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Avec Philippe Chalmin, professeur d'histoire économique et président de Cyclope

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##SUD_RADIO_VOUS_EXPLIQUE-2026-04-28##

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Transcription
00:00Le Grand Matin Sud Radio, 7h10h, Patrick Roger.
00:04Il est 7h42, Sud Radio vous explique, est-ce que l'on risque de manquer de pétrole d'ici 2
00:11-3 mois ?
00:11On va vers une ère de pénurie, si ça se poursuit avec ce blocage du détroit d'Hormuz,
00:17c'est le patron de Total Energy, c'est pas n'importe qui qui l'a dit hier.
00:22Nous sommes avec Philippe Chalmin, professeur d'histoire économique, président de Cyclope.
00:28Bonjour Philippe Chalmin, merci d'être avec nous.
00:31Bonjour.
00:32Bon, que pensez-vous de cette déclaration du patron de Total Energy, Patrick Pouyanné ?
00:36Il faut la prendre au sérieux ou pas ?
00:38Ah, il faut totalement la prendre au sérieux, et il faut bien la mettre dans son contexte.
00:45Il a bien dit, si la situation du détroit d'Hormuz reste bloquée pendant 2 ou 3 mois,
00:52nous allons vers un moment de pénurie.
00:55C'est totalement logique.
00:57Dites-vous que nous perdons, avec la fermeture d'Hormuz,
01:03nous perdons à peu près 10 millions de barils chaque jour.
01:06Comme ça fait à peu près 55 jours ou plus que dure cette guerre,
01:12nous avons largement dépassé les 500 millions de barils,
01:16et si ça dure encore 2 ou 3 mois, on atteindra le milliard de barils.
01:21À ce moment-là, il faut être clair, les stocks que nous avons constitués un peu partout,
01:28eh bien, beaucoup seront épuisés.
01:30Dans certains pays, ils le sont déjà.
01:32Et donc, l'idée de pénurie, elle est tout à fait logique.
01:38Elle est déjà réelle dans certains pays parmi les plus pauvres,
01:42ceux qui n'avaient pas de stocks.
01:43Je pense à nombre de pays consommateurs en Asie et en Afrique.
01:47Et elle va intervenir pour certains produits raffinés.
01:53On a beaucoup parlé ces temps-ci du kérosène, le diesel, etc.
01:57Oui.
01:58Alors, dans ce contexte, l'Europe et la France,
02:01est-ce qu'on a, en France, on a combien de stocks ?
02:04On a parlé de 2-3 mois, justement, c'est ça ?
02:07Oui, non.
02:08En France, le problème n'est pas là.
02:10Et de toute manière, ce dont il faut bien se dire,
02:14c'est que c'est le scénario catastrophe.
02:16D'ailleurs, Emmanuel Macron est remonté au créneau ensuite en disant
02:20« Mais non, mais non, nous avons des stocks français, ne vous inquiétez pas. »
02:25Il n'y aura pas vraiment cette notion de pénurie,
02:28de manque de stations qui seront vides et qui seraient vides, etc.
02:32Non.
02:32Par contre, ce qu'on aura beaucoup plus tôt,
02:36c'est la pénurie par les prix.
02:40C'est que les prix augmenteront.
02:43Ce que l'on voit déjà,
02:45il y a un produit sur lequel on n'est pas dans la pénurie,
02:49mais sur lequel les hausses de prix commencent à se faire sentir.
02:52On en a beaucoup parlé hier,
02:54c'est le kérosène.
02:56Il se trouve qu'en Europe,
02:59nous importons à peu près un tiers de notre kérosène.
03:03Et dans ce tiers-là,
03:05il y a les trois quarts qui viennent du Golfe, normalement.
03:08Donc, les prix du kérosène ont doublé.
03:11Et immédiatement, un certain nombre de compagnies low cost,
03:15où le kérosène peut représenter jusqu'à un tiers du prix d'un billet,
03:20ils annulent des vols.
03:22Il n'y a pas de pénurie de kérosène.
03:26Mais les prix jouent immédiatement sur la demande.
03:30Oui, oui, oui.
03:31Alors, c'est difficile quand même.
03:33Je comprends votre raisonnement, Philippe Chalmin.
03:35Mais alors, c'est vrai qu'on s'interroge,
03:38on nous parle de pénurie,
03:39mais vous dites, bon, non, mais rassurez-vous,
03:41quand même, il n'y aura pas cette pénurie.
03:43Sauf que, si ça se poursuit, quand même, cette guerre,
03:46avec toujours ce blocage du détroit à Dormuz,
03:49et puis on ne sait jamais ce qui peut se produire derrière,
03:51parce que, vous avez vu, hier, il y a eu une visite
03:53du chef de la diplomatie iranienne à Moscou,
03:56donc tout ça fait partie aussi de la géopolitique.
03:59Est-ce que ça ne risque pas, à moyen terme,
04:03c'est-à-dire 5-6 mois,
04:04si on en restait là, à cette guerre et ces blocages,
04:08à là, une vraie pénurie, cette fois ?
04:11Ah ben, écoutez, alors là, si on va sur 5-6 mois,
04:16alors, il faudra s'ajuster aux capacités.
04:21Parlez de pénurie.
04:23Nous avons le monde avant la guerre,
04:27consommer chaque jour 105 millions de barils.
04:31Sur ces 105 millions,
04:33il y en avait 20 qui passaient par le détroit d'Hormuz.
04:36Aujourd'hui, on en a perdu 10,
04:39et d'ailleurs, la production mondiale
04:43a diminué de 10 millions de barils.
04:45Donc, parler de pénurie est excessif.
04:50Simplement, il va falloir qu'on s'ajuste,
04:52ça coûtera plus cher, c'est surtout ça.
04:55Je le répète, c'est par le prix.
04:57Et donc, on est aujourd'hui...
05:01Alors, les prix en plus du pétrole
05:03sont parfois un peu fallacieux.
05:06Officiellement, sur les marchés à terme,
05:08c'est-à-dire sur les marchés financiers,
05:10le pétrole, ça ne vaut que, aujourd'hui,
05:13105-107 dollars le baril.
05:16Dans la réalité, si vous voulez acheter
05:18une cargaison de pétrole aujourd'hui,
05:20ça vous coûtera beaucoup plus,
05:21130 dollars le baril.
05:22Ce qui est clair, c'est que si le blocage
05:25se poursuit, les seuils de 150,
05:31voire certains conjoncturistes,
05:35ont parlé de 200 dollars le baril.
05:39Pourquoi pas ?
05:41On est dans des circonstances,
05:43sur des marchés de matière première,
05:45sur lesquelles les variations de prix
05:47peuvent souvent être tout à fait considérables.
05:50Des pénuries, il n'y en a jamais.
05:52Par contre, déflamber le prix, il y en a.
05:55Non, c'est très clair.
05:56Merci beaucoup pour toutes ces explications.
05:59Philippe Chalmin, professeur d'histoire économique
06:01et président de CYCLOP.
06:02Ce qui explique, évidemment,
06:05qu'il y a une grande incertitude
06:07sur le prix des carburants.
06:08Là, il y a eu un petit peu de dieu-yau,
06:09mais ça reste haut.
06:10Et qu'il y a une menace sur le kérosène.
06:13Et qu'hier, il y a eu un appel
06:15qui a été lancé, je crois que c'est en Espagne notamment,
06:19vers les voyagistes en disant
06:20attention, là, il pourrait y avoir
06:23des annulations de vols.
06:25Et surtout, les prix vont flamber cet été
06:28pour les vols, évidemment,
06:31et notamment concernant les compagnies low cost,
06:33mais pas seulement les autres.
06:35Donc, je ne sais pas, moi,
06:36si vous avez des intentions,
06:38c'est le moment d'acheter peut-être vos billets,
06:40parce qu'après, ils risquent d'être plus élevés.
06:41Si les vols sont maintenus, bien sûr,
06:44ou alors, restez plus près de chez vous
06:47pour d'autres vacances.
06:49Merci, Philippe Chalmin, d'avoir été avec nous
06:51ce matin en direct sur Sud Radio.
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