- il y a 12 heures
- #lagrandeinterview
- #lamatinale
Le vice-président du RN et député du Nord Sébastien Chenu était l’invité de #LaGrandeInterview de Laurence Ferrari dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00Et notre invité ce matin dans la grande interview CNews Europe 1, c'est Sébastien Chenu.
00:04Bonjour à vous, vice-président du Rassemblement National, député du Nord.
00:07On va parler du 1er mai. Le gouvernement a reculé, M. Chenu, il a cédé au syndicat
00:12sur le fait de ne pas revenir sur ce 1er mai chômé pour tout le monde.
00:14Pourtant, il y avait une proposition de loi de Gabriel Attal qui devait permettre le travail de salariés
00:19dans certains commerces de bouches de proximité, boulangerie, pâtisserie, primeurs, fleuristes.
00:24Le 1er mai, c'est sacré ou pas pour vous, Sébastien Chenu ?
00:27Le 1er mai demeure un jour, évidemment, férié auquel nous sommes attachés.
00:32Il n'est pas question de faire travailler tous les Français le 1er mai, ça n'a jamais été la
00:35question.
00:36Mais quand je vois que le gouvernement recule, cède, est en échec sur sa propre proposition,
00:41car la proposition, elle venait de Gabriel Attal.
00:43Donc, en fait, le gouvernement recule sur ses propres idées.
00:47Je me dis, mais quand même, tout ça pour ça, quelle impuissance ce gouvernement ?
00:5075% des salariés qui sont concernés par ce texte étaient d'accord.
00:55Il y a eu une demande, il y a un besoin, vous le disiez.
00:57Les boulangeries, par exemple.
00:59Moi, je pense à mes boulangers qui sont, dans ma circonscription, en concurrence directe,
01:03avec, par exemple, parfois des grandes surfaces qui sont ouvertes,
01:06ou ce qu'on appelle des points chauds, qui sont ouvertes le 1er mai.
01:10C'est-à-dire qu'un fast-food peut ouvrir, mais le chiffre reste du coin ne peut pas.
01:13Et là, ce gouvernement recule, n'a même pas la...
01:14Mais je veux dire que M. Lecornu laisse la place à Olivier Faure, directement,
01:18puisque c'est Olivier Faure qui dicte les textes qui doivent être soumis au vote
01:21de la représentation nationale ou qui doivent être retirés.
01:25Sincèrement, quelle impuissance ! C'est des nuls !
01:27Ils font marche arrière.
01:29Il a peur de son nombre, le pauvre Lecornu.
01:31Il ne voulait pas être passage en force.
01:33Il ne voulait pas brusquer les syndicats sur une question aussi centrale que le 1er mai.
01:36Vous ne comprenez pas la stratégie de Sébastien Lecornu,
01:38qui est de durée, au fond, M. Genu ?
01:40C'est la stratégie de la trouille, mais avec ça, on est loin d'aborder, par exemple,
01:46les grandes questions du travail qui peuvent nous préoccuper.
01:48En France, il y a un problème, par exemple, de salaire.
01:50Nous, on a des propositions sur l'évolution salariale,
01:53plus 10% des salaires en échange d'un gel des cotisations patronales.
01:57Mais si, ne serait-ce que pour le 1er mai, pour permettre à une partie de salariés concernés
02:02de travailler sur la base du volontariat, le gouvernement recule,
02:06on n'est pas là de traiter l'égalité salariale, on n'est pas là de traiter l'emploi des
02:09jeunes,
02:10on n'est pas là de traiter l'emploi des seniors,
02:12on n'est pas là de traiter la hausse des salaires nécessaires pour les Français.
02:15Ils ne feront jamais rien.
02:16J'entends Sébastien Genu sur le travail et les salaires.
02:18Est-ce que vous êtes pour travailler plus ?
02:20Est-ce que vous pensez que les Français ne travaillent pas assez ?
02:23On vous entend assez peu sur la durée du travail.
02:26Est-ce que vous pensez, encore une fois, qu'il faut revenir sur les 35 heures
02:28et qu'il faut que tout le monde travaille un peu plus dans ce pays ?
02:31Non, mais il faut que tout le monde puisse travailler, par exemple, plus tôt et plus tard.
02:35Et ça, c'est une façon peut-être un peu différente de répondre à votre question,
02:38mais ça veut dire qu'il faut faire entrer davantage de jeunes plus tôt sur le marché du travail,
02:43toutes les politiques d'apprentissage, mais aussi d'orientation
02:46et permettre aux plus vieux de travailler plus tard.
02:49C'est plutôt comme ça, je crois qu'il faut aborder les choses.
02:51Oui, mais votre matrice, ce n'est pas de travailler plus, on est d'accord ?
02:53Quand je vous dis travailler plus tôt, c'est que tout le monde puisse travailler.
02:57Un 62 ans, ce n'est pas pour travailler plus.
02:59Que tout le monde puisse travailler et qu'on ait des emplois à valeur ajoutée.
03:03Ce n'est pas travailler plus.
03:04Ah, mais que tout le monde puisse travailler, c'est plus de travail dans le pays.
03:07Oui, mais ce n'est pas allonger la durée du travail.
03:09Non, mais nous, on n'est pas pour allonger la durée du travail aujourd'hui,
03:12mais on est pour, par exemple, la défiscalisation des heures supplémentaires.
03:15On est pour donner de la souplesse.
03:17Ça, c'est le gagner plus.
03:18Oui, mais bien sûr, mais c'est important, ça marche avec.
03:21Ceux qui veulent travailler sur la base du volontariat puissent le faire.
03:24Ceux qui veulent travailler plus tôt puissent le faire.
03:25Ceux qui veulent travailler plus tard puissent le faire.
03:27Ça veut dire beaucoup plus de gens en activité dans notre pays.
03:30Mais est-ce que vous ne trouvez pas que la valeur travail est en train de sombrer dans notre pays
03:33?
03:34On avait François-Olivier Gisbert hier qui disait
03:35qu'on est quasiment un pays communiste en réalité.
03:38Bon, je ne sais pas si on est un pays communiste.
03:40Moi, je me méfie des caricatures comme ça.
03:43Mais ce qui est vrai, c'est qu'il y a eu une désaffection de la valeur travail.
03:47On passe dans une société dans laquelle le loisir est au centre des préoccupations
03:51plutôt que le travail, comme des générations l'ont connu.
03:55Il faut restaurer cette valeur travail.
03:56Ça passe dès le début par l'orientation, la formation, l'apprentissage.
04:02À partir du moment où l'éducation nationale s'est aussi écroulée
04:04et on envoie des dizaines de milliers de jeunes gens dans des filières sans déboucher,
04:09comment voulez-vous ensuite que ces gens-là qui ne trouveront pas de travail
04:12considèrent que la valeur du travail a encore de l'importance ?
04:16Évidemment, tout est à reconsidérer.
04:19Mais on peut le voir aujourd'hui avec cette reculade sur le 1er mai
04:22qui est quand même un tout petit microscopique.
04:25Emmanuel Macron s'y était engagé pourtant.
04:28Encore une fois, encore un engagement qui ne tiendra pas.
04:30Mais enfin bon, on va cesser d'en faire la comptabilité.
04:33Mais s'ils sont incapables d'avancer sur ça,
04:35sur le reste, l'immensité des sujets dont je vous ai fait part,
04:39ils n'avanceront jamais.
04:39C'est un peu le problème économique du RN que je questionne.
04:42Vous rencontrez, je crois, beaucoup le MEDEF, les grands patrons.
04:45Il y a un déjeuner qui est prévu avec Jordan Bardella le 20 avril prochain.
04:48Qu'est-ce qu'ils vous disent des patrons ?
04:49Ils vous disent, évidemment, les charges sur les salaires, les charges patronales.
04:53Mais ils ne vous disent pas qu'il faut travailler plus ?
04:54Il faut nous aider à travailler plus ?
04:55Non, mais ils nous disent surtout qu'ils sont étouffés de suradministration.
04:59Ça, c'est la première des choses, en fait, à laquelle il faut penser.
05:02Tous les patrons, et pas seulement le MEDEF.
05:03Moi, j'avais rencontré le président du MEDEF il y a déjà fort longtemps.
05:06Mais les patrons de PME et de TPE,
05:07qui sont ceux qui créent le plus d'emplois à valeur ajoutée,
05:11eh bien, vous disent que c'est la suradministration d'abord,
05:14les normes, les réglementations, les contrôles dans tous les sens,
05:17qui d'abord les étouffent.
05:19Ensuite, il y a évidemment les charges.
05:20Deuxième chose, la couche de charges qui empêche d'augmenter les salaires.
05:23Nous, on explique toujours qu'on n'est pas favorable à l'augmentation du SMIC à 1 500 euros,
05:27comme l'extrême-gauche le veut d'abord, parce que les petites boîtes ne peuvent pas.
05:30Le fameux boulanger dont je vous parle, mon boulanger de Tian, par exemple, dans le Nord,
05:33s'il augmente le SMIC à 1 500 euros,
05:37eh bien, évidemment, il ne pourra pas, il devra répercuter le coût sur ce qu'il vend.
05:43Et il verra sa clientèle partir.
05:44Donc, il faut alléger les charges pour augmenter bien au-delà,
05:47et jusqu'à deux fois et demi le SMIC,
05:49parce qu'il y a des gens qui touchent 2 000 euros,
05:50ce n'est pas énorme, et qui ont besoin aussi d'être augmentés.
05:53Donc, ces politiques salarielles-là, elles sont nécessaires,
05:56et je pense que le patronat est d'accord pour s'attaquer à ça.
05:59Donc, c'est un tournant libéral que le RN prend ?
06:02Non, parce que donner du pouvoir d'achat à ceux qui travaillent,
06:07ce n'est pas ce que j'appelle un tournant libéral.
06:09Enlever de la suradministration, c'est décommuniser peut-être le pays,
06:13si tant est qu'il soit communiste,
06:15mais c'est ça, donner de l'oxygène,
06:17en faisant en sorte qu'effectivement, le travail paie,
06:21que l'effort paie, et c'est la France qui bosse
06:23qui a besoin d'être récompensée.
06:24Sébastien Chenier, on va parler un peu de la guerre en Iran,
06:25mais par le prisme des carburants,
06:27parce que là, on est dans le brouillard de la guerre,
06:28et des invectives de part et d'autre.
06:31Il flambe à la pompe, on nous avait promis,
06:33le gouvernement avait promis une baisse significative
06:35des prix ce week-end, ça s'est avéré 1 centime sur le litre.
06:39L'Allemagne vient de décider de réduire pendant deux mois
06:41une taxe sur le diesel ou l'essence.
06:43La France, ce que vous demandez aussi,
06:45mais la France n'a pas les moyens de le faire.
06:47Qu'est-ce qui est possible aujourd'hui,
06:49vu l'état de nos finances en France ?
06:51D'abord, moi, ce que je note, c'est qu'aujourd'hui,
06:53la France est un pays isolé au sein de l'Union européenne,
06:55puisque c'est le seul pays dans lequel on laisse
06:57les Français se débrouiller par eux-mêmes
06:58avec l'essence qui s'envole.
07:00Dans d'autres pays, il y a des systèmes,
07:02des dispositifs qui sont mis, y compris d'ailleurs en Allemagne.
07:03Préflage carburant, là, ils ont mis en place
07:05un préflage carburant pour les entreprises.
07:07Je vais y venir, mais en tous les cas,
07:09il y a des baisses de, je crois en Allemagne,
07:10c'est 17 centimes du litre qui baissent.
07:12Il y a des dispositifs.
07:13Aujourd'hui, on laisse les Français
07:14dans leur immense majorité tout seuls.
07:17En France, il y a une arnaque.
07:18Ce précarburant, c'est une arnaque.
07:19Vous connaissez un système...
07:2150 000 euros sous condition pour passer à l'Ontario.
07:23Vous connaissez un système économique dans lequel...
07:24C'est l'ABPI qui le fait.
07:25Dans lequel on emprunte pour payer une taxe
07:28et sur cet emprunt-là, on va en plus payer des intérêts.
07:32Non mais je veux dire, à un moment,
07:33le gouvernement va gagner de l'argent sur ce fameux prêt.
07:36On emprunte pour payer une taxe.
07:38Enfin, il faut arrêter, c'est une arnaque totale.
07:40La deuxième chose, il y a une déconnexion.
07:42Quand le Premier ministre nous dit
07:43« Écoutez, on va électrifier la France. »
07:45Il nous a déjà promis tout ça il y a bien longtemps.
07:48C'est pour 5 ans, 10 ans, 15 ans.
07:50D'accord ?
07:50Et pour le mois de mai, on fait quoi ?
07:51Et pour le mois d'avril, d'ailleurs,
07:53les 15 derniers jours d'avril, on fait quoi ?
07:55La réalité, c'est qu'ils ne comprennent pas.
07:56Ils ont une impuissance totale à agir.
07:59Mais parce qu'ils sont prisonniers d'un rail idéologique.
08:02Ils ne veulent pas baisser les taxes.
08:04Alors peut-être parce que ça leur fait gagner de l'argent
08:06à l'État, les surplus fiscaux.
08:08Ça leur coûterait très cher aussi.
08:09Oui, ce que vous proposez, ça coûterait très cher, Sébastien Cheney.
08:11Nous l'avons étudié.
08:13En tous les cas, c'est 1 milliard par mois.
08:15On a déjà largement expliqué la façon dont on pouvait faire baisser
08:19un certain nombre de dépenses,
08:20à commencer par la contribution à l'Union européenne.
08:236 milliards de plus encore.
08:24Mais c'est du long terme, ça.
08:26La réponse qu'on attend, c'est tout de suite.
08:27Si on arrête de contribuer à l'Union européenne de 6 milliards de plus,
08:31c'est 6 milliards qu'on garde dans nos caisses,
08:33qu'on peut répercuter immédiatement sur la baisse de la TVA.
08:36Nous, on pense que les énergies, vous ne pouvez pas vivre sans énergie,
08:39sans électricité qui va augmenter, sans gaz qui va augmenter,
08:42sans carburant qui augmente.
08:44Donc c'est un bien de première nécessité.
08:46Il faut baisser les taxes et la TVA sur ce bien de première nécessité.
08:49Et bien entendu, il faut contrôler aussi les marges.
08:52Le gouvernement s'y était engagé.
08:54Je ne vois rien.
08:54Le gouvernement nous avait dit qu'il n'y aura pas d'augmentation de l'électricité,
08:57du gaz, c'est en train d'augmenter.
08:59Le gouvernement nous avait dit qu'il y aura une baisse de la consommation.
09:02Elle ne l'a pas baissée parce que les Français ont besoin de leur voiture.
09:06Donc en réalité, ils sont impuissants.
09:08Ils laissent les Français à l'abandon.
09:09Et comme d'habitude, ils inventent des trucs.
09:11Ils inventent des morceaux de scotch qui sont des arnaques,
09:14qui sont des dispositifs qui, à la fin,
09:16coûtent très cher aux finances publiques.
09:17Avec un risque de pénurie à court ou moyen terme d'ici trois mois.
09:21On pourrait manquer de carburant et de kérosène, notamment pour les avions.
09:24Ce sont les prévisions les plus pessimistes.
09:25Oui, et puis on aura la crise des endroits,
09:27on aura la hausse de l'électricité,
09:29alors qu'on ne devrait pas payer l'électricité si cher
09:31parce qu'on est prisonnier d'un marché européen de l'électricité
09:33dont ils ne veulent pas sortir.
09:35Je rappelle qu'il y a des pays européens qui en sont sortis de façon temporaire.
09:39Pourquoi ? Parce que le prix de notre électricité est calculé,
09:42est adossé au prix du gaz.
09:43Donc évidemment, alors qu'on a une électricité pas chère,
09:46nous, on est prisonnier.
09:48Mais ils se sont mis dans des corners,
09:50ils se sont mis dans des dispositifs,
09:51ils ne veulent pas s'en délier.
09:53Et aujourd'hui, ils laissent les Français à l'abandon.
09:55Sébastien Chenu, on est sur CNews et Europe
09:57par un mot de la visite du pape à Léon XIV en Algérie.
10:00Il y a depuis hier, il a prononcé un discours très fort
10:02hier devant le mémorial des martyrs de la guerre d'Algérie,
10:04appelant les Algériens au pardon.
10:06C'est important de porter cette parole-là devant le peuple algérien.
10:10Le pape est un homme de paix et partout où il passe,
10:14il essaye de créer les conditions de la paix.
10:16Moi, ce que j'attends de la visite du pape,
10:18c'est évidemment d'avoir une amélioration
10:20de la situation des chrétiens en Algérie.
10:22Les chrétiens sont très peu nombreux,
10:24les catholiques très peu nombreux en Algérie.
10:26Je crois que c'est 0,1 ou 0,2 % des croyants.
10:29C'est aussi le 20e pays, c'est le pays qui est classé
10:32au 20e rang des pays qui persécutent les chrétiens.
10:37On peut avoir une foi différente de la foi musulmane en Algérie,
10:41mais il y a beaucoup d'entraves à pouvoir l'exercer.
10:43Donc moi, j'attends effectivement d'abord...
10:45C'est ce qu'a fait le pape, évidemment, à Léon XIV,
10:46qui a rendu hommage aux moines de Tibérine
10:49qui ont été massacrés.
10:50Absolument, il y a 30 ans, je crois.
10:52Et puis, évidemment, qu'il porte une parole
10:55sur la libération de Christophe Gleize.
10:56Le pape a aussi ce rôle-là.
10:58Mais sur le pardon, dire aux Algériens,
11:01il faut pardonner, il faut tourner la page
11:03de cette guerre d'Algérie qui laisse encore
11:05tant de traces aujourd'hui.
11:06C'est passé un genus qui explique aussi
11:07la relation dramatique que nous avons avec l'Algérie.
11:10Oui, mais on a un régime algérien qui est assez hypocrite
11:12et qui utilise la guerre d'Algérie
11:14comme une rente mémorielle pour faire pression
11:16sur la France.
11:17On l'a déjà expliqué.
11:19Alors moi, je n'attends pas du pape, évidemment,
11:21d'avoir une exigence diplomatique.
11:25On attend du pape, et tout le monde l'attend toujours,
11:28des paroles, effectivement, de paix.
11:30Mais sur le fait que l'Algérie utilise une rente mémorielle
11:34pour, quelque part, tenir la dragée haute à la France,
11:37on le sait.
11:38Et c'est plutôt du côté des gouvernements français
11:40qu'il y aurait quelque chose à dire.
11:42C'est au gouvernement français de ne pas plier,
11:43de ne pas faire de gênuflexion, pour le coup,
11:45devant le gouvernement algérien.
11:46Vous avez compris les accusations,
11:48les critiques absolument scandaleuses
11:51de Donald Trump à l'égard du pape.
11:53Jean-Germain Méloni les a condamnés avec beaucoup de vigueur.
11:56Non, enfin, Donald Trump est excessif,
11:58voilà, comme d'habitude.
12:00Mais je vais vous dire à la fin,
12:01qui va tirer bénéfice de cette visite du pape ?
12:03C'est le gouvernement algérien.
12:04Parce que le gouvernement algérien va dire,
12:06regardez, nous, on accueille le pape,
12:08regardez chez nous, on peut croire en qui on veut,
12:11regardez chez nous, on est des gens tolérants, etc.
12:15Moi, je pense que derrière ça,
12:17et c'est pour ça que ça ne sert à rien,
12:18ce que fait Donald Trump, d'agonir le pape.
12:21C'est le régime algérien qui va essayer de tirer ce bénéfice.
12:24Donc, ça ne sert strictement à rien.
12:27Le pape vient rendre aussi hommage à Saint-Augustin,
12:31qui est quand même un des piliers,
12:33fondateur de l'Église.
12:34Et je pense que c'est Saint-Augustin,
12:37Dieu est au-dessus de tout,
12:38Dieu étant chacun d'entre nous.
12:40C'est cette parole qu'il vient donner,
12:42qu'il faut entendre.
12:43On va évoquer aussi la Hongrie,
12:46puisque votre ami Victor Orban a été défait aux législatives.
12:52Il a été battu par le conservateur pro-européen Peter Maguiar.
12:55Alors, il y a eu beaucoup de commentaires,
12:56camouflet pour l'ERN,
12:57Marine Le Pen s'était rendue sur place, etc.
12:59En réalité, quand on regarde le programme de M. Maguiar,
13:01c'est zéro immigration, zéro travailleurs étrangers en dehors de l'UE.
13:04Ils se sont trompés sur M. Maguiar ?
13:06Je pense que les dirigeants de l'Union européenne
13:08qui pensent voir M. Maguiar,
13:10quelqu'un qui sera passif vis-à-vis de la lutte contre l'immigration,
13:13se sont mis le doigt dans l'œil.
13:15Il a un programme qui ressemble beaucoup,
13:17quelque part peut-être un peu en plus jeune, à Victor Orban.
13:20Il a annoncé d'ailleurs qu'il allait prendre des mesures
13:21pour réduire encore l'immigration en Hongrie.
13:25Donc, attention à ceux qui essayent de donner des lectures partisanes.
13:30La réalité, c'est quoi ?
13:31C'est que Victor Orban, qui a été réélu plusieurs fois en Hongrie,
13:33qui semblait donc avoir l'adhésion des Hongrois pendant très longtemps,
13:36il a souffert probablement d'une certaine usure du pouvoir.
13:40Probablement.
13:41Victor Orban était un allié en ce qui nous concerne
13:43pour lutter contre l'Union européenne qui écrase les nations.
13:48C'est comme ça qu'il faut le lire.
13:49Et en cela, nous perdons un allié au sein du Parlement européen.
13:53Mais je ne suis pas sûr que le nouveau président hongrois
13:57soit complice des politiques de Mme van der Leyen
14:01dans les années qui viennent.
14:04Donc, ce n'est pas une si mauvaise nouvelle pour vous, le RN ?
14:07En tous les cas, si, comme j'entendais les macronistes dire,
14:11le nouveau président hongrois restaure les valeurs de l'Union européenne,
14:14si les valeurs de l'Union européenne, c'est moins de souverainisme,
14:17je ne suis pas sûr que, dans quelques temps, ils ne déchantent pas.
14:21La réalité, c'est que les Hongrois sont très attachés à leur souveraineté.
14:24Et ils ont bien raison.
14:25On ferait mieux de l'être davantage.
14:26Emmanuel Macron, qui déteste tellement qu'on vienne commenter
14:28les affaires de la France,
14:30que les pays étrangers, que les dirigeants étrangers
14:32commandent les affaires de la France.
14:34Tout de suite, c'est ingéré, finalement, dans les affaires hongroises.
14:38Il en aura pour ses frais, à mon avis.
14:40Sébastien Chignon est à un an de l'élection présidentielle de 1027.
14:42Les prétendants se multiplient dans le bloc central et à droite.
14:46Plus il y en a, mieux c'est pour vous ?
14:48C'est leur problème.
14:49Non, mais est-ce que c'est mieux pour vous ?
14:50Non, mais moi, je crois que la droite dite classique
14:53n'est pas une alternance crédible.
14:55Je ne sais pas, moi, ce que pense M. Retailleau.
14:58Puis la droite, c'est qui ?
14:58M. Retailleau, c'est M. Philippe.
15:00Je sais qui, d'abord, M. Bertrand.
15:02Je ne sais pas ce que ces gens pensent du travail,
15:04de la valeur travail que nous avons évoquée, de l'Europe.
15:08Ils sont assez clairs sur la valeur travail.
15:09Pas trop, non, pas trop.
15:10Vous les écoutez, ils sont très différents.
15:12Sur le 1er mai, vous avez différents sons de cloche.
15:14Je ne sais pas ce qu'ils pensent sur l'Europe.
15:15Je ne sais pas ce qu'ils pensent sur l'écologie,
15:18sur l'éducation nationale.
15:19En fait, c'est très vide, tout ça.
15:21De temps en temps, ils copient nos mesures,
15:24pensant que les Français ne préféreront pas l'original à la copie.
15:28La réalité, c'est que c'est vide de sens.
15:29Et puis surtout, ils sont quand même très liés.
15:32On l'a vu, ils ont sauvé la Macronie matin, midi et soir.
15:35Le bilan d'Emmanuel Macron, c'est leur bilan.
15:37Donc ça veut dire, Sébastien Chenu,
15:38que vous vous préparez à un affrontement entre le RN,
15:41quel que soit le candidat Marine Le Pen,
15:42et la France Insoumise, et Jean-Luc Mélenchon.
15:44C'est le seul qui peut se qualifier aujourd'hui pour le second tour, pour vous ?
15:47À deux mes yeux, aujourd'hui, c'est Jean-Luc Mélenchon,
15:50qui de toute façon est celui qui a le plus la possibilité de se qualifier.
15:54Et je pense que nous, nous sommes le rempart contre la France Insoumise.
15:58Nous sommes le rempart contre cette gauche qui, aujourd'hui, abîme.
16:03C'est votre adversaire idéal.
16:05Vous rêvez de ce second tour ?
16:07Oui, mais derrière Jean-Luc Mélenchon, il y a, on l'a vu, Olivier Faure,
16:11c'est-à-dire des gens qui empêchent la France de travailler,
16:13qui veulent étouffer notre pays.
16:15Je ne sais pas si c'est un adversaire idéal, parce que je pense que…
16:17Parce qu'un adversaire, disons, du bloc central,
16:20même si c'est explosif, ça serait plus compliqué pour vous de l'emporter ?
16:22Non, et ce serait très intéressant, je vais vous dire, parce que face à Jean-Luc Mélenchon…
16:25Dans les sondages, face à Édouard Philippe, ce n'est pas gagné pour vous.
16:27Oui, mais d'accord, mais une bataille, ça se mène.
16:28Moi, je n'ai jamais cru dans la candidature d'Édouard Philippe,
16:30l'homme des gilets jaunes, le boulet absolu du macronisme.
16:36La réalité, c'est que face à Édouard Philippe, le choix de société, il serait très clair.
16:39Face à Jean-Luc Mélenchon, il y aurait forcément un rejet très fort de Jean-Luc Mélenchon.
16:43Qui jouerait en votre faveur ?
16:44Qui jouerait, je pense, en notre faveur.
16:45C'est pour ça que c'est votre ennemi favori.
16:45Mais face à Édouard Philippe, ce serait plus clair et probablement, on gagnerait en légitimité
16:52si on gagnait face à Édouard Philippe.
16:53Parce qu'on ne dirait pas qu'on a gagné simplement par rejet de l'autre.
16:56Donc moi, je pense qu'il est intéressant, le débat face à Édouard Philippe
16:59ou face à n'importe quel macroniste issu du Bloc central.
17:03Vous allez organiser le RN, votre congrès, en octobre prochain à Orléans.
17:08Il s'agira peut-être de passer pour Marine Le Pen, l'Oréalé, à Jordane Barnella,
17:11si elle était empêchée judiciairement, Sébastien Chenu ?
17:14C'est toujours la même chose.
17:15Nous n'avons pas la main sur la décision.
17:18C'est une décision de justice.
17:19Si les juges veulent s'ingérer, si les juges veulent décider de qui est le candidat à la présidentielle,
17:25moi, je pense que ça pose problème.
17:27Eh bien, ils le feront et ils empêcheront Marine Le Pen de concourir.
17:30Si c'est eux qui veulent devenir les arbitres de l'élection présidentielle,
17:33eh bien, ils le feront.
17:34Mais j'ai confiance, moi, dans l'institution judiciaire.
17:36Et je pense que l'institution judiciaire reconnaîtra à Marine Le Pen
17:40ce qu'elle a défendu, ce qu'elle a expliqué devant le tribunal.
17:44est probablement son innocence, finalement, dans ce procès.
17:48Donc, vous n'avez aucun doute sur le fait qu'elle sera candidate ?
17:50J'ai un doute parce qu'on n'a pas la main.
17:51Mais je pense qu'à la fin, elle pourra être candidate.
17:54Une dernière question concernant le couple qui a été affiché à la lune de Paris Match
17:58entre Jordane Barnella et la princesse Maria Carolina des Bourbons des Deux Siciles.
18:03Ça fait beaucoup de bruit.
18:04Qu'est-ce que vous répondez à ceux qui reprochent au président du RN
18:07d'opérer en vue de 2027 un espèce de pari médiatique bien huilé ?
18:12Non, mais je n'arrive pas à comprendre cette polémique, je vais vous dire.
18:15Que des gens rageux, jaloux, de voir deux jeunes gens,
18:19beaux, élégants, cette demoiselle parle six langues,
18:24elle est élégante, elle donne une très belle image, etc.
18:26Qu'il y ait des gens qui soient jaloux de tout ça,
18:28on peut le comprendre, mais enfin, chercher à attaquer un candidat à la présidentielle
18:32à travers celle qu'il aime, je trouve que c'est le degré le plus minable de la vie politique.
18:38Donc Jordane Barnella, s'il était demain un candidat,
18:41il serait probablement attaqué sur ses idées,
18:43mais chercher à l'attaquer à travers sa vie privée,
18:45qu'il a rendu public parce que...
18:47Ce n'était pas la question que je vous posais,
18:48c'est sur le pari médiatique, c'est-à-dire sur l'organisation de ses photos.
18:51Non, mais au bout d'un moment, il faut dire les choses
18:52parce que sinon vous êtes harcelé médiatiquement,
18:55vous n'avez pas de... Déjà, quand vous êtes en haut de l'affiche,
18:58vous avez très peu de vie privée.
19:00Et donc Jordane Barnella a eu, je crois,
19:02a fait un effort de transparence et de vérité vis-à-vis des Français
19:06en expliquant qui il aimait, pour qui son cœur battait.
19:09Et il l'a fait, voilà, pour être honnête,
19:12plutôt que d'avoir des salles photos volées,
19:16des choses laides, des gens qui le suivent matin, midi et soir.
19:20Mais ça ressemble à la mise en orbite d'un candidat pour 2027.
19:23Non, ça ressemble à... Non, c'est de l'honnêteté.
19:26Et puis les gens veulent savoir...
19:27Marine Le Pen n'a jamais eu cet honneur-là.
19:28Enfin, on savait avec qui vivait Marine Le Pen,
19:30les fois où elle a été candidate.
19:32Mais Jordane, il y avait un espèce d'harcèlement
19:34qui était en train de se monter.
19:36Donc il y a une volonté d'être aussi honnête vis-à-vis des Français.
19:39Et moi, je crois que sincèrement,
19:41les Français aiment bien cette image.
19:43Et je pense que c'est plutôt une jolie image.
19:45Et qu'en tous les cas, c'est toujours mieux
19:46qu'un président à ce coûteur
19:48qui va livrer des croissants à sa maîtresse à l'aube
19:52ou qui congédie celle avec qui il vit par fax.
19:55Mais vous, je trouve que c'est plus élégant tout ça.
19:56Jean-Denis, Sébastien Chenu, pardon,
19:58était notre invité ce matin dans la matinale
20:00sur CNews et sur Europe.
20:01Merci beaucoup à vous
20:01et bonne journée sur nos antennes.
Commentaires