00:00Je crains que l'une des difficultés, c'est que nous ayons traité collectivement cette plainte
00:04comme on traite n'importe quelle autre plainte et qu'on n'a pas compris que la garde à vue,
00:08c'était au début et pas à la fin, pas comme dans une perquisition à la suite d'un cambriolage
00:12ou à la suite d'une escroquerie financière.
00:15Ce monsieur était connu, à ma connaissance, monsieur le sénateur,
00:18était connu deux fois des services de justice et de police.
00:22D'une plainte en 2017, classée, parce qu'une maman, là encore je dis,
00:28ce que m'ont remonté les procureurs généraux, une maman a déposé plainte pour viol sur sa fille.
00:34Elle avait 17 ans. Cette fille, quand elle a été auditionnée, a dit qu'elle était consentante,
00:40qu'il n'y avait pas eu de relation sexuelle, de simple baiser, je mets des guillemets puisque c'est
00:44ce qui s'est dit.
00:47Et il y a eu un classement à la suite de ça.
00:49En 2020, une autre plainte est déposée d'une petite fille dans le Pas-de-Calais
00:54qui explique qu'un ami de son papa, en l'occurrence ce monsieur,
00:59elle avait été violée.
01:01Elle l'a écrite sur un bout de papier.
01:03Tout le monde est auditionné, les gens de la police, les gendarmes, les magistrats font leur travail,
01:07y compris ce monsieur, la femme de ce monsieur qui dit qu'il n'y a pas de problème.
01:12Il y a une enquête médicale qui ne démontre manifestement pas.
01:16Encore une fois, je lis ce que me disent les procureurs généraux.
01:19C'est une séparation conflictuelle.
01:21C'est l'ex-ami de son papa.
01:22C'est classé.
01:23Ce qu'on n'a pas fait, et c'est notre problème, c'est que quand on a vu les
01:27antécédents,
01:27on ne s'est pas dit...
01:29Plusieurs points, ça fait une ligne.
01:31Et on devrait se dire, là, ce n'est pas une simple dénonciation.
01:33Pardon de dire mot simple, parce qu'il y a plein de choses qui sont graves à un mot simple.
01:36Mais là, on a l'examen médical, on a l'examen psy, on a le nom du GUS,
01:41on a ses antécédents judiciaires.
01:43Ça fait beaucoup.
01:43On devrait peut-être aller se dépêcher pour le mettre en garde à vue.
01:46Voilà ce qui n'a pas marché.
01:47Ce ne sont pas les fichiers qui n'ont pas marché.
01:48C'est l'interprétation de cela.
01:49Ce que nous avons demandé aux procureurs généraux, c'est de faire un point,
01:52puisqu'ils m'ont assuré, et je n'ai objectivement pas de raison de le croire,
01:55mais la confiance n'exclue pas le contrôle.
01:58Et comme vous me dites, Madame la Présidente,
01:59il est normal que le chef d'administration, surtout avec ses parquets,
02:02demande si ces circulaires sont appliqués.
02:04Ils m'ont assuré que le cas de l'affaire Liana, en l'occurrence de la plainte précédente,
02:08dite Tamara ou Rosa, était un fait exceptionnel.
02:14Je pense que cela vaut le coup de vérifier et de regarder,
02:17non pas, comme j'ai entendu dire, qu'il fallait étudier 2000 plaintes par jour.
02:21Ce n'est pas du tout l'objet de la question du garde des Sceaux.
02:24C'est est-ce qu'il y a des actes d'enquête ?
02:26Est-ce qu'il y a des dossiers qui dorment dans les parquets ?
02:28C'est comme ça qu'on dit, puisque c'est un dossier qui a dormi
02:31entre le 14 février et aujourd'hui.
02:33La disparition tragique de Liana, ce dossier, n'a connu aucun acte d'enquête.
02:37Aucune relance du parquet, à ma connaissance.
02:39En tout cas, c'est pour remonter les procureurs généraux.
02:42Et qui aurait pu empêcher, peut-être, peut-être,
02:45à cette personne de pouvoir commettre ces crimes.
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