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  • il y a 2 jours
Le 14 avril, la commission d'enquête du Sénat sur les “zones grises de l’information” auditionnait trois spécialistes sur les réseaux sociaux et des fausses informations. Le professeur de sociologie Gérald Bronner est revenu sur les enjeux sémantiques et structurels de la désinformation sur les réseaux sociaux. Aude Favre, présidente de l’association Fake Off, a souligné les difficultés du secteur associatif à combattre la désinformation en ligne. Enfin, le journaliste Thomas Huchon a pointé du doigt la responsabilité des plateformes numériques dans la diffusion de fausses informations. Interrogé sur les modalités d’un encadrement juridique des plateformes, Thomas Huchon a incité les sénateurs à “tordre le cou” aux plateformes et à entrer dans le “rapport de force” contraint par celles-ci. Les trois spécialistes ont cependant éloigné l’idée d’une “labellisation” des médias en ligne. Revivez ces échanges. Année de Production : 2025

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Transcription
00:00:01Générique
00:00:10Bonjour à tous, ravis de vous retrouver sur Public Sénat pour un nouveau numéro de 100% Sénat,
00:00:14l'émission qui vous fait vivre les travaux de la Haute Assemblée.
00:00:17Avec cette question aujourd'hui, comment lutter contre la désinformation sur les réseaux sociaux ?
00:00:22Faut-il les interdire pour les plus jeunes ?
00:00:24A défaut d'éduquer la société à s'informer sur ses réseaux sociaux et de sanctionner plus durement les plateformes
00:00:30numériques qui hébergent des fake news.
00:00:32Pour en parler, la commission d'enquête du Sénat sur les zones grises de l'information a auditionné plusieurs spécialistes
00:00:38du sujet.
00:00:38Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs les sénateurs et les sénatrices, merci de cette invitation.
00:00:43Comme j'ai cinq minutes seulement, je vais être évidemment bref et j'essaie de les respecter, mais vous me
00:00:48tiendrez évidemment à l'ordre.
00:00:49Alors, je dirais d'abord que sur l'énoncé, les zones grises de l'information, je dirais que c'est
00:00:55une évocation métaphorique du sujet qui nous concerne.
00:00:59Je vous inviterai, mais je pense que vous l'avez déjà fait, à distinguer trois types de situations qui sont
00:01:03identifiées par la littérature,
00:01:04qui sont la désinformation, la mésinformation et la malinformation.
00:01:09Est-ce que vous avez besoin que je définisse ces trois termes ?
00:01:13Ok, alors très rapidement, pardon, la désinformation, ok, merci, oui, j'ai essayé d'escamoter un peu.
00:01:19La désinformation, c'est la diffusion volontaire et intentionnelle de fausses informations pour manipuler.
00:01:25C'est typiquement le cas des ingérences étrangères, par exemple, mais pas seulement, d'officines idéologiques qui cherchent à manipuler
00:01:30les opinions.
00:01:32La mésinformation, c'est la diffusion de fausses informations en toute sincérité, en croyant qu'elle est vraie,
00:01:36ce qui concerne la majeure partie de ce dont moi je vais vous parler, qui fait mon objet de spécialité.
00:01:42Et la malinformation, qui m'intéresse aussi, c'est la diffusion d'informations vraies, mais dans le but de manipuler,
00:01:48c'est-à-dire dans l'exhibition d'une facette, du polyèdre complexe d'une situation,
00:01:53afin d'attribuer cette situation à une cause unique, alors qu'elle est en fait assez compliquée.
00:01:58Et ça, c'est souvent le fait, par exemple, de propositions idéologiques du réel.
00:02:02Par exemple, dans un fait divers, on peut insister sur ce qui s'est produit réellement,
00:02:06ou, par exemple, sur le passé judiciaire de la personne qui a produit l'acte.
00:02:11Les deux sont vrais, mais ne donnent pas du tout la même lecture du fait.
00:02:14Vous comprendrez que les paramètres politiques, dans ce cas de figure, prédisent la façon dont on déclaire une facette, ou
00:02:20plutôt une autre.
00:02:21Mais ces trois éléments ne sont pas, évidemment, pour favoriser une représentation rationnelle et un débat rationnel.
00:02:27Je dirais qu'en quelques minutes, il faut rappeler qu'il y a à peu près 40 000 articles qui
00:02:33ont été publiés par des scientifiques,
00:02:36c'est-à-dire sociologues, psychologues sociaux, chercheurs de sciences sociales computationnelles,
00:02:42c'est-à-dire informaticiens, et même des physiciens, sur la question pour savoir
00:02:44qu'est-ce qui préside à la diffusion de la fausse information, l'endossement de ces fausses informations, etc.
00:02:49Donc nous ne partons pas de rien, nous savons un certain nombre de choses.
00:02:52Comme je n'aurai pas le temps de tout vous résumer, je vous renvoie, on m'avait demandé, j'ai
00:02:57oublié de le faire, pardon,
00:02:58je le ferai après, je peux vous renvoyer par un article que j'ai écrit pour la revue Tocqueville,
00:03:03une revue canadienne, qui fait l'état de l'art de la question.
00:03:06C'est de résumer les principaux paramètres.
00:03:08Mais pour notre audition, je mettrai un certain nombre d'éléments en avant.
00:03:14D'abord, je rappellerai qu'historiquement, brièvement, il y a eu un espoir tout à fait rationnel,
00:03:20qui s'enracine, par exemple, dans le siècle des Lumières, selon lequel la liberté instaurée sur le marché des idées
00:03:26serait favorable à la vérité et à la rationalité.
00:03:28Pourquoi ? Parce que pendant longtemps, on n'a pas pu penser en dehors des tutelles, par exemple, religieuses
00:03:32ou des tutelles philosophiques que consistaient Aristote ou Galien en médecine.
00:03:37Or, la biologie ou, disons, la physique d'Aristote est fausse, comme vous le savez.
00:03:42Et donc, évidemment, nous empêcher de penser contre Aristote sur certains cas,
00:03:46ce n'est pas, dans certains cas, ce n'est pas favorable à la cumulativité de la connaissance.
00:03:50Pour cela, je vous renvoie aux magnifiques lettres que Pascal a écrites à son beau-frère,
00:03:54notamment dans le cadre des expériences du puits de Dôme
00:03:57et de la question de savoir si la nature a horreur du vide chez Aristote.
00:04:01Et vous verrez que la pensée expérimentale a été un pied dans la porte
00:04:05pour permettre cette cumulativité de la connaissance.
00:04:07Donc, oui, d'abord, il y a une idée qui est vraie.
00:04:10Un marché des idées ou un marché cognitif qui est enserré par une puissance étatique, religieuse ou idéologique,
00:04:17ce n'est pas favorable au vrai, bien entendu.
00:04:19La question que nous pose notre contemporanéité, c'est de savoir si la dérégulation totale de ce marché,
00:04:25c'est-à-dire la pluralité de l'offre, est, elle, favorable au vrai.
00:04:29Trop peu de concurrence n'est pas favorable au vrai.
00:04:31Trop de concurrence n'est pas non plus favorable, en fait, au vrai et à la rationalité.
00:04:36Et donc, cet espoir qui était porté par de grands esprits, je pense à Milton,
00:04:40je pense à John Locke, par exemple, ou John Stuart Mill, pour qui j'ai beaucoup d'admiration,
00:04:44et Thomas Jefferson, lui-même, dans un petit opuscule, écrit sur l'état de Virginie,
00:04:50disait, écrivait, un des fondateurs de la démocratie américaine,
00:04:53« La vérité peut se défendre toute seule ».
00:04:56Et la terrible nouvelle que le monde contemporain nous livre,
00:05:01c'est que non, le vrai ne peut pas se défendre tout seul.
00:05:04Et pour ces quelques raisons que je vais pointer,
00:05:07et sans être exhaustif, pardon, mais je sais que vous aurez des questions.
00:05:11Premièrement, l'espoir était que si chacun parle, en fait,
00:05:15il va y avoir une forme d'équilibre des points de vue
00:05:17qui aboutira vers un point central, en quelque sorte, de sagesse collective.
00:05:23Ce n'est pas ce qui se produit, ne serait-ce que parce que nous ne parlons pas tous
00:05:26avec la même force et avec la même fréquence.
00:05:30Ce que montrent les recherches contemporaines, c'est qu'il existe ce qu'on appelle des « super spreaders »,
00:05:37c'est-à-dire des super diffuseurs d'informations.
00:05:391% des comptes sur les réseaux sociaux produisent à peu près 33% de l'information disponible.
00:05:44Cette asymétrie pourrait être favorable à la limite, par exemple, à des perceptions scientifiques du monde,
00:05:51si ce 1%, c'était des prix Nobel de médecine ou de physique.
00:05:55Ce ne sont pas forcément des gens qui manquent d'intelligence,
00:05:58mais la caractéristique qu'on ait identifié dans la science,
00:06:01c'est que ces individus sont plus radicaux que la moyenne des individus
00:06:06que nous comptoyons dans notre vie sociale.
00:06:08Ça veut dire quoi, radical ?
00:06:10Ça veut dire adhérer inconditionnellement à une idée.
00:06:12Ça ne veut pas dire que cette idée est fausse.
00:06:13Ça veut dire qu'on va être extrêmement motivé pour la défendre sans cesse.
00:06:17Et il est très identifié dans la littérature que parmi ces gens,
00:06:20on trouve par exemple les anti-vaccins, les conspirationnistes,
00:06:24la radicalité d'extrême droite, d'extrême gauche, la radicalité religieuse,
00:06:27et même les platistes, d'une certaine façon.
00:06:29Vous voyez, ça peut être des communautés qui produisent une caractéristique très particulière
00:06:34à laquelle nous devons être attentifs, c'est qu'ils parlent au-delà de leur représentativité.
00:06:39C'est-à-dire que leur visibilité dans ces mondes numériques excède de très loin leur représentativité.
00:06:45Mais ça, ça nous affecte en tant qu'individus profondément sociaux,
00:06:50c'est que sur nombre de points de vue, nous nous faisons une idée,
00:06:53nous ne sommes pas compétents, mais en fonction de ce qui nous apparaît être le point de vue des autres,
00:06:57ce qu'on appelle le calibrage social.
00:06:59Donc ce qu'affectent très durablement les réseaux sociaux,
00:07:02c'est notre calibrage social précisément parce que nous accédons à des échantillons de réels
00:07:07qui ne sont pas représentatifs de ce réel.
00:07:10De sorte que par exemple, nous pouvons avoir l'impression aussi
00:07:12que certaines communautés religieuses sont beaucoup plus radicales qu'elles ne le sont dans la réalité
00:07:16puisque ce sont ces membres parfois les plus radicaux
00:07:18qui prennent le plus souvent la parole dans l'espace public.
00:07:20Un autre point qui est tout à fait essentiel,
00:07:24et peut-être que d'ailleurs je vais mentionner quand même deux points,
00:07:29et je vais aller vite.
00:07:30L'autre point qui est très identifié, c'est que parmi toutes les variables
00:07:34qui permettent de prédire le fait de croire ou de ne pas croire,
00:07:38de diffuser de la fausse information, il y en a beaucoup,
00:07:40c'est justement ne tombons pas dans la malinformation,
00:07:43ne résumons pas ce problème à un seul facteur,
00:07:45il est éminemment multifactoriel,
00:07:48et donc il y a bien sûr les facteurs politiques,
00:07:50il y a le facteur des niveaux d'études, etc.
00:07:51Si vous m'interrogez là-dessus, si ma mémoire est assez grande,
00:07:55je vous dirai ce que je me rappelle de cette vaste littérature sur ce sujet,
00:07:59mais ce dont je me rappelle, c'est que plusieurs études pointent
00:08:02que la variable la plus prédictive, c'est ce qu'on appelle la « lazy thinking »,
00:08:06c'est-à-dire la pensée paresseuse.
00:08:07C'est-à-dire un dispositif qu'on a tous, dans notre esprit,
00:08:10qui va faire qu'on va choisir dans certaines circonstances
00:08:13des propositions intellectuelles qui sont satisfaisantes plutôt que vraies.
00:08:17Et donc en fait, si on se rappelle cette idée
00:08:20que le marché des idées sélectionnerait les meilleurs produits,
00:08:25c'était cet espoir par lequel j'ai commencé,
00:08:27ce n'était pas forcément une idée fausse,
00:08:30sauf que les meilleurs produits ne sont pas forcément les meilleurs produits
00:08:32du point de vue de la norme de la rationalité,
00:08:34ce sont les meilleurs produits du point de vue de la satisfaction intellectuelle
00:08:36qu'ils vont produire aux individus qui les endossent.
00:08:40Et donc ça, c'est à la fois quelque chose d'un peu inquiétant,
00:08:43mais aussi de très stimulant pour les réponses à apporter.
00:08:46Parce que la pensée analytique, ça se stimule.
00:08:49En chacun d'entre nous, il y a un penseur paresseux, un lazy thinker.
00:08:53On parle aussi d'avarice cognitive.
00:08:56Nous ne pouvons pas être toujours en mode analytique perpétuellement.
00:08:58C'est trop énergivore en réalité.
00:09:01Et donc on peut apprendre à reconnaître les situations
00:09:04où on a des chances d'être trompé.
00:09:06Par exemple, lorsque nous voyons une corrélation,
00:09:09deux événements qui arrivent ensemble,
00:09:10souvent notre esprit nous suggère que ça pourrait être une causalité.
00:09:14Ce n'est pas toujours faux d'ailleurs, mais ça peut être faux.
00:09:16Ce sont des situations où on devrait apprendre à se méfier de nos intuitions.
00:09:20Or, nous avons des tests, un test s'appelle le CRT,
00:09:22qui nous permet de mesurer notre capacité inégale
00:09:26à nous abandonner à notre spontanéité intellectuelle.
00:09:29Certains d'entre nous s'abandonnent plus à leur spontanéité intellectuelle.
00:09:32Précisément, ce sont ceux qui, en général, scorent le plus haut
00:09:35dans les tests de conspirationnisme, etc.,
00:09:37qui vont diffuser plus de fausses informations.
00:09:39Mais il y a des remèdes à cela
00:09:41qui sont la stimulation de la pensée analytique,
00:09:44le développement de l'esprit critique et des EMI,
00:09:45mais je n'en dis pas plus, parce que peut-être qu'on en parlera ensuite.
00:09:48Troisième point, et je m'arrêterai là,
00:09:50même si j'aurais beaucoup d'autres choses à vous dire,
00:09:52vous avez bien compris,
00:09:53ce qui explique la fréquence, la vitesse à laquelle je parle,
00:09:57c'est évidemment que ce marché est tout de même
00:10:01très encapsulé dans ce qu'on appelle l'économie de l'attention.
00:10:06Puisque cette dérégulation du marché de l'information, en fait,
00:10:09elle aboutit analytiquement à une profusion de l'offre.
00:10:13Il y a beaucoup plus d'offres d'informations qu'auparavant.
00:10:15Il y a une quantité d'informations disponibles
00:10:16qui est sans commune mesure avec ce qu'on pouvait y avoir
00:10:19et ce qu'on pouvait trouver il y a une centaine d'années.
00:10:21On a produit à peu près 90% de l'information disponible sur la Terre
00:10:25dans les dernières années qui viennent de se produire,
00:10:27toutes les bibliothèques comprises, etc.
00:10:29Donc c'est proprement inimaginable.
00:10:31Seulement, dans cette cacophonie informationnelle,
00:10:33qu'est-ce qui va hameçonner notre attention prioritairement ?
00:10:35Eh bien, peu à peu, l'offre d'informations,
00:10:38même quand elle est professionnelle,
00:10:39c'est-à-dire même quand ce sont des journalistes,
00:10:41la tentation pour survivre,
00:10:43quand il y a une pression concurrentielle sur un marché,
00:10:45c'est de produire une offre qui va dans le sens
00:10:47des attentes spontanées de la demande.
00:10:49Raison pour laquelle le centre de gravité de notre espace public
00:10:52est en train de s'orienter vers ce qu'on appelle les passions tristes,
00:10:56c'est-à-dire un certain nombre d'éléments émotionnels
00:10:57qui hameçonnent notre attention.
00:11:00Conflictualité, dégoût, colère.
00:11:02Et il y a, d'ailleurs, je viens de lire,
00:11:03je suis sous l'effet de cette lecture,
00:11:05un article de Yann Algan,
00:11:06je ne sais pas si vous l'auditionnerez,
00:11:08ou si vous l'avez auditionné,
00:11:09dans le grand continent qui est excellent sur ce sujet
00:11:11et qui montre des données massives,
00:11:13chose que j'ai essayé de développer dans un livre
00:11:14qui s'appelle Apocalypse Cognitive.
00:11:16Précisément, je pointais
00:11:19que la conflictualité,
00:11:21et non seulement s'emboîte très bien
00:11:23avec nos attentes spontanées,
00:11:25on est intéressé par des éléments de conflictualité
00:11:27ou de négativité,
00:11:28malheureusement plus que de positivité,
00:11:30mais qui plus est,
00:11:31c'est très encouragé par le fonctionnement des algorithmes.
00:11:33Il y a un emprisonnement algorithmique,
00:11:36par exemple Facebook, pendant longtemps,
00:11:37donné cinq fois plus de visibilité
00:11:39aux postes qui étaient assortis de l'émoticône colère
00:11:42plutôt que les postes qui étaient assortis
00:11:43seulement de l'émoticône like.
00:11:45Ça, c'est Frances Hogan qui nous l'avait dit
00:11:47lors de l'audition que nous avions menée avec elle
00:11:50dans une commission que vous avez mentionnée.
00:11:53Et donc, cela montre,
00:11:54c'est un exemple parmi beaucoup d'autres
00:11:56qui montre comment il y a à la fois,
00:11:58je dirais, et vraiment je m'arrête là,
00:12:00une situation paradoxale
00:12:02où il y a une hybridation
00:12:03entre le fonctionnement très ancestral de notre cerveau
00:12:06et l'hyper-modernité du marché de l'information.
00:12:10Merci beaucoup, professeur.
00:12:11On va revenir, bien sûr, là-dessus.
00:12:13Madame Favre.
00:12:15Bonjour, monsieur le président,
00:12:18mesdames, messieurs les sénateurs, sénatrices.
00:12:20Je suis ravie d'être là.
00:12:21Je vous remercie beaucoup pour cette invitation.
00:12:26En propos du liminaire,
00:12:28je vais simplement rappeler rapidement mon parcours.
00:12:32Moi, je suis journaliste, on va dire, classique.
00:12:36J'ai travaillé pour beaucoup de formats magazines en télévision,
00:12:40donc pour des chaînes comme France 2,
00:12:43Envoyé spécial, Complément d'enquête, etc.
00:12:46Et puis, c'est en 2015,
00:12:49lorsqu'il y a eu les attentats de Charlie Hebdo,
00:12:51c'est là que, en fait,
00:12:54j'ai décidé complètement de réorienter ma carrière,
00:12:56effectivement, dans ce qui s'appelle l'éducation aux médias,
00:13:00donc l'EMI,
00:13:01et à l'information,
00:13:04pour plusieurs raisons.
00:13:05Un, ces attentats,
00:13:07je les ai vécues de très près,
00:13:08puisqu'ils ont touché la rédaction
00:13:11qui était voisine de mon agence
00:13:12dans laquelle je travaillais,
00:13:13donc voisine de couloir,
00:13:15qui s'appelle Première ligne,
00:13:17donc ça a été un choc énorme.
00:13:19Et puis, mes collègues,
00:13:20qui eux-mêmes étaient, du coup, sur le toit,
00:13:22ont produit les premières images,
00:13:23les premières photos, vidéos, etc.,
00:13:26et se sont retrouvés, du coup, très vite,
00:13:29accusés de maintes choses
00:13:31ou comme étant potentiellement,
00:13:34comme étant potentiellement dans des complots divers et variés,
00:13:36suite aux théories complotistes, justement,
00:13:38qui, à ce moment-là, moi, m'ont complètement sonné.
00:13:40Je sais que Gérald connaissait depuis longtemps le phénomène.
00:13:44Moi, les théories complotistes,
00:13:45et leurs forces, surtout, sur les réseaux,
00:13:48je les ai découvertes à ce moment-là,
00:13:50et l'impact que ça pouvait avoir.
00:13:53Et à partir de là, en fait,
00:13:55enfin, d'une réflexion toute simple,
00:13:57je me suis dit qu'effectivement,
00:13:59en tant que journaliste,
00:14:00notre métier, toute la journée,
00:14:02est de savoir un petit peu à qui se fiait,
00:14:06essayer de recouper les sources,
00:14:07de trier le vrai du faux, etc.,
00:14:08et qu'on avait, en fait, un savoir-faire
00:14:10à communiquer au grand public
00:14:12de manière à ce que les gens ne tombent pas dans ces pièges.
00:14:16Tout s'appartait aussi beaucoup d'une grande colère
00:14:18que j'ai toujours
00:14:20par rapport aux personnes qui font un business,
00:14:22on pourrait en reparler aussi,
00:14:23très lucratif,
00:14:24de toute cette désinformation.
00:14:27Et donc, c'est comme ça
00:14:29qu'est né Fake Off.
00:14:31Je dois dire que je suis un peu,
00:14:32si je prends un peu de recul,
00:14:33je suis un peu sonnée
00:14:34d'être presque là encore aujourd'hui,
00:14:37puisque après Charlie Hebdo,
00:14:38il y a eu beaucoup d'espoir
00:14:39par rapport au fait que
00:14:41ça allait bouger
00:14:42dans l'éducation nationale,
00:14:45ça allait bouger.
00:14:46Après, il y a eu Samuel Paty
00:14:48quelques années plus tard, etc., etc.
00:14:50Et pour être tout à fait honnête,
00:14:56les associations comme la mienne,
00:14:57elles sont en train de mourir.
00:14:59Donc là, on est en train de lancer un crowdfunding.
00:15:02Je ne suis pas la seule
00:15:03vraiment dans cette galère.
00:15:05Et c'est très désarçonnant.
00:15:07Pour moi, on est submergé
00:15:09de coups de fil,
00:15:11de parents, de professeurs
00:15:14qui sont désarmés,
00:15:16sont démunis,
00:15:16voient bien le mal-être,
00:15:18parce qu'il y a des questions de santé mentale aussi
00:15:19derrière les réseaux sociaux.
00:15:20Enfin, tout ça brasse beaucoup de choses, etc.
00:15:22Et on ne peut plus venir, en fait.
00:15:25On n'a tout simplement pas les moyens.
00:15:28Et c'est vraiment...
00:15:30Je dois dire que tout ça m'inquiète énormément.
00:15:36J'ajoute juste une petite chose.
00:15:38Effectivement, quelques années plus tard,
00:15:40après avoir réalisé un complément d'enquête
00:15:43sur le financement de la désinformation,
00:15:45Gérald m'a gentiment proposé
00:15:47d'être dans cette commission
00:15:49« Les Lumières à l'ère numérique »,
00:15:51ce qui m'a donné l'occasion, effectivement,
00:15:53de réfléchir aux solutions à apporter,
00:15:56notamment sur cet aspect-là
00:15:59du financement, du business,
00:16:00on va dire, qui est vraiment...
00:16:01Je pense qu'on pourrait parler
00:16:02d'un secteur d'activité,
00:16:03comme il y a le secteur automobile,
00:16:05il y a le secteur pétrolier,
00:16:07puis il y a le secteur des infos.
00:16:09Je ne sais pas si on peut appeler ça comme ça,
00:16:11mais c'est vraiment ça.
00:16:13Et c'est vrai que ça me passionne, moi.
00:16:16Donc, partout où je peux venir
00:16:17pour essayer d'aider, en fait,
00:16:20à gamberger et surtout à faire en sorte
00:16:21que les choses vraiment bougent,
00:16:23qu'il se passe des choses sur le terrain
00:16:25pour aider tous les acteurs
00:16:26qui ont la volonté d'intervenir,
00:16:29d'aider, pour faire essaimer
00:16:31l'esprit critique.
00:16:32Évidemment, je serai toujours là
00:16:34et donc je suis ravie
00:16:34de répondre présente aujourd'hui.
00:16:37J'ajoute une dernière chose.
00:16:39C'est que...
00:16:41Quelque chose dans lequel je crois beaucoup,
00:16:44c'est le fait de faire
00:16:47du journalisme collaboratif,
00:16:48c'est-à-dire de donner au maximum de gens
00:16:50la possibilité, eux-mêmes,
00:16:52de mettre les mains dans cette matière,
00:16:55en fait, informationnelle
00:16:56qui trop souvent leur échappe.
00:16:58Et il y a des résultats assez intéressants
00:17:01que j'ai pu voir de moi-même
00:17:02à travers une série
00:17:03que j'avais faite sur Arte, par exemple,
00:17:05dans laquelle des gens
00:17:07qui sont jardiniers,
00:17:08qui sont assistants maternels, etc.,
00:17:11finissent par travailler l'information.
00:17:14Et ça, ça me...
00:17:15Voilà, c'est quelque chose
00:17:16qui me donne beaucoup d'espoir.
00:17:18En tout cas, je pense qu'il est...
00:17:22Enfin, il est très important
00:17:23qu'on ne peut pas faire l'économie,
00:17:25en fait, de toutes les forces citoyennes
00:17:26en présence qui veulent lutter
00:17:27contre ce phénomène
00:17:29pour essayer de protéger nos démocraties.
00:17:32Je vous remercie.
00:17:33Monsieur Huchon.
00:17:41Monsieur le Président,
00:17:43messieurs les sénateurs,
00:17:44merci déjà de me donner la parole aujourd'hui.
00:17:48Merci de me permettre
00:17:49d'essayer d'éclairer
00:17:50la représentation nationale,
00:17:51non pas de mon expertise,
00:17:52comme Gérald,
00:17:53mais plutôt de mon expérience.
00:17:55Moi, je suis journaliste
00:17:56et ça fait un peu plus de 12 ans,
00:17:58maintenant,
00:17:58que je travaille sur ces sujets-là.
00:18:01et j'ai coutume de dire
00:18:02que je suis un journaliste
00:18:03un peu bizarre
00:18:04parce que je ne m'intéresse
00:18:04qu'aux choses fausses.
00:18:06Je ne m'intéresse pas du tout
00:18:07aux vraies informations.
00:18:08Je m'intéresse aux fake news,
00:18:10aux théories du complot
00:18:11et pas tant pour dire
00:18:13qu'il s'agit de mensonges.
00:18:16Une fois que tu as expliqué
00:18:17que non, la Terre n'était pas plate
00:18:18ou que les reptiliens
00:18:19ne gouvernent pas le monde en secret,
00:18:20on ne va pas y passer des heures.
00:18:22Moi, ce qui m'intéresse,
00:18:23c'est l'impact de tout ça.
00:18:24Qui le fabrique ?
00:18:25Pourquoi ?
00:18:25Comment ?
00:18:26Comment ça se diffuse ?
00:18:27Quel impact ça a sur la société ?
00:18:28Quel impact ça a sur l'information ?
00:18:30Quel impact ça a sur la politique,
00:18:32sur nos élections ?
00:18:34Et je suis vraiment ravi
00:18:35d'être ici aujourd'hui
00:18:36parce que votre commission d'enquête
00:18:38montre quelque chose
00:18:40d'absolument essentiel à mes yeux,
00:18:42c'est que la représentation nationale
00:18:44que vous incarnez
00:18:44s'intéresse à ces sujets-là.
00:18:47Et il est plus que temps
00:18:48de s'intéresser à ces sujets-là.
00:18:49On a eu les révélations
00:18:51d'Edward Snowden
00:18:51sur les malversations de Facebook
00:18:53en matière de collaboration
00:18:54avec la NSA.
00:18:56On a eu les attentats
00:18:57de Charlie Hebdo
00:18:57et l'explosion des fake news
00:19:01et des théories du complot
00:19:01qui ont suivi.
00:19:02On a eu l'affaire Cambridge Analytica
00:19:04qui a permis à Donald Trump
00:19:07de remporter de manière
00:19:08quasiment frauduleuse
00:19:09les élections aux États-Unis en 2016
00:19:11qui est derrière les élections
00:19:13qui ont conduit l'Angleterre
00:19:14à quitter l'Union européenne
00:19:15avec le Brexit.
00:19:16On a eu l'affaire Samuel Paty.
00:19:19On a eu les attentats
00:19:21de Chris Church
00:19:21diffusés en direct,
00:19:22je vous le rappelle,
00:19:23sur Facebook
00:19:24par le terroriste
00:19:25Brendan Tarrant.
00:19:27Il y a les ingérences étrangères.
00:19:28Il y en a plein d'autres.
00:19:30Et aussi,
00:19:30je mettrai bien entendu
00:19:31les révélations faites
00:19:33par la lanceuse d'alerte
00:19:34de Meta,
00:19:34Frances Hogan,
00:19:35dont les témoignages
00:19:37doivent à tout prix,
00:19:38à mon sens,
00:19:39éclairer cette commission.
00:19:41Mais depuis tout ce temps-là,
00:19:42qu'est-ce qu'on a fait ?
00:19:44Pas grand-chose.
00:19:45Qu'est-ce qu'on a appris
00:19:46de ces scandales ?
00:19:47Je ne crois pas suffisamment.
00:19:50Qu'est-ce qu'on a fait
00:19:50pour protéger les citoyens ?
00:19:52On pense souvent aux jeunes,
00:19:53bien entendu,
00:19:53ce sont les plus vulnérables,
00:19:54mais ils ne sont pas
00:19:55les seuls à être victimes
00:19:57des abus
00:19:57de ces plateformes numériques.
00:19:59Et si j'ai un seul message
00:20:00à porter aujourd'hui
00:20:01devant vous ici,
00:20:03eh bien,
00:20:04c'est justement
00:20:05la responsabilité
00:20:06de ces plateformes.
00:20:07Nous sommes face
00:20:08à des entreprises
00:20:10qui n'existaient pas
00:20:11ou presque
00:20:12il y a 20 ans
00:20:12et qui aujourd'hui
00:20:13dirigent pratiquement le monde,
00:20:14en tout cas celui
00:20:15de l'information.
00:20:17Ils sont l'alpha
00:20:18et l'oméga
00:20:18de notre vision du monde
00:20:19tout en nous offrant
00:20:21une forme dévoyée
00:20:23de liberté d'expression.
00:20:24Ils nous ont privés
00:20:24de notre libre-arbitre
00:20:26et surtout,
00:20:27ils nous ont aussi privés
00:20:28de quelque chose
00:20:29qui est fondamental
00:20:30en démocratie,
00:20:31qui est notre vie privée.
00:20:33Ce qu'on ne voit pas,
00:20:35c'est ce qu'il y a
00:20:36de plus important
00:20:36sur les réseaux sociaux.
00:20:38Saint-Exupéry
00:20:38le disait mieux que moi,
00:20:40l'essentiel,
00:20:40c'est ce qui est invisible
00:20:41à l'œil.
00:20:42Et bien sur un réseau social,
00:20:43ce qui est essentiel,
00:20:44ce sont les algorithmes.
00:20:45C'est ce que vous ne verrez jamais.
00:20:46La fameuse recette
00:20:47du Coca-Cola,
00:20:48laquelle nous n'aurons pas accès.
00:20:50Mais il y a malgré tout
00:20:51quelqu'un en France
00:20:51qui goûte le Coca-Cola
00:20:52pour nous dire
00:20:53qu'il ne s'agit pas d'un poison.
00:20:55Même si probablement
00:20:56que ça fait un peu plus grossir
00:20:57que ce qui est indiqué
00:20:57sur la bouteille.
00:21:00Et bien c'est ce qui nous manque
00:21:01aujourd'hui.
00:21:02Il nous manque
00:21:03une obligation de transparence
00:21:05sur des produits
00:21:05qui nous apparaissent
00:21:06comme étant défectueux,
00:21:08à minima,
00:21:08frauduleux probablement.
00:21:10les Anglais disent
00:21:11« it's a design ».
00:21:12C'est fait exprès.
00:21:14Et bien oui,
00:21:15ces plateformes sont faites
00:21:15pour fonctionner
00:21:16comme elles fonctionnent aujourd'hui.
00:21:18Et quand,
00:21:19en interne,
00:21:20à l'intérieur de ces plateformes,
00:21:21ils font des études
00:21:22pour essayer de mesurer
00:21:23l'impact nocif
00:21:24de leurs outils,
00:21:25de leurs produits,
00:21:27ils découvrent bien entendu
00:21:28qu'il y a un impact
00:21:29absolument nocif,
00:21:30mais ils ne font rien
00:21:30pour le changer.
00:21:32Un exemple
00:21:33qui ne porte pas
00:21:34aux questions d'information
00:21:35mais plutôt
00:21:35à celles de santé mentale
00:21:36apportée par Frances Hogan,
00:21:37cette lanceuse d'alerte
00:21:38en 2021,
00:21:41ils ont des études internes
00:21:42sur Instagram
00:21:43qui montrent que 16%
00:21:44des adolescents britanniques
00:21:45ont des pensées suicidaires
00:21:46quand elles ferment l'application.
00:21:48Quand ce rapport est montré
00:21:49au PDG de Meta,
00:21:50Mark Zuckerberg,
00:21:51est-ce qu'il fait quelque chose
00:21:52pour changer quoi que ce soit ?
00:21:53Absolument pas.
00:21:54Il continue d'appuyer
00:21:55sur l'accélérateur.
00:21:56Le problème,
00:21:57c'est que ce n'est pas lui
00:21:58qui est dans la voiture,
00:21:59c'est nous.
00:22:00Et je crois qu'il y a
00:22:03une urgence démocratique,
00:22:05sociale, citoyenne
00:22:07à ce que nous soyons capables
00:22:09de réexercer
00:22:10une forme de souveraineté
00:22:11à la fois dans notre pays
00:22:12mais aussi dans l'Union européenne.
00:22:14Nous ne pouvons plus accepter
00:22:15que des entreprises étrangères
00:22:17ne respectent pas nos lois,
00:22:19ne payent pas les impôts
00:22:20qu'elles nous doivent,
00:22:21permettent à toutes
00:22:22les puissances étrangères
00:22:23de bordéliser notre vie démocratique.
00:22:25Je crois qu'il faut dire
00:22:27que ça suffit.
00:22:30Et je crois que nous nous trompons
00:22:32dans notre manière
00:22:32d'aborder ces sujets.
00:22:34Elles ne comprennent que la force.
00:22:36Elles sont dans un rapport
00:22:37de force permanent
00:22:37de ces plateformes.
00:22:38Et je crois qu'il ne faut pas
00:22:39avoir peur d'essayer
00:22:41de leur tordre le cou.
00:22:43Vous avez certainement
00:22:44tout un tas de questions
00:22:45à nous poser,
00:22:47mais je voudrais,
00:22:47avant de vous laisser la parole
00:22:48et de nous laisser
00:22:51vous rappeler
00:22:51qu'on considère
00:22:53ces plateformes
00:22:53comme des tuyaux.
00:22:55Mais elles ne sont pas
00:22:55des tuyaux.
00:22:56Ce sont des médias.
00:22:58Et si l'idée
00:23:01pourrait paraître séduisante
00:23:02que n'importe qui
00:23:04puisse dire n'importe quoi,
00:23:05le problème,
00:23:06c'est qu'à la fin,
00:23:07les gens disent n'importe quoi
00:23:09et que surtout,
00:23:10d'autres les croient.
00:23:12Ce ne sont pas des tuyaux,
00:23:14ce sont des médias.
00:23:15Pourquoi ?
00:23:15Pour trois raisons
00:23:16assez simples.
00:23:18Est-ce que ce que vous voyez,
00:23:19M. le Président,
00:23:20ce que vous voyez,
00:23:21Mme Robert ou Mme Évren,
00:23:23est la même chose que moi ?
00:23:24Non.
00:23:24Ça veut donc bien dire
00:23:25qu'ils éditorialisent
00:23:27le contenu.
00:23:29Est-ce qu'ils diffusent
00:23:30de l'information ?
00:23:32Je crois qu'on est tous
00:23:33obligés de dire oui.
00:23:34Est-ce qu'ils gagnent
00:23:35de l'argent en faisant
00:23:35ces deux premières opérations ?
00:23:37Eh bien oui.
00:23:38Et donc je crois
00:23:39qu'il faut arrêter
00:23:40de considérer
00:23:40que nous avons face à nous
00:23:42autre chose que des médias
00:23:43et qu'ils doivent être
00:23:44régulés comme tels.
00:23:45les médias professionnels
00:23:47qui subissent tout un tas
00:23:48de contraintes
00:23:48à la fois réglementaires,
00:23:51politiques et sociales
00:23:53sont dans un combat
00:23:54totalement asymétrique
00:23:55et inégal.
00:23:57Nous ne pouvons pas
00:23:58les abandonner à cela,
00:23:59quels que soient
00:23:59les médias dont ils s'agissent.
00:24:02Et je crois que c'est aussi
00:24:03le rôle de la représentation nationale
00:24:05de nous protéger
00:24:06sur ces questions-là.
00:24:10Je crois que nous nous trompons
00:24:11en imaginant que
00:24:14ces plateformes
00:24:15ne savent pas
00:24:15ce que nous voyons.
00:24:17Elles savent très bien
00:24:17ce que nous voyons
00:24:18puisqu'elles utilisent
00:24:19toutes ces micro-informations
00:24:22compilées dans des bases
00:24:23de données
00:24:23exploitées par des intelligences
00:24:24artificielles
00:24:25afin de nous cibler
00:24:27avec des publicités
00:24:28qui correspondent
00:24:28très précisément
00:24:29à ce que nous sommes.
00:24:31Si elles sont donc capables
00:24:32de savoir ce que nous avons vu,
00:24:34pourquoi ne pas les forcer
00:24:34quand elles nous présentent
00:24:35une fake news
00:24:36à nous montrer
00:24:37sa contradiction à minima ?
00:24:40Je crois que ce serait déjà
00:24:42une première obligation
00:24:43à leur imposer
00:24:44que quand il existe
00:24:46des éléments factuellement faux
00:24:48– et vous avez bien remarqué
00:24:49que je n'ai pas utilisé
00:24:51le terme de vérité
00:24:52parce que même si moi,
00:24:53je crois qu'elle existe,
00:24:55j'ai pris l'habitude
00:24:56dans mes interventions publiques
00:24:58de ne plus l'utiliser
00:24:58parce que je ne sais pas très bien
00:25:00ce que les autres mettent
00:25:01derrière ce terme.
00:25:03Donc je crois qu'il faut
00:25:04absolument que nous passions
00:25:06à une vitesse supérieure.
00:25:10Alfred Savy disait
00:25:11que bien informés,
00:25:13ils seront des citoyens,
00:25:14mal informés,
00:25:15ils redeviendront des sujets.
00:25:16J'ai peur qu'au XXIe siècle,
00:25:182000 ans après la naissance
00:25:20des civilisations,
00:25:21nous soyons en train
00:25:22de redevenir des sujets,
00:25:25peut-être pires,
00:25:26comme le disait
00:25:26la grande chercheuse américaine
00:25:28Shoshana Zuboff
00:25:29qui compare les utilisateurs
00:25:31des réseaux sociaux
00:25:32à non pas des citoyens
00:25:34de la Rome antique
00:25:34mais aux esclaves
00:25:35de la Rome antique.
00:25:37Moi, je n'ai pas envie
00:25:37d'être un esclave,
00:25:38je n'ai pas envie
00:25:39d'être un sujet.
00:25:40Je crois que nous avons
00:25:41le droit d'exiger
00:25:42le fait de pouvoir
00:25:43être des citoyens.
00:25:45Je vous remercie.
00:25:46Merci.
00:25:47Première question
00:25:48de Sylvie Robert.
00:25:50La nièce.
00:25:53Bien.
00:25:54Merci
00:25:55de ces propos
00:25:58que pour ma part,
00:25:59mais je pense,
00:26:00nous partageons
00:26:00et c'est aussi la raison
00:26:01de l'objet
00:26:03de cette commission d'enquête
00:26:04autour d'un,
00:26:05vous avez compris,
00:26:06d'un concept
00:26:07zone grise
00:26:08de l'information
00:26:08qui nous impose
00:26:10d'y voir plus clair
00:26:12dans l'ensemble
00:26:13de ce champ.
00:26:15Et je voudrais commencer
00:26:16par,
00:26:16M. Brunner,
00:26:17je voudrais précisément
00:26:19que vous me disiez
00:26:22s'il est juste
00:26:23que vous avez dit
00:26:24à la fin de votre propos
00:26:25que j'ai vraiment
00:26:26beaucoup apprécié.
00:26:27Aujourd'hui,
00:26:28il y a une adéquation
00:26:29entre le fonctionnement
00:26:30ancestral de notre cerveau
00:26:32et ce qui se passe
00:26:34sur le champ
00:26:35informationnel
00:26:36et singulièrement,
00:26:37j'imagine,
00:26:38dans l'espace numérique.
00:26:39Est-ce que vous avez dit ça ?
00:26:40Oui.
00:26:41Oui.
00:26:42Donc, j'avais bien compris.
00:26:44Si je commence par là,
00:26:45ça veut dire que
00:26:48forcément,
00:26:48on a envie
00:26:49de vous poser la question,
00:26:50mais à tous les trois,
00:26:51mais on y reviendra,
00:26:53mais alors,
00:26:53quelles sont les solutions ?
00:26:55Les solutions,
00:26:57quand il y a une adéquation
00:26:58entre le fonctionnement
00:26:59ancestral de notre cerveau
00:27:00et ce qui se passe aujourd'hui,
00:27:02c'est que ça va
00:27:03très, très loin
00:27:04dans les...
00:27:04Mais vous l'avez dit
00:27:06vous-même,
00:27:07calibrage social,
00:27:08pensée paresseuse,
00:27:09captation de l'intention,
00:27:12tout ça, en fait,
00:27:13régit de façon cognitive
00:27:15ce que nous sommes amenés,
00:27:17finalement,
00:27:17à peut-être
00:27:19à la fois produire
00:27:20et recevoir.
00:27:20Donc,
00:27:21c'est assez effrayant.
00:27:23Alors moi,
00:27:23bien sûr,
00:27:24éducation aux médias,
00:27:24à l'information,
00:27:25on n'arrête pas
00:27:26d'en parler.
00:27:27Je n'y reviendrai pas
00:27:28parce que ça me met
00:27:30tellement en colère,
00:27:31je vais vous le dire,
00:27:31je le dis,
00:27:32on a vu Nathalie Sona
00:27:34qui est présidente
00:27:35du Clémy,
00:27:36moi j'ai à Rennes
00:27:37le Clémy,
00:27:38on essaie de...
00:27:39Et les journalistes
00:27:39nous disent,
00:27:40allez dans les...
00:27:40Mais si aujourd'hui
00:27:42on ne généralise pas,
00:27:43on ne oblige pas
00:27:46l'éducation nationale
00:27:48à finalement
00:27:49en faire presque un...
00:27:50On va dire un truc
00:27:52enseignement,
00:27:52je ne sais pas,
00:27:53obligatoire,
00:27:54comme un Finlande.
00:27:55Moi,
00:27:55il s'avère que j'étais
00:27:56à la commission d'enquête
00:27:57sur les ingérences étrangères
00:27:58où on a regardé
00:28:02comment...
00:28:04À la fois,
00:28:04on détectait,
00:28:05on caractérisait,
00:28:06mais on ne faisait pas
00:28:08obligatoirement de riposte
00:28:09pour des raisons
00:28:09qui sont...
00:28:10Mais on est dans un champ
00:28:11tout à fait particulier
00:28:12et où finalement,
00:28:14tout le monde nous disait,
00:28:15même les générales
00:28:16de corps armés
00:28:17les plus importants
00:28:19nous disaient
00:28:19que ça doit commencer
00:28:20dès le plus jeune âge,
00:28:21apprendre à lire,
00:28:22apprendre à douter,
00:28:23apprendre à décrypter,
00:28:24apprendre à regarder
00:28:25et surtout ne jamais
00:28:27prendre l'information
00:28:29telle qu'elle arrive
00:28:29mais en même temps
00:28:31toujours douter.
00:28:32Donc ça,
00:28:33on est d'accord.
00:28:34Et je pense que c'est
00:28:35un chantier absolument essentiel.
00:28:37Mais au-delà de ça,
00:28:38et ce sera ma première question,
00:28:40puisque M. Huchon,
00:28:42vous avez dit,
00:28:43finalement,
00:28:43la seule solution,
00:28:44c'est de tordre le cou
00:28:45aux plateformes.
00:28:47Mais comment on fait
00:28:48pour tordre le cou
00:28:49aux plateformes
00:28:49quand aujourd'hui,
00:28:50le DSA
00:28:51n'est même pas
00:28:53véritablement
00:28:54mis en oeuvre
00:28:55au niveau européen,
00:28:56qu'on a quand même
00:28:58beaucoup de dispositions
00:28:59aujourd'hui
00:29:00où,
00:29:01parce que,
00:29:02vous l'avez dit,
00:29:03il y a une économie
00:29:04qui régit aussi
00:29:05très puissante
00:29:07l'ensemble
00:29:07de cet écosystème
00:29:10et que les lobbies
00:29:11sont très forts,
00:29:13beaucoup de responsables politiques,
00:29:14et je ne parle pas
00:29:15au niveau français seulement,
00:29:16je parle plutôt
00:29:16au niveau européen,
00:29:18ne le font pas.
00:29:20Comment nous,
00:29:21et là,
00:29:22les législateurs
00:29:23que nous sommes,
00:29:23dites-nous,
00:29:24comment pouvons-nous
00:29:25tordre le cou
00:29:27à ces plateformes ?
00:29:32Ces plateformes
00:29:33disposent d'un statut
00:29:33d'hébergeur de contenu.
00:29:36Elles sont considérées
00:29:36comme des hébergeurs,
00:29:37donc comme des tuyaux.
00:29:39Mais oui,
00:29:39mais ce n'est pas vrai.
00:29:41Oui,
00:29:41mais ce ne sont pas
00:29:42des tuyaux.
00:29:43Donc,
00:29:43en fait,
00:29:43il faut changer
00:29:44le statut des plateformes.
00:29:45Ça paraît absolument
00:29:47fondamental.
00:29:48Là,
00:29:49on est en train
00:29:49d'expliquer
00:29:50à des voitures
00:29:51que c'est des vélos.
00:29:53Ça ne peut pas fonctionner.
00:29:54Et en réalité,
00:29:55le problème qu'on a,
00:29:56il est double.
00:29:58Il est à la fois
00:29:59quelque part
00:30:00dans notre illusion
00:30:01d'incapacité à agir,
00:30:02parce que nous avons
00:30:04une capacité à agir,
00:30:05et d'une certaine manière
00:30:07dans l'immense entreprise
00:30:09de manipulation
00:30:10menée par ces plateformes
00:30:11sur, finalement,
00:30:13notre immobilisme.
00:30:14Nous sommes face à...
00:30:17Je vais vous prendre
00:30:18un exemple très concret
00:30:19qui a eu lieu
00:30:19il y a deux semaines
00:30:20aux Pays-Bas.
00:30:21Un tribunal hollandais,
00:30:23suite à une plainte
00:30:24d'une association
00:30:25de parents,
00:30:26a attaqué Instagram
00:30:27pour les obliger
00:30:28à respecter
00:30:29une part du DSA
00:30:30très importante,
00:30:31qui est que les plateformes
00:30:32sont forcées
00:30:33par le DSA
00:30:34de mettre en place
00:30:35un algorithme chronologique
00:30:37pour les utilisateurs.
00:30:38Qu'est-ce que ça veut dire ?
00:30:39Ça veut dire que
00:30:40quand vous êtes
00:30:40sur un réseau social,
00:30:42vous êtes soumis
00:30:42à un algorithme
00:30:43qui vous propose
00:30:44un certain type de contenu.
00:30:46Vous ne savez pas pourquoi,
00:30:48vous ne savez pas comment,
00:30:49vous ne connaissez pas
00:30:49les critères
00:30:50qui sont utilisés
00:30:51par cet algorithme.
00:30:52Eh bien,
00:30:53le DSA dit
00:30:53qu'il faut que les plateformes,
00:30:55pour fonctionner
00:30:56dans l'Union européenne,
00:30:58elles doivent avoir
00:30:58un algorithme chronologique.
00:31:00Ce qui veut dire
00:31:00que vous allez voir
00:31:01publier les comptes
00:31:03des gens que vous suivez
00:31:04de manière chronologique.
00:31:06Ça veut dire
00:31:07qu'il n'y a pas
00:31:07d'intervention
00:31:08de la plateforme
00:31:08dans ce que vous allez voir.
00:31:10Le procès a lieu,
00:31:12Instagram est condamné
00:31:14parce qu'il refuse
00:31:15de le faire.
00:31:15Et leur défense
00:31:16au procès
00:31:17est d'expliquer
00:31:17qu'ils ne sont pas
00:31:17capables de le faire.
00:31:19Ils ne savent pas faire
00:31:20un algorithme chronologique.
00:31:22Voilà,
00:31:23c'est carrément
00:31:24Renaud qui vous explique
00:31:25qu'il ne s'est pas monté
00:31:25un volant sur la bagnole.
00:31:26Mais il y a un appel.
00:31:30Et avant l'appel,
00:31:31le tribunal dit
00:31:32« Attention, c'est 120 millions
00:31:33d'euros l'amende. »
00:31:36Et là, bizarrement,
00:31:37« Ah bah tiens,
00:31:38on sait faire. »
00:31:39« Ah bah on sait faire. »
00:31:40Et du coup,
00:31:41ils sont condamnés
00:31:41en appel une deuxième fois.
00:31:42Ils ne perdront pas l'amende,
00:31:43mais ils vont modifier
00:31:44l'algorithme pour les Pays-Bas.
00:31:45Mais je crois que nous avons
00:31:47désespérément besoin
00:31:49de ce type d'initiative
00:31:50en France
00:31:51parce qu'en réalité,
00:31:52nous avons des outils
00:31:53législatifs à notre disposition
00:31:55qu'il faut arriver
00:31:56à mettre en place.
00:31:58En fait,
00:31:59ce qui se passe là,
00:32:00c'est que...
00:32:01Et je ne vous ferai pas
00:32:03l'affront de considérer
00:32:05que vous faites partie,
00:32:06Mme la sénatrice,
00:32:07de ces hommes
00:32:08et ces femmes politiques-là.
00:32:09Mais le problème
00:32:10d'un homme et d'une femme
00:32:10politique aujourd'hui,
00:32:11c'est qu'il ne peut pas exister
00:32:13politiquement
00:32:13s'il n'a pas de présence
00:32:15sur les réseaux sociaux.
00:32:16Et donc,
00:32:17le premier qui va prendre
00:32:18la parole
00:32:18pour critiquer
00:32:19les réseaux sociaux
00:32:21sera d'une manière
00:32:22quasiment certaine,
00:32:23invisibilisé sur les plateformes
00:32:25par le miracle
00:32:26des algorithmes,
00:32:27ou par la décision
00:32:28de ces plateformes,
00:32:28nous verrons,
00:32:29peut-être que nous arriverons
00:32:29à enquêter là-dessus,
00:32:31si seulement
00:32:31nous avions en France
00:32:34un responsable politique
00:32:35qui ne peut pas
00:32:36se représenter
00:32:36à une élection.
00:32:38Je ne sais pas
00:32:39si vous voyez
00:32:39de qui je parle
00:32:40et qui déciderait
00:32:41de s'emparer
00:32:42de ce problème
00:32:43pour faire quelque chose.
00:32:44Peut-être que nous aurions
00:32:45une forme d'espoir.
00:32:46Mais je suis obligé
00:32:47de constater
00:32:48que nous n'avons pas
00:32:49aujourd'hui
00:32:49de réelle volonté politique
00:32:51de réguler
00:32:52les plateformes numériques.
00:32:53Elle existe
00:32:53au niveau européen,
00:32:54mais elle est plus portée
00:32:56par des régulateurs
00:32:58que par des législateurs.
00:32:59Elle est plus portée
00:33:00par la commission
00:33:01que par le Parlement.
00:33:04Et effectivement,
00:33:05nous avons un énorme problème.
00:33:07Nous avons un énorme problème
00:33:08parce que nous sommes
00:33:09face à une classe politique
00:33:10qui met
00:33:11ses intérêts personnels
00:33:13à gagner les élections
00:33:14avant ceux des citoyens
00:33:15dont ils devraient
00:33:16prendre la défense.
00:33:17Au début de l'élection 2022,
00:33:19de la présidentielle 2022,
00:33:20nous avons de mémoire
00:33:2344 ou 45 candidats
00:33:25sur la liste de départ
00:33:26de la course des petits chevaux.
00:33:27Il n'y a pas un seul
00:33:29de ces candidats
00:33:29qui avait dans son programme
00:33:31ou dans ses déclarations publiques
00:33:33une quelconque phrase
00:33:34pour réguler l'espace numérique.
00:33:36Donc je crois qu'en fait,
00:33:39moi, dans ma famille,
00:33:40on disait, tu sais,
00:33:41on a toujours les hommes
00:33:42et les femmes politiques
00:33:43qu'on mérite.
00:33:44Eh bien, je suis un peu déçu
00:33:46de voir que nous avons
00:33:47aujourd'hui des gens
00:33:49qui ne sont pas à la hauteur
00:33:50de l'enjeu.
00:33:51Et en même temps,
00:33:52je suis ravi de constater
00:33:53que certains essayent
00:33:56de relever le gant
00:33:56et de poser ces questions
00:33:57à minima.
00:33:59Si nous n'arrivons pas
00:34:00à apporter cette régulation,
00:34:01qu'au moins nous ayons
00:34:02ce débat public national,
00:34:03que cette conversation
00:34:04soit posée,
00:34:05que les Français soient avertis
00:34:07de ce qu'il se fait
00:34:08avec leurs données personnelles,
00:34:09de ce qui est fait
00:34:10en termes de manipulation
00:34:12de leurs forces cognitives
00:34:15par les plateformes numériques.
00:34:17En fait, on est, pour moi,
00:34:18ces entreprises,
00:34:19et peut-être que nous nous
00:34:20réveillerons un jour
00:34:21et nous l'aurons compris,
00:34:22mais pour moi,
00:34:24c'est l'industrie du tabac
00:34:25que nous avons en face de nous.
00:34:26Des gens qui ont conscience
00:34:28que leur produit est défectueux,
00:34:30qui ont conscience
00:34:31que leur produit est addictif
00:34:32et dangereux,
00:34:33et qui ne font absolument rien
00:34:35pour le modifier.
00:34:36Nous sommes face à une fraude
00:34:37qui n'est pas une fraude démocratique,
00:34:39c'est une fraude industrielle.
00:34:41Et c'est là que je ne comprends pas
00:34:42que les moyens,
00:34:43à la fois judiciaires, politiques,
00:34:45de la représentation nationale
00:34:47ou du gouvernement,
00:34:48ne nous permettent pas
00:34:49de lutter contre cela.
00:34:50Ce que je constate,
00:34:51c'est qu'ils n'ont pas envie
00:34:52de lutter contre,
00:34:53et que c'est probablement
00:34:54la principale raison
00:34:55pour laquelle nous sommes
00:34:56dans cette situation aujourd'hui.
00:35:00Je vais laisser mes collègues.
00:35:02Dans le prolongement,
00:35:03on a parlé de l'Europe,
00:35:04on a parlé de la France.
00:35:05Est-ce qu'il y a un État
00:35:06au niveau européen
00:35:08qui s'est emparé de ce sujet
00:35:11avec la volonté politique
00:35:12que vous énoncez
00:35:13et avec la force qui est...
00:35:15Est-ce qu'il y en a un
00:35:16qui aujourd'hui...
00:35:18Parce que vous avez vu
00:35:19la législation européenne,
00:35:20OK, on est législateur,
00:35:21on peut...
00:35:22Mais dites notre impuissance
00:35:24pour des raisons
00:35:24qu'on a comprises.
00:35:26Mais est-ce qu'il y a
00:35:27un État européen
00:35:28aujourd'hui
00:35:29que vous...
00:35:30C'est emparé de ce sujet
00:35:32ou pas ?
00:35:33Sur les questions
00:35:34d'éducation aux médias,
00:35:35effectivement,
00:35:36il y a une forme
00:35:36d'exemple européen
00:35:38qui est la Finlande,
00:35:39qui est un pays
00:35:40dans lequel la...
00:35:41Oui, mais la question éducative
00:35:43a été mise au cœur
00:35:44de la manière de répondre
00:35:46et de réagir.
00:35:48Je ne peux pas...
00:35:49Enfin, je constate
00:35:51qu'il y a eu
00:35:52des tentatives françaises.
00:35:55Effectivement,
00:35:55la commission
00:35:56sur les lumières
00:35:57à l'air numérique
00:35:57qui était un premier pas
00:35:59extrêmement intéressant
00:36:00et qui a produit
00:36:02déjà à minima
00:36:03quelque chose
00:36:03de fondamental
00:36:04qui est un état
00:36:05de la science
00:36:06sur la question,
00:36:08ce qui n'existait pas.
00:36:10Ça n'existait pas.
00:36:11Aucune commission
00:36:12de cet ordre-là
00:36:13n'avait réuni
00:36:14à la fois autant
00:36:14de chercheurs,
00:36:16de spécialistes,
00:36:17de grands scientifiques.
00:36:19Et je ne dis pas ça
00:36:20parce que le président
00:36:21de la commission
00:36:21est assis à nos côtés
00:36:23et qu'Aude
00:36:24a elle aussi
00:36:25été une membre
00:36:25de cette commission
00:36:26et que moi-même
00:36:26j'ai été auditionné
00:36:27par cette commission.
00:36:29La transparence
00:36:30est aussi un élément
00:36:31important
00:36:32quand on témoigne
00:36:33devant la représentation nationale
00:36:34et sans faire
00:36:35un conflit d'intérêt
00:36:36à minima.
00:36:37ça donne quand même
00:36:38une forme d'information
00:36:39aussi sur là
00:36:39où nous nous plaçons.
00:36:42À ma connaissance,
00:36:42nous n'avons pas
00:36:43d'exemple
00:36:46mais j'ai envie
00:36:47si je peux vous faire
00:36:48passer ce message
00:36:52que nous sommes
00:36:52le pays des lumières.
00:36:55Eh bien,
00:36:55il ne tient qu'à nous
00:36:56de redevenir
00:36:57cette incarnation
00:36:58du pays des lumières
00:36:59et il ne tient qu'à...
00:37:01On dit souvent
00:37:01que pour sauver la France,
00:37:03il faut 100 personnes
00:37:03prêtes à mourir pour elle.
00:37:05Eh bien,
00:37:06on est déjà un petit nombre
00:37:07dans cette salle, non ?
00:37:13Merci beaucoup
00:37:14pour vos propos
00:37:15très éclairants
00:37:15et c'est vrai
00:37:17comme ma collègue,
00:37:18j'ai été
00:37:19assez impressionnée
00:37:20par les termes
00:37:21que vous avez utilisés,
00:37:22M. Brunner,
00:37:23en disant
00:37:24ce qui affecte
00:37:24les réseaux sociaux,
00:37:25c'est notre calibrage social
00:37:26pas représentatif
00:37:27du réel.
00:37:28C'est quand même
00:37:29comment dire
00:37:30à la fois gravissime
00:37:31et angoissant
00:37:33quand on voit
00:37:34aujourd'hui
00:37:35les jeunes
00:37:35comme ils sont,
00:37:36comme vous dites
00:37:37vous-même,
00:37:38parler d'un emprisonnement
00:37:39algorithmique.
00:37:41Et donc,
00:37:42la question
00:37:42est de savoir
00:37:43comment est-ce qu'aujourd'hui
00:37:45on peut renforcer
00:37:46en effet
00:37:46l'esprit critique
00:37:48de nos jeunes
00:37:50sachant que
00:37:50ça a été dit
00:37:52aussi,
00:37:52il y a aujourd'hui
00:37:53un espèce d'effet,
00:37:54ce qu'on appelle
00:37:54un effet silo,
00:37:56c'est-à-dire que
00:37:56plus un adolescent
00:37:57est fragile
00:37:58et plus l'algorithme
00:38:00l'enferme
00:38:01en fait
00:38:01dans sa détresse
00:38:02parce qu'à un moment donné
00:38:03il a liké
00:38:04un contenu
00:38:05et on travaille aussi
00:38:06sur ces sujets-là.
00:38:07On a vu beaucoup
00:38:08d'adolescents,
00:38:09de mineurs
00:38:09hélas
00:38:10morts dans la solitude
00:38:11de leur chambre
00:38:12parce que
00:38:13Instagram
00:38:14ou TikTok
00:38:15leur a donné
00:38:15en fait
00:38:15le mode opératoire
00:38:17de leur faim
00:38:17avec des tutos
00:38:19qui les incitent
00:38:20au suicide
00:38:21et la scarification
00:38:21et moi
00:38:22quand on me dit
00:38:23que la France
00:38:23ne peut rien faire
00:38:24et que les plateformes
00:38:26sont totalement responsables
00:38:27d'ailleurs
00:38:27les propriétaires
00:38:28de ces plateformes
00:38:29eux-mêmes
00:38:30refusent que leurs propres
00:38:31enfants aillent
00:38:32sur ces réseaux sociaux
00:38:33et c'est là
00:38:33on voit la gravité
00:38:34du sujet
00:38:35donc monsieur
00:38:36dites-moi
00:38:36dites-nous
00:38:37comment est-ce
00:38:38qu'on peut aider
00:38:38cette nouvelle génération
00:38:40qui est totalement
00:38:42prisonnière
00:38:42de ces algorithmes
00:38:44qui sont totalement
00:38:45opaques
00:38:45et qui dictent
00:38:47leurs lois
00:38:47en fait
00:38:47et ce sont nos jeunes
00:38:49qui sont en première ligne
00:38:50et c'est ça
00:38:51qui m'inquiète profondément
00:38:52Merci de votre question
00:38:53madame la sénatrice
00:38:55d'abord
00:38:57je tiens à dire
00:38:57que le rapport
00:38:59que nous avons rendu
00:39:00n'est pas seulement
00:39:00un état de l'art
00:39:01il y a 30 recommandations
00:39:03qui sont à mon avis
00:39:04assez opérationnelles
00:39:05et dont certaines
00:39:07ressemblent beaucoup
00:39:07à ce qui était
00:39:09promulgué ensuite
00:39:10c'est-à-dire
00:39:10le Digital Services Act
00:39:11dont on a parlé
00:39:13que j'aurais envie
00:39:14plutôt de défendre
00:39:15car je crois
00:39:16que c'est un outil
00:39:17qu'il ne faut surtout
00:39:18pas sous-estimer
00:39:19mais la question
00:39:20que vous avez bien rappelé
00:39:21c'est son application
00:39:22et son applicabilité
00:39:24pourquoi n'est-il pas
00:39:24appliqué systématiquement
00:39:26je n'ai pas de réponse
00:39:27à ça
00:39:28mais je pense
00:39:28que ce serait
00:39:28une bonne question
00:39:29pour votre commission
00:39:30c'est-à-dire
00:39:30pourquoi exactement
00:39:32le Digital Services Act
00:39:33n'est pas appliqué
00:39:35car quand on le lit
00:39:36sur le papier
00:39:38il y a des mesures
00:39:39comme vous le savez
00:39:39de 6%
00:39:40de punition
00:39:41du chiffre d'affaires
00:39:44mondial
00:39:44qui sont
00:39:47incitatives
00:39:47du moins intimidantes
00:39:48je suppose
00:39:49il y a la possibilité
00:39:51d'accéder
00:39:51pour les chercheurs
00:39:52aux données
00:39:53parce que
00:39:54Thomas a eu raison
00:39:55de comparer cela
00:39:56à l'industrie
00:39:57du tabac
00:39:58mais il y a
00:39:58un problème
00:39:59c'est que les chercheurs
00:40:00si on ne peut pas
00:40:00accéder aux données
00:40:01on ne peut absolument
00:40:02pas comprendre
00:40:02ce qui se produit
00:40:03or le Digital Services Act
00:40:05nous autorise
00:40:05aujourd'hui
00:40:06et c'était une des recommandations
00:40:07de notre rapport
00:40:08entre parenthèses
00:40:09mais je peux vous dire
00:40:11d'expérience
00:40:12que c'est
00:40:13un
00:40:13comment dire
00:40:14un
00:40:16chemin de compostelle
00:40:17pour arriver
00:40:18jusqu'à obtenir
00:40:19de scraper
00:40:20les données
00:40:21dont on a besoin
00:40:22c'est vraiment
00:40:23terriblement intimidant
00:40:24voilà
00:40:25et beaucoup renoncent
00:40:26parce que
00:40:26là il y a
00:40:28le caractère Europe
00:40:29il faut avoir
00:40:30un ordinateur sécurisé
00:40:32etc
00:40:32c'est toute une série
00:40:33de problèmes
00:40:34bref je passe
00:40:34mais je disais
00:40:36qu'il faut voir aussi
00:40:37tout de même
00:40:38ne pas être inconscient
00:40:40et naïf
00:40:40sur les conditions
00:40:41internationales
00:40:42qui ont changé
00:40:42je ne vous apprendrai rien
00:40:43en vous disant
00:40:44que certains décideurs
00:40:45puissants
00:40:46ne sont plus du tout
00:40:47favorables
00:40:47à la régulation
00:40:48des médias numériques
00:40:49et qu'ils utilisent
00:40:51des arguments
00:40:52qui peuvent intimider
00:40:53aussi ce que je peux comprendre
00:40:54c'est pas moi
00:40:55d'arbitrer
00:40:55ce rapport de force
00:40:57mais je suis assez d'accord
00:40:58avec le fait
00:40:58qu'à un moment
00:40:59sous une forme
00:40:59ou sous une autre
00:41:00il faudra instaurer
00:41:02un rapport de force
00:41:02mais il faut avoir
00:41:03conscience aussi
00:41:03que l'application
00:41:04du DSA
00:41:05ou par exemple
00:41:05le travail de l'ARCOM
00:41:06qui est tout à fait
00:41:07salutaire
00:41:08nécessite des moyens
00:41:11gigantesques
00:41:12c'est très en dessous
00:41:14les tâches
00:41:15qui incombent
00:41:16à l'ARCOM
00:41:16sont très au-delà
00:41:18de ce qu'ils peuvent
00:41:19produire à mon avis
00:41:20avec le personnel
00:41:20tout à fait volontaire
00:41:22et qualifié
00:41:22qu'ils ont
00:41:24donc c'est pas une critique
00:41:25de l'ARCOM
00:41:25mais sommes-nous
00:41:26capables
00:41:26prêts à payer
00:41:27le prix
00:41:28de cette observation
00:41:30et cette régulation
00:41:30sauf si peut-être
00:41:31l'intelligence artificielle
00:41:32nous aide
00:41:33par analyse automatique
00:41:35des données
00:41:36parce qu'on ne peut pas
00:41:38imaginer la masse
00:41:39de ce que cela représente
00:41:40malgré tout
00:41:41alors donc
00:41:42face à la difficulté
00:41:45peut-être provisoire
00:41:46des contraintes
00:41:49internationales
00:41:49et évidemment
00:41:50il faudrait réguler
00:41:51ces plateformes
00:41:52mais on ne sait pas
00:41:52si on peut encore le faire
00:41:53il reste quand même
00:41:53quelque chose
00:41:55je l'ai beaucoup dit
00:41:55dans l'espace public
00:41:56qui est à notre main
00:41:57dans notre destin national
00:41:58c'est en effet
00:41:59la formation
00:42:00des esprits
00:42:01et vous avez parlé
00:42:03des EMI
00:42:03je ne vais pas en parler plus
00:42:04parce que je crois
00:42:05qu'Aude aura des choses
00:42:07à dire sur ce sujet
00:42:08mais je tiens quand même
00:42:09à préciser
00:42:09parce que je vois
00:42:10sans cesse
00:42:10cette confusion
00:42:13qui est dommageable
00:42:15en fait
00:42:16les EMI
00:42:17sont très utiles
00:42:18et il y a des études
00:42:19qui montrent
00:42:20leur efficacité
00:42:21qui ne vont pas
00:42:21toutes dans le même sens
00:42:22d'ailleurs
00:42:22mais la question
00:42:24du développement
00:42:24de l'esprit critique
00:42:25c'est autre chose
00:42:26ce n'est pas du tout
00:42:27la même opération
00:42:27en fait
00:42:28à mon avis
00:42:29c'est très complémentaire
00:42:30le développement
00:42:31de l'esprit critique
00:42:31c'est avant tout
00:42:33disons
00:42:34la stimulation
00:42:35de notre système
00:42:36métacognitif
00:42:36c'est prendre conscience
00:42:37de ses propres processus
00:42:39les EMI
00:42:39c'est prendre conscience
00:42:40de l'environnement
00:42:41informationnel
00:42:41les deux sont liés
00:42:42j'ai fait un peu les deux
00:42:43d'ailleurs
00:42:43dans mon allocution inaugurale
00:42:45j'ai mélangé un peu
00:42:46d'EMI
00:42:46et un peu d'esprit critique
00:42:47si vous voulez
00:42:48je pense que les deux
00:42:49sont liés
00:42:49et il faudrait qu'en effet
00:42:51on en fasse une priorité
00:42:52à mon avis
00:42:53nationale
00:42:54et pourquoi pas
00:42:55au niveau de l'éducation nationale
00:42:56ça ne vous aura pas échappé
00:42:57les ministres de l'éducation nationale
00:42:59ont beaucoup changé
00:42:59ces derniers temps
00:43:00j'en ai vu un certain nombre
00:43:02je verrai
00:43:02puisque je suis sous le sous
00:43:03de la vérité
00:43:04bientôt
00:43:04notre ministre actuel
00:43:06et que croyez-vous
00:43:07que je vais lui dire
00:43:08exactement ça
00:43:09évidemment
00:43:10mais nous verrons bien
00:43:11en tout cas
00:43:12de notre côté
00:43:13j'indique que nous avons
00:43:14justement
00:43:15de guerre-là
00:43:15monté une université populaire
00:43:17de l'esprit critique
00:43:18et de la rationalité
00:43:20en Sorbonne
00:43:21donc c'est ouvert
00:43:22pour tout le monde
00:43:23y compris les salariés
00:43:23puisqu'on fait le soir
00:43:25à 19h30
00:43:26pour que chacun puisse y aller
00:43:27c'est librement disponible
00:43:28sur Youtube
00:43:29paradoxalement
00:43:30sur la chaîne
00:43:30de la Sorbonne
00:43:31bien sûr
00:43:32mais sur Youtube
00:43:33pourquoi les mondes numériques
00:43:34ont aussi un intérêt
00:43:35je vous invite
00:43:36à aller regarder
00:43:37on est 10 maintenant
00:43:38au début j'étais tout seul
00:43:39maintenant nous sommes 10
00:43:40et l'année prochaine
00:43:41nous aurons un prix Nobel
00:43:42un aspect avec nous
00:43:43vous voyez
00:43:43donc l'équipe se renforce
00:43:46donc je crois
00:43:47tout de même
00:43:48que les études montrent
00:43:50qu'on peut obtenir
00:43:51des effets positifs
00:43:52et c'est ça la bonne nouvelle
00:43:53parce qu'on a à notre main
00:43:54notre destin national
00:43:55cela
00:43:57je pense notamment
00:43:58à ce que fait par exemple
00:43:58l'association Square
00:43:59c'est la première
00:44:00qui me vient à l'esprit
00:44:01mais parce qu'il y a
00:44:02cette association
00:44:03à la prudence
00:44:04de faire des interventions
00:44:05y compris dans les quartiers sensibles
00:44:06d'ailleurs
00:44:07prioritairement dans les quartiers sensibles
00:44:08et fait un pré-test
00:44:09et un post-test
00:44:10c'est ça l'intérêt
00:44:11c'est-à-dire qu'ils mesurent
00:44:12vraiment l'impact
00:44:13les effets
00:44:14de ce qu'ils produisent
00:44:15moi la seule critique que j'ai
00:44:16par rapport aux formidables
00:44:17initiatives associatives
00:44:18que je vois partout
00:44:18c'est qu'on ne mesure pas
00:44:19ce que l'on fait
00:44:20et si on ne mesure pas
00:44:21ce que l'on fait
00:44:21on ne sait pas si on fait bien
00:44:23ou si on ne fait rien
00:44:24en fait
00:44:24ou voire si on fait mal
00:44:25c'est aussi envisageable
00:44:27là les effets
00:44:29sont positifs
00:44:30et la bonne nouvelle
00:44:30c'est qu'ils sont durables
00:44:32longitudinaux
00:44:32c'est-à-dire trois mois après
00:44:33quand on revient sur le terrain
00:44:34on voit que les individus
00:44:36qui ont bénéficié
00:44:37de cette formation
00:44:38ils ont
00:44:40il y a un transfert
00:44:41pédagogique
00:44:41de compétences
00:44:42donc il y a de l'espoir
00:44:44mais je tiens aussi à dire
00:44:45que les jeunes esprits
00:44:46ne sont pas les seuls concernés
00:44:47on a raison de se préoccuper d'eux
00:44:49puisque c'est eux
00:44:50dans les classes d'âge
00:44:51qui dispensent le plus
00:44:53de disponibilité mentale
00:44:54aux écrans
00:44:54alors disponibilité mentale
00:44:56est absorbée chaque année
00:44:57un peu plus par les écrans
00:44:59il se passe des choses formidables
00:45:00mais pas que
00:45:01sur les écrans
00:45:01on l'a dit
00:45:02mais vous savez
00:45:03que des études un peu plus anciennes
00:45:04montrent que ceux qui diffusent
00:45:05les plus de fausses informations
00:45:06c'est plutôt les personnes
00:45:07du troisième âge
00:45:08alors les choses sont en train
00:45:09de changer un petit peu
00:45:10donc je suis prudent
00:45:12dans ce que je veux dire
00:45:12mais donc je pense
00:45:13qu'on est concerné par tous
00:45:14et donc au-delà
00:45:15de l'éducation nationale
00:45:16je pense qu'il faut aussi
00:45:18conscientiser le monde du travail
00:45:20en général
00:45:20par exemple
00:45:21par la formation continue
00:45:22c'est un accès possible
00:45:24au développement
00:45:25de la pensée analytique
00:45:27alors bon
00:45:27chacun d'entre nous
00:45:28on essaye un peu tous
00:45:29de faire ça
00:45:30mais c'est vrai
00:45:30que s'il y avait
00:45:31une coordination nationale
00:45:32et une aide
00:45:34plus notable
00:45:35si je puis dire
00:45:36moi je pense pas que
00:45:37je vais défendre un peu
00:45:39notre personnel politique
00:45:40si je puis dire
00:45:40j'ai toujours rencontré
00:45:41que des gens
00:45:41en général intelligents
00:45:43et je pense sincères
00:45:44mais je pense qu'il y a
00:45:45une dispersion
00:45:46de la décision politique
00:45:47et qu'elle est
00:45:48de plus en plus présentiste
00:45:49il n'y a pas de profondeur
00:45:51temporelle
00:45:51de la décision politique
00:45:52et ce genre de choses
00:45:53dont on parle là
00:45:54nécessite une profondeur
00:45:55temporelle
00:45:56voilà
00:45:56et l'agitation
00:45:57du marché
00:45:58de l'information
00:45:59nous touche aussi
00:46:00je pense
00:46:00moi je ne suis pas du tout
00:46:01un acteur politique
00:46:02je suis un commentateur
00:46:03c'est plus facile
00:46:04mais touche les acteurs politiques
00:46:05même qui sont sincères
00:46:06c'est pas la question
00:46:07et je pense
00:46:08par exemple
00:46:09un ministre de l'éducation nationale
00:46:10vous pouvez lui parler
00:46:11lui parler des critiques
00:46:12j'ai jamais rencontré
00:46:12de ministre
00:46:13qui me disait
00:46:13non
00:46:13c'est pas intéressant
00:46:14au contraire
00:46:16mais la semaine suivante
00:46:18il y a par exemple
00:46:18une agression
00:46:19ce qu'on peut comprendre
00:46:20qui va retenir son attention
00:46:21et puis l'agenda
00:46:22étant ce qu'il est
00:46:23et puis nous tous
00:46:23on se disperse
00:46:24donc il faudrait
00:46:26trouver une forme
00:46:27de catalyse sociale
00:46:28de nos efforts
00:46:29sur le long terme
00:46:31c'est ça qui manque
00:46:31en fait
00:46:32c'est pas la bonne volonté
00:46:36alors juste pour compléter
00:46:38ce que disait Gérald
00:46:38dans l'instant
00:46:40effectivement
00:46:41on a
00:46:42et moi le premier
00:46:43ça fait 12 ans
00:46:44que je fais de l'éducation
00:46:45en médias
00:46:45dans les collèges
00:46:46et les lycées de France
00:46:47j'ai fait à titre personnel
00:46:48plus de 500 interventions
00:46:50en 10 ans
00:46:50dans tout le pays
00:46:54avec un atelier
00:46:55qui est assez particulier
00:46:57parce qu'on essayait
00:46:58d'apprendre aux jeunes
00:46:58à fabriquer des fake news
00:46:59pour les prémunir
00:47:01justement
00:47:02et je crois
00:47:04qu'il y a deux choses
00:47:05la première
00:47:05c'est qu'on a pensé
00:47:06pendant très longtemps
00:47:07que la meilleure manière
00:47:07de lutter contre la désinformation
00:47:09c'était de faire
00:47:10de tous les citoyens
00:47:11des journalistes
00:47:11et des fact checkers
00:47:12en réalité
00:47:15ça marche pas si bien
00:47:16que ça
00:47:17et surtout
00:47:17ça marche pas
00:47:18dans une société
00:47:19de la délégation
00:47:21on a essayé
00:47:22de faire du pain
00:47:23pendant le Covid
00:47:23on continue de retourner
00:47:25chez le boulanger
00:47:25parce que c'est un vrai métier
00:47:27de faire du pain
00:47:28et bien bizarrement
00:47:29et c'est peut-être
00:47:29l'information la mieux cachée
00:47:30aux français
00:47:31depuis des années
00:47:32journaliste aussi
00:47:33c'est un vrai travail
00:47:33c'est un vrai métier
00:47:34qui demande des compétences
00:47:36de la méthodologie
00:47:37et c'est beaucoup
00:47:38trop souvent oublié
00:47:40et donc
00:47:41l'idée
00:47:42qu'on peut apprendre
00:47:43à tout le monde
00:47:44à faire du fact checking
00:47:45c'est peut-être vrai
00:47:46mais personne n'aura jamais
00:47:47le temps de faire
00:47:48du fact checking
00:47:49toute la journée
00:47:50et donc il faut
00:47:52trouver une autre manière
00:47:53d'agir
00:47:54et effectivement
00:47:54l'une des manières
00:47:55d'agir
00:47:55c'est qu'en réalité
00:47:56les êtres humains
00:47:57sont assez bien
00:47:59prédisposés
00:47:59à détecter les menteurs
00:48:01parce qu'en fait
00:48:01on est tous un peu
00:48:02des menteurs nous-mêmes
00:48:03donc on sait repérer
00:48:04un peu mieux
00:48:04ce type de code là
00:48:05que de vérifier
00:48:07une information
00:48:08en fait
00:48:08le fait de détecter
00:48:09les mensonges
00:48:09et détecter les menteurs
00:48:10c'est plus facile
00:48:12pour les êtres humains
00:48:13que de vérifier
00:48:14les informations
00:48:14à proprement parler
00:48:15donc ça montre
00:48:16qu'il y a peut-être
00:48:17une piste pédagogique
00:48:18là-dessus
00:48:18et je voudrais dire
00:48:18quand même
00:48:19pour exactement
00:48:20comme le dit Gérald
00:48:21que oui les jeunes
00:48:23oui bien entendu
00:48:23mais en réalité
00:48:25si vous exposiez
00:48:26les gens de plus de 50 ans
00:48:28à la quantité de fake news
00:48:29que voient nos adolescents
00:48:30ça fait bien longtemps
00:48:31que nous aurions
00:48:32un président
00:48:32comme celui
00:48:33dont nous parlions
00:48:34aux Etats-Unis
00:48:35entre 2016 et 2020
00:48:37ou depuis 2024
00:48:38la réalité
00:48:39c'est que le problème
00:48:40de la désinformation
00:48:41il touche massivement
00:48:43les adultes
00:48:44et ça nous pose
00:48:45un double problème
00:48:46parce que les adultes
00:48:47sont persuadés
00:48:47d'être capables
00:48:48de vérifier une information
00:48:49ce qui n'est pas vrai
00:48:50et deuxièmement
00:48:51ils ont des opinions
00:48:53et des convictions
00:48:54beaucoup plus ancrées
00:48:55et en réalité
00:48:56les fake news
00:48:56ça marche avant tout
00:48:57parce que ça parle
00:48:58d'un sujet
00:48:58sur lequel on a un peu
00:48:59envie d'y aller
00:49:01personne ne croit
00:49:02à la totalité
00:49:02des théories du complot
00:49:03des fake news
00:49:04on croit à celles
00:49:04qui vont dans le sens
00:49:05de ce qu'on croit
00:49:05déjà un tout petit peu
00:49:07moi j'ai deux chiffres
00:49:08à vous donner
00:49:09qui essaient
00:49:10d'objectiver un peu
00:49:11le phénomène
00:49:12moi j'ai essayé
00:49:12de mesurer
00:49:13avec des outils
00:49:13de social listening
00:49:14la diffusion
00:49:15non pas l'adhésion
00:49:16mais la diffusion
00:49:17des fake news
00:49:18en langue francophone
00:49:19depuis cinq ans
00:49:19sur la période 2020-2025
00:49:21ça représente
00:49:2215 milliards de vues
00:49:23pour les fake news
00:49:24et les théories du complot
00:49:25pour les 20 principales
00:49:26sur le réseau X
00:49:27anciennement Twitter
00:49:28il faut savoir
00:49:29pour comprendre un peu
00:49:30ce chiffre
00:49:30que nous sommes
00:49:3115 millions de français
00:49:32à être inscrits
00:49:33sur cette plateforme
00:49:34ce qui fait qu'en moyenne
00:49:35un français inscrit
00:49:36sur cette plateforme
00:49:37aurait vu passer
00:49:371000 fake news
00:49:38au cours des cinq
00:49:39dernières années
00:49:41X
00:49:41anciennement Twitter
00:49:43ce qui veut dire
00:49:44que
00:49:45peut-être que vous dites
00:49:46si vous êtes sur X
00:49:47que ce chiffre est dingue
00:49:48parce que vous n'en avez pas vu
00:49:49passer trois
00:49:49ben oui mais c'est bien ça
00:49:51l'existence de ces bulles de filtre
00:49:52et le fait que
00:49:53quand on en voit
00:49:53si vous n'en avez vu passer
00:49:55que trois en cinq ans
00:49:56ça veut dire que
00:49:56quelqu'un de l'autre côté
00:49:57sur la période
00:49:58en a vu passer 10 000
00:49:59et c'est ça ce qui explique
00:50:00en fait cette part invisible
00:50:01de l'iceberg
00:50:02de la désinformation
00:50:03c'est cette répétition
00:50:05permanente sur nos cerveaux
00:50:06qui fait que nous basculons
00:50:07dans ces croyances
00:50:09on est
00:50:10d'après le dernier
00:50:11baromètre IFOP
00:50:13sur le sujet
00:50:13de l'adhésion
00:50:14des français au complotisme
00:50:15à 37%
00:50:16de nos compatriotes
00:50:17sur un échantillon
00:50:18représentatif
00:50:19de 2000 personnes
00:50:20qui déclarent
00:50:21qui déclarent
00:50:22adhérer à une
00:50:23ou plusieurs théories
00:50:24du complot
00:50:25ce qui veut dire
00:50:26qu'on est même pas
00:50:27enfin on est sur du
00:50:28les gens n'ont même plus peur
00:50:29de dire d'une certaine manière
00:50:31publiquement
00:50:31qu'ils adhèrent
00:50:32à une théorie du complot
00:50:33ce qui est quand même
00:50:33un indice aussi
00:50:34je voudrais quand même
00:50:35vous dire un truc
00:50:35c'est que sur ces 15 milliards
00:50:37de vues du complotisme
00:50:39au cours des cinq dernières années
00:50:40et bien 88%
00:50:42de ce volume
00:50:42est le fait d'adultes
00:50:43de plus de 25 ans
00:50:44qui ont partagé ces contenus
00:50:45les moins de 25 ans
00:50:46dans la diffusion
00:50:47des fake news
00:50:48ne représentent que 12%
00:50:50ça veut dire
00:50:50qu'une fake news
00:50:51sur 8 seulement
00:50:52qui a circulé
00:50:53dans l'espace francophone
00:50:54depuis 5 ans
00:50:55est le fait
00:50:55de ces adolescents
00:50:56dont nous essayons
00:50:57en permanence
00:50:58de faire reposer
00:50:59le poids du monde
00:51:00et de ces traumas
00:51:02et du bordel
00:51:04dans lequel nous sommes
00:51:04donc je crois
00:51:05qu'il y a un moment
00:51:05où oui il faut aider les jeunes
00:51:06oui il faut les accompagner
00:51:08pour comprendre le monde
00:51:08dans lequel ils vivent
00:51:09mais on se trompe
00:51:10en considérant
00:51:11qu'ils sont les responsables
00:51:12de ce problème
00:51:13c'est pas vrai
00:51:14déjà on peut pas être responsable
00:51:15de grand chose
00:51:15quand on a 16 ans
00:51:16c'est plutôt
00:51:17on est plutôt la victime
00:51:18de tout ça
00:51:19que le coupable
00:51:20et donc voilà
00:51:21et un dernier chiffre
00:51:22si on prend
00:51:24une récente étude
00:51:25donc un quiz
00:51:26anti fake news
00:51:26qu'on a fait passer
00:51:27à 2000 personnes aussi
00:51:28afin d'essayer
00:51:29de leur faire
00:51:30de mesurer
00:51:31la capacité de résilience
00:51:33des français
00:51:33et bien
00:51:34plus on est âgé
00:51:35non pardon
00:51:36plus nous avons
00:51:37de l'expérience
00:51:38et bien moins
00:51:39les résultats
00:51:39sont intéressants
00:51:40ce qui veut dire
00:51:41que les plus jeunes
00:51:42il y a quand même
00:51:43une forme
00:51:44de leçon
00:51:44à tout ça
00:51:45c'est que les plus jeunes
00:51:46sont moins mauvais
00:51:46qu'on l'imagine
00:51:47sur ce sujet
00:51:48même s'ils doivent
00:51:49être accompagnés
00:51:49encore une fois
00:51:50et qu'il faut le faire
00:51:51mais n'oublions pas
00:51:52les adultes
00:51:52passons par la formation
00:51:54professionnelle
00:51:54c'est peut-être
00:51:55le seul sujet
00:51:56sur lequel
00:51:57le seul biais
00:51:58sur lequel nous pouvons
00:51:59jouer aujourd'hui
00:51:59mais en tout cas
00:52:00n'oublions pas
00:52:00les adultes
00:52:01surtout pas
00:52:02à un an
00:52:02d'une élection
00:52:03comme celle de 2027
00:52:04Madame Favre
00:52:05est-ce que vous pourriez
00:52:06revenir
00:52:07parce que c'est un point
00:52:07qui n'a pas été évoqué
00:52:10jusqu'à présent
00:52:11devant la commission
00:52:12la question du financement
00:52:13de la désinformation
00:52:14et à qui ça profite
00:52:19alors ça profite
00:52:21à beaucoup de gens
00:52:22le financement
00:52:23de la désinformation
00:52:24c'est effectivement
00:52:24une question
00:52:25qui m'avait alertée
00:52:26il y a quelques années
00:52:28en lisant un rapport
00:52:29du Global Disinformation Index
00:52:32qui je crois
00:52:32existe toujours
00:52:33et qui essayait
00:52:34de quantifier
00:52:35un petit peu
00:52:37les sommes
00:52:38en fait
00:52:38que pouvaient drainer
00:52:41ces contenus
00:52:41pour faire vite
00:52:43trompeurs
00:52:46des informations
00:52:47pures
00:52:48ou quel que soit
00:52:50le contenu
00:52:51qu'on peut leur donner
00:52:51mais en tout cas
00:52:53l'idée était
00:52:57d'essayer
00:52:58de toucher du doigt
00:52:58un phénomène
00:52:59en tout cas
00:52:59dont moi personnellement
00:53:00je n'avais même pas
00:53:01pris conscience
00:53:02à ce moment là
00:53:04c'est les marques
00:53:05les marques
00:53:06que tout le monde
00:53:07connaît ici
00:53:10des marques
00:53:11de grande distribution
00:53:11des marques
00:53:12de téléphonie mobile
00:53:14des marques
00:53:15finances
00:53:16de manière
00:53:17non négligeable
00:53:19des sites
00:53:20de désinformation
00:53:21donc des acteurs
00:53:22de désinformation
00:53:25et ça a été
00:53:27en fait
00:53:27le démarrage
00:53:28du coup
00:53:28de cette enquête
00:53:30dans laquelle
00:53:30on a plongé
00:53:31avec Sylvain Louvet
00:53:32avec qui j'avais
00:53:34corralisé
00:53:35ce documentaire
00:53:36on a plongé
00:53:37dans effectivement
00:53:38une des faces
00:53:38que je trouve
00:53:39qui est vraiment
00:53:40pour le coup
00:53:40je n'entends jamais
00:53:41personne trop
00:53:42se questionner
00:53:43sur cet aspect là
00:53:45en fait
00:53:45qui est complètement
00:53:46majeur
00:53:47de l'argent
00:53:48que tout cela
00:53:48rapporte
00:53:50et NewsGuard
00:53:51avait établi
00:53:52qu'il s'agissait
00:53:53simplement
00:53:54pour ce qui est
00:53:54de la publicité
00:53:55sur les sites
00:53:56parce qu'on peut faire
00:53:57de l'argent
00:53:58de plein de manières
00:53:58différentes
00:53:59enfin j'en ai
00:54:00deux trois en tête
00:54:01que je pourrais vous dire
00:54:02mais en tout cas
00:54:02la publicité
00:54:04sur les sites
00:54:05peut rapporter
00:54:07jusqu'à
00:54:07c'était 2,6 milliards
00:54:09je crois
00:54:09de dollars
00:54:11l'année
00:54:11du rapport
00:54:12qui était
00:54:12je crois
00:54:132022-2023
00:54:15tout ça
00:54:16est dans le rapport
00:54:17les lumières à l'air numérique
00:54:18et moi
00:54:20c'est quelque chose
00:54:21qui m'interpelle énormément
00:54:22c'est à dire que
00:54:25les marques
00:54:26ne sont
00:54:27en aucun point
00:54:28incitées
00:54:29d'une quelconque manière
00:54:31à
00:54:33nettoyer
00:54:34on va dire
00:54:34ou demander
00:54:35à leurs agences
00:54:36parce que souvent
00:54:36elles passent par des agences
00:54:37comme Publicis
00:54:38ou d'autres
00:54:40de nettoyer
00:54:41en fait
00:54:41un petit peu
00:54:43l'endroit
00:54:43où vont atterrir
00:54:44leurs encarts publicitaires
00:54:46pour la faire très courte
00:54:47aujourd'hui
00:54:48quand on veut faire
00:54:48de la publicité
00:54:51on n'appelle pas
00:54:52forcément directement
00:54:53le Figaro
00:54:54ou la Croix
00:54:55en fait
00:54:55on peut
00:54:56grâce
00:54:58au web
00:54:59on peut
00:55:00vouloir cibler
00:55:01les sénateurs
00:55:03qui se trouvent
00:55:04dans telle commission
00:55:05et qui sont
00:55:07de tel âge
00:55:08à tel âge
00:55:08etc
00:55:08on peut cibler
00:55:09de manière hyper précise
00:55:10maintenant
00:55:10les personnes
00:55:11qu'on veut
00:55:11absolument viser
00:55:12si ces personnes
00:55:14se retrouvent
00:55:15à se balader
00:55:16sur des sites
00:55:18haineux aussi
00:55:19on avait eu
00:55:20beaucoup de découvertes
00:55:21au niveau des sites
00:55:24vraiment hyper problématiques
00:55:26au niveau d'incitation
00:55:27à la haine raciale
00:55:28ou ce genre de choses
00:55:28etc
00:55:28et bien les encarts publicitaires
00:55:30vont se retrouver
00:55:32sur ces sites
00:55:33et donc
00:55:34c'est tout
00:55:35et j'insiste
00:55:37d'ailleurs sur une chose
00:55:38c'est que les encarts
00:55:39même gouvernementaux
00:55:40ou en tout cas
00:55:41la puissance publique
00:55:43se retrouvaient
00:55:44sur des sites
00:55:45je ne sais pas
00:55:46expliquant que
00:55:47le cancer pouvait se guérir
00:55:48avec du jus de carotte
00:55:50et donc
00:55:51tout ça
00:55:52est quand même
00:55:52en espèce
00:55:53c'est quelque chose
00:55:56d'assez hallucinant
00:55:57avec pourtant
00:55:58des possibilités
00:55:58assez simples
00:55:59c'est à dire
00:55:59qu'il y a
00:56:00je pense à Storizy
00:56:01par exemple
00:56:02une entreprise
00:56:02qu'on avait interrogée
00:56:04et qui avait
00:56:05cru
00:56:08concevoir un outil
00:56:09que toutes les entreprises
00:56:10allaient s'arracher
00:56:12parce qu'il permettait
00:56:13justement
00:56:13d'éviter
00:56:15ces sites
00:56:16particulièrement
00:56:18problématiques
00:56:19or
00:56:20ils ont eu
00:56:21quelques rendez-vous
00:56:22et
00:56:23dans de très très
00:56:24nombreux cas
00:56:25des fins de non recevoir
00:56:26parce que finalement
00:56:27ça reste un peu plus
00:56:28ça reste toujours coûteux
00:56:30il n'y a pas
00:56:31d'incitation
00:56:33c'est pas intéressant
00:56:34en fait
00:56:35tout simplement
00:56:35et donc
00:56:35je me demande
00:56:36s'ils n'ont pas
00:56:37même arrêté
00:56:38cette activité
00:56:38complètement
00:56:39donc il y a des solutions
00:56:40enfin c'est pas
00:56:41comme s'il n'y en avait pas
00:56:42mais tant que
00:56:43tout ça n'est pas
00:56:45il n'y a pas
00:56:46d'incitation réelle
00:56:48à avoir
00:56:51cette responsabilité
00:56:52là en fait
00:56:52et je parle
00:56:53d'entreprise
00:56:54pardon
00:56:54autre chose
00:56:54qui me choque
00:56:55beaucoup
00:56:55des grandes entreprises
00:56:57dont on peut suggérer
00:56:59qu'il y a
00:57:00enfin voilà
00:57:01elles vivent bien
00:57:02avec des énormes
00:57:04départements RSE
00:57:05donc moi
00:57:06c'était aussi
00:57:06quelque chose
00:57:07que je trouve
00:57:07assez fou
00:57:09donc que la responsabilité
00:57:11sociale des entreprises
00:57:12qu'on puisse en fait
00:57:14avoir des énormes départements
00:57:15qui voilà
00:57:17creusent des puits
00:57:18en Afrique
00:57:18enfin pardon
00:57:19mais pour les images
00:57:20un peu
00:57:20mais voilà
00:57:21qui font
00:57:21qui voilà
00:57:23ont telle ou telle action
00:57:25vertueuse
00:57:26etc etc
00:57:26pendant que
00:57:28chaque mois
00:57:29il y a X milliers d'euros
00:57:30qui vont dans des sites
00:57:32complotistes
00:57:32ça me paraît
00:57:33assez incohérent
00:57:34ça pose la question
00:57:35de la régulation
00:57:36en l'occurrence
00:57:37la régulation
00:57:38des annonceurs
00:57:39mais on peut imaginer
00:57:40des systèmes
00:57:40de régulation
00:57:41aussi
00:57:43sur les sites
00:57:44d'information
00:57:45ou les sites
00:57:46de désinformation
00:57:46enfin est-ce qu'il faut
00:57:48aller sur la labellisation
00:57:49par exemple
00:57:50de certains sites
00:57:51sur l'espace numérique
00:57:53quel sont
00:57:54votre point de vue
00:57:55sur ces questions
00:57:56de la régulation
00:57:57dans l'espace numérique
00:58:00du point de vue
00:58:00en particulier
00:58:01parce qu'il faut
00:58:02qu'on se revienne
00:58:02à notre sujet
00:58:03qui est très lié
00:58:04à l'espace informationnel
00:58:08quand on fait
00:58:09de la publicité
00:58:09sur internet
00:58:11ce qu'on appelle
00:58:11la publicité
00:58:12programmatique
00:58:13ça veut dire
00:58:14qu'en réalité
00:58:15vous l'annonceur
00:58:15vous ne savez pas
00:58:16forcément
00:58:17vers qui
00:58:18va se tourner
00:58:18la publicité
00:58:19il se trouve
00:58:19que ces agences
00:58:21qui font de la publicité
00:58:22programmatique
00:58:22ont quand même
00:58:23des champs d'exclusion
00:58:25il y a tout un tas
00:58:26de sites
00:58:26sur lesquels
00:58:27ils ne font pas
00:58:27de la publicité
00:58:28parce qu'ils ont
00:58:28des filtres
00:58:29alors il y a
00:58:30les questions
00:58:30djihadistes
00:58:31il y a les questions
00:58:31du porno
00:58:32il y a tout un tas
00:58:33de sujets
00:58:34sur lesquels
00:58:34les sites de vente
00:58:35d'armes
00:58:35les sites de vente
00:58:36de drogue
00:58:37ils ne vont pas
00:58:38sur ces sites là
00:58:38donc ça veut bien dire
00:58:39qu'il y a une possibilité
00:58:41d'établir
00:58:42à minima
00:58:43une liste
00:58:44de
00:58:45une liste noire
00:58:46en l'occurrence
00:58:47ou en tout cas
00:58:48des sites sur lesquels
00:58:49ça ne pourrait pas
00:58:50fonctionner
00:58:51donc je crois
00:58:52encore une fois
00:58:53que
00:58:54il y a
00:58:56il y a
00:58:56une
00:58:56il y a une
00:58:57inadéquation
00:58:58entre un marché
00:58:59de la désinformation
00:59:00qui marche très bien
00:59:01et sur lequel il y a
00:59:02beaucoup à la fois
00:59:03de clients
00:59:04et de business
00:59:05et une volonté
00:59:07démocratique
00:59:08citoyenne
00:59:09d'essayer
00:59:10d'aborder les choses
00:59:12d'une manière différente
00:59:13
00:59:13sur les
00:59:15en fait
00:59:15rien n'empêche
00:59:17demain
00:59:18de fixer
00:59:19un certain nombre
00:59:19de règles
00:59:20à ces agences
00:59:21qui font de la publicité
00:59:22programmatique
00:59:23aujourd'hui
00:59:25il y a
00:59:26très peu de règles
00:59:27et en fait
00:59:28les seules initiatives
00:59:29qu'on connaît
00:59:30qui ont permis
00:59:30de faire évoluer
00:59:31un peu
00:59:31sur ces sujets
00:59:32c'était bien souvent
00:59:33des associations
00:59:34qui allaient
00:59:37sur des sites
00:59:38de désinformation
00:59:38et qui constataient
00:59:40que
00:59:42EDF
00:59:43la SNCF
00:59:44Total
00:59:44n'importe lequel
00:59:46faisait de la publicité
00:59:47ils faisaient une capture
00:59:48d'écran
00:59:48et ils interpellaient
00:59:50sur les réseaux sociaux
00:59:51ces marques
00:59:51en disant
00:59:51attention
00:59:53là vous faites quand même
00:59:54de la pub
00:59:54chez des gens
00:59:55qui disent que la terre
00:59:55est plate
00:59:56est-ce que vous voulez
00:59:56vraiment
00:59:57que votre image de marque
00:59:58soit associée
00:59:59à ce type
01:00:00de contenu
01:00:01je pense qu'on peut
01:00:02les citer
01:00:03non
01:00:03c'est les Sleeping Giants
01:00:04alors c'est les Sleeping Giants
01:00:05en l'occurrence
01:00:06mais je pense que
01:00:07peut-être que vous en parlerez
01:00:08avec certains
01:00:09de vos auditionnés
01:00:10puisqu'ils ont eu
01:00:11récemment
01:00:13un
01:00:15il y a eu un
01:00:16comment dirais-je
01:00:16un buzz négatif
01:00:18autour de
01:00:19de la marque
01:00:20Leroy Merlin
01:00:21qui
01:00:22qui a retiré
01:00:23ses publicités
01:00:24à la suite
01:00:25d'un signalement
01:00:25de cet agent
01:00:26de cette association
01:00:27des Sleeping Giants
01:00:28et qui derrière
01:00:30en a subi
01:00:31les foudres
01:00:33de manière
01:00:34extrêmement violente
01:00:35ça a généré
01:00:36des campagnes
01:00:37de haine
01:00:38contre Leroy Merlin
01:00:39de la part
01:00:39de militants
01:00:40politiques
01:00:41situés
01:00:42plutôt
01:00:42à l'extrême droite
01:00:43de l'échiquier
01:00:44et qui ont
01:00:47été
01:00:47jusqu'à
01:00:48provoquer
01:00:49des agressions
01:00:50de personnes
01:00:51qui tenaient
01:00:52des boutiques
01:00:52Leroy Merlin
01:00:53donc là
01:00:54on voit bien
01:00:55effectivement
01:00:56que
01:00:56cette question
01:00:57de la publicité
01:00:58programmatique
01:01:00elle demande
01:01:01une forme
01:01:01de régulation
01:01:02ça paraît
01:01:03aberrant
01:01:04qu'on soit
01:01:06arrivé dans
01:01:06une situation
01:01:07où quand une
01:01:08entreprise
01:01:08souhaite faire
01:01:09de la publicité
01:01:10elle ne sache pas
01:01:11où va sa publicité
01:01:12elle ne sache pas
01:01:15à qui
01:01:16alors si elle sait
01:01:17à qui est destinée
01:01:17la publicité
01:01:18mais elle ne sait pas
01:01:19sur quel support
01:01:20la publicité
01:01:21va être présentée
01:01:21et donc ça dépendra
01:01:23du coup
01:01:23comme Aude l'a expliqué
01:01:24d'une forme
01:01:25de parcours numérique
01:01:26puisque ce qu'on va chercher
01:01:27c'est pas
01:01:28le site sur lequel
01:01:29vous allez aller
01:01:30c'est là où vous allez aller
01:01:32et en fonction
01:01:33de là où vous allez aller
01:01:33vous allez être ciblé
01:01:35avec telle ou telle publicité
01:01:36ça montre quand même
01:01:37quelque chose
01:01:38c'est que
01:01:40si on arrive
01:01:41à vous retrouver
01:01:41sur un site internet
01:01:42alors qu'on est supposé
01:01:44pas savoir qui vous êtes
01:01:45c'est qu'il y a quand même
01:01:46quelqu'un qui sait
01:01:47dans cette histoire
01:01:49donc ça pose quand même
01:01:50un certain nombre
01:01:51d'éléments
01:01:51vous parliez
01:01:52de financement
01:01:52de la désinformation
01:01:54Aude vous a donné
01:01:55un certain nombre
01:01:56de chiffres
01:01:56il y a eu récemment
01:01:57un rapport
01:01:59qui estimait
01:02:00le coût
01:02:00de la désinformation
01:02:01pour les entreprises
01:02:02sur l'année 2024
01:02:03à plus de 400 milliards
01:02:05de dollars
01:02:05dans les pays occidentaux
01:02:08je pense que
01:02:09peut-être
01:02:10que l'une des manières
01:02:11de motiver
01:02:13les gens
01:02:14à lutter
01:02:14contre la désinformation
01:02:15c'est aussi
01:02:17et notamment
01:02:17les entreprises
01:02:18c'est d'expliquer
01:02:19que ça coûte
01:02:19de l'argent
01:02:20tout ça
01:02:21j'en veux pour exemple
01:02:22l'affaire des punaises
01:02:23de lits
01:02:23en octobre 2023
01:02:24plus personne n'osait
01:02:25s'asseoir dans le métro
01:02:26parce qu'il y avait
01:02:26tellement de punaises
01:02:27de lits partout
01:02:27c'était une opération
01:02:29d'influence russe
01:02:29c'était pas vrai
01:02:31c'était faux
01:02:31cette histoire
01:02:32et bien au-delà
01:02:33de l'image de la France
01:02:34qui a été profondément
01:02:35écornée à quelques mois
01:02:36des Jeux Olympiques
01:02:37nous avons quand même
01:02:386 entreprises françaises
01:02:39qui ont vu leur chiffre
01:02:39d'affaires profondément
01:02:40impacté par cette fake news
01:02:41créée par les services
01:02:42de renseignement russe
01:02:43sur lesquels
01:02:44Virginium a très bien
01:02:45documenté les choses
01:02:46on a donc Air France
01:02:48les Hôtels Accords
01:02:48la RATP
01:02:49la SNCF
01:02:50et les cinémas
01:02:50Pathé et UGC
01:02:52qui ont été
01:02:53très impactés
01:02:54ça dit quelque chose
01:02:55d'ailleurs du côté
01:02:56extrêmement sélectif
01:02:57des punaises de lits
01:02:58quand elles vont au cinéma
01:02:59puisqu'elles vont
01:03:00chez Pathé et chez UGC
01:03:01mais elles ne vont pas
01:03:02chez Gaumont
01:03:03c'est quand même
01:03:04très surprenant
01:03:05tout ça
01:03:05les punaises de lits
01:03:06choisissent leur cinéma
01:03:06non en fait
01:03:07ça veut dire que les russes
01:03:08qui avaient leur petit hashtag
01:03:10pour mener une opération
01:03:11d'influence
01:03:11n'avaient pas Gaumont
01:03:12dans les hashtags
01:03:13à impliquer
01:03:14dans leur mission
01:03:16et que du coup
01:03:17Gaumont est passé
01:03:18entre les mailles du filet
01:03:18dans cette histoire
01:03:19Monsieur le professeur
01:03:21sur le
01:03:23on a bien compris
01:03:24le lien entre
01:03:25désinformation
01:03:26malinformation
01:03:27et l'impact
01:03:27sur l'opinion publique
01:03:28nous serons à travers
01:03:29le chiffre que vous avez
01:03:30donné 1%
01:03:3133%
01:03:321% des comptes
01:03:3233%
01:03:33est-ce que le lien
01:03:34il est aussi
01:03:36documenté
01:03:38sur
01:03:39l'opinion
01:03:40désinformation
01:03:41opinion publique
01:03:42et le vote
01:03:43électoral
01:03:43non
01:03:44il y a beaucoup
01:03:45de controverses
01:03:46à ma connaissance
01:03:47en littérature scientifique
01:03:48il faudrait pas avoir
01:03:50convoqué un modèle
01:03:51trop simpliste
01:03:52de désinformation
01:03:53qui produirait
01:03:54un acte électoral
01:03:55d'abord parce qu'il faut
01:03:56le ramener à hauteur
01:03:56de vue
01:03:57très ordinaire
01:03:58si vous êtes de droite
01:03:59ou si vous êtes de gauche
01:04:00si vous avez des convictions
01:04:01particulières
01:04:02le fait d'être exposé
01:04:03à une information
01:04:04qui contredit
01:04:05votre représentation du monde
01:04:06n'est pas de nature
01:04:07à changer votre représentation
01:04:08du monde
01:04:08et heureusement
01:04:08nous avons une forme
01:04:09de stabilité mentale
01:04:10il ne faut pas exagérer
01:04:12l'influence directe
01:04:13que peut avoir
01:04:14l'information
01:04:14la fausse information
01:04:15sur nos convictions politiques
01:04:17je dirais que ça ne se passe
01:04:17pas comme ça
01:04:18d'après ce qu'on peut observer
01:04:19ça ne se passe pas
01:04:20par un lien de causalité directe
01:04:22ce qui peut se produire
01:04:23par contre
01:04:23c'est que c'est un impact
01:04:24sur les indécis
01:04:25sur un certain nombre
01:04:26de questions
01:04:26et en particulier
01:04:27sur un certain nombre
01:04:28de questions techniques
01:04:29par exemple
01:04:30je pense à l'anti-vaccination
01:04:31c'est un sujet
01:04:32sur lequel j'ai travaillé
01:04:33ça peut être des questions
01:04:34extrêmement techniques
01:04:35des arguments
01:04:35sur l'adjuvant
01:04:36l'adjuvant à l'aluminium
01:04:38etc
01:04:38si vous n'y connaissez rien
01:04:40comme la plupart d'entre nous
01:04:42bien entendu
01:04:42c'est assez naturel
01:04:43vous allez être impacté
01:04:44par l'exposition statistique
01:04:45de certains arguments
01:04:46c'est possible
01:04:48par contre
01:04:48si vous êtes pro-vaccination
01:04:50d'ores et déjà
01:04:51vous n'aurez pas
01:04:51un impact significatif
01:04:56mais par contre
01:04:57vous allez me dire
01:04:58mais quel rapport
01:04:58avec le vote
01:04:59le problème
01:05:01c'est que par capillarité
01:05:02les thèmes sont assez liés
01:05:04ce que montre la science
01:05:05c'est que quand vous entrez
01:05:07en général
01:05:07dans une théorie du complot
01:05:08vous finissez par
01:05:09toutes les adopter
01:05:10et ces théories du complot
01:05:11par exemple
01:05:12ne sont pas neutres
01:05:13politiquement
01:05:13d'ailleurs elles sont
01:05:14très identifiées
01:05:15dans le spectre politique
01:05:16beaucoup plus à l'extrême droite
01:05:17un peu à l'extrême gauche
01:05:18aussi
01:05:18c'est les courbes dites en J
01:05:21il y en a partout
01:05:22bien entendu
01:05:22mais elles ne sont pas
01:05:22écu réparties
01:05:23dans le spectre politique
01:05:24donc ça peut être
01:05:25des portes d'entrée
01:05:27ce que montre aussi
01:05:28un collègue hollandais
01:05:29c'est qu'il y a
01:05:30une corrélation
01:05:31tout à fait significative
01:05:31et reproduite
01:05:33sur le fait
01:05:34d'être radical
01:05:35et d'adopter
01:05:37des théories du complot
01:05:37mais ça peut aller
01:05:38dans les deux sens
01:05:39c'est à dire que
01:05:39le fait d'adopter
01:05:40certains récits
01:05:42alternatifs
01:05:43comme ils disent
01:05:43de la réalité
01:05:44peut vous enrager
01:05:45et que vous trouviez
01:05:47ensuite un débouché politique
01:05:48par exemple
01:05:48dans les propositions populistes
01:05:49c'est pas mécanique
01:05:50mais ça peut se produire
01:05:51mais l'inverse
01:05:52c'est possible aussi
01:05:52vous fréquentez
01:05:53des propositions populistes
01:05:54c'est à dire
01:05:55qui vont dans le sens
01:05:55de vos intuitions
01:05:56les plus spontanées
01:05:57sur le monde
01:05:58et peu à peu
01:05:58vous adoptez
01:05:59des propositions
01:06:01qui sont adjacentes
01:06:03en fait
01:06:04à ces propositions politiques
01:06:04et qui peuvent être
01:06:06dissimulées en fait
01:06:07officiellement
01:06:08par les appareils de partis
01:06:09il n'y a pas beaucoup
01:06:10d'appareils de partis
01:06:10en France
01:06:11ceux qui le font officiellement
01:06:12ils n'ont pas beaucoup
01:06:13de succès électoral
01:06:14c'est à dire
01:06:15par exemple
01:06:15le conspirationnisme
01:06:16ne se convertit que très peu
01:06:17en puissance électorale
01:06:19dans notre pays
01:06:20il y a des candidats
01:06:21je ne vais pas les mentionner
01:06:21vous les avez tous en tête
01:06:22je ne vais pas faire
01:06:23de name dropping
01:06:23qui défendent vraiment
01:06:26frontalement
01:06:26des propositions
01:06:27des propositions
01:06:29conspirationnistes
01:06:29ça ne paye pas
01:06:31électoralement
01:06:31il y a même des candidats
01:06:32qui ne l'étaient pas
01:06:34conspirationnistes
01:06:34qui sont devenus
01:06:35à la faveur
01:06:36de la pandémie
01:06:37par exemple
01:06:37et qui ont vu
01:06:38leur score électoral
01:06:39fondre vraiment
01:06:40comme neige au soleil
01:06:41donc je ne peux pas dire
01:06:41que ceux-ci
01:06:42pour l'instant
01:06:43dans l'état actuel
01:06:44dans certains autres pays
01:06:45je ne tiendrai pas
01:06:46ce discours
01:06:46se convertissent
01:06:47immédiatement électoralement
01:06:48ça ne marche pas comme ça
01:06:49c'est plutôt une image
01:06:50de petits ruisseaux
01:06:51qu'il faut imaginer
01:06:53et le plus dangereux
01:06:55ce n'est pas seulement
01:06:56les conditions
01:06:57les conséquences électorales
01:06:58c'est le fait
01:06:58de continuer
01:06:59à vivre
01:07:00dans la même société
01:07:01mais plus tout à fait
01:07:01dans le même monde
01:07:02songez qu'aucune politique
01:07:05publique rationnelle
01:07:06ne peut être menée
01:07:07si nous ne sommes pas
01:07:07d'accord au moins
01:07:08sur l'existence du réel
01:07:10si nous sommes
01:07:10dans une post-réalité
01:07:11et si vous êtes
01:07:12dans un pays
01:07:13où les gens
01:07:14ne croient pas
01:07:14l'existence
01:07:15du virus Covid-19
01:07:16par exemple
01:07:17ils sont trouvés
01:07:17dans notre pays
01:07:18mais qui est très minoritaire
01:07:19s'ils avaient constitué
01:07:20une population
01:07:21plus importante
01:07:22comment voulez-vous
01:07:23pratiquer la distanciation sociale
01:07:25inciter au port du masque
01:07:26et que dire du confinement
01:07:28ou encore d'une politique vaccinale
01:07:29il n'y a aucune raison
01:07:30si vous pensez
01:07:31que le virus n'existe pas
01:07:32donc le maintien
01:07:33d'un socle épistémique commun
01:07:35doit être
01:07:36à mon avis
01:07:37un objectif
01:07:39transpartisan
01:07:39voilà
01:07:40je ne pense pas
01:07:41que ça puisse être
01:07:42un objectif de droite
01:07:43de gauche
01:07:43ou même d'extrême droite
01:07:44je pense que ça doit être
01:07:45un objectif transpartisan
01:07:46parce que sans cela
01:07:47il ne peut pas y avoir
01:07:48de politique
01:07:50rationnelle
01:07:51qui peut être menée
01:07:55j'ai bien entendu
01:07:57ce que vous avez dit
01:07:57néanmoins
01:07:58comment expliquez-vous
01:08:00que
01:08:02nous avons des chaînes
01:08:03d'info en continu
01:08:04depuis pas si longtemps
01:08:05en fait
01:08:06depuis une dizaine d'années
01:08:08que certaines d'entre elles
01:08:09ont des objectifs
01:08:11très
01:08:13précis
01:08:14et que quand
01:08:15ces dernières
01:08:16et je ne vais pas les citer
01:08:19en boucle
01:08:21je reviens toujours
01:08:22à ce que vous avez dit
01:08:23en
01:08:24vos propos liminaires
01:08:26ne cesse de
01:08:29parler
01:08:29d'un certain nombre
01:08:30de sujets
01:08:32je vais vous dire
01:08:33un
01:08:33je vais vous en
01:08:34on c'est un
01:08:34c'est pas
01:08:35la question
01:08:35de la sécurité
01:08:36et qu'à l'aune
01:08:38des élections municipales
01:08:40nous qui sommes
01:08:41dans un certain
01:08:41nombre de territoires
01:08:43ce sujet
01:08:44revient
01:08:45comme étant
01:08:47la vision du monde
01:08:49de certains
01:08:50alors même
01:08:50qui n'ont absolument
01:08:52aucun problème
01:08:53de sécurité
01:08:53mais tout ça pour
01:08:54non pas manipuler
01:08:56mais influencer
01:08:57ou
01:08:59il n'y a peut-être
01:08:59pas de lien de causalité
01:09:00mais il y a quelque chose
01:09:02qui se passe
01:09:02et aujourd'hui
01:09:03c'est aussi ça
01:09:04qu'on a envie
01:09:05de décrypter
01:09:07c'est que
01:09:08la question de l'influence
01:09:10et du coup
01:09:11derrière de la manipulation
01:09:13est bien quand même
01:09:14à l'oeuvre
01:09:15dans un pays
01:09:15qui part des médias
01:09:17en ligne
01:09:18pour certains
01:09:18extrêmement
01:09:20on va dire
01:09:21orientés
01:09:22je n'ai pas dit
01:09:23engagés
01:09:23parce qu'on vient
01:09:24de recevoir
01:09:25des médias
01:09:25engagés
01:09:26ce n'est pas
01:09:26la même chose
01:09:27et d'autres
01:09:28non mais
01:09:29certains peuvent être
01:09:29orientés aussi
01:09:30oui voilà
01:09:31mais orientés
01:09:32et d'autres
01:09:33qui diffusent
01:09:34mais en permanence
01:09:36et je crois
01:09:37que c'est
01:09:39une personne
01:09:40que nous avons
01:09:41auditionnée
01:09:41tout à l'heure
01:09:42qui disait
01:09:42que
01:09:43vous avez analysé
01:09:44les fausses informations
01:09:45c'est
01:09:48toutes les 4 minutes
01:09:49ou je ne sais plus
01:09:49il y avait
01:09:51c'est ça
01:09:52une toutes les 4 minutes
01:09:55ben voilà
01:09:56il y a quand même
01:09:58un petit sujet
01:09:59non ?
01:10:01je ne dis pas
01:10:02un petit sujet
01:10:02mais je reviens
01:10:04à ce lien
01:10:04de causalité
01:10:05parce que derrière
01:10:06il y a quand même
01:10:06l'objectif
01:10:07c'est le vote
01:10:07soyons pas non plus
01:10:09des enfants de coeur
01:10:09à cet endroit là
01:10:11c'est que
01:10:12c'est très très clair
01:10:13donc je voudrais
01:10:13comprendre
01:10:14comment
01:10:16mesurer cet impact
01:10:17et comment
01:10:19mesurer cet impact
01:10:19et qu'à un moment
01:10:20vous puissiez
01:10:21dire
01:10:22mais vraiment
01:10:22je ne remets pas
01:10:23j'essaie
01:10:24comme vous
01:10:25de me questionner
01:10:26c'est notre
01:10:27propos aujourd'hui
01:10:28dans la commission
01:10:29d'enquête
01:10:29pour se dire que
01:10:30ça n'aurait pas
01:10:31d'influence
01:10:32et c'est ça
01:10:32qui nous préoccupe
01:10:33quand même
01:10:33on a vu ce qui s'est passé
01:10:35aux Etats-Unis
01:10:35pour ce que je sais
01:10:36je ne sais pas tout
01:10:37sur le sujet
01:10:38il faut bien distinguer
01:10:40évidemment les intentions
01:10:40de ceux qui par exemple
01:10:43financent et parlent
01:10:44sur ces micros
01:10:46et les effets
01:10:46qu'ils produisent
01:10:47qu'ils aient des intentions
01:10:49d'éditorialiser
01:10:49le monde politique
01:10:50d'une façon ou d'une autre
01:10:51j'en doute pas
01:10:52un instant
01:10:52mais ça on pourrait dire
01:10:53la même chose
01:10:54de médias
01:10:55disons
01:10:56de sensibilité
01:10:56d'extrême droite
01:10:57ou d'extrême gauche
01:10:58à mon avis
01:10:58c'est une éditorialisation
01:10:59du monde
01:11:00et ça relève
01:11:01d'une certaine façon
01:11:02de la liberté d'expression
01:11:03donc c'est des sujets
01:11:04qui sont sensibles
01:11:06et ça touche
01:11:07alors il y a des fausses informations
01:11:08et là je pense
01:11:09que l'ARCOM doit sanctionner
01:11:10dans ce cas de figure
01:11:11la malinformation
01:11:12c'est pour ça
01:11:13que j'ai tenu
01:11:13à commencer
01:11:14par des définitions
01:11:15et c'est souvent
01:11:16en tout cas statistiquement
01:11:17à ça
01:11:17qu'on est confronté
01:11:19par exemple
01:11:20le fait
01:11:21de parler
01:11:21d'un certain nombre
01:11:22de faits divers
01:11:22ces faits divers
01:11:23ont pu avoir lieu
01:11:24c'est pas la question
01:11:25ils les inventent pas
01:11:26là ça serait
01:11:27de la fausse information
01:11:28ces faits divers
01:11:29ont eu lieu
01:11:29mais la question c'est
01:11:30est-ce que c'est prioritaire
01:11:32dans le traitement
01:11:33de l'information
01:11:33c'est-à-dire de donner
01:11:35un échantillon
01:11:35du réel
01:11:36et c'est pas à moi
01:11:37de trancher cette question
01:11:38fondé sur par exemple
01:11:40un certain nombre
01:11:40de faits divers
01:11:41évidemment
01:11:41un sinu
01:11:42un sentiment d'insécurité
01:11:43très probablement
01:11:44j'insiste simplement
01:11:46très modestement
01:11:47pour dire
01:11:48qu'à ma connaissance
01:11:49la science
01:11:51discute
01:11:52disons
01:11:53des liens de causalité
01:11:54trop frustres
01:11:56qu'on pourrait faire
01:11:56entre
01:11:57la nature
01:11:58d'une éditorialisation
01:11:59d'information
01:12:00et l'influence
01:12:01que ça peut avoir
01:12:01directement
01:12:01parce que d'abord
01:12:02ces chaînes
01:12:03ne sont pas regardées
01:12:04par tout le monde
01:12:04il y a déjà une présélection
01:12:06en fonction de sa sensibilité
01:12:07donc ceux qui regardent
01:12:08cette chaîne
01:12:08quelquefois
01:12:09ils ont déjà
01:12:10une sensibilité
01:12:10et une appétence
01:12:11mais là dedans
01:12:12je l'ai bien dit tout à l'heure
01:12:13il y a une proportion
01:12:14qu'on pourrait appeler
01:12:14des indécis
01:12:15qui vont regarder
01:12:16par curiosité
01:12:17peut-être un peu
01:12:18avec méfiance au départ
01:12:19mais qui peuvent en effet
01:12:20peut-être s'embarquer
01:12:21je ne connais pas moi
01:12:23de lien
01:12:24disons
01:12:25de causalité
01:12:25qui soit établi
01:12:26de façon tout à fait nette
01:12:27je ne sous-estime pas
01:12:28les effets
01:12:29mais je pense
01:12:30plus raisonnable
01:12:31de regarder
01:12:32ce qui se passe
01:12:32par capillarité
01:12:33c'est-à-dire
01:12:33quelles sont les thématiques
01:12:35que tout à coup
01:12:35on va un peu absorber
01:12:38et qui vont peut-être
01:12:39in fine
01:12:40nous rapporter
01:12:41à un acte
01:12:42un geste électoral
01:12:43qui sera différent
01:12:47par rapport
01:12:47à ce que vous avez dit
01:12:48sur la radicalité
01:12:49alors le fait
01:12:49qu'une pensée
01:12:51soit surreprésentée
01:12:52dans l'espace numérique
01:12:52par rapport
01:12:53à sa représentativité réelle
01:12:56est-ce que ça peut avoir
01:12:57une incidence
01:12:58sur le développement
01:12:59de la violence
01:12:59dans le débat public
01:13:02oui certainement
01:13:03après toute forme
01:13:04de radicalité
01:13:05fort heureusement
01:13:05on ne s'incarne pas
01:13:06c'est-à-dire que la violence
01:13:07politique ou religieuse
01:13:08c'est la pointe
01:13:08la plus extrême
01:13:09de la radicalité
01:13:10et de l'engagement
01:13:11bien entendu
01:13:12heureusement
01:13:13qu'un certain nombre
01:13:14de ces personnes
01:13:16par exemple
01:13:17si vous prenez
01:13:17les thèses
01:13:17conspirationnistes
01:13:18par exemple
01:13:18c'est pas une obsession
01:13:19mais comme c'est
01:13:20si vous croyez
01:13:21vraiment inconditionnellement
01:13:22à des thèses
01:13:23à certaines thèses
01:13:24conspirationnistes
01:13:24il est assez normal
01:13:25de rentrer dans
01:13:26de la violence politique
01:13:27donc en fait
01:13:27on voit bien
01:13:28que le rapport
01:13:28d'adhésion
01:13:29à ces énoncés
01:13:30pour beaucoup
01:13:31sont très ambivalents
01:13:33ils y croient
01:13:33sans y croire
01:13:34alors on a des cas
01:13:35notamment
01:13:35on s'en appelle
01:13:36dans le pizza gate
01:13:37d'un individu
01:13:37qui a surgi
01:13:38avec un fusil d'assaut
01:13:40dans une pizzeria
01:13:41parce qu'il croyait
01:13:41qu'il y avait un réseau
01:13:42ce qui est assez logique
01:13:43si vous croyez vraiment
01:13:44qu'on a un réseau
01:13:44on va torturer des enfants
01:13:45etc
01:13:46donc de la même façon
01:13:47si vous croyez vraiment
01:13:48qu'on empoisonne
01:13:48des millions de personnes
01:13:49avec le vaccin
01:13:50c'est un peu étonnant
01:13:52de ne pas en faire
01:13:53quelque chose
01:13:53ce qui veut dire
01:13:54que ce que nous appelons
01:13:55avec mon collègue
01:13:56Laurent Cordonnier
01:13:57des proto-croyances
01:13:58c'est-à-dire des dispositions
01:13:59à croire
01:13:59qui sont pas vraiment
01:14:00des récits incarnés
01:14:01c'est pour ça que les gens
01:14:02d'ailleurs dans les sondages
01:14:03qu'on étudie
01:14:04sont capables de déclarer
01:14:05des choses contradictoires
01:14:06croire par exemple
01:14:07que la princesse Lady Diana
01:14:08a été assassinée
01:14:09par le gouvernement
01:14:10et qu'elle est encore vivante
01:14:11ce qui peut sembler
01:14:12contradictoire
01:14:13ça l'est
01:14:13mais ça l'est pas tant que ça
01:14:15si vous comprenez
01:14:15que les gens
01:14:16veulent pas dire
01:14:16qu'ils croient l'un ou l'autre
01:14:17ça veut dire
01:14:17qu'ils seraient pas surpris
01:14:18de l'un ou l'autre
01:14:19c'est-à-dire qu'ils se tiennent
01:14:21prêts à croire
01:14:23en réalité
01:14:24et du coup
01:14:25j'ai un peu perdu
01:14:25pardon de vue
01:14:26la question
01:14:27c'était
01:14:28ah oui la violence
01:14:30alors effectivement
01:14:30par contre
01:14:31si ces croyances radicales
01:14:33ne pronostiquent pas
01:14:35mécaniquement de la violence
01:14:36elle la détermine
01:14:37c'est-à-dire que c'est une condition
01:14:38si vous voulez
01:14:39préalable
01:14:41je dirais
01:14:41que c'est une condition nécessaire
01:14:43mais pas suffisante
01:14:44voilà
01:14:45et d'ailleurs
01:14:46j'attire votre attention aussi
01:14:47sur des données très récentes
01:14:49qui pointent en fait
01:14:50une radicalisation
01:14:52tout à fait inquiétante
01:14:53des classes jeunes
01:14:54cette fois
01:14:54si vous avez vu
01:14:55le rapport mondial
01:14:56sur le terrorisme
01:14:57qui vient de paraître
01:14:57il y a quelques jours
01:14:58et on pointe
01:14:59alors ça c'est mondial
01:15:00en particulier
01:15:01dans les pays occidentaux
01:15:02je parle pas d'autres pays
01:15:03où les problématiques
01:15:03sont pas les mêmes
01:15:04elles sont des formes
01:15:05de radicalisation
01:15:06qui viennent majoritairement
01:15:07par les mondes numériques
01:15:08on parle même
01:15:09de violence nihiliste
01:15:12dans certains cas
01:15:13c'est-à-dire
01:15:13qui sont même plus
01:15:13adossés en réalité
01:15:15à des idéologies
01:15:16il y a aussi ça
01:15:17mais il n'y a pas que ça
01:15:18et là on a une source
01:15:20aussi d'inquiétude
01:15:21qu'il faut observer
01:15:24question de la radicalité
01:15:26si vous me permettez
01:15:26une toute petite intervention
01:15:28comme tous les autres
01:15:30journalistes
01:15:31ou spécialistes
01:15:31qui parlent
01:15:32de ces questions
01:15:34je pense que
01:15:35c'est aussi ton cas
01:15:36nous subissons tous
01:15:39une forme
01:15:40de harcèlement
01:15:41numérique
01:15:42à minima
01:15:43d'injures
01:15:44de menaces de mort
01:15:45et ça peut même
01:15:46parfois
01:15:47basculer dans le monde réel
01:15:50je vais vous en parler
01:15:52personnellement
01:15:53parce que je l'ai vécu
01:15:54personnellement
01:15:55moi il se trouve
01:15:56que je me suis fait
01:15:56tabasser par un complotiste
01:15:58et que j'ai failli
01:15:59mourir
01:16:01on était au mois
01:16:02de novembre 2021
01:16:04et la scène
01:16:05mérite d'être racontée
01:16:06parce qu'elle montre bien
01:16:07la bascule en réalité
01:16:08de nos sociétés
01:16:10moi j'ai toujours pensé
01:16:11que mon métier
01:16:11pouvait m'amener
01:16:12à un moment
01:16:12à prendre un certain
01:16:13nombre de risques
01:16:14et donc
01:16:15quand je vais sortir
01:16:16du Sénat tout à l'heure
01:16:17je vais faire attention
01:16:18à qui est là
01:16:18quand je fais une conférence
01:16:20je regarde
01:16:21quand j'interviens
01:16:22dans un média
01:16:23je fais attention
01:16:24quand je sors
01:16:24là c'était les 40 ans
01:16:26d'un ami
01:16:28et vous le savez
01:16:29sans faire injure
01:16:31à votre expérience
01:16:32que quand on fait
01:16:33un anniversaire
01:16:34de 40 ans
01:16:35on revoit des gens
01:16:35qu'on n'a pas vu
01:16:36depuis longtemps
01:16:37il se trouve
01:16:37qu'autour de cette table
01:16:38il y avait quelqu'un
01:16:39qui était un de mes meilleurs
01:16:39amis au lycée
01:16:40quelqu'un que j'aimais beaucoup
01:16:42mais qui depuis
01:16:42une dizaine d'années
01:16:43a basculé de manière
01:16:45à la fois très cyclique
01:16:47et méthodique
01:16:47dans l'univers
01:16:48des théories du complot
01:16:49et en suivant le chemin
01:16:50de la radicalisation
01:16:52ça commence par le 11 septembre
01:16:54ça bascule
01:16:55chez les antisémites
01:16:56saura les dieux donnés
01:16:57ça continue
01:16:57avec les pyramides
01:16:59ça passe par Trump
01:17:01par Poutine
01:17:01les antivax
01:17:02et bien entendu
01:17:04l'idée que
01:17:05une secte
01:17:06de pédophiles satanistes
01:17:07gouvernerait notre monde
01:17:08en secret
01:17:09au cours de ce dîner
01:17:10il va lui
01:17:12chercher
01:17:12à
01:17:15c'est difficile
01:17:16d'utiliser de tels mots
01:17:17devant la représentation nationale
01:17:18mais à me prendre la tête
01:17:19à s'attaquer à moi
01:17:20à dire que
01:17:21voilà
01:17:21je suis copain
01:17:23avec ceux
01:17:24qui luttent
01:17:25contre les théories du complot
01:17:26donc que je défends
01:17:27ceux qui font
01:17:28ces horribles complots
01:17:29que personne n'a jamais
01:17:30réussi à prouver
01:17:31mais
01:17:31dont on serait
01:17:32du coup
01:17:33les responsables
01:17:34par capillarité
01:17:36peut-être
01:17:36c'est ça le terme
01:17:37voilà
01:17:40et à un moment
01:17:41il va profiter
01:17:42d'une seconde
01:17:42d'inattention
01:17:43de ma part
01:17:43pour monter sur la table
01:17:44et me tabasser
01:17:45à coups de carafe
01:17:46il manque de me tuer
01:17:47d'après les médecins
01:17:49de la pitié salpêtrière
01:17:50qui m'ont auditionné
01:17:51pardon
01:17:51qui m'ont réceptionné
01:17:52et soigné ce soir là
01:17:54j'ai eu 10 points de suture
01:17:55dans le crâne
01:17:5510 jours d'ITT
01:17:58judiciairement consacrés
01:17:59et
01:18:00il y a eu un procès
01:18:02pour lequel
01:18:03il a été
01:18:05condamné
01:18:05à 1500 euros
01:18:06d'amende
01:18:06avec sursis
01:18:08pour des raisons
01:18:08que je ne comprends
01:18:09toujours pas
01:18:09mais finalement
01:18:10moi
01:18:11je ne suis pas
01:18:12devenu complotiste
01:18:12parce que la justice
01:18:13n'a pas été dans mon sens
01:18:15mais
01:18:15ce que je veux vous dire
01:18:17c'est que
01:18:17c'est une réalité
01:18:19cette radicalisation
01:18:21elle existe
01:18:22et que
01:18:24ce soir là
01:18:25à mon corps défendant
01:18:27je suis passé
01:18:28de journaliste
01:18:28à sujet
01:18:30je suis devenu
01:18:31le sujet
01:18:31de ce que moi
01:18:32je disais partout
01:18:33je n'arrêtais pas
01:18:34d'essayer d'alerter
01:18:34les français
01:18:36et les autres
01:18:36d'ailleurs
01:18:37sur le fait
01:18:37que le complotisme
01:18:38et l'adhésion
01:18:39aux théories du complot
01:18:41pouvaient générer
01:18:42une forme de violence
01:18:42et finalement
01:18:43c'est moi
01:18:43qui en ai subi
01:18:45les conséquences
01:18:48je crois que ça montre
01:18:49en réalité
01:18:50quelque chose
01:18:51qui
01:18:53qui à la fois
01:18:53nous dépasse
01:18:54un peu tous
01:18:54et qui en réalité
01:18:55nous concerne tous
01:18:57on a tous
01:18:57quelqu'un
01:18:58dans notre entourage
01:18:58qui a basculé
01:18:59dans ces théories
01:19:00du complot
01:19:01et donc
01:19:02sans vous dire
01:19:03de ne plus échanger
01:19:04avec lui
01:19:05peut-être que
01:19:06je peux poser ici
01:19:07le conseil
01:19:07de ne plus laisser
01:19:08les carafes
01:19:09sur la table
01:19:09pendant ces dîners
01:19:11mais en tout cas
01:19:12ce que ça veut dire
01:19:12c'est que c'est réel
01:19:13tout ça n'est pas
01:19:14une vue de l'esprit
01:19:15tout ça n'est pas
01:19:16une lubie
01:19:17de quelques journalistes
01:19:19favorisés
01:19:19qui défendraient
01:19:20le système
01:19:21comme on peut l'entendre
01:19:22en permanence
01:19:23et si je veux bien
01:19:25comprendre
01:19:25qu'on soit en désaccord
01:19:26avec mon travail
01:19:27avec celui que fait Aude
01:19:28avec celui qui font
01:19:29tout un tas de journalistes
01:19:30absolument remorquables
01:19:31sur ce sujet
01:19:32je crois qu'il n'y a pas
01:19:33de raison là-dessus
01:19:35à essayer de nous tuer
01:19:37lors de ce type
01:19:38de rassemblement
01:19:38de ce type de rendez-vous
01:19:40donc
01:19:43cette radicalisation
01:19:44elle se matérialise
01:19:45aujourd'hui
01:19:46certainement dans des cas
01:19:47très individuels
01:19:48comme l'a expliqué
01:19:49le professeur Brunner
01:19:51à l'instant
01:19:51mais je crois
01:19:53qu'il ne faut pas
01:19:53nier cette réalité
01:19:55cette réalité
01:19:56elle est là
01:19:56et voilà
01:19:57et moi effectivement
01:19:58j'ai systématiquement
01:20:00des gens
01:20:01qui viennent bordéliser
01:20:01les conférences
01:20:02les interventions
01:20:03les choses qu'on fait
01:20:07et c'est peut-être
01:20:08aussi un élément
01:20:09sur lequel
01:20:09il va falloir réfléchir
01:20:11c'est la protection
01:20:12des journalistes
01:20:13c'est la protection
01:20:14de ceux qui font ce travail
01:20:15et encore une fois
01:20:16je ne parle pas forcément
01:20:16pour moi
01:20:17je parle plutôt
01:20:17pour les plus jeunes
01:20:19je vois bien
01:20:20que nous n'avons jamais
01:20:22autant eu besoin
01:20:23d'une presse
01:20:23et d'une information
01:20:24de qualité
01:20:25et que les candidats
01:20:27sont de plus en plus
01:20:29rares à trouver
01:20:30aussi
01:20:31parce qu'il y a
01:20:32une forme
01:20:32d'hyperviolence
01:20:34à simplement expliquer
01:20:35un truc dingue
01:20:36c'est que deux et deux
01:20:37ça fait quatre
01:20:37et que ça ne fait pas trois
01:20:38ou que ça ne fait pas cinq
01:20:40voilà
01:20:41je vous remercie
01:20:43dernière question
01:20:44avec vraiment
01:20:44rapidement
01:20:45une réponse rapide
01:20:47est-ce que vous êtes
01:20:47pour la labellisation
01:20:48ou la certification
01:20:49de l'info
01:20:53moi je suis très dubitatif
01:20:54d'abord parce qu'il y a
01:20:55plein d'initiatives
01:20:56qui ont été prises
01:20:56dans ce sens
01:20:57je pense notamment
01:20:58à Reporters sans frontières
01:20:59que vous connaissez
01:21:00ça n'a pas à ma connaissance
01:21:02donné des effets
01:21:03qui nécessitent
01:21:04un investissement
01:21:05en fait
01:21:05je ne serais pas contre
01:21:07si ça produisait des effets
01:21:08mais en fait
01:21:09pour plein de raisons
01:21:09je n'ai pas le temps
01:21:10de l'expliquer
01:21:10mais ça ne produit pas
01:21:12tellement d'effets
01:21:13la question est
01:21:14qui ferait ensuite
01:21:15cette labellisation
01:21:16est-ce que ça inciterait
01:21:17ou pas
01:21:18plutôt à se diriger
01:21:19vers tel type de site
01:21:20ou tel autre
01:21:20en tout cas
01:21:21à ma connaissance
01:21:22ça n'a pas eu
01:21:23d'effet
01:21:28moi je dois dire
01:21:28que je n'ai pas énormément
01:21:33étudié cette question
01:21:34là en profondeur
01:21:34parce que j'ai beaucoup
01:21:35de gens qui effectivement
01:21:37avaient l'air d'en penser
01:21:40différentes choses
01:21:41et j'ai voulu prendre le temps
01:21:44de me plonger
01:21:47dans ce projet
01:21:48je n'ai pas eu là
01:21:49mais je serais ravie
01:21:52de revenir vers vous
01:21:53quand j'aurais vraiment
01:21:54c'est le problème
01:21:54des journalistes
01:21:55c'est qu'on aime bien
01:21:56voilà
01:21:57en tout cas
01:21:57aller au fond des choses
01:21:58avant vraiment de dire
01:22:01avec plaisir
01:22:02oui oui j'ai vu
01:22:03avant le 4 mai
01:22:04j'ai vu tout ça
01:22:06non simplement
01:22:07tout ce que je peux dire
01:22:07c'est que tout est devenu
01:22:09illisible
01:22:09pour les gens
01:22:10pour alors
01:22:11notamment les jeunes
01:22:12que je rencontre
01:22:12mais on n'est pas
01:22:16on ne fait pas
01:22:16d'intervention
01:22:18avec des jeunes
01:22:19on touche vraiment
01:22:19tous les publics
01:22:20les parents
01:22:20les encadrants
01:22:21les enseignants
01:22:22etc
01:22:22et que tout ça
01:22:23est devenu largement
01:22:23illisible
01:22:24et quand j'en ai parlé
01:22:26quand j'aimais cette idée
01:22:27auprès des gens
01:22:30que je rencontre
01:22:30ils sont tous
01:22:31hyper pour
01:22:33en fait
01:22:34tout simplement
01:22:34essayer de rétablir
01:22:35une forme de lisibilité
01:22:38je prends un exemple
01:22:39un exemple tout bête
01:22:41sur TikTok
01:22:42il y a des comptes certifiés
01:22:44alors dans la tête
01:22:46de nos amis
01:22:48qu'on rencontre
01:22:49et bien certifiés
01:22:51égales de qualité
01:22:52donc c'est très souvent
01:22:53que j'ai le
01:22:54et madame
01:22:54attendez là
01:22:56évidemment
01:22:56les arabes
01:22:58ceux-ci
01:22:58c'est certifié
01:22:59il est certifié
01:23:00donc en fait
01:23:01ça induit beaucoup
01:23:03d'erreurs
01:23:04etc
01:23:04et en même temps
01:23:05il y a une demande
01:23:06mais c'est simplifier nous
01:23:07la vie
01:23:07dites nous
01:23:09mais effectivement
01:23:10ça me paraît problématique
01:23:11si en tout cas
01:23:12cette labellisation
01:23:13venait d'en haut
01:23:15ça me paraît
01:23:17peut-être même
01:23:18être contre-productif
01:23:20mais je trouve
01:23:22qu'elle n'est pas du tout
01:23:23à balayer d'un revers de main
01:23:24au contraire
01:23:26alors le journal Le Monde
01:23:27avait essayé
01:23:28d'établir une forme
01:23:28de labellisation
01:23:29avec à l'époque
01:23:30ce qu'ils appelaient
01:23:31le décodex
01:23:32qui était donc
01:23:33un outil plug-in
01:23:34qu'il fallait mettre
01:23:34sur votre navigateur internet
01:23:35c'était l'époque
01:23:36où on naviguait encore
01:23:37sur des ordinateurs
01:23:38voilà
01:23:39ça semble être
01:23:40Mathieu Zalem
01:23:40mais c'était
01:23:41il n'y a même pas 10 ans
01:23:42et ils avaient établi
01:23:45alors pour le daltonien
01:23:46que je suis
01:23:46c'était pas très simple
01:23:47parce que c'était du vert
01:23:48du orange et du rouge
01:23:50et donc il y avait
01:23:51des sites
01:23:52qui étaient flagués
01:23:53en rouge
01:23:54d'autres en orange
01:23:55d'autres en vert
01:23:56et il y a eu
01:23:56toute une polémique
01:23:57sur les sites
01:23:58en orange
01:23:59pourtant les critères
01:24:00de jugement
01:24:01étaient extrêmement transparents
01:24:03donc je pense
01:24:04que l'idée du label
01:24:05n'est pas à jeter
01:24:06par principe
01:24:08avec l'eau du bain
01:24:10mais qu'il faut
01:24:11avoir une forme
01:24:11de triple exigence
01:24:13le premier
01:24:14c'est qu'il faut
01:24:14qu'il y ait des critères
01:24:15qui ne soient pas
01:24:16des critères éditoriaux
01:24:17mais des critères déontologiques
01:24:19la chaîne
01:24:20que vous avez mentionnée
01:24:21sans la mentionner
01:24:22tout à l'heure
01:24:23c'est News
01:24:23on va quand même
01:24:24le dire une fois
01:24:24dans l'après-midi
01:24:26ne nous pose pas
01:24:27un problème
01:24:27par son positionnement
01:24:29politique ou éditorial
01:24:30elle pose un problème
01:24:31parce qu'elle ne respecte pas
01:24:32les règles déontologiques
01:24:33du journalisme
01:24:34c'est ça
01:24:35le vrai problème
01:24:35que posent ces chaînes
01:24:36d'information
01:24:37aujourd'hui
01:24:38ou ces médias
01:24:39de ce breton
01:24:40qui a décidé
01:24:41d'influencer les français
01:24:42la deuxième chose
01:24:44c'est qu'il faut
01:24:44que ces critères
01:24:46soient le plus transparent
01:24:47possible
01:24:47et que dans
01:24:49cette transparence
01:24:50il y ait
01:24:51à minima
01:24:52un travail
01:24:53qui impliquerait
01:24:55les citoyens
01:24:55et je crois
01:24:57que le dernier critère
01:24:58qui est très très important
01:25:00c'est qu'il faut
01:25:00qu'il existe
01:25:02une forme
01:25:04d'ordre
01:25:06qui viendrait
01:25:07sanctionner
01:25:09les abus
01:25:10un peu comme
01:25:10il existe
01:25:11un ordre des médecins
01:25:12même s'il n'est pas parfait
01:25:13un ordre des avocats
01:25:13il n'existe pas
01:25:15de choses
01:25:16de cet ordre là
01:25:17dans la presse professionnelle
01:25:18dans la presse professionnelle
01:25:20la seule chose
01:25:20qui fait que vous êtes
01:25:21ou non journaliste
01:25:22selon le critère
01:25:23de la carte
01:25:23ce sont des critères
01:25:25purement administratifs
01:25:26et purement fiscaux
01:25:27en réalité
01:25:28vous avez la carte de presse
01:25:30parce que 50%
01:25:31de vos revenus
01:25:31au moins
01:25:32proviennent d'entreprises
01:25:33qui sont commissionnées
01:25:34auprès de la commission
01:25:34de la carte
01:25:36ce qui a d'ailleurs
01:25:37eu des effets
01:25:37totalement pervers
01:25:38à certains moments
01:25:39je pense au journal
01:25:40François
01:25:41pendant le Covid-19
01:25:42qui avait été racheté
01:25:44par un influenceur complotiste
01:25:45mais qui bénéficiait encore
01:25:47à la fois
01:25:47du label
01:25:48d'entreprises de presse
01:25:49et des subventions
01:25:51qui y sont
01:25:53adossées
01:25:54alors qu'il avait
01:25:55viré les journalistes
01:25:56et qu'il les avait remplacés
01:25:57par Francis Lalanne
01:25:58et Michael Vendetta
01:25:58dont il avait fait
01:25:59des experts
01:26:00en géopolitique
01:26:02je crois
01:26:02qu'il y avait là
01:26:03une faille
01:26:04dans la législation
01:26:05qu'il fallait corriger
01:26:05qu'il faudra corriger
01:26:06je voudrais attirer
01:26:08votre attention
01:26:08sur ce que fait
01:26:09en ce moment
01:26:09le ministère de la santé
01:26:11qui à la suite
01:26:12d'une commission
01:26:14d'enquête
01:26:15menée par le professeur
01:26:16Mathieu Molimard
01:26:17professeur en pharmacologie
01:26:18de l'université de Bordeaux
01:26:21a auditionné
01:26:22tout un tas d'experts
01:26:23sur les questions
01:26:24et ils ont établi
01:26:26des recommandations
01:26:26l'une de leurs recommandations
01:26:28c'est d'avoir
01:26:28une forme de nutricore
01:26:30de l'information sanitaire
01:26:31alors je ne suis pas certain
01:26:33que c'est la meilleure idée
01:26:34encore une fois
01:26:34pour le deltonien
01:26:35que je suis
01:26:35ce n'est pas facile
01:26:36le nutricore
01:26:37heureusement qu'il y a
01:26:37les lettres
01:26:38parce qu'avec les couleurs
01:26:38on serait vraiment
01:26:39en difficulté
01:26:40mais je crois
01:26:41que ça essaye
01:26:43d'établir
01:26:43en tout cas
01:26:43un certain nombre
01:26:44de critères
01:26:45et l'autre initiative
01:26:46menée par le ministère
01:26:47de la santé
01:26:48sur ces questions
01:26:49des informations
01:26:49qui me semblent
01:26:50extrêmement intéressantes
01:26:51il existe
01:26:52un comité citoyen
01:26:53en santé
01:26:55des français
01:26:55tirés au sort
01:26:56qui vont accepter
01:26:57cette mission
01:26:58de réfléchir
01:26:59à un sujet
01:27:00tous les ans
01:27:00sur les questions
01:27:01sanitaires
01:27:01il se trouve que
01:27:02cette année
01:27:02c'était les questions
01:27:03de désinformation
01:27:04ils sont choisis
01:27:05sur un principe
01:27:06de sondage
01:27:07entre guillemets
01:27:07ils sont représentatifs
01:27:08de nos concitoyens
01:27:09et de nos compatriotes
01:27:10ils étaient une quarantaine
01:27:11ils ont bénévolement
01:27:12travaillé pendant 4 week-ends
01:27:14pour produire un rapport
01:27:15qui est de grande qualité
01:27:16et dont je ne peux que
01:27:20vous recommander
01:27:20la lecture
01:27:21parce qu'il y a là
01:27:23à mon avis
01:27:24un biais
01:27:24extrêmement fort
01:27:26qui est de faire
01:27:27participer les citoyens
01:27:28à cette réflexion
01:27:29c'est aussi
01:27:30leur information
01:27:30à eux
01:27:31et donc
01:27:31il va falloir
01:27:32que tout le monde
01:27:34se mette
01:27:35si on veut
01:27:36une information
01:27:37de meilleure qualité
01:27:37en tant que citoyen
01:27:39je crois qu'il faut
01:27:39qu'on accepte tous
01:27:40le fait que
01:27:41faire un monde meilleur
01:27:42ce n'est pas plus simple
01:27:43ce n'est pas un scroll
01:27:44ou un clic
01:27:44pour regarder une série
01:27:46ou commander une pizza
01:27:47ça demande du travail
01:27:48ça demande de l'abnégation
01:27:49et ça demande des efforts
01:27:50j'espère que
01:27:51nos compatriotes
01:27:53seront prêts à les faire
01:27:53voilà pour cette audition
01:27:55au Sénat
01:27:55sur la désinformation
01:27:56sur les réseaux sociaux
01:27:58une audition menée
01:27:59par la commission
01:28:00d'enquête du Sénat
01:28:00sur les zones grises
01:28:01de l'information
01:28:02c'est la fin de cette émission
01:28:03merci de l'avoir suivie
01:28:05continuez à suivre
01:28:05l'actualité politique
01:28:06et parlementaire
01:28:07sur notre site internet
01:28:08publicsénat.fr
01:28:09je vous souhaite
01:28:10une très bonne journée
01:28:10sur Public Sénat
01:28:11Sénat
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