00:00Evolise, la solution de gestion et de facturation pour les TPE-PME présente
00:05Sud Radio, c'est bon à savoir.
00:08C'est bon à savoir à 6h48 sur Sud Radio.
00:11Après une forte baisse en fin d'année, les prix des carburants, ça y est, sont repartis à la hausse ces derniers jours.
00:16Comment l'expliquer ?
00:17Étonnée, quelle répercussion pourrait avoir l'intervention militaire des Etats-Unis au Venezuela,
00:21pays qui possède d'énormes réserves en pétrole ?
00:24Pour nous éclairer, je reçois l'expert en question énergétique, Philippe Charles.
00:28Bonjour.
00:28Bonjour.
00:29Bonjour.
00:30Et merci d'être avec nous ce matin sur Sud Radio.
00:32Alors je regardais les prix à la pompe ce matin.
00:35Là, on est aujourd'hui à peu près 1,67€ le litre pour le 100plom 95, 1,63€ pour le gasoil.
00:43Ça reste des prix assez bas, mais ils ont un peu augmenté, Philippe Charles, depuis le 1er janvier.
00:48Pour quelles raisons ? Comment ça s'explique cette légère hausse, ce petit rebond ?
00:53Alors peut-être d'abord expliquer brièvement à nos auditeurs
00:56pourquoi est-ce que les prix avaient fortement baissé au cours des dernières semaines et disons sur l'année ?
01:03Donc en fait, deux phénomènes à cette baisse.
01:06Le premier, c'est la baisse du prix du dollar qui était début 2025 à 80$ et qui est passée aujourd'hui à 60$.
01:15Et puis un deuxième effet très positif qui est le change euro-dollar qui est passé de 1,04 en début d'année 2025 à 1,18 dans cette période.
01:29Donc si on cumule les deux, ça fait en fait une baisse de près de 30%.
01:34Oui, et c'est un plus bas niveau depuis trois ans, je crois.
01:39C'est un plus bas niveau depuis trois ans, absolument.
01:42Bien qu'il faille relativiser un petit peu, parce que ça reste quand même très hétérogène sur le territoire.
01:47On avait effectivement fin 2025 des prix qui avoisinaient les 1,50 pour le SP95.
01:56Mais pour votre information, j'avais fait il y a une dizaine de jours mon plein à Paris et j'étais toujours à 1,80.
02:02Donc ça veut dire que certains ne le voient pas.
02:06Donc forte baisse en fin d'année et là, léger rebond depuis le 1er janvier.
02:11Certains dénoncent une taxe supplémentaire, une forme de surtaxe qui a été imposée depuis le 1er janvier.
02:18C'est vraiment le cas ou pas ? C'est comme ça que vous le voyez ?
02:21Alors non, ce n'est pas une taxe.
02:23Donc il s'agit en fait clairement d'une augmentation qui est comprise entre 4 et 6 centimes.
02:28Donc on revient à peu près, vous l'avez dit, à 1,70 pour le SP95 et à 1,63, 1,64 pour le diesel.
02:36Alors non, ce n'est pas une taxe.
02:37C'est ce qu'on appelle les certificats d'économie d'énergie.
02:40Donc disons que pour faire simple, les certificats d'économie d'énergie, ce n'est pas une taxe.
02:44C'est un espèce de marché imposé au pollueur qui doit payer.
02:50Donc globalement, c'est au pétrolier essentiellement.
02:54Donc si vous, vous rénovez votre appartement ou votre maison et que vous faites du coup en conséquence des économies d'énergie,
03:01on vous donne un certificat d'énergie et le pétrolier est obligé de le racheter suivant une logique marché.
03:08Donc ça n'est pas vraiment un impôt.
03:11Alors ces certificats d'économie d'énergie existaient déjà depuis très longtemps et avaient déjà un impact d'une dizaine de centimes sur le prix des carburants.
03:22Mais le phénomène a été fortement renforcé au 1er janvier et ce qui fait une augmentation de 5 centimes environ.
03:29Si je vous suis bien, Philippe Charlet, ça veut dire que ce que je vais payer un petit peu plus à la pompe,
03:33c'est ce qui va permettre à certains d'effectuer des travaux de rénovation énergétique, de pouvoir bénéficier d'aides financières de l'État notamment, c'est ça ?
03:40C'est bien ça. Donc c'est de l'argent qui, en théorie, bénéficie à la transition énergétique.
03:48Ça peut aller à la rénovation de l'habitat, au changement d'une pompe à chaleur, voire éventuellement à des aides pour acheter une voiture électrique.
03:56Donc ce qui veut dire qu'on ne peut pas vraiment parler d'un impôt, puisque je vous dis que derrière, il y a une espèce de logique marché.
04:06Venons-en, Philippe Charlet, à cette intervention militaire des États-Unis au Venezuela avec l'exfiltration du président désormais déchu, Nicolas Maduro.
04:16Le Venezuela, alors c'est devenu 17e ou 18e producteur de pétrole, mais c'est une des plus importantes réserves de pétrole dans le monde.
04:25Ça pourrait avoir quel impact pour nous, Français, sur les prix à la pompe ?
04:30Alors oui, le Venezuela, c'est historiquement l'un des plus vieux pays pétroliers, puisque le début de la production pétrolière, c'est 1922.
04:40Donc c'est bien avant le Moyen-Orient, on le sait peu.
04:43Et c'était un producteur majeur, produisant à la fin des années 90 environ 3,5 millions de barils jour.
04:51Et aujourd'hui, compte tenu du délabrement des installations et de la fuite des cerveaux de ce pays, pour des raisons qu'on devine mais qu'on ne va pas détailler,
05:02la production est tombée à 900 000 barils jour.
05:07Alors, les Américains veulent essayer de remonter cette production.
05:13Alors ça ne se fera quand même pas d'un...
05:15Parce que les compagnies pétrolières américaines seront envoyées en l'occurrence au Venezuela, comme l'indiquait Donald Trump.
05:19C'est ce que dit Trump, peut-être aussi d'autres compagnies étrangères, il veut réouvrir le marché, on n'en sait trop rien.
05:26Mais disons que ça prendra quand même des mois, voire un à deux ans, pour remettre le niveau à flot.
05:34Alors ça veut dire que ça peut effectivement ramener du baril dans un marché qui est déjà relativement saturé.
05:42C'est pour ça, comme je vous l'expliquais, que le baril avait baissé.
05:46Et donc ça pourrait faire effectivement baisser à terme le baril.
05:50Alors est-ce que ce sera suffisant, puisqu'on sait qu'un de ses objectifs, c'est de faire baisser le baril en fonction des élections mi-mandat,
05:59puisque les Américains sont extrêmement sensibles à la baisse du prix de l'essence, je n'en sais rien.
06:04Il se pourrait au départ, certains le disent, que ça fasse au contraire des incertitudes que les pétroliers n'aiment jamais,
06:12et que donc ça puisse effectivement peut-être même faire remonter à très court terme un petit peu le baril.
06:19On n'en a pas la preuve, mais disons globalement, si on suit la logique, oui, à moyen terme, ça pourrait encore faire descendre le baril.
06:26Il ne faudrait pas que le baril descende en dessous des 50 dollars,
06:29parce qu'à 60 dollars, les gens continuent à à peu près correctement à gagner leur vie.
06:34En dessous de 50 dollars, il y en a qui perdent leur, disons, de l'argent.
06:39Et notamment au Venezuela, où c'est du pétrole essentiellement dit, du pétrole lourd, très visqueux,
06:44qui est en fait extrêmement coûteux à la production.
06:47Merci pour cet éclairage, Philippe Charles, expert en questions énergétiques.
06:51Merci, excellente journée à vous.
06:536h55, allez, dans un instant, Patrick Roger, à tout de suite.
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