00:00Bonjour Eddard Jeffrey, merci de nous avoir rejoint en direct sur Public Sénat.
00:03On voit l'émotion très vive au Parlement aussi, suite à la mort de la petite Liana.
00:08Il y a cinq ans, un signalement visant à Jérôme Barrella avait été émis alors qu'il était agent de
00:12la région au sein de l'éducation nationale
00:14parce qu'il entretenait une relation SMS avec une élève.
00:17La question se pose désormais de l'absence de saisie de la justice.
00:20Est-ce que vous en savez davantage ? Est-ce qu'il y a un dysfonctionnement de l'éducation nationale
00:23?
00:24Alors, à ce stade, on n'en sait pas plus.
00:27Je rappelle qu'effectivement, à l'époque, l'approviseur, ayant connaissance de ces faits, avait signalé les faits à la
00:33région
00:33et avait provoqué le licenciement de ce criminel.
00:39Aujourd'hui, l'idée, c'est de faire évidemment toute la lumière sur cette affaire qui, évidemment, et je me
00:43permets de leur dire,
00:44suscite une très vive émotion, je crois, nationale, que je partage,
00:47suscite aussi une émotion très vive dans la communauté éducative.
00:51Pour nous, Liana était aussi une élève, et je pense à ses professeurs, à ses camarades,
00:54qu'on soutient évidemment très fortement.
00:57Et évidemment, en tant que ministre, je partage cette émotion, ça me permettait un double titre.
01:01Vous avez demandé une enquête interne au sein de l'éducation nationale, vous communiquerez dessus ?
01:04Alors, c'est la même enquête.
01:06C'est une enquête conjointe de toutes les inspections, effectivement.
01:08On a demandé à ce que l'inspection éducation nationale se joigne à cette enquête
01:12pour qu'on puisse vraiment décortiquer, si je peux dire, tout de A à Z.
01:15C'est-à-dire que rien ne doit être laissé au hasard.
01:17Si jamais il devait y avoir des défaillances, évidemment, qu'à l'éducation nationale, on en tirerait les conséquences.
01:21À ce stade, une fois encore, en l'état des éléments que nous avons,
01:24tout a été fait selon les procédures, mais seulement en l'état de ce que nous avons à ce stade,
01:27c'est-à-dire pas tout.
01:28Que peut faire votre ministère dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles ?
01:32Vous misez beaucoup sur cette liste noire qui va être intégrée au projet de protection de l'enfance, c'est
01:37bien ça ?
01:38Absolument. Moi, j'ai un objectif qui est très clair, c'est qu'aucun individu dangereux ne doit pouvoir mettre
01:44les pieds dans une école.
01:46Et donc, l'objectif, c'est effectivement ce qu'on appelle une liste noire, c'est-à-dire un fichier
01:49des interdits d'école.
01:50C'est-à-dire des personnes qui, parce qu'elles auront été licenciées par leur administration en raison de le
01:54comportement avec les mineurs,
01:55donc ça peut être le périscolaire, ça peut être les sports, ça peut être l'éducation nationale,
01:59ne pourront plus, sous une plainte expression, rentrer par la fenêtre quand on les a chassés par la porte.
02:02Et cette liste noire, elle contrevient pas à la présomption d'innocence ?
02:05Est-ce qu'il n'y a pas de condamnation pour ces personnes ?
02:07Alors, il n'y a pas de condamnation pénale, mais il y a une sanction administrative qui a été prise
02:11au terme du procédure contradictoire,
02:12une procédure disciplinaire, si vous voulez, qui permet de les évincer.
02:14Mais aujourd'hui, il faut savoir que si vous avez un agent public qui est radié sur la base d
02:18'une procédure disciplinaire,
02:19s'il n'y a pas de condamnation pénale, il peut repasser les concours et redevenir fonctionnaire le lendemain.
02:22Et ça, ce n'est pas possible.
02:23Est-ce que l'éducation nationale peut en faire plus en matière de prévention de ces violences sexistes et sexuelles
02:28?
02:28La proposition de loi intégrale, par exemple, dont on parle beaucoup ces derniers jours,
02:32elle prévoit l'instauration d'un entretien annuel pour chaque enfant
02:34afin de s'assurer de son bien-être et d'essayer des situations de violence.
02:38Est-ce que ça pourrait être une bonne mesure que vous reprendriez ?
02:40Alors, d'abord, nous, effectivement, il faut savoir que l'éducation nationale, c'est le premier signaler de France.
02:45Nous faisons 80 000 informations préoccupantes ou signalements à la justice par an.
02:49Pas que sur des violences sexuelles, mais sur tous les sujets ?
02:53La protection de l'enfant, c'est quasiment deux fois plus qu'il y a cinq ans.
02:56Donc, c'est quand même considérable.
02:59Et pourquoi ? Parce que ça reste un lieu, évidemment, de confiance.
03:02Et donc, les enfants se confient à leurs professeurs, à l'infirmière scolaire, à l'instaurant social.
03:07Maintenant, très clairement, on peut faire plus.
03:09Je ne suis pas sûr qu'il faille systématiser un entretien annuel avec un enfant
03:12parce qu'un enfant ne parle pas d'aide fixe ou à l'heure fixe.
03:14Mais en tout cas, l'idée de dire qu'il faut qu'il y ait un espace de dialogue
03:17et un espace pour libérer et accueillir la parole de l'enfant, ça, je crois qu'on est tous d
03:20'accord.
03:20– Dernière question, l'éducation à la vie affective et relationnelle et à la sexualité, est-elle la solution ?
03:26On voit que dans de nombreux établissements, elle est mal enseignée.
03:29Il y a une majorité d'enfants qui n'ont pas plus de deux heures de cette heure d'éducation.
03:34Est-ce qu'il faut miser davantage sur ce programme ?
03:37– Très clairement, oui.
03:38D'abord, nous avons un programme, ça, c'est nouveau, c'est la première année,
03:40donc les choses se mettent en place.
03:42Mais très clairement, il faut miser là-dessus
03:44parce que précisément, on y apprend à la fois le respect du corps.
03:47Chez les petits, justement, que certains gestes ne sont pas normaux
03:50et que l'enfant a des moyens de défense et de signalement quand il est confronté à ça.
03:55Et puis évidemment, mécaniquement, on crée un espace de dialogue
03:58parce que l'enfant qui a connaissance de tel fait peut dire
04:00« mais en fait, ce n'est pas normal ce qui m'est arrivé ».
04:02Donc oui, évidemment, il faut miser là-dessus.
04:04On fait en sorte que ça puisse être vraiment, je vais dire,
04:07pleinement mis en œuvre dans tous les établissements.
04:09Cette année, une fois encore, c'était la première année,
04:11mais maintenant, nous avons un programme.
04:12C'est trois séances minimum par an, de la maternelle jusqu'au lycée.
04:15Eh bien, merci Édouard Jeffrey d'être venu réagir en direct au micro de public.
04:18C'est Natam.
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