qui exerce dans un bourg de la campagne normande,
01:05se présente à la gendarmerie du Havre.
01:08Depuis une bonne semaine, il n'a plus aucune nouvelle de sa fille Elisabeth, 23 ans.
01:13Elle ne répond plus au téléphone, elle n'est pas dans le studio qu'elle loue en plein centre de
01:17Rouen.
01:18Son sac à main, ses papiers, sa voiture ont disparu.
01:22Le docteur Griffin assure que sa fille n'est vraiment pas du tout du genre désespéré ou suicidaire.
01:28Tout au contraire, Elisabeth a les pieds sur terre.
01:32Un petit ami, la passion des études qu'elle poursuit à l'UFR de chimie de Mont-Saint-Aignan.
01:38Le 24 juin, une amie, à elle, l'a attendue en vain à la fac pour les résultats des derniers
01:45partiels.
01:45Elle n'est pas venue, elle était pourtant très impatiente de connaître ses notes.
01:50Les gendarmes lancent les premières vérifications.
01:53Le studio de Rouen est perquisitionné, tout est en ordre.
01:57Deux ADN masculins sont retrouvés.
01:59L'un est inconnu, l'autre appartient au petit ami Thomas, tout de suite écarté des investigations.
02:06Le lendemain, 3 juillet, la voiture d'Elisabeth Griffin est découverte sur le parking de la cité HLM,
02:12Le Clerval, à l'île Bonne, à une heure de Rouen, portière non verrouillée, fenêtre ouverte, clé sur le contact.
02:20Le sac à main de la victime est là.
02:22Une note manuscrite est retrouvée.
02:24On peut lire Fred, le 24, à 10 heures.
02:28Le 24 juin était justement le jour des résultats des examens universitaires et celui de la disparition.
02:36Vendredi 4 juillet, deux jours après le signalement de la disparition d'Elisabeth Griffin,
02:41sa photo, son nom, sa description s'affichent sur les vitrines des commerces de Rouen.
02:47Les gendarmes de la section de recherche du Havre sont convaincus que l'étudiante a fait une mauvaise rencontre.
02:54Les recherches dans des lieux de promenade favoris de la disparue sont explorées.
02:58La cellule Elisabeth76, 23 enquêteurs, travaille également sur les profils de délinquants et criminels sexuels.
03:07Au bout de quelques semaines, une information capitale vient chambouler l'enquête.
03:13L'expert graphologue indique que le mot retrouvé dans les affaires de la victime, Fred, le 24, à 10 heures,
03:20ce mot n'est pas de la main d'Elisabeth.
03:22Elle n'est pas l'auteur de ce message qui serait destiné à abrouiller les pistes.
03:26Le compteur journalier de la Seat Ibiza blanche de la victime marque un total de 57 kilomètres.
03:34C'est à peu près la distance entre Rouen et l'Île-Bonne où la voiture a été retrouvée.
03:39Et si le meurtrier habitait ce secteur, est-ce qu'il connaîtrait la disparue ?
03:44Le fait est qu'Elisabeth Griffin a fait un stage étudiant dans une usine chimique du coin Bayer Elastomer,
03:52spécialisé dans le traitement du plastique et du caoutchouc.
03:55Les enquêteurs font le tour du carnet d'adresse de l'étudiante.
03:59Chaque contact est vérifié.
04:00Un dénommé Jean-Yves Morel, 33 ans, retient l'attention.
04:04Il est technicien au laboratoire Bayer, là où Elisabeth Griffin était en stage.
04:10Salarié irréprochable, marié depuis deux ans, une petite fille de 18 mois,
04:15fils d'un éminent professeur d'université et d'une institutrice.
04:18Morel vit à La Frénée, 1600 habitants, village où habitent de nombreux employés de Bayer.
04:26Morel est inconnu de la justice.
04:28La seule fois où il est apparu dans un dossier, c'était il y a un an, avril 1996.
04:34Une disparition déjà.
04:36Il avait signalé celle de sa jeune belle-sœur, Marilène Rousset, 17 ans.
04:41Elle faisait du repassage dans le pavillon de La Frénée.
04:44Avant de sortir, elle avait laissé un mot.
04:47Ne vous inquiétez pas, je reviens mardi.
04:50La belle-sœur n'est jamais revenue à la maison.
04:55Jean-Yves Morel n'a vraiment pas le profil d'un meurtrier.
04:58Une vie très bien rangée.
04:59Un couple qui ne se fait pas remarquer.
05:02Toujours les mêmes habitudes.
05:03Une passion pour le jardinage.
05:05Voilà ce qu'on sait de cet homme.
05:07On va tout de même l'interroger.
05:08Parce qu'effectivement, il a l'air de connaître la disparue.
05:11On va voir ce que va répondre ce technicien chimiste aux enquêteurs.
05:14Mais ça, ce sera dans le prochain chapitre de l'heure du crime.
05:17On revient évidemment à Rouen.
05:19C'est une tradition, vous le savez, dans l'heure du crime.
05:21Vous connaissez bien cette émission.
05:22Vous, les auditeurs, on revient toujours un petit peu sur le lieu de la disparution.
05:26Ou le lieu du crime.
05:28Bonjour Philippe Bertin.
05:29Bonjour Jean-Alphonse Richard.
05:30Merci beaucoup d'être avec nous.
05:31Vous êtes dans le studio aujourd'hui de l'heure du crime.
05:34Vous êtes journaliste pour la Manche Libre.
05:36Et puis auteur du podcast sur les scènes de crime en Normandie pour Tendance Ouest.
05:41Philippe Bertin, vous connaissez bien ce dossier.
05:44Pourquoi la disparition d'Elisabeth Griffin, étudiante modèle, tranquille, est-elle jugée inquiétante ?
05:52Tout de suite.
05:52Vous l'avez dit tout de suite.
05:54C'est une jeune femme modèle, tranquille, sérieuse.
05:58Tous les témoignages vont dans ce sens.
06:01Elle apparaît comme étant quelqu'un qui est tout à fait normal et qui, plus est, au moment de sa
06:08disparition, est en train de passer ses partiels.
06:11C'est ça.
06:12Et elle a même rendez-vous avec une amie pour contrôler les écrits et il lui reste à passer les
06:19oraux.
06:19Et là, on ne la voit pas.
06:21Et donc, cette disparition est jugée, évidemment, tout de suite très inquiétante.
06:27Si j'ose dire, c'est une jeune fille rangée, quoi.
06:29Elle a un petit ami.
06:30Parfois, il y a des hauts, il y a des bas.
06:32Mais on ne lui connaît pas de soubresauts particuliers, singuliers.
06:37Elle prépare une formation.
06:41C'est une étudiante, comme il en existe plein.
06:43Et donc, à ce moment-là, au moment de sa disparition, elle n'a aucune raison, précisément, de disparaître.
06:50Elle est très rangée, cette fille, évidemment.
06:52On va retrouver sa voiture dans une cité, d'ailleurs, qui n'est pas très bien fréquentée, en général.
06:58Mais là, la voiture est ouverte, il y a son sac à main.
07:01Et puis, il y a une note, effectivement, qui est étonnante, avec ce petit mot qui a été laissé.
07:07Fred, le 24, à 10h.
07:09Alors là, on se dit, voilà, elle avait rendez-vous avec cet homme.
07:13Oui, alors c'est étonnant parce que moi, je suis allé dans cette cité dont vous parlez.
07:16Je suis allé voir les lieux pour me rendre compte de l'endroit.
07:20C'est vrai que ce n'est pas très, très bien fréquenté.
07:22Mais, si j'ose dire, elle n'a aucune raison d'être là.
07:26Sauf, en effet, à avoir un rendez-vous.
07:29Et ce mot va mettre les gendarmes, les enquêteurs, sur une piste qui s'avérera, on le verra sûrement plus
07:36tard, complètement fausse.
07:38Mais ce petit mot, Fred, laisse à penser qu'elle avait, en effet, un rendez-vous dans un lieu qui
07:43ne lui ressemble pas, si j'ose dire.
07:45C'est ça.
07:45Alors, effectivement, on va se rapprocher, assez rapidement d'ailleurs, de ce Jean-Yves Morel.
07:50Évidemment, les enquêteurs, ils travaillent bien, avec précision, ils vont assez vite.
07:56On remonte un petit peu le passé de cette fille.
07:59On va s'apercevoir qu'effectivement, elle était dans un stage, dans une usine de chimie, où travaille Jean-Yves
08:04Morel.
08:06Il y a un Fred, quand même, dans cette histoire.
08:08Un Fred qui apparaît.
08:09Bonjour, Frédéric Frambeau.
08:10Bonjour, Jean-Alphonse Richard.
08:11Merci beaucoup d'être avec nous aujourd'hui, également, dans le studio Lors du Crime.
08:15Alors, vous étiez très ami avec Jean-Yves Morel, c'est quasiment un ami d'enfance.
08:20On s'est connu au lycée, en effet, donc on avait 15-16 ans, on pratiquait du sport ensemble, on
08:25se fréquentait beaucoup.
08:26Alors, vous allez rentrer un peu malgré vous dans le dossier, parce qu'évidemment, on va vous interroger,
08:32parce qu'on va faire le tour de cet homme qui n'a pas encore inquiété à ce moment-là,
08:37Jean-Yves Morel.
08:38Puis, on va s'apercevoir qu'il y a Frédéric Frambeau qui est dans son entourage, c'est un ami.
08:43C'est vous, Fred ? Alors, on va vous dire, c'est vous, Fred ? C'est ça, ce que
08:46disent les policiers ?
08:46Oui, c'est ce que les gendarmes, la première fois que je les ai rencontrés, évidemment, ne savaient pas qui
08:50j'étais.
08:51Donc, il y avait une petite suspicion de loin.
08:54Parce qu'effectivement, j'étais le seul Fred que Jean-Yves connaissait.
08:57Donc, ils avaient retrouvé mes coordonnées dans son carnet d'adresse, une fois les investigations menées.
09:03Et il se trouve qu'effectivement, ils m'ont longuement interrogé, les gendarmes, lors de la première garde à vue
09:09de Jean-Yves.
09:10Et pour savoir un peu quelle était la personnalité de Jean-Yves.
09:13Moi, évidemment, je tombais des nus, parce que je...
09:15Déjà, vous n'êtes pas le Fred de la fameuse note.
09:19Et en fait, il s'avérait, pour faire court, que Jean-Yves avait écrit ce mot de sa main, gauche,
09:25pour détourner un peu les suspicions, en pensant à moi.
09:29Donc, en tout cas, c'est la conviction des gendarmes et de tout le monde.
09:31Non pas pour m'accuser, mais au contraire, pour essayer de faire en sorte que je le déculpabilise, si vous
09:39voulez.
09:39Parce que c'était mon ami, proche, et à aucun moment, je n'aurais pu dire du mal de lui.
09:44Oui. Donc, le côté machiavélique de la situation, c'est qu'il a profité de ce mot pour désorienter les
09:51gendarmes.
09:52Oui, c'est ça. C'est une fausse piste. Effectivement, c'est une espèce de leurre qu'il lance, en
09:55espérant que ça morde.
09:56Ça ne mord pas vraiment. Les gendarmes, ils sont vraiment attentifs à ça.
10:00En deux mots, Frédéric Frambeau, il est un peu psychorigide, non ? Ce garçon, Jean-Yves.
10:05Oui, il a une personnalité particulière, on peut dire ça.
10:09En revanche, c'est quelqu'un avec qui j'entretenais des relations proches.
10:12Il était très drôle, beaucoup d'humour, avec cette double personnalité.
10:16On plaisantait de ça avec Philippe, sur le fait qu'on l'appelait Janus.
10:20Jean, Janus, et Janus, c'est l'homme aux deux visages.
10:23Donc, clairement, avec nous, il avait une attitude extrêmement joviale, très courtoise, très polie, très bien élevée.
10:28Il a un milieu social tout à fait correct, il est éduqué, il est cultivé.
10:33Et puis, il y a cette partie un peu rigide, en effet, un peu stricte, qui perturbe les gendarmes.
10:39D'ailleurs, c'est assez étonnant que, dans la cellule de recherche, il y avait deux équipes.
10:43Une qui pensait qu'il n'avait rien à faire avec cette histoire, parce que, justement, il avait ce côté
10:47bon gendre, idéal,
10:50comme tout le monde dans ces histoires, c'est-à-dire, on lui donnerait les bons dieux sans confusion.
10:54Insoupçonnable.
10:55Insoupçonnable.
10:56Et puis, une autre partie qui avait décelé des failles chez lui.
11:00Le technicien chimiste va être placé en garde à vue.
11:03Jean-Yves Morel, un prédateur bien sous tout rapport.
11:06Il n'y a rien sous le béton.
11:08Vous vous fatiguez pour rien, l'enquête de l'ordre du crime.
11:11On se retrouve dans un instant sur RTL.
11:15Toute la journée, RTL vous accompagne.
11:22RTL, votre radio.
11:2614h15, Jean-Alphonse Richard sur RTL.
11:30L'heure du crime.
11:31L'heure du crime consacrée aujourd'hui à l'affaire Jean-Yves Morel.
11:34Cet homme marié, père d'une petite fille, technicien modèle dans un laboratoire de chimie en Normandie,
11:39apparaît derrière la disparition d'une étudiante de 23 ans à Rouen en juin 1997.
11:45Presque quatre mois plus tard, il est interrogé.
11:48Vendredi 9 octobre 1997, 9h du matin.
11:52Jean-Yves Morel se présente à la convocation des gendarmes du Havre.
11:56Il est précis, courtois, calme.
11:58Il ne branche pas lorsqu'on lui annonce qu'il est placé en garde à vue.
12:02La disparition de l'étudiante Elisabeth Griffin est évoquée.
12:05Aussitôt, il demande.
12:06Vous l'avez retrouvé ?
12:08Morel n'est pas surpris que son nom figure dans le carnet d'adresse d'Elisabeth.
12:12Il l'a connue lors de son stage chez Bayer.
12:15Sérieuse, intelligente, dit-il.
12:17Ils ont sympathisé.
12:19Il l'a aidée pour ses travaux pratiques.
12:21Il lui a corrigé des copies.
12:22Il en a même déposé dans sa boîte aux lettres à Rouen.
12:26Le mardi 24 juin, jour de la disparition de l'étudiante,
12:29il était souffrant.
12:31Une gastro-entérite ?
12:33Exceptionnellement, il n'est pas allé travailler.
12:35Il est resté chez lui.
12:36A midi, il a déjeuné avec son épouse, rentré du travail.
12:40Enfin, d'après-midi, il est allé chercher sa fille chez la nourrice.
12:44Le lendemain, il était toujours patraque.
12:46Il a à nouveau passé la journée chez lui.
12:49Les gendarmes sont intrigués par ce hasard.
12:52Deux jours de maladie, à la date de la disparition d'Elisabeth Griffin.
12:56Les enquêteurs se rendent au pavillon de la Frénée, rue Georges Fleury.
13:00Le jardin est inspecté.
13:02Rien de particulier.
13:04La maison visitée, rien de spécial.
13:06Au grenier, les gendarmes tombent toutefois sur une petite pièce cachée,
13:11verrouillée, sous la soupente, dans une valise.
13:13Un stock de revues porno, achetées en sex shop et 140 cassettes de films X.
13:19Morel ne se démonte pas.
13:21Il répond qu'il n'y a rien d'illégal dans tout ça.
13:24L'épouse, interrogée et interloquée.
13:28Elle ignorait tout de l'existence de cette pièce et de son contenu sulfuré.
13:32Pas de charge solide.
13:34Jean-Yves Morel est laissé libre à l'issue de 36 heures de garde à vue.
13:39Le directeur d'enquête, le lieutenant Michel Frottier, ne lâche pas la piste Morel.
13:45Les gendarmes sont persuadés qu'il cache la vérité.
13:48Il découvre ainsi que Jean-Yves Morel n'est pas resté chez lui le jour de la disparition d'Elisabeth
13:53Griffin.
13:53Il est sorti. Il est allé chez son coiffeur, à l'île Bonne, la ville où a été découverte la
13:59voiture d'Elisabeth.
14:00Morel se sent surveillé. Il se plaint auprès du maire de la Frénée.
14:05Il est venu me demander de calmer la gendarmerie, reconnaît le maire dans le journal L'Humanité.
14:12Mardi 28 avril 1998, neuf mois après la disparition d'Elisabeth Griffin, les gendarmes sont de retour à la Frénée,
14:20chez les Morels.
14:21Ils ont été informés par un voisin que Jean-Yves Morel avait fait des travaux de terrassement chez lui.
14:27Il a coulé du béton. Un tout nouvel appareil, expérimental, est amené sur place.
14:32Un géoradar qui permet de détecter les zones de vide sous terre.
14:37Pendant des heures, un technicien guide l'appareil dans le garage, là où Morel gare son petit bateau.
14:43La chape de béton a été refaite, 90 cm d'épaisseur.
14:48La machine signale une tâche grise, comme une tombe, déclare un gendarme.
14:52La dalle est défoncée au marteau-piqueur, mais sans succès.
14:55« Je voulais faire une cave à vin. »
14:58« Vous vous fatiguez pour rien, » dit Morel.
15:00Les gendarmes creusent, encore et encore, à la nuit tombée, sous les projecteurs.
15:05Un sac plastique apparaît.
15:07Un corps de femme décomposé, vêtu d'un seul soutien-gorge est dégagé.
15:11C'est Elisabeth Griffin.
15:13Jean-Yves Morel avoue avoir tué l'étudiante.
15:1624 juin 1997, il lui a donné rendez-vous chez lui.
15:21« Quand elle est venue, » dit-il, « je l'ai embrassée amoureusement sur la bouche.
15:25Dès que j'ai voulu la caresser, elle s'est bloquée.
15:28J'étais dans mes pulsions. »
15:30Il l'a violée, étranglée.
15:31Jean-Yves Morel parle d'un accident.
15:33On lui demande s'il a tué aussi sa belle-sœur.
15:36Il répond, « Marilène, c'est pas moi. »
15:39Incarcéré dans la soirée à Rouen, il tente de se suicider.
15:42Il est placé sous surveillance.
15:45Les enquêteurs et le juge n'en ont pas fini avec Jean-Yves Morel.
15:47Tout comme l'entourage de ce Jean-Yves Morel,
15:50qui est complètement abasourdi par ce qui se passe.
15:53On ne soupçonnait pas cet homme d'avoir fait de telles horreurs.
15:56Il va falloir évidemment le réinterroger sur Elisabeth Griffin, cet homme.
16:00Et puis l'interroger aussi sur Marilène Rousset.
16:03C'est effectivement sa belle-sœur.
16:05Elle avait 17 ans et elle s'est volatilisée.
16:08On va voir tout ça évidemment dans l'heure du crime.
16:12Philippe Bertin, un mot tout de suite.
16:14Vous êtes journaliste pour la Manche Libre et avec nous dans cette heure du crime.
16:16Vous connaissez bien ce dossier.
16:18Un mot qui m'a beaucoup surpris, c'est que cette garde à vue est finalement en deux temps.
16:22Il y a une longue garde à vue.
16:24La première garde à vue est très longue.
16:26Il ne bronche pas.
16:26Il est incroyable.
16:27Parce que ce n'est pas un repris de justice, Morel.
16:29Il n'a jamais eu affaire à la justice.
16:31Et là, on a l'impression qu'il est comme un truant.
16:33Et il ne bouge pas.
16:34Il ne bouge pas.
16:35Et ça correspond au fond à ce que m'ont dit beaucoup de ceux qui l'ont croisé, qui l
16:41'ont connu.
16:41A commencer par son propre voisin, le plus direct.
16:46Il m'avait dit qu'il est très poli.
16:50Toujours droit dans ses bottes, si j'ose dire.
16:52On passe des week-ends ensemble.
16:54Frédéric en parlera sûrement mieux que moi.
16:56Mais c'est quelqu'un d'assez froid, méthodique, mais aussi sans histoire.
17:02C'est monsieur tout le monde, on l'a dit.
17:03On lui donne le bon Dieu sans confession.
17:05Et le maire, vous avez eu cette expression et il l'a dit, c'est quelqu'un d'insoupçonnable.
17:11Par contre, j'ai recueilli un témoignage d'un stagiaire, justement, de son entreprise,
17:18qui raconte qu'il avait tendance à s'inventer des histoires et à provoquer.
17:24Par exemple, il retournait le week-end dans l'entreprise pour provoquer des petites pannes,
17:29afin qu'on puisse l'appeler pour dépanner.
17:31Alors, pourquoi il fait ça ? C'est assez bizarre.
17:34Il avait besoin de briller ?
17:35Alors, ça doit être ça.
17:38Effectivement, il a trouvé dans le crime aussi ce moyen de briller, c'est certain.
17:41Alors, c'est un peu le propre aussi des tueurs en série.
17:43Il y a peut-être une explication, mais Jacques, qui est son voisin et qui a vu sur le jardin,
17:49où je suis allé, me disait qu'il était toujours très poli.
17:53Voilà, très poli et très menteur, parce qu'il tient tête à ses gendarmes.
17:56En garde à vue, Frédéric Frambeau, vous êtes avec nous et on vous remercie dans cette heure du crime.
18:00Vous nous aidez à décrypter ce personnage et cette affaire.
18:03Vous étiez très ami avec Jean-Yves Morel.
18:06On retrouve chez lui, alors ça c'est le premier acte,
18:08on retrouve chez lui cette valise avec un contenu de revues pornographiques.
18:12Alors évidemment, ce n'est pas incriminant, quel que soit, ce n'est pas interdit des revues pornographiques.
18:16Des cassettes VHS-X, mais il n'y a pas que ça.
18:20Il y a aussi des photos que vous connaissez bien, et pour cause.
18:24Il y a aussi des photos de famille, c'est ça ?
18:27C'est ça.
18:28Qui vous a dérobé ?
18:29Exactement.
18:30Moi, je n'avais pas de doute, évidemment, sur sa culpabilité lors de ma première audition avec les gendarmes.
18:35Je leur ai dit, ce n'est pas lui, il fit chez lui la paix.
18:38La deuxième audition, il me parle de ses photos dérobées.
18:40Il me montre, sous les scellés, des photos de cousines, de petites amies,
18:44des photos très sobres, je vous rassure, des portraits.
18:47Et ces photos, c'est moi qui les ai faites.
18:48Des photos de famille autour de la table.
18:49Exactement.
18:50Ces photos que j'avais faites, elles étaient dans une caisse, dans une armoire, chez mes parents.
18:55Et Jean-Yves, quand il venait à la maison, il dormait dans cette chambre.
18:59Et instantanément, je me suis dit, mais il m'a piqué ces photos, mais qu'est-ce que ça veut
19:02dire ?
19:02Et là, je commence à avoir un sacré doute.
19:05Et puis surtout que les gendarmettes me disent, on a regardé les photos, on a regardé les vidéos.
19:10Et on cherchait des images insérées, pourquoi pas ?
19:14Donc là, j'imagine le travail d'enquête qui se fait et la suspicion qui commence à grandir.
19:20Et là, vous vous apercevez qu'effectivement, il y a quelque chose de détraqué, chez cet homme.
19:23Complètement. Il y a un visage qui m'était complètement inconnu.
19:25C'était le copain le plus sobre, le plus discret, le plus bienveillant, le plus courtois avec les femmes.
19:32Je ne l'ai jamais connu, avoir des histoires glauques ou quoi que ce soit, ou bien au contraire.
19:37Le diable était dans la maison. Et vous ne l'avez pas vu, ce diable ?
19:40Absolument pas. Personne ne l'a vu.
19:41Personne ne l'a vu.
19:42Personne.
19:42Y compris son épouse, la malheureuse, qui va complètement tomber vraiment de l'armoire, comme on dit.
19:48Et même plus que ça, c'est terrifiant.
19:50Philippe Bertin, on creuse dans ce garage, sous cette dalle de béton.
19:56Il y a quelque chose d'étonnant.
19:57On va trouver le corps de la malheureuse Elisabeth Griffin, évidemment.
20:01Mais il y a quelque chose d'étonnant, c'est que pendant que les gendarmes creusent, alors lui, il est
20:06incroyable.
20:07Il est incroyable. Il parle même à un gendarme qui est près de lui, qui vraisemblablement est en train de
20:12le surveiller,
20:13ou en tout cas se tient près de lui.
20:16Il lui demande des conseils sur éventuellement l'équipement d'un bateau.
20:22Il lui dit, est-ce que pour le mât, vous préférez, vous me conseillez plutôt un mât carbone ou un
20:28mât en bois ?
20:29C'est-à-dire que, alors soit c'est pour faire semblant, ou soit c'est parce qu'il est
20:34complètement à côté de ses ponts.
20:38Et donc, pendant tout ce moment-là, d'ailleurs, il avait dit aux gendarmes, quand ils sont arrivés, sous prétexte
20:43de faire des relevés,
20:44il leur avait dit, mais vous ne trouverez rien, vous avez beau creuser, vous ne trouverez rien.
20:48Le corps de la pauvre Elisabeth était sous à peu près 1,50 m, la dalle faisait 90 cm,
20:55il avait vraiment pris soin de l'enterrer très profondément, et il semblait tout à fait naturel.
21:03Il s'est même assoupi, d'ailleurs, ce soir-là.
21:05Il s'est même assoupi, en effet.
21:07Après Elisabeth, une autre découverte, Marie-Laine.
21:11Jean-Yves Morel, un prédateur bien sous tout rapport, elle m'a giflé, je l'ai cogné,
21:15elle est sous le petit pommier, l'enquête de l'heure du crime.
21:19Et si l'employé modèle était un tueur en série ?
21:22À suivre, dans un court instant, sur RTL.
21:25Merci d'écouter RTL.
21:34RTL, votre radio.
21:36L'heure du crime, présenté par Jean-Alphonse Richard, sur RTL.
21:40Morel avait déjà été placé en garde à vue, mais rien n'avait, à l'époque, pu être découvert.
21:45Mais la cellule mise en place par le commandant de la section de recherche des gendarmeries de Rouen et du
21:50Havre
21:50a continué et a fait appel à un appareil révolutionnaire, le radar d'exploration géologique qui a permis de déceler
21:57des anomalies dans le sous-sol du garage de Morel.
22:00Au programme de l'heure du crime, l'affaire Jean-Yves Morel.
22:03Au printemps 98, le corps d'une étudiante disparue est retrouvée enterrée chez lui en Normandie.
22:09Le sérieux père de famille avait tenté de la violer.
22:13Une autre disparue, sa belle-sœur, va être recherchée sous terre.
22:17Lundi 4 mai 98, 16h, Jean-Yves Morel, extrait de prison, est amené chez lui, elle a freiné.
22:23Depuis la veille, le technicien chimiste est interrogé sur la disparition de sa belle-sœur de 17 ans, Marilène Rousset.
22:30Le vendredi 5 avril 96, elle avait déjeuné en famille, à la maison, dans l'après-midi.
22:36Elle a fait du repassage jusqu'à 16h, puis elle s'est évaporée.
22:40Morel avait signalé lui-même la disparition, interrogé, il a fini par craquer.
22:45« Je veux libérer ma conscience, Marilène, c'est moi. »
22:49Jean-Yves Morel explique qu'il avait une liaison avec sa belle-sœur, il voulait la quitter.
22:54Elle l'a mal pris, elle lui a dit qu'elle allait tout raconter à sa sœur, l'épouse donc
22:59de Morel.
22:59Elle m'a giflé, je l'ai cogné contre le coin d'un meuble, sa tête a tapé le carrelage.
23:04Elle ne respirait plus, j'ai paniqué, je l'ai enfermé près du garage, sous le petit pommier.
23:10Les gendarmes creusent, à nouveau, un corps apparaît sous seulement 20 cm de terre.
23:15Marilène Rousset ne porte qu'un collant déchiré, abaissé sous la taille.
23:20Jean-Yves Morel ne dit pas un mot, il est absent.
23:22Son épouse est alors en plein cauchemar.
23:25« Mais tu n'as pas pu faire ça ? Tu es un monstre ! » s'écrit-elle.
23:30Les gendarmes vont continuer à travailler sur la trajectoire de Jean-Yves Morel.
23:34Auraient-ils pu s'en prendre à d'autres jeunes femmes ?
23:37Le cas d'une jeune résidente de la Frénée, disparue 4 ans auparavant, est étudiée sans résultat.
23:43Morel ne va cesser de répéter que pour Elisabeth Griffin comme pour Marilène Rousset.
23:48Les décès sont accidentels.
23:50Lui, qui prétend avoir eu une liaison sentimentale et des rapports sexuels avec Marilène, ne dit pas la vérité.
23:57La belle-sœur était en effet vierge quand elle a été tuée.
24:02Morel ne s'est pas disputé avec elle.
24:04Il a sans doute tenté de la violer.
24:06Elle s'est défendue.
24:07Il l'a tuée.
24:09Et voilà donc pour ces deux découvertes macabres dans cette maison de la Frénée en Normandie.
24:17Frédéric Frambeau, vous êtes avec nous dans cette heure du crime.
24:21Vous connaissez bien Jean-Yves Morel.
24:23Vous étiez un de ses amis d'adolescence, d'enfance.
24:26Je crois que vous avez même été témoin sans mariage, si je ne me trompe pas.
24:30Frédéric Frambeau, s'il y a bien quelqu'un qui connaît bien Morel, c'est vous.
24:33Un mot quand même sur les deux victimes qu'on retrouve, hélas, mortes, enfouies sous le garage et puis dans
24:40le jardin.
24:42C'est incroyable lorsqu'on regarde les photos, elles se ressemblent de gouttes d'eau.
24:47C'est un prédateur qui visait toujours les mêmes personnes.
24:49Oui, ce qui est d'autant plus inquiétant sur son profil.
24:52C'est-à-dire qu'on peut imaginer qu'il avait le début d'une série.
24:55Elles sont toutes de taille moyenne, brunes, les cheveux carrés, le visage un peu rond.
25:01Et quand on voit les deux photos les unes à côté des autres, c'est troublant cette ressemblance.
25:06Et dans les photos qu'il m'avait dérobées d'ailleurs, il y avait une ou deux amies qui pouvaient
25:10ressembler à ça.
25:11De jeunes personnes qui ressemblaient à ça.
25:13Donc il y avait vraiment un type.
25:14Il y a une fixation sur ce type de femme.
25:17Alors ça c'est très inquiétant.
25:19Quand vous dites qu'on était sans doute au début d'une série, vous le pensez vraiment ?
25:22Oui, on a beaucoup échangé avec les gendarmes à ce sujet.
25:25Mon intime conviction, on n'a évidemment aucune preuve, c'est qu'il y a des zones d'ombre dans
25:30sa vie.
25:31Ils ont retrouvé des notes d'essence énormes.
25:34Donc ça veut dire qu'il a beaucoup voyagé en France avec sa voiture.
25:37On ne sait pas où il est allé, on ne sait pas ce qu'il a fait.
25:40L'enquête et le procès n'étaient pas orientés vers ces faits-là, mais il y a des suspicions.
25:46Et puis il y avait une troisième potentielle victime qui avait été identifiée chez Bayer,
25:50qui était une stagiaire qui, elle aussi, d'un point de vue physique,
25:53était en tout point semblable à ses deux premières victimes.
25:56Voilà, il y a quand même un faisceau de concordance qui est extrêmement inquiétant.
26:03Oui, et ça c'est passionnant ce que vous racontez Frédéric Frambeau,
26:06parce qu'effectivement on arrive à mesurer un petit peu la dangerosité de ce personnage.
26:10Philippe Bertin, journaliste pour La Manche Libre,
26:13il est toujours un petit peu dans le demi-déni, cet homme Jean-Yves Morel.
26:17Il dit que c'est un accident à chaque fois.
26:19À chaque fois, ce n'est pas lui, ça s'est mal passé, mais il est pour rien.
26:23Absolument, et alors moi ce qui m'a toujours interpellé, intrigué,
26:27c'est la façon dont il ment, mais y compris à sa propre épouse.
26:33C'est-à-dire qu'en tout cas il ne lui dit rien, et il est dans le déni total.
26:37Mais ce qui est aussi troublant, mais Frédéric pourrait en parler,
26:41c'est que Nadine, son épouse, elle est aussi le physique de ses victimes.
26:49Donc c'est une femme simple,
26:52qui est vraisemblablement sous l'emprise de ce mari qui lui interdit tout,
27:00y compris d'ailleurs d'aller chercher son courrier dans la boîte aux lettres.
27:05Et en effet, lorsqu'on l'interroge sur les circonstances de ses agressions,
27:11là aussi il se défend en disant que ce sont des accidents.
27:15Il a menti tout le temps, même pendant le procès, il a changé de version.
27:20On est dans une cour d'assises à Rouen, avec des lambris du XIIIe siècle.
27:25La cour, les journalistes, la famille, il tient tête à tout le monde,
27:29en changeant de version, en écrivant aussi.
27:32Donc ces versions, elles ont été multiples, et on ne sait plus la vérité,
27:36même si on a des convictions bien évidemment.
27:37Un mot là-dessus, Frédéric Frambeau, je posais la question à Philippe Bertin,
27:43mais c'est la même question, il dit, chaque fois il dit, ce sont des accidents.
27:47Oui, c'est sa vérité.
27:49Après, il n'y a que lui qui sait en fait.
27:51Ce qui est terrible, vous me posez la question de sa psychorigidité.
27:54Moi je crois surtout qu'il veut garder le contrôle sur tout.
27:56Il sait, et ça sera jusqu'à la fin de ses jours,
27:59le seul à savoir ce qui s'est réellement passé.
28:01Après, il va nous raconter ce qu'il veut.
28:02Et ça, c'est un trait de personnalité extrêmement fort chez lui.
28:05Je garde le contrôle, il visite ses tombes le soir.
28:09Il a raconté aux gendarmes que le soir, il allait se promener dans son jardin
28:12pour visiter ses tombes.
28:13Et pourquoi il ne s'est pas débarrassé des corps autrement ?
28:15C'est parce qu'il voulait les avoir à côté de lui.
28:17Et ça, dans sa personnalité, c'est extrêmement important.
28:20C'est moi, Jean-Yves Morel, je garde le contrôle, je sais, je suis le seul à savoir.
28:24C'était des femmes qui lui appartenaient.
28:26Exactement.
28:26Le technicien chimiste va être jugé.
28:29Jean-Yves Morel a un prédateur bien sous tout rapport.
28:31On a tous des défauts et des pulsions, mais on n'est pas obligé d'y céder l'enquête de
28:36l'heure du crime.
28:36On se retrouve dans un instant sur RTL.
28:38N'oubliez pas, téléchargez l'application RTL pour écouter ou réécouter vos émissions préférées,
28:44ainsi que des contenus inédits.
28:47L'heure du crime, présenté par Jean-Alphonse Richard sur RTL.
28:52Retour dans l'heure du crime sur l'affaire Jean-Yves Morel.
28:54Ce technicien chimiste, père de famille, a avoué avoir tué deux jeunes femmes chez lui en Normandie en 1996 et
29:001997.
29:01Sa belle-sœur est une étudiante, 17 et 23 ans.
29:05Il parle d'accident.
29:06Quatre ans après le premier meurtre, il est jugé.
29:09Mercredi 16 février 2000, Jean-Yves Morel, 37 ans, est dans le box des accusés de la cour d'assises
29:15de Seine-Maritime à Rouen.
29:17La détention ne l'a pas du tout changé.
29:19Pulgris anthracite, pantalon sombre, grosses lunettes, silhouette élancée, très mince.
29:24L'accusé reste sur la même ligne de défense.
29:27Les deux décès sont des accidents.
29:29Pour Elisabeth Griffin, il dément même l'avoir violée.
29:33Il décrit dans les deux cas un malheureux enchaînement de violences.
29:37Il n'a fait que mentir.
29:38« Et je ne pense pas que c'est aujourd'hui qu'il dira la vérité »,
29:42indique sur un ton désabusé Nadine, son épouse, mère de leur petite fille.
29:46Elle n'avait jamais soupçonné la moindre perversion chez lui.
29:50« Je me sens trahi, manipulé », dit-elle.
29:53Jean-Yves Morel parle de son enfance, les brutalités, vexations, humiliation d'un père professeur d'université.
30:00Ce dernier le punissait quand ses notes étaient mauvaises.
30:03Un jour, son père s'est amusé à écraser une à une, à coups de marteau, ses petites tortues, à
30:10chaque mauvaise réponse de sa part.
30:13Au psychiatre, Morel a confié qu'il souffrait d'anomalies sexuelles à cause de ses brimades.
30:18Le psy n'écarte pas sa responsabilité pour autant.
30:22« On a tous des défauts, des pulsions, mais on n'est pas obligé d'y céder », déclare-t
30:26-il.
30:26Le docteur parle d'un homme sans remords.
30:28« Il y a peu de chance qu'il change », dit-il.
30:31Jean-Yves Morel s'insurge contre cette analyse.
30:34« J'en ai tous les jours des remords.
30:35Je suis pleinement conscient du mal que j'ai pu faire autour de moi », affirme-t-il.
30:39« L'avocat général, Jean-Marie Benet, ne croit pas une seconde à la thèse de l'accident.
30:44Il s'indigne des déclarations changeantes de l'accusé.
30:48Il demande la perpétuité.
30:50Les jurés le suivent.
30:51Trois heures de délibéré.
30:52Jean-Yves Morel est condamné.
30:54Perpétuité.
30:54Avec 22 ans de sûreté.
30:56La salle applaudit.
30:57L'accusé ne bronche pas.
31:01Frédéric Frambeau, vous êtes avec nous dans cette heure du crime.
31:04Ancien ami, très proche ami de Jean-Yves Morel.
31:08Évidemment, à l'époque de ce procès, en 2000, vous n'avez pas pu vous empêcher de faire le voyage
31:13jusqu'à la cour d'assises de Seine-Maritime.
31:15Vous êtes là, dans le public, parce que vous voulez voir à quoi ressemble cet homme que vous croyez IEZ
31:21connaître et que vous ne connaissiez pas.
31:24Absolument.
31:24C'était surtout pour essayer d'avoir des réponses.
31:27Parce que les faits, je les connaissais.
31:29J'avais participé de près à l'enquête avec les gendarmes.
31:33Et effectivement, je voulais voir.
31:34Il n'y avait pas de voyeurisme.
31:35Mais c'était surtout essayer d'entendre sa vérité.
31:38Essayer d'imaginer qu'il pouvait dire, à un moment donné, comment vraiment les choses s'étaient passées.
31:43Et pourquoi.
31:44Surtout, donner des réponses du pourquoi.
31:45Est-ce qu'à ce stade, vous vous dites, oui, c'est lui ?
31:48Oui, il n'y avait aucun doute.
31:49C'est ça.
31:49Déjà, vous êtes rentré dans une...
31:51C'était sûr.
31:51Il n'y a plus de doute.
31:52Le doute était écarté.
31:54On en avait parlé avec les gendarmes.
31:55Il avait avoué.
31:56Il ne faut pas oublier que pendant ses gardes à vue post-découverte, il a avoué les crimes.
32:00Donc, pour moi, il n'y avait pas de doute.
32:02La vraie réponse que je cherchais, c'est pourquoi il a fait ça ?
32:04Parce que ça interroge quand même quand on est ami avec un tueur.
32:08Comment c'est possible que je n'ai pas vu ça ?
32:11Comment a-t-il fait pour dissimuler ?
32:12Et les réponses que, personnellement, j'ai eues pendant ce procès, elles étaient extrêmement importantes.
32:16Parce qu'on devient un peu parano.
32:18On regarde les gens à travers.
32:19On se dit, et lui, pourquoi pas lui ?
32:21Et pourquoi pas moi aussi ?
32:22Comment on fait pour passer à l'acte ?
32:23Et le psychiatre qui a suivi Morel, le professeur Biron, m'a éclairé là-dessus en disant,
32:29moi, j'ai vu tous les plus grands serial killers dans ma carrière.
32:33Morel, il est unique.
32:34Il a une capacité de clivage qui est incroyable.
32:36Je n'ai jamais vu ça dans ma carrière.
32:37Il se coupe en deux.
32:38Il se coupe en deux.
32:38C'est-à-dire qu'en deux secondes, il bascule du pire au meilleur.
32:43Et il ne faut pas oublier que le jour où il a tué Elisabeth et sa belle-soeur,
32:48sa femme est rentrée manger avec lui midi, deux heures après.
32:50Et bonjour chéri, comment s'est passé ta matinée ?
32:53Comme ça, de façon très stoïque.
32:55Oui, c'est ça.
32:55C'est hallucinant.
32:56Et la vraie réponse pour moi, ça a été de comprendre que j'avais eu comme ami
33:01quelqu'un d'exceptionnel, finalement, de hors normes, de complètement atypique
33:05sur sa façon d'être.
33:07Et quelque part, à titre perso, évidemment, c'est rassurant dans le sens où...
33:11Oui, parce que vous avez compris qu'effectivement, il y avait d'autres personnes
33:14qui aussi n'ont absolument rien vu.
33:16Exactement.
33:17Et le psychiatre démontre qu'effectivement, cet homme arrive à se couper en deux.
33:20Il y a cette faculté d'avoir deux visages, comme vous le disiez tout à l'heure.
33:26Philippe Bertin, journaliste pour la Manche Libre.
33:29Alors, il va raconter avec plutôt du plaisir, d'ailleurs, son enfance difficile.
33:33Il va la détailler avec son père, les brimades de son père, etc.
33:38Et pourtant, on a du mal à s'apitoyer.
33:40La cour d'assises, c'est compliqué pour lui de passer pour une victime.
33:45Et en même temps, lorsqu'on regarde et lorsque je lisais les notes de Frédéric,
33:49notamment sur cette partie-là, sur son enfance, c'est tout de même glaçant.
33:54Oui.
33:54Vous l'avez rappelé, les brimades, ses sœurs pendant le procès,
33:59sauf si je dis une bêtise, mais Frédéric va me confirmer,
34:02viennent un peu à son secours.
34:03À sa rescousse, oui, bien sûr.
34:04À sa rescousse.
34:05À sa rescousse.
34:06Et disent qu'elles ont eu une enfance difficile.
34:10Ceci n'explique pas qu'on devienne demain un assassin,
34:13mais ça pèse, en tout cas, dans son parcours de vie
34:17et dans sa capacité à s'extraire de l'horrible, au fond,
34:24de nier tout ça et, comme le disait Frédéric,
34:27de passer de Dr Jekyll à Mr Hyde en l'espace d'une fraction de seconde.
34:31Indubitablement, son père était tyrannique.
34:33Mais ce n'est pas parce qu'on a un père tyrannique qu'on tue des gens.
34:35On est d'accord.
34:36Donc c'était sa ligne de défense.
34:37Clairement, c'était circonstance atténuante.
34:39C'est ce que dit très bien le psy.
34:40Frédéric Frambo-Viette, à ce procès, témoin principal.
34:43Vous êtes là, en train de regarder cet homme.
34:45Vous ne le quittez pas des yeux lors de ses journées d'audience.
34:48Il y a le témoignage de l'épouse.
34:50Oui, qui est terrible.
34:51C'est une femme en miettes.
34:52Complètement abattue.
34:53Moi, je l'ai rencontrée au premier jour du procès, le matin.
34:56Vous la connaissez en plus ?
34:57Bien sûr, on se connaît bien.
34:58J'étais témoin de son mariage.
34:59On se rencontre dans un café au petit matin de ce mois de février 2000.
35:04Elle est dévastée, bien évidemment.
35:07Elle a perdu sa sœur dans des circonstances horribles.
35:10Son mari, sa fille, elle est toute jeune, toute petite.
35:13Bref, sa vie est complètement bouleversée, anéantie.
35:18Elle est d'une dignité totale lors de son témoignage et de sa comparution devant les cours.
35:24Il y avait un silence absolument incroyable quant à la témoignée de ses relations avec Jean-Yves.
35:31Son regard, je l'ai encore en mémoire jusqu'à la fin de mes jours.
35:35C'est une femme dévastée.
35:37Oui, qui est complètement dans l'incompréhension.
35:39Oui, comme tout le monde.
35:40C'est ça, il y a une sidération.
35:42Totalement.
35:43Il y a eu une sidération.
35:44Un petit mot, Philippe Bertin, perpétuité.
35:46Il n'y avait pas d'autres peines possibles ?
35:48Non, je ne crois pas.
35:49Non, mais en France, ça n'a pas choqué personne, etc.
35:56La clé, justement, de perpétuité, on a parlé avec les avocats et les gendarmes pendant le procès,
36:01c'est des circonstances atténuantes.
36:02Sa ligne de défense, c'était ça.
36:03C'était mon père, mon enfance, ce n'est pas de ma faute, entre guillemets.
36:07Sauf qu'il a préméditation.
36:09Bien sûr.
36:10Clairement, il a acheté du béton plus qu'il en fallait.
36:12Il a appelé, il a maquillé le crime.
36:15Voilà, c'est ça qui fait la différence.
36:16Effectivement, il n'y a pas de circonstances atténuantes, il n'existe pas dans ce cas-là.
36:19Après 24 ans de prison, une sortie très discrète.
36:23Jean-Yves Morel, un prédateur bien sous tous rapports.
36:25La personne qui a tué ma sœur et mon mari, c'est quelque chose de tout à fait particulier.
36:31L'enquête de l'heure du crime.
36:32Je vous retrouve tout de suite sur RTL.
36:34Moi, je souris sous les étoiles.
36:37Bonne journée sur RTL.
36:40Elle est à moi la lune.
36:42RTL, votre radio.
36:44Mais une mère, on n'en a qu'une.
36:48L'heure du crime, présenté par Jean-Alphonse Richard, sur RTL.
36:53Dans l'heure du crime, aujourd'hui, l'affaire Jean-Yves Morel.
36:56En 2000, ce père de famille discret, technicien de laboratoire des plus sérieux, a été condamné à perpétuité pour les
37:02meurtres de deux jeunes femmes.
37:04En 1996 et 1997, après 24 ans de détention, il est libéré.
37:09Eté 2022, Jean-Yves Morel, 58 ans, retrouve la liberté sous contrôle judiciaire.
37:15Il a eu en prison un comportement de détenu modèle.
37:20Morel a pour interdiction de se rendre dans le département de la Seine-Maritime et de rentrer en contact avec
37:26les témoins de l'affaire.
37:28Lors du procès, en 2000, l'épouse Nadine Morel avait livré un témoignage émouvant, abasourdi, par ses quelques années vécues
37:36avec Jean-Yves Morel.
37:37« La personne qui a tué ma sœur et mon mari, c'est quelque chose de tout à fait particulier.
37:42De notre union, j'ai eu une petite fille, qui a trois ans, disait-elle à l'époque.
37:46Elle ajoutait, cette petite fille a vécu cette situation comme nous.
37:50Je ne sais pas ce que sera son avenir, mais je souhaite que dans sa petite tête, tout soit clair.
37:58»
37:58« La justice a fait son œuvre et Elisabeth a évangé dans son honneur. »
38:03« Les excuses de Morel, d'abord, il s'est à peine excusé.
38:05Et puis, de toute façon, je n'ai rien à faire de ces excuses.
38:10Le mal est fait, le mal est fait. »
38:13« Le mal est fait, la voix résignée, sans doute très désespérée, du papa d'Elisabeth Griffin,
38:20John Griffin, le docteur John Griffin, qui je crois est décédé aujourd'hui.
38:24Effectivement, qui avait été très marqué par cette histoire.
38:26Il avait mené des recherches.
38:27C'est lui qui avait sonné l'alarme tout de suite.
38:31Il venait sans cesse voir les gendarmes.
38:32Il a eu vraiment dans l'ombre, comme ça, ce papa, il s'est démené.
38:35La maman était décédée.
38:37Donc aussi, on lui rend hommage.
38:38Et puis, on rend hommage aussi aujourd'hui dans cette émission aux deux victimes,
38:41Marilène Rousset et Elisabeth Griffin, Frédéric Frambeau.
38:45Vous étiez très amie avec Jean-Yves Morel depuis l'enfance, l'adolescence.
38:51Est-ce que vous avez eu des nouvelles de Jean-Yves Morel lors de sa détention ?
38:54Vous n'avez aucune nouvelle ?
38:56Aucun moment.
38:57La dernière fois que j'ai eu de ces nouvelles, c'était en 1996.
39:00Avant, il avait déjà tué Marilène.
39:03Je me suis marié début 1996.
39:05Il m'a laissé un message sur mon répondeur pour me dire qu'il ne viendrait pas à la cérémonie.
39:09C'est les dernières nouvelles que j'ai eu, les derniers échanges.
39:12J'ai essayé, une fois ou deux, de l'appeler.
39:14J'ai raccroché.
39:14Les gendarmes m'ont dit que j'avais bien fait.
39:16Et depuis, zéro.
39:18Je ne cherche pas du tout à en avoir, d'ailleurs.
39:21Depuis, il n'y a pas de nouvelles.
39:23Cet homme que vous connaissiez si bien, je dis connaissiez,
39:26parce que vous l'avez découvert, évidemment, sous un autre angle,
39:29on a découvert que c'était sûrement un obsédé sexuel,
39:32évidemment, avec ce matériel qui a été retrouvé dans son grenier.
39:35Mais il y avait des signes comme ça que vous voyiez, que vous aviez aperçus ?
39:39A aucun moment.
39:40C'était l'homme le plus courtois du monde,
39:42très, très gentil, avec la jante féminine.
39:46Mais vraiment, aucun mot plus haut que l'autre.
39:49C'était le modèle du gentleman.
39:53C'est l'histoire d'une mystification, cette histoire ?
39:57Oui, complètement.
39:57Une trahison, une mystification.
39:59Encore une fois, c'est ce clivage terrible dont il a été capable.
40:03Il a menti à tout le monde, sa famille, ses sœurs.
40:07Donc, c'est l'archétype du docteur Jekyll et Mr Hyde.
40:11C'est l'homme de visage.
40:13Ça, c'est quand même très étonnant,
40:15parce que même aujourd'hui, vous en parlez,
40:16et vous avez du mal à comprendre
40:19comment ça peut se fracturer de cette manière.
40:21Oui, je pense qu'il n'y a pas de raison, entre guillemets,
40:25à part ce côté, comme je disais tout à l'heure,
40:28exceptionnel de la personne.
40:30Et je ne cherche pas à comprendre ou à savoir autre chose.
40:33Si on se voyait, il aurait beau m'expliquer
40:36sa version actuelle des faits,
40:38moi, j'ai mon intime conviction.
40:40La cour a eu son intime conviction,
40:41les gendarmes aussi.
40:43C'est un type hors norme, encore une fois,
40:46qu'on a eu le malheur de rencontrer,
40:48que ces pauvres malheureuses victimes
40:49ont eu le malheur de rencontrer
40:50sur leur route, et ça a été terrible.
40:53Et je pense qu'il faut rester sur cette analyse-là,
40:56et pas...
40:57Pas diverger.
40:58Non, et puis pas en faire non plus de la paranoïa,
41:01parce que...
41:02Mais il faut être vigilant.
41:03Donc, je pense que ça, c'est important,
41:05et on l'a vu avec les gendarmes aussi,
41:06c'est ce côté disparition inquiétante.
41:09C'est-à-dire que le colonel Lomond
41:11nous a expliqué que depuis cette enquête,
41:13les disparitions inquiétantes sont devenues
41:18« nécessaires » en termes de loi.
41:21C'est-à-dire qu'avant, on avait 18 ans,
41:23on pouvait disparaître, personne ne s'en inquiétait,
41:25il n'y avait pas de cadre juridique.
41:26Là, depuis cette affaire, il y a un cadre juridique.
41:28C'est-à-dire que disparition inquiétante de plus de 18 ans,
41:30on peut saisir le procureur.
41:31Et ça a été cette bascule-là qui est importante.
41:35Dans cette affaire, ça a été quelque chose d'important
41:37pour la suite aussi.
41:38Ça permet aux familles de dire « attention ».
41:41Et puis on peut saluer le travail des gendarmes
41:43qui sont emparés de cette affaire,
41:45qui ne l'ont pas lâché.
41:46Ils sont allés vraiment jusqu'au bout, etc.
41:48Donc ça, c'est quand même très important.
41:49Lorsqu'on a des bons enquêteurs qui sont saisis dans le dossier,
41:52on le dit souvent dans l'heure du crime,
41:53déjà, il y a une grande partie du chemin qui est parcouru.
41:57Philippe Bertin, journaliste pour la Manche Libre,
42:01on a le sentiment qu'avec cet homme, Jean-Yves Morel,
42:03il n'aurait sans doute jamais rien dit,
42:05il n'aurait jamais craqué
42:06si on ne l'avait pas détecté ?
42:08Et détecté presque dans un coin, grâce à ce lien.
42:13Oui et non, si j'ose dire,
42:14parce que Catherine, sa sœur,
42:16qui a 5 ans de plus que lui,
42:18a eu ce mot assez significatif,
42:21ou en tout cas singulier,
42:23pendant le procès,
42:26quand les débats ont tourné autour de son enfance.
42:28Elle a dit « Jean a été brisé »,
42:30elle parle de son frère,
42:31et je reprends ses termes,
42:33elle a dit « Lorsque j'ai appris ce qu'il avait fait,
42:34j'ai été anéanti,
42:37mais je n'ai pas été surprise ».
42:39Donc, derrière tout ça,
42:42il y a quelque chose,
42:43il y a un sentiment un peu flou,
42:45un peu diffus,
42:46que cet homme-là,
42:47et ça se concrétisera,
42:49n'est pas du tout comme les autres, au fond.
42:52Vous confirmez ?
42:53C'est une histoire qui a frappé toutes les imaginations,
42:55les vôtres, mais aussi celles des enquêteurs.
42:57Oui, moi je suis allé dans le village
43:00pour étudier, enquêter,
43:02et ça a marqué évidemment tout le monde.
43:04Et les gendarmes encore,
43:05quand on parle avec M. Vépierre,
43:08il a les larmes aux yeux,
43:08c'est l'enquête de leur vie,
43:10parce que c'est tellement horrible,
43:11c'est lui qui a découvert le corps d'Elisabeth,
43:13quand on en parle ensemble,
43:15l'émotion est toujours là,
43:17intacte des années après,
43:18et vous aussi, évidemment pour vous.
43:20Merci beaucoup Frédéric Frambeau
43:22et Philippe Bertin
43:23d'avoir été les invités de l'Ordre du Crime.
43:24Merci à l'équipe de l'émission,
43:25rédactrice en chef Justine Vigneault,
43:27préparation Lisa Canales,
43:28Valentin Bardet,
43:29réalisation en direct,
43:30Jonathan Griveaux.
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