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  • il y a 7 semaines
Avec Florence de Soultrait et Bernard de La Villardière

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##SUD_RADIO_MEDIA-2026-01-09##

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News
Transcription
00:00Le 10h midi, Sud Radio Média, l'instant zapping.
00:04L'instant zapping avec Gilles, notre invité Bernard de la Villardière est avec nous ce matin.
00:10On va parler dans un instant de cette enquête à découvrir dimanche soir vers 23h10, enquête exclusive.
00:16Je vous conseille vraiment de regarder cette enquête remarquable sur le blanchiment d'argent du narcotrafic,
00:24comment ils infiltrent notre économie et c'est partout autour de vous.
00:28On vous parle souvent de la drogue, du transport de la drogue, des dealers, des guetteurs.
00:32Là c'est cet argent, vous allez voir, qui est phénoménal et la façon dont les narcos le blanchissent.
00:38Et puis on parlera aussi tout à l'heure du Venezuela puisque M6 a rediffusé un doc d'enquête exclusive au Venezuela.
00:48Et puis on parlera de votre expérience là-bas.
00:50Et donc Donald Trump et son opération au Venezuela face à ce succès répètent et menacent désormais tous les jours le Groenland.
01:00C'est son nouvel objectif, Groenland, Groenland.
01:03Hier le trésor des TF1 a voulu expliquer aux téléspectateurs pourquoi le Groenland était si stratégique pour Donald Trump.
01:10Et vous allez voir, c'est un reportage assez didactique.
01:12On doit l'avoir, on ira aussi loin qu'il le faut pour l'avoir.
01:17On a besoin du Groenland pour des raisons de sécurité.
01:20De sécurité, mais pas seulement.
01:23Vu de chez nous, un bout de terre très éloigné.
01:27A y regarder de plus près, le Groenland a une position stratégique proche du continent américain et de l'Europe.
01:33Ses sous-sols regorgent surtout de ressources minières, de l'or, du cuivre, du fer ou du nickel, essentiels pour les batteries des téléphones portables.
01:40Et dans les fonds marins de l'Arctique, des gisements de pétrole.
01:44Donald Trump aimerait les exploiter, même si c'est interdit depuis 2021.
01:49Le président des Etats-Unis veut aussi tirer profit de ses routes maritimes.
01:53Elles sont de plus en plus praticables avec la fonte des glaces, pour développer et accélérer le commerce.
01:59Il va réussir à l'avoir ?
02:01Pas par la force, je ne pense pas qu'il ira jusque là.
02:03J'espère que son entourage l'empêchera comme attiré parable, parce que ça ouvrirait une grave crise en Europe.
02:11Et puis ça ferait rentrer une division au sein de l'OTAN.
02:15Parce que les Etats-Unis sont membres de l'OTAN quand même.
02:18Mais il est possible que...
02:20C'est un négociateur, donc voilà, il pousse, il pousse, il pousse, pour mieux négocier sur tapis vert.
02:26Et peut-être qu'à un moment, il va proposer un chèque au Danemark, où il va carrément proposer...
02:31Les Groen-Hellandais, c'est 52 000 personnes, entre 52 000 et 56 000.
02:36Ce n'est pas grand monde quand même, malgré tout.
02:38Donc il peut aussi leur proposer des chèques.
02:40Et finalement, la politique de Donald Trump avec le Venezuela et le Groenland,
02:44est-ce que ça change la vie des Américains ?
02:46Est-ce que ça change le prix des œufs pour les Américains ?
02:48Je ne sais pas, c'est peut-être un peu trop tôt pour le dire.
02:51Mais il est certain que le Venezuela, c'était aussi une question d'intérêt pour les Etats-Unis.
02:56D'ailleurs, c'est comme ça qu'il fonctionne.
02:58Encore une fois, c'est un businessman.
03:00Contrairement à ce qu'on pense, ce n'est pas vraiment un idéologue.
03:03Son idéologie, c'est la puissance américaine et c'est l'économie américaine.
03:08Et gagner de l'argent.
03:09Vous disiez que vous n'avez pas pu rentrer, vous n'avez jamais pu aller au Venezuela.
03:12J'y suis allé il y a une bonne dizaine d'années.
03:16Et quand j'ai voulu y retourner 4-5 ans plus tard, en 2017 très exactement,
03:20on m'a remis dans l'avion.
03:21J'ai fait Paris-Carracasse, Carracasse-Paris.
03:24C'est une expérience assez désagréable.
03:26Vous étiez fiché, entre guillemets, comme journaliste.
03:29J'étais avec mon équipe d'ailleurs.
03:32J'étais Personane en Gratta, mais il n'y avait plus quelques pays dans le monde où c'est le cas.
03:35Notamment en Égypte où j'ai été remis dans l'avion.
03:38Pourquoi ?
03:38Je partais en croisière avec ma femme sur la mer Rouge, plongée avec les requins.
03:43Et malheureusement, à l'arrivée à Urgada, mon passeport a bipé.
03:48Et au bout de quelques minutes, j'avais 5-6 policiers autour de moi.
03:51Et on m'a remis dans le même avion qui m'a ramené le jour même à Paris.
03:54Vous aviez fait quoi pour mériter ça ?
03:56J'avais été au Caire quelques mois auparavant pour faire un film qui était assez critique sur le régime de monsieur du général Al-Sisi.
04:06On diffusera tout à l'heure un extrait justement de ce reportage d'enquête exclusive sur le Venezuela.
04:12Et à l'époque où j'ai été mis à la porte du Venezuela, j'y suis retourné peu de temps après à la frontière entre la Colombie et le Venezuela.
04:18Parce que je ne voulais pas rester sur un échec.
04:21Et j'ai interviewé les réfugiés vénézuéliens qui venaient en Colombie pour la journée, pour se ravitailler, pour faire des courses.
04:27Et pour chercher quelques dollars.
04:29Et je me souviens de ces femmes qui se faisaient couper les cheveux pour vendre leurs cheveux et pour gagner quelques centimes de dollars afin de nourrir leur famille.
04:39C'était quelque chose d'assez poignant.
04:41Il faudrait passer le documentaire à monsieur Mélenchon et à la France Insoumise qui estiment que c'est un grand homme.
04:46Un autre pays qui bouillonne et qui à plusieurs reprises frise la révolution, c'est l'Iran.
04:55Donc on en parlait tout à l'heure Valérie, où la crise économique sévit, où les gens n'ont plus rien pour vivre.
05:01Mais la répression est assez sévère. France 2 a fait un reportage.
05:05Un peu partout en Iran, les mêmes images.
05:08Des groupes de manifestants qui prennent les rues.
05:11Ceux-là appellent la population à les rejoindre.
05:16Le mouvement n'atteint pas la mobilisation qui a suivi la mort de Massa Amini pour un voile mal porté, mais il ne faiblit pas malgré la répression.
05:24Au moins 27 morts depuis 11 jours, selon une ONG.
05:28Ici, des échauffes fourrées au bazar de Téhéran, d'où tout a démarré.
05:33Tout un symbole.
05:34Même ces ouvriers de l'industrie énergétique ont rejoint la grève.
05:37Sur le plus grand champ gazier du monde.
05:39Souvent, le même slogan.
05:43Mort au dictateur.
05:46Mort à Khamenei.
05:48En référence au guide suprême.
05:50La rue, excédée, pointe du doigt l'incapacité du régime iranien à gérer la crise économique.
05:56Qu'est-ce qu'on va trouver sur l'Iran, sur RealMedia ?
05:59Sur RealMedia, on va faire un point sur l'actualité en utilisant les images qui sont tournées là-bas par des journalistes citoyens ou des citoyens journalistes,
06:12comme on les appelle, qui heureusement dans tous ces régimes-là, lorsque les journalistes occidentaux ne parviennent pas à pénétrer sur place,
06:17arrivent à informer le monde maladroitement parfois, en prenant des risques également.
06:21D'ailleurs, on voit bien que les images sont souvent prises de très loin, parce que les manifestants dans les manifestations évitent d'emporter leur téléphone portable
06:28pour ne pas être arrêtés ou pour être soupçonnés de...
06:33Alors là, Internet a été coupé là-bas, donc c'est ce qui explique qu'il y a aussi assez peu d'images qui arrivent.
06:37J'ai vu qu'Elon Musk avait libéré Starlink à la disposition des Iraniens.
06:43Mais ce qu'on dit pas assez souvent sur l'Iran, c'est qu'il y a un changement sociologique profond,
06:47c'est-à-dire que l'Iran du chat, c'était 80%, 75%, 80% de la population qui vivait dans les campagnes.
06:54Donc c'était une population plus traditionnaliste, beaucoup plus conservatrice, etc.
06:58Et aujourd'hui, c'est exactement l'inverse.
07:00Les trois quarts des populations iraniennes vivent dans les villes, et notamment, évidemment, à Téhéran.
07:05Et puis c'est une population très très jeune, également.
07:08Et ces jeunes-là ont accès aux médias sociaux, grâce au VPN, etc.
07:11Donc c'est difficile de construire une barrière infranchissable pour interdire à ces jeunes d'avoir accès à l'information.
07:20On va parler avec vous de votre incroyable doc diffusé ce dimanche sur la circulation et le blanchiment de l'argent de la drogue dans l'économie française.
07:28Mais au Portugal, ils ont choisi la légalisation de toutes les drogues, et les résultats sont plutôt encourageants.
07:34Reportage sur LCP, on en parlera après.
07:37Il est pertinent de se dire, ok, les gens se drogueront toujours, donc qu'est-ce que la société peut faire pour préserver la santé et la sécurité de tous ?
07:46Le Portugal s'est rendu compte que l'approche la plus rationnelle était de transférer la responsabilité politique en matière de drogue du système judiciaire vers le système de santé.
07:56Oui, le Portugal est un des pays européens où le taux de consommation de drogue est le plus faible, environ 15%, alors que la France est un des pays où ce taux est le plus élevé, 40%.
08:06Et puis la dépénalisation permet de faire des économies.
08:09En 10 ans, le coût social de la consommation de drogue a baissé de 18% au Portugal.
08:14Cela coûte plus cher d'arrêter et d'enfermer certains consommateurs de drogue plutôt que de les soigner.
08:20Est-ce qu'on a la mauvaise politique ? Est-ce qu'il faudrait légaliser toutes les drogues ?
08:23Moi, je ne suis pas sûr.
08:24Et puis, je n'ai pas cette information, mais ils ne légalisent pas toutes les drogues.
08:29Ils ne peuvent pas légaliser l'héroïne et la cocaïne.
08:31Ils légalisent sans doute le cannabis.
08:33Non, non, et la cocaïne.
08:34Alors, ils dépénalisent l'usage.
08:36Ils dépénalisent, ce n'est pas légalisé.
08:37D'accord, donc ils n'égalisent pas non plus le commerce et la consommation complètement.
08:42Non, ils ont, vous savez, des endroits où on peut aller...
08:44Oui, un peu comme aux Pays-Bas, les coffee shops.
08:46Voilà, exactement.
08:47Et puis, il y a des endroits où il y a de la drogue de substitution.
08:52Oui, la fameuse méthadone.
08:53Voilà, exactement.
08:54D'accord.
08:55Et puis, pardon ?
08:56Moi, je ne suis pas vraiment pauvre parce qu'on ne sait pas où on met la frontière.
09:00Et puis, si on l'égaliser, parce que c'est un thème qui revient de manière récurrente...
09:04Mais quand on voit l'argent qui circule dans votre doc, on dit que ça couperait court à tout.
09:09Oui, c'est un autre sujet.
09:10Mais je ne pense pas que les trafiquants, du coup, vont se mettre à devenir entrepreneurs dans l'économie légale.
09:18Donc, je pense qu'ils vont inventer d'autres drogues.
09:21Ou si vous légalisez, par exemple, le cannabis, sur quel taux de THC ?
09:26Quelle sera la puissance du cannabis qu'on va mettre en vente ?
09:29Alors, forcément, ce sera sur un taux faible.
09:32Et puis, les mineurs, ce sera forcément interdit aux mineurs.
09:34Donc, il y aura un marché noir pour les mineurs.
09:35Et puis, les trafiquants vont mettre au point des produits plus forts.
09:41Valérie, on ne perd pas nos bonnes habitudes, malgré qu'on soit passé en hebdo.
09:45Je finis en musique.
09:46Vous vous souvenez peut-être du soleil dans les Teletubbies ?
09:50Tu vois ça, le générique des Teletubbies ?
09:52Eh bien, le soleil a fêté ses 30 ans aujourd'hui.
09:55Elle s'appelle Jessica Smith.
09:57Elle a 30 ans.
09:58Elle a deux enfants, popillées, des i.
10:00Et donc, c'était un petit clin d'œil à Teletubbies.
10:03Ça ne rejénit pas, elle a 30 ans.
10:05C'était un peu agaçant.
10:17Allez, on se retrouve dans un instant avec Bernard de la Villardière.
10:210826 300 300, si vous voulez réagir.
10:25On va parler de cette enquête exclusive à découvrir dimanche soir sur M6 à 23h10.
10:30Les milliards du narcotrafic, comment ils infiltrent notre économie.
10:35C'est un doc absolument saisissant à suivre dans un instant sur Sud Radio.
10:3914h16, Sud Radio Média.
10:42Sud Radio Média, le vendredi désormais, une heure consacrée aux médias avec des invités d'une qualité exceptionnelle.
10:51Absolument.
10:52Tout comme le doc dont on va parler avec vous, Bernard de la Villardière.
10:55C'est dans le cadre d'enquêtes exclusives.
10:57Dimanche soir sur M6 à 23h10, 23h15.
11:01Les milliards du narcotrafic, comment ils infiltrent notre économie.
11:06C'est un documentaire qui a été réalisé par Florence de Soutray avec la participation de Samir Benguenouna.
11:12C'est produit par Giraffe Prod, qui est la société de production de Géraldine Levasseur.
11:16C'est un doc coup de poing.
11:19Alors on va peut-être écouter la bande-annonce pour nous mettre...
11:21Vous allez avoir la parole, Bernard.
11:22On va écouter la bande-annonce.
11:25La règle de l'ordre, c'est de se débarrasser plus rapidement du cash.
11:28En France, le trafic des drogues rapporte chaque année 7 milliards d'euros.
11:32Et cet argent sale généré est partout.
11:34La logique, c'est de mettre l'argent du trafic dans des produits qui s'écouleront rapidement.
11:39J'ai besoin d'à peu près 40, 50 000 euros mensuels en cash pour mes salariés.
11:43Pour la première fois, enquête exclusive a remonté la filière et suivi les enquêteurs qui traquent le blanchiment.
11:49Tu as vu la montre ? C'est une montre à 20, 30 000 minimum.
11:52Comment les milliards du trafic infiltrent notre économie dans enquête exclusive ?
11:57Voilà, donc c'est encore une fois, bravo à Florence de Soutray qu'on aura tout à l'heure
12:02qui a réussi à avoir des contacts assez incroyables auprès de narco-trafiquants.
12:07Et je disais tout à l'heure, c'est pas la drogue qu'on suit, c'est l'argent qui est généré par la drogue
12:12et qui est partout autour de nous.
12:13Oui, l'argent qui est beaucoup plus difficile, encore une fois, comme je le disais tout à l'heure,
12:16pour les trafiquants de stocker, d'écouler, de transporter.
12:20Et donc c'est un vrai casse-tête.
12:21Et puis il faut ensuite la blanchir, c'est-à-dire casser effectivement le relais
12:26ou la liaison qu'on peut faire entre le cash et son origine criminelle.
12:31Alors il y a l'État qui est très présent aussi dans le doc.
12:33On voit de quelle manière les magistrats aujourd'hui sont organisés pour faire tomber ces trafics.
12:40Mais c'est très très compliqué.
12:41En fait on les fait tomber pour autre chose.
12:44Il y a une trentaine d'années, c'était Charas, ministre du budget, qui disait il faut frapper les trafiquants à la caisse.
12:50Et il avait raison, mais on a mis de nombreuses années effectivement avant d'avoir les outils adéquats pour lutter contre cela.
12:58Alors ça repose aussi sur la coopération internationale, parce qu'on parlait des petits commerces, etc.
13:02qui servent à blanchir.
13:04Mais il y a aussi les filières internationales.
13:07Et il y a beaucoup d'argent qui part à l'étranger, notamment dans les pays du Maghreb, mais aussi à Dubaï.
13:12Et sur ce plan-là, la coopération judiciaire entre la France et Dubaï s'est beaucoup développée.
13:17Ce qui fait qu'il y a une quinzaine de trafiquants qui ont été livrés par les Émirats Arabes Unis à la France ces derniers mois.
13:23– Mais aujourd'hui, est-ce que le consommateur n'est pas en cause ?
13:29Parce que moi, ce qui m'a étonné dans votre doc, c'est le volume.
13:32Le volume d'argent, et donc s'il y a un volume d'argent, il y a un volume d'achat.
13:37– On estime que c'est 7 milliards d'euros, cet argent du trafic en France, dans l'économie.
13:44Donc c'est évidemment de l'argent noir, de l'argent sale, mais il infiltre peu à peu l'économie réelle et l'économie légale.
13:52– Et l'économie légale s'en sert, notamment dans des secteurs comme le BTP,
13:58où il y a beaucoup de gens qui ne sont pas, enfin tout est relatif.
14:02Enfin, il y a des personnes qui sont employées dans le BTP et qui sont payées au noir,
14:06parce qu'ils ne sont pas déclarés, parce qu'ils n'ont pas de carte de séjour.
14:08On sait à quel point les entreprises de BTP ont du mal à trouver des employés.
14:12Et donc il faut les payer avec de l'argent, de l'argent liquide.
14:15Et cet argent liquide, on va les chercher chez les trafiquants.
14:17– Dubaï, c'est devenu l'eldorado du blanchiment ?
14:20– Dubaï, c'est un des eldorados, mais encore une fois, aujourd'hui, les trafiquants sont moins confortables,
14:25parce qu'il y a d'ailleurs un magistrat de liaison qui a été nommé par la France,
14:30qui est à l'ambassade de France aux Émirats Arabes Unis, et qui accélère les procédures.
14:36Les dubaïotes eux-mêmes, les autorités en tout cas, sont persuadées qu'il faut faire la chasse aussi à ces trafiquants.
14:41– On est en ligne avec Olivier, un auditeur. Bonjour Olivier.
14:45– Bonjour, c'est mon monsieur. Bonjour Bernard.
14:47– Vous habitez dans quelle région ?
14:49– J'habite dans le Gard, pas loin de Nîmes, entre Nîmes et Avignon.
14:54– Il est question de Nîmes, dans le doc, il faudra que vous regardiez dimanche soir,
14:58parce qu'il est question de Nîmes et d'une rue en particulier, dont les commerces…
15:04– Dans lesquels on a placé des caméras et on observe effectivement comment ces commerces…
15:10– Comment les trafiquants vont porter de l'argent, ressortent, certaines viennent y chercher.
15:13Qu'est-ce que vous voulez nous dire Olivier ?
15:15– J'ai une question, je vous ai entendu parler du Portugal qui avait légalisé la drogue.
15:22– Non, pas légalisé, dépénalisé.
15:24– Dépénalisé. Est-ce que, ma question, parce que j'ai des idées,
15:29moi pour arrêter la drogue en France, mais est-ce que la criminalité a changé ?
15:33– C'est-à-dire ?
15:34– C'est-à-dire que si demain on dit en France,
15:38tiens, on va vendre la drogue dans les pharmacies,
15:40tous ceux qui vendent de la drogue vont être lésés,
15:42il va falloir qu'ils trouvent de l'argent.
15:44La drogue, ça a remplacé les braquages de banques,
15:47tous ces braquages qu'il y avait, ils n'existent plus à l'heure actuelle,
15:51parce qu'on vend de la drogue.
15:53À Boquer, il y en a un, il a pété son million d'euros à un trafiquant de drogue,
15:57et il fait des grandes têtes.
15:59Et c'est vrai que l'argent participe à la vie des communes.
16:05J'avais vu le reportage sur le Bloc 14 il y a quelques années,
16:09où ils expliquaient que les dealers mettaient des enveloppes tous les mois dans un HLM.
16:14Et le maire a dit, on va arrêter tout ça,
16:18et quand ils ont tout arrêté, les gens ne payaient plus l'électricité,
16:21ne payaient plus les loyers, ne payaient plus l'eau,
16:23ils n'avaient pas de revenus.
16:25Ils ont dit, on va être obligés de remettre,
16:28ça fait cautionner la vente de drogue,
16:30parce que la drogue, ils interrogeaient le commerçant d'à côté,
16:33qui vendait des survêtements.
16:35Ils disaient, vous savez que c'est des trafiquants qui vous achètent ?
16:38Mais si je ne les revends pas, ils vont aller acheter ailleurs.
16:42Et ces trafiquants font vivre la France, le commerce.
16:46Alors, peut-être que Bernard, c'est exactement ce qu'il raconte.
16:49C'est-à-dire que l'économie française et la société française,
16:52et si on peut employer cette expression,
16:54narcosée par cet argent du trafic,
16:56et donc il est temps de mettre un coup d'arrêt.
16:59Vous parliez de dépénaliser, on ne dépénalisera jamais toutes les drogues,
17:02et je pense qu'on n'arrivera pas à convaincre les organisations criminelles
17:05de renoncer à leurs actes illicites,
17:09parce que c'est trop d'argent.
17:12Et donc, elles s'installeront sur d'autres territoires.
17:14Mais on voit cette rue à Nîmes, effectivement,
17:16où il y a des commerces,
17:19et vous racontez, Florence de Soutray raconte,
17:22comment aujourd'hui, on propose même le double
17:24à des propriétaires de locaux pour pouvoir installer des commerces.
17:29Qui n'ouvrent que deux heures par jour,
17:31et dans lesquelles on invente une activité
17:33qui permet, encore une fois, de blanchir du cash.
17:360 826 300 300, si vous voulez réagir,
17:39nous raconter, si vous voyez,
17:41si vous assistez à ce genre de trafic, entre guillemets, Gilles.
17:46Oui, je voulais savoir, mais on pourrait en parler à Florence,
17:49quels sont les dangers pour les journalistes
17:51lorsqu'ils mènent une enquête comme celle-là,
17:54et quelles sont les garanties que vous leur donnez ?
17:57Des garanties, il y en a très peu.
18:01Quand on va travailler dans certaines zones,
18:03dans certaines conditions,
18:04de temps en temps, effectivement,
18:06on tâche d'y aller en nombre,
18:09ou en tout cas d'avoir toujours quelqu'un
18:11qui est à l'arrière, en voiture,
18:14et qui peut vous aider à vous dégager
18:15d'une situation un peu difficile.
18:17Après, vous posez la question à Florence,
18:19elle a travaillé aussi avec des gens qui sont des informateurs,
18:21qui l'aident à pénétrer dans certains milieux,
18:23et qui assurent une relative sécurité.
18:25Mais ce sont des enquêtes qui peuvent durer
18:296, 7, 8 mois, pour ce qui est de Florence,
18:31je crois qu'elle a travaillé là-dessus pendant plusieurs mois.
18:33On l'aura en ligne avec nous tout à l'heure,
18:35après la pub,
18:36et on a Sabine,
18:37qui est une fidèle de Bernard de la Villardière.
18:40Bonjour Sabine,
18:41vous nous appelez de Gignac.
18:43Oui, c'est un héros.
18:44Bonjour, monsieur le président.
18:45Bonjour.
18:45Alors, vous nous dites,
18:46je suis Bernard de la Villardière depuis longtemps,
18:48et j'aime son professionnalisme.
18:50Alors, vous vouliez lui poser une question ?
18:51Alors, moi, je m'interroge beaucoup sur la liberté d'expression,
18:56sur la liberté de choix des sujets,
18:58et savoir un petit peu,
18:59parce qu'on ne peut pas dire certaines choses,
19:03vu actuellement le pouvoir en place, même avant.
19:05Il y a certains sujets, je sais,
19:07parce que vous n'êtes pas le seul à faire des émissions d'investigation,
19:11où, par exemple, on met des bâtons dans les roues,
19:13on empêche de sortir certaines choses,
19:15parce que ce n'est pas politiquement correct, entre guillemets.
19:17Mais, moi, je voulais savoir comment,
19:19là, vous parlez d'inertrofrafique,
19:21mais on en parle maintenant,
19:22c'est un sujet de maintenant.
19:24Quelle garantie vous apportez ?
19:27Quelle liberté vous avez pour aller gratter,
19:30pour aller chercher des informations,
19:31des fois qui peuvent déranger ?
19:33Alors, j'ai eu une totale liberté de la part de la chaîne,
19:37ou pratiquement totale de la part de la chaîne M6,
19:39concernant enquête exclusive.
19:42En revanche, c'est vrai que c'est parfois difficile,
19:45et ça a été tout le talent de Florence Soultret,
19:47de convaincre les institutions,
19:50que ce soit le ministère de l'Intérieur,
19:51le ministère de la Justice,
19:52de nous laisser travailler.
19:54C'est moins le cas aujourd'hui,
19:56mais ça a été le cas pendant très très longtemps,
19:58et moi j'ai vécu la période,
19:59parce que ça fait une quarantaine d'années que je fais du journalisme,
20:01où le journaliste appelait un hôpital,
20:04une école,
20:06une institution quelconque, etc.,
20:07et on le recevait spontanément,
20:09et on les laissait à peu près travailler,
20:11alors qu'aujourd'hui,
20:12vous avez des services de communication,
20:14il faut passer par un certain nombre de filtres,
20:16et d'autorisations en amont,
20:18on vous demande,
20:19mais qu'est-ce que vous voulez raconter,
20:20comment, etc.,
20:21et donc on interfère dans votre liberté de journalisme,
20:24dans votre liberté éditoriale,
20:26et encore une fois,
20:26ça n'a pas été le cas pour cette émission,
20:29et c'est vrai,
20:29parce que je pense que la puissance publique réalise
20:31à quel point il est temps de mettre à jour ces sujets,
20:36de mettre la lumière sur ces sujets,
20:37en espérant peut-être aussi sensibiliser les consommateurs,
20:41et notamment les consommateurs de drogue,
20:42parce qu'ils sont très nombreux,
20:43il y a 1,3 million de personnes
20:45qui consomment de la cocaïne
20:46au moins une fois par an en France,
20:48il y a plus de 3 millions d'usagers du cannabis,
20:52il faudrait qu'à un moment,
20:53on puisse lancer des grandes campagnes nationales,
20:56ce qui a été fait,
20:57mais de manière parfois un peu maladroite,
20:58et de manière un peu épisodique,
21:01pour responsabiliser les consommateurs,
21:04ils mettent de l'argent dans des circuits criminels,
21:06aujourd'hui, vous ouvrez la radio tous les matins,
21:09il y a des règlements de comptes à Marseille,
21:11et pas seulement à Marseille,
21:12mais aussi en banlieue parisienne,
21:13à Strasbourg, au Havre,
21:14il y a des dockers qui ont été assassinés,
21:17ce sont des organisations criminelles
21:20qui font des morts,
21:22et qui tuent des gosses.
21:25C'est frappant,
21:26parce que l'année dernière,
21:27il y a eu quand même une dizaine ou une douzaine de gamins,
21:30de gosses de 15-16 ans,
21:33sans compter les victimes innocentes,
21:35entre guillemets, même si je n'aime pas trop ce terme,
21:38qui sont victimes de balles perdues,
21:39comme ça a été le cas notamment à Rennes.
21:410-826-300-300,
21:43si vous voulez réagir,
21:43on aura la réalisatrice de ce doc,
21:46Florence de Soutray,
21:47avec nous dans un instant.
21:48Moi, j'ai plein de questions à lui poser,
21:50en l'occurrence,
21:50sur pourquoi est-ce que ces dealers
21:52ont accepté de témoigner,
21:54de montrer l'argent généré,
21:56et quelque part,
21:56ils se mettent en danger.
21:57A tout de suite sur Sud Radio.
21:58Et notre invité Bernard de la Villardière
22:07est là pour parler de ce doc,
22:10de ce documentaire à voir,
22:11dimanche soir,
22:12d'enquête exclusif,
22:14milliard exclusif,
22:15pas exclusif,
22:16milliard du narcotrafic,
22:17comment ils infiltrent notre économie,
22:19c'est un documentaire qui a été réalisé
22:20par Florence de Soutray.
22:22Bonjour Florence de Soutray,
22:24vous êtes avec nous,
22:25en ligne.
22:25Bonjour.
22:26Bonjour et vraiment bravo
22:27pour ce doc remarquable.
22:31Vous l'avez réalisé
22:31avec la participation
22:32de Samir Benguenouna.
22:34Vous avez réussi à contacter,
22:38ce n'est pas vraiment infiltré,
22:39parce que vous êtes avec une caméra.
22:41Et c'est d'ailleurs ma question,
22:42c'est pourquoi est-ce qu'ils ont accepté,
22:44c'est la question que je me suis posée.
22:46Ils se mettent,
22:46alors ils sont très maquillés,
22:48enfin maquillés, cachés, grimés,
22:50mais quelque part,
22:51ils se mettent un petit peu en danger.
22:52Ils ont fait ça, selon vous,
22:53pourquoi ?
22:54Par ventardise,
22:56c'est quoi leur motivation ?
22:59C'est une très bonne question,
23:00parce que l'argent,
23:01il faut comprendre
23:02que c'est le tabou ultime
23:03dans le milieu.
23:05C'est-à-dire qu'il y a des documentaires
23:06qui parlent du produit,
23:08des stupes,
23:08des documentaires qui parlent des armes,
23:10ce n'est jamais facile,
23:11c'est un vrai travail journalistique,
23:13mais des documentaires
23:13qui de l'intérieur
23:14racontent le circuit de l'argent,
23:16je crois pouvoir affirmer
23:18qu'il n'y en avait pas eu.
23:19Non, c'est en cela
23:20qu'il est exceptionnel.
23:20parce qu'en fait,
23:22l'argent,
23:23ce qu'il faut comprendre,
23:24c'est que c'est vraiment,
23:24et on le sentait sur le terrain,
23:26c'est la raison d'être des trafiquants.
23:28Depuis les petites mains
23:29jusqu'au patron de point de deal,
23:30jusqu'aux têtes de réseau,
23:31la raison pour laquelle
23:32ils prennent tout ce risque
23:33d'enfreindre la loi,
23:34d'être dans la criminalité,
23:35c'est pour l'argent.
23:38Alors, ce qui a été très difficile,
23:41c'est que c'est même insultant,
23:42c'est-à-dire qu'entre eux,
23:43ils ne se parlent pas d'argent.
23:44Les trafiquants, entre eux,
23:45ne savent pas,
23:46toi, combien tu gagnes,
23:48comment tu blanchis,
23:49quels sont tes circuits, etc.
23:50Donc, c'est à peu près
23:51une très grande insulte
23:54d'arriver et de les aborder
23:54sur ce thème-là.
23:55Maintenant, vous l'avez dit,
23:56ce qui a été très précieux,
23:57c'est qu'on a travaillé en binôme,
23:59on a fait un travail journalistique
24:01avec Samir Ben Gimna,
24:02qui est un jeune journaliste
24:03qui a créé tout un réseau
24:04d'informateurs dans le milieu
24:06ces dernières années.
24:07Et donc, ça a été le premier pont
24:09qui nous a permis d'approcher.
24:11Mais ensuite, ça a été très difficile.
24:13Il y a ce qu'on voit dans le doc.
24:14On se dit, pourquoi ils ont accepté
24:16de parler ?
24:16Mais il faut se dire qu'il y a
24:17ce qu'on voit dans le doc
24:18et il y a les 99%
24:21qui nous ont plantés,
24:23trimballés, les attentes dans la nuit
24:25parce que ce sont des oiseaux de nuit,
24:27tout ce genre-là.
24:28C'est pour ça qu'on a mis 8 mois
24:29et finalement, ça s'est joué
24:31à certains avec qui on a pu passer
24:33beaucoup de temps
24:34créé un lien de confiance,
24:37de confiance dans l'anonymisation
24:38que vous allez leur donner.
24:40Et finalement, ils ont tous accepté
24:42de ne dévoiler qu'un mécanisme.
24:44Il faut se dire que chacun
24:45y blanchisse
24:45avec de nombreuses, nombreuses façons.
24:48Mais chacun n'a donné qu'un mécanisme
24:50pour ne pas être repérable,
24:53ne pas être identifiable.
24:54Ça veut dire qu'ils ont d'autres systèmes
24:55pour blanchir ?
24:57Non, ça veut dire par exemple
24:58que celui qui nous parle
25:00de comment il blanchit
25:01à travers son épicerie,
25:02en réalité, il a une dizaine
25:05ou une quinzaine
25:06d'autres façons de blanchir.
25:07Il envoie aussi à l'étranger,
25:08il a d'autres types de commerce,
25:09d'autres types de fausses sociétés,
25:10etc.
25:11Mais il nous dévoile
25:12un lieu, un pan
25:13et le reste, même nous,
25:15on ignore.
25:15Alors, ce qu'on voit dans votre doc,
25:18c'est qu'ils ont chacun une fonction.
25:20Ça, c'est assez étonnant.
25:22Il y a une hiérarchie très organisée.
25:27Oui, ça, c'est pour exfiltrer
25:29le cash des points de deal.
25:31C'est quelque chose
25:32qui est vraiment très impressionnant
25:33et je crois qu'on l'a plutôt
25:35bien retranscrit dans le documentaire.
25:37On a suivi l'argent
25:39depuis le moment où il se salit,
25:42entre guillemets,
25:42quand il arrive dans les mains
25:43du dealer qui vend le produit,
25:45le cash,
25:46jusqu'au moment où il va,
25:47jusqu'aux endroits
25:48où il va être blanchi.
25:49Et en fait, là,
25:49ces organisations criminelles,
25:51elles ne laissent rien au hasard.
25:52L'argent, il est extrêmement mobile,
25:54il passe de main en main
25:54et il ne reste jamais
25:56plus de 24 à 48 heures
25:58au même endroit.
25:59Et chacun a un rôle très précis.
26:00C'est une espèce de chaîne
26:01dans le réseau.
26:02Il y a le dealer,
26:04le ravitailleur
26:05qui exfiltre régulièrement
26:06toutes les X heures
26:07du point de vente de l'argent,
26:09le collecteur
26:10qui, à la fin de la journée,
26:11va exfiltrer carrément
26:12du point de deal
26:13puis le banquier
26:15qui va récupérer
26:16hors du point de deal
26:16l'argent,
26:17le stocker,
26:17puis un autre transporteur
26:19et ainsi de suite.
26:20Et tout ça,
26:20ce sont des rôles
26:22très secrets.
26:23Les lieux sont tenus
26:23absolument secrets
26:24et les rôles,
26:26à part ceux qui les tiennent,
26:27personne d'autre
26:28dans le réseau
26:28ne savent
26:29qui est le transporteur,
26:30qui est le collecteur.
26:31C'est ça,
26:31c'est très compartimenté.
26:33Bernard de la Villardière,
26:34ce qu'on voit aussi
26:34dans le doc,
26:35c'est,
26:36je ne sais pas pourquoi,
26:36je fais une fixette sur l'eau
26:37dans l'épicerie
26:39où le gérant de l'épicerie,
26:40celui qui blanchit,
26:43de l'eau en bouteille
26:45qui est revendue,
26:46elle est donc
26:46vous allez acheter
26:47votre eau en bouteille,
26:48cette eau,
26:48elle a été achetée
26:49avec de l'argent sale.
26:51Donc ça veut dire
26:52qu'il y a aussi
26:52une complicité
26:53chez ceux
26:54qui vendent l'eau.
26:55Oui, bien sûr,
26:56ce sont des épiceries
26:57qui sont montées
26:58de toutes pièces souvent
26:58par les trafiquants.
26:59Mais celui à qui
27:00il achète l'eau
27:01ou alors,
27:01c'est ce que vous montrez
27:02dans le doc,
27:02Florence de Soutre,
27:03c'est-à-dire qu'il y a
27:04plusieurs versements
27:05pour éviter
27:05de se faire remarquer
27:07avec trop d'argent liquide.
27:09Oui.
27:09En fait,
27:10si le blanchiment
27:11du narcotrafic
27:12est possible,
27:13c'est parce que
27:14dans l'économie légale,
27:16il y a beaucoup de monde
27:17qui acceptent
27:19du cash
27:19dont ils ne connaissent
27:20pas forcément l'origine
27:21ou en tout cas
27:21ils ne veulent pas le savoir.
27:22Donc le fournisseur d'eau
27:24qui accepte
27:24d'être payé en cash
27:25parce que peut-être
27:26il a envie de sortir,
27:27il veut frauder,
27:27il veut sortir de l'argent
27:28de sa boîte,
27:29etc.,
27:30il se rend complice.
27:32Peut-être qu'il n'a jamais
27:33posé la question
27:33d'où vient ce cash,
27:34mais en fait,
27:35il se rend complice.
27:36De même,
27:36on voit ça
27:37avec le secteur du BTP
27:39qui a besoin
27:40de beaucoup de cash
27:40et je pense
27:41que vous allez vouloir
27:42en parler.
27:43Je vous dirais
27:44que cette masse d'argent,
27:467 milliards d'euros
27:47qui représente
27:47le trafic de drogue
27:48en France,
27:49de l'argent sale,
27:50un chiffre qui a été
27:51multiplié par 2 ou par 3
27:52en 10 ans,
27:54il corrompt,
27:54c'est-à-dire qu'il aide
27:56à acheter
27:58dans l'administration
27:59pénitentiaire,
28:00dans l'appareil judiciaire,
28:03chez les deux caires,
28:04à acheter des complicités.
28:06Florent,
28:08est-ce que vous pensez
28:08que l'État
28:09n'a pas les moyens
28:10de lutter contre tout ça
28:11après votre enquête ?
28:14Non,
28:14je pense que
28:16loin de moi
28:17l'envie
28:20ni la capacité
28:21d'émettre
28:21ce type de jugement.
28:23L'État,
28:23il mène une lutte
28:25très forte
28:25contre le narcotrafic.
28:26Maintenant,
28:27c'est vrai que c'est
28:27un tournant,
28:28cette idée
28:28de vouloir frapper
28:29au portefeuille.
28:31C'est-à-dire qu'il y a
28:31un procureur
28:32qui nous le dit très bien
28:32dans le doc,
28:33Nicolas Besson,
28:33le procureur de Marseille,
28:35qui nous dit
28:35avant,
28:36on s'intéressait
28:37aux crimes,
28:39aux stups,
28:39aux armes.
28:40Maintenant,
28:41on veut s'attaquer
28:42au circuit de blanchiment
28:43et l'État progresse.
28:45Alors,
28:46c'est encore
28:46effectivement
28:4713 ans de ça
28:48des chiffres
28:48des revenus de la drogue,
28:497 milliards d'euros
28:50de revenus
28:51comme le disait
28:51Bernard de la Villardière
28:52et on ne saisit
28:54pour l'instant
28:54que 100 millions
28:55d'euros
28:56par an
28:57de biens
28:58ou d'argent
28:58donc côté blanchiment.
29:01A l'inverse,
29:01on saisit
29:021 à 2 milliards
29:03de produits,
29:03de stups.
29:03Donc,
29:04on voit qu'il y a
29:05un déséquilibre.
29:06En amont,
29:06on est quand même
29:07assez bon dans les saisies
29:08et en aval,
29:10le chiffre est assez faible
29:11mais il est en constante
29:12progression.
29:12Il faut faire une différence
29:14entre saisir et confisquer.
29:16C'est-à-dire qu'on saisit
29:171,7 milliard
29:17d'après ce que m'a dit
29:18la procureure nationale
29:20du parquet
29:21qui lutte contre
29:22la criminalité organisée
29:24qui vient d'être installée
29:25à Paris
29:26et qui va s'intéresser
29:27au spectre du trafic.
29:29Mais en fait,
29:29c'est bien saisi,
29:31ils sont bloqués,
29:31ils sont gelés.
29:32C'est-à-dire qu'ils ne sont plus
29:33en possession du trafiquant
29:35mais ils ne sont pas encore
29:36en possession de l'État.
29:37Et il n'y a que 100 millions
29:38qui sont confisqués
29:39chaque année.
29:40Ce qui n'est évidemment
29:40pas grand-chose.
29:41Mais c'est vrai
29:42qu'il y a des bonnes affaires
29:43à faire aussi.
29:43Quand il y a des ventes
29:44aux enchères,
29:45c'est un passage
29:45vers la fin du doc
29:47où on voit ce magnifique yacht.
29:48Vous avez voulu acheter
29:49un bateau ?
29:50Oui, 10 millions d'euros.
29:51Il paraît qu'il en vaut 16.
29:52Donc il y a des affaires à faire.
29:54En tout cas, bravo
29:54Florence de Soutret
29:55pour ce document exceptionnel.
29:57Vous avez raison de préciser.
29:59On parle toujours
29:59de la drogue,
30:00des armes.
30:02Là, c'est l'argent
30:02qu'on voit.
30:03En plus, il est bel et bien filmé.
30:04On voit ces billets
30:05de 10 euros, 20 euros,
30:07voire plus
30:08qui représentent,
30:08vous l'avez rappelé,
30:10des sommes considérables
30:12à l'arrivée.
30:12Donc à ne pas manquer
30:14enquête exclusive
30:15dimanche soir sur M6
30:16vers 23h10,
30:1823h15,
30:19il y a évidemment
30:19le replay sur M6+,
30:21milliards du narcotrafic.
30:23Comment ils infiltrent
30:23notre économie ?
30:24Et puis il y a
30:25des auditeurs
30:26qui me disent
30:26oui, je vois
30:27à côté de chez moi
30:28il y a des commerces
30:28qui ouvrent 2h
30:30ou alors il y a des...
30:31Voilà, vous allez tout comprendre.
30:32C'est les officines
30:33qui servent à blanchir.
30:34Absolument.
30:35Merci Bernard de la Villardière.
30:36On était ravie
30:36de vous recevoir ce matin.
30:37Et nous on se retrouve
30:39dans un instant
30:39pour commenter l'actualité.
30:41Ravie d'avoir inauguré
30:42cette nouvelle formule d'émission
30:43qui nous a mis un grand avenir.
30:45Absolument.
30:45Merci à vous.
30:46A tout de suite.
30:47Sous-titrage Société Radio-Canada
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