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  • il y a 2 heures
Un rapport de la Cour des comptes publié ce lundi fait état de lacunes dans la mesure de la qualité des soins dans les hôpitaux et les cliniques en France. Des éléments aux conséquences coûteuses pour les patients, les soignants, mais aussi pour le système de santé. La problématique des erreurs médicales est notamment pointée du doigts, un sujet récemment relancé par Marc Tadié, ancien chef du service de neurochirurgie de l'hôpital Bicêtre (Val-de-Marne) et expert judiciaire de la Commission nationale des Accidents médicaux, qui a publié « le Scandale des accidents médicaux » (Le Cherche-Midi). Il est l'invité d'Anne-Sophie Lapix dans RTL Soir.
Regardez L'invité d'Anne-Sophie Lapix du 28 avril 2026.

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Transcription
00:00A demain !
00:01L'invité d'RTL Soir
00:03Les erreurs médicales, les infections attrapées à l'hôpital font bien plus de morts chaque année que les accidents de
00:09la route.
00:10Un rapport de la Cour des comptes s'en alarme et donne des recommandations pour améliorer la qualité des soins
00:15et limiter les accidents.
00:17Notre grand invité, le professeur Marc Tadier, bonsoir.
00:20Bonsoir.
00:21Vous êtes neurochirurgien, expert judiciaire auprès de la Commission nationale des accidents médicaux et auteur de ce livre,
00:27Le scandale des accidents médicaux des dizaines de milliers de morts chaque année.
00:32Alors selon une enquête citée par la Cour des comptes dans son rapport, il y aurait entre 160 000 et
00:36375 000 événements indésirables graves associés aux soins.
00:41Qu'est-ce que ça veut dire ?
00:42Ça veut dire qu'il y a un chiffre énorme, beaucoup trop important, parce que derrière ces termes d'événements
00:50indésirables,
00:51ce sont à la fois des décès, mais aussi des handicaps très lourds, des vies brisées,
00:56et sur le plan sentimental, professionnel, et même de la simple autonomie,
01:01et qu'autour de ce chiffre, qui est quasiment celui d'un petit Boeing qui s'écraserait tous les deux
01:07jours,
01:08tout le monde jusqu'à présent s'est tue.
01:10Et qu'est-ce que ça comprend ces accidents ? Des infections nosocomiales ? Des erreurs médicales ? Des erreurs
01:14de médicaments ? Qu'est-ce que c'est ?
01:16Alors en premier, oui, il y a les erreurs de médicaments, erreurs de doses, erreurs d'interaction,
01:21et erreurs de produits, et ensuite il y a les erreurs dans le parcours de soins,
01:25et ça, le rapport de la Cour des comptes, justement, souligne ce problème de parcours des soins en France.
01:30Ensuite, il y a les erreurs techniques, chirurgicales, il y a les infections liées aux soins,
01:34et puis il y a le problème de l'obstétrique et de la psychiatrie, ce sont les principales causes de
01:39ces accidents.
01:39Ça paraît absolument fou, ce chiffre donné par la Cour des comptes,
01:45et que vous confirmez ces dizaines de milliers de morts, et donc de personnes qui ont des séquelles graves.
01:51Seuls 7200 événements indésirables graves sont déclarés selon la Cour des comptes.
01:56Ça signifie que les hôpitaux cachent ces incidents ?
02:00Ils les cachent, ils ne les déclarent pas, ça revient au même, direz-vous.
02:04Oui, c'est-à-dire qu'effectivement, une étude de l'Agence régionale de santé, il y a quelque temps,
02:10avait montré que sur 64 événements étudiés, 4 seulement avaient été déclarés.
02:16Depuis les 125 dernières expertises judiciaires que j'ai faites,
02:20qui sont donc des patients ou leurs familles qui ont porté plainte,
02:23pour la survenue d'événements indésirables graves.
02:26A chaque fois, je posais la question, et 2 seulement ont été déclarés sur les 125.
02:32Mais ce qui est important, si on veut se projeter dans l'avenir,
02:36c'est de savoir que ces événements indésirables graves
02:38peuvent être déclarés par le patient lui-même ou sa famille,
02:42sur un portail national.
02:44C'est un avantage, ce n'est pas porter plainte,
02:47ce n'est pas désigner un coupable,
02:48c'est dire, écoutez, je pense qu'il s'est produit dans mon parcours de soins,
02:52un événement indésirable, et je souhaite le déclarer.
02:56Encore faut-il que lui-même le sache ? On est conscients ?
02:59Ils sont conscients, si jamais ils ont eu une infection,
03:02si jamais ils se sont retrouvés paralysés,
03:04si jamais on leur avait dit qu'ils se hospitalisaient 2 jours,
03:06et qu'ils restent...
03:07Les patients et les familles sont très conscients.
03:10Il faut les écouter.
03:11Il faut écouter les familles.
03:12Souvent, ils perçoivent, avant nous, médecins,
03:15des signes précurseurs de quelque chose.
03:18Les infections nosocomiales,
03:20qui font donc 4000 morts par an,
03:22c'est peut-être ce qu'il a le plus spectaculaire,
03:24car elles n'ont rien à voir avec la maladie,
03:27avec le mal pour lequel on entre à l'hôpital,
03:29rien à voir avec le traitement, le soin.
03:31De quoi s'agit-il exactement ?
03:33Que sont ces infections ?
03:34Ce sont des infections qui ont été contractées par le patient,
03:38et je donne l'exemple,
03:41dans une des nouvelles de ce livre,
03:42d'une infection nosocomiale.
03:45Alors qu'ils sont arrivés,
03:46ils n'avaient pas de facteur particulier les exposant à cette infection,
03:51et ils sont ressortis avec une infection.
03:55Et le chiffre de 4 ou 5 000 est...
03:58Sous-évalué ?
03:59Un peu, oui.
04:01Est-ce que c'est lié à un défaut d'hygiène,
04:03de respect de certaines règles ?
04:07C'est lié à un relâchement,
04:09dans le respect des règles qui ont été éditées à une époque,
04:12édictées, et qui sont très strictes.
04:16Alors ce relâchement, au moment du Covid,
04:19il y a eu un effort énorme du personnel soignant,
04:23pour justement éviter la propagation des infections,
04:26avec des mesures d'asepsie très strictes.
04:29Après le Covid, dans tous les domaines de la société,
04:32il y a une sorte de soupape, de libération,
04:35et là on a assisté un peu à un relâchement.
04:37Alors c'est des...
04:39Mais des mesures pourraient les éviter.
04:41Par exemple, certains chirurgiens ont installé
04:44de la vidéo surveillance en salle d'opération.
04:49Et ils se sont aperçus, grâce à ça,
04:51qu'ils diminuaient de 25 à 40%.
04:53Parce qu'on met la pression sur les chirurgiens ?
04:56Oui, et sur le personnel qui rentre, qui sort.
04:59Tout à l'heure, vous évoquiez les problèmes de médicaments,
05:02d'erreurs de médicaments.
05:03Selon la Cour des comptes,
05:0412% des événements indésirables sont des erreurs de médicaments.
05:07Et là, c'est quoi ?
05:08C'est un problème de formation des soignants ?
05:12C'est un problème de formation des soignants.
05:14Par exemple, la formation sur les interactions médicamenteuses
05:21sont un peu reléguées au deuxième plan.
05:24Or, comme le souligne le rapport de la Cour des comptes,
05:26le vieillissement de la population
05:28fait aussi que l'on voit maintenant
05:29des gens qui arrivent avec des listes de médicaments énormes.
05:33Et donc, si on ne connaît pas ces interactions,
05:36à ce moment-là, il risque d'arriver des accidents.
05:38Et puis, il y a aussi tout un tas d'erreurs.
05:40Vous parliez de ces caméras dans les salles d'opération.
05:43Mais, il n'est pas si rare de retrouver des objets dans un corps
05:47après une opération ?
05:48Oui, si vous voulez, de moins en moins.
05:52Mais, ça a toujours fasciné un peu la littérature et les médias.
05:58Bien sûr, c'est gravissime.
05:59Ça ne devrait pas arriver.
06:01Mais en fait, la source de la plupart des accidents médicaux
06:03est beaucoup plus dans le détail.
06:07Et c'est ça qui les rend difficiles à appréhender.
06:12Mais ce qui est important dans les chiffres,
06:14c'est que 50%, la moitié,
06:17des événements indésirables graves
06:19seraient évitables.
06:21Avec des mesures simples
06:22qui peuvent être prises dans les trois mois.
06:24C'est-à-dire ?
06:25Parce qu'il y a des suggestions du rapport.
06:27Mais quelles sont vos suggestions ?
06:29Suggestions, par exemple,
06:31l'avènement de la chirurgie ambulatoire.
06:32C'est extraordinaire, la chirurgie ambulatoire.
06:34Tout le monde en est content.
06:35Le patient, le chirurgien et les directeurs d'hôpitaux.
06:37Donc, on ne dort pas à l'hôpital.
06:38Ils ont pu fermer des lits.
06:40Mais le problème, c'est que ça a déplacé un peu
06:43la survenue des complications
06:45au domicile du patient.
06:46Et quand il téléphone,
06:48il sort déjà un mur téléphonique,
06:49généralement musical.
06:51Et ensuite, il n'y a pas de lits.
06:52Donc, mesure simple,
06:54rétablir, et pour les urgences,
06:56et pour les hôpitaux,
06:57des lits d'aval qui permettent de reprendre
06:59des patients en surveillance.
07:01Rapidement.
07:02Une des mesures simples.
07:03Deuxième mesure simple,
07:04des protocoles intégrés à des logiciels
07:08d'intelligence artificielle
07:09dans les ordinateurs de soins
07:11des infirmières,
07:13et qui permettraient comme ça
07:14de mieux suivre les patients,
07:16et eux-mêmes peut-être de signaler
07:18s'il leur arrive quelque chose.
07:20Parce que, vous savez comme moi,
07:22que quand à 10h du soir,
07:23il se produit quelque chose,
07:24on hésite à déranger.
07:25S'il s'appuyait simplement
07:26à appuyer sur une touche en disant
07:28« Oh là là, j'ai ma jambe,
07:29que je sens moins bien »,
07:30à ce moment-là,
07:31ça éviterait qu'on le retrouve
07:32le lendemain paralysé.
07:33Il y a aussi une recommandation
07:36du rapport au sujet,
07:38par exemple, des accouchements.
07:40Alors, dans les services
07:42qui ont été contrôlés par la Cour,
07:44il y en avait 20,
07:46où on n'atteignait pas
07:47les 300 accouchements réglementaires par an.
07:49Ça veut dire qu'on manque
07:50d'expérience, d'habitude,
07:52et qu'on ne devrait pas pratiquer
07:53ces accouchements.
07:54Alors ça, c'est une décision un peu dure,
07:56parce que ça veut dire
07:56fermer des services ?
07:57C'est un gros problème,
07:58parce que la France est malheureusement
08:00dans les mauvais élèves de l'Europe
08:01au point de vue de la sécurité
08:03autour des accouchements.
08:04L'accouchement, c'est deux personnes,
08:06c'est la mère et l'enfant.
08:09Mais le problème, c'est que
08:12plus on pratique un acte,
08:14mieux on le fait.
08:15À la condition de continuer
08:16à le pratiquer avec rigueur.
08:18Donc, un taux d'accouchement insuffisant
08:22peut semer des doutes
08:23sur la qualité du personnel.
08:24Mais d'un autre côté,
08:25une distance trop grande
08:27pour une mère
08:29pour arriver à la clinique
08:31risque qu'elle arrive avec retard.
08:33Donc là, on est devant
08:33un problème difficile.
08:35Et pour cela,
08:36je crois que la Cour des comptes
08:37aussi le souligne,
08:38il faut le souligner,
08:39nous avons la chance en France
08:40d'avoir des transports sanitaires
08:43médicalisés,
08:43d'excellente qualité.
08:45Je crois qu'il faut les renforcer.
08:46Vous avez dit tout à l'heure
08:48que quand on est patient
08:49et qu'on a subi
08:50justement une de ces erreurs médicales,
08:52on peut le dire
08:54sur un portail,
08:56c'est ça ?
08:56Oui.
08:56Quel est ce portail ?
08:57Vous pouvez nous donner
08:58le mode d'emploi ?
08:58Sur Internet, Google,
09:01portail de déclaration
09:02des événements indésirables graves.
09:04Et à ce moment-là,
09:05s'affichent les démarches à faire.
09:07Alors, obligatoirement,
09:08le praticien,
09:09l'établissement doivent le faire.
09:10Mais comme ils ne le font pas,
09:11il faut que le patient le fasse.
09:15Il le fait en urgence,
09:17si je puis dire.
09:18Et ensuite,
09:19au bout de trois mois,
09:20il doit avoir le retour
09:21de l'établissement et de l'ARS
09:23avec les mesures prises
09:26pour que ça ne se renouvelle pas.
09:28Écoutez un peu les patients,
09:29ça fait d'ailleurs partie aussi
09:30des recommandations
09:31de la Cour des comptes.
09:33Tout à fait.
09:33Il faut aussi tendre l'oreille
09:34pour le ressenti aussi
09:35des patients
09:36après leur expérience à l'hôpital.
09:37Merci beaucoup,
09:38professeur Marc Cadier.
09:39Je rappelle donc
09:40votre livre,
09:41Le Scandale des Accidents Médicaux
09:43aux éditions du Cherche Midi.
09:45Merci encore.
09:46Dans un instant,
09:47on retrouve la bande d'RTL Soir.
09:48La Tentation du Soir,
09:49c'est la BD du mois
09:50qui va nous raconter
09:51la mort de Jeanne d'Arc.
09:52Le petit phénomène,
09:54ce sont des mamies
09:54qui jouent les guides
09:55dans leur ville,
09:56des villes qu'elles connaissent
09:57par cœur.
09:58Et puis l'info
09:58qu'on a failli rater,
09:59ce sont des centaines d'abeilles
10:00qui ont improvisé
10:01une ruche
10:02sous la selle d'un vélo
10:03en plein Paris ce week-end.
10:04A tout de suite.
10:09Bonne soirée.
10:10sur RTL.
10:16RTL.
10:17Votre.
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