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PDG de Coopérative U, Dominique Schelcher était l’invité de #LaGrandeInterview de Laurence Ferrari dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.

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Transcription
00:00Et notre invité ce matin dans la grande interview sur CNews et sur Europe 1, c'est Dominique Schelcher, PDG
00:04de Coopérative.
00:05Bonjour à vous.
00:06Bonjour Laurence Ferraille.
00:07Bienvenue. Ce matin, on a beaucoup de questions concernant le pouvoir d'achat des Français.
00:11Hier, Donald Trump a lancé une opération pour débloquer le détroit d'Ormuz.
00:14Le baril de pétrole est reparti à la hausse.
00:16En France, les prix évidemment à la pompe continuent de flomber.
00:19Est-ce que vous pensez, Dominique Schelcher, que les prix pourront un jour revenir à ceux qui étaient avant cette
00:24guerre ?
00:25La clé de la réponse à cette question, c'est la fin du conflit.
00:29Et je dirais, il y a deux clés.
00:31Un, la fin du conflit pour que le baril se détende.
00:34Et deux, il y a la question derrière de combien de temps dureront les réparations de toutes ces installations qui
00:40ont été endommagées.
00:42Donc, on a plein d'incertitudes.
00:43Ça peut durer des mois, c'est ça ?
00:45Et donc, ça peut durer longuement, malheureusement.
00:48Donc, vraiment, il faut que le conflit se termine au plus vite.
00:50C'est-à-dire les infrastructures, la reprise du trafic maritime, tout ça peut prendre beaucoup de temps, c'est
00:55ça ?
00:55Absolument.
00:57On ne sait pas exactement, mais selon certains experts qui s'expriment, un certain nombre de dégradations sont quand même
01:03très fortes.
01:03Donc, il y aura du temps de reconstruction.
01:05Ça veut dire que les chaînes d'approvisionnement sont durablement perturbées.
01:09Et donc, tant qu'on n'aura pas de la visibilité là-dessus, on ne peut pas se prononcer sur
01:13le retour à un prix bas du carburant.
01:16Hier, vous étiez avec vos concurrents distributeurs reçus à Bercy par le ministre de l'Économie et la porte-parole
01:21du gouvernement pour un contrôle de vos marges.
01:24Qu'est-ce qu'on vous a demandé ? On vous a demandé de faire des efforts sur les prix
01:27et vos marges ?
01:28Le gouvernement veut s'assurer qu'il n'y a pas de profiteurs pendant cette crise.
01:32Et donc, nous, ça fait maintenant plusieurs fois qu'on va à ces réunions à travers nos représentants.
01:36Je n'étais pas personnellement.
01:38On explique que dans la grande distribution, en tout cas, et chez Coopérative U en particulier, on gagne 1, 2,
01:443 centimes au litre sur le carburant et que notre marge de manœuvre est extrêmement faible.
01:49Le gouvernement n'a pas de marge de manœuvre budgétaire.
01:52Nous n'avons pas, dans notre entreprise, de marge de manœuvre sur ce produit non plus.
01:57C'est un produit d'appel.
01:59Actuellement, on fait tout pour qu'il soit au plus bas et pour continuer à attirer nos clients.
02:05Donc, on ne gagne rien sur le carburant.
02:06Donc, il y a toujours cette menace d'un décret pour encadrer les marges des distributeurs ?
02:10Il ne brandit toujours ça, le gouvernement ?
02:12Le gouvernement en parle.
02:13Il en parle dans cette réunion.
02:15Je pense que le gouvernement sait que ça n'est pas la solution et que fondamentalement, ça ne changera pas
02:20grand-chose.
02:21Et donc, là-dessus, il ne faut pas laisser penser aux Français qu'un tel décret changerait fondamentalement les prix
02:27du carburant.
02:28Le vrai sujet, je vais vous dire, et je pense que tout le monde l'a compris, on a mis
02:31du temps.
02:32On a fait beaucoup de pédagogie, moi et mes confrères, ces derniers temps.
02:35Maintenant, les gens ont compris que le sujet, il est plutôt du côté des raffineurs, des spéculateurs du carburant,
02:42mais pas tellement au niveau de la grande distribution qui se bat sur ce produit d'appel.
02:46Et le sujet n'est pas aussi un peu, Dominique Schellcher, du côté de l'État qui, lui aussi, encaisse
02:50quand même les surplus liés aux taxes sur le carburant ?
02:53Alors, c'est ce qui a été expliqué hier également.
02:57Il y a 150-180 millions de dégagés sur la période.
03:03Cet argent va être réutilisé à aider les rouleurs, les grands rouleurs, comme on dit, dans quelques jours, puisque les
03:10aides vont s'ouvrir.
03:11Donc voilà, ce qu'il gagne en plus, il le donne d'un autre côté.
03:14Et par ailleurs, voilà, en déficit budgétaire, on a des difficultés à aider davantage.
03:21Mais c'est l'État qui profite de la crise aujourd'hui ou pas, pour vous, Dominique Schellcher ?
03:24Puisqu'il cherche les profiteurs de crise.
03:27Moi, le maillon qui, aujourd'hui, je pense, pourrait faire plus, et j'avais déjà lancé un appel et je
03:33le relance ce matin,
03:34c'est le maillon des raffineurs.
03:38Total Energy, moi, j'ai un immense respect pour Total Energy, cette belle réussite,
03:44la formidable réussite de Patrick Pouyanné à la tête de cette entreprise, mais il a une immense responsabilité.
03:49Alors, il retourne une partie de ses bénéfices avec les actions qu'il fait dans ses stations.
03:55Plafonnement des prix.
03:56Plafonnement des prix, etc.
03:58Mais il pourrait faire un effort supplémentaire en vendant moins cher à l'ensemble des distributeurs
04:03pour que tous les Français en profitent.
04:04Les stations Total Energy ne touchent pas tous les Français.
04:08Donc, s'il nous vendait son carburant un peu moins cher, on pourrait, nous aussi, le vendre moins cher.
04:12Donc, nouvel appel ce matin à votre micro.
04:14Sébastien Lecornu lui dit aussi la même chose.
04:16Il faut vendre cette essence moins chère.
04:20C'est la seule solution aujourd'hui.
04:21C'est la seule solution aujourd'hui.
04:25Il n'y en a pas d'autres.
04:27Je pense que, voilà, on en discute réunion après réunion à Bercy.
04:31Et je pense que les choses, maintenant, sont de plus en plus claires.
04:34Et encore une fois, la clé de la résolution du problème, c'est la fin du conflit.
04:38Dominique Schellcher, vous êtes évidemment aux prises avec le pays réel, avec vos clients qui viennent dans les magasins.
04:45Concernant les aides accordées par le gouvernement, est-ce qu'elles sont suffisantes ?
04:48On vient de le dire, elles seront prolongées au mois de mai, reconduites au mois de mai pour les gros
04:52rouleurs.
04:52Mais ça ne concerne pas 95% des Français aujourd'hui qui ont besoin, en province notamment, de leur voiture.
04:58S'il y a un besoin vital, ils ne peuvent pas faire autrement.
05:00Je pense que le principe est bon d'aider ceux qui en ont le plus besoin.
05:04Il faudra continuer à surveiller ça.
05:06Mais vous savez, les Français sont extrêmement résilients.
05:09Ils vont de crise en crise, comme nous, les chefs d'entreprise, depuis des années.
05:13Et ils s'adaptent.
05:15Chez Coopérative U, au mois d'avril, la consommation de carburant est en baisse de plus de 15% en
05:22volume.
05:2215% en volume.
05:23Dès combien de temps que ce n'était pas arrivé ?
05:25Très longtemps.
05:26Très longtemps.
05:26C'est 5% depuis le début de l'année quand on lise tout.
05:29Ça veut dire quoi ?
05:30Ça veut dire que les Français ont changé de comportement, prennent moins la voiture, s'organisent pour voyager à plusieurs,
05:37vont moins loin, viennent moins souvent faire des courses.
05:41Voilà.
05:42Tout ça est parti.
05:43Ils s'adaptent.
05:44Ils n'attendent pas forcément, voyez, ce qui va peut-être arriver d'ailleurs.
05:48Il y a ces aides du gouvernement pour, on l'a dit, les gros rouleurs.
05:51Et puis, il y a les demandes de certains partis politiques de baisser les taxes, baisser la TVA, plafonner les
05:57prix pour la France insoumise.
05:59Est-ce que ça, c'est une des solutions qui seraient envisageables pour vous ?
06:02D'autres pays l'ont fait.
06:04Moi, mon magasin est en Italie, au bord de l'Allemagne.
06:08Actuellement, le gasoil en Allemagne est à 1,90 €.
06:11D'ailleurs, tous les Alsaciens franchissent la frontière et vont l'acheter en Allemagne.
06:16La difficulté de la France, c'est qu'elle n'a pas les moyens d'une aide massive de ce
06:21type-là, je pense.
06:22Et c'est pour ça que, sous cette contrainte, le gouvernement ne décide pas de cette solution-là.
06:28Il y a des taxes, notamment la taxe sur les certificats d'économie d'énergie, qui servent à la transition
06:33énergétique pour nous rendre moins dépendants, justement, de cette manne pétrolière.
06:37Il faut les maintenir, ces taxes, ou les baisser temporairement pour donner une petite bouffée d'air aux Français ?
06:41C'est à un moment la proposition que notre fédération avait faite.
06:46Maintenant, moi, je trouve délicat, en fait, de faire une baisse pour tout le monde, parce qu'en même temps,
06:52tous les Français n'ont pas besoin de cette aide.
06:54Disons-le, la France, aujourd'hui, est très polarisée.
06:57Il y a des Français qui arrivent à épargner, pour qui les 30 euros en moyenne de carburant en plus,
07:05ça n'est pas une trop grande difficulté.
07:08Par contre, il y a toute une autre France, celle que nous, on connaît particulièrement dans nos magasins, dans les
07:13territoires de France,
07:14qui utilise la voiture tous les jours, pour qui c'est une extrême difficulté.
07:17Et c'est elle qu'il faut aider avant tout.
07:19Donc, moi, je ne serais pas pour une aide pour tout le monde, en fait, aujourd'hui, du tout.
07:23Vous dites que les Français ont modifié leurs habitudes, et donc, roulent le moins.
07:28Quand ils viennent dans les magasins, ils achètent plus, du coup, parce qu'il faut faire des provisions pour plusieurs
07:32jours, voire plusieurs semaines ?
07:33C'est exactement ça.
07:34Donc, le premier arbitrage, on l'a dit, c'est autour de la voiture.
07:37Et maintenant, on commence, depuis après Pâques, à voir que ça change dans les magasins.
07:42Donc, par exemple, le non alimentaire.
07:43Donc, par exemple, actuellement, les salons de jardin pour sa terrasse, etc.
07:48Ça, c'est très arbitré.
07:49Ça, c'est beaucoup moins acheté.
07:50On sent également un afflux de vente sur les marques de distributeurs.
07:56Donc, notre marque U, c'est 20 à 25 % moins cher.
07:59C'est de grande qualité aujourd'hui.
08:00Les gens l'ont compris.
08:01Et très rapidement après, ce qui est questionné aussi, par exemple, un des premiers produits, c'est la viande.
08:08La viande est très chère dans un panier.
08:10Donc, il y a des premiers mouvements sur ce sujet-là.
08:13C'est-à-dire que les Français ne consomment plus de viande peut-être une fois par semaine ?
08:17Exactement.
08:18Pas tout à fait autant.
08:20C'est l'explosion des œufs actuellement.
08:23C'est une protéine pas chère.
08:24Donc, ça, c'est totalement confirmé.
08:26Les gens achètent énormément d'œufs.
08:28Voilà.
08:28Donc, les arbitrages sont en cours.
08:30Les gens se serrent la ceinture.
08:31Et alors, il y a un sujet dont on nous parle tout le temps, etc.
08:34C'est, je vais revoir mon organisation pour les vacances d'été.
08:38J'irai moins loin.
08:39Je ne prendrai peut-être pas la voiture.
08:41Et peut-être, je ne partirai pas.
08:4250% des Français ont dit qu'ils reverraient leurs dépenses de vacances.
08:46Ça, c'est vraiment un phénomène très important.
08:48Dominique Schelcher, PDG de Coopérative.
08:51On est sur CNews et sur Europe 1.
08:52Il y a aussi les chiffres de l'inflation qui sont tombés.
08:54Les prix ont augmenté de 2,2% sur un an, selon l'INSEE.
08:57Ça veut dire que vous allez être confronté à des hausses de prix en rayon ?
09:02Pour l'instant, nous ne faisons que répercuter encore
09:05les dernières négociations commerciales qui s'étaient arrêtées le 28 février.
09:09Il n'y a pas, à date d'aujourd'hui, d'impact de cette nouvelle guerre en Iran
09:14sur les prix dans les magasins.
09:16Il y a lundi prochain, une réunion que les ministres provoquent,
09:21une réunion de suivi des filières où seront présents les industriels et nous-mêmes
09:26et où il y aura une discussion, faut-il ou pas,
09:28réouvrir les négociations commerciales.
09:29Nous, on est extrêmement prudents là-dessus et on ne le souhaite pas.
09:33Pourquoi ? Parce que déjà, le phénomène est beaucoup moins massif
09:37qu'en 2022 au moment de l'éclatement de la guerre en Ukraine.
09:40On a beaucoup moins de demandes.
09:42Et pour l'instant, nous, ce qu'on dit, c'est que chacun prenne encore un peu sur lui.
09:46Par exemple, livrer des magasins tous les jours,
09:49ça nous coûte beaucoup plus cher en carburant.
09:51On l'assume nous-mêmes pour l'instant.
09:53Donc, je dirais que chacun fasse comme ça pour l'instant.
09:56Et parce que sinon, c'est la porte ouverte à une inflation importante, je pense,
10:02et que les Français ne peuvent pas assumer aujourd'hui.
10:04Mais les industriels, évidemment, eux, poussent pour des redégociations commerciales.
10:08Ils disent, évidemment, ça nous coûte plus cher d'acheminer les produits,
10:12les matières premières et ensuite de les distribuer.
10:13Est-ce que la pression sur vous, sur les magasins, risque d'être très forte dans les prochaines semaines ?
10:19Elle est là, mais encore une fois, elle est beaucoup moins forte qu'en 2022.
10:23Donc, sachons raison garder tous, analysons les choses.
10:27Il y aura cette réunion la semaine prochaine.
10:31Mais, encore une fois, les Français, la consommation, ne peuvent pas se permettre une hausse brutale des prix aujourd'hui.
10:37Je rappelle qu'après 2022, c'était 21% de hausse de l'alimentaire sur trois ans
10:43et que ça avait cassé la consommation pendant trois ans, voire quatre ans.
10:47Pour la première fois, c'est en 2025 que la consommation était de nouveau positive en volume.
10:52La consommation, c'est un moteur de la croissance et de l'économie française.
10:56Est-ce qu'on veut casser ça, encore une fois ?
10:57Donc, soyons extrêmement prudents, parce que derrière, les conséquences sont en chaîne
11:01quand la consommation n'est pas au rendez-vous.
11:04Donc, analysons les choses, la tête froide.
11:07C'est-à-dire qu'il y a conséquences sur le chômage ?
11:10Mais tout s'enchaîne, tout s'enchaîne.
11:13Moins de consommation, c'est un peu moins de production dans les usines.
11:16C'est effectivement peut-être un peu de tension sur les prix.
11:19Donc, c'est un enchaînement extrêmement négatif.
11:21Dominique Schaescher, vous parliez tout à l'heure des spéculateurs,
11:23ceux qui font de l'argent sur cette guerre et cette hausse des prix.
11:27Vous ciblez qui les multinationales, les grands groupes, ceux avec qui vous négociez ?
11:32Je cible, quand je cite ce nom-là, je cite particulièrement
11:36les acteurs du marché du carburant à Rotterdam
11:40où il y a évidemment des raffineurs, des grandes entreprises,
11:43mais il y a aussi des gens qui achètent et revendent du carburant
11:46et se font sans doute actuellement des marges très importantes.
11:49C'est eux que je cible.
11:50Et eux devraient faire un effort pour l'ensemble des Français
11:52et finalement des Européens, puisque c'est un marché européen.
11:56Dominique Schaescher, vous croisez les Français tous les jours.
11:58Vous avez un magasin à Fessenheim, on va en parler dans un instant.
12:00Que vous disent les Français ?
12:02On les sent très résignés parce qu'ils se sont révoltés au moment des Gilets jaunes
12:05parce qu'il y avait des décisions qui avaient été prises par le gouvernement
12:07qui avaient motivé cette révolte.
12:09Là, c'est tellement exogène, ça ne dépend tellement pas de la France.
12:12Ils sont résignés ? Il n'y aura pas de révolte sociale ?
12:14C'est exactement tel que vous le décrivez.
12:18On sent des Français résignés et je dirais résilients.
12:21C'est-à-dire qu'ils essayent de s'adapter à cette situation une fois de plus.
12:26Ils vont de crise en crise, ils trouvent des solutions.
12:29Il y a des organisations.
12:31Blablacar n'a jamais autant progressé que ces derniers jours
12:34parce que les Français s'organisent pour voyager ensemble, etc.
12:37Et en même temps, ce qu'on commence à entendre maintenant,
12:40puisqu'on est à un an près, c'est beaucoup d'espoir autour de la présidentielle 2027.
12:44Les gens espèrent qu'autour de cette échéance,
12:47leur quotidien puisse changer positivement.
12:49Ça, on l'entend.
12:50Ils espèrent que quelqu'un aura une baguette magique
12:52pour résoudre leur problème de pouvoir d'achat ?
12:54Personne ne croit à la baguette magique.
12:55Tout le monde sait que ça va être extrêmement difficile.
12:57Mais ils rêvent d'un homme ou d'une femme et d'un projet fort.
13:01Ça, oui, c'est dans les conversations.
13:03Et dans ce que vous entendez dans les propositions des partis,
13:05notamment sur la question des carburants,
13:06il y a des choses qui vous paraissent sensées.
13:08Baisse de la TVA, plafonnement des prix.
13:11Est-ce qu'il y a des projets qui vous semblent intéressants ?
13:14Pour l'instant...
13:14En sachant que vous êtes apolitique, évidemment.
13:16Absolument, absolument.
13:18Les projets, on n'en a pas le détail aujourd'hui.
13:20On va être très impatients de les découvrir.
13:24Moi, si vous voulez, ce que je ne cesse de dire aux hommes politiques
13:27et aux femmes politiques que je rencontre,
13:29c'est qu'il faut revaloriser le travail.
13:32Revaloriser le travail, pour moi, c'est quoi ?
13:34C'est déjà baisser les charges sur le travail
13:37pour que les chefs d'entreprise puissent augmenter les salaires.
13:40Ça, à mon avis, c'est une clé.
13:42Premier point.
13:42Deuxième point, ce qu'on attend dans les programmes que vous évoquez,
13:46c'est un message pour les jeunes.
13:48Les jeunes ne sont pas bien aujourd'hui.
13:50Le taux de chômage des jeunes diplômés est en train d'augmenter.
13:54Saviez-vous qu'il y avait 5 millions de jeunes Français,
13:58jeunes adultes, qui sont à la maison chez leurs parents
14:01parce qu'ils n'arrivent pas à se loger,
14:02parce que le logement est trop cher ?
14:04Trouver une solution sur le logement en 2027
14:07pour les jeunes, pour qu'ils accèdent à se loger,
14:09va être fondamentale.
14:11La formation va être importante
14:13au moment où l'intelligence artificielle arrive à vitesse grand V.
14:16Voilà parmi les grands sujets qui, nous, nous préoccupent,
14:20où on attend des réponses, évidemment,
14:22et des programmes forts l'année prochaine.
14:24Dominique Schellcher, il y a eu toute une polémique
14:26autour du 1er mai, l'ouverture des boulangers, des fleuristes.
14:29Est-ce qu'il y a une question de fond, évidemment,
14:30qui sous-tend cette thématique ?
14:33Est-ce que les Français travaillent assez ?
14:34Est-ce qu'il faut qu'ils travaillent plus dans les années à venir ?
14:38Les analystes économiques le disent.
14:41Le sujet n'est pas que chacun doit travailler plus.
14:43Le sujet, c'est le volume global de travail en France.
14:45On est décalé par rapport aux autres pays européens.
14:48Donc ça, c'est un sujet.
14:50Ça veut dire que les jeunes devraient accéder un peu plus tôt au travail
14:52et parfois que les plus anciens devraient travailler un peu plus longtemps.
14:55C'est en gros ça, le sujet.
14:57Mais autour du 1er mai, je vais vous dire,
14:59nous, on n'est pas du tout demandeurs de ce sujet-là.
15:00Vous ne voulez pas ouvrir le 1er mai ?
15:01Mais non, nous, on dit, à un moment, il faut que ça s'arrête.
15:04Il faut que nos collaborateurs puissent se reposer.
15:07Par contre, que les fleuristes et que les boulangers puissent s'ouvrir librement
15:10s'ils le souhaitent, ben voilà.
15:12Mais nous, on n'est pas du tout demandeurs sur ce point-là.
15:14Mais travailler plus longtemps aussi pour que notre modèle social soit pérenne,
15:18je pense aussi au système des retraites.
15:20Il faudra travailler plus dans les années qui viennent,
15:22à venir même si l'intelligence artificielle va balayer un certain nombre de métiers ?
15:25C'est toute la question de fond que devront résoudre les programmes l'année prochaine,
15:33de trouver une réponse à cette équation qui est extrêmement complexe,
15:36mais dont on sent bien qu'il faut maintenant la résoudre.
15:39Vous savez, je reviens du Japon.
15:41Le Japon qui est complètement en avance sur le vieillissement de la population,
15:45des gens qui vivent beaucoup seuls.
15:48Une tension extrême dans le monde du travail.
15:51Là-bas, on ne parle plus de j'ai combien de collaborateurs dans mon entreprise,
15:54mais j'ai combien de personnes par heure qui pourront tenir mon magasin ?
15:58On en est là.
15:59On en est là.
16:00Ils n'ont plus que 20% de salariés,
16:0280% de gens qui viennent travailler 2-3 heures dans une semaine dans un magasin pour le tenir.
16:09Il faut aller voir à l'étranger.
16:12J'invite nos hommes et nos femmes politiques à circuler,
16:14à aller voir ce qui se passe ailleurs.
16:16En Chine aussi ?
16:17Comment d'autres pays ont résolu ce type de situation
16:21pour s'en inspirer et apporter les bonnes solutions aux Français.
16:24Et pour rapprocher le brut du net, comme vous le disiez,
16:27vous faites cette comparaison.
16:28Il y a 50 ans, un salarié touchait 70% de son salaire.
16:31Aujourd'hui, il touche à peine 50%.
16:3352% exactement, d'après une dernière étude qui vient de sortir.
16:36Ça n'est plus possible.
16:38On fait trop porter au travail le coût de notre protection sociale.
16:42Et ça, il faut le revoir.
16:43Il faut trouver des équilibres différents.
16:45Et nous, on s'engage, chef d'entreprise en tout cas de notre côté,
16:49si les charges baissent, on augmentera les salaires.
16:51Et ça, c'est revaloriser le travail, c'est redonner de l'espoir
16:54à un certain nombre de personnes et particulièrement aux jeunes.
16:57Une dernière question, Dominique Schellcher.
16:59Je disais que votre magasin est à Fessenheim.
17:01Le décret a été publié dimanche qui autorise le démantèlement
17:05de l'ancienne centrale nucléaire.
17:07Je sais que c'est quelque chose qui vous tient à cœur,
17:09que c'est un véritable gâchis au plan local.
17:11On avait promis beaucoup de nouveaux emplois.
17:14Il y en a eu à ce jour toujours zéro.
17:16Aucun.
17:17Donc, ça veut dire que là, on démantèle ce qui était une des plus grandes centrales françaises ?
17:21Qui était la plus ancienne, qui était contrairement à toutes les caricatures.
17:26Et ça, c'est terrible d'avoir entendu ça.
17:28Elle était particulièrement un jour.
17:30Des centaines de millions d'euros avaient été investis.
17:32Elle aurait pu tenir 20 ans de plus.
17:34D'ailleurs, le premier réacteur venait de recevoir l'autorisation
17:37de l'autorité de sûreté nucléaire pour une prolongation de 20 ans.
17:40Le deuxième l'aurait eu aussi.
17:42Et après, on a dit non, mais de toute façon, elle était vieille, etc.
17:45Donc, c'est un gâchis et surtout...
17:47Mais c'est un mensonge d'État, ce que vous nous dites.
17:48C'est un gâchis et surtout, ce qui est gênant,
17:51c'est que la promesse qui avait été donnée au départ,
17:54je ferme, mais je vais créer autant d'emplois qu'en seront détruits, n'est pas tenue.
17:59Il y a deux projets encore qui tiennent.
18:01Certains élus se battent aujourd'hui pour les faire aboutir,
18:04mais au mieux, on aura peut-être 300, 350 emplois
18:08par rapport aux 2000 qui étaient là sur le site avant.
18:11Donc, quelque part, oui, c'est un gâchis
18:12et c'est une immense tristesse pour cette population
18:14et pour cet équipement industriel qui était le plus beau de l'Alsace.
18:18Et quand vous voyez que désormais, on a fait volte-face sur la question du nucléaire,
18:21on va construire de nouveaux réacteurs,
18:23vous dites, quel gâchis encore une fois ?
18:24C'est d'autant plus déceptif.
18:26Bon, en tout cas, merci beaucoup, Dominique,
18:29d'être venu ce matin sur CNews et sur Europe 1
18:31pour évoquer ce pouvoir d'achat des Français qui nous préoccupent.
18:34Bonne journée à vous.
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